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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 00:35

 

 

 

 

Adrien Poussou

 

 

 

« Il neige sur Bangui… où va la République Centrafricaine ? » d’Adrien Poussou 114 pages, 12 euros. En commande sur Amazone.fr ou à l’adresse suivante : assobeafrica@yahoo.fr 

 

Le 13 août prochain, la République Centrafricaine célébrera le 51ième anniversaire de son accession à l’indépendance. Pour les Centrafricains, cet événement, qui consacre aux yeux du monde la souveraineté du pays, est considérable. Ils auraient voulu pouvoir s’en réjouir pleinement et associer à leur joie tous ceux qui les ont aidés dans leur longue lutte pour accéder à l’indépendance. Malheureusement, comme pour les festivités du 50e anniversaire, le 13 août 2010, qui s’étaient déroulées sous la houlette d’un chef d’État illégitime, en vacance du pouvoir, cela soit encore impossible aujourd’hui.

 

C’est à cette étrange impasse politique que s’attaque Adrien Poussou dans son livre, « Il neige sur Bangui… où va la République Centrafricaine ?  » à paraître le 13 août prochain. Ce livre captivant, qui se lit intensément, permet de décrypter l’histoire de la République Centrafricaine, sa géographie, son économie et sa situation politique actuelle. Il suggère également de faire connaissance avec certains de ses acteurs majeurs aussi bien d’hier que d’aujourd’hui, non sans poser avec acuité, la question centrale, sinon essentielle : où va la République Centrafricaine? 

 

Notre rédaction vous livre, en exclusivité, les bonnes feuilles de cet ouvrage qu’on n’a pas envie de s’arrêter quand on commence à le lire. Un vrai régal pour les amateurs de bonne lecture.  

 

D’un ton de vantardise légère qu’on lui connaît, doublé d’un agacement, Nicolas Sarkozy donna le change : « Écoutez, on a assez de problèmes à régler comme ça. Copenhague a occupé toute la conversation. J’ai remarqué une excellente ambiance entre les présidents Biya et Sassou. Deuxièmement, je n’ai pas envie d’entrer dans cette polémique. Troisièmement, quand le président Bozizé rentrera à Bangui, il sera très heureux de vous répondre. Et je m’en sors comme ça. » Pourtant, ses homologues étaient visiblement disposés à répondre. Du moins le président Denis Sassou N’Guesso qui, ne pouvant me répondre directement, murmura à peu près ceci : « Je m’attendais à cette question. » En revanche, le général-président Bozizé resta de marbre. Je dus malheureusement me contenter de la réponse expéditive de Nicolas Sarkozy

 

Cette nuit, Brazzaville était emmaillotée dans ses nuages. Le ciel était lourd comme celui qui a du mal à s’en sortir. J’enjambai les escaliers menant à ma chambre d’hôtel. J’entendis un sifflement sec dans un coin sombre. Il faisait noir dans le couloir. J’étais crevé comme un docker d’Abidjan. Je ne comprenais pas pourquoi j’allais aussi mal. Pis, je n’arrivais pas à localiser l’origine du mal encore moins où le bât blesse… Je pataugeais dans mes réflexions saugrenues. Brusquement, un grand fracas ébranla le couloir. J’eus le reflexe d’actionner l’interrupteur afin d’éclairer l’environnement. Je pressai le pas. Je fus stupéfait à la vue de l’ancien président David Dacko qui était par terre et le visage en sang, tandis qu’un homme presque de son âge s’acharnait sur lui à coups de pied et de jurons déshonorants. Le premier président de la République centrafricaine dite indépendante n’essayait guère de se défendre, ni de se relever encore moins de s’enfuir. L’ancien président gémissait, les bras obstinément autour du crâne pour se protéger des coups de pied. Son agresseur, allure de play-boy, chevelure grisonnante, s’agitait dans sa veste impeccable. Je ne le reconnaissais pas de dos. Ce qui m’obligea à le contourner. Grande fut ma surprise en découvrant que l’agresseur n’était autre que celui qui se définissait comme étant un résistant anticolonialiste, démocrate et militant panafricaniste, l’ancien Premier ministre centrafricain Abel Goumba.  Ce dernier continuait toujours à administrer des coups de pied secs à sa victime. Il était hystérique et ne s’en cachait pas. Son acharnement et ses malédictions semblaient être l’expression de la rancœur.

 

- Sale traître ! Aussi bien incompétent que corrompu jusqu’à la moelle épinière ! Opportuniste fieffé ! maugréait Abel Goumba en dandinant…

 

Le professeur Abel Goumba reprit la parole et expliqua longuement qu’après le décès accidentel du fondateur de la République Centrafricaine, Barthélémy Boganda, le pays s’est retrouvé dans le filet du néocolonialisme, décidé à exploiter systématiquement toutes les faiblesses locales pour placer ses hommes de main à la tête des États africains à la place de ceux, valables mais jugés dangereux pour ses intérêts. Il disait avec la force des arguments qu’en ce qui concernait le Centrafrique de l’après Boganda, se fut entre autres l’inexistence d’une pseudo élite administrative, parlementaire, situationniste et arriviste, attachée obstinément à ses privilèges, incapable de s’organiser pour résister aux pressions, dénoncer les abus, la corruption susceptibles de compromettre le progrès et l’avenir du pays, par son inconscience nationale ainsi que l’indifférence, l’apathie d’une population superstitieuse comme ses dirigeants, quasi primitive, ignorante et crédule, encore sous le traumatisme de la période coloniale, dans une ville comme Bangui où, malgré la majesté du décor, 60.000 figurants inertes, les scènes de la vie politique se jouent entre quelques personnages qui se voient tous les jours, alternativement amis ou ennemis intimes, dans un pays où la popularité d’une personnalité politique est souvent fondée sur une foule d’éléments sans aucun rapport avec le raisonnement politique ou les doctrines sociales. C’est un pays où les candidats à toutes les fonctions électives et publiques sont mus par l’ambition, dépourvus de scrupules idéologiques, mais fascinés par l’odeur alléchante du fromage parlementaire ou les situations lucratives…

 

Comme à chaque fois que j’erre ici, au bord de la Loire, guettant la disparition du soleil, le regard rivé à l’horizon qui, en cette fin d’après-midi se prenait pour un tableau de Maître, je fus soudain envahi par un étrange sentiment de culpabilité. Tandis que je cherchais à oublier le monde qui m’entourait, la clameur des rues, les bruits de scooters de ces garnements jouant les casse-cou tout en empestant l’air de tout le quartier Malakoff, à Nantes, me revenaient en mémoire les images d’horreur des derniers reportages que j’avais vus à la télé, et qui m’avaient incité à marcher au bord de ce fleuve, comme si j’attendais de lui, la clé des énigmes auxquelles j’étais confronté. Aujourd’hui, je ne puis m’empêcher de lui adresser la parole, afin de l’interroger sur l’existence du Centrafrique, ce beau pays auquel un homme a imposé, depuis mars 2003, un modèle de société basé sur la brutalité, l’injustice et l’inégalité, en totale « rupture » avec nos coutumes ancestrales. Celui qui dirige le Centrafrique depuis ces huit dernières années, n’est qu’un jouisseur. Il a trahi nos compatriotes qui ont commis l’erreur de prêter attention à sa logomachie et au prétexte ayant servi d’alibi à son coup d’État. À peine installé dans le fauteuil présidentiel, ce fut aux siens que, toutes affaires cessantes, il tint à rendre hommage, et ce contrairement à la tradition républicaine selon laquelle la reconnaissance des places de chacun se fait en fonction du mérite propre, et non en fonction du milieu ou du nom que l’on porte. Sa République à lui est celle du népotisme et du piston tous azimuts. Au lieu de s’occuper de l’intérêt général, l’homme qui est à la tête du pays s’est employé et s’emploie toujours à caser ses proches à des postes « juteux ». Nous y reviendrons ! Cet homme a pris goût à l’affairisme, et ne voit pas plus loin que la prochaine occasion de s’en mettre plein les poches. Avec lui, plus rien n’est contrôlé, ni contrôlable. Il a délibérément choisi de ne pas endosser le costume consensuel du Père de la Nation, mais plutôt celui du défenseur des intérêts bassement égoïstes et moralement reprochables de son clan familial. À la différence de ses prédécesseurs qui « habitèrent la fonction », il cultive en permanence une logique fondée sur le défi et n’hésite pas à injurier ses compatriotes, généralement en public. Il nous a réduits, nous Centrafricains, à l’état de consommateurs, de simples clients. Ainsi, finie l’école de la République, oublié l’hôpital : en résumé, l’ensemble du service public a été sacrifié sur l’autel des intérêts privés. Autant dire qu’il a privatisé la République…

 

…vient la question du non-respect des Lois et Règlements de la République. Lorsque la Constitution, loi fondamentale d’un pays, est foulée au pied par ceux-là même qui prétendent en tirer le fondement légal de leur pouvoir, la République est déréglée, et, conséquence logique, se transforme en une vaste jungle où la loi du plus fort est toujours la meilleure. Autrement dit, bien que le plus fort n’apparaisse pas forcément comme le plus intelligent, il s’impose en conquérant et en dominateur. Dans un système détraqué depuis le sommet, le petit peuple devient une proie facile, victime quotidienne et systématique de graves manquements. Il s’agit, en l’occurrence, de la situation actuelle du Centrafrique, où Bozizé se ferme à l’idée d’une gestion orthodoxe des richesses du pays. Il refuse catégoriquement que les revenus tirés de l’exploitation de ces richesses soient gérés dans la transparence et contribuent au mieux-être du peuple centrafricain. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il s’est d’office octroyé un droit de préemption sur toutes les richesses du pays. Comble de désinvolture, Bozizé a détourné l’Armée nationale de sa mission première qui est celle de protéger le citoyen et de défendre partout, envers et contre tout, l’intégrité du territoire national. Il s’est plutôt employé à transformer l’Armée nationale en une unité de protection de ses égoïstes privilèges, spécialisée dans la réalisation de ses basses besognes. Aujourd’hui, il ne se passe pas un jour sans que la grande muette, creuset de l’unité du pays, ne tire sur la population, allant même jusqu’à carrément s’emparer de ses biens. Cette armée indisciplinée, clochardisée, se fait fort d’écraser sous ses bottes le peuple qu’elle est censée protéger (journalistes embastillés, villages incendiés, populations poussées à l’exil), parce que le respect des droits humains sonne aux oreilles de Bozizé comme de la subversion, comme un complot permanent. Ce n’est point exagérer que de signaler que Bozizé considère la Constitution de notre pays comme un simple chiffon de papier, dont il viole quasi quotidiennement les dispositions…

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Livres - Médias
5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 18:54

 

 

 

 

Sandy et Bambou

 

 

Radio Ndéké Luka Mardi, 05 Juillet 2011 10:39

Si le paysage médiatique en RCA a récemment connu des développements positifs (attribution de nouvelles fréquences radio et TV, implantation de Radio Chine Internationale et de  la Voix de l’Amérique sur la bande FM à Bangui, diffusion en continu de la télévision nationale), il faut dire que l'arrestation et la détention de deux journalistes ont changé la donne des relations entre les médias et le gouvernement.

C’est ce mercredi 6 juillet 2011 que Faustin Bambou et Emmanuel Cyrus Sandy, respectivement, directeur de publication des quotidiens « Les Collines de l’Oubangui » et de « Media + » seront finalement jugés sur le fond. Les débats ont été renvoyés à deux reprises. Finalement, le juge a retenu de juger selon le droit pénal et non selon la loi sur la presse. Les deux journalistes sont poursuivis pour « incitation à la haine et à la violence » suite aux articles publiés et accusant le Ministre délégué à la défense de détournement des pensions des retraités militaires et gendarmes. Les fonds en question ont été alloués par l’Union Européenne

Cette affaire qui pose la question de la liberté de la presse est suivie par l’ensemble de la communauté internationale et les associations de journalistes aux plans national et international.

Dans une correspondance en date du 4 juillet 2011, adressée à la représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies à Bangui, le directeur de publication du quotidien « Les Collines de l’Oubangui » « sollicite  l’envoi d’un médecin du système des Nations Unies pour constater sur place et m’apporter une assistance médicale ».

Le journaliste explique que le premier substitut du procureur de la république  saisi à trois reprises lui refuse une autorisation pour des soins appropriés. Il « souffre d’un furoncle dans le dos suite à une crise de paludisme et qui ne cesse de me rendre la vie infernale ».

On ignore pour le moment la suite réservée par le BINUCA (Bureau intégré des nations Unies en Centrafrique) à cette demande. Mais on s’attend à une action positive de la part de la représentation de l’ONU à Bangui au vu de celles déjà menées en faveur des deux journalistes détenus.

Dans une tentative pour désamorcer la tension croissante sur cette détention, le BINUCA a eu plusieurs rencontres avec les autorités nationales afin d’attirer leur attention sur les conséquences néfastes que cette situation pourrait bien ternir l’image de la RCA en particulier après le succès de la Table Ronde des partenaires de développement à Bruxelles. Le BINUCA a conseillé sur les possibilités juridiques afin d’aboutir à une meilleure solution.

Le BINUCA a déjà rencontré le Ministre de la Justice et son collègue de la Communication. Sur la scène internationale, le BINUCA a saisi le Haut-Commissaire pour les Droits de l'Homme de Genève. Ce dernier a engagé une procédure d'appel d'urgence contre cette détention.

Le monde des médiats n’est pas en reste. RSF (Reporters sans Frontières) dans un communiqué daté du 10 juin 2011, réagit ainsi : « Nous condamnons l’incarcération de Faustin Bambou qui a simplement fait son travail en relayant une information d’intérêt public. Les conditions de son arrestation, dépassant la durée légale de la garde-à-vue, représentent déjà une violation manifeste de la loi. En outre, si depuis 2005, aucun journaliste ne peut être arrêté pour diffamation grâce à la dépénalisation de ce délit de presse, nous déplorons que cela soit encore permis dans les cas d’incitation à la violence. Devant le caractère abusif de ce chef d’inculpation, nous demandons au procureur de revenir sur ces accusations, de mettre un terme immédiatement à ces procédures judiciaires et de relâcher le journaliste"

A Bangui, plusieurs quotidiens de la capitale centrafricaine ne sont pas parus lundi 4 juillet 2011. Les 4 directeurs de publication des journaux ont décidé d’observer « une journée sans journaux ». Par ce geste, ils entendent marquer leur solidarité avec leurs 2 confrères emprisonnés. Il s’agit des journaux suivants : « Le Citoyen », « Le Confident », « Le Démocrate » et l’«Hirondelle ».

Selon Mathurin Momet, directeur de publication du journal « Le confident », interrogé par Radio Ndeke Luka, « la raison de ce geste de solidarité a été prise pour interpeller non seulement les autorités politiques ou judiciaires, mais aussi dénoncer le comportement des autres confrères réunis au sein du comité ad hoc du Groupement des Editeurs de la Presse Privée et Indépendante de Centrafrique (GEPPIC). Ces confrères ont tenu une assemblée générale en marge du procès, le même jour, ce qui sans doute fragilise la solidarité à l’endroit des journalistes détenus à la prison centrale de Ngaragba».

La République centrafricaine occupe la 69e place sur 175 pays, du classement mondial 2010 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

 

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 18:44

 

 

 

 

Boziz--et-Ndoutinga-.jpg

 

 

Radio Ndéké Luka Mardi, 05 Juillet 2011 13:55

L’heure est désormais à la définition des nouvelles orientations politiques et stratégiques pour la mise en chantier de la phase II des activités de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives(ITIE). Car, après son passage avec brio comme pays conforme aux normes ITIE, le pays présente une crédibilité face à ses partenaires au développement.

C’est la substance de la première session ordinaire de l’ITIE, tenue lundi 4 juillet 2011, à l’hôtel Azimut à Bangui. C’est le Premier ministre Faustin Archange Touadéra lui-même qui a conduit les travaux.

Selon Robert Moïdokana, Secrétaire technique de l’ITIE RCA, « L’amélioration de la gouvernance est un passage obligé dans la réalisation des  objectifs du milliaire pour le développement, mais l’ITIE à travers sa caisse transparente a crée une condition du développement durable en en Centrafrique. Ces nouvelles orientations vont permettre au gouvernement centrafricain d’élaborer sa politique en matière de gestion transparente dans d’autres secteurs, adaptés aux besoins de la population ».

Au cours des échanges les participants se sont interrogés sur l’impact des activités de l’ITIE au sein de la couche sociale. Au nombre des interventions figure celle du représentant de la Banque Mondiale. Il a expliqué qu’ « il est difficile pour un élève major de sa classe de toujours conserver son rang. Toutefois, un autre au 20ème rang pourrait progressivement opérer de progrès. Malgré ces avancées beaucoup reste encore à faire », a-t-il précisé.

La République Centrafricaine avait accédé  au statut de « Pays conforme » de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), suite à une délibération de la 5ème conférence mondiale de l’ITIE. Cette conférence s’est tenue à Paris du 2 au 3 mars 2011.

 

NDLR : Du bavardage pur et simple. Les discours de Bozizé, Touadéra et Ndoutingaï sur la transparence des ressources minières en Centrafrique n’est pas crédible et ne peut convaincre personne tant c’est un secret de polichinelle que l’exploitation du diamant et de l’uranium en RCA a généré beaucoup d’argent sous forme de dessous de table et de bakchich qui n’ont point pris le chemin du trésor mais celui des comptes bancaires et les poches de Bozizé et Ndoutingaï.

 

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 18:35

 

 

 

 

Jean Barkes Ngombé Ketté

 

 

Par RFI mardi 05 juillet 2011

Jean Barkès Ngombé Ketté est remplacé sur décret présidentiel par Nazaire Guénéfé Yalanga, qui occupait précédemment les fonctions de directeur des services financiers de la mairie. Il a été déchargé de ses fonctions « à sa propre demande », précise le décret. Au début du mois de juin, le nouveau ministre de l’Administration du territoire, le pasteur Josué Binoua, avait ouvertement accusé le maire de se livrer à une « gestion opaque » et annoncé qu'il allait mettre fin à « ces dérives ».

Jean Barkès Ngombé Ketté veut partir la tête haute et pour ce faire il mise sur son bilan : les feux tricolores, qu'on n'avait plus vus depuis la chute de Bokassa il y a 30 ans, ont fait leur réapparition aux croisements des principales artères de la capitale. Des jardins publics ont revu le jour, quelques statues ont été dressées comme celle de Barthélemy Boganda, le père de l'indépendance, et Bangui la coquette devenue Bangui la roquette, a repris un peu de ses couleurs d'antan.

Ses détracteurs insistent plutôt sur l'envers de la médaille. Faute d'élections municipales en Centrafrique, le maire de Bangui est nommé par le chef de l'Etat et depuis qu'il a été désigné en 2003, au lendemain du coup d'Etat, Jean Barkès Ngombé Ketté a toujours traité directement avec le président Bozizé. « Il se croyait tout-puissant et gérait, sans contrôle, tous les marchés publics ainsi que le parc immobilier de la ville », explique une source gouvernementale.

Les finances inspectées

Au début du mois de juin, le tout nouveau ministre de l’Administration du territoire, le pasteur Josué Binoua, dénonce publiquement la gestion opaque de la municipalité. Il invite le maire au respect de la loi et annonce qu'il va demander une inspection des finances.

Ces accusations de malversations et de détournements, Jean Barkès Ngombé Ketté les rejette. « La commune de Bangui n'a pas d'autonomie financière », explique l'ancien maire qui ajoute : « J'ai dû aller chercher les recettes pour financer mes projets et j'y suis parvenu, que cela suscite des jalousies ne m'étonne absolument pas ».

Son successeur, un de ses anciens directeurs financiers, Nazaire Guénéfé Yalanga, est un membre actif du parti travailliste au pouvoir, le KNK (Kwa Na Kwa).

 

NDLR : Après s’être assez enrichi à la mairie de Bangui, c’est un peu facile de « demander à être déchargé » de ses fonctions. S’il est vrai que la mairie de Bangui ne jouit pas d’autonomie financière, Ngombé-Ketté n’a pas eu qu’à bénéficier de la générosité de philanthropes et de mécènes. D’après nos informations, des institutions aussi respectables comme l'Association Internationale des Maires Francophones (AIMF) qui ont déversé beaucoup d’argent sur la mairie de Bangui pour financer des projets de développement ont néanmoins quelques comptes à  lui demander. Ce n’est donc pas seulement une simple question de jalousie comme l’intéressé le dit si le départ volontaire ou non de Ngombé-Ketté de la mairie de Bangui, suscite autant de satisfaction à Bangui.

Selon des informations émanant d’une source gouvernementale ayant requis l’anonymat, à l’issue de la visite du ministre de l’Administration du Territoire, le pasteur Josué Binoua à la mairie de Bangui et après les propos que celui-ci avait tenus au sujet de la gestion opaque de Ngombé-Ketté, il aurait été énormément félicité par nombre de ses collègues et pas des moindres pour avoir fait preuve de tant de courage en osant s’attaquer à l’intouchable président de la délégation spéciale de la ville de Bangui. L'impunité étant la caractéristique essentielle du régime de Bozizé, il ne faudrait pas s'attendre à ce qu'il puisse arriver quelques ennuis judiciaires que ce soit à celui qui a "demandé lui-même à être déchargé" de ses fonctions mais le moindre contrôle qui pourrait être effectué dans la gestion des finances de cette mairie devrait réserver quelques surprises pouvant sans doute donner lieu à des suites judiciaires.  

 

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 01:59

 

 

 

wade-rumine-sa-colere-1-juillet-2011

 

 

04 juillet 2011 | Par Ellen Salvi

Il se présentait comme le chantre du «sopi» («changement» en wolof) lors de son élection triomphale en 2000. Onze ans plus tard, le président du Sénégal, Abdoulaye Wade, déclenche surtout une «envie de changement» pour tout un peuple qui réclame haut et fort son retrait de la vie politique. Le sien et aussi celui de son fils, Karim Wade, candidat malheureux à la mairie de Dakar en 2009 et actuel ministre de la coopération internationale, des transports aériens, des infrastructures et de l'énergie.

A la mi-juin, le président a tenté de contourner cette exaspération montante dans tout le pays en présentant un projet de réforme constitutionnelle si sophistiqué qu'il aurait assuré à la famille Wade de rester au pouvoir à l'issue de l'élection présidentielle de 2012. Comment ? En demandant aux Sénégalais d'élire simultanément un président et un vice-président avec une majorité de seulement 25% des suffrages exprimés au premier tour. Cet incroyable «ticket» - bizzarerie constitutionnelle dans un État qui se réclame démocratique - aurait donné l'occasion au président Wade, 85 ans et deux mandats, de placer son fils à la tête du pays. Ce dernier s'en défend dans une lettre ouverte aux Sénégalais, rendue publique dimanche 3 juillet

Après une décennie de mouvements isolés, les Sénégalais se sont très largement mobilisés le jeudi 23 juin pour contraindre Wade à abandonner son projet. Des milliers de personnes, essentiellement des jeunes, ont fait bloc pour exprimer leur colère et leur écoeurement face à un système politique corrompu et verrouillé. Dans les rues de Dakar, les manifestants scandaient «Y'en a marre». «Y'en a marre», comme le nom du collectif qui avait appelé à ces rassemblements.

En se rendant en masse devant l'Assemblée nationale, puis en s'en prenant directement aux maisons des députés qui avaient annoncé vouloir voter pour la réforme constitutionnelle, villa après villa, les manifestants ont contraint le gouvernement à finalement renoncer au projet constitutionnel.

«Le pouvoir corrompt et ment aux citoyens»

Membres fondateurs de l'Observatoire international des banlieues et des périphéries (site internet ici), créé en 2008 sous le nom d'Observatoire franco-brésilien, Alain Bertho et Sylvain Lazarus - tous deux chercheurs et professeurs d'anthropologie à l'université Paris 8 - étaient présents à Dakar en compagnie d'Amar Henni, responsable de l'observatoire pour l'Essonne, lorsque les émeutes ont éclaté.

Dans le cadre de leurs travaux, réalisés notamment avec le collectif de jeunes cinéastes Ciné-Banlieue, ils ont rencontré plusieurs mouvements qui se mobilisent pour trouver une solution aux problèmes qui gangrènent le quotidien des Sénégalais : les coupures d'électricité, les inondations et les expulsions provoquées par la construction d'une autoroute à péage reliant Dakar à Diamniadio.

De ce séjour, ils ont rapporté plusieurs documents qu'ils ont confiés à Mediapart, parmi lesquels une interview de Simon Kouka, membre du collectif «Y'en a marre», réalisée au lendemain du mouvement du 23 juin :

Dans cet entretien, Simon Kouka revient sur la genèse du collectif «Y'en a Marre», créé en janvier par des journalistes militants et le groupe de rap sénégalais Keur-Gui de Kaolack. Ce mouvement qui accepte «tout le monde, sauf les politiques» a connu un premier succès au mois de février à l'occasion du Forum social mondial qui se tenait à Dakar. Il avait alorsaccueilli 5.000 nouveaux adhérents en l'espace d'une matinée.

«Y'en a marre» a lancé le 19 mars, jour du 11e anniversaire de l'«alternance politique» (élection de Wade à la présidence en 2000), l'initiative «1.000 plaintes contre le gouvernement». Ce nouveau coup d'éclat a permis au mouvement d'asseoir sa légitimité et d'être «pris au sérieux» par le pouvoir en place (PDS), comme par l'opposition (PS).

«Y'en a marre» a également effectué un important travail auprès des jeunes Sénégalais pour les inciter à prendre leur carte d'électeur et à ne pas céder à la tentation de vendre leur vote. L'initiative n'est pas sans rappeler celle lancée par le collectif Devoirs de mémoire et plusieurs personnalités telles que Joey Starr, Lilian Thuram ou encore Jamel Debbouze, après les émeutes françaises de 2005, pour encourager les jeunes de la banlieue parisienne à s'inscrire sur les listes électorales.

Simon Kouka raconte comment bon nombre de jeunes Sénégalais n'attendent rien d'un monde politique où opposition et majorité sont indissociables et accusées des mêmes maux. Constat repris par les trois anthropologues: «Au Sénégal, les partis sont totalement discrédités. Majorité et opposition sont pris exactement dans les mêmes jugements sur le fait que le pouvoir corrompt et ment aux citoyens. Le dispositif étatique est complètement associé au dispositif politique. Tous les partis, opposition comprise, sont de ce côté-là.»

La situation s'aggrave

Les coupures régulières d'électricité paralysent le pays depuis plusieurs années et sont l'une des revendications majeures des mouvements citoyens. «Globalement, ils ont l'électricité une heure sur deux parce que la compagnie nationale (la Sénélec) produit le courant au fioul, expliquent les trois anthropologues. L'argent destiné à acheter le fioul n'est visiblement pas allé où il fallait, alors que le ministre de l'énergie est Karim Wade, le fils du président. Comme les fournisseurs de fioul ne veulent plus faire crédit, beaucoup de centrales ne fonctionnent pas.»

Cette situation cristallise bon nombre des colères : «Quand il y a des émeutes, les sièges de la Sénélec sont pris d'assaut et détruits. Le 23 juin, le mouvement concernait la question constitutionnelle, mais au passage, quelques sièges de la Sénélec ont été saccagés.»

Autre problème, autre reflet de l'inaction de l'opposition et de la corruption du pouvoir en place : les inondations. «Tous les ans, des quartiers de 150.000 habitants sont inondés, rapportent les anthropologues. Des plans Orsec sont mis en place, mais ils ne résolvent pas le problème. Par contre, ils enrichissent ceux qui les portent. Il y a le sentiment tout à fait avéré que la machine étatique, au prétexte de venir aider les gens, permet en réalité de se remplir les poches.»

Et pendant que certains font fortune, la situation s'aggrave : «L'eau des inondations est ensuite stockée dans des bassins de rétention qui sont envahis par des algues, des herbes, des ordures. Le tout attire des quantités incroyables de moustiques porteurs du paludisme... Il y a une mortalité extrêmement forte des femmes enceintes et des jeunes enfants, dans l'indifférence étatique la plus totale. Chaque année c'est la même chose. Il y a une espèce de cynisme. L'argent est débloqué mais on ne sait pas où il arrive. Les gens décrivent une corruption absolue, y compris dans la gestion des catastrophes.»

Durant leur séjour, les trois anthropologues ont également rencontré Ababacar Mbaye, président du mouvement And Suxxali Médina Gounass, qui lutte contre les inondations. Ce dernier leur a confié son sentiment sur les événements du 23 juin :

«Qui pour gérer ce merdier ?»

Aux problèmes désormais «classiques» des inondations et des coupures d'électricité vient aujourd'hui s'ajouter celui des expulsions, liées à la construction d'une autoroute à péage reliant Dakar à Diamniadio. «Dans un pays où le PIB par habitant est inférieur à celui de l'Inde, on se demande qui va payer ce péage...», remarquent les anthropologues.

«C'est Bouygues et l'entreprise Apix (Agence nationale chargée de la promotion de l'investissement et des grands travaux) qui sont derrière le projet. Des gens vont gagner de l'argent là-dessus et l'État, comme toujours, va les y aider». Qu'importe si pour cela des milliers de Sénégalais sont mis à la rue.

Fin juin, les trois membres de l'Observatoire international des banlieues et des périphéries sont allés à la rencontre des habitants dont les maisons ont été rasées en vue de la construction de l'autoroute : «Les gens avaient signé un protocole et négocié un lieu de relogement. Quand nous sommes allés sur le terrain, on démolissait leurs maisons alors qu'ils étaient encore dedans, qu'ils n'avaient pas touché les indemnités promises et que le lieu de recasement n'était pas prêt. Certains d'entre eux étaient sans logement depuis six mois. Pour eux, il s'agit d'un énième mensonge de l'État.»

L'accumulation de ces problèmes, qui n'engendraient jusqu'alors que des émeutes sporadiques, a conduit à un véritable ras-le-bol national. D'autant qu'à un an de l'élection présidentielle, la population ne croit plus en une alternative politique : «Ils ne raisonnent pas du tout en termes d'opposition de programmes, de choix, etc. Le débat porte uniquement sur la question suivante : quelle va être la personnalité la plus à même de gérer ce merdier ? Et éventuellement d'y mettre un peu d'honnêteté», confient les anthropologues. Une question à laquelle, pour l'heure, personne ne peut répondre.

«La loi du peuple»

Les manifestations et émeutes de juin contre le pouvoir obligent la classe politique à changer ses plans. «La question du pouvoir se trouve posée autrement avec la mobilisation de la jeunesse et d'une grande partie des Sénégalais qui pensent que ça ne doit plus durer comme ça. L'un de nos interlocuteurs nous a dit : "C'est une grande leçon pour le pouvoir, mais c'est aussi une grande leçon pour ceux qui éventuellement le remplaceront"», assurent les trois anthropologues qui voient dans les émeutes sénégalaises quelque chose du mouvement des indignés européens.

Plusieurs observateurs ont comparé ces émeutes aux révolutions arabes. Un rapprochement discuté par les chercheurs de l'Observatoire:  «C'est une mobilisation qui, sur certains points, peut ressembler à la mobilisation qu'on a connue en Tunisie, sauf qu'il ne s'agit pas d'une dictature, mais d'un système de mensonges et de corruption généralisée. Ce qui se passe au Sénégal est bien une situation sénégalaise mais c'est vrai qu'elle nous dit aussi des choses sur la situation grecque, la situation tunisienne, la situation française...»

Avec le temps, les différents mouvements sénégalais ont acquis une véritable expertise technique et juridique sur les problèmes qui empoisonnent le quotidien des citoyens : «Certains collectifs ont fait un énorme travail, ce qui leur permet de démonter le discours de l'État. Ils proposent une alternative aux problèmes, mais pas à la politique. La situation est paradoxale parce que ceux qui ont une compétence se trouvent hors du champ étatique et revendiquent d'y rester. Ils ne veulent pas être des partis ni devenir des institutions et encore moins être achetés par les partis existants», précise les membres de l'observatoire.

Moins confiants que certains observateurs qui voient dans les récentes émeutes la fin du régime de Wade, les Sénégalais ont affiché, face aux trois anthropologues, un contentement dénué de tout triomphalisme : «Beaucoup nous ont dit que Wade était un loup de la politique et qu'ils avaient peur qu'il puisse retourner la situation à son profit. Le départ de Wade et de son fils fait l'unanimité, mais personne n'a d'alternative.! Les gens espèrent qu'une figure va finir par se dessiner, mais n'y croient pas vraiment.»

Lors des émeutes du 23 juin, l'opposition a bien essayé de récupérer le combat de «Y'en a marre», en créant «Le mouvement du 23 juin», mais la greffe n'a pas vraiment pris. Car les questions d'État, comme celles des coupures d'électricité qui ont engendré de nouvelles émeutes le 27 juin, relèvent désormais de la seule manifestation populaire. En témoigne la presse sénégalaise qui titrait, au lendemain des mouvements : «Le peuple a repris son pouvoir», «Le peuple invalide le ticket perdant de Wade», «La loi du peuple»...

 

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 01:00

 

 

 

 

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La participation de la Centrafrique à la table ronde de Genève sur le Commerce

Par Sébastien Lamba - 04/07/2011 JDB

L’annonce a été faite par la ministre Marlyn Mouliom Roosalem du commerce et de l’industrie

 

C’était au cours d’une conférence de presse de la ministre du Commerce et de l’Industrie, Marlyn Mouliom Roosalem. Elle a annoncé que la République Centrafricaine participera à la Table ronde de Genève sur le commerce, organisée par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). A croire la ministre Marlyn Mouliom Roosalem cette table ronde de Genève est spécifique car, elle vient renforcer les acquis de celle de Bruxelles qui concerne l’économie dans son entièreté.

Elle a précisé qu’à l’issue de cette table ronde les discussions porteront sur «le 3ème examen global sur l’aide au commerce». Toutefois la tâche qui incombe à son département est d’identifier et recenser les projets intégrateurs afin de susciter l’engagement des bailleurs de fonds à cet important rendez-vous.

La ministre Marlyn Mouliom Roosalem a fait remarquer que la République Centrafricaine dispose du Code du Commerce en relecture pour l’amélioration du climat des affaires et la Charte des Investissements élargissant à des régimes spécifiques afin d’apporter plus de faciliter pour le commerçant du secteur privé. «Nous comptons organiser le secteur informel par le biais d’accès aux crédits pour que ceci devienne un véritable opérateur économique afin de promouvoir le développement de l’économie du pays, par l’émergence d’une bourgeoisie centrafricaine», a-t-elle conclu.

 

 

NDLR : La surenchère des tables rondes des donateurs de la RCA est visiblement ouverte entre certains membres du gouvernement Touadéra. Bruxelles ayant été l’affaire et la chasse-gardée de Sylvain Maliko, Genève sera celle de Mme Roosalem. On attend de voir combien de ministres comportera cette fois-ci la délégation centrafricaine qui ira à Genève. Faut-il, pour que le pays s’en sorte, une table ronde dans chacune des capitales européenne qui compte et en Amérique ? Après Bruxelles et Genève, il restera Paris, Londres et pourquoi pas Washington et Pékin.

Pour celle de Bruxelles où la polémique sur son succès ou son échec est loin d’être close, on avait dénombré pas moins de quinze ministres et près d’une cinquantaine d’individus. Un budget d’environ 800 millions de F CFA avait été initialement sollicité mais finalement réduit à 135 millions de F CFA. La bêtise n'a pas de limite en Centrafrique.  

Il faut pourtant se dire tranquillement que la légitimité qui manque si cruellement au régime Bozizé actuellement ne se trouve ni à Bruxelles, ni à Genève, ni à Paris, Washington ou Pékin. Elle se trouve bel et bien sur le territoire national et auprès des Centrafricains qu’on a pris pour des demeurés en abusant de leur confiance lors des dernières consultations électorales du 23 janvier dernier.

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 00:01

 

 

 

 

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BANGUI Mardi 5 juillet 2011 | 00:16 (Xinhua) - Le président centrafricain François Bozizé a lancé lundi, à l'Université de Bangui, le 6ème Festival universitaire (Festiuniv) dont le thème est "La place de la jeunesse dans le processus de la réconciliation nationale" en présence de l'ambassadeur de Chine en Centrafrique, Sun Haichao

Initié par l'Association nationale des étudiants de Centrafrique (ANECA) en partenariat de l'ambassade de Chine en Centrafrique, cette édition vise à amener les étudiants à renforcer leur lien culturel et accepter la diversité culturelle sur le campus universitaire.

"A un moment donné de l'histoire (...), nous avons failli être emportés par le démon de la haine et de la division. A travers cette semaine culturelle, nous voulons conscientiser les étudiants à la culture de la paix et à l'acceptation de l'autre", a déclaré le secrétaire général de l'ANECA, Hervé Dagbiatima.

Pour lui, le thème retenu pour cette 6ème édition du festiunival interpelle les jeunes étudiants à prendre conscience de leur rôle au sein de la société centrafricaine.

"Nous voulons dire aux étudiants d'éviter d'être manipulés, rompre la barrière de la haine et de la division, en leur demander de transcender leur conviction politique parce que c'est la jeunesse qui va prendre la relève demain", a-t-il dit.

Le président Bozizé a rappelé pour sa part le dernier sommet des chefs d'Etat de l'Union africaine (UA) tenu à Malabo en Guinée Equatoriale qui avait pour thème "accélérer l'autonomisation des jeunes pour le développement durable".

"Je vous assure que vous n'êtes pas abandonnés et vous ne serez pas abandonnés", a-t-il promis.

Durant quatre jours, l'université de Bangui va vivre au rythme de conférences débats différents, jeux-concours, animations culturelles, concours de miss de l'Université et activités sportives.

Instauré en 2005 par le bureau exécutif de l'ANECA, le festival universitaire permet aux étudiants d'échanger et de partager leurs richesses culturelles et intellectuelles.

 

NDLR : Il n’y a pas longtemps, aussi étrange que cela puisse paraître pour quelqu’un qui se dit président de la République, Bozizé déclarait publiquement à la Radio nationale qu’il n’avait jamais mis les pieds dans une université ainsi que ses enfants et qu’il n’en avait rien à cirer si les grèves des enseignants vacataires et des étudiants ne cessaient pas. Pourquoi veut-il que la jeunesse estudiantine et l’université de Bangui puissent participer à présent à la réconciliation nationale ?

 

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 23:50

 

 

 

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PARIS - AFP / 04 juillet 2011 21h23 - La figure de proue du régime déchu de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, contre qui un mandat d'arrêt international vient d'être délivré, s'est dit prêt à comparaître devant un tribunal ivoirien si le président Alassane Ouattara est également jugé, dans une interview à RFI.

Vous savez très bien qu'il a commis des actes, que des hommes ont commis des actes ignobles en son nom alors je suis prêt à comparaître, mon voisin doit être M. Ouattara, mon voisin doit être Soro Guillaume (le Premier ministre) et ensemble nous allons comparaître devant la justice, a-t-il déclaré à Radio France Internationale.

Des mandats d'arrêt internationaux ont été délivrés par la justice ivoirienne contre Charles Blé Goudé et d'autres proches de l'ex-président, dans le cadre de l'enquête sur les crimes commis durant la crise post-électorale de novembre à avril, avait annoncé vendredi le procureur d'Abidjan, Simplice Kouadio Koffi.

Sous sanctions de l'ONU depuis 2006 (gel des avoirs, interdiction de voyager), Charles Blé Goudé est régulièrement donné au Bénin ou au Ghana, lieu d'exil de nombreuses personnalités du régime déchu.

Ex-ministre de la Jeunesse de M. Gbagbo, il a été en première ligne depuis la tentative de coup d'Etat de septembre 2002, organisant notamment des manifestations anti-françaises, et encore durant la dernière crise post-électorale de novembre à avril, appelant les siens à la mobilisation contre le camp d'Alassane Ouattara, investi président le 21 mai, la France et l'ONU. Ses partisans sont accusés de nombreuses violences.

Laurent Gbagbo a été arrêté le 11 avril après plus de quatre mois de crise née de son refus de reconnaître sa défaite à la présidentielle du 28 novembre 2010, et à l'issue de dix jours de guerre dans Abidjan. Il est actuellement en résidence surveillée dans le Nord, comme son épouse Simone Gbagbo et 13 autres proches.

M. Blé Goudé a dénoncé une justice à double vitesse et un pouvoir dictatorial de M. Ouattara.

Rien ne me surprend du tout car depuis que Ouattara est au pouvoir, il y a une justice à double vitesse. Il a peur d'une opposition significative, il a décidé d'installer son pouvoir dans la terreur, tous les signes (...) d'un pouvoir dictatorial sont là et visibles, a-t-il dit.

Ce pouvoir ne va pas bien loin, Ouattara fait comme si son pouvoir avait comme seul objectif de traquer, de tuer, de poursuivre tous ceux qui ont été plus ou moins proches de Gbagbo, a-t-il ajouté.

Des éléments des Forces républicaines (FRCI) de M. Ouattara sont aussi accusés d'exactions par des organisations non gouvernementales et l'ONU durant la crise post-électorale.

Une mission de la Cour pénale internationale (CPI) est en cours dans le pays pour évaluer notamment la situation sécuritaire, avant une éventuelle enquête pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre, dont sont accusés les deux camps.

Quelque 3.000 personnes ont trouvé la mort durant cette crise, la pire de l'histoire du pays.


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Des avocats de Gbagbo dénoncent le flou juridique et arbitraire

PARIS - AFP / 04 juillet 2011 23h17 -  Des avocats français de Laurent Gbagbo ont dénoncé le flou juridique qui entoure l'ex-président ivoirien et des personnalités proches et l'arbitraire qui prévaut selon eux en Côte d'Ivoire, dans une lettre adressée au Conseil de sécurité de l'ONU transmise lundi à l'AFP.

Me Lucie Bourthoumieux, Roland Dumas, Jacques Vergès, Marcel Ceccaldi dénoncent une application illégale de la résolution 1975 adoptée le 30 mars par le Conseil de sécurité, qui exige le départ de M. Gbagbo et apporte son appui aux forces de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) pour utiliser tous les moyens nécessaires pour protéger les civils, ainsi que le problème du non-respect du principe d'impartialité.

Aucune disposition de cette résolution n'autorise ni la remise du président Gbagbo entre les mains de l'autre partie au conflit ni la privation des droits humains les plus fondamentaux, écrivent-ils. Or lors d'une visite à M. Gbagbo à Korhogo (nord) le 26 mai il nous a été donner de constater que depuis le 11 avril, celui-ci est privé de toute communication avec l'extérieur ainsi que de tout droit de visite, le dépossédant ainsi de ses droits humains les plus fondamentaux.

Laurent Gbagbo a été arrêté le 11 avril après plus de quatre mois de crise née de son refus de reconnaître sa défaite à la présidentielle du 28 novembre 2010 en faveur d'Alassane Ouattara, et à l'issue de dix jours de guerre dans Abidjan. Il est actuellement en résidence surveillée à Korhogo.

En dépit de nos multiples démarches et demandes, nous n'avons pu entrer en possession du décret de mise en résidence surveillée de M. Gbagbo, poursuivent-ils. Ce décret n'existe pas, le président Laurent Gbagbo se retrouve par conséquent, avec l'aval tacite de l'Onuci et le soutien actif de la force Licorne française, victime d'un enlèvement, d'une séquestration et d'une détention arbitraire, poursuivent-ils.

Ses avocats dénoncent également des inculpations dénuées de toute base légale pour d'anciens membres du gouvernement de Laurent Gbagbo, dont son ex-Premier ministre Gilbert Aké N'Gbo, et de hauts fonctionnaires.

Plusieurs dizaines de personnalités, dont son épouse Simone, ont été placées en résidence surveillée à Abidjan et dans plusieurs villes du nord du pays après l'arrestation de l'ex-chef de l'Etat par les Forces républicaines (FRCI) du nouveau président.

Les avocats dénoncent également le fait que les responsables de la sécurité chargés de surveiller ces personnalités sont selon eux difficilement identifiables.

De même qu'à l'hôtel de la Pergola à Abidjan, nous avons pu constater à Korhogo la présence des forces du président Ouattara auprès des forces de l'Onuci, disent-ils.

Si à Abidjan et Korhogo la présence de l'Onuci a été constatée, il n'en va pas de même pour les villes de Katioula, Odienné et Bouna où les assignés à résidence sont gardés par les FRCI, ajoutent-ils.

Amnesty International avait dénoncé le 22 juin la détention sans aucune charge de dizaines de partisans de l'ex-président. Le lendemain, l'Onuci avait estimé que les conditions de détention s'amélioraient.


(©)

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 15:26

 

 

 

Sandy et Bambou

 

 

Solidarité de la presse avec 2 journalistes en prison

Radio Ndéké Luka Lundi, 04 Juillet 2011 13:32

Plusieurs quotidiens de la capitale centrafricaine ne sont pas parus ce lundi 4 juillet 2011. Rien dans les kiosques. Les 4 directeurs de publication des journaux ont décidé d’observer « une journée sans journaux ». Par ce geste, ils entendent marquer leur solidarité avec leurs 2 confrères emprisonnés, Faustin Bambou et Emmanuel Cyrius Snady, respectivement directeurs des quotidiens « Les collines de l’Oubangui » et « Médias + ».

Les journaux en grève sont « Le Citoyen », « Le Confident », « Le Démocrate » et l’«Hirondelle ». Ils ont décidé de cette action vendredi dernier (1er juillet) au sortir de l’audience du tribunal de Bangui, laquelle devait juger cette affaire qui oppose Faustin Bambou, Emmanuel Cyrus Sandy d’une part, au Ministre délégué à la défense d’autre part

Selon Mathurin Momet, directeur de publication du journal « Le confident », interrogé par Radio Ndeke Luka, « la raison de ce geste de solidarité a été prise pour interpeller non seulement les autorités politiques ou judiciaires, mais aussi dénoncer le comportement des autres confrères réunis au sein du comité ad hoc du Groupement des Editeurs de la Presse Privée et Indépendante de Centrafrique (GEPIC). Ces confrères ont tenu une assemblée générale en marge du procès, le même jour, ce qui sans doute fragilise la solidarité à l’endroit des journalistes détenus à la prison centrale de Ngaragba ».

La sentence qui devait être prononcée par le tribunal a été reportée au mercredi 06 juillet. Les deux journalistes sont poursuivis pour « incitation à la haine et à la violence » suite aux articles publiés et accusant le Ministre délégué à la défense de détournement des pensions des retraités militaires et gendarmes. Les fonds en question ont été alloués par l’Union Européenne.

 

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 15:14

 

 

 

 

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Nazaire Yalanga Nganaféi nouveau maire de Bangui, exit Ngombé Ketté

Lundi, 04 Juillet 2011 11:45

Jean Barkès Ngombé Ketté vient de quitter ses fonctions de maire de la ville Bangui. La décision est contenue dans un décret présidentiel diffusé par la radio nationale dimanche 3 juillet 2011, tard dans la soirée.

Le nouveau maire, selon les termes de ce même décret, est Nazaire Yalanga Nganaféï. Il occupait précédemment les fonctions de directeur  des services financiers de la Mairie.

La nouvelle du départ du maire Ngombé Ketté après avoir dirigé pendant 8 ans, l’équipe municipale (un décret l’avait placé à ce poste en 2003 après le coup d’état militaire perpétré par le général François Bozizé) a surpris plus d’un à Bangui. Que s’est-il donc passé ?

Un conseiller à la Mairie a expliqué à Radio Ndeke Luka que le maire Ngombé Ketté a été déchargé de ses fonctions « à sa propre demande. Il a envoyé une correspondance dans ce sens au Président de la République, François Bozizé. Il a indiqué que cela fait 8 ans qu’il est maire et qu’il aspire actuellement à bénéficier d’un repos ».

Le président Bozizé a donc donné une suite favorable à la demande de Jean Barkès Ngombé ketté. Selon toute vraisemblance, la désignation de son remplaçant, par le jeu d’une promotion interne, procède du souci d’éviter des interprétations tendancieuses au plan politique. Qu’en est-il vraiment ?

On rappellera qu’au début du mois de juin 2011, le tout nouveau ministre de l’administration du territoire, le Pasteur Josué Binoua, à l’occasion d’une visite de prise de contact à la Mairie de Bangui, avait ouvertement accusé le maître des lieux, de se livrer à une « gestion opaque » et indiqué qu’il mettrait fin à ce qu’il qualifiait de « dérives ». Ngombé Ketté était depuis lors sur une pente glissante.

Depuis cette visite, les relations étaient tendues entre le ministre de tutelle et le maire de la capitale. Ce dernier en a-t-il tiré des conclusions, demandé et obtenu son départ, avant un éventuel limogeage ? On peut soupçonner qu’il a au moins été blessé dans son amour propre par les propos du ministre. Peut-on dire pour autant qu’il a pris la décision qui, pour lui s’imposait : partir dignement et avec élégance ?

Le maire sortant peut tout de même être fier du travail accompli. Il suffit seulement de sillonner les maquis et autres gargotes de Bangui, pour se rendre compte de sa popularité et de l’estime des habitants de cette ville pour leur maire.

Ngombé Kétté, en réussissant des travaux d’aménagement de sa ville, a marqué des points. Il a fait sien le rêve de plus d’un Banguissois, celui de voir leur cité renaître de ses cendres après plusieurs années de crises sociales, de conflits armés et de soubresauts politiques.

Il convient de souligner que dès son arrivée à la tête de la municipalité de Bangui, sans attendre qu’une hypothétique manne lui tombe du ciel, le maire a commencé à mettre de l’ordre dans sa maison.

Parmi les bénéficiaires des actions du maire, les policiers municipaux, jadis la risée de toute la ville, parce que appelés « Tourougou makara », (traduction littérale, les policiers de beignets), ont pu reconquérir leur dignité et occuper dignement leur place dans la cité. Grande fut également la joie des Banguissois de voir réapparaitre les feux de signalisation. Ils avaient disparu avec la chute de l’empereur Bokassa.

Pourvu que la même détermination soit avec son successeur !

 

NDLR : La situation à la mairie de Bangui qui a déjà trop duré ne pouvait plus perdurer. L’opacité de la gestion de Jean Barkès Ngombé-Ketté cachait en réalité d’inadmissibles et nombreux détournements de grosses sommes d’argent non seulement de l’Etat centrafricain mais aussi d’importants financements internationaux, en particulier de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) en faveur de la mairie de Bangui et de certaines grandes villes de provinces.

Selon nos informations d’une source crédible et sûre, l’attention de Bozizé aurait été attirée récemment à Paris avant que celui-ci ne se rende à Bruxelles mi-juin, par le Secrétaire Général de l’OIF, l’ancien président sénégalais Abdou Diouf qui s’était ému des détournements de Ngombé Ketté des financements de l’OIF à la mairie de Bangui.

En indécrottable tribaliste, Bozizé choisit encore un Gbaya pour succéder à Ngombé-Ketté, un membre de son ancienne équipe qui n’est autre que son directeur  des services financiers de la Mairie qui n’a sans doute pas été très éloigné des nombreux détournements et des malversations à la mairie de Bangui. Les Centrafricains apprécieront. Entre temps, certaines sources prétaient à Bozizé l'intention de désigner sa soeur Mme Yvonne Mboissona pour succéder à Ngombé-Ketté mais finalement il a fait un choix tribaliste différent. 

Jean Barkès Ngombé-Ketté était devenu un grand business man à la tête de la ville, confondant les intérêts et les finances de la ville avec sa poche. Il s'était notamment assuré le monopole entre autre, de la commercialisation du manioc qui est la base de l’alimentation des Centrafricains à Bangui. Il a transformé la mairie de Bangui et se prenait pour le chef d’un Etat dans l’Etat.

C’était un secret de polichinelle à Bangui qu’il avait le plus grand mépris pour Bozizé et tous les différents ministres de l’Administration du Territoire qui étaient pourtant ses supérieurs hiérarchiques directs et qui s’étaient succédé jusqu’à Josué Binoua qui est le premier à avoir évoqué courageusement l’opacité de sa gestion de la ville. Il fallait bien qu'un jour, une telle situation prenne fin.   

 

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