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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 21:35

 

 

AFP

 

 

 

MESSAGE DE CONDOLEANCES DE MARIE-REINE HASSEN

Ancien Ministre

A L’OCCASION DU DÉCÈS DU PRÉSIDENT ANGE FÉLIX PATASSÉ

Un grand Homme d’Etat, un combattant de la liberté, Ange Félix Patassé vient de nous quitter. La Nation vient de perdre un illustre fils, un étalon à la dimension politique et au charisme incontestés.

Il a œuvré dans tous les combats pour qu’émerge un Etat de droit, souvent dans des conditions difficiles, voire approximatives, mais il est toujours resté attaché avec une ferveur indéfectible à son peuple et à son pays.

Puisse cet exemple inspirer la jeune génération, et au delà, l’ensemble de la classe politique.

Son œuvre certainement lui survivra, comme le disait l’autre : « Il y a des morts qui aident à vivre ».

A sa famille éplorée, à ses compagnons de lutte, à tous ses amis, je tiens à mon nom personnel, à celui de ma famille, et au nom de mes collaborateurs, à présenter mes condoléances les plus sincères.

Que sa terre natale la Centrafrique lui soit légère.

 

Paris le 07 avril 2011

 

MRH

Marie-Reine HASSEN

 

 

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 16:23

 

 

libye carte

 

 

TRIPOLI - AFP / 10 avril 2011 17h15 - Les dirigeants africains mandatés par l'Union africaine (UA) pour une médiation en Libye sont arrivés dimanche à Tripoli, où ils vont tenter d'obtenir une cessation des hostilités, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les cinq dirigeants étaient partis séparément de Nouakchott, où ils s'étaient réunis samedi soir.

Le premier à se poser à l'aéroport de Miitiga, près de Tripoli, a été le président malien Amadou Toumani Touré. Il a été suivi par ses homologues Jacob Zuma (Afrique du Sud), Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie) et Denis Sassou Nguesso (Congo), ainsi que par le ministre ougandais des Affaires étrangères Henry Oryem Okello, qui représente le président Yoweri Museveni.

Les dirigeants ont été accueillis notamment par des partisans de Mouammar Kadhafi, portant des portraits du dirigeant libyen et des drapeaux verts, du régime du colonel.

La veille, à l'issue de leur réunion à Nouakchott, les médiateurs avaient réaffirmé les objectifs de leur mission: "cessation immédiate de toutes les hostilités", acheminement de l'aide humanitaire et ouverture d'un dialogue entre le régime et l'insurrection.

Après Tripoli, les médiateurs doivent se rendre dimanche soir et lundi à Benghazi, fief rebelle de l'est du pays, pour tenter de convaincre l'insurrection de baisser les armes.

(©)

 

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 16:05

 

 

Mamba-Chaka-Vincent.jpg

 

Vincent Mambachaka ici avec un chapeau

 

 

Semaine culturelle et sportive de l’étudiant africain

 

Source : lopinion.ma 9/4/2011

La trentième édition de la semaine culturelle et sportive de l’étudiant africain au Maroc, dont la clôture est prévue, ce samedi 9 avril à l’Ecole Mohammédia des Ingénieurs (EMI), s’annonce rythmique avec la présence d’une troupe artistique très cotée sur le continent africain. Il s’agit du célèbre Ballet national de la République Centrafricaine (RCA).

 Invité d’honneur par l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI) et la Banque populaire centrafricano-marocaine (BPCM), fruit de la bonne coopération entre le royaume du Maroc et la RCA, le Ballet compte tenir en haleine, durant toute la soirée, la salle qui sera archicomble à n’en pas douter. Il ne peut en être autrement quand on sait que le Ballet nationale de la RCA, créé en 1966, et qui se renouvelle chaque à chaque fois dont la nouvelle génération remonte à 2003, dispose de beaucoup de tableaux pour créer l’ambiance.
Composée de 35 membres, sous la houlette de Joseph Rangua, (chorégraphe et anthropologue, au commande depuis 2000), la troupe symbolise à elle seule déjà toute la diversité et la richesse de la culture centrafricaine. Managé depuis 2000 par Vincent Mambachaka, le Ballet promet sur toute la ligne car Mambachaka n’est pas non plus de la dernière pluie dans ce métier. En effet, le manager de Ballet nationale de la RCA est expert en ingénierie culturelle, directeur du Centre culturel «Espace Linga Tere» et directeur de la radio culturelle «Linga FM». Pour lui, la mission du Ballet est d’abord l’enrichissement, la recherche sur les musiques, rites et traditions de la RCA mais aussi la sauvegarde et la promotion de la culture centrafricaine à travers le monde.

Relevant du ministère de la Jeunesse, du sport, de l’art et de la culture, le Ballet national de la RCA bénéficie d’une grande notoriétédans le cosmos artistique africain en raison de la vivacité de ces «amazones». Leur rythme endiablé, exécuté avec la souplesse du corps, leurs instruments traditionnels, leurs costumes hauts en couleur, leurs voix ensorcelantes, transportent le spectateur dans un monde de joie et de gaité aussi loin que possible. Et ce n’est pas fortuit si Mambachaka, dans une déclaration à la presse, souligne que ses poulains donneront le meilleur d’eux-mêmes ce soir devant une salle surchauffée. «Le fait de se retrouver au Maroc est important pour nous car cette invitation nous permet à la fois de montrer les potentialités, la diversité et la richesse de la culture de notre pays, la Centrafrique. Et ce que nous voyons ici est impressionnant car il s’agit d’un vrai brassage culturel de voir ces étudiants, plus de 40 nationalités différentes, venant des cinq continents, unis et qui fêtent ensemble dans la joie et dans l’allégresse durant toute une semaine. Ce challenge que l’Agence marocaine réussit allègrement est à saluer et représente un exemple à louer et à encourager», fait remarquer Mambachaka.

 Il y a de quoi car ils sont plus de 8000 étudiants africains et étrangers à majorité africaine, dont plus de la moitié bénéficie d’une bourse d’études octroyée par l’Agence sans oublier que l’Agence inscrit chaque année environ 1500 nouveaux bacheliers d’horizons différents bénéficiant d’une bourse d’études, reflet de la bonnecoopération qu’entretient le Maroc avec les Etats amis en Afrique ou ailleurs. Lesquels poursuivent leurs études supérieures dans les universités, écoles, instituts et autres établissements de formation professionnelle marocains.

Pour rappel, la semaine culturelle de l’étudiant africain est organisée par la Confédération des élèves, étudiants, stagiaires africains et étrangers au Maroc (CESAM) sous le parrainage effectif de l’AMCI, Elle est l’occasion pour ces futurs cadres ou déjà en fonction de se retrouver dans un climat de convivialité et de fraternité. Chaque année, un programme diversifié est proposé au public. Pour l’édition 2011, les organisateurs ont placé les festivités sous le thème «Le développement durable: avenir à négocier» avec au programme plusieurs disciplines sportives et de jeux de société. In fine, le coup d’envoi de cette 30ème édition a été donné samedi 3 à la Cité universitaire internationale, dans une ambiance festive, en présence de plusieurs Ambassadeurs africains accrédités à Rabat, du représentant de la Mission diplomatique de l’Autorité palestinienne ainsi que du Directeur Générale de l’Agence marocaine de coopération internationale entouré de son staff technique.

 

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 16:02

 

 

 

char-fran-ais.jpg

 

 

 

Marianne Dimanche 10 Avril 2011

Jean-Dominique Merchet, http://www.marianne2.fr/blogsecretdefense

Les nouvelles ne sont pas bonnes. Ni en Libye, ni en Côte d'Ivoire, où nos forces armées sont engagées dans des combats politiquement incertains. Peu d'observateurs et d'experts se risquent à briser le consensus sur ces actions, à en interroger, non seulement l'efficacité, mais également l'opportunité et la légitimité. Il le faut pourtant, sans pour autant se départir d'un soutien inconditionnel aux militaires français qui y participent en notre nom. Car ces guerres ne sont pas celles de l'armée française, elles sont celles de la France et des Français. Cela nous engage tous, nous les citoyens français.

 En Libye : les frappes aériennes durent depuis plus de trois semaines et Kadhafi est toujours là. Les mauvaises surprises s'accumulent.

1) La capacité de résistance et d'adaptation des troupes loyalistes, qui agissent de manière professionnelle et rationnelle. Leur aviation a été détruite, leur "poing blindé" également. Ils utilisent des véhicules banalisés, se réfugient dans les zones urbaines, misent sur leur artillerie d'une portée de 20 km. Bref, ils se protègent et gardent l'initiative sur le terrain. Faut-il s'en étonner ? La guerre serait si jolie si l'ennemi se comportait comme un allié, s'offrant sans résister ni répondre à nos coups, et se conformant poliment à nos désidératas. Grâce à ses milliards et à de vieilles solidarités tribales, Kadhafi conservent des troupes et des bastions. Il peut même faire appel à des mercenaires, et pas les plus nuls comme ces Tchadiens que l'armée française a depuis longtemps appris à respecter. Notre problème, à nous occidentaux, c'est que nous méprisons trop nos ennemis. On s'attendait vraiment à ce qu'ils se débandent au premier passage d'un avion de chasse dans le ciel ?

2) L'inexistence militaire de l'insurrection. Pour qualifier les "forces" insurgées, mon confrère du Figaro Adrien Jaulmes a trouvé une excellente formule : "des manifestants armés". Rien d'autre. Les insurgés n'ont aucune capacité militaire : il aurait été utile de s'en rendre compte avant de s'engager dans une guerre qui reposait sur deux idées : dans le ciel, les Occidentaux, au sol, les insurgés. Il manque un élément de cette équation... Où sont les rapports initiaux sur l'évaluation de leurs capacités ? Qui, à part BHL, a fourni des données fiables ? Devant une telle impréparation, mieux vaut rire que d'avoir à en pleurer... Que voit-on aujourd'hui ? Des insurgés qui aimeraient que l'Otan gagne leur guerre à leur place. Ils dénoncent l'inaction des forces occidentales et, d'un même geste, les quelques bavures. Comme si ces bavures n'étaient pas la conséquence malheureusement inévitable de l'action aérienne. Plus de frappes, ce sera plus de bavures. Sachant que l'insurrection n'a aucune chance de conquérir la Tripolitaine, on fait quoi, chef ?

3) La coalition fragilisée. Les médias français ont été d'une grande discrétion sur l'information capitale de cette semaine : le retrait américain. Depuis lundi soir, l'aviation américaine ne participe plus aux frappes, même si elle continue à fournir du soutien (ravitaillement, guerre électronique, contrôle). La France avait contraint les Etats-Unis à s'engager dans une guerre dont ils ne voulaient pas... à l'exception de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton. Deux semaines (et deux tiers des frappes...) et puis s'en va ! La France se retrouve en première ligne, avec une moyenne de 32 sorties quotidiennes et onze cibles détruites en une semaine. Avec Paris ? Les Britanniques, dont l'effort est moins important. Le reste ? Les Italiens ne font que du "show of force", les Espagnols du soutien, les Qataris ne restent que 15 minutes au-dessus de Benghazi pour y chasser d'improbables avions libyens, etc.  Voilà la réalité militaire de cette coalition. Quant aux conséquences politiques, le tableau n'est pas brillant : des Etats-Unis timorés, une Europe divisée, des pays du Sahel hostiles, des Russes, des Chinois, des Brésiliens, des Indiens contre...

En Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo est toujours là et il semble même avoir repris provisoirement du poil de la bête. Le weekend dernier sa chute semblait imminente, comme celle de Kadhafi il y a un mois. Le monde serait-il plus compliqué qu'on nous le serine ? Que voyons-nous ? A l'automne dernier, la France estimait que la Cote d'Ivoire était engagée dans un "cycle vertueux " qui allait permettre le départ des troupes françaises. Paris se tenait, autant que faire se pouvait, à l'écart de la scène ivoirienne. Sage politique. Tout a dérapé avec l'élection présidentielle et la France, comme la communauté internationale, a pris fait et cause pour le président Alassane Ouattara, légalement élu. Face aux blocages politiques, il n'y a avait que deux solutions : la négociation ou la force. La force a prévalu. On voit donc la France se réimpliquer militairement comme jamais dans une crise interne africaine, avec le spectacle de nos hélicoptères de combat ouvrant le feu sur des sites présidentiels... Les troupes de Ouattara ont reçus de l'aide bienveillante de la part des Français... Il est vrai que le président Ouattara est un ami : ancien directeur adjoint du FMI, marié à une Française (qui gérait le fortune d'Houphouët-Boigny) par Nicolas Sarkozy lui-même à Neuilly, en présence de leur ami commun Martin Bouygues... Ouattara a été élu, s'assurant des scores soviétiques dans les zones tenues par ses troupes. Des troupes, les ex-Forces nouvelles que les militaires français connaissent bien. Pas toujours recommandables. Il faut lire le dernier rapport de l'association Human Rights Watch pour découvrir les exactions (massacres ethniques, viols, etc) qu'elles ont commises dans l'ouest du pays. Les Français savent-ils vraiment que ces troupes sont nos alliées ? Certes, le camp d'en face n'est guère plus recommandable....

La Libye et la Cote d'Ivoire sont-elles nos guerres ? Du point de vue du droit international, rien à redire. La France agit dans le cadre de résolutions des Nations Unies (1973 et 1975)... qu'elle a fait adopter. Mais fallait-il vraiment le faire, fallait-il tant d'activisme ? A chacun d'en juger, mais avec toutes les cartes en main.

 

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 16:00

 

 

 

Alain-Toussaint-et-Me-Verges.jpg

 

 

Nouvelobs.com a rencontré l’avocat et ami de Laurent Gabgbo, Jacques Vergès, et le conseiller du président sortant Alain Toussaint. D’une même voix, ils condamnent l’attitude de la Franceet de l’Onuci qu’ils accusent d’être complices des massacres découverts dans l’Ouest. Par Sarah Diffalah

Etes-vous en contact régulieravec Laurent Gbagbo ?

Jacques Vergès : - J’ai, par ses amis, des communications indirectes, et je peux vous dire qu’il est calme et va très bien. Ses ministres sont autour de lui et les jeunes protègent sa résidence présidentielle. De mon côté, j’organise des conférences de presse avec son porte-parole en France, Monsieur Toussaint, dans mon cabinet.

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a annoncé mercredi vouloir ouvrir uneenquête sur des "massacres commis de façon systématique ou généralisée". Que risque Laurent Gbagbo ?

Jacques Vergès : - Pour l’instant, il n’est pas encore poursuivi même si tout le monde le voit déjà devant les tribunaux. C’est une hypothèse que je n’envisage même pas. Car je pense qu’en ce moment, les choses tournent à l’avantage de Laurent Gbagbo.

Luis Moreno-Ocampo avait assuré à la demande d’Alassane Ouattara qu’il enquêterait sur les crimes commis depuis septembre 2002. S’il avait trouvé quelque chose, on le saurait. Par contre, si la CPI joue son rôle c’est Alassane Ouattara qui sera mis en cause. L’Onu et la Croix rouge internationale ont clairement reconnu des crimes contre l’humanité à Duékoué.

 Alain Toussaint : - Le procureur Ocampo utilise la CPI à des fins politiciennes et comme outil de pression. On a jamais brandi ce chiffon rouge à Ouattara alors qu’il est largement impliqué dans les récents massacres de l’ouest et d’autres plus anciens dans le Nord du pays.

Si les massacres à Duékoué sont bien réels,on ignore encore les responsables…

Alain Toussaint : - On a des témoignages qui accusent clairement le camp d’Alassane Ouattara que nous transmettrons à la justice. On a présenté les massacres dans l’Ouest comme des affrontements intercommunautaires mais il s’agit bien d’épuration politico ethnique. Ce sont des partisans du président Gbagbo qui ont été assassinés. Le choix de Duékoué n’est pas innocent d’ailleurs, puisque ses habitants avaient refusé qu’Alassane Ouattara fasse campagne chez eux alors qu’il attendait aux portes de la ville. Les tueries sont une manière de leur faire payer cet affront. On ne peut pas renvoyer dos-à-dos les deux camps. Alassane Ouattara est le principal responsable, voire le seul responsable.

Jacques Vergès : - Alassane Ouattara dit dans la presse que sur la totalité des morts comptés, il est peut-être responsable de la moitié. C’est fantastique comme aveu ! Il dit aussi que les personnes tuées étaient des combattants. Ce qui est encore plus grave parce qu’on ne tue pas des combattants, on les fait prisonniers.

Vous, Jacques Vergès, avez exprimé votre intention de porter plainte contre la France pour crime contre l’humanité et crimes de guerre. Sur quels éléments vous reposez-vous ?

Jacques Vergès : Je dis que la France aide et inspire. C’est le patron. Quand Alassane Ouattara est en difficulté à Abidjan, il en appelle à sa force. Si la complicité de la France avec la bande d’assassins s’avérerait prouvée, je serais le premier à porter plainte et à plaider pour les victimes contre les militaires qui se seraient rendus coupables. Pour l’instant je n’ai pas d’éléments.

Alain Toussaint : Nous, nous avons des témoignages vidéos et audio. Nous avons la preuve que la France est la complice active de ces massacres-là. Souvent même elle regarde, elle assiste et elle ne dit rien. Elle passe sous silence tous les crimes.

 Je ne peux pas croire à l’excuse de leur sous-effectif. La force Licorne, sous mandat de l’Onu, est une autorité, il suffit qu’elle s’interpose pour que les velléités s’arrêtent. La France a même pris part aux combats aux cotés de la rébellion à Abidjan. À Yopongon (un quartier d’Abidjan pro Gbagbo NDRL), les hélicoptères français ont ouvert le chemin aux rebelles engendrant des dommages collatéraux.

Laurent Gbagbocritique aussi le rôle de la France...

 Jacques Vergès : - Qu’est-ce qui permet à la France de juger ce qui se passe ailleurs ? Je ne comprends pas du tout ses méthodes. Elle se comporte comme le gendarme du monde. On se demande vraiment ce qu’elle fait là-bas. L’époque du colonialisme est passée. Il y a eu un contentieux électoral qui concerne un pays indépendant, à lui de régler son problème en recomptant les voix comme je l’avais proposé. On a critiqué le Conseil constitutionnel qui a établi la victoire de Laurent Gbagbo, mais cette institution est organisée sur le modèle français ! La France est prise dans un tourbillon de folie. On se croirait au début du XIXe siècle. On conteste le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire comme on conteste la Cour suprême de Mexico dans l’affaire Cassez.

Si j’étais à sa place, je serais gêné, parce qu’en ce moment Ouattara passe pour le candidatde l’étranger.

Laurent Gbagbo est acculé dans son bunker,Alassane Ouattara affirme qu’il est soumis à un blocus. La fin du président sortant ne fait plus trop de doute…

Alain Toussaint : - Tout ceci est faux. D’abord Laurent Gbagbo ne vit pas dans un sous-sol comme je l’entends dire partout. Simplement, comme dans toute résidence présidentielle il y a des abris.

Ensuite, je peux dire qu’il est libre de ses mouvements puisqu’il est sorti de sa résidence vendredi pour aller enregistrer un discours à la Radio télévision ivoirienne (RTI) (la RTI se situe à deux pas de la résidence dans le périmètre de sécurité du camp Gbagbo NDLR). Nous tenons tous les camps militaires, le palais présidentielet les programmes de la télévision ont été rétablis par nos soins. Franchement quand on tient tout cela, qu’est-ce que nous ne contrôlons pas ? Les liens avec la population vont être renoués grâce à la réparation de la RTI, on peut donc dire que Laurent Gbagbo tient les rênes du pouvoir.

Le discours de Ouattara jeudi était destiné à apeurer la population pour qu’elle reste terrée chez elle. Ce qui arrange les forces d’Alassane Ouattara et les forces françaises c’est qu’il y ait le moins de monde possible dans les rues pour maintenir à Abidjan ce climat de peur. Le retour à la normal ne les arrange pas. Ce que nous subissons, c’est une guerre de la communication avec une forte propagande menée par les forces françaises et onusiennes. La France a construit pour Alassane Ouattara une télévision pour qu’il puisse prononcer ses discours. Alassane Ouattara est dans le mensonge, il voudrait renvoyer l’image d’un démocrate, d’un homme épris de liberté alors que c’est un chef de guerre.

Alain Juppé a pourtant assuré que Laurent Gbagbonégociait son départ…

Jacques Vergès : - Il n’est pas interdit aux dirigeants français de rêver. Malheureusement leurs rêves sont des cauchemars pour les autres. Les Français expliquent qu’Alassane Ouattara exige de Laurent Gbagbo une reconnaissance écrite de sa victoire électorale. Pour moi cela signifie clairement qu’Alassane Ouattara doute de sa victoire prétendue et qu’il a besoin d’une reconnaissance authentifiée pour assurer ses arrières. Quand le général De Gaulle arrive en 1944, il n’exige pas que Pétain crie vive De Gaulle !

Mais comment Laurent Gbagbocompte-il s’en sortir ?

Alain Toussaint : - Lorsque Alassane Ouattara a fait son discours jeudi soir, aucune liesse ne s’est produite dans le pays. C’est bien la preuve que le pays ne le soutient pas. Il y a une vague populaire notamment à Abidjan où l’on défend Laurent Gbagbo.

Jacques Vergès : - La Russie vient de protester contre la manière dont a été faite l’entrée à Abidjan des pro-Ouattara, l’Angola vient de reconnaître Laurent Gbagbo comme seul chef légitime. Manifestement, la situation est en train de changer et l’opinion internationale est en train de renverser la tendance.

Alassane Ouattara était présenté jusqu’à maintenant comme une icône : le démocrate parfait qui attend qu’on lui donne raison aux urnes. Aujourd’hui, on voit un homme qui appelle l’armée française à tirer sur les troupes de son pays. Un homme qui est le chef, au moins nominal, d’une bande d’assassins qui a tué à la machette et au pistolet 600 ou 700 personnes dans l’ouest du pays. Son image s’est clairement dégradée.

Propos recueillis parSarah Diffalah

(Entretien réalisé le vendredi 8 avril)

 

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 23:57

 

 

éléments pro-Ouattara

 

 

 

9 Avril,2011 Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch

Le nouveau gouvernement devra mener des enquêtes et poursuivre en justice les auteurs des atrocités perpétrées par les deux camps

 

« Ce n'est pas en tuant et violant des civils que les forces d'Alassane Ouattara devraient mettre fin à ce conflit.Il faut, pour que la Côte d'Ivoire puisse émerger de cette effroyable période, qu'Alassane Ouattara respecte son engagement public d'enquêter sur les violences perpétrées par les deux parties et de poursuivre leurs auteurs en justice. »

 (Zwedru, le 9 avril 2011) - Les forces loyales au président élu Alassane Ouattara ont tué des centaines de civils, violé plus de 20 femmes et filles perçues comme appartenant au camp de son rival, Laurent Gbagbo, et incendié au moins 10 villages dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les forces loyales au président Gbagbo ont quant à elles tué plus de 100 partisans présumés de Ouattara lors de l'avancée de ses forces pendant la campagne de mars. Dès son accession au pouvoir, Alassane Ouattara devra de toute urgence ouvrir une enquête crédible et impartiale sur les graves exactions commises par les deux camps et veiller à ce que les responsables à tous les niveaux soient poursuivis en justice, a ajouté Human Rights Watch.

Les personnes avec qui Human Rights Watch s'est entretenu ont décrit comment, village après village, les forces pro-Ouattara, maintenant appelées les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), ont sommairement exécuté et violé des partisans supposés de Laurent Gbagbo, alors qu'ils étaient chez eux, qu'ils travaillaient dans les champs, qu'ils fuyaient ou tentaient de se cacher dans la brousse. Les combattants ont souvent sélectionné leurs victimes en fonction de leur origine ethnique et les attaques ont touché de façon disproportionnée les personnes trop âgées ou trop faibles pour fuir.

« Ce n'est pas en tuant et violant des civils que les forces d'Alassane Ouattara devraient mettre fin à ce conflit », a déclaré Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch. « Il faut, pour que la Côte d'Ivoire puisse émerger de cette effroyable période, qu'Alassane Ouattara respecte son engagement public d'enquêter sur les violences perpétrées par les deux parties et de poursuivre leurs auteurs en justice. »

Dans un cas particulièrement atroce, des centaines de civils de l'ethnie Guéré, perçus comme des partisans de Laurent Gbagbo, ont été massacrés dans la ville de Duékoué, dans l'ouest du pays, par un groupe constitué de diverses forces pro-Ouattara, dont des unités des Forces Républicaines, lesquelles sont sous le haut commandement du premier ministre d'Alassane Ouattara, Guillaume Soro.

Trois chercheurs de Human Rights Watch ont mené des enquêtes dans la région de Grand Gedeh, au Libéria, du 26 mars au 7 avril. Ils se sont entretenus avec plus 120 victimes et témoins de violations des droits humains commises par les forces des deux camps dans la région de l'extrême ouest de la Côte d'Ivoire. Plus de 40 000 Ivoiriens ont fui vers le Grand Gedeh en raison des combats. Human Rights Watch a également interviewé par téléphone près de 20 victimes et témoins encore présents à Guiglo, Duékoué et Bloléquin, à l'extrême ouest du pays.

Les violences constatées par Human Rights Watch se sont produites du 6 au 30 mars 2011, alors que les villes de Toulepleu, Doké, Bloléquin, Duékoué et Guiglo, dans l'ouest du pays, toutes auparavant contrôlées par les forces pro-Gbagbo, tombaient aux mains des forces pro-Ouattara qui voulaient destituer Laurent Gbagbo par la force. Ce dernier persiste dans son refus de céder le pouvoir à son rival, Alassane Ouattara, reconnu par la communauté internationale comme le vainqueur des dernières élections présidentielles.

Les Forces républicaines de Côte d'Ivoire d'Alassane Ouattara constituent une coalition  floue, composée de combattants qui étaient auparavant  membres des Forces Nouvelles, l'armée rebelle de longue date commandée par Guillaume Soro et qui contrôlait déjà la moitié nord du pays   fin 2002. Les Forces républicaines ont depuis intégré dans leurs rangs des anciens soldats de l'armée ivoirienne, ainsi que des policiers et des gendarmes qui étaient précédemment au service de Laurent Gbagbo et qui ont récemment fait défection.

Dans chaque village au sujet duquel Human Rights a mené des recherches, des combattants des Forces républicaines s'étaient livrés au meurtre, au viol et au pillage de la population constituée principalement de Guérés. Originaires de l'ouest de la Côte d'Ivoire, les Guérés ont largement voté pour Laurent Gbagbo aux élections présidentielles de 2010. Une femme de 47 ans a raconté à Human Rights Watch que des combattants avaient tué sous ses yeux son père, son mari et son fils de 10 ans, non loin de la plantation de cacao de la famille, près de Doké. Un homme de 32 ans a rapporté comment les forces pro-Ouattara étaient entrées dans Diboké et avaient ouvert le feu sur des habitants qui étaient sortis de leurs maisons en courant, ne sachant pas à quel camp appartenaient les combattants qui les attaquaient. L'homme a vu trois personnes se faire tuer juste devant lui. Dans au moins 10 villages non loin de Toulepleu et de Bloléquin, les habitants ont dit qu'ils s'étaient cachés dans la brousse et avaient vu les Forces républicaines mettre le feu aux maisons ainsi qu'aux greniers ou étaient stockés les récoltes et les semences. Les témoins ont également raconté avoir vu ces combattants abattre les animaux et voler tout ce qui avait de la valeur.

De nombreux habitants ont fui en prévision ou à l'arrivée des forces pro-Ouattara dans le village. D'autres habitants, en particulier des personnes âgées, qui n'avaient pas pu parcourir les 40 kilomètres à pied pour se réfugier au Libéria voisin, ont été capturés par les Forces républicaines et détenus dans leurs villages. Human Rights Watch a recueilli des informations sur l'exécution de plus de 30 de ces captifs civils. Une femme de 67 ans a raconté comment des combattants pro-Ouattara venaient tous les jours chercher plusieurs captifs - souvent des hommes et des femmes entre 60 et 80 ans - et les exécutaient à bout portant.

Des dizaines de femmes ont également été détenues pendant un jour ou plus et ont été violées à plusieurs reprises. Une femme de Bakoubli, près de Toulepleu, a indiqué que les forces pro-Ouattara l'ont violée devant ses enfants, puis ont tué son mari qui tentait de s'interposer.

Les exactions perpétrées durant un mois d'attaques contre les civils Guérés dans l'extrême ouest du pays, pendant tout le mois de février, a culminé dans le massacre de centaines d'habitants de la ville de Duékoué le 29 mars. Après avoir sécurisé la ville ce matin-là, les combattants des Forces républicaines, accompagnés de deux groupes de miliciens pro-Ouattara, se sont dirigés vers le quartier de Carrefour, bastion des partisans de Gbagbo. Huit femmes ont dit à Human Rights Watch que les forces pro-Ouattara avaient traîné les hommes, jeunes et vieux, hors de leurs maisons et les avaient tués dans la rue à coups de machettes ou à coups de feu, parfois en tirant par rafales. Tout en commettant ces tueries souvent épouvantables, certains des assaillants menaçaient de « tuer les Guérés jusqu'au dernier » à cause de leur soutien à Laurent Gbagbo. Une jeune femme a raconté à Human Rights Watch que les Forces républicaines avaient enlevé un groupe de jeunes garçons, dont son frère cadet, en criant qu'ils les emmenaient à Man - la ville de l'extrême ouest du pays où les Forces Nouvelles avaient leur base - « pour en faire des soldats ».

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 23:54

 

 

 ONUCI

 

Le quartier général d’Alassane Ouattara attaqué par les pro-Gbagbo

 

Par RFI 9 avril 2011

L’Hôtel du Golf, quartier général d'Alassane Ouattara, président de Côte d’Ivoire reconnu par la communauté internationale, a fait l’objet d’une attaque surprise, samedi 9 avril dans l'après-midi, à Abidjan. Les forces républicaines et les casques bleus ont riposté mais les combattants pro-Gbagbo ne sont plus qu’à quelques centaines de mètres de l’hôtel.

Le calme est revenu mais un cran a été franchi. Vers 16h30, ce samedi 9 avril 2011, l’Hôtel du Golf a été attaqué par des combattants de Laurent Gbagbo. Ceux-ci se sont infiltrés tout autour de l’hôtel où sont retranchés Alassane Ouattara, son gouvernement et une partie de ses soldats depuis quatre mois. Des tirs de roquettes et de mitrailleuses ont visé les lieux.

Renversement de situation

Paniqué, tout le personnel de l’hôtel, les politiques mais aussi une partie des casques bleus se sont réfugiés au sous-sol dans les cursives des cuisines. La riposte a été organisée par les forces républicaines et les casques bleus sénégalais, togolais et français qui étaient là. Des tirs de mitrailleuses et de mortiers sont partis de l’Hôtel du Golf vers les positions des forces pro-Gbagbo, qui ne sont plus désormais qu’à quelques centaines de mètres de l’hôtel. Alassane Ouattara voulait en imposer un peu plus à Laurent Gbagbo. C’est manifestement l’inverse qui est en train de se produire.

 

Le camp Gbagbo nie avoir attaqué le QG de Ouattara, appelle à la résistance

ABIDJAN - AFP / 10 avril 2011 01h02 - Le camp du président sortant ivoirien Laurent Gbagbo a démenti avoir attaqué samedi le Golf Hôtel d'Abidjan, QG du président reconnu internationalement Alassane Ouattara, et M. Gbagbo a appelé les Ivoiriens à la résistance contre l'armée française.

Dans la soirée, des témoins avaient fait état de tirs sur le Golf Hôtel. La mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci), dont les Casques bleus protègent l'établissement, avait ensuite annoncé avoir riposté à une attaque menée contre l'hôtel par des forces loyales à M. Gbagbo.

"C'est absolument faux. Il n'y a pas eu d'attaque du Golf" par les forces pro-Gbagbo, c'est "une attaque imaginaire", a déclaré à l'AFP Ahoua Don Mello, porte-parole du gouvernement de Laurent Gbagbo.

"C'est un coup inventé, il n'y a pas eu de tirs venus de la résidence du président Gbagbo sur le Golf, il y a eu des affrontements localisés à la Riviera II et III (dans le même quartier de Cocody, dans le nord d'Abidjan), loin du Golf", a affirmé le porte-parole.

Les accusations de l'Onuci sur une attaque du Golf Hôtel prouvent "le parti pris de l'Onuci, qui, dans sa connivence avec (la force française) Licorne, prépare sûrement une autre attaque" des positions de M. Gbagbo, a ajouté Ahoua Don Mello.

Et le porte-parole a rendu public un appel de Laurent Gbagbo à la mobilisation et à la résistance contre les troupes françaises.

"Le président Gbagbo appelle à la résistance contre les bombardements et les agissements de l'armée française en Côte d'Ivoire, car en définitive c'est l'armée française qui nous attaque", a dit Ahoua Don Mello.

"Le président Gbagbo appelle le peuple à la résistance pour faire barrage à ce énième coup de force", a-t-il ajouté.

"Nos troupes sont en train de se reconstituer après avoir subi une attaque barbare des rebelles appuyés par l'ONU et Licorne", a-t-il dit.

Le 4 avril, quelques jours après l'arrivée sur Abidjan des forces d'Alassane Ouattara venues du nord de la Côte d'Ivoire, l'Onuci et la force française Licorne avaient mené avec des hélicoptères de combat d'intenses bombardements dans la capitale contre des camps militaires, des détachements de blindés et des armes lourdes des forces loyales à Laurent Gbagbo.

(©)

 

 


Human Rights Watch affirme détenir de nouvelles preuves des atrocités commises dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire

 

Par Claire Arsenault  RFI samedi 09 avril 2011

L’organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW) a enquêté sur les exactions menées tant par les forces pro-Ouattara que par les pro-Gbagbo lors de leur avancée dans l’ouest de la Côte d’Ivoire pendant la campagne de mars 2011. Selon les témoignages recueillis par HRW, des centaines de civils ont été tués, plus de 20 femmes et filles ont été violées et au moins 10 villages ont été incendiés par les fidèles du président élu. Dans un communiqué publié à New York ce samedi 9 avril 2011, l’ONG rapporte également que de leur côté, les forces loyales au président sortant Gbagbo, ont tué plus de 100 partisans présumés de Ouattara.

« Dès son accession au pouvoir, Alassane Ouattara devra de toute urgence ouvrir une enquête crédible et impartiale sur les graves exactions commises par les deux camps et veiller à ce que les responsables à tous les niveaux soient traduits en justice » avertit Human Rights Watch.

Pour son enquête, HWR a rencontré des témoins directs des événements. Ils ont décrit comment les forces pro-Ouattara, maintenant appelées les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), ont « pourchassé, exécuté et violé des partisans supposés de Laurent Gbagbo, alors qu'ils étaient chez eux, qu'ils travaillaient dans les champs, qu'ils fuyaient ou tentaient de se cacher dans la brousse. Les combattants ont souvent sélectionné leurs victimes en fonction de leur origine ethnique et les attaques ont touché de façon disproportionnée les personnes trop âgées ou trop faibles pour fuir », rapporte HRW.

Le récit de 120 victimes et témoins

 « Dans un cas particulièrement atroce, des centaines de civils de l'ethnie Guéré, perçus comme des partisans de Laurent Gbagbo, ont été massacrés dans la ville de Douékoué, dans l'ouest du pays, par un groupe constitué de diverses forces pro-Ouattara, dont des unités des Forces républicaines sous le haut commandement du Premier ministre d'Alassane Ouattara, Guillaume Soro », peut-on encore lire dans le communiqué de l’ONG pour qui trois chercheurs ont notamment rencontré entre le 26 mars et le 7 avril plus de 120 victimes et témoins dans la région de Grand Gedeh, au Liberia, à 40 kilomètres, où ils avaient trouvé refuge.

Les violences rapportées se sont produites du 6 au 30 mars alors que les villes de Toulepleu, Doké, Bloléquin, Duékoué et Guiglo, dans l'ouest du pays, auparavant contrôlées par les pro-Gbagbo, tombaient aux mains des forces pro-Ouattara.

Human Rights Watch fait également référence aux atrocités commises par les forces pro-Gbagbo et plus particulièrement celles qui ont eu lieu le 28 mars à Bloléquin où plus de 100 hommes, femmes et enfants ont été massacrés.

Le lendemain, le 29 mars, ce sont encore 10 personnes originaires du nord ou immigrants de pays d’Afrique de l’Ouest qui sont tuées à Guiglo faisant suite au meurtre de 8 Togolais dans un village proche de Bloléquin. Dans ce dernier cas, des témoins interrogés par HRW, parlent de forces pro-Gbagbo et de mercenaires libériens.  

 

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 22:42

 

 

Patassé Ange

 

 

Radio Ndéké Luka Samedi, 09 Avril 2011 17:32

La coordination nationale des comités de soutien à la candidature de Ange Félix Patassé à l’élection présidentielle du 23 janvier 2011, a publié vendredi 8 avril un communiqué dans lequel elle interdit au président Bozizé de prendre part aux obsèques de l'ancien président Ange Félix Patassé.

"La coordination nationale déclare solennellement qu'il n'y aura pas d'obsèques officielles. En accord avec la famille du de l'illustre disparu, elle tient à ce que le Général François Bozizé, son gouvernement, son cabinet, sa famille et son parti ne prennent pas part à ces obsèques", précise le communiqué.

 Elle rend également le président Bozizé « personnellement responsable du décès de son prédécesseur pour l’avoir empêché pendant trois semaines de partir se faire soigner à Malabo en Guinée Équatoriale.

 Le gouvernement centrafricain avait pourtant annoncé la mise en place d’un comité d’organisation « des obsèques à la dimension de l'illustre disparu. Un communiqué émanant de la présidence et rendu public au lendemain de l’annonce de la mort de celui qui a dirigé la République centrafricaine pendant 10 ans, de 1993 à 2003, rendait également hommage à l’ex-président aujourd’hui disparu

 Ange Félix Patassé est décédé le 5 avril 2011à l’âge de 74 ans à Douala au Cameroun. L'on ne connait encore la date de rapatriement de la dépouille.

 

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 21:03

 

 

Ange-Patasse.jpg

 

 

 

La Dépêche Diplomatique vendredi 8 avril 2011

 

Il avait été président de la République centrafricaine (1993-2003). Il rêvait de l’être à nouveau. On le savait diabétique ; mais pas mourant. Il avait demandé, le 2 avril 2011, à quitter Bangui pour Malabo, la capitale de Guinée équatoriale, afin d’y subir des examens. Le président Obiang Nguema Mbasogo avait dépêché son avion pour son transfert mais celui-ci n’avait pas été autorisé à atterrir. Finalement, c’est à l’hôpital général de Douala (Cameroun), où il était en transit pour Malabo, qu’Ange-Félix Patassé est mort le mardi 5 avril 2011, aux environs de 18 heures.

Barthélémy Boganda (mort en 1959), premier ministre en 1958-1959, David Dacko (mort en 2003), premier président de la République, Jean-Bedel Bokassa (mort en 1996), tombeur de Dacko avant que celui-ci ne revienne au pouvoir à la suite de l’intervention de Paris, sans oublier Abel Goumba (mort en 2009) - auquel Dacko a été préféré par la France en 1960 - et éphémère premier ministre de l’actuel chef de l’Etat, enfin André Kolingba (mort le 7 février 2010), tombeur de Dacko en 1981 et battu dès le premier tour de la présidentielle du 22 août 1993. Avec la mort de Patassé, la classe politique centrafricaine voit ses rangs s’éclaircir : il ne reste désormais, parmi les « survivants », que François Bozizé, tombeur de Patassé et récemment réélu à la présidence de la République.

Patassé était né à Paoua, dans le Nord-Ouest de l’Oubangui-Chari, le 25 janvier 1937. Diplômé de l’Ecole supérieure d’agronomie de Nogent-sur-Marne, en région parisienne, il débutera sa carrière au cabinet du ministre de l’Agriculture et du Développement en 1965. Quelques mois plus tard, le président David Dacko était renversé par Jean-Bedel Bokassa. Patassé se retrouvera ministre - il n’a pas encore trente ans - puis premier ministre (8 décembre 1976) avant d’être limogé en juillet 1978 au lendemain du sacre (4 décembre 1977) de… l’empereur Bokassa.

Le 20 septembre 1979 c’est l’opération « Barracuda ». David Dacko est ramené au pouvoir par la France et son armée. Patassé créé le Mouvement pour la libération du peuple centrafricain (MPLC) et participe à ce titre à la « Table ronde » des différents mouvements politiques avant d’être assigné à résidence par le nouveau pouvoir. Il tentera de se réfugier au Tchad, sera repris et emprisonné à Ngaraba.

En 1980, il est libéré de prison pour « raisons de santé ». Il se lance alors dans la campagne présidentielle mais sera battu, lors du scrutin de mars 1981, par Dacko qui ne remporte, officiellement, que 50,23 % des suffrages. Patassé va alors mobiliser la rue contre le chef de l’Etat qui, finalement, préférera céder le pouvoir au général André Kolingba, le patron de l’armée. Patassé, dans le collimateur du pouvoir pour tentative de coup d’Etat, va filer à l’étranger et réunir autour de lui, en Afrique et en Europe, une véritable « cour des miracles » de tous les arnaqueurs et autres prédateurs de la planète « amis de l’Afrique et des Africains ». Dans des affaires jamais très claires, son avocat sera Jean-Jacques Demafouth (par la suite ministre de la Défense de Patassé, puis président de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie et candidat à la présidentielle).

Le 19 septembre 1993, Patassé va être élu président à la suite de l’élection organisée par Kolingba (qui n’est pas qualifié pour le second tour) ; il l’emporte avec près de 54 % des voix, devançant Abel Goumba. Le 18 avril 1996, éclate la première mutinerie ; de nouveaux affrontements auront lieu en 1997. Une Mission interafricaine de surveillance des accords de Bangui (MISAB) va être mise en place, puis une Mission des Nations unies en RCA (Minurca) ; un Pacte de réconciliation nationale sera signé le 5 mars 1998. Mais le limogeage, le 26 octobre 2001, du chef d’état-major, le général François Bozizé, mettra, à nouveau, le feu aux poudres. Il faudra que les troupes libyennes s’investissent massivement pour que Patassé sauve son job tandis que Bozizé s’enfuira au Tchad pour y préparer une nouvelle offensive.

Patassé avait affirmé, le 18 janvier 1994, lors de la remise des lettres de créance de l’ambassadeur de France, Jean-Paul Angelier, que « l’échec de Patassé et de son gouvernement sera l’échec de Mitterrand et du peuple français ». Patassé, en 1996, se disait « Français ». « Ce n’est pas parce que je suis devenu centrafricain que je dois renier la France ! Je suis gaulliste. La République centrafricaine est un pays gaulliste ». Mais la France quittera militairement la RCA au printemps 1998. Patassé dénoncera alors une « France nostalgique du passé… qui recrute des mercenaires, prépare des coups bas ». La rumeur circulait, dans les milieux français du renseignement, que les bases militaires abandonnées par la France allaient être cédées à la compagnie Executive Outcomes, agence de recrutement de « mercenaires » que le gouvernement sud-africain venait d’expulser.

Les relations entre Paris et Bangui sont alors difficiles et les deux capitales attendront beaucoup de la visite officielle que Patassé devait faire en France au lendemain de sa réélection en 1999. Mais la conjoncture va en décider autrement. Dans la nuit du dimanche 27 au lundi 28 mai 2001, Bangui devra faire face à une tentative de coup d’Etat. L’ex-chef d’Etat, Kolingba, sera présenté comme l’instigateur de cette opération. Il faudra dix jours, le soutien des Libyens et des troupes de Jean-Pierre Bemba (opposant armé au régime de Kinshasa) pour que l’ordre soit rétabli ; les uns et les autres vont, par la suite, assurer la sécurité de la présidence de la République. La résidence de Kolingba étant attenante à l’ambassade de France, Patassé ne manquera pas de mettre en cause Paris accusé d’avoir livré aux rebelles des armes destinées à la gendarmerie centrafricaine.

Patassé n’agace pas que Paris ; la France laisse Mouammar Kadhafi s’installer à Bangui, prenant ainsi le Tchad en tenaille. Ce qui ne saurait convenir à Libreville. Omar Bongo fera l’impossible pour trouver, à Bangui, une solution de remplacement. Jean Ping, alors son ministre des Affaires étrangères (actuel président de la Commission de l’Union africaine), qui a eu à s’investir dans le dossier centrafricain, me disait, début 2003 : « Patassé est encore plus difficile à gérer que l’autre [en l’occurrence Laurent Gbagbo, notre entretien se déroulant dans les coulisses des négociations de Marcousis]. Il rêve beaucoup. Il pense qu’il est aimé par son peuple ». Dans la sous-région, chacun s’exaspérait de voir Bangui être la plaque tournante de tous les trafics (en premier lieu celui des diamants) et le QG de tous les aventuriers.

Après sa tentative avortée de 2001, Bozizé parviendra, le 15 mars 2003, à prendre le contrôle de la capitale. « Une révolution, pas un coup d’Etat », dira-t-on, tant il est vrai que le départ de Patassé soulageait tout à la fois la population, la classe politique, les communautés africaine et internationale.

Pour Patassé, ce sera à nouveau l’exil (au Togo d’où est originaire sa dernière épouse) avant de revenir tenter sa chance à la présidentielle 2011 et de contester la victoire, dès le premier tour, de Bozizé (64,37 % des voix). Patassé avait le sens des formules… à côté de la plaque : « La démocratie, ce n’est pas la campagne électorale permanente » ; « J’ai les choses en main » lors des mutineries de 1996 ; « Notre culture ignore la violence » après trois mutineries pendant les trois premières années de son mandat.

Visage rond, barbe et bouc le faisaient ressembler (en « black ») au docteur Alain Bombard, pionnier de la survie en mer et auteur de « Naufragé volontaire ». C’est aussi l’histoire de la vie de Patassé !

Jean-Pierre BEJOT

 

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 20:35

 

 

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Par Jean-Baptiste Placca RFI samedi 09 avril 2011

Ange-Félix Patassé s’est donc éteint, ce mardi 5 avril, à l’Hôpital Général de Douala, au Cameroun. Il y avait été admis d’urgence, faute d’atteindre la Guinée Equatoriale, où il était attendu pour des soins appropriés. Patassé était à bout de souffle. Non pas à cause de ses 74 ans, mais pour l’énergie qu’il a dû consacrer, ces deux dernières semaines, à obtenir du régime de François Bozizé, le simple droit de sortir de Centrafrique pour aller se soigner. Par deux fois, il a été arbitrairement empêché de quitter le territoire.

Le 23 mars dernier, les autorités centrafricaines ont simplement ignoré la demande d’accès à leur espace aérien pour un avion sanitaire affrété par le chef de l’Etat équato-guinéen, afin d’évacuer Patassé sur Malabo. Les arguties administratives ne sauront effacer la légitime consternation de nombreux Centrafricains.

Ils doivent être bien mal à l’aise, ceux qui, au plus haut somment de l’Etat en Centrafrique, pensent que toute forme d’opposition doit être punie, y compris au mépris de la santé des gens et, finalement, peut-être de leur vie.

Plusieurs fois ministre, Premier ministre, puis chef de l’Etat pendant dix ans, Patassé, comme dirait un de ses compatriotes, « n’avait pas que des défauts ». Même si d’aucuns l’auraient volontiers envoyé à La Haye, pour répondre, aux côtés de son ami Jean-Pierre Bemba, de quelques crimes commis contre les populations de Bangui.

Le général Bozizé vous dira, sans sourciller, que « sa » Centrafrique est un pays parfaitement démocratique. Il n’empêche ! Ce qui est arrivé à Patassé illustre, de la plus tragique des manières, une fâcheuse tendance de ce régime à punir ses opposants politiques en réduisant leur liberté de mouvement. Quiconque s’autorise une attaque un peu trop frontale par rapport au Président court le risque d’être empêché d’embarquer, lorsqu’il se présentera la prochaine fois à l’aéroport de Bangui.

Et tant pis, si son voyage est d’ordre professionnel ! Il ratera ses rendez-vous ! Il perdra peut-être des marchés ! Ainsi, il sera fragilisé dans sa vie personnelle, donc plus vulnérable pour un pouvoir allergique à toute contestation. A la même période où Patassé essuyait les refus d’embarquer, un avocat, Nicolas Tiangaye, opposant lui aussi, était empêché d’aller au Tchad plaider un dossier à Ndjamena.

Quand la politique prend de telles tournures, on n’est pas loin des rivages de la mesquinerie. Mais la mesquinerie, dans certains cas, peut, hélas !, s’avérer mortelle.

 

Source : http://www.rfi.fr/emission/20110409-mortelle-mesquinerie

 

RCA : Interdiction formelle au pouvoir d'organiser les obsèques de Patassé

Bangui, 9 avril (Beafrika Sango) -- La coordination nationale des comités de soutien à lacandidature de Ange Félix Patassé à l’élection présidentielle du 23 janvier 2011, a publiévendredi un communiqué dans lequel elle interdit au président Bozizé de prendre part auxobsèques de l'ancien président Ange Félix Patassé.

"La coordination nationale déclare solennellement qu'il n'y aura pas d'obsèques officielles. Elle tient en accord avec la famille du de l'illustre disparu que le Général François Bozizé, son gouvernement, son cabinet, sa famille et son parti ne prennent part à ces obsèques", précise le communiqué.

 
Elle rend également le président Bozizé est « personnellement responsable du décès de son prédécesseur pour l’avoir empêché pendant trois semaines de partir se faire soigner à Malabo en Guinée Équatoriale.

 

Le gouvernement avait pourtant annoncé la mise en place d’un comité d’organisation des « des obsèques à la dimension de l'illustre disparu.


Ange Félix Patassé est décédé le 5 avril 2011à l’âge de 74 ans à Douala au Cameroun. L'on ne connait encore la date de rapatriement de la dépouille.

 

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