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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 23:40

 

 

 

 

 

 

 

RFI   mercredi 11 décembre 2013 à 22:22

 

 

Le président français, François Hollande, s'est engagé mercredi 11 décembre à poursuivre la délicate intervention armée en Centrafrique. « Ne pas intervenir, c'était rester les bras ballants à compter les morts », a déclaré le chef de l'Etat devant le Conseil des ministres. Sur le terrain, aucun incident majeur n’a été signalé ce mercredi à Bangui, alors que ces derniers jours, violences et règlements de compte avaient rythmé la vie de la capitale centrafricaine. Les militaires français poursuivent le difficile désarmement des milices mais la situation reste fragile même si l'on assiste à un début timide de normalisation dans certains quartiers de la capitale.

 

Ce mercredi 11 décembre au matin, les soldats français ont repris leurs patrouilles en ville. Les opérations de désarmement se poursuivent dans certains quartiers. L’armée française va, par ailleurs, envoyer des renforts à Bossangoa, au nord.

 

A Bangui, la vie a repris. Les habitants sont de nouveau sortis. « Les gens ont faim. Ils sortent pour se ravitailler », indique un représentant de la communauté musulmane. La circulation redevenait normale dans le quartier.

 

Dans l’après-midi, dans le quartier Combattants, près de l’aéroport, quelques passants fouillaient encore dans les décombres des boutiques des commerçants musulmans, pillées la veille. Les moquées de Fou, Boy-Rab et Combattants ont été saccagées, indique cette même source.

 

Par ailleurs, des réfugiés congolais se sont rassemblés autour du bureau du HCR, sur l’avenue Boganda. Ils réclament la protection de la communauté internationale alors que devant le terminal de l’aéroport, selon MSF, 30 000 personnes sont venues chercher refuge. Elles s’entassent toujours dans des conditions exécrables : manque de latrines, manque de nourriture et manque de médicaments.

 

Le Premier ministre de transition à l’aéroport, pour des raisons de sécurité

 

Nicolas Tiangaye, Premier ministre de la transition s’exprime, pour la première fois depuis que la ville de Bangui subit les violences. Ce mercredi 11 décembre, il se trouve à l’aéroport, sur le camp de la force internationale africaine (Fomac), pour des raisons de sécurité.

 

Au micro de RFI, Nicolas Tiangaye explique que son domicile a été vandalisé en son absence et, pour des raisons de sécurité, il « préfère rester quelques moments au camp, le temps de pouvoir ranger sa maison ». Il affirme que les mesures seront prises pour que sa sécurité soit assurée.

 

Concernant la situation très préoccupante qui prévaut à Bangui et les actes de violence interreligieux qui se multiplient dans la capitale, le Premier ministre de transition les condamne.

 

« Ce sont des actes que je condamne. Les différentes communautés religieuses ont vécu, en toute quiétude, ensemble. Aujourd’hui, il est regrettable que des actes de violence soient perpétrés entre ces différentes communautés, entraînant des centaines de morts. Je les condamne personnellement et au nom du gouvernement également », a déclaré Nicolas TiangayeLe gouvernement mettra tout en œuvre en vue de faire cesser ces actes de violence ».

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Le Premier ministre de transition, Nicolas Tiangaye, sera l’invité d’Afrique matin, ce jeudi 12 décembre à 4h10 TU.

Centrafrique : pas d’incidents majeurs à Bangui mais la situation reste fragile
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Centrafrique-Presse.com
11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 23:22

 

 

 

 

 

 

 

À Bangui, les soldats tchadiens de la force africaine chargée de ramener l'ordre sont hués par la population. Les Centrafricains gardent un ressentiment profond à l’égard du Tchad, qui a joué un rôle trouble dans l’histoire de leur pays.

 

Par FRANCE 24   11/12/2013

 

"Il faut que tous les Tchadiens partent !", "On ne veut plus d’eux dans le pays !", "Dehors les Tchadiens, traîtres, lâches, chiens !". Dans les rues de Bangui, la capitale centrafricaine, les habitants ne cachent pas leur hostilité au passage des soldats tchadiens de la force africaine. Ces soldats tchadiens sont pourtant membres de la Misca, la Mission internationale de soutien à la Centrafrique, qui, appuyée par l’armée française déployée depuis le 7 décembre, a pour but de ramener l’ordre dans le pays, où les tensions interreligieuses s’accroissent. Mais les Tchadiens, qui viennent d'un pays majoritairement musulman, ne sont pas les bienvenus en République centrafricaine.

 

Depuis la prise du pouvoir par la Séléka le 24 mars 2013, la population centrafricaine subit les exactions de l’ex-rébellion, composée, en majorité, de musulmans originaires du nord et de mercenaires tchadiens et soudanais. Parmi la population, des chrétiens ont à leur tour pris les armes, d’abord contre les membres de la Séléka, puis contre les civils musulmans, assimilés aux ex-rebelles, entrant ainsi dans le cercle vicieux des massacres et des représailles.

 

Rôle trouble du Tchad

 

Si les Centrafricains nourrissent aujourd’hui tant de ressentiment à l’égard des Tchadiens, c’est que leur puissant voisin a joué un rôle trouble dans l’histoire récente du pays. Lorsqu’en 2003 François Bozizé chasse Ange-Felix Patassé du pouvoir centrafricain par un coup d’État, il bénéficie de l’appui explicite du président tchadien Idriss Deby Itno. François Bozizé avait d’ailleurs formé sa rébellion au Tchad, avec la bénédiction des autorités en place.

 

Quand il prend le pouvoir, 500 soldats tchadiens sont même déployés dans Bangui pour assurer sa sécurité. Ils deviendront les membres de la garde présidentielle. Pendant les années qui suivent, le général-président François Bozizé peut compter sur le soutien de son puissant voisin pour mater les divers soulèvements que connaît le pays.

 

Mais petit à petit, les liens entre les deux chefs d’État s’émoussent. Début 2013, face à l’avancée des rebelles de la Séléka, Idriss Déby reste sourd aux appels au secours de son homologue centrafricain. Pire, la force multinationale déjà présente sur place (la Mission de consolidation de la paix en République centrafricaine, Micopax), composée essentiellement de Tchadiens, ne tente que très mollement d’entraver l’avancée des rebelles.

 

"Déby a officieusement aidé la Séléka"

 

Au moment de la prise du pouvoir par la Séléka, Roland Marchal, chercheur au CNRS spécialiste de la Centrafrique, interrogé par FRANCE 24, ne s’était pas étonné du peu de combativité de l’armée tchadienne face aux rebelles. "Depuis plusieurs années déjà, Idriss Déby est profondément irrité par Bozizé à cause de son incapacité à restaurer la loi et l’ordre dans le nord-est du pays, où le Tchad a des intérêts, et à instaurer des relations commerciales avec les pays voisins", affirmait-il. Selon le chercheur, Idriss Déby avait manifesté dès le mois de mars sa volonté de voir chuter le régime de Bozizé lors d’une attaque rebelle sur une ville frontalière, un assaut auquel N’Djamena n’avait pas réagi.

 

Roland Marchal va encore plus loin : le Tchad ne se serait pas contenté de rester passif face à l’avancée des rebelles, il serait allé jusqu’à leur prêter main forte. Dans "l’Humanité", en date du 13 novembre, le chercheur affirme : "Déby a suscité la Séléka et l’a sans doute aidée officieusement". Il nuance cependant : "Le départ de Bozizé n’est pas simplement dû à Déby. Il est dû à un accord régional pour s’en débarrasser".

 

Reste qu'en Centrafrique, le Tchad est perçu comme le faiseur de roi et le responsable direct des troubles que connaît aujourd’hui le pays. Et aujourd’hui à Bangui, il ne fait pas bon être tchadien : leurs maisons et commerces sont pillés. Quant à l’armée d’Idriss Déby, c’est sous les insultes de la population qu’elle évacue les 10 à 15 000 ressortissants tchadiens que compte la Centrafrique.



Avec AFP

Lu pour vous : "On ne veut plus de Tchadiens en Centrafrique"
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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 23:12

 

 

 

 

 

 

 

le Parisien 11.12.2013, 21h16 | Mise à jour : 22h49

 

Après des journées explosives marquées par des pillages, des lynchages et des appels à la haine entre chrétiens et musulmans, un calme relatif régnait mercredi à Bangui, la capitale de la République centrafricaine.

 

Aussi, dans la soirée, Air France a annoncé qu'elle reprenait jeudi ses vols vers Bangui. La compagnie aérienne avait suspendu ses liaisons depuis mardi, après la mort de deux jeunes militaires français près de l'aéroport. 


L'armée française a poursuivi méthodiquement le périlleux désarmement des groupes armés. La tension extrême des derniers jours a soudainement baissé dès mercredi matin dans la capitale centrafricaine aux avenues et quartiers écrasés par la chaleur. Contrairement aux dernières 48 heures, aucun pillage massif n'a été signalé dans la ville.


«Ce matin, les gens sortent massivement autour de chez moi», a raconté un habitant du quartier de Ben Zvi, non loin de la Primature. «Les gens ont faim. Ils doivent sortir», commentait un autre. Cette accalmie s'est confirmée au fil des heures. Quelques taxis ont même recommencé à circuler dans la capitale toujours survolée par des hélicoptères de combat français.

 

Pascal Canfin : «Un vrai risque de guerre civile»


Sur le terrain, outre le désarmement, les soldats français ont désormais aussi pour tâche d'éviter une généralisation des représailles contre les civils musulmans de la part d'une population chrétienne terrorisée pendant des mois par les combattants de l'ex-rébellion Séléka, composée en majorité de musulmans, parvenue au pouvoir en mars 2013. 


Le père de Nicolas Vokaer, un des deux soldats français tués, a expliqué au «Parisien» que son fils avait été témoin de scènes de lynchage de miliciens musulmans désarmés par les militaires français : «Dès que les soldats français désarmaient des miliciens musulmans, ils les voyaient se faire lyncher par une foule de chrétiens, en pleine rue. Et l'armée ne pouvait rien faire pour empêcher ça.»


Malgré l'accalmie, la situation dans ce pays plus grand que la France peut à tout moment basculer de nouveau dans une extrême violence. La Centrafrique se trouve face à un «vrai risque de guerre civile» qui n'a «peut-être» pas encore été écarté, a déclaré mercredi le ministre français délégué au Développement, Pascal Canfin.
 

Air France reprend ses vols


«Les conditions de sûreté nous permettent de reprendre la desserte de Bangui. Un vol partira jeudi à 9h25 (heure de Paris, ndlr) de Paris Charles-de-Gaulle vers la capitale centrafricaine», a déclaré un porte-parole d'Air France. Il a précisé que les vols reprendraient selon le rythme habituel, à savoir un vol hebdomadaire opéré le mardi. Air France est la seule compagnie régulière à desservir Bangui depuis Paris. Le vol est habituellement opéré le mardi à 12h30 depuis Paris-Charles-de-Gaulle.

Centrafrique : calme relatif à Bangui, Air France reprend ses vols
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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 22:58

 

 

 

 

 

 

 

par Emmanuel Braun

 

BANGUI (Reuters) - Les dignitaires religieux de Centrafrique se sont efforcés mercredi d'oeuvrer à la réconciliation entre chrétiens et musulmans à l'occasion d'une accalmie dans la capitale, Bangui, après la mort d'un demi-millier de personnes dans des affrontements à caractère confessionnel.

 

Ensemble, représentants chrétiens et musulmans ont distribué de la nourriture à plus de 10.000 déplacés ayant cherché refuge dans un centre d'accueil pour échapper aux violences, meurtres, pillages et lynchages dont Bangui a été le théâtre depuis jeudi.

 

"Nous sommes ici parce que nous sommes avant tout des frères", a dit l'imam Oumar Kobine Layama, président de la communauté islamique de Centrafrique, à la foule de chrétiens.

 

"Aujourd'hui, nous écoutons la jeunesse pour entendre ce qu'elle propose car notre maison est en train de brûler et nous devons essayer d'éteindre l'incendie", a-t-il ajouté.

 

Signe de la méfiance persistante entre les communautés, de nombreuses personnes ont refusé de prendre la nourriture en présence d'Oumar Kobine Layama.

 

"Depuis que nous sommes ici, les musulmans ne nous ont rien donné", dit Missili Ndiaye, de la communauté chrétienne. "On ne sait pas ce qu'ils ont mis à l'intérieur, c'est peut-être empoisonné."

 

DES TAXIS CIRCULENT À NOUVEAU

 

Face au déchaînement de violences, la France a envoyé des renforts militaires en Centrafrique et elle a entrepris de désarmer les milices chrétiennes "anti-balaka" et musulmanes, issues en partie de l'ex-rébellion de la Séléka qui a chassé le président François Bozizé du pouvoir en mars.

 

L'organisation Médecins Sans Frontières dit avoir reçu 12 nouveaux patients mercredi à Bangui, contre 72 la veille.

 

Profitant de l'accalmie, des commerçants ont rouvert leurs boutiques et des taxis se sont remis à circuler dans Bangui, toujours survolée par des hélicoptères et des avions de chasse français.

 

Dans certains quartiers de la capitale, des travailleurs humanitaires et des habitants ont creusé des fosses communes et s'apprêtent à enterrer les morts des derniers jours.

 

Joseph Bindoumi, président de la Ligue centrafricaine des droits de l'homme, rapporte qu'une fosse pouvant accueillir 100 corps est déjà prête dans le sud de Bangui. Musulmans et chrétiens seront inhumées séparément, a précisé la Croix-Rouge.

 

"Nous tentons maintenant de réconcilier les gens et de redonner le moral", a dit Joseph Bindoumi.

 

Dans le quartier PK5, des habitants peinent toutefois à contenir leur colère après une attaque contre une mosquée en début de semaine.

 

"Elle est complètement détruite (...) S'ils (les chrétiens) ne veulent pas de nous, alors on devrait peut-être tout simplement diviser le pays: ils prennent un côté, nous prenons l'autre", lance un habitant, Aboubacar Amadjoda.

 

Avec Emma Farge et John Irish; Bertrand Boucey pour le service français

 

Les chefs religieux de Centrafrique tentent de réconcilier
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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 22:52

 

 

 

 

 

 

Agence France-Presse  Addis Abeba  11 décembre 2013 à 11h49

 

Dix-neuf membres de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) se sont rendus en Centrafrique à des soldats ougandais d'une force africaine lancée à la poursuite de cette guérilla sanguinaire dans plusieurs pays de la région, a annoncé l'Union africaine.

 

L'armée ougandaise est à la tête d'une force de l'UA qui tente, avec le soutien de soldats américains, d'arrêter les chefs de la LRA dont plusieurs sont recherchés par la Cour pénale internationale.

 

«Dix-neuf membres de la LRA appartenant au groupe commandé par le lieutenant-colonel Obur Nyeko, alias Okuti, ont fait défection et se sont signalés à un détachement du contingent ougandais» le 6 décembre, a déclaré l'Union africaine dans un communiqué publié mardi soir.

 

Les combattants se sont rendus avec leurs fusils et leurs munitions, ajoute le texte.

 

La force de l'UA - essentiellement des soldats ougandais appuyés par une centaine de membres des forces spéciales américaines - mène depuis 2008 une chasse à l'homme pour retrouver le chef de la LRA, Joseph Kony, recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

 

Active dans le nord de l'Ouganda à partir de 1988, la LRA en a été chassée, mais a essaimé depuis 2005 dans le nord-est de la République démocratique du Congo, en Centrafrique, au Soudan et au Soudan du Sud.

 

La République centrafricaine (RCA) connaît une insécurité généralisée depuis le renversement, le 24 mars, du régime du président François Bozizé par Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle Séléka, devenu depuis président.

 

Cette situation a entrainé une intervention de l'armée française dans cette ancienne colonie la semaine dernière.

 

La présidence centrafricaine a assuré le mois dernier négocier avec Joseph Kony afin d'aider les «femmes et les enfants» qui vivent, selon Bangui, avec les combattants dans une région isolée du pays. Washington a émis des doutes sur cette négociation.

 

Selon l'ONU, la LRA a tué plus de 100 000 personnes en Afrique centrale ces 25 dernières années. Elle a aussi enlevé de 60 000 à 100 000 enfants, et entraîné le déplacement de 2,5 millions de personnes.

 

Le communiqué de l'UA ajoute que, depuis août 2013, les soldats de la force africaine «ont sauvé un certain nombre de civils enlevés, détruit plusieurs camps de la LRA en RCA et en République démocratique du Congo, perturbé les réseaux l

 

Centrafrique: 19 rebelles de la LRA se rendent à l'armée ougandaise
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Centrafrique-Presse.com
11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 22:44

 

 

 

 

 

 

 

Bangui (AFP) - 11.12.2013 18:32 - Par Patrick FORT

 

"Si les Français restent, ce sera le génocide", lance, furieux, le commandant Adam Ali Mahamat, un ex-rebelle de la Séléka au camp Beal, le siège du ministère centrafricain de la Défense à Bangui.

 

Cantonné comme ses hommes depuis l'arrivée de soldats français qui ont ordre de les désarmer, il ne cache pas sa rancœur et sa colère.

 

Les combattants de la Séléka, une coalition hétéroclite de groupes armés, principalement musulmans, ont pris le pouvoir par les armes en mars 2013 dans un pays à majorité chrétien et animiste. Depuis, ils ont commis de graves exactions contre les civils chrétiens, qui, à leur tour, ont constitué des milices pour attaquer des musulmans. Ces violences ont provoqué l'intervention armée de la France, dont les soldats ont entamé lundi le désarmement des milices.

 

Comme beaucoup d'éléments Séléka et de musulmans, le commandant fait part du malaise ressenti après l'intervention française. Il reproche aux Français d'avoir désarmé des Séléka, puis de les avoir ensuite laissés en pâture à la foule vengeresse.

 

De nombreux anciens Séléka ont ainsi été lynchés par des chrétiens peu de temps après avoir été désarmés, selon des témoignages.

 

"La France est en train de commettre une grande erreur. Ils disent qu'ils sont là pour protéger les civils. Mais, un Séléka désarmé devient un civil. C'est un citoyen, pourquoi ne les protègent-t-ils pas? C'est injuste. L'armée française a pris la voie des chrétiens et laisse les musulmans en chemin. Elle n'est pas impartiale", dit-il.

 

Ancien militaire de carrière qui a aidé François Bozizé à prendre le pouvoir en 2003, Adam Ali Mahamat a pris le maquis quatre ans plus tard pour rejoindre la CPJP, mouvement rebelle constituant l'épine dorsale de la Séléka.

 

Il a fait partie de l'offensive victorieuse en mars. "On a été intégré à l'armée nationale il y a deux mois. On nous a dit de rester cantonnés. Je suis un soldat, j'obéis aux ordres", explique-t-il.

 

Il assure qu'il y a 2.000 éléments Séléka dans le camp, qui semble pourtant désert à l'exception de quelques soldats allongés.

 

Un fusil mitrailleur est posté à l'entrée. Les hommes brandissent leurs Kalachnikov et même un Famas, fusil de l'armée française "pris à des anti-Balaka (milice chrétienne) à Bossangoa il y a deux mois sur le champ de bataille".

 

Il menace: "ici, les Français ne rentrent pas. S'ils viennent ce sera dangereux. Ici, c'est notre camp. Dehors, ils peuvent désarmer qui ils veulent. Ici, c'est chez nous. Ce sera dangereux", insiste-t-il.

 

"Nous sommes prêts à combattre"

 

Selon de nombreux habitants, beaucoup de Séléka ont fui vers le nord avant l'arrivée des Français. Selon les militaires Séléka, très peu ont rejoint les casernes.

 

Le Camp Kasai, un autre camp de la ville où sont regroupés des ex-rebelles, est lui aussi désert ou presque. Quelques dizaines de soldats à peine, livrés à eux-mêmes.

 

"Il n'y a rien à manger. On ne peut plus sortir pour chercher de la nourriture. On a faim", explique le général Bakari Zacharia, également un ancien de la CPJP. Le discours est le même: "Les Français sont venus pour la paix pas pour nous combattre. Si on désarme les musulmans, il faut les protéger".

 

"Nous sommes prêts à combattre", si les Français tentent de les déloger, affirme-t-il près d'un pick-up armé et de deux lance-roquettes. "C'est un pays laïc depuis Boganda (Barthélémy, père fondateur de la République centrafricaine). Quand les chrétiens gouvernaient, on a accepté. Pourquoi eux n'acceptent pas qu'on soit aux affaires?".

 

La mort du général Séléka Mahamat Saleh Mahamat, tué par les soldats français mardi soir selon eux, est dans tous les esprits. A la mosquée du PK-5, le quartier commerçant musulman du centre-ville, plusieurs centaines de personnes sont là pour assister à la levée du corps et de 15 autres musulmans tués ces derniers jours vers un cimetière de la périphérie.

 

"Mort pour la France"

 

Les habitants ont accroché une banderole sous la statue du héros national Georges Koudoukou," mort pour la France pendant la deuxième guerre mondiale": "Oui au désarmement, non à la discrimination des musulmans. Les militaires français sont responsables des massacres et pillages depuis le début du désarmement partial".

 

Certains habitants tiennent un discours apaisant: "Il n'y a pas de problème entre musulmans et chrétiens. La venue des Français est bonne mais ils doivent nous protéger. Nous ne cherchons pas la vengeance mais la paix", affirme Hissene Fadoul, un étudiant.

 

Mais d'autres sont plus vindicatifs: "Les anti-balakas sont des hommes de Bozizé qui cherche à reprendre le pouvoir. Ils tuent des innocents, détruisent les mosquées. Nous resterons pour défendre le quartier et on se battra jusqu'au dernier homme. Si ca continue ce sera la guerre", ajoute un homme qui tait son nom.

 

Au Camp Beal, Haroun Saleh, reste optimiste. Il a deux femmes, l'une est musulmane, l'autre chrétienne évangéliste. "Je vais à la mosquée, elle prie à l'église tous les jours. Il n'y a pas de problème". A l'image de l'entière Centrafrique, où, jusque-là, chrétiens et musulmans vivaient en paix.

 

© 2013 AFP

Centrafrique: "Si les Français restent, ce sera le génocide"
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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 22:31

 

 

 

 

 

 

 

La situation à Bangui est très instable, "la haine est forte" et tout peut s'enflammer d'une minute à l'autre. Témoignage de deux grands reporters de France 2 présents sur place. 

 

Par Hervé Brusini 

 

le 11/12/2013 | 19:28 , publié le 11/12/2013 | 19:25

 

Quelle est la situation à Bangui ? Deux soldats français ont été tués, lundi 9 décembre, alors que l'armée française venait d'entrer en action pour désarmer les milices qui s'affrontent en Centrafrique. Entre les ex-rebelles musulmans de la Séléka et les miliciens chrétiens anti-balaka, tout peut s'enflammer rapidement. Les violences ont fait quelque 400 morts la semaine dernière rien que dans la capitale centrafricaine. 

 

Sur place, Martine Laroche-Joubert et Gérard Grizbec, grands reporters de France 2, expliquent que la situation n'a cessé de se dégrader dans les rues de Bangui, depuis qu'ils sont arrivés en fin de semaine dernière. 

 

Francetv info : Dans quelles conditions travaillez-vous ?

 

Gérard Grizbec : La situation est toujours instable. Mardi, nous sommes passés aux abords de l'aéroport et tout allait bien. Trois minutes plus tard, des émeutiers s'en prenaient à un magasin. Au même endroit, la violence partait comme une torche allumée.

 

Par ailleurs, il est parfaitement impossible d'identifier à qui on a affaire. Il n'y a pas de ligne de front à Bangui : les coups peuvent venir de n'importe où. Par exemple, on croise de nombreux Africains en uniforme dans les rues de Bangui, mais qui sont-ils réellement ? Appartiennent-ils à la Fomac, la Force d'Afrique centrale en Centrafrique ? Avec ces soldats-là, qui sont tchadiens, camerounais, congolais, guinéens ou gabonais, nous n'avons aucun problème. Mais ceux que l'on croise peuvent très bien être des rebelles musulmans de l'ex-Séléka qui peuvent nous tirer dessus à tout moment. C'est la confusion la plus totale. 

 

Pouvez-vous vous déplacer partout ? 

 

Martine Laroche-Joubert : On sait par nos fixeurs (les guides que nous rémunérons) dans quelles zones nous pouvons nous rendre et celles où les risques sont considérables. Par exemple, ici à Bangui, nous savons qu'il vaut mieux éviter un quartier où des journalistes ont été caillassés mardi. Nous nous déplaçons rarement seuls. Mardi, nous étions avec une équipe de la télévision chinoise. S'il arrive un pépin, ceux qui restent mobiles peuvent prévenir les secours.

 

Gérard Grizbec : Les détails logistiques peuvent rendre les choses encore un peu plus périlleuses. A Bangui, il est presque impossible de se procurer de l'essence. Ne comptez pas davantage pouvoir louer un taxi. Donc nous nous déplaçons en voiture, avec casque et gilet pare-balles. 

 

La présence de journalistes n'a-t-elle pas une influence sur les événements ?

 

Martine Laroche-Joubert : Nous avons récemment filmé le pillage d’une boutique. Channel 4 était d’abord passé par là le matin tôt. Mais le pillage a continué. Et il était toujours en cours quand nous nous y sommes rendus.

 

Gérard Grizbec : Quand nous filmons un acte de violence extrême, que ce soit un pillage ou un lynchage, les gens se fichent que nous soyons là ou pas. Ils pillent ou ils se vengent. La haine est si forte que des horreurs sont proférées ou commises à visage découvert. Et peu importe si on est filmé ou pas.

 

 

 

CENTRAFRIQUE. "On va égorger les musulmans"

 

  11-12-2013 à 20h09

 

Par 

 

Au sixième jour de l’opération Sangaris, les Seleka ne sont plus autorisés à circuler dans les rues. Mais le calme n'est pas encore revenu. De notre envoyé spécial.

 

Debout, de l’autre côté de la barrière qui marque l’entrée de Bangui, Mustapha attend, avec ses balluchons, posés sur l’asphalte, une hypothétique escorte. Ce jeune commerçant musulman a quitté sa région frontalière avec le Cameroun pour venir se réfugier dans la capitale centrafricaine. "Là-bas, les gens sont en débandade", dit-il. "Les anti-Balak [ces milices villageoises d’autodéfense, chrétiennes ou animistes, NDLR] nous attaquent. Ils s’en prennent surtout aux Peuls".

 

Pour arriver jusqu’à ce lieu-dit appelé "PK12", il a marché, pris des motos brousses, voyagé à l’arrière de camions surchargés. Il doit rejoindre le quartier du "Kilomètre 5", un bastion musulman, où une partie de sa famille habite. "Mais je n’ai pas confiance dans les taxis. Et on me dit que sur le chemin, on nous traque". Il se dit "déçu" par son pays. "Chrétiens et musulmans ont toujours vécu ensemble. Les politiciens manipulent la jeunesse pour s’entretuer et les principales victimes sont les femmes, les enfants et les vieillards."

 

"On ne peut pas vous escorter"

 

L’armée française s’est déployée de part et d’autre du barrage. 13 blindés légers et une quarantaine de soldats du 1er Régiment de hussards parachutistes tiennent cet emplacement stratégique situé au croisement des deux principales routes du pays. C’est un défilé ininterrompu de poids lourds, de motos qui ploient sous trois ou quatre passagers, d’hommes poussant sur des diables des monceaux de bois et de familles à pieds, fuyant, dans un sens ou dans un autre, les pillages et les tueries.

 

Mustapha va demander à un adjudant-chef casqué si des hommes de son peloton peuvent l’accompagner jusqu’à chez-lui. "On ne peut pas vous escorter", lui répond le militaire. "Ici, c’est une position qui est menacée." Un tireur d’élite à genoux, son fusil posé sur un parapet, surveille tous les véhicules qui approchent. D’autres soldats, cachés à l’arrière des échoppes en bois, ont leur canon pointé sur la forêt.

 

En ce sixième jour de l’opération Sangaris, la ville est plutôt calme, en comparaison des violences du début de la semaine. Les Seleka, les anciens rebelles qui ont pris le pouvoir en mars dernier, ne sont plus autorisés à circuler dans les rues avec leurs Kalachnikov ou leurs mitrailleuses. Ils doivent normalement être cantonnés dans des casernes. "On les a encore vu ce matin", dit un jeune capitaine. "Ils viennent nous tester et observer si nous montrons de l’assurance ou de la fébrilité."

 

Depuis deux jours, lui et ses hommes fouillent véhicules et passants. Ils confisquent toutes les armes qu’ils trouvent et viennent de saisir un RPG. "On a aperçu des gens qui se déplaçaient en armes, poursuit l’officier, près de son blindé, devant une station Total vandalisée. Comme notre dispositif est bien étanche, ils passaient derrière dans la brousse. Quand on est intervenu, ils ont pris peur et ont lâché ce lance roquettes."

 

"Ce sont des terroristes ! Des Al-Qaïda !"

 

Des hurlements fusent au milieu des étals. Une foule court vers la patrouille française en poussant un garçon. "Attention, il a des grenades !" Un soldat arrive, le met en joue, lui ordonne de poser sur le sol ses deux engins explosifs à peine plus gros que des citrons verts, puis l’oblige à retirer son tee-shirt et son pantalon, le couche sur le bitume et finit par le conduire au poste de la gendarmerie. "C’est un Seleka ! Tue-le !", crient les badauds.

 

"Il était dans le marché. Il voulait acheter quelque chose. Les gens ont vu qu’il avait une grenade à sa ceinture. Ils l’ont bloqué et amené ici. Avant, c’était un Seleka. On en est sûr. On le voyait passer en tenue", raconte un jeune homme, un crucifix sur la poitrine. "Ce sont des terroristes ! Des Al-Qaïda ! On va les chasser de Centrafrique", s’écrie un autre. "On va égorger les musulmans. C’est moi le tueur !", prévient un troisième.

 

L’adjudant-chef demande à tout le monde de se mettre à couvert. "Une attaque Seleka est imminente !", lance-t-il. "On a aperçu deux personnes armées, derrière à moins de 50 mètres". Mais rien ne se passe. Selon lui, l’homme arrêté avec ses deux grenades "avait l’intention de se faire sauter au milieu du dispositif". Le premier kamikaze de cette opération militaire, en somme.

 

Son supérieur se montre plus prudent : "On ne sait pas si c’était contre nous ou contre la population". Ou, peut-être, simplement voulait-il se protéger de ses compatriotes ? De nombreux musulmans ont été lynchés, au cours des deux derniers jours. "Une partie de la population est favorable à notre présence, ici. Une autre ne l’est pas", constate, encore, le capitaine. "Certains essayent de nous aider. Mais il faut tout prendre avec du recul."

 

Christophe Boltanski - Le Nouvel Observateur

Centrafrique : "Ici, des horreurs sont commises à visage découvert"
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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 17:48

 

 

 

 

 

 

 Le Figaro.fr avec AFP  Mis à jour le 11/12/2013 à 16:17

 

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé aujourd'hui qu'il devrait y avoir des discussions au sein de l'Union européenne sur le financement de l'intervention des forces africaines et françaises en Centrafrique.


"En ce qui concerne le financement de l'intervention, nous allons devoir en parler en Europe. C'est encore l'objet de discussions ", a insisté la chancelière. "Mais en ce qui concerne le soutien politique, il est très clair", a-t-elle ajouté. "Nous allons soutenir la Mission centrafricaine avec un avion de transports, c'est prévu, avec une évacuation médicale", a encore expliqué Angela Merkel.


L'Union européenne avait salué le feu vert donné par le Conseil de sécurité de l'ONU à une intervention des forces africaines et françaises en Centrafrique et débloqué 50 millions d'euros supplémentaires pour ce pays.


Et le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a estimé aujourd'hui que les Européens seraient "au rendez-vous" de l'intervention militaire en République centrafricaine. 

De son côté, le président malien en visite à Berlin a assuré que son homologue français François Hollande n'était "pas du tout un gendarme de l'Afrique" après les interventions françaises au Mali et en République centrafricaine. "Nous ne le voyons pas du tout comme un nouveau gendarme de l'Afrique, ni comme un nouveau colonisateur de l'Afrique", a-t-il insisté. "La France ne peut pas être indifférente de ce qu'il advient aujourd'hui dans un pays comme la RCA où nous assistons, au-delà des querelles de pouvoir, à ce qui pourrait si on n'y prenait garde (...) déboucher sur un conflit confessionnel entre musulmans et chrétiens", a-t-il souligné. "Devant l'échec évident du régime de transition en RCA, devant les faiblesses des moyens dont dispose la force africaine présente là-bas, il fallait faire quelque chose et c'est ce que François Hollande, avec courage, a entrepris", a-t-il conclu.

Centrafrique : Merkel veut des discussions
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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 17:10

 

 

 

 

 

 

http://www.leparisien.fr/   11.12.2013, 08h47 | Mise à jour : 13h32

 

Les militaires français déployés en Centrafrique poursuivent ce mercredi le périlleux désarmement des groupes armés à Bangui, au lendemain de la mort au combat de deux des leurs et de la visite-éclair du président François Hollande.

 

Surveillant grâce à leurs hélicoptères les mouvements dans la ville - placée sous couvre-feu de 18 heures à 6 heures locales - , les soldats de l'opération Sangaris se concentrent sur le désarmement des combattants de l'ex-rébellion Séléka, mais tentent également d'éviter des représailles contre les civils musulmans de la part de la population chrétienne terrorisée depuis des mois. Une double-mission «difficile», a estimé ce mercredi le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, «parce que l'identification de l'adversaire n'est pas si simple».

 

Accalmie à Bangui


Mercredi à la mi-journée, aucun pillage massif n'avait été signalé dans la capitale, contrairement aux jours précédents. Au fil des heures les gens étaient de plus en plus nombreux à se hasarder dans les rues, à la recherche de commerces et échoppes ouverts, signe d'une baisse de tension perceptible. Quelques taxis - qui avait totalement disparu de la ville depuis les massacres de jeudi - ont même recommencé à circuler.


Dans la nuit de mardi à mercredi, vers 23 heures, au moment où le président de la République quittait Bangui, des tirs nourris mais très brefs ont été entendus près de la télévision publique, à quelques kilomètres de l'aéroport, selon des habitants du secteur. «Sinon, on a rien entendu de toute la nuit», ajoutait l'un d'eux ce mercredi. Très peu d'informations arrivent cependant des provinces, coupées du reste du pays, où l'on redoute de découvrir de nombreux cadavres dans la brousse.

 

L'opération «durera le temps que les forces africaines prennent le relais»

 François Hollande a déclaré mercredi devant le Conseil des ministres que le déploiement des forces françaises en Afrique «durera le temps que les forces africaines prennent le relais», a rapporté la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. Le chef de l'Etat a fait de nouveau valoir que «ne pas intervenir, c'était rester les bras ballants à compter les morts», a-t-elle précisé devant la presse. «Il s'agit de sauver des vies dans un pays où il n'y a plus ni Etat, ni administration, ni autorité, de rétablir la sécurité», a ajouté le chef de l'Etat cité par la porte-parole du gouvernement.

Selon Najat Vallaud-Belkacem, toutefois, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a évoqué une nouvelle fois «en conseil des ministres une durée de six mois à peu près» pour le déploiement des 1.600 soldats français. Jean-Yves Le Drian avait déjà évoqué cette durée plus tôt dans la matinée sur BFMTV et RMC. Tout en reconnaissant que cette opération militaire était «compliquée», le ministre a rappelé que l'objectif premier des 1 600 militaires français déployés sur le terrain était de parvenir à désarmer «tout le monde», sauf les forces mandatées par Nations Unies, avant de pouvoir envisager une solution politique. «Une opération militaire, ça prend du temps. On n'a commencé le désarmement que lundi», a-t-il insisté, ajoutant que l'objectif raisonnable pour remplir cette mission était de l'ordre de «six mois». 

 

Une opération «plus difficile» qu'au Mali, les Européens «seront au rendez-vous»

Pour Jean-Yves Le Drian, l'opération Sangaris en Centrafrique est certes «beaucoup moins onéreuse» que Serval au Mali puisqu'il y a «moins d'armement, moins de transport, moins de logistique». Mais «elle est beaucoup plus difficile», «parce que l'identification de l'adversaire n'est pas si simple».


«Les Européens seront au rendez-vous», a également insisté Jean-Yves Le Drian. «Ils ont commencé: les Britanniques, les Belges, les Danois, les Polonais...» mais «ce n'est pas en trois jours que ça se fait» a-t-il relevé. Relancé sur l'idée d'un fonds européen qui viendrait abonder les opérations extérieures comme celle menée par l'armée française en RCA, il a observé : «Ce qu'il faut créer en priorité, c'est une force d'intervention africaine».


Toujours sur BFMTV/RMC, le ministre de la Défense s'est dit «très ému» après la mort des deux soldats tués dans la nuit de lundi à mardi. «Ils étaient partis accomplir une mission de désarmement, a-t-il expliqué. Cela s'est passé avec des éléments incontrôlés de la Séléka.» Autre objectif : la tenue d'élections démocratiques dans ce pays en 2014. 


L'UMP veut y voir plus clair, le PS défend Hollande 


«Tout doit être fait pour que cette mission réussisse, a déclaré Jean-François Copé, ce mercredi matin, sur France Info. Je l'ai soutenue. La France devait intervenir car l'inaction était inenvisageable, compte tenu de la situation : un risque de génocide, de chaos politique». « Mon regret, a-t-il nuancé, c'est que la communauté internationale ait mis autant de temps à bouger. On est incapable d'avoir une politique concertée avec les grands de ce monde pour intervenir beaucoup plus tôt quand une crise de cette nature risque de plonger un pays dans le chaos.» Critiquant toutefois la baisse des crédits de la Défense, le patron de l'UMP a indiqué avoir besoin de «connaître du président de la République, de manière plus précise, le contenu de la mission, sa durée et qu'il informe régulièrement les Français de la situation», et regretté «que l'Europe soit incapable de construire une politique de défense et même diplomatique. Cela doit être un des grands sujets de l'agenda, je regrette que le président de la République ne le fasse pas suffisamment.». 


Invité sur i>telé ce mercredi, Jean-Christophe Cambadélis, le député et secrétaire national du PS à l'international, a vu dans le passage éclair du chef de l'Etat à Bangui une «visite nécessaire». En France, «on ne peut pas dire: c'est bien, s'est agacé l'élu de Paris. Reconnaissons que l'initiative du président de la République était juste, il faut être derrière». «La France n'est pas isolée, la France est en avant, a tranché le responsable PS. L'ensemble de la communauté européenne va participer petit à petit. Jean-Christophe Cambadélis s'est étonné «de la part de l'UMP, d'une tentation de voir la France dans le ventre mou des nations. Eh bien non, la France assume son rang avec François Hollande».

L'opération en Centrafrique «plus difficile» qu'au Mali, admet Le Drian
L'opération en Centrafrique «plus difficile» qu'au Mali, admet Le Drian
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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 16:54

 

 

 

 

 

 

YAOUNDE Mercredi 11 décembre 2013 | 13:21 UTC (Xinhua) - L'ex-chef d'état-major chargé des opérations de l'ex-coalition rebelle de la Séléka (au pouvoir à Bangui), le général Mahamat Saleh, a été tué à la suite d'une opération de l'armée française mardi dans la capitale de la République centrafricaine (RCA), rapporte mercredi matin à Xinhua le colonel Michel Narkoyo, patron de la gendarmerie nationale.

 

« Le général Saleh a été tué avec ses deux gardes du corps, alors qu'il se trouvait dans son véhicule en circulation au quartier Miskine. C'était hier matin aux environs de 11h00 (10h00 GMT). Tous les trois sont morts sur-le-champ. Il y a eu également deux blessés, un colonel et un capitaine actuellement aux soins à l'hôpital communautaire de Bangui. Ils se trouvaient dans le même véhicule », a relaté le colonel Narkoyo, lui-même ex-porte-parole de l'ex-rébellion officiellement dissoute.

 

 Ce drame comme la mort de deux jeunes soldats français lors d' une intervention lundi soir à Bangui illustre le climat de tension et de méfiance autour de la mission d'intervention de l'armée française autorisée par un vote du Conseil de sécurité des Nations Unies la semaine dernière, en vue d'aider à un retour à la paix et la stabilité dans ce pays plongé dans le chaos sécuritaire et humanitaire depuis la prise du pouvoir de Michel Djotodia le 24 mars.

 

Au total, 1.600 renforts français en plus de quelque 400 déjà présents sur place de longue date dans le cadre de vieux accords de défense entre Paris et Bangui seront déployés, officiellement en appui à la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), une force multinationale sous mandat de l'Union africaine (UA). Dotée d'un mandat plus fort, celle-ci vient remplacer la Force multinationale de l'Afrique centrale (FOMAC) et de la Mission de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (MICOPAX), deux forces d'interposition déployées depuis plusieurs années pour permettre une sortie de crise dans cette ancienne colonie française régulièrement en proie aux rébellions et coups d'Etat.

 

Quatre jours après l'arrivée officielle de ses premiers renforts, l'armée française a lancé lundi à Bangui, conformément à sa mission, une opération de désarmement des groupes armés et des milices dont les ex-Séléka et les anti-Balakas (anti-machettes), ces fameux groupes d'autodéfense créés à l'époque de l'ex-président François Bozizé pour lutter contre les coupeurs de route et qui ont pris les armes en réaction aux exactions des ex-Séléka.

 

Ce désarmement a tourné aux échanges de tirs entre les soldats français et des hommes armés, y compris aux scènes de pillages. D' où des critiques et des attaques à l'égard de cette intervention, accusée d'avoir jeté en pâture les ex-rebelles et les civils musulmans considérés comme leurs alliés. Cette mission avait pourtant été accueillie avec beaucoup d'espoirs par la population.

 

 Ainsi, le colonel Michel Narkoyo les accuse d'avoir délibérément tué l'ancien chef d'état-major chargé des opérations de l'ex- Séléka et ses deux gardes du corps. Entre la mission française et les responsables centrafricains de la sécurité, aucune collaboration n'est rapportée.

Centrafrique : L'ex-chef d'état-major de l'ex-Séléka tué lors d'une opération française à Bangui
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