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  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 02:58

 

 

Patassé

 

 

Bangui, 3 avril (C.A.P) – Après toutes les péripéties et humiliations qu’il lui a fait connaître à Bangui en l’empêchant de sortir du pays pour aller se soigner, l’ex-président Ange Félix Patassé avait fini par être autorisé par le président François Bozizé à embarquer le samedi 2 avril sur le vol régulier de Kenya Airways à destination de Douala d’où il devait ensuite gagner théoriquement Malabo.

Depuis la capitale économique du Cameroun où il est arrivé avec la petite délégation qui l’accompagne, la continuation du voyage pour l’ancien président Patassé est devenue  impossible. Il doit affronter d’autres plans machiavéliques de Bozizé, toujours aussi  déterminé à barrer la route à celui-là même qu’il a renversé par le coup d’Etat du 15 mars 2003 et dont il craint maladivement qu’il ne soit tenté de se venger.

C’est ainsi que selon nos informations recueillies auprès de l’entourage même de l’ex président Patassé, Bozizé aurait discrètement dépêché des émissaires auprès d’un certain nombre de chefs d’Etat de l’Afrique centrale et aussi chez quelques-uns de l’Afrique de l’Ouest, avec de prétendues preuves mais en réalité de véritables faux montés de toutes pièces disent certaines sources proches du dossier, d’un projet de coup de force contre lui que préparerait Patassé pour le renverser du pouvoir.

Cette action diplomatique de Bozizé viserait à dissuader ces chefs d’Etat d’accueillir Ange-Félix Patassé sur leur territoire même si ce dernier avance des raisons médicales à l’appui de sa requête. Toujours d’après l’entourage de Patassé, Bozizé serait même allé jusqu’à faire du chantage à l’incident diplomatique à l’égard des présidents qui se hasarderaient à accorder l’hospitalité médicale à Patassé. Il voudrait reléguer Patassé au rang de paria qu’il ne s’y prendrait pas autrement.

Aux dernières nouvelles, Ange-Félix Patassé est toujours à Douala où son propre entourage familial qui dit supporter seul ses frais de santé pour le moment, envisage finalement de l’y faire soigner faute de pouvoir poursuivre plus loin et ailleurs son déplacement. Est-ce avec l’accord préalable des autorités camerounaises qui sont pourtant celles-là mêmes qui avaient exigé en mars 2003 au même Patassé de quitter leur territoire après l’avoir accueilli et hébergé cinq jours après le putsch qui l’avait renversé, son avion de retour de Niamey n’ayant pu se poser à Bangui ? Des pressions de Bozizé sur Yaoundé, si elles n’ont pas déjà été exercées, ne seraient sans doute pas non plus à exclure.

 

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 02:46

 

 

Boz et Monica

 

 

Nous publions ci-dessous la réaction d'un compatriote vivant au pays d'Obama et fidèle lecteur de Centrafrique-Presse qui nous a fait parvenir sa réaction d'indignation après avoir pris connaissance des larges extraits de l'explosif rapport de la mission des experts électoraux de l'Union européenne sur les pseudos élections du 23 janvier dernier. Ce compatriote a surtout été effaré par le fonctionnement à plein régime organisé par Bozizé et son KNK par la CEI de Binguimalé interposé, tant à Bangui que dans l'arrière-pays, qui a permis le facile hold-up de Bozizé. L'auteur estime aussi que Bozizé et Binguimalé ne doivent pas être vraiment très fiers d'eux en se regardant dans la glace chaque matin en se rasant, après le vol combien honteux qu'ils ont effectué.

Rédaction C.A.P

 

Le vote par dérogation ou la machine à bourrer les urnes du KNK

 

Une fois n’est pas coutume, l’opposition centrafricaine a manœuvré à la perfection, en participant à la première phase des élections groupées du 23 janvier 2011. Le choix du contraire n’aurait pas permis l’existence de ce rapport des Experts Electoraux de l’Union Européenne en République Centrafricaine. Ce document a toutes les caractéristiques d’un requiem pour un régime qui use de méthodes de gangsters pour arriver à ses fins. Un rapport de soixante-trois pages d’une qualité exceptionnelle car parfaitement détaillé et dont les rédacteurs ne se sont pas laissés perdre en conjectures: Tout y est conté par le menu. On y apprend même à la page 35 qu’une sacrée combattante centrafricaine du nom de Marthe Matongo fut la première femme élu député en 1959 en Afrique subsaharienne.

Cela dit, qu’y a-t-il donc d’implicite comme message que l’Union européenne a voulu transmettre à travers ce rapport aux démocrates de Centrafrique: Tout d’abord que la balle est dans le camp de ceux qui veulent qu’une société réellement démocratique s’enracine en Centrafrique. Ceux-ci ont intérêt dès à présent à se mettre en branle et ça, les Centrafricains savent le faire: La fin du régime de président André Kolingba avait été sonnée par la lettre hautement patriotique de François Guéret suivie de l’ultime sacrifice consenti par le Dr Conjugo, la détermination militante de Joseph Bendouga et Sonny Collé. L’Union européenne n’a pas non plus vocation à se supplanter à nous pour consentir les sacrifices nécessaires à ce changement.

Il y’a ensuite le fait que le régime KNK n’a aucune assise populaire, et pour preuve: Que ce soit pour les présidentielles que les législatives, la quasi-totalité de ceux qui sont élus au premier tour sous le label KNK et affiliés, l’ont été grâce une machine infernale de bourrage d’urnes qui s’appelle vote par dérogation. Une trouvaille exceptionnellement efficace qui est aux récentes élections en Centrafrique ce qu’est le missile Tomahawk à l’armée américaine: Imparable! Une machine à bourrer les urnes qui aurait dû être totalement imperceptible s’il n’y avait pas ce rapport de la commission européenne.

Voici-ci-dessous deux exemples d’apparence contradictoires parmi tant d’autres, qui éclairera tout un chacun sur l’incroyable flexibilité que le vote par dérogation a procuré aux bourreurs d’urnes du KNK. De tels exemples sont égrainés comme un chapelet dans ce rapport et qui concourent tous à booster la frénésie quasi pathologique des pillards de votes du KNK: Mr. Sonny Collé a été élu avec 8341 voix, ce qui représente 54,06% des suffrages exprimés. Mais entre les scrutins présidentiel et législatif, le nombre de votants ayant apposé leur signature sur la liste électorale a baissé de 1847 votants. Par contre, le nombre de vote par dérogation est passé de 1124 à 702. Dans ce cas, le vote par dérogation a servi dans cette circonscription à faire élire le candidat KNK à l’élection présidentielle.

Le deuxième exemple est celui de Damara, où a été élu le Premier Ministre Faustin Touadéra avec une très confortable avance, comme le stipule le rapport. Il y a 2330 votants par émargement de plus au scrutin législatif et un triplement du nombre de dérogations passant de 288 à 777. Dans ce second cas, le vote par dérogation a aidé à faire élire le candidat affilié KNK aux élections législatives.

En somme, les pseudos élus labellisés KNK et affiliés qui peupleront l’assemblée nationale centrafricaine à l’issue de cette incroyable duperie ne représenteront que des électeurs imaginaires. Aussi, le catholique que je suis est dubitatif face au message de félicitation que le Vatican a adressé au vainqueur de l’élection présidentielle centrafricaine du 23 Janvier 2011. Dieu merci, le moment venu, le père tout puissant reconnaitra les siens et le Diable se chargera du sort de ses ouailles.

 

Romuald Sanzéma, Ohio (Etats-Unis d'Amérique)

 

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 02:40

 

 

guerriers-Soro.jpg

 

 

 

Source AFP 03/04/2011 à 09:20

 

La bataille d'Abidjan s'enlisait dimanche, le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo résistant et mobilisant autour de ses bastions, alors que son rival Alassane Ouattara doit faire face à des accusations de massacres de centaines de civils dans l'Ouest. Pendant ce temps, la force française Licorne a pris le contrôle de l'aéroport de la capitale économique et Paris a envoyé 300 soldats en renfort dans le pays, a annoncé l'état-major des armées.

 Plus de 1.500 étrangers, dont 700 Français, sont regroupés dans le camp de Licorne, cherchant à se mettre à l'abri des violences et des pillages. L'assaut final contre le palais et la résidence présidentielle n'a toujours pas eu lieu. Seuls quelques tirs sporadiques d'armes lourdes ont été entendus depuis samedi soir, notamment au Plateau, coeur du pouvoir, abritant le palais. On ne savait toujours pas avec certitude où se trouvait Laurent Gbagbo.

 Propagande

L'offensive éclair du président reconnu par la communauté internationale, Alassane Ouattara, lui avait pourtant permis depuis lundi de prendre sans grande résistance tout le pays avant de rentrer jeudi soir dans la capitale économique. Isolé diplomatiquement, asphyxié économiquement, plus faible que jamais militairement, Laurent Gbagbo, au pouvoir depuis 2000, a plié, mais il n'a pas rompu. Replié sur les symboles du pouvoir - palais, résidence, télévision d'Etat RTI -, il a très vite démontré qu'il n'entendait pas abdiquer ni prendre le chemin de l'exil.

Samedi soir, la RTI a diffusé des images le montrant souriant et discutant avec des proches. Toute la journée, la chaîne avait diffusé des appels à la mobilisation, les militaires devant regagner des points de ralliement, les civils former un "bouclier humain" autour de la résidence du président sortant. En soirée, la RTI a montré plusieurs centaines de personnes, dont des femmes et des jeunes, rassemblées apparemment vers la résidence présidentielle, qui scandaient : "respectez le pouvoir de Gbagbo". "Nous sommes en train de faire à cette agression barbare, nous sommes en train de les repousser", assurait devant les caméras Alain Dogou, son ministre de la Défense. "La bataille est difficile mais nous sommes convaincus que nous allons vaincre".

Tueries
La marche sur Abidjan des troupes d'Alassane Ouattara est toutefois ternie par de graves accusations sur des massacres de civils. Selon l'ONU et plusieurs organisations internationales, la prise mardi par les combattants pro-Ouattara de Duékoué, important carrefour de l'Ouest ivoirien, s'est accompagnée de massacres à grande échelle, les bilans allant de 330 tués à un millier de "morts ou disparus". Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) évoque "au moins 800 morts" pour la seule journée du 29 mars, parlant de "violences intercommunautaires", et l'ONG catholique Caritas fait état d'"un millier de morts ou disparus" entre les 27 et 29 mars.

Si le bilan provisoire de la Mission de l'Onu en Côte d'Ivoire (Onuci) est pour l'instant le plus bas (330 morts entre les 28 et 30 mars), c'est la seule organisation à désigner des coupables. Selon l'Onuci, "la plupart" des 330 morts de Duékoué ont été tués par des combattants pro-Ouattara, les autres l'ayant été essentiellement par des miliciens et mercenaires libériens de Laurent Gbagbo. Le camp Ouattara a vivement contesté ces "allégations", affirmant que tous les tués étaient des "miliciens", donc des combattants armés, et non des "civils".
 

Ces graves accusations sur de possibles "crimes de guerre" sont d'autant plus embarrassantes pour Alassane Ouattara qu'elles proviennent de l'Onuci, qui assure sa protection au Golf Hôtel et a validé sa victoire à la présidentielle du 28 novembre. L'image internationale d'Alassane Ouattara pourrait s'en trouver gravement abîmée. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a ainsi demandé à ses combattants de "respecter les lois de la guerre et de cesser les attaques contre les populations civiles". Pour elle, "les forces du président Ouattara doivent se montrer à la hauteur des idéaux et de la vision exprimés par leur chef élu".

 

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 02:56

 

 

Patassé

 

 

Radio Ndéké Luka Samedi, 02 Avril 2011 13:59

 

L’ancien président Ange Félix Patassé à enfin quitté Bangui ce samedi 2 avril 2011, pour se rendre à Malabo en Guinée Equatoriale. L’ex chef d’état centrafricain a pu embarquer à destination de Douala à bord d’un vol régulier de Kenya Airways. De là il prendra un autre vol pour Malabo. Un journaliste de Radio Ndeke Luka a été témoin de l’embarquement de Monsieur Patassé à l’aéroport international de Bangui Kpoko.

Ainsi s’achève un feuilleton de plusieurs jours. En effet, à deux reprises, l’ex-chef d’Etat qui a dirigé la République centrafricaine pendant 10 ans, de 1993 à 2003, a été empêché de quitter le pays pour aller recevoir les soins que nécessaire son état de santé. Une première fois, l’avion spécial que devait envoyer le président équato-guinéen pour son transfert n’a pas obtenu l’autorisation de survol du territoire centrafricain et d’atterrissage à Bangui.

La seconde  fois date du mercredi 30 mars dernier. Ce jour-là, Monsieur Patassé avait été interdit de prendre le vol de Kenya Airways après s’être pourtant présenté à l’aéroport et obtenu les assurances qu’il pouvait voyager. Ces assurances lui avaient été données par  l’ancien président burundais Pierre Buyoya, médiateur dans la crise centrafricaine, lequel avançait un engagement obtenu du président François Bozizé lui-même. Or les autorités sécuritaires de l’aéroport disaient s’appuyer sur des instructions émanant de la « haute hiérarchie de l’Etat ».

Pour se justifier, le gouvernement centrafricain avait alors indiqué que « les documents relatifs au voyage de Patassé n’étaient pas conformes et qu’il fallait une évacuation digne de ce nom, avec une prise en charge du trésor public. La destination finale proposée est l’hôpital Val-de-Grace de Paris et non Malabo ».

Les restrictions de sortie du pays s’étaient élargies à l’ensemble des opposants. Ces derniers ont toujours campé sur leur exigence que les élections du 23 janvier dernier soient annulées.

 

 

NDLR : Selon nos informations, Michel Gbézéra-Bria, Directeur de Cabinet de Bozizé avait en effet téléphoné la veille au porte-parole de Patassé, Guy-Simplice Kodégué, pour lui apprendre que Bozizé ne voyait plus d'inconvénient pour que l'ex-président Patassé  puisse se rendre à Malabo. C'est donc bien la preuve que c'était bel et bien Bozizé qui faisait le malin depuis lors et non le seul commissaire de l'aéroport Bangui-Mpoko qui empêchait les gens de l'opposition de prendre leurs vols. Un "président" voleur d'élections qui n'a rien d'autre à faire que de contrôler les allées et venues de ses concitoyens, il n'y a que Bozizé seul dans le monde à faire ainsi honte aux Centrafricains en continuant à salir l'image de la RCA comme il le fait depuis qu'il s'est arrivé à la tête de ce pays.    

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 02:10

 

 

 FDS-REBELLES-ABOBO-17-fevrier-2011

 

guerre-dans-Abj.jpg

 

 

(MISNA) 1er Avril, 2011 - 21:36 Le président sortant Laurent Gbagbo et ses Forces de défense et sécurité (Fds) tenteraient d’opposer résistance dans leurs bastions d’Abidjan, la capitale économique, à l’assaut final des Forces républicaines (Frci) du président élu Alassane Ouattara, immédiatement reconnu vainqueur légitime du ballottage des présidentielles du 28 novembre. Ce sont des heures difficiles pour la population tandis que l’économie est paralysée avec des répercussions directes dans toute la région occidentale.  

La MISNA a interrogé l’expert congolais Cyril Musila, professeur de Géopolitique des conflits à l’Université catholique de Paris et chercheur associé au programme Afrique subsaharienne de l’Institut français des relations internationales (Ifri). 

Quel est le point de départ de la ‘bataille’ en acte ces dernières heures à Abidjan et de la longue crise en cours depuis quatre mois ?

Tout a commencé avec la contestation des résultats électoraux. Chacun des deux protagonistes se considérant comme le vainqueur légitime: Alassane s’est fait fort de la légitimation de la commission électorale et de l’Onu (qui a certifié les résultats, ndlr), Gbagbo de celle du conseil constitutionnel. Par la suite chacun des deux protagonistes a pu compter sur un soutien militaire et médiatique, au-delà de l’appui de pays africains et européens qui se sont positionnés en faveur du premier ou du second.

Si nous allons un peu plus en profondeur, on peut affirmer que le problème de fond est l’héritage politique contesté du président Félix Houphouët Boigny (premier président de la Côte d’Ivoire de 1960 à 1993, ndlr), symbole de l’unité ivoirienne. Le fil conducteur de cette crise et de l’histoire récente du pays est le concept d’ivoirité, à savoir la notion politique qui définit les caractéristiques de la nation sur la base de la nationalité ivoirienne et cela s’applique au processus de démocratisation comme à la production culturelle. (Certains chercheurs résument le concept avec la formule de la préférence nationale, ndlr) 

Pouvez-vous approfondir la notion d’ivoirité, c’est-à-dire d’identité nationale et africaine?

Dans cette crise post-électorale on est passé des paroles aux armes.  A 50 ans de l’indépendance du colonisateur français la légitimité du peuple ivoirien était en jeu, alors qu’il était appelé à choisir son président de façon libre et souveraine, sans la moindre interférence étrangère. Les présidentielles de l’an dernier étaient un rendez-vous attendu depuis des années, un tournant historique tant espéré pour la Côte d’Ivoire, mise à genoux par la dernière crise (de 2002 à 2007) : nous voyons à présent comment les choses ont évolué, très mal. La ‘bataille’ d’Abidjan est malheureusement le point d’aboutissement logique de la façon irresponsable dont la crise a été gérée ces derniers mois. La loi fondamentale et la légalité des institutions ivoiriennes ont été contournées : le processus  électoral et le pays a été mis sous tutelle des Nations Unies. Ce qui se passe en Côte d’Ivoire se vérifie dans beaucoup de pays africains: l’Afrique est la grande exclue de la communauté internationale et ne parvient pas à avoir un poids déterminant face aux diplomaties occidentales et des pays émergents. 

Voulez-vous dire qu’encore une fois ce sont les puissances occidentales qui ont décidé en Afrique et pour les Africains?

Tout à fait. Les pays africains subissent des pressions politiques et économiques de la part des bailleurs de fonds qui orientent leurs choix, ils ont une marge de manoeure plutôt limitée. L’Afrique du Sud, par exemple, a adopté une certaine position à l’encontre de Gbagbo et Ouattara parce qu’elle fait partie du G20 et que les jeux sont en ouverts pour l’attribution d’un siège permanent au Conseil de sécurité. Sans parler des sanctions décidées à Bruxelles, New York et Washington par la communauté internationale: un terme vague et vraiment irresponsable qui de fait exclut l’Afrique. Embargo, gel des biens et des fonds : ce sont toujours les mêmes mesures inefficaces qui sont adoptées, traduisant l’incapacité du Nord du monde à gérer et résoudre certaines crises. Ce sont des modalités hypocrites mais surtout irresponsables qui frappent surtout les civils, qui n’ont rien à voir avec les jeux politiques.  Nous savons que les paradis fiscaux se trouvent dans ces mêmes  pays qui sont les premiers à décider les sanctions; il ne faut pas regarder en direction des petites îles exotiques… De la Côte d’Ivoire à l’Egypte et la Libye c’est toujours le même refrain: tant que le dictateur ou le président au pouvoir leur convient, on encaisse son argent, on le recycle, on signe des accords avec lui, puis, quand le vent tourne, on bloque les fonds, les biens et lui fermons la porte au nez. Les vieilles puissances coloniales se rendent compte  qu’elles perdent pied en Afrique et ailleurs tandis que la Chine, l’Inde et d’autres pays émergents sont en train d’y conquérir des positions dominantes. Ils n’acceptent pas cet état de choses et alors ils essaient de récupérer la situation à leur avantage mais en ayant recours à la violence et aux chantages. Tout a été fait pour porter de nouveau la Côte d’Ivoire sur le chemin de la partition de son territoire en deux. Les médias eux aussi ont joué un rôle de premier plan dans la dynamique de la crise. Malheureusement personne n’est parvenu à organiser un colloque direct entre les deux camps rivaux : c’est la voie dont le pays aurait eu besoin.  

Quels sont les enjeux des pays voisins d’Afrique occidentale dans le conflit ivoirien?

Burkinabé, maliens, sénégalais, nigérians, libériens: toutes ces communautés vivent sur le territoire national, surtout depuis les années où la Côte d’Ivoire était considérée la vitrine du développement économique non seulement de la région mais de tout le continent. Durant certaines périodes plus sombres ont afflué des ex-rebelles nigérians (ceux du Biafra, dans les années 50) et des miliciens libériens. Le pays est assis sur une bombe à retardement : les états membres de la Communauté économique des pays d’Afrique  occidentale (Cedeao) le savent bien. Ils ont d’abord parlé trop vite d’une intervention militaire puis ont fait marche arrière, conscients que cela aurait mis en danger leurs compatriotes établis en Côte d’Ivoire. Sur le plan économique  la crise ivoirienne, surtout l’arrêt des échanges commerciaux, se répercute sur toute la région vu que derrière le Nigeria la Côte d’Ivoire est le second poumon économique de la sous-région qui à lui seul contribue à 40% du produit intérieur brut de l’Union économique et monétaire de l’Afrique occidentale (Uemoa). 

Qu’en sera-t-il de Laurent Gbagbo? Quels défis attendent Alassane Ouattara?

L’acharnement entre les deux hommes durant ces quatre derniers mois de crise s’explique par leur haine réciproque et leur difficile passé commun: lorsque Ouattara était premier ministre sous Félix Houphouet Boigny, dans les années 1992-1993, il a fait emprisonner Gbagbo qui à l’époque était un opposant. L’histoire se répète et a de nouveau mis les deux hommes face à face, engagés dans un bras de fer pour la présidence.  Gbagbo aurait dit qu’il ne se rendrait jamais vivant à Ouattara: nous en sommes à la phase finale du règlement de compte. Pour le futur de la Côte d’Ivoire il faudrait s’interroger sur la capacité effective de Ouattara de gouverner le pays et d’amorcer une reprise. Arrivera-t-il à se faire accepter par ceux qui le considèrent comme un citoyen burkinabé et non pas ivoirien ou bien comme le président désigné par la communauté internationale? Par ailleurs il a laissé des traces de son expérience politique passée. En Côte d’Ivoire  comme dans nombre de pays africains, il serait temps de faire table rase du passé pour commencer à écrire une nouvelle page de l’histoire à l’enseigne de rapports paritaires entre Sud et Nord du monde, en confiant le pouvoir à une jeune génération de politiciens las de la corruption et des compromis défavorables. Du reste les vieux dinosaures de la politique africaine sont au pouvoir depuis les années de la décolonisation, depuis longtemps, trop longtemps.

 (Interview de Véronique Viriglio)

 

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 00:13

 

 

centrafrique-carte.gif

 

Ai- Rca- Samedi, 02 Avril 2011 15:48  - La salle de délibération de l'hôtel de ville de Bossangoa, chef-lieu de l'Ouham a abrité le 31 mars la cérémonie de signature d'un protocole d'accord de collaboration entre le Programme de Développement durable du Bassin de Lac Tchad (PRODEBALT) et trois directions régionales partenaires dudit programme.  

C'était en présence du directeur de cabinet, représentant le ministre des eaux et forêts Ruben Nambai et du coordonnateur de PRODEBALT,  Boniface Ndondé.

Selon l'un des directeurs signataires dudit protocole, il s'agit des directions régionales des eaux et forêts, du développement rural et de l'agriculture, de la santé et des affaires sociales qui travaillent en partenariat avec le PRODEBALT implanté dans la région N°3

En prenant la parole, le coordonnateur national du PRODEBALT Boniface Ndondé, a présenté son institution, comme étant un organe mis en place pour la promotion des solutions durables aux différents problèmes identifiés dans les pays membres de la commission du Bassin de Lac Tchad (COBALT).

Selon le coordonnateur, les directions régionales sont des partenaires privilégiés qui ont un rôle capital dans l'exécution de ces  activités du programme sur le terrain.

"La ville de Bossangoa pour abriter cette cérémonie n'est pas un fait du hasard. Parce que Bossangoa est située dans la zone du Bassin de Lac Tchad",  a justifié le directeur de cabinet Ruben Nambai avant d'indiquer que sa position dans la région N°3 et du coup dans la zone du Bassin de Lac Tchad l'expose à des effets néfastes du changement climatique.

Pour M Nambai, les activités prévues pour être financées et exécutées  permettront de restaurer les qualités du sol et des eaux amenant ainsi la région N°3 a recouvré son niveau  d'antan.

Pour mémoire, le PRODEBALT est présent dans tous les 5 pays membres de la Commission du Bassin de Lac Tchad.

Il convient de préciser que, pour la République Centrafricaine, la coordination nationale du PRODEBALT est à Bossangoa et ses activités couvriront toute la région N°3.

Kabongo, Ai Bangui

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 18:19

 

 

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Radio Ndéké Luka Vendredi, 01 Avril 2011 13:52

Le manioc principal aliment de base consommé par les habitants d’Obo (extrême est du pays), se fait rare sur le marché. Le prix est passé de 1500 (environ 2,28 euros) à 3500 francs CFA (environ 5,33 euros) la cuvette. Cette situation fait que la population peine à s’alimenter.

Le correspondant de Radio Ndeke Luka dans cette ville en proie à l’insécurité provoquée par la rébellion ougandaise de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Koni explique : « Il est inutile de se rendre au marché, car même avec un peu d’argent on ne peut rien trouver pour remplir notre panier. La pénurie ne concerne pas uniquement le manioc, mais aussi les légumes. La botte de légumes est passée de 50 (environ 0,7 euros) à 100 francs CFA (environ 0,15). Il y a quelques mois elle était pourtant vendue à 25 francs (environ 0,03 euros) ».

Pour certains habitants, la principale cause de cette crise alimentaire découle du fait que « presque tous les points d’eau sont taris. Il est difficile dans ces conditions de ruisseler le manioc, encore moins irriguer le jardin ».

Plusieurs autres sources indiquent que tous les villages périphériques de Obo sont devenus déserts. Les populations ont fui les attaques de la LRA et se sont réfugiés en ville.  Dès lors, la filière agricole devient improductive.

 

Le Conseil de l’Ordre des avocats s’indigne des restrictions portées à l’exercice de sa profession

JDB, 01/04/2011 10h43

Le Conseil de l’Ordre des Avocats de Centrafrique s’est indigné des restrictions portées à l’exercice de la profession d’Avocats en Centrafrique. Le Conseil de l’Ordre a appris avec stupéfaction l’interdiction de sortie du territoire faite le 23 mars 2011 à l’Aéroport Bangui M’Poko à un de ses membres, en la personne de Maître Nicolas Tiangaye, Avocat et ancien Bâtonnier devant se rendre à N’Djamena au Tchad afin d’assurer la défense des intérêts de son client devant la Cour Commune de justice de la CEMAC, précise la déclaration.

Le Conseil de l’Ordre qui espérait enfin assister à une amélioration de la situation des droits de l’homme en République Centrafricaine et de la profession d’Avocat, garante desdits droits constate, pouvait-on lire dans cette déclaration que tous ces droits et principes garantis par la Constitution et les instruments juridiques internationaux ne cessent d’être menacés.
Le Conseil de l’Ordre des avocats du Centrafrique rappelle les cas du Bâtonnier, Maître Balemby Symphorien et Maître Hotto Blaise Fleury astreints depuis un certain temps à l’exil ou à la clandestinité, appelant ainsi au strict respect de la constitution et des lois en vigueur

 

 

Le personnel de la SOCATRAF en colère

Vendredi, 01 Avril 2011 13:53

Les employés de la Société Centrafricaine du Transport Fluvial (SOCATRAF) exigent le départ sans délais de leur directeur général ainsi que celui des services techniques. Ils ont organisé ce vendredi 1er avril une manifestation pour faire connaître ces exigences. Les employés réclament en outre une augmentation de salaire, et l’amélioration de leur traitement professionnel.

Pour se faire entendre, ils ont à cet effet investi, leur direction générale située au Port Amont au centre ville à Bangui, et empêché deux responsables de nationalité française, d’accéder à leur bureau.

Jean Claude KOSSI l’un des manifestants, a expliqué que leur mouvement résulte du non « respect » de plusieurs engagements par leur directeur. Selon lui, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est « le refus du DG d’autoriser le véhicule du service d’assister la famille d’un de leurs, décédé après 42 ans de service ».

L’autre point  concerne « la non ouverture de négociations à propos de la proposition d’augmentation de salaire à 25% au lieu de 2%, fixée par le leader de cette entreprise publique », indique-t-il.

Pour les manifestants, « seul le Ministère des transports peut apporter une solution à ce désaccord qui risque de perturber la navigation fluviale d’ici quelques temps ».

Signalons que la direction générale de la SOCATRAF ne s’est pas encore prononcée sur ces revendications  soulevées par  son personnel. Quant aux manifestants, ils se sont radicalisés. Dans une lettre envoyée au président François Bozizé dont Radio Ndeke Luka a obtenu copie, ils exigent tout simplement l’expulsion du pays de leur Directeur Général.

 

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 18:06

 

 

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Ai- Rca- Vendredi, 01 Avril 2011 14:55 - Une  délégation d'observateurs de l'Union Africaine conduite par l'ancien Ministre d'Etat Boussoukou Bouba, venue à Bangui pour une mission d'observation des scrutins législatifs du second tour qui s’est tenu le 27 mars dernier  a été reçue en audience le  30 mars  par le président François Bozize.

Selon une source proche de la présidence, cette délégation venait  remercier le locataire du palais de la renaissance des mesures prises en vue de la tenue de ce second tour.

"L'élection s'est déroulée  dans un climat  apaisé. Nous exhortons les  responsables politiques de penser d’abord au pays et à son développement,  pour le bien-être  de nos enfants,  de nos petits-enfants,  et de nos arrières petits enfants",  a déclaré M Boussoukou Bouba au sortir de l'audience.

Avant de lancer un vibrant appel aux partenaires de l'Union Africaine "d'aider la République Centrafricaine à se développer après la période des élections que nous venons de traverser".

Selon l'envoyé spécial de l'Union Africaine, il est temps que tout le monde s'arme pour le développement de la RCA au lieu de recourir à d'autres subterfuges.

"Que tous ceux qui se disent cadres de ce  pays,  qu'ils soient du pouvoir ou hors du pouvoir, devraient maintenant s'atteler au développement de la République Centrafricaine",  a  conclu le représentant du président de la commission de l'Union Africaine Jean Ping.

Il convient de rappeler que, la délégation  est à sa deuxième mission d'observation des élections à Bangui.

Kabongo, Ai Bangui

 

NDLR : Tous ces obscurs ex-ministres africains que l'UA recrute et ne cesse d'envoyer en mission en Centrafrique la représenter font des déclarations et des analyses qui ne tiennent pas du tout compte du hold-up scandaleux de Bozizé et Binguimalé et des Centrafricains qu'ils ont abusés lors de la parodie d'élections du 23 janvier 2011. De quel développement parle ce monsieur lorsque Bozizé qui ne cesse de parler de Kwa Na Kwa a voulu siphonner les fonds de l'USAID destinés au financement d'un projet routier qui devait générer 9000 emplois, comme l'a récemment révélé les câbles de Wikileaks.   

 

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 17:32

 

 

 

FDS-REBELLES-ABOBO-17-fevrier-2011.jpg

 

Radio Ndéké Luka Vendredi, 01 Avril 2011 13:48

 

La crise ivoirienne fait déjà des victimes au sein de la communauté centrafricaine présente en Côte d’Ivoire. Six personnes sont déjà mortes depuis le déroulement de ces évènements malheureux. Quatre d’entre elles ont été atteintes par des balles perdues alors qu’elles courraient trouver refuge à l’Ambassade de la République Centrafricaine à Abidjan. Les deux autres ont été retrouvées calcinés dans la rue. On ignore pour le moment dans quelles circonstances exactes elles ont été tuées

 

 Radio Ndeke Luka a pu révéler dans son journal de la mi-journée de ce vendredi 1er avril 2011, qu’une cinquantaine de Centrafricains ont réussi à se réfugier  à l’Ambassade centrafricaine à Abidjan. L’un d’entre eux, Fériole FEÏDANGARE, joint au téléphone  a indiqué que leurs conditions de vie à l’intérieur des locaux sont très critiques.

« Nous sommes privés de nourriture, d’eau et de lumière à l’Ambassade où nous sommes refugiés, avec enfants et femmes, sans secours et la situation reste tendue », a-t-il expliqué. Il a précisé qu’il n’y a avec eux aucun membre du personnel de l’Ambassade et « c’est la Croix rouge locale qui a transporté les cadavres à la morgue de l’hôpital de la capitale ivoirienne ».

Poursuivant ses explications, Fériole FEÏDANGARE a lancé un appel aux autorités centrafricaines à Bangui : « Nous attendons à bras ouverts l’aide du gouvernement centrafricain pour nous tirer de cette situation précaire. Nous souhaitons dans l’immédiat d’abord notre évacuation dans un pays voisin de la Côte d’Ivoire ».

La communauté centrafricaine en Côte d’Ivoire est forte de quelques milliers de ressortissants. Par elle, on trouve des étudiants, des hommes et des femmes d’affaires, et des travailleurs employés dans diverses structures privées du tissu économique ivoirien. Pour le moment l’appel de détresse lancé sur les ondes de Radio Ndeke Luka, n’a pas enregistré de réaction de la part des autorités à Bangui.

 

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 01:02

 

 

 

Bozize KNK 

 

 

Binguis

 

 

La copie de l’explosif rapport de la Mission des Experts Electoraux de l’Union Européenne étant également parvenue à la rédaction de Centrafrique-Presse, celle-ci se fait le plaisir et l’obligation non pas de le publier in extenso mais de mettre à la disposition de ses fidèles lecteurs, ses principaux extraits. Le rapport présente le mérite de décrire par le menu comment la CEI de Binguimalé s’en est prise et a opéré pour donner la prétendue victoire à Bozizé dès le premier tour à la stupéfaction générale des observateurs et des Centrafricains.

Nos lecteurs ainsi que tous les démocrates et les Centrafricains qui le liront, s’apercevront en effet que le double scrutin qui s’est déroulé le 23 janvier 2011 n’aura été qu’une véritable plaisanterie et une parodie d’élections, à en juger par l’étendue de la fraude et des graves irrégularités qui les ont émaillées. Ils se feront une claire idée des diverses techniques et recettes de fraudes électorales mises en œuvre par la CEI de Binguimalé, tant à Bangui que dans les bureaux de vote des provinces.

Il s’agit effectivement de méthodes de fraudes dignes de vrais gangsters qui ont logiquement abouti à ce qui mérite amplement à juste raison d’être qualifié de hold-up électoral. Ils se rendront aussi aisément compte dans le détail que ce gigantesque dispositif et ce grandiose numéro de  prestidigitation de Bozizé avec son homme de main le vrai faux pasteur Joseph Binguimalé qu’il a imposé à la tête de la CEI, n’est pas, dieu merci, passé inaperçu, la preuve, ce rapport qui les met à nu et jette sur eux l’opprobre.

Tout cela rend d’autant plus illégitime le « président » Bozizé que sa malhonnêteté qui l’a conduit à voler le suffrage universel des Centrafricains ne peut qu’inspirer indignation et dégoût. Son empressement à organiser son « investiture » trahit fort bien son profond désarroi et le fait qu’il n’a pas la conscience tranquille. Le boycott par l’Union Européenne de cette tragi-comédie du 15 mars dernier appelée « investiture » est bel et bien à la hauteur de l’imposture. Il s’agissait d’un non-événement comme l’a si bien dit quelqu’un. Après la lecture de ce rapport, une seule idée vient à l'esprit : l'annulation pure et simple des résultats de cette grotesque mascarade électorale.  

Rédaction C.A.P

 

 

UE logo

Les principaux extraits de l’explosif rapport de la Mission des Experts Electoraux de l’UE

 "Dès le 28 janvier, une nouvelle méthode a été expérimentée : les commissaires de la CEI (majoritairement KNK) ont occupé la salle de dépouillement et ont effectué sans contrôle la « révision » et l’« approbation » des différents PV de la CEI hors la présence de l’opposition, des médias ou des observateurs nationaux.

Dans les jours qui ont suivi, les résultats provisoires « partiels » ont été dénoncés par RFI (dès le 5 février) puis par les partis de l’opposition, comme étant basés sur 72,67% des BV et non la totalité (soit 3356 BV comptabilisés sur les 4618) et comme étant entachés de fraude.

La CEI a proclamé les résultats des législatives le 6 février 2011. Un tiers des 105 sièges en lice ont été attribués dès le premier tour et se répartissent de la manière suivante : le parti présidentiel KNK emporte 26 sièges, 8 sont attribués à des candidats indépendants, dont la moitié est proche du KNK comme par ex. Aurélien Simplice ZINGAS ou Socrate BOZIZE) et un au MLPC parti d’opposition. On notera qu’un certain nombre de membres de la famille BOZIZE ont été élus députés dès le premier tour des législatives : outre le Président lui-même, élu dans le 4ème arrondissement de Bangui, ont été élus son épouse Monique (Bimbo 2), ses deux enfants Jean Francis (Kabo) et Socrate (Gambo), son frère aîné Jean Roger OUEFIO (Bossangoa 3) ainsi que sa soeur cadette Joséphine KELEFIO (Bossangoa 2) et son neveu le Colonel Sylvain NDOUTINGAI, actuel Ministre d’Etat en charge des Mines (Berbérati 1). La presse n’a pas manqué de qualifier l’Assemblée Nationale de « maison familiale » ou de « ferme Bozize » (Centrafric Matin du 8 février 2011) et de relever que l’Assemblée Nationale accueillera également « la maîtresse du Chef de l’Etat Mlle SAMBO BAFATORO Madeleine…miraculeusement donnée gagnante avec plus de 55% » dans la circonscription de Carnot 1 (cf. annexe sur les lourds soupçons de fraude pesant sur cette élection). Ainsi le « clan » BOZIZE est avec le KNK le grand vainqueur du 1er tour des législatives en emportant presque le quart (8 sièges) des 35 sièges attribués…

8.2. Des scrutins sujets à caution au regard des critères internationaux de sincérité, de transparence, d’équité et de régularité régissant les élections démocratiques

Alors que les observateurs nationaux et internationaux ont été quasiment unanimes à relever des irrégularités, le plus souvent attribuées sur un mode mineur à des difficultés logistiques (comme par ex. les retards pris dans l’acheminement du matériel électoral), les scrutins du 23 janvier 2011 semblent, au-delà des problèmes logistiques, avoir été marques par des irrégularités et des fraudes survenues à différents niveaux du processus électoral – du Bureau de vote à la CEI en passant par les Comités locaux- et commises par le parti dominant KNK et ses alliés.

L’analyse du déroulement des scrutins et les péripéties du dépouillement des votes mettent en évidence un certain nombre d’éléments qui, mis en relation, constituent un faisceau de présomptions de manoeuvres frauduleuses entravant la transparence et la régularité des opérations électorales :

L’annulation de fait par la CEI des résultats dans plus de 27% des Bureaux de Vote et la « réorganisation » de la cartographie des BV et de la « population » électorale

Révélée par RFI le 5 février 2011 sous le titre « La Commission Electorale n’a pas fait le plein des votes », l’absence de comptabilisation de 1262 bureaux de votes – une « omission » concernant 27,33% du nombre total des BV et dans lesquels étaient inscrits 466,525 électeurs, soit 25,55% du corps électoral- agite désormais la classe politique, ce qui a conduit le Président de la CEI à publier le 6 février 2011 un communiqué de presse précisant que la non comptabilisation des résultats de « plus de 1000 bureaux de vote » concerne des « résultats litigieux » qui « portent exclusivement sur le scrutin législatif dont le traitement est en cours » (souligné par nous) ; le communiqué de presse du Président de la CEI dressait l’inventaire des origines « diverses et variées » de ces litiges : « PV signés mais sans feuilles de résultats ou de pointage ; PV et feuilles de résultats non signés ; feuilles de résultats ou de pointage non signées ; feuilles de résultats ou de pointages ne portant pas le nom du candidat ;

feuilles de résultats ou de pointage portant les noms de candidats mais sans résultats par candidat ; PV vierge ou partiellement remplis ; feuilles de résultats et/ou de pointage sans procès-verbaux, etc.. La Commission Electorale en fait n’a pas communiqué « spontanément » sur ce que l’on peut considérer comme la fragilité majeure des scrutins du 23 janvier 2011, puisqu’elle a concerné plus d’un électeur centrafricain sur quatre, dont le vote n’a pas été pris en considération. Enfin, en précisant dans ce même communiqué que les résultats « litigieux » concernent « exclusivement le scrutin législatif », la position du Président de la CEI est absurde. Lorsque la presse centrafricaine, à la suite de RFI, a évoqué cette non comptabilisation de résultats électoraux, la CEI et les responsables (AT internationaux) du programme PACE n’ont pas fourni d’explication claire sur ce dysfonctionnement majeur.

C’est sans doute en raison de ce « précédent » que les résultats provisoires de l’élection législative ont été publiés le 6 février sans référence à des chiffres globaux - notamment sur le taux de participation, le nombre total de BV « compilés » et le taux de compilation ou encore le nombre des dérogations) chiffres au coeur de la polémique suscitée par la publication des résultats de la présidentielle. Par ailleurs les résultats du scrutin législatif ont été compilés au niveau des communes et non au niveau des centres de vote et des bureaux de vote, ce qui avait été le cas pour l’élection présidentielle. L’Union Européenne avait pu obtenir un CD préparé avec le concours de l’assistance technique internationale et recensant par bureau de vote les résultats électoraux dont les informations ont été strictement cantonnées à la CEI et n’ont fait l’objet d’aucune diffusion dans les médias. Cette attitude donne l’impression que la CEI ne veut pas donner d’information sur la ventilation des résultats électoraux par bureau de vote, parce que la diffusion de ces informations mettrait en évidence que les scrutins présidentiels et législatifs n’ont pas été effectivement tenus dans un nombre relativement important de BV figurant dans l’arrêté portant localisation des BV. La diffusion de ces informations mettrait en évidence que les PV « manquants » des BV concernent non seulement des circonscriptions marquées par une forte insécurité mais également des préfectures favorables à l’opposition, le meilleur exemple étant sans doute celui de l’Ouham-Pende, où les résultats de 47,39% des BV (représentant 90,657 électeurs, soit 49,95% des inscrits dans la préfecture) ne sont pas retracés dans la « compilation » des résultats effectuée par la CEI.

Une raison supplémentaire motivant très certainement l’opacité de la communication de la CEI sur cette question réside dans la « reconfiguration » de la cartographie et de la « population » électorale qui a été mise en évidence le jour du scrutin. De manière inexplicable au regard de l’impossibilité pratique qu’ont eu les électeurs d’exercer un quelconque recours en matière d’inscription ou de radiation sur les listes électorales (cf. ci-après point consacré à l’affichage des listes électorales), les effectifs des électeurs inscrits ont connu de très importantes variations dans nombre de BV. Dans plusieurs arrondissements de Bangui, le nombre d’inscrits dans différents BV a ainsi été largement supérieur à celui mentionné dans la data base GEOPLERCA de la CEI (aucun des 4618 BV « validés » figurant dans ce document n’affiche, conformément au code électoral des effectifs supérieurs à 700 électeurs). Sur la base des PV des BV obtenus de la CEI jusqu’au 30 janvier 2001 – le lendemain le Président de la CEI a interdit la transmission de tout copie des PV de résultats et qui concernaient 247 des 496 BV de Bangui, la MEE-UE a pu constater que 56 BV d’entre eux (soit 22,6%) dépassaient le seuil des 700 inscrits. Au total 15779 électeurs ont été ajoutés sur les listes électorales de la moitié des BV de Bangui avec des « pics » dans certains arrondissements en particulier dans le 4ème arrondissement (où François BOZIZE se présentait à la députation) : le BV 10 du Centre de Vote Ecole Notre Dame d’Afrique affichait par exemple un nombre d’inscrits de 1352 sur le PV des résultats soit 850 électeurs de plus que celui mentionné dans la data base de la CEI. L’échantillon dont disposait la MEE (6 BV sur les 78 de la circonscription), révélait un « surplus » de 1776 électeurs inscrits. Dans le 6ème arrondissement 12 des 60 BV dépassaient le seuil des 700 électeurs affectant principalement 8 des 20 BV de l’Ecole Pétévo.

Le rapprochement de ces données statistiques avec les résultats de la présidentielle, qui révèlent que dans la capitale, 22,78% des BV (113 sur 496) n’ont pas été comptabilisés, a conduit la MEE à formuler l’hypothèse que la CEI a « couvert » la fermeture délibérée le jour du vote d’un certain nombre de BV à Bangui ainsi que dans les circonscriptions proches de Bimbo et la « ventilation » d’une partie de leurs électeurs dans d’autres BV où leurs suffrages pouvaient s’avérer plus « utiles » pour faire pencher la balance en faveur des candidats de la majorité présidentielle…Une autre pratique également « couverte » par la CEI a sans nul doute été l’ajout de dizaines voire de centaines d’électeurs sur les listes électorales de certaines circonscriptions alors que ces électeurs figuraient déjà dans les listes électorales d’autres circonscriptions. Il est certain que de telles fraudes ont été rendues possibles à une grande échelle par l’existence de listes électorales manuelles (l’informatisation des listes électorales prévue par le Code électoral aurait rendu plus difficile de telles manipulations en raison de l’existence de logiciels permettant le «dédoublonnage» et l’apurement des listes) ainsi que par l’absence de leur affichage avant le scrutin.  

Le nombre très élevé de votes par dérogation

 

Au regard du faible taux de participation, on ne peut être que surpris de l’ampleur du nombre de votants par dérogation à la présidentielle – 47,120- soit 4,77% des suffrages exprimés, un chiffre qui, de manière « surprenante » pour des scrutins « couplés », est passée à 52,286 (soit 5,45% des votants) aux législatives. La Cour Constitutionnelle a dénombré 53,823 votants par dérogation au scrutin présidentiel. Le second constat que l’on peut faire est qu’environ 25% des votes par dérogation (11,894 pour la présidentielle et 12,788 pour les législatives…) sont intervenus dans la capitale et ils ont représenté 8,30% des suffrages exprimés soit le double de la moyenne nationale.

 

LE CAS DE L’ELECTION DE F. BOZIZE A LA DEPUTATION

 

Dans le 4ème arrondissement, où François BOZIZE se présentait à l’élection législative avec pour adversaire un candidat très bien implanté dans la circonscription (Me Nicolas TIANGAYE, Président du CRPS), il y a eu 4760 votes par dérogation à la présidentielle sur 25,888 votants et 6436 au scrutin législatif sur 28,486 votants, soit respectivement 18,38% et 22,80% des votants, sans doute le record national.

Le nombre de votes par dérogation dans le quatrième arrondissement représentait à lui seul la moitié du nombre total des votes par dérogation de Bangui…Si l’on rappelle ici les chiffres officiels de la CEI relatifs aux scrutins « couplés » des élections présidentielle et législative dans le 4ème arrondissement de Bangui c’est pour en souligner l’incohérence, d’ailleurs déjà mise en évidence dans son recours devant la Cour Constitutionnelle par Me TIANGAYE, distancé par son adversaire d’environ 2900 voix au scrutin législatif. Les résultats annoncés par la CEI supposent en effet que 1676 votants par dérogation ont délaissé le scrutin présidentiel pour se « concentrer » sur la seule élection législative. Une autre hypothèse qui a semblé plus réaliste à la MEE-UE est que le déséquilibre des votes par dérogation entre les deux scrutins visait à « garantir » la victoire de François BOZIZE sur son rival.

L’ampleur du nombre de votes par dérogation laisse en outre planer un sérieux doute sur le respect des dispositions de l’art.77 du Code électoral régissant le vote par dérogation. On relèvera sur la base des témoignages d’observateurs (ainsi que de la MEE), que les électeurs ayant voté par dérogation à Bangui ne semblent pas avoir présenté aux membres des BV leurs ordres de mission... Au regard de ces faits et des statistiques relatives au personnel des forces de défense et de sécurité (moins de 10,000 hommes), on peut conclure que la procédure du vote par dérogation a abouti dans nombre de cas à des votes multiples des forces de défense et de sécurité (en particulier la Garde présidentielle) en faveur des candidats de la majorité présidentielle.

 

· L’absence d’affichage des listes électorales avant le scrutin

Malgré l’exigence d’affichage au moins 60 jours avant le scrutin posée par le Code électoral (art.62 du Code électoral) afin de permettre aux électeurs de s’assurer qu’ils pourront exercer effectivement leur droit de vote, la CEI n’a pas fait l’effort requis pour garantir ce droit fondamental : les électeurs ont pu au mieux consulter les listes la veille ou le jour même du scrutin, ce qui n’a pas permis d’exercer de recours en rectification et a favorisé diverses manoeuvres frauduleuses (en particulier le vote multiple, déjà facilité par l’existence de cartes d’électeurs non sécurisées). Pourtant lors du Comité de pilotage du projet PACE du 29 décembre 2010, le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation avait annoncé que le gouvernement « prendra un arrêté dès le lendemain concernant l’affichage des listes » afin que celui-ci « soit effectif le plus rapidement possible »….

L’affichage très tardif des listes électorales a entraîné l’impossibilité pour nombre d’électeurs d’exercer leur droit de vote tout simplement parce qu’ils ne retrouvaient pas leur nom sur les listes électorales. En outre des erreurs de transcription, des omissions ou des ajouts ont été identifiées dans les listes électorales affichées le jour du scrutin.

· La localisation de nombre de BV dans les domiciles des chefs de village ou de quartier

La localisation de centaines de BV aux domiciles des chefs de village ou de quartier, qui constituent un rouage de l’administration territoriale, est traditionnelle en RCA, en dépit de son influence potentielle sur la liberté de choix des électeurs en raison de la proximité des chefs de village et de quartier avec le pouvoir politique. Le choix d’un lieu politiquement « neutre » pour exercer son devoir civique est désormais inscrit dans divers codes électoraux africains.

· Les conditions de désignation des responsables des bureaux de vote

Alors qu’il est précisé dans le Code électoral (art.63) que les membres de BVD doivent être désignés 45 jours avant le début de la campagne électorale sur la base de critères de compétence, d’intégrité morale et de civisme, dans les faits l’opposition n’a pas cessé de critiquer le mode de désignation des membres de BVD par une mission de représentants de la Coordination nationale appartenant à la majorité présidentielle et aux entités qui lui sont proches déployée en décembre 2010. Ce contrôle de la gestion des BV exercé par la majorité présidentielle s’est parfois traduit par l’impossibilité pour certains mandataires de l’opposition d’exercer le droit de contrôle des opérations électorales qui leur est reconnu par le Code électoral ;

· Le refus de communiquer copie des PV de résultats des BV aux représentants des partis politiques ou des candidats indépendants tant au niveau de la CEI qu’à celui des Bureaux de vote

L’affichage des listes électorales et la transmission de copies des Procès-verbaux (PV) de dépouillement des votes sont considérées comme des normes « standard » en matière de transparence des scrutins. Bien qu’expressément prévues par le Code électoral, elles n’ont pas été effectives lors des élections couplées du 23 janvier 2011, tant au niveau de nombre de BV qu’à celui de la Coordination Nationale de la CEI. Lors de leur conférence de presse commune du 7 février , les candidats PATASSE, NAKOMBO et ZIGUELE ont rappelé que leurs représentants, à l’issue du scrutin du 23 janvier 2011 avaient été « interdits d’accès ou chassés de la plus grande partie des bureaux de vote dans tout le pays. Là où ils ont pu nous représenter, les procès-verbaux leur ont été dans la plupart des cas purement et simplement refusés» .On rappellera également que le Président de la CEI a décrété à partir du 30 janvier un « embargo » sur la distribution de copies des PV des BV.

· Multiplicité des modèles de cartes d’électeurs ou de documents en tenant lieu (récépissés) non sécurisés

La multiplicité des cartes d’électeurs en circulation ou des documents qui en tiennent lieu de carte d’électeur informatisée ; carte d’électeur provisoire manuelle ; simple récépissé d’inscription rédigé sur papier libre- a privé les scrutins de toutes garanties de sécurisation, en ouvrant la voie aux votes multiples et à d’autres fraudes. Des stocks de cartes d’électeur ont été détournés au détriment de milliers d’électeurs qui ont dû se contenter de récépissés et autres « jetons ». De fait aucune comptabilité « officielle » n’a été tenue par la CEI sur le nombre de cartes d’électeurs manuelles ou informatisées qu’elle a réceptionné, cette absence de « traçabilité » ayant manifestement favorisé les votes multiples. Il existe pourtant des documents permettant d’avoir une idée plus précise du nombre de cartes d’électeurs commandées par la CEI. Le PNUD a ainsi reçu une liste le 1er octobre 2010 une liste relative au « Matériel électoral déployé pour le recensement électoral par la CEI » récapitulant les montants et quantités des cartes d’électeurs déployées pour le recensement : la CEI précisait ainsi avoir commandé et fait fabriquer 2, 405,000 cartes manuelles et 500,000 cartes informatisées (par les soins de la société « Empreintes »), soit au total 2, 905,000 cartes d’électeurs. En définitive ont été fabriquées un million de cartes d’électeurs supplémentaires par rapport au nombre des électeurs inscrits…On comprend donc difficilement comment certains électeurs ont dû se contenter d’un bout de papier manuscrit (récépissé) faisant office de « carte d’électeur »…Les chiffres ci-dessus permettent de comprendre que les stocks de cartes d’électeur circulant sur tout le territoire national n’étaient pas une fiction forgée par les partis d’opposition mais relevaient bien d’un système organisé de fraude…

· L’intrusion, selon les partis d’opposition, des forces de défense et de sécurité dans un certain nombre de BV

Parmi les incidents qui ont émaillé la journée du 23 janvier 2011, l’opposition a fait état de l’intrusion de membres des forces de défense et de sécurité dans nombre de BV en vue d’intimider les électeurs et de les amener à voter en faveur de la majorité présidentielle. (cf. par ex. le cas de Bossangoa, évoqué dans l’annexe du présent rapport).

 

· L’influence omniprésente des autorités administratives (représentées de droit par les sous-préfets dans les Comités locaux au titre de l’entité « Pouvoirs publics ») sur le processus électoral

La volonté des autorités administratives de peser sur l’issue des scrutins semble avoir été largement répandue ; les autorités en procédant à un mouvement de nominations à grande échelle dans le corps préfectoral intervenu peu de temps avant les scrutins du 23 janvier 2011 s’était assuré de gages supplémentaires en matière de loyauté et d’ « engagement » de cette catégorie de hauts fonctionnaires qui en raison de son appartenance à l’entité « pouvoirs publics » de la CEI et de ses démembrements ont exercé une influence très forte à toutes les étapes du processus électoral. Si l’activisme de certains membres du corps préfectoral a débouché comme à Bossangoa sur des voies de fait (cf. point précédent), il apparaît avoir inspiré ailleurs la « fabrication » d’affaires montées de toutes pièces comme celle concernant le candidat RDC Apollinaire M’BESSA dans la circonscription de Dede-Mokouba "

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