Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 14:13

 

 

Prorogation d’une semaine des inscriptions sur les listes electorales a Bangui

 

20/07/15 (APA)

 

Les opérations d’inscription sur les listes électorales ont été la prorogées jusqu’au 27 juillet prochain dans les huit arrondissements de Bangui, a annoncé Mme Marie Madeleine Nkouet Hooernaert, Porte-parole de l’Autorité Nationale des Elections (ANE)

 

Il faut dire que c’est la deuxième fois que les opérations d’enrôlement des électeurs ont été prolongées à Bangui, la capitale.

 

Face à la presse samedi à Bangui, pour dresser le bilan des inscriptions des électeurs sur la liste électorale entamées le 29 juin dernier à Bangui, le Rapporteur général du l’ANE qui est aussi porte-parole de l’organe en charge des élections, a expliqué que le dernier chiffre global des inscrits est de 237.023 sur les 300.000 électeurs attendus pour ces scrutins de 2015, soit 80% d’inscrits pour la capitale.

 

Abordant la question du démarrage des activités de recensement dans les autres régions du pays, Marie Madeleine Nkouet Hooernaert a souligné que grâce à l’appui de la Mission Multidimensionnelle Intégrée pour la Stabilisation des Nations-Unies en République Centrafricaine (MINUSCA), tout le matériel de recensement a été convoyé dans les provinces.

 

A partir du 20 juillet 2015, le déploiement des formateurs dans les autres préfectures, suivant le respect de la même procédure, c’est-à-dire la formation des formateurs, des agents recenseurs puis le démarrage des opérations de recensement.

 

 

Un nouveau Chef d’Etat-major Général à la tete des Armées Centrafricaines

 

20/07/15 (APA)

 

Le Général de Brigade André Bonaventure Lenanguy a été nommé nouveau Chef d’Etat-major Général des Armées centrafricaines en remplacement du général de brigade François Mobebou démissionnaire depuis plus d’une semaine.

 

Le sous chef d’Etat Major adjoint est le Colonel Bonaventure Désiré Bakossa jusque- là responsable des opérations.

 

D’autres officiers généraux ont aussi été nommés à des postes de responsabilités au niveau du Ministère de la Défense à l’exemple du général Ludovic Ngaïfé qui fut l’un des chefs d’Etat Major de François Bozizé.

 

Le Ministère de la Défense érigé en ministère d’Etat a été confié pour la première fois à une Dame, Mme Marie Noëlle Koyarara qui a entrepris des réformes pour permettre aux Forces Armées Centrafricaines « FACA » d’être opérationnelles.

 

Malheureusement, l’embargo des Nations Unies sur la vente des armes à la Centrafrique constitue un frein à l’opérationnalisation des Forces Armées Centrafricaines.

 

 

Bangui se défend d’avoir pillé ses forêts pour entretenir la guerre civile

 

20/07/15 (APA)

 

Le ministre centrafricain des Eaux et Forêts, Isabelle Gaudeille, s’est offusqué de la parution d’un rapport de l’Ong britannique Global Witness expliquant que l’exploitation des bois centrafricains a servi à alimenter la crise dans son pays.
 

Ce rapport date de 2013 et ne correspond plus à la réalité sur le terrain en Centrafrique, explique-t-elle, ajoutant que le document de l’Ong britannique Global Witness date de l’époque où le pays était dominé par des groupes armés qui faisaient régner leurs lois.

 

‘’Ce rapport doit être purement et simplement retiré de la circulation car il ternit l’image du pays », assène-t-il, soulignant que le document a des conséquences négatives sur l’économie centrafricaine, car les bois sont une des ressources qui renflouent les caisses de l’Etat.

 

Selon elle, si suite à ce rapport le bois centrafricain n’est plus exporté, le pays va manquer de revenus substantiels et beaucoup de personnes seront en chômage et la pauvreté aidant, la crise risque de resurgir dans le pays.

 

Nouvelles nationales sur APA
Nouvelles nationales sur APA
Nouvelles nationales sur APA
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 14:07

 

 

 

Comment écrire sur la bêtise? Est-ce nécessaire de répondre à la calomnie ? Depuis bien longtemps, et ceux qui me connaissent le savent, j’ai compris que face à la médisance, il n’y pas une arme plus redoutable que le silence. C’est pourquoi, depuis un certain temps,  j’ai accepté sifflets et huées, avec le délire et l’inanité que cela entraine. J’ai même laissé passer des énormités, comme cette fois où l’on a écrit que j’aurais « dérobé » l’équivalent de mille euros (665000 FCFA) dans le sac du Premier Ministre. Jusqu’à ce jour…

 

Alors que je tente de me remettre de l’attaque ce 16 juillet 2015 de mon véhicule (il faut voir les photos pour imaginer la violence de l’attaque) par une bande armée à quelques sept (7) kilomètres de la ville de Beloko sur l’axe Bangui-Garoua-Mboulaï et que je n’ai eu la vie sauve que grâce à la bonté divine, une folle rumeur aussi fantaisiste que délirante circule à mon nom. Ces allégations, répandues dans le seul dessein de nuire, laissent entendre que je serais en « cavale » parce que j’aurais échappé « de justesse à une arrestation spectaculaire pour faux usage de faux, usurpation et falsification de signature du Premier Ministre, avec utilisation frauduleuse de compte public ». Qu’en plus, je serais « impliqué dans des pratiques régulièrement irrégulières de paiement des titres du trésor à des particuliers et des entreprises contre ristournes ». Qu’entre autres, j’utilisais ma « position » et « apposais » des visas du Premier Ministre, ordonnateur des dépenses de l'État, sur des ordres de paiements du trésor, avant de les amener au Ministre des Finances et du Budget ou le Ministre Délégué afin d’engager le paiement ». Et que finalement, je me serais « fait attraper en début de semaine »  et que je serais allé voir le Ministre des Finances pour « m’agenouiller et demander pardon ».  Et que malgré cela, une procédure judiciaire serait ouverte contre moi et que j’ai fui en laissant une ardoise à l’hôtel Oubangui où je logeais depuis quasiment un an à mes frais. 

 

Je voudrais ici rappeler ceci: 

 

C’est le 27 juin dernier que je suis parti de Bangui, avec l’autorisation de Madame le Chef de l’État de la Transition, pour participer à une assemblée générale en France. Lorsque fut publié ce 6 juillet 2015 le décret portant réorganisation du Cabinet de la Primature, je me trouvais encore en France. Je suis donc rentré à Bangui le 11 juillet et me suis entretenu seul à seul, pendant près d’une demie heure avec le Premier Ministre Mahamat Kamoun le lundi 13 juillet. Au cours de cette rencontre, le Premier Ministre, à qui j’ai remis une lettre de remerciement, a affirmé me conserver « toute sa confiance ». Mais qu’il a été contraint de me débarquer de son Cabinet pour deux raisons: la première est liée à la tribune que j’ai publiée sur la fin de la transition qui, selon lui, a été diversement appréciée tant au niveau local qu’international. La seconde est consécutive à la publication du chronogramme des élections. Bien que ce communiqué de presse ait été validé par son directeur de cabinet avant sa publication et qu’il entre dans le droit-fil des précédents communiqués sanctionnant les réunions du Comité stratégique de suivi des élections, il a provoqué une grave crise au sommet de l’État. Certains, notamment le président du CNT, ont pu penser que le Premier Ministre et son cabinet entendent écarter l’ANE de l’organisation des élections. À preuve, affirment-ils, toujours selon le Premier Ministre, c’est son conseiller spécial qui a publié le chronogramme électoral. C’est dans ces conditions qu’il a été amené, suite aux fortes pressions subies, de mettre un terme à mes fonctions. Des choses et d’autres ont été dites au cours de cet entretien que je me garde bien de livrer ici. 

 

C’est donc ce lundi et en compagnie de l’ancien Ministre d’État Christophe Gazam-Betty  à qui je venais de céder mon ancien bureau que j’ai croisé le Ministre Kadr dans les couloirs de la Primature. Ce dernier nous a informé qu’il devait se rendre à Ndele pour demander à un groupe des ex-Séléka de cesser de déranger la population. Il a même promis me téléphoner pour que nous fassions le déplacement de Ndele ensemble. Tout ceci s’est passé en présence d’un témoin oculaire, M. Christophe Gazam-Betty. Je n’ai jamais fait payer quelques titres du trésor que ce soit. Jamais je me suis pointé dans le bureau du Ministre des finances ou du Ministre délégué avec un titre du trésor, revêtu de quelque ordre du Premier ministre. Je me suis jamais agenouillé devant quelque individu, fût-il ministre des finances, que ce soit. Surtout que l’on se connait tous dans ce pays…  

 

Alors d’où ça vient que je me serais fait attraper (où à propos de quoi) en début de semaine ? À ma connaissance et jusqu’à preuve du contraire, aucune procédure judiciaire pour un quelconque délit n’est ouverte contre moi. Je mets quiconque au défi de m’apporter les preuves de ces allégations. Ce n’est pas à force de répéter un mensonge qu’il devient une vérité. Je suis parti de Bangui non pas comme un fugitif (un fugitif ne voyage pas avec son véhicule personnel et ne se présente pas es qualité aux barrières de la gendarmerie. Lorsque j’aurais fini de suivre des soins contre le traumatisme de l’attaque du 16 juillet, je rentrerais à Bangui pour répondre, le cas échéant, à ce dont la justice de mon pays me reproche. Cette cabale savamment orchestrée participe d’une logique que nous savons mais nous sommes prêts à livrer bataille et à être impitoyable. Nous avons également des dossiers et nous avons connaissance du plan que certains veulent nous imposer. 

 

Quant au reste, j’ai la conscience de celui qui n’a rien à se reprocher. Et comme écrivait Aimé Césaire, « haïr, c’est encore dépendre ». Je n’haïrai point tous ceux qui me veulent du mal. Même pas ceux qui ont ouvert le feu sur mon véhicule et m’ont dérobé argent, ordinateurs et téléphones portables. 

 

Adrien Poussou

 
Ancien Ministre 

"Je suis vivant, grâce soit rendue à Dieu !" par Adrien Poussou
"Je suis vivant, grâce soit rendue à Dieu !" par Adrien Poussou
"Je suis vivant, grâce soit rendue à Dieu !" par Adrien Poussou
"Je suis vivant, grâce soit rendue à Dieu !" par Adrien Poussou
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 11:27

 

 

 

CONVENTION REPUBLICAINE POUR LE PROGRES SOCIAL                               

                                                          

 

La « Convention Républicaine pour le Progrès Social » (CRPS) exprime sa vive préoccupation sur la polémique relative au vote des réfugiés et sur l’instrumentalisation du fait religieux à des fins politiques.

 

En raison du coût élevé des prochaines consultations électorales, la communauté internationale avait demandé et obtenu le couplage des élections présidentielle et législatives et la suspension de la biométrie pour les scrutins de 2015.

 

Un consensus de toutes les forces politiques et sociales du pays sur la question ayant été préalablement obtenu au sein du Cadre de Concertation sur les élections, le Conseil National de Transition  (CNT) avait voté la loi de révision des dispositions concernées du code électoral.

 

La Cheffe de l’Etat de Transition avait alors soumis le texte à la Cour Constitutionnelle de Transition pour vérification  de sa  conformité à la Charte Constitutionnelle de Transition.

 

La Cour, excipant de son droit d’examiner l’ensemble du code électoral va constater que ce code n’a pas intégré le vote des réfugiés et elle va décider le 15 janvier 2015 que ces derniers doivent participer aux élections.

 

Le Cadre de Concertation ayant été saisi, aucun consensus n’a été dégagé et il a été recommandé au CNT  de prendre ses responsabilités. Celui-ci, rejettera le projet de loi relatif au vote des réfugiés.

 

C’est alors que des voix vont s’élever pour affirmer que ce rejet est dirigé contre les musulmans.

 

Les délégués réunis au sein du Cadre de concertation sur les élections  et  les Conseillers nationaux n’ont jamais évoqué la question du vote des réfugiés à travers le prisme de la religion. Il n’a jamais été question d’exclure les musulmans qui ont les mêmes droits que les chrétiens et les animistes des futures élections.

 

Les débats au sein du Cadre de Concertation les 20 et 21 juin 2015 portaient sur des aspects juridiques et politiques suivants :  

 

1/ Si les décisions de la Cour Constitutionnelle de Transition s’imposent à toutes les autorités administratives et juridictionnelles, celle-ci étant une juridiction, ses propres décisions s’imposent aussi  à elle. Le code électoral ayant été promulgué le 13 novembre 2013 après une décision de  conformité de la Cour Constitutionnelle de Transition qui n’avait pas jugé utile d’évoquer le droit de vote des réfugiés, cette décision passée en force de chose jugée s’impose à elle, sauf à reconnaître qu’elle a commis une erreur de droit.

 

2/ La Cour, ayant déjà examiné en 2013 la conformité de l’ensemble du code électoral à la Charte Constitutionnelle de Transition, elle devrait se prononcer uniquement sur les dispositions révisées qui étaient des dispositions nouvelles. En ajoutant proprio motu c’est à dire de son propre chef le vote des réfugiés qui n’avait pas fait l’objet d’une loi votée par le CNT, elle a statué «  ultra petita » c’est-à-dire au-delà de ce qui lui est demandé.

 

Cette décision viole ostensiblement l’article 76 de la Charte Constitutionnelle de la Transition et l’article 10 de la loi N°13.002 portant organisation et fonctionnement de la Cour Constitutionnelle de Transition qui disposent que cette dernière « est chargée de :

 

-juger de la constitutionnalité des lois organiques et ordinaires, déjà promulguées ou simplement votées, des règlements ainsi que du Règlement Intérieur du Conseil National de Transition »

 

3/ Les cartes de réfugiés ne fournissent pas de garanties suffisantes sur la nationalité centrafricaine pour l’exercice du droit de vote.

 

4/ L’interdiction de battre campagne sur les sites des réfugiés rend aléatoire le choix de ces derniers sur les projets de société et les programmes des candidats.

 

5/ L’impossibilité pour les représentants des candidats de surveiller les opérations de vote et de dépouillement constitue des risques majeurs de fraude massive, source d’une nouvelle crise politique.

 

La réalité historique est que la politisation de la question musulmane a été systématisée depuis 2014 par la communauté internationale.

 

En effet, la résolution 2149 du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 10 avril 2014 exprimait déjà sa préoccupation : sur « la situation humanitaire catastrophique en République Centrafricaine, mettant tout particulièrement l’accent, à cet égard, sur les besoins humanitaires des personnes déplacées et des réfugiés dans les pays voisins, dont le nombre dépasse respectivement 760.000 et 300.000 et qui sont pour une grande part de confession musulmane »  et «insiste également sur le fait que les déplacés et les réfugiés centrafricains doivent participer aux élections et que leur retour doit être considéré comme un objectif majeur ».

 

Si certains insistent sur le caractère inclusif des prochaines élections, d’autres reprennent l’argument confessionnel comme le porte-parole des chefs traditionnels  Peulh de Centrafrique qui considère que « l’exclusion de ces réfugiés dans ce processus électoral …sera considérée comme une volonté d’exclure la minorité musulmane en général et les peulhs en particulier contraints à l’exil… ».

 

C’est aussi la position du Haut-Commissariat des Réfugiés en Centrafrique  dont le représentant demande  l’arbitrage de la Cour Constitutionnelle de Transition, ignorant que la Cour ne peut pas se prononcer sur un projet de loi rejeté par le Parlement.

 

La CRPS affirme que le vote n’est ni musulman ni chrétien. Il sera républicain et citoyen ou bien il ne sera pas.

 

Elle ne partage pas l’approche religieuse du vote telle qu’exprimée tant au sein de la communauté internationale que parmi certains compatriotes. La conception confessionnelle du vote est porteuse de germes potentiels de  graves conflictualités.

 

La Cour Constitutionnelle de Transition doit respecter les règles de sa propre compétence.

 

Enfin, la promulgation d’un projet de loi rejeté par le Conseil National de Transition constituera un acte de forfaiture.

 

                                                                       Bangui, le 18 juillet 2015

 

                                                                       Le Président du Directoire Politique Provisoire

 

                                                                                   Me Nicolas TIANGAYE

   COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA CRPS SUR LA QUESTION DU VOTE DES REFUGIES
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 17:31

 

 

 

PAR THOMAS CANTALOUBE ET CELHIA DE LAVARÈNE MARDI 14 JUILLET 2015 (MEDIAPART)

 

Deux mois après la révélation de viols commis par des soldats français en Centrafrique, Mediapart a pu étayer la validité des accusations et le fait que les abus sexuels continuent aujourd'hui avec différents contingents. Ces crimes se déroulent dans le contexte d'un pays où les Occidentaux se croient souvent tout permis.

 

Quand on s’intéresse à la République centrafricaine, il devient vite difficile de ne pas songer à la fameuse maxime du dictateur mexicain Porfirio Diaz sur sa propre nation, et d’avoir envie de la paraphraser : «Pauvre Centrafrique, si loin de tout et si proche des Français… »

 

Depuis les années 1970, le pays est littéralement en chute libre, géré par des satrapes qui se chassent coup d’État après coup d’État, bien souvent avec la bénédiction de l’ancienne puissance coloniale ; l’économie, même celle du diamant, tourne au ralenti ; les infrastructures se détériorent, rendant de nombreux pans du territoire inaccessibles ; les frontières sont des passoires dont profitent les puissants voisins (Tchad, Soudan, Congo…) ou des milices transnationales comme l’Armée de résistance du Seigneur de Joseph Kony. En 2013, un groupe rebelle à majorité musulmane, la Séléka, s’est emparé du pouvoir et a soufflé sur les braises du confessionnalisme au point de susciter la crainte d’un génocide. Cette angoisse, sincère, d’un nouveau Rwanda en miniature a brièvement mobilisé la communauté internationale et provoqué l’intervention en urgence de l’armée française début décembre 2013 : ce fût l’opération Sangaris, approuvée par l’ONU et soutenue par la plupart des puissances occidentales et africaines.

 

Depuis cette date, la seule chose positive que l’on puisse honnêtement affirmer est que la situation n’est pas devenue pire. Pas pire. S’agissant de la Centrafrique, les capitales étrangères et les institutions internationales se contentent de ce bilan… La France en premier lieu.

 

La révélation, fin avril 2015 par le journal britannique Guardian, d’un rapport de l’ONU dénonçant des abus sexuels commis par des soldats français de la force Sangaris entre décembre 2013 et juin 2014, est venue sortir tout le monde de sa torpeur. Le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, est rapidement monté au créneau en assénant dans le Journal du dimanche : «Si les faits sont avérés, je ne mesurerai pas ma colère, parce que lorsque le soldat français est en mission, il est la France. Si d'aventure un seul d'entre eux a commis de tels actes, qu'il se dénonce immédiatement. »

 

La formule était curieusement alambiquée, car non seulement le ministère de la défense était au courant du rapport interne de l’ONU décrivant ces violences sexuelles depuis au moins huit mois, mais les enquêtes diligentées par la justice française et l’armée ne laissent guère de doutes. Selon de nombreux témoignages recueillis et recoupés par Mediapart à Paris, à Bangui, à Genève et à New York, les abus sexuels commis par des soldats français ont bel et bien eu lieu, entre décembre 2013 et juin 2014 en Centrafrique, des officiers étaient au courant, et il y en eut d’autres que ceux contenus dans le rapport.

 

Par ailleurs, les viols et le recours à la prostitution de mineures de la part des contingents internationaux, pas nécessairement français, continuent à la date d’aujourd’hui. Enfin, le comportement de nombreux représentants hexagonaux sur place étant tout sauf irréprochable, il est probable que cette affaire de viols a été volontairement balayée sous le tapis, pour ne pas exposer d’autres dérives.

 

Cette histoire démarre entre février et mars 2014 quand des enfants du camp de M’Poko à Bangui, un vaste rassemblement de près de 100 000 réfugiés qui jouxte la base de l’armée française sur l’aéroport, se plaignent d’abus sexuels commis par des soldats tricolores, auprès d’une ONG locale qui assiste les gamins des rues. Ces dénonciations remontent lentement jusqu’à l’antenne des Nations unies chargée des droits humains (OHCHR), qui s’empare du sujet fin avril. Aux mois de mai et juin, une experte de la section justice et droits humains de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA), spécialisée dans la protection de l’enfance et accompagnée, selon les cas, d’un ou deux représentants de l’UNICEF, interroge six jeunes garçons âgés de 9 à 13 ans.

 

Leurs témoignages sont précis, détaillés et concordants (voir ci-contre le rapport de l’ONU sur leurs interviews, où nous avons noirci toutes les identifications des enfants, de leur famille, et des personnels humanitaires). Les six garçons, certains orphelins, d’autres vivant avec leur famille sur le camp, décrivent des situations souvent identiques : ils réclament de la nourriture aux soldats français stationnés au check-point à l’entrée de la base, ces derniers les font venir dans un abri juste à côté, et leur demandent une fellation. Les militaires leur font parfois visionner une vidéo porno sur leur téléphone portable pour leur montrer ce qu’ils attendent d’eux, et dans au moins un des cas, un gamin est sodomisé.

 

À chaque fois, cela se termine de la même manière : les enfants reçoivent des rations militaires, un peu d’argent et la consigne de se taire. La lecture de ces témoignages est crue et montre une réalité de domination particulièrement malfaisante.

 

Dans ce document, les victimes identifient également une douzaine d’agresseurs soit avec des détails physiques (grain de beauté, tatouage, couleur de peau…), soit avec leur surnom (Batman, Nico, Jean…), et même dans un cas leur fonction (sniper sur le toit de l’aéroport). Surtout, il ressort de ces témoignages que les garçons servaient également de rabatteurs de prostituées pour les soldats. «Quand cette histoire a été révélée, ce qui a surpris les Banguissois c’est qu’il s’agissait de jeunes garçons, alors que les jeunes filles violées sont monnaie courante », raconte le directeur d’une ONG qui fait la navette entre Bangui et l’Europe. « Nous avons récemment recueilli le témoignage de plusieurs jeunes filles entre 12 et 15 ans qui disent avoir été violées par des soldats européens, sans être capables de dire s’il s’agissait de Français ou de ceux de l’EUFOR. »

 

Le gouvernement français ne remet pas en cause le fond de l’histoire

 

Pour la directrice juridique d’une grande ONG internationale, qui a passé plusieurs mois à Bangui en 2015, «ces jeunes garçons sont avant tout des rabatteurs de prostituées. Ils se sont sentis humiliés quand ils ont été violés et c’est probablement pour cela qu’ils ont dénoncé les soldats. Mais la réalité, c’est que ce sont principalement des jeunes filles qui sont victimes : un tiers de celles qui viennent nous voir pour des violences sexuelles sont des mineures.

 

C’est malheureusement un cas classique de "sexe contre nourriture", que l’on voit fréquemment dans ces situations. »

 

Une journaliste française, qui s’est rendue plusieurs fois au camp de M’Poko au premier semestre 2014, se souvient que «des gamins vendaient des rations militaires françaises dans la rue, ce qui est fréquent dans ce genre de cadre, mais il y avait des rumeurs persistantes, que je n’ai jamais entendues ailleurs, sur le fait que les rations étaient achetées. Cela revenait sans arrêt dans les conversations ». Par ailleurs, souligne-t-elle, «les relations entre les soldats français et la population du camp se sont très vite détériorées, en quelques semaines seulement. Il y avait bien sûr le contexte politique tendu entre les Sélékas et leurs opposants anti-balakas, dont les Français étaient jugés trop proches, mais aussi des questions personnelles entre les réfugiés et les militaires tricolores qui étaient fréquemment traités de "voleurs de diamants". L’ambiance était franchement malsaine».

 

L’UNICEF a confirmé à Mediapart n’avoir effectué que six entretiens, mais au moins trois sources différentes, à Genève et à New York, à l’ONU et dans des ONG opérant en Centrafrique, affirment qu’il existe d’autres cas d’abus sexuels qui ne figurent pas dans le rapport onusien. «Il y a plus d’enfants concernés que ceux du rapport », indique une des sources. «Des soldats géorgiens de l’EUFOR sont également impliqués lorsqu’ils ont pris la relève des Français au contrôle du check-point à l’entrée de la base. »

 

Quand l’affaire des viols a été révélée fin avril 2015, un certain nombre de voix (dans l’armée française, mais aussi dans la presse) ont mis en doute la véracité des témoignages, en attribuant les récits des garçons centrafricains à la «rumeur de camps de réfugiés».

 

Mais c’est une donnée que les personnels spécialisés de l’OHCHR et de l’UNICEF connaissent très bien, notamment la question du «témoin contaminé» (un individu qui répète ce qu’il a entendu et non pas ce qui lui est vraiment arrivé). L’UNICEF assure que les personnes qui ont mené les entretiens étaient parfaitement formées et, de plus, deux fonctionnaires internationaux qui connaissent bien la spécialiste de l’OHCHR ayant conduit les interviews garantissent son grand professionnalisme (jointe par Mediapart, elle n’a pas souhaité nous répondre, attendant le résultat d’une enquête interne de l’organisation).

 

Par ailleurs, et c’est le point principal, le gouvernement français, en dépit des précautions oratoires de Jean-Yves Le Drian (« Si les faits sont avérés ») ne remet pas en cause le fond de l’histoire.

Un spécialiste français des questions de défense qui a suivi cette affaire, lui-même officier, indique : « Personne dans l’état-major ne dit "Ce n’est pas possible", et tout le monde dit "Ça peut arriver". »

 

Toutefois, pour lui, il n’y a pas eu de tentative d’étouffer l’affaire au plus haut niveau : «Il est possible que plusieurs bataillons soient concernés et qu’un ou deux soldats par bataillon soient responsables de ces abus, ce qui diluerait cette affaire et l’aurait rendue invisible. Il est possible aussi qu’un officier ait décidé de ne pas faire remonter les abus qu’il aurait appris. »

 

Il est difficile de croire qu’entre la date des premiers abus (décembre 2013), la période où ils parviennent aux ONG (février-mars 2014), puis à l’ONU (avril 2014) et les entretiens avec les enfants (mai-juin 2014), le commandement militaire français sur place n’ait rien su. Officiellement, les Français découvrent les faits lorsque Anders Kompass, le directeur des opérations de l’OHCHR, transmet le rapport avec les interviews des enfants à l’ambassadeur français à Genève, qui le fait remonter à Paris.

 

Pourtant, un expert des droits de l’homme travaillant pour une ONG française, qui s’est rendu à plusieurs reprises en Centrafrique, est parvenu à confirmer cette histoire auprès de plusieurs sources : «Un soldat français échangeait de la nourriture contre des fellations avec un gamin. Un jour, il y a été un peu trop fort avec le gamin, qui a eu très mal et l’a dit à sa mère. Celle-ci l’a battu puis a été se plaindre auprès des ONG (c’est probablement le récit de l’interview n° 3 dans le rapport de l’ONU). Le chef de section du soldat l’a appris et lui a cassé la gueule. Cela a été tellement violent qu’il a fallu rapatrier le soldat en France. »

 

Autrement dit, au moins un officier français aurait été au courant d’un abus sexuel. A-t-il pu le garder pour lui au vu des circonstances, ou l’a-t-il fait remonter dans la hiérarchie ?

 

Deux autres sources, l’une dans une institution internationale en Centrafrique, et l’autre à l’OHCHR à Genève, affirment à Mediapart que le commandement français à Bangui était au courant de ces abus bien avant le rapport onusien. Elles portent ces accusations sur la base de discussions avec des fonctionnaires internationaux, mais ne sont pas en mesure d’en apporter la preuve.

 

«Les militaires français ne savaient pas où ils étaient !»

 

De toute manière, il y a forcément une défaillance de l’armée française selon la directrice juridique de la grande ONG internationale : «Le rôle d’un commandant, c’est de se tenir au courant, pas juste d’être informé par ses troupes. Il y aura toujours des brebis galeuses partout, et c’est pour cela qu’il faut des procédures de prévention et un dispositif de lanceur d’alerte.» Et elle ajoute : « Le vrai problème, c’est que cela continue aujourd’hui, qu’il s’agisse des Français ou d’autres contingents de soldats. »

 

Chose rare, l’ONU elle-même a rendu publics au mois de juin 2015 d’autres cas d’abus de casques bleus sur des mineurs en Centrafrique, dont certains auraient donné lieu à des grossesses. La nationalité des soldats n’a pas été révélée. C’est une affaire qui s’ajoute au lourd passif des casques bleus en la matière. La tradition du silence est lourde et le ministère de la défense français n’est pas en reste : sachant qu’il a été informé, au plus tard, du rapport de l’ONU sur les abus en juillet 2014, il a choisi de se taire pendant huit mois, attendant l’article du Guardian pour lancer une enquête pénale.

 

Selon un proche de l’état-major français, l’armée dit ne pas réussir à identifier la douzaine de soldats décrits dans le rapport, notamment parce que certains d’entre eux auraient quitté les armes (il y a un taux de rotation de 20 % par an au niveau des simples soldats). Pourtant, une source militaire a du mal à croire à cette version : «L’armée tient des registres très précis de qui était sur le check-point et quand. Il suffit de passer tous ces noms au crible. » Et, selon un fonctionnaire international à Bangui qui a eu connaissance de l’affaire très tôt : «Plusieurs soldats français identifiés dans le rapport sont restés en Centrafrique jusqu’à la fin 2014.» C’est-à-dire bien après que les autorités françaises ont reçu le rapport de l’ONU.

 

Si la Centrafrique n’a pas l’apanage de ces histoires de viols et de « sexe contre nourriture», il y a néanmoins quelque chose de spécifique à la manière dont l’opération Sangaris a été menée et à la manière dont la France (et, dans une moindre mesure, les autres Occidentaux) se comporte dans ce pays. «Les Français en République centrafricaine ne cessent de faire des accommodements avec la réalité », juge Roland Marchal, chercheur au CERI qui connaît bien le pays. « Il y a en permanence cette idée que l’on fait déjà beaucoup pour ces gens qui ne le méritent pas. »

 

L’opération Sangaris a été décidée très vite, soustendue par l’idée qu’il fallait intervenir rapidement pour prévenir un génocide. Pour l’officier spécialiste des questions de défense, «c’est une opération dont les difficultés ont été sous-estimées par le responsable opérationnel à Paris, le général Didier Castres. L’officier placé à la tête de l’opération, Francisco Soriano, est considéré comme un bon mec, mais il est devenu général sur le tard et il n’est pas de la trempe dont on fait un chef d’état-major ». Selon plusieurs journalistes et humanitaires qui ont suivi le déploiement des forces françaises en décembre 2013 et janvier 2014, les conditions sont très rudes : à la fois sur le terrain (campements sommaires, beaucoup de cas de paludisme), mais aussi dans les ordres qui sont donnés. Les soldats ne doivent pas intervenir lorsqu’ils ne sont pas eux-mêmes en danger. Ils assistent donc à des scènes de massacre et à des exactions en devant se contenter de tirer en l’air.

 

«Les militaires français ne savaient pas où ils étaient ! Ils étaient très ennuyés dans leurs interventions », explique un photoreporter français qui a suivi l’armée à cette période-là. «Ils ont désarmé les Sélékas en laissant la bride libre aux anti-balakas, avant de se rendre compte au bout de quelque temps que c’était une erreur car les seconds en ont profité. » « Les ordres étaient confus, la chaîne de commandement flottante. Le moral des soldats était très bas et leur frustration intense », se souvient un humanitaire qui les a accompagnés à Bangui et en brousse. Un autre humanitaire basé à Bangui, moins indulgent, décrit les soldats français comme « de petits caïds sans aucun respect pour la population locale. Beaucoup d’entre eux sont là pour toucher une solde confortable des opérations extérieures et ils se moquent complètement des difficultés du pays ou de leur mission… ».

 

Dès décembre 2013, le camp de réfugiés de M’Poko a grossi très vite, dépassant les capacités des humanitaires. Les soldats français se sont retrouvés pris entre les deux parties du camp : les musulmans, soupçonnés d’appartenir à la Séléka, et les antibalakas, désireux de les chasser. « Très vite, il y a eu beaucoup de violence, dont des meurtres, et beaucoup de trafics à M’Poko », rapporte un autre photoreporter. Le nombre de soldats français victimes de stress post-traumatique après avoir été déployés en Centrafrique est l’un des plus élevés de toutes les opérations extérieures françaises récentes, touchant 12 % des militaires, selon un rapport de début 2015.

 

Ces circonstances difficiles d’une opération hâtivement préparée n’expliquent en rien les abus sexuels, mais elles permettent d’appréhender le contexte d’un pays où l’État n’est qu’un lointain souvenir et où, loin de tout, de nombreuses barrières tombent. En 2008, un diplomate français qui quittait Bangui avait envoyé à ses collègues un texte d’humour noir racontant sa vie de «troisième secrétaire à l’ambassade de France au Nyamangwa», dans lequel il relatait une journée de ses péripéties dans un pays en rébellion permanente, où rien ne fonctionnait et où les diplomates et les expatriés français se laissaient aller.

 

Ce texte (reproduit sous l’onglet Prolonger) est devenu un récit « collector » au Quai d’Orsay, mais il n’a visiblement pas servi à faire changer la manière dont la France se comporte au Nyamangwa-Centrafrique.

 

Ces dérives rappellent le pire des comportements coloniaux

 

Charles Malinas, l’ambassadeur nommé par Laurent Fabius et François Hollande au tout début de l’opération Sangaris, est lapidairement balayé du qualificatif «d’abruti qui n’a aucune expérience de l’Afrique » par l'un des spécialistes français du pays.

 

C’est, de fait, son premier poste d’ambassadeur et sa première expérience africaine. Il est par ailleurs précédé d'une réputation peu flatteuse. Un ancien directeur du Quai d’Orsay qui a suivi de loin en loin sa carrière dit de lui : « C’est un sale type. Il a débuté dans le cabinet de Roland Dumas, dans le pire des milieux affairistes et tordus. Il était l’âme damnée du cabinet. » Comment a-t-il atterri à Bangui, dans un pays au bord de la guerre avec une intervention militaire tricolore en cours ? « On envoie les pires en RCA, ceux qu’on ne peut pas mettre ailleurs et dont on veut se débarrasser », conclut cet ancien haut diplomate, ordinairement plus indulgent avec ses pairs.

 

Quant au numéro deux de l’ambassade de France, il est régulièrement aperçu dans Bangui, sans se cacher, avec des prostituées à ses bras (quatre personnes ont confirmé ce fait à Mediapart, dont deux fois sans qu’on ait eu à poser la question). Même s’il n’y a rien d’illégal à ce comportement, tant que les jeunes filles sont majeures, cela fait grincer les dents des différents humanitaires français et fonctionnaires internationaux qui le croisent.

 

Les dérives sont parfois tellement prononcées qu’un spécialiste des droits de l’homme en mission à Bangui s’est senti obligé de rapporter, il y a quelques mois, au Quai d’Orsay et au ministère de la justice français le comportement d’un groupe de magistrats hexagonaux en mission en Centrafrique, dans le cadre d’un projet européen d’assistance à la justice centrafricaine : « Ils sollicitaient sexuellement de nombreuses femmes, de l’expatriée blanche trentenaire à la gamine centrafricaine mineure. En France, cela tomberait sous le coup du harcèlement ou du crime sexuel, mais en Centrafrique, ils ont un sentiment total d’impunité. Après que j’ai fait un rapport oral aux deux ministères, ils ont poursuivi leur mission. »

 

Ce laisser-aller et ces dérives qui rappellent le pire des comportements coloniaux sont malheureusement monnaie courante en Centrafrique, qui évoque souvent une parodie de pays plus qu’une nation souveraine.

 

Deux sources, l’une dans l’humanitaire, l’autre dans une institution internationale, ont raconté à Mediapart qu’il y avait certainement «eu une tentative d’étouffer, ou en tout cas de taire, l’affaire des viols par les soldats, afin de ne pas ouvrir la boîte de Pandore sur toutes les autres pratiques nauséabondes en Centrafrique de la part des internationaux : trafic de diamants, usage de drogues, parties fines avec des mineures, etc. ».

 

Amer, le chercheur Roland Marchal estime que « la communauté internationale a tellement intégré le fait que la Centrafrique était une catastrophe depuis très longtemps qu’elle pense ne plus rien pouvoir changer. C’est le fatalisme complet…». Un fatalisme qui conduit l’armée française et le ministère de la défense d’un côté, et l’ONU de l’autre côté, à tenter de garder secret un rapport sur des abus sexuels commis par des soldats, voire d’en minorer la portée et les implications. Un fatalisme qui pousse un actuel directeur du Quai d’Orsay, rencontré au mois de mai 2015, à hausser les épaules quand on lui parle de Centrafrique, après avoir été  particulièrement loquace sur tous les thèmes abordés préalablement, Syrie, Ukraine, Iran : «La Centrafrique ? Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? On n’y peut rien…» Et d’aborder avec gourmandise un autre sujet. Pauvre Centrafrique, si loin de tout, si proche des Français…

 

Lire également sous l'onglet "Prolonger" Boite noire

 

Cette enquête a été rédigée par Thomas Cantaloube, avec la collaboration de Célhia de Lavarène à New York, d’Agathe Duparc à Genève et de Lénaïg Bredoux à Paris.

 

Pour cette enquête, Mediapart a interviewé plusieurs dizaines de personnes. Étant donné la sensibilité de cette histoire, la plupart n’ont accepté de témoigner qu’à condition de rester anonymes. Leurs déclarations ont scrupuleusement été vérifiées auprès d’autres sources et de documents en notre possession.

Lu pour vous : En Centrafrique, les accusations contre l'armée française se multiplient
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 16:26

 

 

FIDH et ses organisations membres au Tchad et au Sénégal


Association tchadienne pour la promotion des droits de l'Homme (ATPDH)


Ligue sénégalaise des droits de l'Homme (LSDH)


Ligue tchadienne des droits de l'Homme (LTDH)



Communiqué de presse

 

 

Dakar, Paris, le 17 juillet 2015 - Le procès de l’ex-dictateur tchadien Hissène Habré s’ouvre le 20 juillet à Dakar, devant les Chambres africaines extraordinaires, un tribunal à caractère international intégré au sein du système judiciaire sénégalais. Pour la première fois, un ex-chef d’État africain sera jugé par la juridiction d’un autre État africain. Hissène Habré est accusé de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de torture et risque l’emprisonnement à perpétuité s’il est reconnu coupable des charges qui pèsent contre lui. La fin d’une quête de justice de plus de 20 ans pour les victimes et les associations qui les accompagnent.


« Ce procès est un événement historique qui doit permettre de rendre justice aux milliers de victimes du régime Habré qui attendent ce moment depuis plus de 20 ans, mais aussi une occasion de démontrer qu’il est possible de poursuivre et juger les plus hauts représentants d’un État pour les crimes qu’ils commettent. C’est un signal fort et très positif en faveur de la lutte contre l’impunité en Afrique », a déclaré Karim Lahidji, Président de la FIDH.


L’ex-dictateur tchadien, au pouvoir entre 1982 et 1990, sera jugé par les Chambres africaines extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises (CAE). Ce tribunal ad hoc a été créée par le Sénégal et l’Union Africaine en février 2013 pour poursuivre et juger les principaux responsables des crimes et violations graves du droit international commis sur le territoire tchadien pendant le règne d’Hissène Habré. Il est accusé de milliers d’assassinats politiques, de l’usage systématique de la torture, et d’avoir pillé le trésor public alors qu’il était au pouvoir.


L’approche du procès au Sénégal a débloqué la procédure parallèlement engagée au Tchad contre des membres du régime de Hissène Habré. En effet, le 25 mars 2015, la Cour criminelle de N’Djamena a condamné à la réclusion à perpétuité 20 responsables de la sinistre Direction de la documentation et de la sécurité (DDS) pour « assassinats » et « torture », dont l’ancien chef de cette police politique, Saleh Younous.

La FIDH et ses organisations membres au Tchad et au Sénégal sont activement mobilisées sur ce dossier, tant au niveau de l’établissement des faits qu’au niveau judiciaire, et accompagnent les victimes.


« Après plus de 15 ans de rebondissements, l’ouverture du procès de l’ex-dictateur est le fruit du courage, de la persévérance et de la soif de justice des victimes et des organisations de la société civile qui démontrent que désormais les dictateurs, les chefs de guerre et les criminels seront jugés en Afrique. C’est une avancée importante vers la justice et un message d’espoir à l’endroit de toutes les victimes de crimes en Afrique et dans le monde », a indiqué Me Jacqueline Moudeïna, présidente de l’ATPDH et avocate historique des victimes.

Les organisations membres de la FIDH au Tchad, la LTDH et l’ATPDH, sont à l’origine de la mobilisation et de l’organisation des victimes du régime Habré afin de poursuivre l’ex-dictateur et ses sbires en justice au Tchad, en Belgique et au Sénégal. A la demande des organisations tchadiennes, la FIDH et HRW étaient intervenues conjointement avec d’autres organisations pour mener des missions d’enquête, recueillir les preuves demeurées sur place et accompagner les victimes dans leur quête de justice là où des recours étaient possibles.


« Cela fait 20 ans que nous nous battons avec les victimes pour que Habré et les membres de son régime soient jugés. C’est un moment historique pour tous les tchadiens mais également pour tous les africains et tous ceux qui à travers le monde sont victimes de l’oppression de leurs dirigeants. Juger les auteurs des crimes les plus graves est possible, y compris lorsqu’ils ont été présidents. Le temps n’y change plus rien, ils doivent rendre des comptes à leurs victimes : c’est le sens du procès de Dakar » a déclaré Dobian Assingar, président d’Honneur de la LTDH et représentant de la FIDH au sein du Comité international pour le jugement équitable d’Hissène Habré.


La FIDH a mis en ligne un document explicatif « Questions – Réponses sur l’affaire Hissène Habré » ainsi qu’une chronologie détaillée du déroulement de l’affaire et se rendra sur place pour l’ouverture du procès qui devrait durer environ 3 mois.

La FIDH et ses organisations membres au Tchad et au Sénégal sont membres fondateurs du Comité international pour le jugement équitable d’Hissène Habré (CIJEHH) aux côtés de Human Rights Watch, Agir ensemble pour les droits d’Homme, Amnesty international, Rencontre Africaine pour la Démocratie et les Droits de l’Homme et de dizaines d’organisations africaines et internationales impliquées depuis des années pour le jugement équitable d’Hissène Habré et les membres de son régime.

Ouverture du procès d’Hissène Habré : un événement historique pour rendre justice aux victimes (FIDH)
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 16:03

 

 

 

http://rjdh.org   Par Fridolin Ngoulou le 18 juillet 2015

 

L’ONG Mercy Corps en collaboration avec le ministère de la Réconciliation,  a organisé ce samedi 18 juillet une cérémonie  au stade 20.000 places à Bangui, pour permettre aux groupes armés ex-Anti-Balaka et ex-Séléka, ainsi que la société civile de demander pardon entre eux et à la population.

 

Cette activité s’inscrit  dans le cadre du programme de stabilisation des communautés vulnérables, dialogue interreligieux pour la paix, le pardon et la cohésion sociale.

 

Cette cérémonie est lancée à travers une marche pour la paix et le pardon. Des banderoles confectionnées, pour la circonstance, ont porté des slogans : « Laso, yé kwè a oundji aoué », autrement dit « aujourd’hui, tout est fini », plus de division, des considérations d’ordre religieux ou ethniques.

 

Hyacinthe Wodobodé, Maire de la ville de Bangui, présente à cette cérémonie a lancé un message de paix et de pardon à la population centrafricaine avant ceux des ex-Anti-Balaka et Séléka cantonnés à Bangui.

 

« J’ai commencé à demander pardon à nos jeunes, peut-être que nous avons failli à leur éducation. Et aussi, à réveiller la conscience de nos jeunes qui se sont laissés dériver dans les actes de violences que nous regrettons en me basant sur les mots clés de notre hymne », a dit la première citoyenne de la ville de Bangui.

 

Le Maire espère que ces actes de pardon soient concrets dans la vie de la population centrafricaine et surtout les jeunes, aujourd’hui impliqués dans les actes de violences. Une marche de pardon

 

Les représentants des ex-Anti-Balaka et ex-Séléka n’ont pas manqué d’implorer le pardon, en présence de plusieurs organisations nationales et internationales et se sont engagés à renoncer aux actes de violences afin de se pencher vers la reconstruction du pays.

 

Sébastien Wenezoui, l’un des leaders Anti-Balaka souhaite que cette rencontre soit élargie afin de permettre à toutes les branches des groupes armés de demander pardon entre eux et à la population, non seulement de Bangui mais de l’ensemble du pays.

 

Cette activité intervient  après plusieurs activités de sensibilisation sur la paix et la cohésion sociale organisée par Mercy Corps dans la ville de Bangui et à l’intérieur du pays.

 

Une rencontre pour le pardon entre les groupes armés, organisée par l’ONG Mercy Corps à Bangui
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 16:00

 

 

 

http://rjdh.org  Par Carole Bycekoan le 18 juillet 2015

 

A la veille de la clôture de recensement électoral, la population du 5e arrondissement de Bangui  s’est fortement mobilisée pour se faire inscrire. Un constat fait  par le RJDH après avoir visité deux centres. Celui de l’école Malimaka et de l’école Bangui M’Poko.

 

A l’entrée de ces deux centres, on peut lire  les heures d’ouvertures 08 heures et les fermetures 15heur 30 mn. Dès 07 heures,  les habitants de ces secteurs sont présents dans les centres.

 

Dans la cours, les habitants des quartiers Kaya, Vara, Edville, Sénégalais, Baidi, Walimgba se mettent en rang. Eric Saramalet, président du centre 17.775, à l’école Malimaka,  apprécie la participation de la population du 5e  arrondissement dans ce processus.  Selon lui, cette mobilisation témoigne de leur bonne volonté pour ce pays.  «  Une satisfaction pour nous d’avoir un bon résultat », a-t-il ajouté.

 

Dans la salle retenue pour l’enrôlement, 75 personnes sont assises sur des bancs et attendent pour se faire enregistrer. Les difficultés rencontrées sont d’ordre technique. « Nous avons changé quatre fois l’appareille photo depuis que nous faisons l’opération. Ce qui freine le travail. Les électeurs pensent que c’est de notre faute »,  a déploré le président dudit centre.

 

Quatre agents de la Minusca  sécurisent l’opération. La particularité dans les centres 17.775 et 1777 qui se sont installés à l’école Malimaka et l’école Bangui M’poko est la forte participation des femmes dans ce processus.

 

«  Les personnes du 3e  âge qui ne peuvent pas se déplacer font l’objet de la délocalisation du centre 17.777 à l’école Bangui M’Poko », a précisé Francis Yatere président de ce centre.

 

Les agents recenseurs très occupés,  ne sont pas disponibles à donner le nombre des personnes inscrites sur la liste électorale. Cette opération prend fin ce samedi 18 juillet 2015.

 

 

 

La population, sensibilisée à s’impliquer dans le processus électoral à Bria

 

http://rjdh.org  Par Narcisse Jaubert le 18 juillet 2015

 

Au total cinq édifices publics ont été réhabilités par la Minusca et l’Organisation Internationale des Migrations  (OIM) dans la ville de Bria. La remise de ces infrastructures a été faite le jeudi 16 juillet dernier. Une occasion pour les membres du gouvernement présents à Bria, pour la circonstance,  de sensibiliser la population à se faire inscrire massivement sur la liste électorale.

 

Il s’agit de bâtiments abritant la préfecture de la Haute-Kotto, le commissariat de la police et la gendarmerie locale. Ces locaux ont été réhabilités par la Minusca. Les deux autres à savoir la mairie et le camp de passage de la ville de Bria ont été réaménagés par l’OIM.

 

Selon le chef de base de la Minusca à Bria, Oumar Bah, l’une des missions de la Minusca consiste à soutenir le processus électoral et la restauration  de l’autorité de l’Etat. C’est dans ce contexte que ces bâtiments ont été réhabilités.

 

Oualidou Modibo, ministre de l’Administration du Territoire, qui s’est rendu à Bria pour cette activité, a remercié la Minusca pour son appui multiforme au gouvernement centrafricain, avant d’appeler la population à participer massivement au recensement électoral. « Laissons les armes et prenons le chemin des urnes », a-t-il dit.

 

Le processus électoral, la cohésion sociale et la paix ont été au centre d’une réunion en marge de la cérémonie de remise des bâtiments, sur initiative de Dr Jacques Kamoun Démanga, ministre résident de la Haute Kotto. Le membre du gouvernement a demandé à la population et aux autorités locales présentes à ce rendez-vous de s’impliquer dans le processus électoral pour la réussite des élections prochaines.

 

Le recensement électoral prendra fin à Bangui ce samedi 18 juillet. Cette activité va se poursuivre à l’intérieur du pays.

Forte mobilisation de la population de 5è arr. de Bangui à un jour de la clôture de recensement électoral
Forte mobilisation de la population de 5è arr. de Bangui à un jour de la clôture de recensement électoral
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 13:16

 

 

 

http://www.diaspora-magazine.com   Jeudi 16 Juillet 2015 à 17:38

 

Diaspora Magazine /L’on se souviendra six mois plus-tôt qu’Abédine Abdou avait échappé de justesse à la mort entre les mains des extrémistes du KM5 à cause de son militantisme en faveur de la paix et de la réconciliation nationale. Attaqué de nouveau par les mêmes personnes, il a décidé de faire taire définitivement les violences dans l’enclave du KM5 en pointant du doigt les auteurs et coauteurs ou complices des crimes commis dans cette partie de la capitale. Ainsi, ce dernier par le canal du journal « Le Démocrate » a fait de graves révélations : de l’attaque de l’Ambassadeurs de France par les extrémistes du KM5 lors du lancement de recensement des électeurs à l’école Koudoukou à l’accointance du 1er ministre Mahamat Kamoun, selon Abédine Abdou, avec ceux-qui sèment la terreur au Km5.

 

L’on ne cessera jamais de s’interroger assez sur les causes profondes ainsi que les origines cachées de la crise centrafricaine. Cela dit, nul doute n’est désormais permis sur la responsabilité des politiques dans ce qui est arrivé à notre pays. Même si la situation sécuritaire à n’en point douter s’est considérablement amélioré depuis quelques temps, force est de constater que des zones réputées névralgiques alimentant directement des poches de résistances au retour de la sécurité sur toute l’étendue du territoire subsistent toujours.

 

Cependant, la RCA bénéficie de plusieurs résolutions de Nations-Unies dont la résolution 21-27 qui autorise les forces onusiennes à faire  l’usage de force afin de protéger la vie des populations civiles face aux groupes armés et de procéder au désarmement si nécessaire par la force. Par ailleurs, Les forces des Nations-Unies présentes en RCA depuis un fort moment disposent également de la mesure administrative de l’ONU qui consiste à arrêter des individus jugés dangereux, représentant un danger pour la vie humaine et les mettre en prison en attendant que la justice puisse statuer sur leurs cas.

 

En corrélation, l’on se rappellera aisément de l’attaque qu’a essuyé l’Ambassadeur de France à l’école Koudoukou, alors qu’il prenait part au lancement officiel de recensement des électeurs pour le secteur du Km5. En substance, le miraculeux Abédine Abdou, qui avait échappé de justesse une première fois à ceux qui détiennent le droit sur la vie et la mort au Km5 a une seconde fois été molesté par les mêmes personnes, échappant pour une deuxième fois à la mort.


Abédine Abdou qui s’est confié à nous, a révélé qu’un groupe de personnes à la solde des faucons de l’ex séléka notamment de Nourréldine Adam sont contre toute action concordant au retour de la paix au Km5. C’est ainsi qu’a-t-il indiqué, Charles Malinas, l’Ambassadeurs de France et une délégation de l’Union Européenne qui l’accompagnait tout comme des ministres de la République comme Nicaise Karnou, Bachir Walidou, Taïb Yacoub ont failli passer à trépas à l’école Koudoukou, n’eut été le concours de leurs gardes du corps.

 

De manière nominative, le partisan de la paix a cité nommément ces dangereux criminels comme il les appelle, en effet, il s’agit de ceux dont les noms reviennent toujours comme Tidjani Hamit, Assane Marega, Arouna Gueye et le fameux Colonel séléka Mahamat Saïd, qui fut nommé DG de l’OCRB à l’époque grâce à l’appui de Nourreldine du temps du régime sélékiste.

 

Ce Colonel Saïd, d’après Abédine Abdou, demeure l’homme de main du tout puissant généralissime séléka Adam noureldine qui, depuis le lieu de son exil pèse de tout son poids sur le Km5 qui est pour lui une sorte de passe droit pouvant lui permettre de revenir dans l’arène politique centrafricaine. C’est de cette manière qu’Arouna Gueye pour sa part, a insulté de fond en comble Charles Malinas, le traitant de tous les noms lors de l’évènement de l’école Koudoukou nous a laissé entendre M. Abédine.

 

Ce qui fait frémir à plusieurs titres, Abédine Abdou, a pointé particulièrement du doigt la relation malsaine qui selon lui, existerait entre Arouna Gueye, l’agresseur de l’Ambassadeur de France avec le 1er ministre Mahamat Kamoun où le dernier fréquenterait le 1er au vu et au su de tout le monde au KM5. Etant donné qu’Arouna Gueye fait partie des gens qui continuent de pratiquer la violence le 1er ministre doit-il fréquenter un pareil individu ? S’est interrogé Abédine Abdou.

 

C’est ainsi que pour celui-ci, il ne fait aucune ombre de doute que les autorités connaissent très bien les criminels qui font entrave au retour de la paix, de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale au KM5 d’où il s’est interrogé pour la deuxième fois ce qu’elles attendent pour les arrêter. L’on se demande dans ce cas, ces hommes sont-il au-dessus de la loi ? Osez s’en prendre à des ministres de la République en toute impunité et plus pire encore à un Ambassadeur et pas le moindre, au point de créer une crise diplomatique, alors que la Communauté internationale depuis le début de cette crise a toujours été au chevet de la RCA.

En conclusion, l’on comprend mieux pourquoi ces criminels jusqu’ici ne sont pas arrêtés, ce, malgré la présence des forces onusiennes, doit-on dire que c’est à cause des relations qu’ils ont avec certaines autorités ? Pour ne pas se fier à des allégations son fondement, l’on croit que les faits le démontre si bien. En trait d’union, le KM5 ne fait-il pas partie intégrale de la R C A ?

 

Nahel

Lu pour vous : Centrafrique : Abédine Abdou révèle les en dessous de l’attaque de l’Ambassadeur de France par les extrémistes de KM5
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 13:08
RCA: le commerce de bois «profite toujours aux milices»

 

 

 

RCA: le commerce de bois «profite toujours aux milices»

 

Par  jeudi 16 juillet 2015

 

Global Witness dénonce l'existence d'un trafic du bois en Centrafrique. Dans un rapport sorti mercredi, l'ONG pointe du doigt la corruption d'entreprises françaises, chinoises et libanaises. Dans le but de pouvoir continuer à exercer leur activité, ces entreprises auraient payé les milices armées centraficaines, finançant ainsi le conflit. Depuis 2013, la Centrafrique ne peut plus exporter ses diamants. Mais en revanche le commerce du bois n'a connu aucune restriction. L'ONG Global Witness demande donc que le bois vendu depuis 2013 soit considéré comme du «bois de conflit». C'est à dire du bois dont la vente aurait financé le conflit centrafricain. Alexandra Pardal est la directrice de campagne à Global Witness pour les forêts du bassin du Congo. Elle est l'invitée d'Afrique Soir, et répond aux questions d'Alexis Guilleux.

 

« Pour continuer d'exporter et faire de l'argent, les entreprises devaient payer des généraux et des soldats de la Seleka. Elles se sont rendues complices des crimes des milices. »

 

La guerre en Centrafrique a-t-elle été financée par le commerce du bois ?

 

http://www.france24.com  17/07/2015

 

L'ONG Global Witness accuse des exploitants forestiers français, libanais et chinois de "complicité de crimes" en Centrafrique. Ces sociétés ont versé de l'argent en pleine guerre civile aux rebelles afin de poursuivre coupes et exportations de bois.

 

Des entreprises forestières internationales sont-elles complices de "crimes en Centrafrique" ? Selon l'ONG Global Witness, qui a publié un rapport sur la question le mercredi 15 juillet, des sociétés ont fermé les yeux sur les exactions commises dans le pays par des rebelles armés entre 2012 et 2014 et leur ont versé plusieurs millions d'euros. L’intérêt : pouvoir, malgré la guerre civile, continuer à extraire et à exporter - essentiellement vers l'Europe - du bois extrait de ce pays ravagé.

 

"Des entreprises européennes ont acheté du bois à des sociétés forestières de RCA, qui ont payé en 2013 plus de 3,4 millions d'euros aux rebelles pour continuer d'exploiter les forêts en toute illégalité, à grande échelle et pour des bénéfices considérables", précise Global Witness, dans ce rapport intitulé "Bois de sang, comment l'Europe a aidé à financer la guerre en République centrafricaine".

 

L'ONG s’attarde particulièrement sur trois entreprises : IFB (française, basée en Centrafrique depuis plus de 20 ans), Sefca (libanaise) et Vicwood Group (chinoise), qui concentrent 79 % des exploitations de bois en Centrafrique.

 

Corruption, rackets et pot-de-vin routiniers

 

Toutes trois s’illustrent, selon l’ONG, par le non-respect des lois centrafricaines. Outre des arriérés de taxes et de graves soupçons de corruption dans l’obtention des permis, ces entreprises ont donc, surtout, consenti à donner des pots-de-vin réguliers aux rebelles – notamment ceux de la Séléka, dont les exactions ont fait 5 000 morts et plus d’un million de déplacés.

 

"Depuis le départ de la Séléka du pouvoir, les forêts de RCA sont sous le contrôle d'autres groupes armés, les anti-balaka. Les exploitants forestiers continuent de verser de l'argent de manière routinière à ces derniers", accuse encore l'ONG.

 

Ainsi, outre les 3,4 millions d’euros versés à la Séléka en 2013, lorsqu’elle était au pouvoir, les sociétés ont cédé 127 000 euros aux milices armées anti-balaka en 2014, selon "une estimation basse", précise l’ONG.

 

"Une vraie entreprise militaro-commerciale"

 

Ces versement s’effectuaient – et s’effectueraient donc encore – lors de rackets des camions transportant le bois à des barrages installés sur les routes. "Pour la Séléka, c’était une vraie entreprise militaro-commerciale", explique Alexandra Pardal, directrice de campagne à Global Witness. Mais les sociétés internationales ont également payé des membres de la Séléka pour qu’ils assurent la sécurité de leurs installations. Aujourd’hui encore, le sud-ouest du pays, où se situent les principales réserves de bois très convoitées, échappe au contrôle des forces gouvernementales.

 

Les sommes ainsi récoltées par les rebelles sont faramineuses au regard du coût des armes dans le pays, poursuit la même source. À titre comparatif, la grenade la plus utilisée en Centrafrique coûte entre 50 cents et 1 euro.

 

"Vu l'ampleur des paiements" versés aux groupes armés, "tout le bois centrafricain vendu d'avril 2013 à janvier 2014 devrait être considéré comme du ‘bois du conflit’, car il a contribué à financer des crimes de guerre", estime l'ONG.

 

Global Witness appelle par ailleurs "les États membres de l'Union européenne à rompre tous les liens commerciaux et d'aide avec le secteur forestier de Centrafrique, qui reste une source d'instabilité, alors que le pays peine à rétablir la paix". D’autant que, depuis mars 2013, l’Union européenne est dotée d’un règlement sur le bois, visant à écarter du marché communautaire le bois et les produits dérivés issus d’une récolte illégale.

 

La France, en particulier, est rappelée à l’ordre dans le rapport pour avoir autorisé la commercialisation de grandes quantités de cette ressource centrafricaine.

 

"Négocier avec les rebelles", une nécessité ?

 

Parmi les mis en cause, figure également l’Agence française de développement (AFD), critiquée pour son soutien aux grands exploitants à travers le financement des plans d’aménagement forestier.

 

Contacté par France 24, Jean-Luc François, chef de division agriculture, développement rural et biodiversité au sein de cet organisme public se veut compréhensif envers les entreprises incriminées. "Le rapport se réfère à une situation de guerre civile dans laquelle les entreprises essaient de sauver leur propriété. Elles ont sans doute cherché à se protéger en payant des rebelles", explique-t-il. "Dans ce genre de situation, soit tout est pillé, soit il y a négociation avec des troupes rebelles. Le rapport manque de compréhension. Fallait-il fuir et tout laisser s’écrouler ?"

 

Une question qui s'est déjà posée sur le continent africain. Global Witness rappelle par exemple le triste précédent du Liberia, où le commerce du bois avait largement financé la guerre civile de 1990 à 2003, et le trafic d’armes.

 

La Centrafrique est membre du processus dit de "Kimberley" qui permet d’exclure du marché international toute marchandise liée à un conflit. Appliqué au commerce des diamants, il ne régule cependant pas celui du bois.

RCA: le commerce de bois «profite toujours aux milices»
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 12:56

 

 

 

Mettons-nous au dessus de toute partialité pour discuter de la candidature de Martin Ziguélé lors de la prochaine élection présidentielle. Quelle que soit l’équation qui se présentera, quels que soient les critères d’éligibilité qu’on aura inventés, en ce qui concerne la tenue des  prochaines élections, Martin Ziguélé sera bien présent à ce rendez-vous. Bien sûr, une chose est de faire partie de la course et une autre est de l’emporter. Mais l’essentiel est, semble-t-il, qu’il soit présent puisque « demain ne meurt jamais » et lui-même à l’habitude de faire sien, cet adage africain : « On ne donne pas le nom d’un bébé tant qu’il n’est pas encore né ».

 

Et si Martin Ziguélé était Séléka ?

 

Heureusement pour le Président du MLPC qu’« on ne fait jamais de l’histoire avec des si ». Au lendemain du renversement de François Bozizé par Michel Djotodia, plus d’une personne sera surprise d’entendre que Martin Ziguélé et Me Nicolas Tiangaye ont été de complicité avérée avec cette nébuleuse qui a réussi à imposer aux Centrafricains un régime de terreur en plein 21e siècle. Le cas Tiangaye sera traité dans un prochain article et consacrons-nous uniquement sur Martin Ziguélé. Sur sa supposée participation aux côtés de la Séléka, l’homme a toujours exigé dans une trilogie à ses adversaires d’apporter les preuves de leurs accusations. Principe simple mais fondamental en droit : « La charge de la preuve incombe à celui qui accuse ». Mais si l’on n’est pas juriste, on raisonnera autrement. Admettons qu’on soit en politique et nous sommes bien en politique, qu’on ne tiendrait pas le même langage. A moins de paraître pour le plus zozo de toute la RCA, la Séléka n’est pas sortie du néant, la Séléka n’a pas été une gratuité. Pire encore, la Séléka n’était pas invincible. Le tristement célèbre Général François Bozizé a passé environ dix ans au pouvoir mais pendant huit années, les rebelles ont occupé les ¾ du territoire Centrafricain. Le pouvoir de Bozizé ne se limitait qu’à Bangui alors qu’il avait prêté serment à deux reprises de garantir et de protéger l’unité et l’intégrité territoriale de la RCA. Du coup, au regard de la Constitution de 2004 qu’il avait lui-même promulgué, il s’était rendu coupable d’un acte de haute trahison. Il fallait bien qu’il soit dégommé. Tintin et grincheux comme il était, il fallait des zombies de son espèce pour lui faire la peau puisqu’il prétendait être venu au pouvoir par les armes et seules les armes pourront l’en déloger. Dit autrement, le pasteur Général d’armée avait prophétisé sans s’en rendre compte, de quelle manière sa chute adviendrait.

 

En quoi est-ce que Martin Ziguélé est concerné ?

 

Quelques mois avant l’avènement de la Séléka, son neveu Sylvain NDOUTINGAI  avait déclaré sur les ondes nationales que le malheur du régime de Bozizé ne viendra surement pas de lui. Autrement dit, la chute de Bozizé était déjà planifiée à cette époque. Qu’avait fait ce général pour se défendre ? Son responsable de renseignement n’est pas passé par quatre chemin pour indiquer que Bozizé était presqu’un sourd au pouvoir. Il n’a jamais voulu tendre  oreilles aux nouvelles qu’on lui présentait. Qui plus est, officier Supérieur de l’armée, François Bozizé n’avait que du mépris pour les FACA. Non seulement qu’il les rouait d’injures publiques à longueur de journée mais aussi il refusait de leur donner les armes pour combattre. L’histoire nous a appris que les tenues et les armes dont les Séléka se sont servi pour massacrer les Centrafricains proviennent de la célèbre GUANTANAMO (prison politique de Bossembélé) et du domicile de Jean Francis Bozizé, le fils aîné de Bozizé. Disons en passant que ce dernier était plus affairiste que militaire au point que certains médias se la sont coulé belle au travers d’un galon qu’il aurait reçu dans leur salon familial. Certainement que Martin Ziguélé appartient à un régime, certainement qu’il était le chef de fil de l’opposition fondu dans le FARE-2011 mais ce sera trop  facile de lui faire porter le chapeau de la Séléka fabriquée par Bozizé. Et si l’on veut bien comprendre, François Bozizé n’avait pas seulement fait piller les caisses de l’Etat mais a aussi fabriqué à la fois la Séléka et les anti-balaka, car de sources confidentielles, les deux tendances de la CPJP ont été sa création dans le but de combattre l’UFDR.

 

La probable surprise...

 

Si pour barrer la route à Martin Ziguélé, on s’appuie sur sa supposée participation aux côtés de la Séléka, ce sera peine perdue, car pour les Centrafricains, le chaos infesté dans lequel ils sont plongés, est d’abord politique. Toutefois, et c’est là que le débat devient intéressant, il faut une sinécure mais bien plus, un antidote politique pour juguler la crise. C’est pourquoi les Centrafricains devront aller dans les jours à venir vers les urnes. Ils sont donc tenus de confier pour les cinq prochaines années, leur destin entre les mains d’un homme politique. Même si François Bozizé est encore le sauveur pour certaines personnes, et même s’il devrait se présenter à la prochaine présidentielle, il ne foulera pas le sol centrafricain de manière officielle avant la fin de la transition. Etant donné que « la nature a horreur du vide », Martin Ziguélé aussi roublard que lui, saura tirer son épingle du jeu. Il est même fort à dire que ceux qui ont commencé à accuser Martin Ziguélé, sont en train d’épuiser leurs cartouches. Et puisque personne ne détient le monopole des accusations, Martin Ziguélé ne loupera pas tel ou tel accusateur, s’il détient des preuves contre lui. Mais ce sera au moment opportun.

 

Pétrus KASSALO

 

Source : La Fraternité du Mardi 14 juillet 2015

Lu pour vous : ELECTION PRESIDENTIELLE : ZIGUELE, LE CADAVRE ENCOMBRANT DES CHALLENGERS ET ELECTEURS
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com