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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 02:01

 

port-d-Abidjan.jpg

APA-Douala 29-02-2008 (Cameroun) Les pertes accumulées par le port de Douala au cinquième jour de grève générale sont estimées à plus de 25 milliards de francs CFA, a appris APA vendredi de sources portuaires.
 
« La grève occasionne une perte journalière de 5 milliards de francs CFA, ce qui fait en moyenne 25 milliards de francs CFA cumulés en perte en cinq jours », a déclaré la cellule de communication du Port autonome de Douala (PAD).
 
« Si les navires continuent d’accoster, les opérations de manutentions se réduisent uniquement au réseau interne, ce qui exclut pour le moment le dédouanement des marchandises », ont ajouté des responsables portuaires.
 
Ces derniers ont reconnu que le quai est actuellement très engorgé, du fait de la grève, les camions destinés à desservir le réseau interne et international, notamment la Centrafrique et le Tchad sont toujours stationnés en attendant d’être ravitaillés.
 
Toutefois, selon les autorités portuaires, des dispositions ont été prises sur le plan interne pour assurer la manutention et éviter l’engorgement des eaux par les navires.
Situé sur le fleuve Wouri à une vingtaine de kilomètres de l’Océan Atlantique, le port de Douala est le principal port du pays et concentre 93 pour cent des marchandises à l’exportation et à l’importation.
 
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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 20:45
logo_eufor.jpgLe ministre de la Défense, Teodor Melescanu, a affirmé jeudi à Pitesti (sud) que l’envoi de militaires roumains au Tchad dépend de l’évolution de la situation au Kosovo, une éventuelle mission militaire dans la zone balkanique étant plus importante.

 "La priorité est l’évolution de la situation au Kosovo. De ce point de vue, nous n’avons pas considéré comme opportun d’engager (au Tchad - ndlr) la réserve de 150 militaires dont nous disposons, car cela aurait épuisé complètement nos possibilités d’intervention", a déclaré le ministre Melescanu.

 Le ministre de la Défense a expliqué que, conformément au plan annuel approuvé par le Conseil suprême de Défense du Pays (CSAT) et le Parlement, la Roumanie participe déjà avec environ 1 500 militaires à des opérations militaires internationales et a une réserve de 150 militaires pour ce genre d’actions.

 "Je n’ai pas inclus dans le plan que j’ai présenté au CSAT et au Parlement des dispositions relatives aux actions militaires au Tchad. Nous avons seulement une participation symbolique là-bas, deux officiers d’état-major, mais pas de troupes", a précisé Teodor Melescanu.

Le ministre de la Défense a précisé qu’une décision sur une éventuelle mission militaire au Tchad serait prise dans deux mois tout au plus et pendant ce temps l’évolution de la situation au Kosovo serait suivie de près.

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Centrafrique-Presse.com - dans EUROPE
1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 20:35
Sarko.jpgRelations France-Afrique  une "rupture" annoncée mais loin d'être déjà "effective"

 Le Monde 1er mars 2008

 Au cours de sa visite officielle en Afrique du Sud, Nicolas Sarkozy a promis, jeudi 28 février, de réexaminer le "cadre" et les "objectifs" de la présence militaire de la France sur le continent africain, annonçant la renégociation de "tous les accords militaires de la France en Afrique". Olivier Thimonier, secrétaire général de l'association Survie, qui avait participé à la rédaction d'un Livre blanc pour une politique de la France en Afrique responsable et transparente (L'Harmattan, 2007), attend que ce discours se traduise dans les actes.

 

Comment interprétez-vous l'annonce faite, jeudi 28 février, par Nicolas Sarkozy d'une renégociation des accords militaires entre la France et les pays africains ?

 C'est un signe positif. Jusqu'à aujourd'hui, aucun chef de l'Etat n'avait osé remettre en cause des accords de coopération qui datent, pour certains, des indépendances. Le fait que le président propose d'associer le Parlement français aux grandes orientations de la politique de la France en Afrique est une bonne chose. Et, bien évidemment, nous sommes d'accord avec l'idée que la France n'a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées sur le continent africain. Mais nous n'en sommes pour l'instant qu'à un discours ; il va falloir maintenant que le président français mette concrètement en application ces déclarations.

 On peut s'interroger sur le fait que les accords renégociés soient élaborés en réponse aux intérêts stratégiques de la France ainsi qu'à ceux des partenaires africains. Or, qui sont ces partenaires ? Pour la plupart, ce sont des régimes dictatoriaux, qui utilisent la force comme mode de gestion du pouvoir. Il nous semble pernicieux d'établir des accords de défense avec de tels régimes, sachant qu'il faudrait également que les pays africains débattent, au sein de leurs Parlements, de la signature de ces futurs accords.

Par ailleurs, je suis étonné qu'il ne soit pas question dans ce discours du détournement des ressources naturelles ou de la corruption par les régimes en question. Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Bockel [secrétaire d'Etat chargé de la coopération et de la francophonie] avaient déjà pointé du doigt la question de la bonne gouvernance des pays africains, or le président n'y a fait aucune allusion dans son discours du Cap.

 

Peut-on s'attendre à un désengagement des troupes françaises en Afrique ?

 Je ne crois pas que cela soit la volonté du président français, même s'il semble vouloir faire évoluer la politique de la France en Afrique. Avec ce qui se passe au Tchad, on a une preuve que la France continue de s'impliquer militairement dans les conflits en Afrique. Ce conflit au Tchad est un conflit interne. La France dit qu'elle n'a pas voulu arrêter l'avancée des rebelles, mais, en fournissant des armes aux troupes du gouvernement, elle a quand même sauvé le président Idriss Déby. Donc, finalement, elle s'est ingérée dans ce conflit. Le discours prononcé par Nicolas Sarkozy au Cap semble en décalage avec l'attitude de la France au Tchad, notamment dans le contexte d'emprisonnement d'opposants par le régime. Nicolas Sarkozy demande l'instauration d'un dialogue inclusif et accuse les opposants de faire la politique de la chaise vide. C'est scandaleux. Les opposants tchadiens sont pourchassés, leurs responsables sont arrêtés, les membres de la société civile sont en fuite ou se cachent... Demander l'instauration d'un dialogue dans ce contexte-là, alors que la France a une part de responsabilité dans la situation, cela paraît osé de la part du président français.

Pendant sa campagne, Nicolas Sarkozy avait promis une rupture par rapport à la traditionnelle "politique africaine" de la France. Cette rupture vous semble-t-elle en marche ?

 Il y a eu quelques signes d'une nouvelle politique depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence française, notamment sur le dossier de l'affaire Borrel, le juge français assassiné à Djibouti, ou en ce qui concerne la présence sur le sol français de présumés génocidaires, un dossier dans lequel la justice française semble prête à prendre ses responsabilités. Maintenant, il y a aussi plusieurs éléments qui montrent une continuité dans les relations franco-africaines, comme par exemple les relations entretenues avec des personnages comme le président Omar Bongo du Gabon et le président congolais, Denis Sassou Nguesso, ou encore la visite officielle de Mouammar Kadhafi à Paris en novembre dernier. Enfin, l'attitude de la France au Tchad montre que la rupture est loin d'être effective. La rupture ne se fera pas du jour au lendemain, mais par avancées progressives. Pour le moment, on n'en est qu'au stade du discours, il va falloir que des actes concrets soient engagés.

 Propos recueillis par Mathilde Gérard

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Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 20:24
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Le ministre français de la Défense Hervé Morin a assuré que la France continuerait "bien entendu à avoir une implantation en Afrique", au lendemain de l'annonce par Nicolas Sarkozy d'une renégociation de tous les accords militaires français sur le continent.

"Nous continuerons bien entendu à avoir une implantation en Afrique", à "faire de la formation, à participer à l'organisation des forces", a déclaré M. Morin, interrogé par la radio France Inter sur l'avenir des bases françaises en Afrique.

"Ce que nous souhaitons, c'est que les Européens s'y impliquent plus", a ajouté le ministre.

Comme on lui demandait si l'annonce de M. Sarkozy signifiait la fin d'interventions françaises comme celles en Côte d'Ivoire et au Tchad, il a renvoyé à l'existence d'accords de défense et de coopération militaire qui ont "souvent été signés dans les années 60 au moment de la décolonisation", et "sont pour la plupart secrets".

Ces accords secrets ne visaient pas, selon lui, à maintenir en place des dirigeants mais "prévoient de façon automatique ou semi-automatique, des engagements des forces françaises dans telle ou telle condition", a-t-il dit.

Source : AFP

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Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 20:23
Quels intérêts pour la France d'avoir des troupes en Afrique Centrale?
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Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 20:22
Négociation en cours
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Centrafrique-Presse.com - dans EUROPE
1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 20:20
Texte à publier
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Centrafrique-Presse.com - dans AMERIQUE
1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 20:18
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Centrafrique-Presse.com - dans ASIE
29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 14:51
centrafrique-copie-1.gifLors de son allocution du 31 décembre 2006, le général Bozizé, au départ hostile à l’idée même du dialogue et après avoir longtemps fait la sourde oreille, cédait en marquant enfin son adhésion afin de donner quelque chance à ce que ce dialogue puisse ramener une paix durable et mettre un terme à la crise politico-militaire endémique que connaît la RCA depuis des lustres et qui hypothèque gravement son épanouissement.

Un an après, fin décembre 2007, force est de constater que ce dialogue national inclusif n’a toujours pas eu lieuet cela ne peut arranger que Bozizé qui y trouve parfaitement son compte. Il a choisi exprès de gagner du temps en voulant rester maître du jeu et en privilégiant le dialogue de sourd avec des leaders peu représentatifs et contestés des mouvements de rébellion armée qui écument l’arrière-pays.

Après avoir initialement chargé le pasteur Isaac Zokoué et le groupe des Sages de prendre les contacts préliminaires préparatoires à la tenue de ce dialogue,  ce dernier est brutalement récusé pour avoir prétendument outrepassé son mandat après avoir rencontré en février 2007 à Lomé, le président Ange Félix Patassé pour recueillir les vues de celui-ci au sujet de la situation nationale et en particulier sur la tenue du fameux dialogue national. Puis ce fut les épisodes très peu glorieux mais tonitruants de signatures d’accord prétendument de paix restés sans effets significatifs à ce jour avec Abdoulaye Miskine et Zakaria Damane.

Malgré les gesticulations du régime de Bozizé et les effets d’optique destinés à tromper les naïfs, ce qui caractérise actuellement la situation en République centrafricaine est une aggravation inexorable des conditions de vie au quotidien des citoyens. Ceux-ci ne perçoivent nullement l’impact des milliards déversés par les bailleurs de fonds et la communauté financière internationale dont le régime ne cesse d’annoncer qu’elle a renoué avec la RCA. L’année 2008 qui commence avec une grève générale des syndicats qui exigent le paiement de plusieurs mois d’arriérés de salaire du secteur public est bien la preuve que le pays va très mal.

Le triste spectacle auquel assiste résigné le peuple est celui de la prédation systématique des maigres ressources de l’Etat et du bradage au seul profit de Bozizé et son clan des richesses naturelles du pays. Le cas de l’uranium de Bakouma est éloquent. Après avoir empoché des milliards de F CFA à leur seul profit – aucun versement n’a été effectué au trésor centrafricain - en concédant les mines de Bakouma à Uramin,  Bozizé et son neveu Sylvain Ndoutingaï voulaient récidiver avec Areva à qui ils voulaient imposer un droit d’entrée. Mal leur en a pris car celle-ci exige préalablement l’ouverture d’un compte au trésor centrafricain avant tout décaissement. C’est la raison du bras de fer actuel entre le clan Bozizé et le numéro un français du nucléaire civil. 

Craignant son ambitieux neveu Ndoutingaï très détesté à Paris et ne sachant plus quoi faire, Bozizé a cru devoir dépêcher entre temps son complice et ministre des affaires étrangères auprès de Mme Anne Lauvergeon la présidente d’Areva mais la cupidité du fameux ministre a pris le dessus et ce dernier s’en est tiré avec un chèque de plus de cent milles euros pour garnir son propre son compte. L’affaire remonte jusqu’à Sarkozy qui n’a pas manqué de le reprocher à Bozizé à qui il a dû demander, lors de leur furtive rencontre du 19 novembre dernier, de lutter fermement contre la corruption de certains de ses ministres.

Une nouvelle année commence mais les Centrafricains sont-ils irrémédiablement condamnés à endurer jusqu’à plus soif, les affres du régime Bozizé qui continue de les mener en bateau ?  Quoi d'étonnant que ce soit son épouse qui monte au créneau pour tancer à la radio ses propres ministres ! D'ici là si son mari fait d'elle le Premier ministre, il n'y aura rien de surprenant. Pour l'heure, c'est le nom  du directeur national de la Beac, Enoch Dérant Lakoué qui revient souvent pour la primature.
Quant au dialogue national inclusif, aura-t-il vraiment lieu ?  
 
04.01.2008
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Centrafrique-Presse.com - dans Société
29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 14:49
2234FranceAfrique.gifLe 15 janvier 2008, par Cellule
 
Dans une interview au Monde daté du 16 janvier 2008, le secrétaire d’Etat français à la coopération affirme : "Je veux signer l’acte de décès de la "Françafrique"". Il prend date et attend des signes concrets du Président de la République. Qu’on permette à la cellule Françafrique de lui donner quelques idées...
 
Alors que des rumeurs circulent selon lesquelles la visite prévue de Sarkozy en Angola, fin février, pourrait être remise en question et symboliser une prise de distance de la France avec les dirigeants qui pillent l’Afrique, le ministre d’ouverture Jean-Marie Bockel veut forcer le destin.
 
Bien sûr, il a quelques mots accomodants envers le doyen Bongo, qui vient pourtant d’illustrer à nouveau son sens un peu trop aigu de la démocratie - en suspendant vingt associatons accusées (ô crime de lèse majesté) d’avoir tenu des propos "politiques". En même temps, difficile pour Bockel de contredire trop ouvertement le savoureux message délivré par notre devin président lors de sa conférence de presse à Libreville, le 27 juillet 2007 : « s’agissant du Gabon, je ne pense pas que ce soit le pays qui ait le plus à rougir du fonctionnement de la démocratie interne, par la pluralité de la presse, par la pluralité des forces politiques ».
Mais en affirmant "Je suis en dialogue avec le président de la République [pour assurer la] transparence sur l’utilisation des ressources en matières premières. Le moment est venu que je sois soutenu jusqu’au bout.", le ministre d’ouverture alsacien met clairement en garde Sarkozy contre sa bienveillance un peu trop systématique avec les dictatures. Bockel s’expose aux foudres de l’Elysée en posant un ultimatum à Sarkozy : "Le moment est venu d’(...)aller plus loin dans la démarche de rupture et mettre nos principes en actes. Le président sera en Afrique à la fin de février : c’est le bon moment."
* Saisir les avoirs et les biens mal acquis en France par les dictateurs africains (cf. pétition lancée à ce sujet par quelques assos)
* Publier les accords secrets de défense liant la France à certains Etats africains.
* Supprimer la cellule africaine de l’Elysée et soumettre la politique africaine au contrôle parlementaire. La mission d’information parlementaire peut-être un pas en avant, mais elle ne suffira pas.
Ajoutons que la France devrait aussi annuler les « dettes odieuses », celles que les populations remboursent alors que ce sont leurs dictateurs qui les ont contractées pour mieux détourner ou opprimer. L’annulation doit bénéficier à la population grâce à un contrôle citoyen des fonds.
 Sur ces quelques utiles rappels, la cellule Françafrique vous souhaite une bonne lecture de l’interview intégrale de Jean-Marie Bockel ci-dessous. 2008 commence sur les chapeaux de roue. La cellule ne lâchera pas le morceau.
 
L’interview complète :
Six mois après l’élection de Nicolas Sarkozy, il semble que rien n’ait changé dans les relations entre la France et l’Afrique, contrairement aux promesses de rupture faites pendant la campagne électorale. Le ministre d’ouverture que vous êtes accepte-t-il ce statu quo ?
C’est justement parce que je suis un ministre d’ouverture et que j’ai adhéré au discours de Nicolas Sarkozy sur l’Afrique que je souhaite que les choses changent. Or la rupture tarde à venir. Il y a encore trop de rentes de situation, trop d’intermédiaires sans utilité claire, trop de réseaux parallèles pour permettre un partenariat assaini, décomplexé, d’égal à égal. La "Françafrique" est moribonde. Je veux signer son acte de décès. Il ne s’agit pas de faire la morale, mais d’aider au développement. Or, à cause de défauts de gouvernance dans certains pays, notre politique de coopération, malgré de multiples réalisations, ne permet pas des progrès à la hauteur des efforts consentis.
 
Comment expliquez-vous ce manque d’efficacité ?
La mauvaise gouvernance, le gaspillage des fonds publics, l’incurie de certaines structures administratives ou politiques, la prédation de certains dirigeants, tout le monde connaît ces facteurs ou les imagine. Au total, sur 100 milliards de dollars annuels d’aide pour l’Afrique, 30 milliards s’évaporent. Certains pays ont d’importantes ressources pétrolières, mais leur population n’en bénéficie pas. Est-il légitime que notre aide soit attribuée à des pays qui gaspillent leurs propres ressources ? Il faut donc revoir les conditionnalités, évaluer l’efficience de notre aide.
 
A quels pays pensez-vous ?
Je ne suis pas là pour montrer du doigt tel ou tel chef d’Etat. Ce serait contre-productif. Mais il serait intéressant d’écouter non seulement les dirigeants, mais aussi les sociétés civiles dire ce qu’elles pensent de l’efficacité de notre aide.
 
Justement, le régime gabonais d’Omar Bongo vient de "suspendre" les organisations de la société civile qui critiquent l’opacité de sa gestion des revenus pétroliers...
Le président du Gabon est un ami de longue date de la France. Sur la liste des pays problématiques, je ne le placerais pas en tête. Mais, sous réserve de vérification, je regrette cette décision.
 
Que pensez-vous de la décision du parquet de Paris de stopper l’enquête sur les "biens mal acquis" par certains chefs d’Etat africains ?
Pour faire évoluer les choses, on peut provoquer le conflit. Ma méthode est différente, forte et pédagogique, non idéologique. Il s’agit de conditionner notre aide à une bonne gouvernance, faire comprendre à l’opinion et aux dirigeants que ce serait plus efficace. Dans les accords de partenariat, nous pouvons demander un engagement de transparence sur l’utilisation des ressources en matières premières, exiger qu’une partie de la rente pétrolière soit utilisée dans les projets que nous aidons. Encore faut-il qu’on se tienne à cette ligne. Je suis en dialogue avec le président de la République à ce propos. Le moment est venu que je sois soutenu jusqu’au bout.
 
Auriez-vous du mal à vous faire entendre ?
Le président a fixé un cadre au niveau du discours. Le moment est venu d’une piqûre de rappel pour aller plus loin dans la démarche de rupture et mettre nos principes en actes. Tuer les petites pratiques moribondes et renouveler notre manière de dialoguer avec les Africains. Le président sera en Afrique à la fin de février : c’est le bon moment.
 
L’un de vos prédécesseurs, Jean-Pierre Cot, ministre de la coopération, a dû démissionner, en 1982, après avoir cherché en vain à changer les relations entre la France et l’Afrique. Ne courez-vous pas le même risque ?
C’est un vieil ami. Il s’est vite isolé et n’a pas forcément fait la bonne analyse. Moi, je suis avant tout un pragmatique. Je sais gérer les gens, les budgets, les contradictions. Je sais qu’on ne décalquera pas du jour au lendemain notre morale en Afrique. Je sais aussi que l’Afrique est le continent de demain, et qu’il en va de l’intérêt de la France de mettre en oeuvre cette rupture. La jeunesse africaine l’attend.
 
Propos recueillis par Philippe Bernard - Le Monde, 16 janvier 2008
 
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