Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 02:25

 

 

 

Bozizé KNK ridicule

 

 

Bangui, 18 avril 2011 (C.A.P) – C’est tard dans la soirée de ce dimanche que d’après les termes d’un décret présidentiel lu sur les antennes de la radio Centrafrique que Bozizé a reconduit le Premier Ministre sortant  Faustin Archange Touadéra qui lui avait remis la démission de son gouvernement au lendemain de son investiture le 15 mars dernier.

Le moins qu’on puisse dire est que cette reconduction du même individu plus d’un mois après l’investiture de Bozizé est la preuve que celui-ci a dû incontestablement éprouver toutes les pires difficultés du monde pour désigner un Premier Ministre autre que l’ineffable et inexistant Touadéra. Il est vrai que pluieurs personnalités contactées par Bozizé pour cette fonction se sont tout simplement débinées.

Plusieurs noms de personnalités avaient en effet été égrenés pendant ce mois d’attente où toutes les spéculations et divers pronostics étaient avancés mais plus Bozizé tardait à se décider, plus le choix de reconduire Touadéra s’imposait à lui comme seule possibilité pouvant lui permettre d’échapper aux pressions de son directeur de campagne électorale et non moins ministre d’Etat chargé des mines, le sulfureux et corrompu Sylvain Ndoutingaï  qui rêvait d’être nommé PM mais dont la longévité et la seule présence au gouvernement sont devenues  sources de difficultés pour Bozizé.

Beaucoup de parrains et soutiens de Bozizé dont certains chefs d’Etat de la sous-région et même Paris, n’ont pas hésité à lui conseiller depuis fort longtemps d’écarter Ndoutingaï de son entourage en raison de nombreuses casseroles qu’il traîne aux pieds et surtout sa gestion du dossier uranium de Bakouma avec AREVA mais Bozizé est têtu et très tiraillé entre garder à tout prix celui qui a fini par s’imposer à lui comme son grand argentier et le complice détenant plusieurs de ses secrets mais aussi celui qui ayant tissé ses réseaux et recruté ses propres miliciens, rêve de plus en plus de se voir un jour à la place du khalife.

De ce fait, Ndoutingai ne s’est pas attiré que de la sympathie dans le clan familial de Bozizé. C’est un secret de polichinelle qu’il est à couteau tiré avec le rejeton et non moins ministre délégué auprès de son père chargé de la défense, Francis Bozizé et sa génitrice de mère qui n’est autre que Mme Monique Bozizé dont le seul rêve est aussi de voir le plus rapidement possible Ndoutingaï être mis aux arrêts. On le voit, l’a confiance règne dans la bozizie.

Le choix opéré par Bozizé de reconduire Touadéra créera  inévitablement un fort sentiment de frustration chez Ndoutingaï dont nul ne peut présager de la réaction dans les prochains jours. S’étant énormément investi au KNK et dans la campagne électorale pour assurer toutes les victoires frauduleuses de ce parti et surtout celle de son candidat à la présidentielle dès le premier tour, sa déception n’en serait que compréhensible mais sans doute dure à avaler.

Quelle place lui réserve désormais Bozizé dans sa galaxie ? Demeurera-t-il au gouvernement et toujours au très convoité ministère des mines ou sera-t-il muté ailleurs ? On le saura dès la formation du troisième gouvernement de Touadéra dont il n’y a du reste rien à en attendre. Contraint de désigner un PM par défaut, c’est-à-dire faute de mieux, Bozizé envoie encore un très mauvais signal au pays cela signifie clairement qu’on va continuer à faire du sur place. Au sortir du DPI, au lieu de désigner un nouveau PM pour tenir compte des recommandations de cette assise nationale et faire avancer les choses, il avait déjà malheureusement choisi de reconduire Touadéra. Le voilà qui le reconduit pour la troisième fois dans les mêmes fonctions. Il en assumera les conséquences.

 

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Politique
18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 02:21

 

 

 

Bozizé KNK

 

 

Voici la teneur du pitoyable communiqué d’un véritable poltron que le ministre Emmanuel Bizot des Eaux et Forêts de Bozizé a cru devoir publier au sujet de sa brève et scandaleuse interpellation et mise en détention à la SRI par la garde présidentielle sous le commandement du tristement célèbre capitaine Eugène Ngaikoisset alias « le boucher de Paoua ». Soupçonné et accusé par les services de sécurité du pouvoir de stocker des armes en vue de faire un coup d’Etat, le ministre Bizot a vu son domicile de Bimbo fouiller en règle ainsi que son cabinet ministériel le lendemain.

C’est une fois son interpellation effectuée le dimanche 10 avril dernier et mis en détention à la SRI que les gros bras en informent Bozizé en personne lequel a ordonné que le ministre qui, soit dit en passant, est un beau-frère de ce dernier, soit remis en liberté et que l’enquête se poursuive néanmoins. La vérité est que l’interpellation du ministre Bizot ne peut s’expliquer que dans le cadre de la paranoïa ambiante et la phobie obsessionnelle de coup d’Etat qui a frappé Bozizé et qui le conduit à voir des coups d’Etat partout et dans tout ce qui bouge.

C’est une véritable pathologie psychiatrique qui nécessiterait des soins appropriés. En attendant qu’il en soit soigné, les Centrafricains vont hélas continuer à trinquer. Ce qui est totalement sidérant, c’est que son beau-frère, le ministre Bizot, au lieu de comprendre qu’il est en face d’un cas psychiatrique, croît se fendre d’un communiqué pour se défendre de vouloir faire un coup d’Etat tout en reconnaissant lui-même que les « mobiles » de son interpellation ne sont pas « élucidées ». Tout cela est pathétique et vraiment ridicule.

Rédaction C.AP

 

 

Communiqué de presse

Suite à la brève interpellation de M. Emmanuel Bizot, Ministre des Eaux, Forêts, Chasses et Pêche, la presse nationale a fait l’écho de préparatif d’un coup d’Etat dont il serait l’auteur. A ce sujet, le Ministre Emmanuel Bizot tient à faire la mise au point suivante.

A la suite de son interpellation le dimanche 10 avril 2011 pour des mobiles non élucidés, il a été libéré le soir même sur décision expresse de son Excellence M. le président de la République, Chef de l’Etat et l’enquête suit son cours pour le moment.

Le Ministre Emmanuel Bizot porte à la connaissance de l’opinion nationale qu’il n’a à aucun moment, eu l’idée d’organiser un coup d’Etat ou de préparer quoi que ce soit contre les Institutions Républicaines. A l’heure actuelle, le  Ministre Emmanuel Bizot n’est ni en détention préventive ni en résidence surveillée et jouit entièrement de sa liberté d’aller et venir.

Le Ministre Emmanuel Bizot assure actuellement l’évacuation des affaires courantes à l’instar des autres membres du gouvernement.

Le présent communiqué est destiné à l’opinion nationale et internationale ainsi qu’aux parents, amis et connaissances.

Fait à Bangui, le 13 avril 2011

Le Ministre des Eaux, Forêts, Chasses et Pêche

Le Ministre Emmanuel Bizot

 

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Politique
18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 00:25

 

 

MDREC logo

 

 

COMMUNIQUE N° 03/MDREC/2011

 

 

Depuis le putsch du  15 mars 2003 et fort du soutien ainsi que de la protection de l’armée française (dispositif Boali), des forces spéciales d’Idris DEBY constituées de ZAKAWA et GOURANE, de la FOMAC (forces de la CEMAC) ainsi que des rebelles venus d’Afrique du Sud, le Général président François BOZIZE s’imagine à la tête d’un empire ou d’un royaume. 

 

BOZIZE dépourvu de tout projet de société règne par la terreur (enlèvements, tortures, exécutions sommaires, villages brûlés) et ne cesse de briller par la médiocrité, le népotisme, la corruption ainsi que le pillage en règle des deniers publics.

 

Grâce aux multiples et innombrables soutiens financiers qu’il reçoit, aux énormes bonus extorqués aux entreprises minières et aux pressions fiscales,  le despote Général président François BOZIZE se croit invincible et investi d’un pouvoir divin.

 

Le gourou de la secte christianisme céleste François BOZIZE avec la complicité d’une certaine élite corrompue, mafieuse et des religieux véreux s’érige en maître incontesté du Centrafrique et s’arroge le droit de vie et de mort sur les Centrafricains.

 

Après avoir torturé le Colonel Charles MASSI et lui crever les deux yeux puis exécuter de sa propre main, le sanguinaire Général François BOZIZE a jeté son dévolu sur l’épouse de ce dernier qu’il a séquestré à sa descente d’avion et expulsé le jour même sur la France où elle mourut dans des circonstances encore non élucidées.

 

Pour effacer la trace de l’assassinat ignoble du Colonel Charles MASSI, le bourreau Général président François BOZIZE l’a fait déterrer pour le faire dissoudre dans de l’acide poussant ainsi sa cruauté à son paroxysme.

 

BOZIZE enrichira son tableau de chasse par l’assassinat masqué en accident de circulation à la veille du départ pour la CPI de Maitre NGANATOUA WANFIO GOUNGAYE, alors qu’il enquêtait sur les crimes de BOZIZE en décembre 2009. 

 

En juin 2010, le Bâtonnier MBALEMBI et NDENGOU, Patron de ADNM ont failli se faire dépecer par l’ogre de BENZAMBE qui s’en est pris à leurs onze employés et Madame MBALEMBI en  les séquestrant dans son antre à Bossembélé.

 

Le 19 octobre 2010, incapable de contenir son mépris, sa rage et sa haine envers le Démocrate Joseph BENDOUNGA, Président du M.D.R.E.C qui ne l’a pas ménagé en mettant à nu sa stratégie de fraude électorale en gestation, le dictateur François BOZIZE l’a livré à sa garde prétorienne qui a échoué dans l’exécution de leur plan macabre.

 

La mise à nu par l’opposition, la presse, la Francophonie, RFI, l’Union Européenne et les observateurs internationaux de sa gigantesque fraude électorale entérinée par Marcel MALONGA, Président de la cour constitutionnelle ; le Général président François BOZIZE s’est précipité pour valider son escroquerie électorale par sa prestation de serment, le 15 mars 2011 devant une foule de lycéens et collégiens débarqués par des bus de la SONATU pour remplir les gradins du stade BOGANDA.

 

Cette parodie de prestation de serment s’est transformée en déclaration de guerre à l’opposition. Cela s’est matérialisé par des interdictions de voyager et le refus d’évacuation sanitaire du Président Ange Félix PATASSE en Guinée Equatoriale.

 

En agissant ainsi, le sanguinaire François BOZIZE savait qu’il parviendra à ses fins et obtiendra à moindre frais le décès de son ennemi Ange Félix PATASSE. Sachant la fin du Président PATASSE proche, il autorisa son évacuation le 02/04/11.

 

Epuisé physiquement et psychologiquement par cette longue et harassante attente ainsi que sa correspondance ratée pour Malabo, le samedi 2 avril 2011, le Président PATASSE décèdera à Douala, le mardi 5 avril 2011 à 18 heures.

 

Le MDREC estime que BOZIZE, son premier ministre TOUADERA et son ministre de la santé NALKE DOROGO sont à l’origine du décès du Président Ange Félix PATASSE. Ils sont passibles du crime de non assistance à une personne en péril.

 

BOZIZE doit s’abstenir d’organiser des obsèques nationales au Président PATASSE qu’il vient de tuer pour la quatrième fois (1-le putsch du 15 mars 2003, 2-sa volonté de lui faire porter seul les crimes des Banyamulenges, qu’il avait recruté puis combattu, 3- son enlèvement et sa déportation à Boali et 4- le refus pendant 3 semaines de son évacuation  à Malabo).

 

Aussi, BOZIZE ne cesse d’insulter et ternir l’image du Président PATASSE. Alors, comment ce même BOZIZE pourra-t-il le pleurer ? C’est de l’hypocrisie et la récupération politicienne du crime de PATASSE par son bourreau BOZIZE.

 

Par le présent communiqué, le MDREC salue la mémoire du Président Ange Félix PATASSE et rend un vibrant hommage à ce grand combattant victime d’hommes politiques aigris, corrompus, cruels, incultes, irresponsables, jaloux et mesquins.

 

En huit ans de pouvoir, BOZIZE a montré son vrai visage d’ogre par ces expressions  en Sango : Fadé ala tè puru ti ala, Fadé é dé téré na nzènzè, Mbi doroko ala, Depuis 2003, kwa ti mbi gui bira, Fadé mbi koro phare.  BOZIZE, toute chose a une fin.  

Il y a un temps pour tout, un temps pour toutes choses sous les cieux : Ecclésiaste 3-1.

 

Fait à Bangui, le 14 avril 2011

 

Le Président du MDREC

 

Joseph-Bendounga-2.jpg 

 

Démocrate Joseph BENDOUNGA

 

 

NDLR : Le moins qu'on puisse dire est que le courage dont ne cesse de faire montre le président du MDREC force l'admiration. C'est à se demander s'il réside bien à Bangui ou s'il exprime ses courageuses positions d'un pays autre que la République centrafricaine où la règle est plutôt de courber l'échine, d'avoir peur même de son ombre, de raser les murs, de faire le griot et zèle pour se faire bien voir du KNK et de Bozizé, dans l'espoir de se faire appeler  par la galaxie boziziste pour un quelqconque maroquin ou strapontin. Bozizé en effet ne sera pas éternel. Il paiera bien un jour tous les crimes qu'il a commis et continue de commettre sur les Centrafricains. Bravo Bendounga !  

 

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Politique
18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 00:18

 

 

 

cour const RCA

 

 

 

            Le spectacle que la Cour Constitutionnelle avait offert le  Vendredi 15 Avril 2011 dans l’examen des contentieux législatifs donne lieu à réflexion. L’annulation des résultats du premier tour du scrutin ou le rejet des recours  avait soulevé la liesse ou la tristesse des candidats  et de leurs partisans venus nombreux à l’audience.

 Le commun des mortels ne comprendra pas que la Cour  ait décidé que le premier tour soit repris dans des circonscriptions où des députés sont déjà élus au deuxième tour. La cascade de recours fera qu’on aura droit à quatre ou cinq tours de scrutin !

 La confusion vécue est sans précédent dans l’histoire des élections en Centrafrique.

            Le malaise dans la salle d’audience était nettement perceptible à l’appel de l’affaire TIANGAYE C/ BOZIZE  au sujet du 4ème arrondissement de la Ville de Bangui. Après la lecture du rapport par le Conseiller Rapporteur Jean KOSSANGUE, Me Nicolas TIANGAYE avait demandé à prendre la parole pour faire une brève observation. En substance, il avait dit : « Madame la Présidente, en assistant à cette audience, je n’avais nullement l’intention de prendre la parole puisque mes deux Avocats Me Dolly Mireille GOTILOGUE et Me André Olivier MANGUEREKA étaient chargés de parler à ma place. Mais j’interviens pour relever une contre-vérité qui touche à la crédibilité de la Cour et à celle de vos décisions. Les deux témoins que j’avais cités à savoir Monsieur Pierre YOGANDJI et Monsieur Julien Didier MANGOT qui avaient été entendus sur procès-verbaux d’agent d’exécution avec les preuves matérielles de fraudes et de falsification des résultats avaient bien été interrogés par le Conseiller Rapporteur. Je m’étonne que ce même Magistrat écrive dans son rapport que ces témoins avaient été régulièrement convoqués et avaient refusé de se présenter ».

C’était le silence dans la salle. Monsieur KOSSANGUE baissa la tête. Me Nicolas TIANGAYE alla s’asseoir. Après les observations de ses avocats, il quitta la salle d’audience avant le prononcé de la décision par Madame Danielle NANARE Vice-Présidente de la Cour Constitutionnelle.

            Concernant le vote par dérogation dans le 4ème arrondissement dont le chiffre dépasse celui de toutes les autres circonscriptions de Bangui réunies, la Cour ira jusqu’à affirmer qu’il ne s’agit pas de listes de dérogation, mais de listes additives ou complémentaires ! Les experts électoraux y trouveront leur latin. Les juristes se pencheront sur cette nouvelle trouvaille.

            Tous les observateurs savaient que la Cour Constitutionnelle, après avoir été terrorisée par le Président BOZIZE (fermeture des bureaux par la Garde Présidentielle, suspension des salaires pendant 06 mois, menaces de tous ordres) à propos de sa décision dans l’affaire TOTAL n’était plus que l’ombre d’elle-même et ne jouissait d’aucune indépendance pour juger souverainement et dire le Droit. Pour cette raison, peut-être ne faut-il pas leur en tenir rigueur, car on ne peut leur demander d’être des héros.

            L’annulation des scrutins dans des circonscriptions remportées par des candidats KNK  n’était que du cautère sur une jambe de bois.

            La haine crypto personnelle de  BOZIZE  contre TIANGAYE qu’il avait tenté d’assassiner dans la nuit du 2 Janvier 2006  en dépêchant sa propre garde au domicile de ce dernier (affaire SANZE) est restée tellement vivace que les « Sages » ont préféré tordre le cou au Droit plutôt que de s’attirer les foudres vengeresses  d’un Président mal élu.

            En refusant de prendre en compte des témoignages défavorables à BOZIZE et en inventant de toutes pièces des notions comme « listes additives ou complémentaires » qui sont des notions contra legem, c'est-à-dire contre les dispositions du Code électoral, pour justifier l’injustifiable et soutenir l’insoutenable, la Cour Constitutionnelle vient de  perdre le peu de crédit qui lui reste. On n’est pas loin de la forfaiture.

 

 

           Une correspondance particulière de Romaric TOUNGOUSSARA pour C.A.P

 

 

 

NDLR : A signaler que pendant l'audience de la Cour constitutionnelle sur le contentieux Tiangaye contre Bozizé au sujet des législatives dans le 4ème arrondissement de Bangui qu'informé que Me Nicolas était présent dans la salle d'audience, le Procureur de la République et demi-dieu Firmin Feindiro a dépêché sa secrétaire venir décharger publiquement à Tiangaye  son passeport et le billet d'avion qui avaient été confisqués par la police de l'aéroport Bangui Mpoko lorsqu'il avait été empêché de prendre son vol pour N'djaména en mars dernier. Dès le lendemain de cette honteuse audience de la Cour constitutionnelle, Me Nicolas Tiangaye a pu prendre un vol pour Douala afin de se rendre à Yaoundé pour des raisons privées.   

 

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Politique
18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 00:13

 

 

 

pylone-electrique.jpg

 

Radio Ndéké Luka Dimanche, 17 Avril 2011 14:02

La ville de Bangui connaitra bientôt une réduction considérable des heures de délestage. Les travaux d’installation de la turbine de l’usine de Boali 3 démarrent bientôt. Pour cela, une centaine d’habitants de la ville de Boali (95 kilomètres de Bangui), ont été sensibilisés ce dimanche 17 avril 2011, sur les éventuels dommages que causeront lesdits travaux.

L’information est confirmée ce dimanche par le correspondant de Radio Ndeke Luka. Selon Ousmane Moussa, Directeur des études à l’Energie Centrafricaine (ENERCA), des lignes électriques traverseront les champs et les habitations. La population devra donc quitter les lieux concernés. De ce fait, a-t-il précisé « les propriétaires de ces biens seront dédommagés en conséquence ».

Pour Pierre Bellot Kamo, chef du village Vangué (deux kilomètres de la ville), « l’initiative du gouvernement centrafricain est salutaire et résoudrait en partie l’épineux problème du délestage ». Tirant l’expérience du passé qui consistait à recruter la main d’œuvre externe au détriment de la population locale, Elodie Gonéndji, habitante a plaidé pour le « recrutement massif » des jeunes locaux. Pour elle, « cette faveur contribuerait à réduire le taux du chômage de ces derniers ».

Cette turbine viendra compléter les deux autres construites il y a plus de 50 ans. Celles-ci sont d’ailleurs dans un état de délabrement avancé.

Signalons que la consommation de la ville de Bangui est tombée depuis plusieurs années à moins de 20 mégawatts. Les turbines produisaient entre 40 et 50 mégawatts au départ.

 

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Economie
18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 00:08

 

 

Fini Kode logo

 

 

MANIFESTE POUR UNE NOUVELLE REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 

Plus de cinquante ans après l’accession de notre pays à l’indépendance, notre peuple n’a  connu que déception et désillusion. Le bilan dans tous les domaines est catastrophique à tout point de vue. Les promesses répétées d’une société juste, moderne, prospère et harmonieuse ne se sont pas réalisées. Un échec, qui, en un demi-siècle est à la hauteur de notre désenchantement.

La République Centrafricaine, malgré ses nombreuses potentialités en ressources naturelles nettement supérieures à beaucoup d’autres pays africains, est demeurée en queue de peloton. En 2009, elle était classée 179ième sur 182 pays au niveau de l’indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Autrement dit, ni la souveraineté politique encore moins l’indépendance économique et sociale de notre pays ne sont assurées.

La célébration en 2010 des cinquante ans d’indépendance, contraste donc singulièrement avec la misère criarde de la majorité de nos concitoyens. Sitôt  les lampions éteints, les mêmes mots et les mêmes attitudes qui sont à l’origine de nos maux depuis ces cinq dernières décennies ont ressurgi et sont toujours d’actualité ; pire, ils se sont accentués de régime en régime.

Tous les régimes qui se sont succédé au pouvoir ont agi de la même manière. Les dirigeants respectifs se sont placés, sans aucune exception, dans une posture post et néocoloniale dans le seul but d’opprimer le peuple, de satisfaire aux diktats et autres recommandations de leurs mentors. Aucun de ces régimes n’a pu prendre un véritable tournant décisif pour impulser le pays sur la voie du développement social durable. Pour ces dirigeants, s’enrichir le plus rapidement possible a toujours été un leitmotiv, afin disent-ils, de prendre une revanche sur l’on ne sait qui ni quoi. Le syndrome de l’enrichissement rapide et illicite a contaminé tous les hauts cadres, cadres, agents de l’administration publique et des entreprises paraétatiques. La corruption, le détournement des fonds  et des biens publics, les abus de confiance, ce,  avec la bénédiction des principaux dirigeants politiques en sont les désastreuses conséquences.

En l’absence d’une éthique et d’une déontologie, ces « hommes politiques » irresponsables ont fonctionné de la même manière. Pour des besoins bassement égoïstes, ils n’ont eu de cesse de diviser la Nation, en surfant sur la fibre clanique et tribale. Ils ont ainsi sacralisé la médiocrité en nommant à la tête des sociétés paraétatiques et dans les hautes fonctions de l’État, leurs enfants, parents et amis incompétents. Ils ont fait preuve d’un manque de vision et d’une stratégie à long terme qui aurait pu jeter les bases d’une société moderne et performante. Cette gouvernance à vue s’est traduite par une totale absence de politique sociale depuis un demi-siècle. Ce faisant, ils ont sciemment bloqué le processus de compétition qui aurait pu galvaniser et faire émerger une classe moyenne.

De même, une multitude de partis politiques à l’idéologie indéterminée, prête à tisser des alliances contre-nature avec le régime en place au gré de leurs intérêts du moment. Ces formations politiques à la tête desquelles se trouvent des leaders versatiles, cupides et sans conviction ont complètement faussé et tronqué le jeu politique qui consiste à proposer une véritable alternance. En permanence dans une stratégie de repositionnement, ils se sont compromis, définitivement, et ont perdu toute crédibilité.

Par ailleurs, une certaine intelligentsia conformiste, ayant lamentablement échoué dans sa stratégie de l’entrisme, étonnamment muette, n’aspire désormais qu’à la tranquillité qu’offre la proximité du pouvoir au lieu de jouer son rôle d’avant-garde, de précurseurs d’idées, de leaders d’opinions. Alors qu’en d’autres lieux, les intellectuels sont les défenseurs des sans voix, en Centrafrique, ils ont la particularité de collaborer avec les bourreaux du peuple. Ils sont de ce fait des complices plus ou moins actifs de l’oppression de nos concitoyens.    

De l’illégitimité du régime en place

Aujourd’hui, la gestion de l’État est plus que jamais marquée par l’omniprésence d’un cercle familial et clanique qui s’est avéré être nuisible dans les structures étatiques ainsi que dans les circuits économiques de notre pays. Par népotisme, le clan familial du président a verrouillé l’accès de ces organismes aux plus méritants de nos concitoyens pour ne privilégier que les médiocres. Avec la bénédiction de son chef, la milice de la garde présidentielle cultive et entretient une politique de la terre brûlée pour soumettre par la cruauté et la terreur  notre bon et généreux peuple. Le régime illégitime du Général- Président a ainsi érigé les violations massives et répétées des droits de l’homme en méthode de gouvernement.

 

En falsifiant les résultats des dernières élections groupées, le pouvoir de Bangui a méprisé et confisqué au peuple centrafricain son libre droit de manifester sa souveraineté à travers l’expression du suffrage universel. De ce fait, ce régime a créé toutes les conditions pour diviser notre jeune Nation. En cela et pour cela, il n’est plus légitime.

 

D’ailleurs, et nous le disons, un régime légitime ne peut tuer des centaines de ses habitants ni provoquer la fuite et le refuge de plus de 300.000 Centrafricains au Sud du Tchad, à l’Ouest du Cameroun et au Sud du Soudan, encore moins forcer à l’abandon de leurs foyers et au déplacement intérieur plus d’un demi million de nos concitoyens obligés de se terrer dans des zones insalubres, inhabitables et ce, dans le dénuement le plus total. De même un gouvernement responsable ne peut assister d’une manière aussi passive aux exactions d’étrangers armés tels que la LRA (l’armée de résistance du seigneur) sur le territoire national.

 

Un pouvoir légitime ne laisse pas ses populations mourir de faim comme c’est le cas à Berberati avec la malnutrition aigüe, conséquence logique d’une politique de prédation. 

 

De la nécessité d’agir

Nous sommes un groupe de citoyens responsables, qui compte désormais prendre part activement à tous les débats sur les problématiques sociétales dans notre pays, proposant des solutions innovantes et pragmatiques en rupture totale avec les anciennes pratiques. 

 

Ainsi, nous voulons provoquer une prise de conscience de notre population. Nous sommes conscients que la pérennité de la Nation centrafricaine passe par sa capacité à survivre dans ce monde en perpétuelle compétition. Pour cela, elle passe nécessairement par la compréhension et  l’assimilation des codes et des règles qui régissent les sociétés humaines, tant au niveau nationale, régionale qu’internationale. Ceux-ci ne s’acquièrent que par l’éducation et la réappropriation d’un savoir ancestral approprié à la modernité.

 

Le mouvement citoyen Fini Kodé qui veut dire en Sango, notre langue nationale, « la nouvelle manière de faire ou la nouvelle manière de pratiquer » résulte en fait d’une longue maturation qui a abouti sur  une profonde prise de conscience de ses membres fondateurs. Elle s’inscrit  dans une logique de rupture avec cette mentalité de soumission de l’homme  envers l’homme. Au fil du temps et des générations, le Centrafricain a intégré dans son comportement le réflexe de la soumission au point de ne pas revendiquer son propre droit, le droit à une meilleure vie, le droit de vivre tout simplement comme un homme dans un pays qui est le sien.

La résignation et le sentiment d’impuissance sont si profonds que nos compatriotes d’une manière générale se sont habitués à attendre très peu de leurs gouvernants, par conséquent à fournir peu d’effort. Au fil du temps, les différents régimes qui se sont succédé ont plutôt  encouragé la médiocrité au dépend du mérite. Cela a eu le désavantage de décourager les bonnes volontés et de les réconforter dans cette position.

La démission est devenue la solution dans un pays où l’impression d’abandon prédomine, tant les problèmes sont nombreux et variés. Ce qui favorise et développe une culture de fatalité, de refuge systématique dans des confréries et autres sectes confessionnelles.

En revendiquant le droit au respect et à la souveraineté, le mouvement citoyen Fini Kodé affirme sa volonté de s’émanciper des tutorats, des diktats et de toutes les dérives autoritaristes. Par ailleurs, il proclame son refus catégorique du clanisme, de la pauvreté, de la misère sous toutes ses formes et érige le pragmatisme, la citoyenneté, l’équité en méthode de fonctionnement. En même temps, celui-ci promeut en des principes intangibles dans la vie publique des valeurs morales, du mérite, de la compétence, de l’équité, de la laïcité et du droit. En cela, il consacre la citoyenneté comme valeur fondamentale.

Un  nouveau départ  s’impose pour notre pays, car les partis politiques classiques et les leaders qui ont exercé le pouvoir politique dans notre pays ont lamentablement échoué. L’heure est venue de s’engager pour notre pays. Il vous appartient maintenant de vous investir et de prendre des responsabilités dans un cadre nouveau et ouvert à toutes les bonnes volontés, à toutes les bonnes compétences.

Personne ne viendra vous dire que vous êtes des militants de la vingt-cinquième heure, personne ne viendra vous dire que vous êtes trop jeune ou que vous manquez d’expérience pour prendre des responsabilités, personne ne viendra vous dire que vous n’êtes pas de la bonne ethnie ou de la bonne famille pour prendre des responsabilités. Baptisons ensemble la nouvelle République Centrafricaine. Elle commence dès aujourd’hui avec vous et avec toutes les bonnes volontés. Cette œuvre s’édifiera uniquement sur des considérations objectives basées sur la compétence et le mérite. Avec Fini Kodé, l’homme qu’il faut doit être à la place qu’il lui faut. Sinon nous referons ce que nos aînés ont fait en tombant tout simplement dans le piège destructeur de la préférence clanique et du clientélisme par conséquent de la médiocrité.

Par ce manifeste, nous, membres fondateurs du Mouvement citoyen Fini Kodé en appelons à la responsabilité historique de nos concitoyens, de tous les républicains et démocrates qui veulent ici et maintenant que s’opère un véritable changement dans notre pays  à nous rejoindre en vue de mener des actions, au-delà des positionnements partisans, des intérêts catégoriels, claniques et politiciens pour atteindre l’objectif commun : La renaissance d’une République Centrafricaine animée de l’esprit Fini Kodé.

 

 Fait à Bangui, le 18 avril 2011

Les premiers signataires

Franck SARAGBA, Politologue

Adrien POUSSOU, Journaliste/Consultant en communication

Aboubakar SAMORY, Analyste financier

Gaston N’GUÉRÉKATA, Professeur/Chercheur

Prosper YAKA MAÏDÉ, Expert en communication

Michel MABOU, Docteur en géographie

Pierre ZAWÉLÉ, Juriste/Avocat au barreau de Centrafrique.

 

Pour signer le Manifeste, merci d’envoyer un mail à cette adresse : assofinikode@gmail.com

 

 

COMMUNIQUÉ RADIO N°002/FK/01

Après le constat d’échec, qui, en un demi-siècle d’indépendance est à la hauteur du désenchantement du peuple centrafricain, le Mouvement citoyen Fini Kodé propose, à travers son Manifeste pour une Nouvelle République Centrafricaine, un nouveau pacte social.

Par ce manifeste, les membres fondateurs du mouvement en appellent à la responsabilité historique de toutes les Centrafricaines, de tous les Centrafricains, de l’ensemble des Républicains et Démocrates qui veulent ici et maintenant que s’opère un véritable changement dans le pays à les rejoindre en vue de mener des actions, au-delà des positionnements partisans, des intérêts catégoriels, claniques et politiciens pour atteindre l’objectif commun : La renaissance d’une République Centrafricaine animée de l’esprit Fini Kodé.

C’est pourquoi, le Conseil Exécutif du mouvement citoyen Fini Kodé a le plaisir d’inviter les Centrafricaines et les Centrafricains épris de paix et de justice sociale à adhérer au manifeste par leur signature.

Pour signer le manifeste, il suffit d’envoyer un mail à l’adresse suivante :  assofinikode@gmail.com

 

Fait à Bangui, le 18 avril 2011

 

Pour le Conseil Exécutif

 

Le Coordonnateur

 

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Politique
16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 01:57

 

 

 

libye carte-copie-1

 

 


par
Ignacio Ramonet   Le Monde diplomatique mars avril 2011

"Tous les peuples du monde qui ont bataillé pour la liberté ont fini par exterminer leurs tyrans."


Simon Bolivar

Les insurgés libyens méritent l’aide de tous les démocrates. Le colonel Kadhafi est indéfendable. La coalition internationale qui l’attaque n’est pas crédible. On ne bâtit pas une démocratie avec des bombes étrangères.

Parce qu’elles sont en partie contradictoires, ces quatre évidences nourrissent un certain malaise, notamment au sein des gauches, à propos de l’opération Aube de l’Odyssée lancée en Libye le 19 mars dernier.

L’insurrection des sociétés arabes constitue l’événement politique international le plus important depuis l’écroulement, en Europe, du socialisme autoritaire d’Etat en 1989. La chute du Mur de la peur dans les autocraties arabes est l’équivalent contemporain de la chute du Mur de Berlin. Un authentique séisme mondial. Parce qu’il se produit dans la zone où sont localisées les principales réserves d’hydrocarbures de la planète, et parce que son épicentre se trouve au sein du "foyer perturbateur" du monde (cet "arc de toutes les crises" qui va du Pakistan au Sahara Occidental, en passant par l’Iran, l’Afghanistan, l’Irak, le Liban, la Palestine, la Somalie, le Soudan, le Darfour et le Sahel), ses ondes d’expansion bouleversent toute la géopolitique mondiale.

Quelque chose s’est brisé pour toujours dans le monde arabe le 14 janvier dernier. Ce jour-là, des manifestants tunisiens qui réclamaient pacifiquement depuis des semaines la liberté et la démocratie réussirent à renverser le despote Ben Ali. Commençait alors le dégel des vieilles tyrannies arabes. Un mois plus tard, en Egypte, cœur de la vie politique arabe, un puissant mouvement de protestation sociale expulsait également du pouvoir le général Moubarak. A partir de cet instant, comme s’ils découvraient soudain que les régimes autoritaires, du Maroc à Bahreïn, étaient des colosses aux pieds d’argile, des dizaines de milliers de manifestants arabes envahirent les places en criant leur ras-le-bol infini des ajustements sociaux et des dictatures [1  ].

La force spontanée de ces vents de liberté prit par surprise l’ensemble des chancelleries du monde. Lorsqu’ils commencèrent à souffler sur les dictatures alliées de l’Occident (en Tunisie, Egypte, Maroc, Jordanie, Arabie Saoudite, Bahreïn, Oman, Yémen), les grandes capitales occidentales, notamment Washington, Paris et Londres, gardèrent un silence gêné, ou multiplièrent des déclarations révélatrices de leur profond malaise devant la perspective de perdre leurs "amis dictateurs [2  ]".

Le plus surprenant toutefois, durant cette première phase qui va de la mi-décembre à la mi-février, ce fut le silence des gouvernements progressistes d’Amérique latine, considérés par une partie de la gauche internationale comme sa principale référence contemporaine. Surprise d’autant plus grande que ces gouvernements ont de nombreux points communs avec l’actuel mouvement insurrectionnel arabe : arrivés au pouvoir par les urnes, ils sont soutenus par de puissants mouvements sociaux (au Venezuela, Brésil, Uruguay, Paraguay) lesquels, dans plusieurs pays (Equateur, Bolivie, Argentine), après avoir résisté à des dictatures militaires, ont également renversé pacifiquement des gouvernants corrompus.

Leur solidarité avec les insurrections arabes, répliques en quelque sorte de leurs propres révoltes, aurait dû être immédiate. Ce ne fut pas le cas. Pourtant le caractère progressiste du mouvement ne faisait nul doute. L’intellectuel marxiste égyptien Samir Amin le décrit en ces termes : " C’est un mouvement puissant, démocratique, anti-impérialiste et à tendance sociale forte. Il réunit toutes ces dynamiques en même temps. Les forces principales à l’œuvre pendant les mois de janvier et de février étaient de gauche. Elles ont démontré qu’elles avaient un écho populaire gigantesque puisqu’elles sont arrivées à entraîner 15 millions de manifestants à travers le pays ! Les jeunes, les communistes, des fractions des classes moyennes démocratiques composent la colonne vertébrale de ce mouvement [3  ]."

Malgré cela, il fallut attendre le 14 février - soit trois jours après la chute de Moubarak et un jour avant le début de l’insurrection populaire en Libye - pour que, enfin, un leader latino-américain qualifie la rébellion arabe de "révolutionnaire" dans une déclaration qui expliquait avec lucidité : "Les peuples ne défient pas la répression et la mort, et ne passent pas des nuits entières à protester énergiquement, pour des questions simplement formelles. Ils le font lorsque leurs droits légaux et matériaux sont sacrifiés sans pitié à cause des exigences insatiables de politiciens corrompus et des cercles nationaux et internationaux qui saccagent le pays [4  ]."

Mais lorsque, naturellement, la révolte gagna les États autoritaires du prétendu "socialisme arabe" (Algérie, Libye, Syrie), un lourd mutisme s’abattit de nouveau sur les capitales de l’Amérique latine progressiste... A ce stade, on pouvait encore l’interpréter de deux façons : soit il s’agissait d’un simple prolongement du silence prudent que ces pays avaient jusqu’alors globalement observé par rapport à des événements éloignés de leurs principales préoccupations ; soit c’était l’expression d’un malaise politique devant la crainte de perdre, dans leur bras de fer avec l’impérialisme, des alliés stratégiques...

Craignant que cette seconde option l’emporte, plusieurs intellectuels de renom [5  ] avertirent immédiatement qu’une telle position serait impensable pour des gouvernements se réclamant du message universel du bolivarisme. Car elle reviendrait à affirmer qu’une relation stratégique entre Etats est plus importante que la solidarité avec des peuples en lutte pour leur liberté. Que cela conduirait, tôt ou tard, à fermer les yeux devant d’éventuelles violations des droits de l’homme. Et qu’alors l’idéal fraternel de la révolution latino-américaine sombrerait dans les eaux glacées de la "realpolitik" [6  ].

Sur l’échiquier des relations internationales, la "realpolitik" (définie par Bismarck, le "chancelier de fer" prussien, en 1862) considère que les pays se réduisent à leurs Etats. Elle ne tient jamais compte des sociétés. Selon elle, les Etats n’agissent qu’en fonction de leurs intérêts. L’objectif central de leurs alliances stratégiques étant la préservation de l’Etat, pas la protection de la société.

Depuis la paix de Wesphalie, en 1648, la doctrine géopolitique établit que la souveraineté des États est intouchable en vertu du principe de non-ingérence, et qu’un gouvernement, quelle que soit la manière dont il est arrivé au pouvoir, a la liberté la plus absolue de faire ce qu’il veut en matière d’affaires internes.

Une telle conception de la souveraineté - toujours dominante - a vu sa légitimité s’éroder depuis la fin de la guerre froide en 1989. Et cela au nom des droits du citoyen, et d’une idée plus éthique des relations internationales. Les dictatures, dont le nombre se réduit d’année en année, apparaissent de moins en moins légitimes au regard du droit international. Ne serait-ce que parce qu’elles dépossèdent les personnes de leurs attributs de citoyens.

Sur la base de ce raisonnement, au cours des années 1990, émergea le concept de droit d’ingérence ou de droit d’assistance qui conduisit, sous d’acceptables prétextes de façade, à des désastres politico-humanitaires de très grande envergure au Kosovo, en Somalie, en Bosnie... Pour finalement, sous la conduite des "neocons" américains, se fracasser totalement lors de la guerre d’Irak [7  ].

Cependant, de si tragiques échecs n’ont pas ruiné l’idée qu’un monde plus civilisé doit se résoudre à abandonner peu à peu une conception de la souveraineté interne établie il y a près de quatre siècles et au nom de laquelle des pouvoirs non élus démocratiquement ont commis (et commettent) d’innombrables atrocités contre leurs propres peuples.

En 2006, les Nations Unies, dans leur résolution 1674 [8  ], ont fait de la protection des civils, y compris contre leur propre gouvernement lorsque celui-ci fait usage d’armes de guerre pour réprimer des manifestations pacifiques, une question fondamentale. Qui modifie, en matière de droit international, pour la première fois depuis le Traité de Wesphalie, la conception même de la souveraineté interne et le principe de non-ingérence. La Cour Pénale Internationale (CPI), créée en 2002, va exactement dans le même sens.

Et c’est d’ailleurs dans cet esprit que de nombreux dirigeants latino-américains ont dénoncé, à juste titre, la passivité ou la complicité de grandes démocraties occidentales devant les violations commises contre la population civile, entre 1970 et 1990, par les dictatures militaires au Chili, Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay et tant d’autres pays martyrs d’Amérique centrale et du sud.
D’où la surprise devant l’absence du moindre message en provenance d’Amérique latine de solidarité avec les victimes civiles quand, en Libye, à partir du 15 février, commencèrent les protestations pacifiques, immédiatement réprimées par les forces du colonel Kadhafi avec une violence extrême (233 morts dès les premiers jours [
9  ]). Rien non plus lorsque, le dimanche 20 février, éclata la bombe sociale que n’importe quel Latino-américain aurait qualifié de "Tripolitazo". C’est-à-dire l’irruption dans les rues de la capitale de la Libye de quelque 40 000 manifestants dénonçant la vie chère, la dégradation des services publics, les privatisations imposées par le FMI et l’absence de libertés.

Comme durant le "Caracazo" du 27 février 1989 au Venezuela, cette insurrection, diffusée vers l’étranger par des dizaines de témoins oculaires [10  ], s’étendit comme une trainée de poudre à tout le centre de la ville. Les manifestants mirent le feu au ministère de l’intérieur et au siège du gouvernement, ils saccagèrent les locaux de la radio et de la télévision officielles, occupèrent l’aéroport et assiégèrent le palais présidentiel. En 48 heures à peine, le régime libyen parut sur le point de s’effondrer.

Dans de semblables circonstances, tout autre dirigeant raisonnable aurait compris que l’heure de négocier et d’abandonner le pouvoir avait sonnée [11  ]. Pas le colonel Kadhafi. Au risque le plonger son pays dans une guerre civile, le "Guide", au pouvoir depuis 42 ans, expliqua que les manifestants étaient "des jeunes qu’Al-Qaida avait drogués en versant des pilules hallucinogènes dans leur Nescafé... [12  ]" Et ordonna à ses forces armées de réprimer les protestations à coups de canon. La chaîne Al Jazeera montra les avions militaires mitraillant des civils [13  ].

A Benghazi, pour se défendre contre de telles brutalités, un groupe de protestataires prit d’assaut un arsenal de la garnison locale et s’empara de milliers d’armes légères. Plusieurs détachements militaires dépêchés par Kadhafi pour étouffer la contestation, passèrent avec armes et bagages du côté des insurgés. En conditions très défavorables pour les rebelles, commençait alors la guerre civile. Un conflit imposé par Kadhafi contre un peuple qui réclamait pacifiquement le changement.
Jusqu’alors, les capitales de l’Amérique latine progressiste demeurent silencieuses. Nul mot de solidarité, pas même de compassion à l’égard des civils insurgés qui luttent et meurent pour la liberté.

Il faudra attendre le 21 février. Ce jour-là, dans une manœuvre pour dévier l’attention des médias, la diplomatie britannique (dont la responsabilité est majeure depuis 2004 dans la réhabilitation internationale du colonel Kadhafi), par la voix du ministre des Affaires étrangères William Hague, "révèle" que le président libyen "pourrait avoir fui de son pays et être en train de se diriger vers le Venezuela [14  ]."

C’est faux. Et Caracas dément sur le champ. Mais les médias internationaux mordent à l’hameçon, et redirigent immédiatement leurs regards vers la connexion suggérée par le Foreign Office. Oubliant les spectaculaires accueils réservés au dictateur libyen à Rome, Londres, Paris ou Madrid, la presse internationale va désormais insister sur les relations du "Guide" avec Caracas. Kadhafi lui-même se prête à l’opération et mentionne à son tour le Venezuela dans son premier discours (un parapluie à la main) depuis le début de la contestation.

Il le fait pour démentir sa fuite, mais cela relance les spéculations sur "l’axe Tripoli-Caracas". Kadhafi ajoute : "Les manifestants sont des rats, des drogués, un complot d’étrangers, d’Américains, d’Al Qaida et de fous [15  ]."

Ce prétexte commode du "complot américain [16  ]" est vite repris comme argument valable par plusieurs dirigeants progressistes sud-américains ; Daniel Ortega, président du Nicaragua, entre autres. A partir de là, chacun à sa manière, ces leaders vont exprimer clairement leur soutien au dictateur libyen. Sans une phrase de compassion pour un peuple insurgé contre un tyran militaire qui ordonne de tirer contre ses propres citoyens. Nulle allusion non plus à la fameuse citation du Libertador Simon Bolivar : "Maudit soit le soldat qui retourne les armes contre son peuple", doctrine fondamentale du bolivarisme.

L’énormité de l’erreur politique atterre. Une fois encore, des gouvernements progressistes accordent la priorité, en matière de relations internationales, à de cyniques considérations stratégiques qui contredisent d’ailleurs leur propre nature politique.

Un tel raisonnement les conduira-t-il à exprimer également leur soutien à un autre tyranneau local, Bachar Al Assad, président de la Syrie, un pays qui vit sous la loi d’urgence depuis 1962 et où les forces antiémeutes n’ont pas hésité, en mars dernier, à tirer à balles réelles contre de pacifiques manifestants désarmés ?

Concernant la Libye, la seule initiative latino-américaine constructive a été celle du président du Venezuela Hugo Chavez. Le 1er mars dernier, il a proposé d’envoyer à Tripoli une Commission internationale de médiation, composée de représentants de pays du Sud et du Nord, pour tenter de mettre fin aux affrontements et rechercher un accord politique entre les parties. Refusée par Seïf el Islam, fils du "Guide", mais acceptée par Kadhafi, cette importante tentative de médiation a été maladroitement écartée par Washington, Paris et Londres, puis par les insurgés eux-mêmes.

Depuis lors, les chancelleries progressistes latino-américaines insistent sur leur soutien à un véritable illuminé. Il y a en effet des décennies que Mouammar Kadhafi a cessé d’être ce capitaine révolutionnaire qui, en 1969, renversa la monarchie, expulsa de son pays les bases militaires américaines et proclama une singulière "République arabe et socialiste".

Depuis la fin des années 1970, son parcours erratique et ses délires idéologiques (cf. son surréaliste Livre vert) ont fait de lui un dictateur imprévisible, versatile et ostentatoire. Semblable aux tyrans fous que l’Amérique latine connut au XIXe siècle sous le nom "caudillos barbares [17  ]"... Deux témoignages de ses délires : l’expédition militaire de 3 000 hommes qu’il lança, en 1978, pour venir en aide au sanguinaire Idi Amin Dada, président également dément de l’Ouganda... Et son goût pour un jeu érotique avec de jeunes mineures, le "bunga bunga", qu’il enseigna à son compère italien Silvio Berlusconi [18  ]...

Kadhafi ne s’est jamais soumis à aucune élection. Il a établi, autour de son image, un culte de la personnalité qui voudrait faire de lui une sorte de Dieu sur terre. Dans la "massocratie" (Jamahiriya) libyenne il n’y a pas aucun parti politique, seulement des "comités révolutionnaires". Comme il s’est autoproclamé "Guide" à vie, le dictateur se considère au-dessus des lois. En revanche, le lien familial serait, selon lui, source de droit. Ce qui lui a permis de nommer ses enfants aux plus hauts postes de responsabilité de l’Etat ainsi qu’à ceux de plus forte rentabilité dans les affaires.

Après l’invasion (illégale) de l’Irak en 2003, craignant d’être le suivant sur la liste, Kadhafi fit allégeance à Washington, signa divers accords avec l’Administration Bush, se débarrassa de ses armes de destruction massive et indemnisa les victimes de ses attentats. Pour plaire aux "neocons" américains, il s’érigea en implacable persécuteur d’Ossama Ben Laden et du réseau Al Qaida. Il établit également des accords avec l’Union européenne pour empêcher, moyennant finances, l’émigration clandestine en provenance d’Afrique. Il intégra le FMI [19  ], créa des zones spéciales de libre échange, céda les gisements d’hydrocarbures aux multinationales occidentales et élimina les subventions aux produits alimentaires de base. Il mit en route la privatisation de l’économie, ce qui entraîna une importante augmentation du chômage et creusa les inégalités.

Le "Guide" fut le seul dirigeant arabe à protester contre le renversement du dictateur Ben Ali qu’il considérait comme "le meilleur gouvernant de l’histoire de la Tunisie". En matière d’inhumanité, ses méfaits sont innombrables. Depuis son soutien à de nombreuses organisations terroristes jusqu’à sa participation à des attentats odieux contre des avions civils, en passant par son acharnement contre cinq innocentes infirmières bulgares, ou l’exécution sans jugement, dans le sinistre bagne Abou Salim de Tripoli, en 1996, d’un millier de prisonniers originaires de Benghazi [20  ].

La révolte actuelle commença précisément dans cette ville lorsque, le 15 février, les familles de ces fusillés, encouragées par la vague de protestations dans les autres pays arabes, manifestèrent pour exiger pacifiquement la libération de l’avocat Fathy Terbil qui défend depuis quinze ans leur droit à récupérer les dépouilles de leurs parents exécutés [21  ].

Les images montrant la brutalité de la répression contre ces paisibles manifestants - diffusées par les réseaux sociaux et par Al Jazeera -, scandalisèrent les Libyens. Dès le lendemain, les protestations s’étaient étendues à tout le pays. Dans la seule ville de Benghazi, la police et les milices kadhafistes allaient abattre 35 personnes [22  ].

Un si haut degré de brutalité contre les civils [23  ] fit légitimement craindre, vers la mi mars, lorsque les forces de Kadhafi se présentèrent aux portes de Benghazi, qu’un nouveau bain de sang se préparait. D’autant que, dans un discours adressé aux "rats" de cette ville, le "Guide" n’oculta pas ses intentions : "Nous arrivons ce soir. Commencez à vous préparer. Nous irons vous chercher jusqu’au fond de vos placards. Nous serons sans pitié [24  ]."

Aux rebelles libyens assiégés qui réclamaient à grand cri l’aide internationale, ce sont les peuples récemment libérés de Tunisie et d’Egypte qui auraient dû leur porter, en toute urgence, secours [25  ]. C’était leur responsabilité. Lamentablement, les gouvernements de ces deux pays n’ont pas su être à la hauteur des circonstances historiques.

Dans ce contexte d’urgence, le Conseil de sécurité de l’ONU adopta, le 17 mars, la résolution 1973 qui établit une zone d’exclusion aérienne en Libye dans le but de protéger la population civile et faire cesser les hostilités [26  ]. La Ligue arabe avait donné son aval préalablement. Et, chose exceptionnelle, la résolution fut présentée para un Etat arabe : le Liban (avec la France et le Royaume Uni). Ni la Chine, ni la Russie, qui disposent du droit de veto, ne s’y sont opposées. Le Brésil et l’Inde n’ont pas voté contre. Plusieurs pays africains se sont prononcés en sa faveur : l’Afrique du Sud (patrie de Mandela), le Nigéria et le Gabon. Aucun Etat ne s’y est opposé.

On peut hostile à la structure actuelle (injuste) des Nations Unies. Ou estimer que son fonctionnement laisse à désirer. Ou que les grandes puissances occidentales dominent cette organisation. Ce sont là des critiques parfaitement recevables. Mais, pour le moment, l’ONU est la seule source de droit international admise par tous. En ce sens, et contrairement aux guerres du Kosovo ou d’Irak qui n’ont jamais eu le feu vert de l’ONU, l’intervention actuelle en Libye est légale, selon les critères du droit international ; légitime, d’après les principes de solidarité entre démocrates ; et souhaitable, sur la base de la fraternité internationaliste qui unit les peuples en lutte pour la liberté.

On pourrait ajouter que des puissances musulmanes au départ réticentes, comme la Turquie, ont fini par participer à l’opération.

Ajoutons que si Kadhafi, comme c’était son intention, avait noyé dans le sang l’insurrection populaire, il aurait adressé un signe néfaste aux autres tyrans régionaux. Il les aurait encourager à en finir eux aussi, par des méthodes radicales, avec les protestations locales. Il suffit d’ailleurs d’observer que, dès que troupes kadhafistes approchèrent à feu et à sang de Benghazi, devant la passivité internationale, les régimes de Bahreïn et du Yémen n’hésitèrent plus à faire feu à balles réelles contre les manifestants. Ils ne l’avaient pas fait jusqu’alors. Eux aussi misaient sur l’immobilisme international.

Dans la crise actuelle, l’Union européenne a une responsabilité spécifique. Pas seulement militaire. Elle doit penser à la prochaine étape de consolidation des nouvelles démocraties qui surgissent dans cette région si proche. Elle se doit de soutenir le "printemps arabe". Et la meilleure manière de le faire serait de lancer un véritable "Plan Marshall" d’aide économique "semblable à celui qui fut mis sur pied pour aider l’Europe de l’Est après la chute du mur de Berlin [27  ] ".

Tout cela signifie-t-il que l’opération militaire en cours ne pose pas de problèmes ? Evidemment non.

En premier lieu, parce que les Etats ou organisations qui la conduisent (Etats-Unis, France, Royaume Uni, OTAN) sont les "suspects habituels" impliqués dans de multiples aventures guerrières sans la moindre couverture légale, légitime ou humanitaire. Même si, cette fois, les objectifs de solidarité démocratique semblent plus évidents que les liens avec la sécurité nationale des Etats-Unis, il faut tout de même se demander : depuis quand ces puissances se sont-elles intéressées à la démocratie en Libye ? C’est pourquoi elles manquent de crédibilité.

Deuxièmement : il y a d’autres injustices dans la région - la souffrance palestinienne, l’intervention militaire saoudienne à Bahreïn contre la majorité chiite sans défense, la brutalité disproportionnée dont font preuve les autorités du Yémen ou de Syrie contre leur population... - à l’égard desquelles, les puissances qui attaquent Kadhafi ferment les yeux.

Troisièmement : l’objectif de l’intervention doit être celui que définit la résolution 1973, et seulement celui-là. Ni invasion terrestre, ni victimes civiles. L’ONU n’a pas autorisé le renversement de Kadhafi, même s’il semble être l’objectif final (et illégal) de l’opération. En aucun cas cette intervention ne doit servir de précédent à d’autres aventures guerrières visant des Etats dans le collimateur des puissances occidentales dominantes.

Quatrièmement : l’histoire enseigne (et le cas de l’Afghanistan le démontre) qu’il est plus facile d’entrer en guerre que d’en sortir.

Cinquièmement : l’odeur de pétrole de toute cette affaire empeste.

Les peuples arabes soupèsent sans doute le juste et l’injuste de cette intervention militaire en Libye. Dans leur grande majorité ils soutiennent les insurgés (même si on ne sait toujours pas qui ils sont exactement, et même si on soupçonne qu’il y a parmi eux des éléments indésirables). Pour l’instant, jusqu’au 31 mars, aucune manifestation hostile ne s’était produite dans aucune capitale arabe contre l’opération militaire. Au contraire, comme si cela les avait encouragées, de nouvelles protestations contre les autocraties se sont même intensifiées au Maroc, au Yémen, à Bahreïn... Et surtout en Syrie.

Dès la fin mars, les deux principales exigences de la résolution 1973, zone d’exclusion aérienne et protection de la population de Benghazi, étaient obtenues. D’autres ne l’étaient pas encore (cessez-le-feu des forces kadhafistes, et garantie d’accès sécurisé à l’aide humanitaire internationale), mais les bombardements auraient dû cesser. D’autant que, depuis le 31 mars, l’OTAN a assumé la conduite de l’intervention militaire sans en avoir reçu mandat des Nations unies.

La résolution 1973 n’autorise pas non plus à armer, entrainer et commander militairement les rebelles. Cela suppose un minimum de forces étrangères ("commandos spéciaux") présentes sur le sol libyen. Ce qui est explicitement exclu para la décision du Conseil de sécurité.

A ce stade du conflit, il est donc urgent que les membres de ce Conseil de l’ONU se consultent à nouveau ; qu’ils tiennent compte des réserves actuelles de la Chine, de la Russie, de l’Inde et du Brésil pour imposer un cessez-le-feu et rechercher une issue non militaire au drame libyen.

Une solution qui prenne aussi en considération l’initiative de l’Union africaine, garantisse l’intégrité territoriale de la Libye, préserve les richesses de son sous-sol (lorgnées par des puissances étrangères), mette fin à la tyrannie et réaffirme l’aspiration à la liberté et à la démocratie des citoyens.
Dans un tel cadre, seule une issue négociée par toutes les parties serait juste

 

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 01:56

 

 

 

CPI.jpg

 

 

 

Arusha, 15 avril 2011 (FH) - A un mois du jugement, une douzaine de documents confidentiels ont été admis comme éléments de preuve de la défense de l'ancien chef de la gendarmerie rwandaise, le général Augustin Ndindiyilimana. Il a comparu au Tribunal pénal international pour le Rwanda avec trois autres accusés. Parmi eux, l'ancien chef d'état-major de l'armée, le général Augustin Bizimungu. Le jugement est attendu le 17 mai.

Selon une décision de la chambre datée de mardi, l'admission de ces pièces vise à réparer le tort causé par le procureur au général Ndindiliyimana.

Par ailleurs, dans le procès de l'ex-ministre du Plan Augustin Ngirabatware, les juges ont ordonné au procureur de divulguer une série d'émissions de la radio gouvernementale rwandaise en avril et mai 1994.

Selon l'ordonnance, ces émissions pourraient corroborer la défense d'alibi de l'ex-ministre.

A la CPI, le procès du chef milicien congolais Thomas Lubanga est entré jeudi dans sa dernière ligne droite. Le dernier témoin de la défense a entamé sa déposition qui se poursuivra la semaine prochaine. Le réquisitoire du procureur et les plaidoiries de la défense seront plaidés les 25 et 26 août. Lubanga est accusé de crimes de guerre pour avoir enrôlé des enfants de moins de 15 ans dans ses troupes.   

Toujours à La Haye, le procès du sénateur congolais Jean Pierre Bemba a été reporté jeudi au 3 mai prochain. Cette semaine, la chambre a notamment entendu le médecin chef du service de psychiatrie de l'hôpital de Bangui. Le docteur André Tabo a longuement évoqué la situation actuelle des femmes violées durant la guerre en Centrafrique, en 2002 et 2003. Bemba est poursuivi pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre perpétrés par ses miliciens du Mouvement de libération du Congo (MLC). Ils avaient été envoyés en Centrafrique pour soutenir le président d'alors, Ange-Félix Patassé, qui était menacé par une rébellion.

ER/GF

© Agence Hirondelle

 

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 23:36

 

 

cabinet-Patasse.JPG

 

DECISION N°001/CIEP/CAB/2011

Le Porte Parole de Son Excellence,  le Feu Ancien Président Ange Félix Patassé,

Vu le mandat n°033/CAB/CIEP/03/2011 donnant pouvoir de représentation de Son Excellence Ange Félix PATASSE,

Après constat fait sur l’usage frauduleux des effigies de l’Ancien Président Ange Félix Patassé,

DECIDE

Art.1er : A compter de ce jour, interdiction formelle est faite pour l’utilisation des images du Président Patassé sans en avoir l’autorisation préalable.

 

Art.2 : La présente décision est délivrée pour servir et valoir ce que de droit.

Fait à Bangui, le 9 Avril 2011.

 

 

 

INSTRUCTIONS

Le Porte Parole de Son Excellence,  le Feu Ancien Président Ange Félix Patassé,

Vu le mandat n°033/CAB/CIEP/03/2011 donnant pouvoir de représentation de Son Excellence Ange Félix PATASSE,

Le Camarade Michel DOROKOUMA est autorisé à mettre en place un Comité d’Organisation des obsèques en relation avec la famille du Président à Paris. Ce Comité d’Organisation rend compte au Comité National d’Organisation des obsèques officielles à Bangui en Centrafrique.

Il est tenu de veiller au respect scrupuleux de ces instructions.

 

Fait à Bangui, le 9 Avril 2011.

 

 

signature-Kodeguet.JPG 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Politique
15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 23:30

 

 

RCA_carte-2.jpg

 

 

Sebastian Chi Elvido quotidien Mutations 15 Avril 2011

L'incident s'est produit à la frontière au cours d'une partie de chasse illégale dans les forêts camerounaises. Des braconniers centrafricains ont tiré et blessé huit personnes, dont 6 Pygmées. C'était au cours d'une partie de chasse illégale il y a deux semaines dans les forêts de la Bouba-et-Ngoko, à l'Est du Cameroun. Parfait Afanda, un éco-garde qui était en patrouille avec ses collègues dans la partie envahie par les Centrafricains au moment de cet incident, raconte : «Ils ont tiré sur six Pygmées Baka qui créaient un passage dans une zone de chasse, blessant certains au dos et d'autres aux bras. Avant l'attaque, nous les avons encerclés et fait un tir de sommation auquel ils ont répliqué, ratant de peu de tuer un de nos collègues. Néanmoins, ils ont abandonné leur cargaison de viande de brousse et pris la fuite.»

Ce dernier ajoute : «Ces braconniers menacent sérieusement aussi bien la faune que les personnes vivant dans ces forêts. D'ailleurs, ils ont laissé un message selon lequel ils n'hésiteraient pas à tirer sur des éco-gardes camerounais au cas où ils les rencontreraient en forêt.»

Chasse cynégétique

Frederik Dumont, le directeur de Rainforest Safari, une zone de chasse sportive, a pris très au sérieux cette menace, au point de décider de suspendre les activités dans cette zone. Pour atteindre le territoire camerounais, ces chasseurs, tous armés de fusils de fabrication artisanale, passent par Bayanga, Salo et Zendi, des villages centrafricains. Et ce n'est pas leur seule voie d'accès sur les forêts camerounaises.

Selon Ottou Balla, le chef de service départemental de la Faune de la Boumba-et-Ngoko, «ils traversent les fleuves Sangha et Gobounou, et se livrent au braconnage dans les concessions forestières et les zones de chasse cynégétique autour des parcs nationaux de Lobeke et de Boumba-Bek.».

Selon les statistiques obtenues auprès du Fonds mondial pour la nature (Wwf) à Yokadouma, le combat engagé contre le braconnage depuis janvier 2011 a conduit à l'interpellation, et à la détention de 20 braconniers centrafricains.

Ces derniers ont été interpellés avec 10 fusils de chasse en leur possession, et sont depuis lors gardés à vue à la prison de Yokadouma. Au cours de leur interrogatoire à la délégation départementale des Forêts et de la Faune de la Boumba-et-Ngoko à Yokadouma, les accusés ont déclaré qu'ils sont fournis en armes de feu et automatiques à partir de Salo et Nola, des localités de la République centrafricaine.

Au cours du même interrogatoire, ils ont avoué au chef de service départemental de la Faune qu'ils tuent toutes les espèces fauniques, avec une préférence pour les éléphants, les gorilles, les chimpanzés et les panthères.

Pour justifier leur intérêt pour la chasse dans les forêts camerounaises, les braconniers centrafricains évoquent non seulement la disparition des espèces fauniques dans leurs forêts, mais aussi le fait qu'ils ignorent les limites des frontières entre la Centrafrique et le Cameroun.

 

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales