Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 00:08



 

Par Pascal Riché | Rue89 | 10/04/2008 | 23H45

 

Selon des Suédois, un Congolais aurait été torturé pendant l'opération Artémis en 2003. L'armée française a ouvert une enquête.

 

C'est une information qui n'a trouvé presque aucun écho en France, mais qui fait scandale en Suède: des soldats des forces spéciales suédoises affirment avoir été témoins d'un cas de torture, qui aurait été perpétré en juillet 2003 par des soldats Français, lors de l'opération "Artémis" menée sous l'égide de l'Union européenne en République démocratique du Congo. Saisis l'été dernier par leurs homologues suédois, les responsables de l'état-major militaire français confirment avoir ouvert une enquête sur la question.

 

L'information a été dévoilée par la télévision publique SVT1, la semaine dernière, dans un documentaire diffusé dans l'émission d'investigation Uppdrag Granskning. Elle a depuis été, selon un des riverains de Rue89 vivant en Suède, "relayée par tous les grands médias, à commencer par Dagens Nyheter et Svenska Dagbladet, les deux grands journaux".

 

Roué de coups et étranglé

 

Artémis était le nom d'une l'intervention dans la province d'Ituri, la première opération militaire de stabilisation menée par l'Union européenne en dehors de ses frontières. La région était en proie à des massacres entre miliciens de plusieurs groupes rivaux, accompagnés d'exactions sur la population civile. La force européenne avait pour mission de stabiliser la situation, d'améliorer la situation humanitaire, de protéger l’aéroport et les camps de réfugiés de Bunia et, si la situation l’exigeait, d'assurer la sécurité de la population civile et du personnel des Nations unies et des organisations humanitaires dans la ville. Dix-huit nations participaient à Artémis; la France avait pris la direction des opérations.

 

Un camp à Bunia, "chem-chem", abritait des troupes françaises et suédoises. L'incident dénoncé par les soldats suédois y aurait eu lieu le 13 juillet 2003. Un jeune congolais d'une vingtaine d'année, qui s'était introduit dans le camp, aurait été victime de violences injustifiées pendant "six à huit heures", lors d'un interrogatoire mené par les soldats des forces spéciales françaises.

Le documentaire, "Le Destin de Joseph" (lire son résumé en français), réalisé par trois journalistes, présente plusieurs militaires qui dénoncent la passivité de leurs supérieurs face aux violences françaises. Les soldats, anonymes, ne sont pas identifiables à l'écran. L'officier suédois mis en cause a affirmé depuis avoir été prévenu trop tard de ce qui se passait.

 

L'homme, en tenue civile, aurait été tiré par une corde attachée autour de son cou, et roué de coups de bâton. Selon un soldat suédois "le prisonnier s'étranglait quand il trébuchait". L'usage d'électricité pendant l'interrogatoire, la simulation d'une noyade, ou celle d'une exécution publique, ont également été rapportées. Les soldats suédois entendaient le prisonnier crier. Un des soldats interrogés par l'équipe de Uppdrag Granskning affirme:

"Il arrive encore que je me réveille les nuits en entendant les cris. C´était comme si on étranglait un chat, personne dans le camp pouvait éviter de l´entendre. Celui qui dit qu'il n'a pas entendu parler de ça, il ment."

A minuit, le prisonnier aurait été emmené dans une Jeep, cagoulé. L'équipe de télévision n'a pas pu le retrouver. Ils ont juste un prénom, Joseph.

 

Un soldat suédois craint que les Français ne l'aient relâché dans le camp de ses adversaires.

 

Témoignages contradictoires

 

L'état-major français a été informé par les suédois de ces accusations l'an dernier, après une plainte déposée en mai. Depuis, des enquêtes préliminaires ont été conduites tant en France qu'en Suède. Les enquêteurs suédois estiment aujourd'hui qu'il est "hautement probable" que les témoignages accusateurs soient solides, et que des méthodes "assimilables à la torture" aient été utilisées. Le porte-parole du ministère suédois de la Défense, Roger Magneraad, a publiquement accusé les soldats français d'avoir "utilisé des méthodes s'apparentant à la torture". Mais on est beaucoup plus prudent en France.

 

Les autorités françaises reconnaissent qu'un incident a eu lieu, après qu'un congolais se fut introduit une nuit dans le camp militaire. Mais pour le reste, motus. "Nous avons comparé les résultats des enquêtes ces dernières semaines, et nous avons constaté de nombreux éléments contradictoires", commente-t-on au ministère de la Défense.

 

Les témoignages recueillis divergent "sur les conditions de détention du prisonnier congolais" et notamment sur l'attitude des militaires français. " Il y a des trucs qui ne collent pas, et le général Jean-Louis Georgelin [chef d'état-major français des armées, ndlr], a donc ordonné l'ouverture d'une enquête approfondie". Une enquête annoncée par un communiqué le 2 avril, confiée à l'inspection des forces en opérations et de la défense du territoire" et qui, compte tenu des divergences, pourrait durer "assez longtemps".

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 23:56

 


Source: Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires - Integrated Regional Information Networks


Date: 10 2008

 
BOZOUM, 5 mars 2007 (IRIN) – Des bandits s'acharnent à extorquer de l'argent en enlevant contre rançon éleveurs dans le nord-ouest de la République centrafricaine (RCA) ont forcé des milliers de personnes à chercher refuge dans les zones urbaines où beaucoup sont devenus pauvres, disent les travailleurs humanitaires.

 .
Les bandits, connu sous le nom de «Zaraguinas», enlèvent principalement les enfants et les jeunes adultes à partir des villages et les retiennent jusqu'à ce que leurs proches soient en mesure de payer les énormes rançons exigées, selon Hamadou Nabeti, une victime du racket. Il a fui le village de Tantale, 45 km au nord de la ville de Bozoum, dans l'Ouham-Pende, l'an dernier, après paiement des ravisseurs pour obtenir la libération de ses enfants.

 
Les résidents de la région pensent que les enlèvements ont commencé à cause de l'insurrection en cours dans la région, car les bandits profitent de ce que l'armée nationale ne se préoccupe que de la lutte contre l'insurrection armée.

 
On estime que 15 0000 personnes ont fui leur foyer en raison des fréquents affrontements entre les forces gouvernementales et les rebelles de l'Armée populaire pour la restauration de la république et de la démocratie (APRD), et les bandits dans le nord-ouest de la RCA depuis octobre 2006.

 
"J'ai quitté mon village après autoroute voleurs ont frappé notre village, le 17 octobre 2006", a dit à IRIN Nabeti. Les bandits armés et des enfants enlevés ont emporté vivres et du bétail, a-t-il dit.

 
«J'ai dû vendre tous mes bovins pour payer la libération des enfants gardés en captivité", a-t-il ajouté. Il vit maintenant avec ses deux épouses et 12 enfants dans une maison louée à Bozoum où il a du mal à payer son loyer mensuel monté à 4 $ US, dit-il.

 
Les Zaraguinas sont apparemment attirés par la richesse de l'élevage dans la région.
Al Hadj Salle, 45 ans, éleveur de bovins à Paoua, a déclaré qu'il avait été contraint de fuir à Bozoum après 13 ans, son fils a été enlevé par les Zaraguinas. Il a été contraint de verser 1,5 millions de francs CFA (3000 $ US), par la vente de ses animaux.
«Il y avait 7000 personnes déplacées dans la ville il y a deux mois, mais seulement 3798 d'entre elles sont enregistrées», a déclaré Léonard Bangue, le maire de Bozoum.

 

 Il a confirmé qu'ils s'étaient installés dans la ville pour des raisons de sécurité.
Le maire s'est plaint que les résidents de la zone avaient été abandonnés par les militaires et étaient maintenant à la merci des bandits. Les patrouilles de l'armée nationale sont rares, et la porosité des frontières permet aux maraudeurs des pays voisins tels que le Tchad et le Cameroun de venir sans entrave.


"Nous nous attendions à la FOMUC (Force multinationale en Centrafrique) pour aider à rétablir la sécurité dans la région, mais nous sommes bouleversés de découvrir qu'ils n'ont pas de mandat pour lutter contre les bandits", a déclaré Bangue. Il a dit que la réticence apparente des soldats à sévir contre les bandits a exacerbé le problème.
"La plupart de ceux qui attaquent le bétail gardiens sont les étrangers qui ont l'appui d'un petit nombre de ressortissants qui connaissent bien la région," a dit le maire. Selon lui, les ravisseurs ne parlent pas les langues locales.


Vivre sur la charité


Le nombre croissant de personnes déplacées dans la région a créé plus de problèmes humanitaires. Beaucoup de ceux qui ont cherché refuge dans les villes après avoir fui les extorqueurs n'ont pas d'argent pour la nourriture, le logement ou les soins médicaux de base pour leurs familles.


«Je suis vivant à la charité parce que toute ma famille se fonde sur les vivres distribués par les organismes d'aide et deux de mes femmes sont mortes parce que je n'avais pas d'argent pour acheter des médicaments pour elles», a déclaré Nabeti. La charité italienne Cooperazione Internazionale (COOPI) et Caritas ont une présence dans la zone.


Le coût de la vie a augmenté dans les zones urbaines, avec l'afflux de personnes déplacées, les hôpitaux et les écoles ont du mal à faire face à la hausse des chiffres. Certains enfants issus de familles déplacées ne peuvent pas être inscrits dans les écoles parce que les salles de classe sont pleines.


L'insécurité a perturbé l'agriculture. Les agriculteurs évitent leurs champs de crainte d'être enlevés et si la sécurité alimentaire est attendue à souffrir.
«Nous sommes à court de semences agricoles pour la nouvelle saison, car nous n'en n’avons pas assez et nous sommes susceptibles de consommer le peu que nous avons», a déclaré Benoit Bédoumdé, 42 ans, chef de village de Bemal, 55 km au nord de Paoua .


Le préfet de Bozoum, Raymond Ndougou*, a exhorté le gouvernement à résoudre le problème de la sécurité afin que les gens puissent reprendre leurs activités économiques.
"Le gouvernement devrait trouver une solution pacifique à la crise et améliorer  la sécurité et le calme dans la région du nord", a déclaré Ndougou.


Ndlr : * Raymond Ndougou qui fut préfet de l'Ouham-Pendé est actuellement ministre de l'intérieur. Cette préfecture demeure jusqu'ici sans préfet.

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Société
10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 22:20



Des activistes ont posé des scellés symboliques sur un immeuble parisien du président gabonais pour protester contre la Françafrique et la visite du secrétaire d'Etat français à Libreville.

 

François Meurisse LIBERATION.FR : jeudi 10 avril 2008

 

C’est une rue étroite du huitième arrondissement de Paris, à quelques encablures de l’Elysée. Il y a une banque de gestion privée et l’ambassade d’Estonie. Mais au numéro 4 de la rue de la Baume, il y a aussi un bel hôtel particulier, actuellement en travaux. Ce jeudi midi, une dizaine de militants de l’association Cellule Françafrique étaient réunis devant sa porte pour dénoncer la visite au Gabon d’Alain Joyandet, secrétaire d’Etat français à la Coopération. Le bâtiment appartient à la famille du président Omar Bongo - ce sont ses enfants, mineurs, qui en sont propriétaires - qui l’a acheté près de 19 millions d’euros en 2007.

 

«Grégoire Eyadéma» - les manifestants ont tous choisi pour pseudonyme le nom d’une grande figure de la Françafrique, ici celui de l'ex-président togolais - explique le principe de l’action: «Nous allons poser des scellés symboliques sur cet hôtel et remettre l’acte de restitution de ce bien à un représentant de la société civile gabonaise.»

 

Une «amicale» pression sur Paris

 

Objectif de cette mise en scène bon enfant? Dénoncer l’attitude d’«Alain Joyandet et de Claude Guéant (secrétaire général de l'Elysée, ndlr), qui vont prêter allégeance à Omar Bongo, devenu un ministre du gouvernement français, le ministre du pillage du Gabon» selon Grégoire Eyadéma. En cause, l’éviction lors du remaniement ministériel de Jean-Marie Bockel, coupable d’avoir annoncé l’acte de décès de la Françafrique… dont le plus vieux représentant est Omar Bongo. Un Bongo qui a chaudement applaudi le départ de l'impertinent et n’a pas fortement démenti avoir exercé à cette occasion une «amicale» pression sur Paris.

 

Un faux huissier - «Antoine Houphouët-Boigny» -, assisté de plusieurs autres membres déguisés de l'association, entre alors en scène. Un autocollant «Bien mal acquis» est apposé sur la porte, des bandes à rayures jaunes et noires empêchent l’accès au bâtiment. Une pancarte «Omar Bongo, dictateur durable» est agitée.

 

Le militant écologiste gabonais Marc Ona reçoit son «titre de propriété». Il n’a pas vraiment le cœur à rire. «Le niveau de vie baisse au Gabon, les produits de première nécessité manquent. Il y a une rupture entre la population et le pouvoir. Il y a un vrai problème de redistribution de la richesse. Il faudrait que la France pèse de tout son poids pour organiser un dialogue franc avec les autorités. Mais quand on voit qu’un ministre français se fait dégommer par Omar Bongo, ça ne rend pas très confiant.»

 

«Total-Bolloré-Bongo: la Sainte-Trinité gouverne au Gabon»

 

Odile Biyidi suit la pièce de théâtre de rue de la Cellule Françafrique de l’autre côté de la rue. Elle est présidente de l’association Survie et ne fonde aucun espoir dans la visite de Joyandet au Gabon. «On nous a parlé de rupture, mais tout le discours de Monsieur Joyandet c’est de dire qu’il aime l’Afrique! On se croirait revenu deux siècles en arrière. Et quand on regarde son agenda, on s’aperçoit qu’il a reçu hier, comme des politiques, Christophe de Margerie, le patron de Total, et Michel Roussin, vice-président de Bolloré. Eux deux et Bongo, c’est la Sainte-Trinité qui gouverne au Gabon.»

 

Dans l’immeuble en travaux, on repère du mouvement. Mais ce ne sont que les ouvriers qui y travaillent. Une militante assure pourtant qu’elle a vu une personne qui se cachait derrière un rideau pour prendre des photos. Elle en rit. Un autre membre du collectif, plus sombre : «Cela va remonter en haut lieu, ça.»

 

 

 

10 avril 2008 - Des militants français et gabonais ont symboliquement posé jeudi des scellés sur un hôtel particulier présenté comme appartenant à la famille du président Omar Bongo à Paris, pour protester contre la prochaine visite au Gabon du secrétaire d'Etat à la Coopération. Une pancarte "Bien mal acquis" a été scotchée sur l'imposante porte de l'hôtel particulier, dans le très chic 8ème arrondissement, et des rubans d'adhésifs appliqués pour en bloquer l'entrée.

Selon l'association, cet hôtel particulier fait partie des nombreuses résidences que la famille Bongo possède en France et au sujet desquelles une enquête de police avait été ouverte après une plainte d'associations.

Des ONG affirmaient que ces biens avaient été acquis avec de l'argent public détourné. Ce dossier a été classé sans suite.

Depuis, les médias n’ont pas relâché la pression sur le président du Gabon. Le quotidien français Le Monde, puis la chaîne publique France 2 ont consacré des reportages aux biens immobiliers supposés appartenir à Omar Bongo Ondimba.

Les ONG et les médias concentrent leurs critiques sur le Gabon faisant mine d’ignorer que de nombreux chefs d’Etat africains ou arabes sont les heureux propriétaires d’hôtels particuliers, de villas et d’appartements en France, mais aussi aux Etats-Unis. Et il n’y a pas que l’immobilier. Participation dans de nombreuses sociétés commerciales et industrielles, trusts, ou fondations ont été créés depuis de nombreuses années par des présidents d’Afrique centrale ou des émirs du Golfe.

Cet intérêt pour Omar Bongo Ondimba procède d'une fascination de ses amis mais aussi de ses adversaires. Il est en quelque sorte victime de son succès et demeure  toujours un bon client pour les journaux ou les télévisions. Bien plus vendeur que l'austère Sassou Nguesso du Congo ou l'excentrique Obiang Nguema de Guinée Equatoriale.


 

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 22:16

 

 

 

LIBREVILLE (AFP) - jeudi 10 avril 2008 - 19h28 - Le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant et le secrétaire d'Etat français à la Coopération Alain Joyandet, dont c'était le premier déplacement à l'étranger, ont effectué jeudi une visite express à Libreville pour aplanir les différends après une crise diplomatique.

 

"Quelques nuages ont traversé le ciel de nos relations. Ils sont derrière nous. C'est ce que nous pouvons dire aujourd'hui après un temps passé avec le président de la République du Gabon (Omar Bongo Ondimba). Les relations sont au beau fixe", a affirmé M. Joyandet.

 

Le nouveau secrétaire d'Etat a remplacé le 18 mars Jean-Marie Bockel qui voulait signer "l'acte de décès de la Françafrique" et dont les autorités gabonaises avaient salué l'éviction.

Les deux hommes sont arrivés à Libreville peu avant midi (11H00 GMT). Le président Bongo s'est d'abord entretenu en tête à tête avec le secrétaire général de l'Elysée avant d'accueillir la délégation française dans son ensemble avec le secrétaire d'Etat.

 

"Je dirais les choses très clairement, il y a eu (...) quelques incompréhensions entre la France et le Gabon", a souligné M. Guéant. "Il y a eu quelques crispations (...), le président Sarkozy s'en est expliqué par téléphone avec le président Bongo. Et il a tenu à ce que le nouveau secrétaire d'Etat à la Coopération et son secrétaire général viennent à Libreville pour dire au président et au peuple gabonais l'estime, la gratitude (...) le reconnaissance" de la France.

 

Les deux hommes, qui ont affirmé que les échanges avec le président Bongo avaient été "chaleureux", ont précisé que la remise à plat de la présence militaire française en Afrique, annoncée fin février au Cap par le président Nicolas Sarkozy, n'avait pas été évoquée. La France dispose d'une base militaire au Gabon.

 

Les relations entre Paris et Libreville s'étaient tendues après la reconduite aux frontières françaises en février de deux étudiants gabonais, et de la diffusion par une télévision française d'un reportage sur le luxueux patrimoine immobilier en France du président Bongo, doyen des chefs d'Etats avec plus de 40 ans au pouvoir.

 

Claude Guéant a souligné, "hasard du calendrier", que l'Assemblée nationale française a donné jeudi son vert à la ratification par Paris d'un accord France-Gabon sur "la gestion concertée des flux migratoires et le codéveloppement". Libreville avait demandé à plusieurs reprises à Paris d'appliquer cet accord signé en juillet 2007. Le Gabon s'était également senti visé par le discours, en janvier, de Jean-Marie Bockel promettant la fin de la "Françafrique".

 

Des sources française et gabonaise avaient indiqué à l'AFP que Libreville avait oeuvré au départ de M. Bockel, nommé secrétaire d'Etat à la Défense et aux Anciens combattants.

Interrogé sur la "Françafrique", Claude Guéant a notamment affirmé: "Il faut s'entendre sur le terme de Françafrique. Si la Françafrique c'est une relation post-coloniale, elle est derrière nous. Si la Françafrique, c'est la recherche par les partenaires d'une amitié, solide, réelle dans le respect des peuples et des souverainetés, oui c'est une Françafrique qui a de l'avenir. C'est celle que nous souhaitons de part et d'autre".

 

 

 

Afrique: Françafrique - Joyandet est allé faire allégeance à Bongo

 

"L'un des premiers freins au développement, c'est la mauvaise gouvernance, le gaspillage des fonds publics, l'incurie de structures administratives défaillantes, la prédation de certains dirigeants, la Françafrique est moribonde. Je veux signer son acte de décès". Paroles martelées le 15 janvier 2008 par Jean-Marie Bockel, alors secrétaire d'Etat à la Coopération de France. Et ce n'était pas tout : plusieurs semaines après, 2 étudiants gabonais étaient expulsés, et, surtout, France 2, l'une des chaînes publiques, diffusait une élément sur les biens immobiliers d'Omar Bongo Ondimba, un documentaire repris du reste par TV5.

De même, Denis Sassou N'Guesso ne sera pas épargné, puisque lui aussi aura droit à la médiatisation de son patrimoine immobilier en Hexagone. Ce furent le discours et l'acte de trop de l'occupant du 20, rue Monsieur, qui perdit son portefeuille à la faveur du léger remaniement survenu aux lendemains des municipales et des cantonales.

Dans l'immédiat, on a minimisé l'événement, en arguant qu'il n'y a pas de cause à effet entre la position de Bockel sur la Françafrique et ce décagnotage. L'infortuné transfuge du PS lâchera même : "Je me sens bien chez les anciens combattants", puisqu'il seconde désormais Hervé Morin, ministre de la Défense.

N'empêche avec le recul et les langues qui se sont déliées par la suite, il est pratiquement établi que ce sont les Bongo et Cie qui ont demandé et obtenu la tête du "traître" du PS. Non seulement "cette rétrogradation", Bockel l'a apprise par surprise au téléphone, de Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, son patron d'alors, mais aussi, il était "furax" qu'on l'amène chez les anciens combattants.

Exit donc ce pourfendeur des tenants du pouvoir dans le "pré carré français", qui a "cogné sa tête à plus fort que lui", car même son patron de président, Nicolas Sarkozy, hésite beaucoup à "manquer de respect à un Bongo".

Bockel "puni", il fallait bien recoller les morceaux, d'où cette tournée, sa première depuis sa prise de fonction, d'Alain Joyandet, son remplaçant. Ainsi, le nouveau secrétaire d'Etat à la Coopération se rendra au Gabon, au Sénégal et au Togo pour "construire des relations bilatérales dans la discrétion", selon ses propres termes.

Hier jeudi 10 avril 2008 donc, c'est un Joyandet très à l'aise qui a été reçu au palais du bord de mer par Omar Bongo Ondimba. Rideau sur toutes les incompréhensions de ces derniers mois. Voici venus encore des jours prometteurs pour les relations franco-gabonaises.

En effet, depuis près de quatre décennies, Papa Bongo a toujours eu des rapports assez corrects avec la France, marqués quelquefois par des couacs, mais toujours préservés de certains desiderata. Normal, celui qui a succédé à Léon M'Ba a été, de tout le temps, "copain-copain" avec les différents dirigeants français.

Les langues fendues au mauvais endroit soutiennent que l'homme qui est à la tête du Gabon depuis 40 ans a toujours mis la main à la poche pour soutenir certaines campagnes électorales françaises. Vrai ou faux ? Ce qui est sûr, c'est qu'Ondimba est traité avec beaucoup d'égard du côté de la Seine. Du temps de Chirac, disait-on, quand Bongo voulait déjeuner avec l'homme de la Corrèze, il l'appelait le matin, et à midi, ils partageraient le repas à Paris.

Vraisemblablement, ce n'est donc ni plus ni moins qu'une forme d'allégeance que Joyandet est allé faire au chef de l'Etat gabonais. Depuis son accession à la magistrature suprême, Nicolas Sarkozy a toujours prôné une politique de rupture, qui sera sa boussole lors de son mandat à l'Elysée : cela a concerné d'abord l'épineuse question de l'Immigration avec la création du département chargé de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Co-développement, confié au fidèle et ami de longue date Brice Hortefeux.

Les aspects de cette rupture dans ce volet ayant pour noms test ADN, 25 000 reconduites/an à la frontière... Suivront le discours de Dakar au Sénégal, dans lequel Sarkozy revisitera Hegel pour dénier aux Africains toute histoire et surtout toute vocation à avancer... et celui du cap le 28 février 2008, au cours duquel le locataire du château a déclaré :

"La France n'a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique". Dans ces bouts de phrase, tout est dit sur la rupture que Sarkozy veut opérer en matière d'accords de défense liant son pays aux Etats africains.

Il s'agit bel et bien d'une rupture, car tout semble indiquer qu'il veut mettre fin à ce parapluie censé protéger des pays du continent noir, ou plutôt veiller sur certains de leurs dictateurs. Un premier démenti à cette politique de rupture a été illustré par le cas tchadien, où après moults tergiversations, la France a bien pris part à la bataille de début février 2008 entre Idriss Déby et les rebelles de Mahamat Nouri et Cie, notamment en fournissant des renseignements sur les déplacements des rebelles.

En envoyant l'émissaire Alain Joyandet à Libreville, Nicolas Sarkozy semble signifier que sa politique de rupture comporte quelques exceptions, dont la Françafrique. C'est pour ne l'avoir pas compris que Bockel a payé cash ses sorties musclées contre les "vieux amis" de la France.

Une façon pour lui de dire à la galaxie sarkozie "attention, la rupture a des zones rouges, et qui s'y frotte s'y pique", en même temps de signifier aux Bongo, Sassou et Biya : "Ne vous fâchez pas, l'incident est clos". Qui est fou ?

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 18:34





APA – Dakar 10-04-2008 (Sénégal) L’abandon, en 2003, de la chloroquine comme traitement préventif et curatif du paludisme, encore impensable au début des années 1990, a eu une incidence positive sur la lutte contre le paludisme au Sénégal, selon un chercheur de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) basé à Dakar.

 

«Quatre années après l’abandon de la molécule, la prévalence du paludisme a accusé un repli conséquent dans les villes », a confié à APA le Dr Jean François Trape, directeur de recherche à l’IRD.

 

La prévalence du paludisme est tombée autour de 2% dans les zones urbaines et touche essentiellement les enfants âgés de 0 à 6 ans, a indiqué le chercheur français, lors d’une conférence animée au Centre culturel français dans la capitale sénégalaise.

 

Dakar n’affiche plus le même taux de mortalité, en dépit du ratio encore important des consultations pour accès palustre (un tiers des consultations est à mettre sur le compte du paludisme), a-t-il poursuivi.

 

L’inflexion du paludisme meurtrier chez les adultes, après un seuil de résistance culminant sur l’ensemble du pays en 1993, découle, d’une part, de l’abandon de la prophylaxie et traitement avec la chloroquine et, l’association de nouveaux médicaments en 2004, d’autre part, a expliqué le Dr Trape.

 

«La chloroquine (Nivaquine), qui a été un médicament de base en Afrique depuis 1950 pour le traitement et la prophylaxie du paludisme, a connu des premiers cas de résistance du parasite en 1978 en Afrique de l’Est», a-t-il dit.

 

«Des poches de résistance seront enregistrées en 1988 à Dakar avant que l’ensemble du pays ne devienne résistant entre 1990 et 1993 », a-t-il ajouté.

«On est passé de zéro cas de résistance en 1987 à Dakar à 51% en 1990», a poursuivi le directeur de recherche de l’IRD.

 

A l’intérieur du pays, le rapport de résistance était de zéro en 1989 et 48% en 1991. Au regard des chiffres, la résistance a été explosive, c’est clair », a-t-il martelé.

Ces chiffres, livrés par trois observatoires, ont précipité l’abandon de la chloroquine au Sénégal en 2003. L’efficacité des nouveaux médicaments ayant été prouvée cette année-là, le Sénégal a officiellement abandonné la chloroquine et sollicité en 2004 le financement des nouveaux médicaments.

 

En 2006, le gouvernement du Sénégal a officiellement opté pour le déploiement général des combinaisons à base d’une molécule d’origine chinoise (artésunate) et l’amodiaquine (camoquin). Cette même année, trois millions de traitements associant l’artésunate et l’amodiaquine furent réceptionnés au port de Dakar.

 

En mai 2006, les nouveaux médicaments furent mis en place dans les 51 districts sanitaires du pays à des coûts accessibles allant de 600 à 300 FCFA pour les traitements adultes et enfants.

médicales.

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Sciences
10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 18:25

 

APA Libreville10-04-2008 (Gabon) La 1ère réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres du «groupe de contact» sur la crise tchado-soudanaise, s’est ouverte jeudi à Libreville, pour débattre notamment des derniers développements survenus à la frontière entre le Tchad et le Soudan, depuis la signature de l’accord de paix du 13 mars dernier à Dakar.

 

Cet accord, le 5ème du genre, conclu par le Soudan et le Tchad, deux pays voisins qui s’accusent mutuellement de déstabilisation, a déjà été violé mardi dernier, le Soudan ayant accusé le Tchad d’avoir bombardé un village dans la région du Darfour.

 

Pendant que le groupe de contact essaie de situer les responsabilités dans cette affaire, les observateurs dans la capitale gabonaise estiment que l’accord signé en marge du 11ème sommet de l’organisation de la conférence islamique (OCI) tenu dans la capitale sénégalaise, sous les auspices du président sénégalais Abdoulaye Wade, ne changera pas grand-chose à la situation à la frontière tchado-soudanaise et qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’un accord de plus dans un conflit à multiples ramifications.

 

«Nous signerons autant d’accords qu’il faudra, quel qu’en soit le nombre», a déclaré le ministre sénégalais des affaires étrangères Cheick Tidiane Gadio, comme pour souligner la détermination du «groupe de contact» à aller jusqu’au bout de la logique ayant conduit à sa création.

 

«Il n y a pas d’accords de trop, nous continuerons toujours à le faire jusqu’à la résolution de ce conflit», a ajouté le chef de la diplomatie sénégalaise, à l’ouverture de la réunion de Libreville, soulignant que «les membres du groupe de contact sont prêts à aider le Soudan et le Tchad à mettre un terme au conflit qui les déchire mais, tout dépend de la volonté des dirigeants des deux pays».

 

La Libye par le biais de son ministre des Affaires étrangères, Abderrahmane Chalgam, a déjà annoncé, jeudi, une contribution deux millions de dollars à l’opération de supervision des patrouilles mixtes à la frontière tchado-soudanaise.

«Si vous êtes décidés à aller vers la paix, nous sommes entièrement prêts à vous soutenir dans la résolution de ce conflit», a lancé à cette occasion le chef de la diplomatie libyenne à l’endroit des belligérants.

 

Le ministre congolais des Affaires étrangères et de la francophonie, Basile Ikouebe, a expliqué, pour sa part, qu’il ne s’agit pas de créer un nouveau mécanisme, mais de faire appliquer les précédents accords.

«Tous les outils nécessaires existent, mais il faut une volonté politique des deux pays», a-t-il souligné.

 

Mis sur pied le 13 mars dernier à Dakar, le groupe de contact, qui regroupe la Libye, le Congo, le Sénégal, l’Erythrée, le Gabon, le Tchad et le Soudan, a reçu pour mission de suivre l’application de l’accord de paix signé dans la capitale sénégalaise par les présidents tchadien et soudanais Idriss Deby Itno et Omar Hassan El Béchir.

 

Les secrétaires généraux de la Communauté des Etats sahalo-sahariens (CEN-SAD), de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) ainsi que des représentants des Etats-Unis, de la France, de l’ONU, de l’Union européenne (UE) et de l’Union africaine (UA) prennent part à cette première réunion du groupe de contact à Libreville. Tout comme des représentants de l’Union africaine (UA) et de l’Union européenne (UE).

.
Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 18:18

 

 

APA-Yaoundé 10-04-2008 (Cameroun) L’Assemblée nationale du Cameroun a adopté, jeudi, le projet de loi gouvernemental portant révision de la Constitution avec en point d’orgue la levée de la limitation des mandats présidentiels, a constaté APA sur place.

 

Le vote (157 pour et 4 contre) était initialement annoncé pour vendredi prochain. Il est intervenu au terme de deux heures de discussions générales, en l’absence des 22 députés du Front social démocratique (SDF, opposition) qui ont bruyamment vidé la salle.

Le texte ne pouvait pas connaître un autre sort, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) disposant d’une majorité écrasante à l’hémicycle avec 116 sièges sur 180.

 

Avec la nouvelle donne, le chef de l’Etat du Cameroun sera désormais élu pour un mandat de 7 ans, et rééligible autant de fois qu’il le souhaite.

Pour le président Paul Biya, au pouvoir depuis novembre 1982 et qui a souhaité cette modification, la limitation des mandats à la magistrature suprême «s’accorde mal avec l’idée même de choix démocratique».

 

L’autre innovation de la Constitution révisée est l’immunité accordée au chef de l’Etat, dont les actes accomplis pendant qu’il est aux affaires «ne sauraient engager sa responsabilité à l’issue de son mandat».



Le parlement autorise un nouveau mandat de Paul Biya au Cameroun

 

L'Assemblée nationale camerounaise a adopté jeudi un projet de loi constitutionnelle qui supprime la limitation du nombre de mandats présidentiels consécutifs et ouvre la voie à un maintien au pouvoir du président Paul Biya après 2011.

Les députés d'opposition, considérant le projet comme un recul de la démocratie, ont quitté l'enceinte du parlement en signe de protestation.

 

Le parti du président, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) contrôle 153 des 180 sièges de l'Assemblée et le vote était attendu comme une formalité.

Le RDPC a supervisé en 1996 la rédaction d'une nouvelle Constitution limitant le nombre de mandats présidentiels à deux septennats consécutifs.

 

Le deuxième septennat de Paul Biya, qui est âgé de 75 ans, expire en 2011, mais le chef de l'Etat a clairement affiché ces derniers mois sa volonté de rester au pouvoir après cette date.

Ce maintien au pouvoir a été l'une des causes de plusieurs jours d'émeutes qui ont fait une centaine de morts en février. __._,_.___

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 16:30

 

 

     ***

 

Depuis la révélation au grand jour en 2005 de l’existence de plusieurs mouvements de rébellion armée en Centrafrique, niée d’abord par le gouvernement qui, sous la pression des faits a dû se résoudre à la reconnaître, l’opinion a toujours rejeté l’option militaire voulue par le pouvoir comme moyen de règlement du conflit.

 


     Me Goungaye Wanfiyo Nganatouwa

Sans être un soutien, cette mansuétude de l’opinion à l’égard de la rébellion qui n’est pas constituée que d’enfants de coeur, s’explique par une certaine conscience de la responsabilité des pouvoirs publics dans le conflit.

 

En effet, le régime actuel est lui-même issu d’une rébellion armée, soutenue par l’armée tchadienne. Il s’identifie d’ailleurs comme tel et ne s’encombre pas de légalisme puisqu’il célèbre chaque année avec  faste et solennité l’anniversaire du coup de force. Sa sécurité est assurée non pas par des forces de sécurité régulière centrafricaine mais par des mercenaires dont des sud-africains.

 

Le coup d’état du 15 mars 2003 aux effets ravageurs pour les Centrafricains mais que certains s’évertuent encore à qualifier de « sursaut patriotique » a été justifié par ses auteurs  par le refus du dialogue et la mauvaise gestion du régime précédent.

 

Malgré sa légitimation par les urnes, ce régime reproduit exactement voire en pire ce qu’il reprochait au précédent. Il se montre raide au dialogue et mène une politique basée sur l’exclusion, le clientélisme, la gestion patrimoniale du  bien public, les violations massives et systématiques des droits de l’homme, l’impunité garantie aux criminels, la force et la violence c’est-à-dire tout ce qui est aux antipodes de la démocratie et de l’état de droit.

 

La conséquence c’est qu’outre la détérioration de leurs conditions de vie, les Centrafricains sont soumis à une insécurité permanente et totale qui n’a d’égal que le Far West du fait de la déliquescence de l’Etat. Ce pouvoir  a fait la preuve de son incapacité à engager des réformes sérieuses pour répondre aux aspirations des Centrafricains au plan économique et social et surtout à lutter contre la pauvreté et contre l’insécurité générée en partie par lui-même.

 

Pour certains, cela constitue un motif sérieux  pour le contester avec les mêmes moyens c’est-à-dire par la violence.

 

Or le maître mot du Dialogue National de 2003 était que désormais en Centrafrique, tous les conflits doivent se régler par le dialogue. Cette idée a été institutionnalisée dans  la Constitution du 27 décembre 2005 par la création d’un Conseil National de la Médiation.

 

Devant des protagonistes qui se trouvent face à face avec la volonté d’en découdre et les graves conséquences qui peuvent résulter de cet affrontement pour la population civile, il n’y a pas d’autre alternative que le dialogue même si certains pensent que c’en est un de trop.

 

Cette énième  rencontre sera utile pour la République Centrafricaine si elle est menée de bonne foi avec la volonté de traiter les problèmes de fond pour sortir définitivement le pays de la crise politique, économique, sécuritaire et humanitaire dans laquelle il est profondément plongé.

 

Pour ce faire, tous les protagonistes des crises doivent participer sans aucune exclusion. Or on continue dans le discours officiel d’affirmer que l’ancien président Monsieur Ange Félix PATASSE et son ancien Ministre de la Défense, Monsieur Jean jacques DEMAFOUTH qui sont des acteurs majeurs de la crise centrafricaine peuvent rentrer à BANGUI mais si la justice décide de les poursuivre, personne n ‘y pourra rien. En clair, on agite des menaces de poursuite judiciaire pour les dissuader de participer à ce forum.

 

 En outre, le cadre de ce dialogue tel qu’il est déjà dressé risque de le plomber et de le transformer en une simple répétition du précédent c’est-à-dire qu’il ne débouchera sur rien qui puisse permettre au pays de sortir de l’ornière à part la constitution d’un gouvernement d’union nationale pour la distribution des postes qu’espèrent certains comme le pense l’homme de la rue.

 

En effet les premières conclusions du Comité préparatoire du dialogue inclusif renforcent la crainte des sceptiques, à savoir le verrouillage en amont du processus avec la caution de la communauté internationale pour donner un second souffle à un régime en totale perte de vitesse, mais soutenu à bout de bras par ses parrains extérieurs.

 

Que peut-on attendre d’une tribune dont il est annoncé par avance qu’elle devra se tenir à BANGUI mais ne devra pas aborder certaines questions notamment celle de la légitimité du pouvoir et celle des élections de 2005 sachant parfaitement que c’est justement ces élections et le contentieux qu’elles ont engendré qui sont aussi à l’origine de la crise actuelle?

 

Le choix de BANGUI comme lieu du dialogue n’est pas anodin. Il s’agit de placer ce dialogue sous l’égide du pouvoir alors que celui-ci n’est que l’une des parties prenantes.

 

Bien entendu, le problème de sécurité se posera pour certains participants. Il sera rétorqué que des garanties seront données par la communauté internationale. Pourtant, c’est sous le contrôle impuissant du Bureau des Nations Unies en Centrafrique « BONUCA » que Claude SANZE avait été sauvagement et sommairement exécuté le 3 Janvier 2006. Aucune enquête n’a toujours été ordonnée à ce jour sur ce crime d’Etat.

 

L’expérience du Dialogue National de 2003 a montré que le pouvoir sait utiliser des moyens de pression pour s’assurer le contrôle et l’orientation des débats. Par conséquent la sérénité et la liberté indispensables à un débat contradictoire ne seront pas de mise si le dialogue ne se tient pas sur un terrain neutre.

 

Certains brandissent le coût qu’engendrerait un déplacement hors du territoire national  mais ce n’est là qu’un argument de commodité qui masque mal la volonté d’imposer ce dialogue à BANGUI pour donner de l’ascendant au pouvoir.

 

Sans vouloir polémiquer, si l’Etat trouve des moyens pour rétribuer des mercenaires qui coûtent très chers, il peut au moins assurer des dépenses pour la recherche de la paix  et donc de sa survie. Comme l’a si bien dit une personnalité religieuse centrafricaine, la communauté internationale préfère-t-elle supporter à un coût plus élevé les conséquences d’une crise sécuritaire par le financement de la FOMUC, d’une force  multi- dimensionnelle Nations Unies /Union Européenne ou d’autres organes de sécurité plutôt que de dépenser pour un dialogue et donc pour la paix , ce qui éviterait de plus grandes dépenses dans le futur?

 

Quoiqu’il en soit, si les Centrafricains veulent réellement régler leur problème sans la tutelle financière extérieure, pourquoi les entités qui comptent participer au dialogue n’envisageraient-elles pas de prendre en charge leurs propres frais pour couper court aux allégations de la course aux «  per diem »?

 

Il est annoncé que ce dialogue permettra de préparer les élections de 2010. Mais d’ores et déjà le pouvoir s’est employé  et ce depuis des mois, à se donner les moyens financiers et militaires de son maintien par un passage en force en 2010 voire au-delà puisqu’il a envisagé, conformément à la nouvelle ingéniosité en cours en Afrique, la révision de la Constitution pour modifier la limitation de la durée du mandat présidentiel.

 

Sur ce point, des garanties sérieuses doivent être trouvées pour que les élections de 2010 se déroulent sans entraves pour tous les candidats et dans la transparence totale comme en 1993.

 

La communauté internationale qui s’est mobilisée pour aider à résoudre la crise centrafricaine se rendrait paradoxalement complice d’un désastre en cas de résurgence d’une nouvelle crise si par sa caution, elle accepte un dialogue biaisé à moins qu’elle ne le fasse en toute connaissance de cause, par cynisme ou pour préserver des intérêts géopolitiques et géostratégiques.

 

Il va sans dire que le succès serait assuré si parallèlement à ce dialogue, la justice s’exerce normalement et pleinement car il ne peut y avoir de paix sans la justice.

 

Les victimes des crimes commis en Centrafrique depuis de nombreuses années ne doivent pas avoir le sentiment que la paix est conclue à leur détriment sans quoi cela peut créer chez elles des frustrations et l’idée de vengeance, source de nouveaux conflits.

 

Il est non seulement indispensable mais impératif de combattre l’impunité. C’est pourquoi tout en acceptant l’idée d’un dialogue pour une réconciliation des Centrafricains, la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme avec la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme et l’Organisation  pour la Compassion et le Développement des Familles en Détresse « OCODEFAD » a activement milité pour que la justice internationale se saisisse de la situation en Centrafrique.

 

L’ouverture le 22 mai 2007 par  Monsieur Luis Moreno Ocampo, Procureur de la Cour Pénale Internationale d’une enquête sur la situation en Centrafrique contribuera à l’instauration d’une paix durable si la justice est impartiale et équitable et comprise de toutes les parties prenantes.

 

Le processus du dialogue doit nécessairement conduire à des mesures d’apaisement par une amnistie générale tout en prenant en compte le fait que le pays est sous enquête de la Cour Pénale Internationale

 

Ces mesures d’apaisement doivent intervenir sous deux conditions. La première c’est qu’elles ne viseront exclusivement les crimes de droit commun. Mais il faudra mettre en place un système d’indemnisation des victimes des faits amnistiés. Dans le passé, une structure avait été créée pour les victimes des mutineries et une autre pour celles des affrontements de 2002 et plus particulièrement les victimes des viols mais les dysfonctionnements de ces structures ont été préjudiciables aux victimes. Il faut veiller à ne pas reproduire les mêmes erreurs.

 

 

En second lieu, il faut rappeler que  les crimes internationaux relevant de la compétence de la Cour pénale Internationale ne pourraient faire l’objet d’une amnistie. En application des dispositions des articles 27, 29 du Statut de Rome, aucune amnistie, aucune prescription, aucune immunité  et aucune qualité officielle n’est opposable à la Cour Pénale Internationale.

 

Le lettre de Monsieur Luis Moreno Ocampo adressée au Comité préparatoire du dialogue inclusif en de termes diplomatiques n’en reste pas moins explicite et ferme à ce sujet.

 

L’Etat considère que du fait que le renvoi a été fait par lui-même, les dirigeants politiques sur qui pèsent des présomptions de responsabilité d’avoir commis des crimes internationaux relevant de la compétence de la Cour ne seraient pas concernés par l’enquête d’où la ridicule et vaine tentative du gouvernement de vouloir faire inscrire dans les accords bilatéraux avec la Cour Pénale Internationale une clause limitant le champ d’investigation à la période de 2002.

 

Il n’est rien demandé d’autre à la justice internationale que d’être sélective c’est-à-dire partiale ce qui amplifierait l’impunité en Centrafrique et dénaturerait totalement le statut de Rome.

 

Le Procureur de la Cour Pénale ne doit pas se limiter aux déclarations selon lesquelles il porte une attention particulière aux graves crimes commis depuis 2005 dans le nord-est et nord-ouest du pays mais devra effectivement mener des investigations sur les faits allégués pour ne pas faire l’objet de suspicion de partialité.

 

De même, en ce qui concerne la période de 2002-2003,  l’enquête devra bien entendu porter sur les faits imputables aux forces gouvernementales de l’époque et leurs alliés,  les « Banyamulengue » appartenant au Mouvement de Libération du Congo de Jean Pierre BEMBA mais aussi sur les faits commis par les rebelles de 2002 et leurs alliés, « zaghawa » du Tchad.

 

C’est à ce prix seulement que la prévention des conflits qui est l’un des objectifs de la Cour Pénale Internationale peut prendre tout son sens et ouvrira des nouveaux horizons pour une paix durable en Centrafrique.

 

                                                           Paris le 10 Avril 2008,

 

                                                          Me Nganatouwa GOUNGYE WANFIYO

                                                          Avocat.

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Politique
10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 16:04

 

PARIS 0 avril 08 – AP - Les députés ont ratifié jeudi l'accord entre la France et le Gabon relatif à la gestion concertée des flux migratoires et au co-développement.

Cet accord signé le 5 juillet 2007 est le premier du genre ratifié par l'Assemblée nationale. Trois accords similaires, toujours pas ratifiés, ont été négociés avec le Bénin, le Congo-Brazzaville et le Sénégal.

 

Ces accords concrétisent la "nouvelle politique" de l'immigration "choisie" voulue par Nicolas Sarkozy, et mise en oeuvre par son ministre Brice Hortefeux.

L'accord ratifié par les députés permet, sous certaines conditions, aux étudiants gabonais formés en France d'y rester pour une première expérience professionnelle. Il prévoit en contrepartie une "coopération renforcée" entre les deux pays dans la lutte contre l'immigration clandestine. La France et le Gabon s'engagent à réadmettre sur leur territoire leurs ressortissants en situation irrégulière dans l'autre pays, ainsi que ceux des pays tiers.

La gauche s'est abstenue sur un texte porteur d'une "approche utilitariste, sécuritaire et discriminatoire", selon Jean-Pierre Brard (apparenté PCF).

 

Serge Blisko (PS) a estimé que cet accord n'était ratifié qu'en raison de la grande proximité entre le gouvernement français et le président gabonais Omar Bongo, pilier historique de la "Françafrique". Selon le député socialiste, seulement "5.000 à 6.000" Gabonais vivent en France, dont "200 en situation irrégulière". "Il s'agit pour l'essentiel d'enfants de dignitaires, les seuls qui peuvent venir en France à cause du prix du billet d'avion", a noté M. Blisko.

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 15:03




 Action de la « Cellule Françafrique » devant un bien mal acquis du dictateur gabonais – ce jeudi 10 avril 12h30

 

Rendez-vous ce jeudi 10 avril à 12h30


4 rue de la Baume 75008 Paris

 

 Ce jeudi, pour sa première visite en Afrique, le nouveau secrétaire d’Etat à la coopération Alain Joyandet part à Libreville présenter ses hommages au président gabonais Omar Bongo. Jusqu’où la France cèdera-t-elle devant le doyen des dictateurs africains ?

 

 Rappel : déjà, N. Sarkozy avait dû commencer ses réceptions officielles à l’Elysée par Bongo (26 mai 2007). Avant de choisir le Gabon pour clore son premier voyage officiel en Afrique, ventant au passage les mérites de la « démocratie gabonaise » ! (27 juillet 2007). Puis le gouvernement s’est retrouvé à ordonner le classement sans suite d’une enquête contre le patrimoine immobilier de Bongo à Paris, alors que l’enquête préliminaire de la police a mis en lumière un patrimoine colossal financé de façon plus que douteuse (novembre 2007). Dernier épisode en date et non des moindres, Omar Bongo a eu la peau d’un ministre français (JM Bockel) qui ne lui plaisait pas, trop regardant sur la gestion des revenus pétroliers en Afrique. Et voilà que le successeur de Bockel va faire des courbettes devant le potentat gabonais, comme pour le remercier ! [Retrouvez toutes ces infos sur www.cellulefrancafrique.org]

 

 La grande majorité de la population française refuse le soutien aveugle de la France à Omar Bongo et aux dictateurs africains. C’est pourquoi les huissiers de la « Cellule Françafrique » vous invitent à la saisie symbolique d’un hôtel particulier de la famille Bongo acquis en juin 2007 pour la coquette somme de 18 millions d’euros…

 

 

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE