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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 16:31
 
 
Le Monde 5 mars 2008


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Le ton est monté d'un cran entre la France et le Soudan, mardi 4 mars, après l'incident survenu la veille à la frontière tchado-soudanaise, au cours duquel un soldat français de la force européenne Eufor, déployée dans l'est du Tchad et le nord-est du Centrafrique, a été porté disparu en territoire soudanais. Le ministre français de la défense, Hervé Morin, a confirmé qu'il s'agissait d'un sergent relevant du commandement des opérations spéciales (COS).
Paris a officiellement demandé "aux autorités soudanaises" d'apporter leur aide pour retrouver le militaire disparu lors de l'échange de tirs, lequel s'est produit dans des circonstances controversées dans la région dite des "trois frontières" (aux confins du Tchad, du Soudan et du Centrafrique). M. Morin a précisé que d'après le témoignage d'un second militaire français (un adjudant), légèrement blessé au cours de cet accrochage, le soldat porté disparu s'est "effondré" après avoir été pris sous le feu de soldats dont, a-t-il précisé, "tout nous laisse penser qu'il s'agit de militaires soudanais".
Khartoum a une autre version des faits : selon le ministère soudanais des affaires étrangères, des "militaires blancs" ont franchi à deux reprises la frontière (non balisée) et ont échangé des tirs avec les soldats soudanais, l'incident s'étant produit à 5 kilomètres - 3 kilomètres, de source française - à l'intérieur du territoire soudanais. "La jeep (des deux soldats des forces spéciales françaises) a été entièrement détruite, cinq ou six soldats blancs ont fui à pied vers le Tchad et n'ont pas été poursuivis", a précisé Khartoum.
VÉHICULE CALCINÉ
Selon les autorités du Soudan, l'incident a fait une victime civile mais aucun soldat étranger n'a été fait prisonnier. L'armée soudanaise a, de son côté, fait état de deux morts soudanais, l'un militaire, l'autre civil. Au quartier général de l'Eufor, au Mont-Valérien, dans la banlieue de Paris, on explique qu'une heure après l'incident, des véhicules militaires de l'Eufor, escortés par un hélicoptère, sont revenus sur les lieux de l'accrochage (en territoire soudanais), dans l'espoir de récupérer le soldat disparu. Ils n'ont retrouvé que son véhicule calciné.
Tout en soulignant qu'elles ne voulaient pas "faire monter la tension avec le Tchad", les autorités de Khartoum - qui n'ont jamais fait mystère de leur hostilité à l'égard du déploiement des soldats européens - ont affirmé qu'elles s'assureront qu'un tel "incident sérieux" ne se reproduira pas. Une certaine décrispation était cependant perceptible mardi soir, après que Khartoum a accepté les excuses de la France et de l'Union européenne pour ce "franchissement involontaire et accidentel" de la frontière.
Cet incident, qualifié de "grave" à l'état-major des armées, à Paris, ne devrait pas retarder le déploiement de l'Eufor. Quelque 800 soldats de différentes nationalités sont déjà sur place, sur le total de 3 700 hommes que celle-ci devrait compter. Un bataillon français (environ 650 hommes) est arrivé au Tchad et devrait y être incorporé dans les prochains jours.
Ce premier incident impliquant la force européenne souligne l'ambiguïté de son mandat : les deux soldats français faisaient une patrouille de reconnaissance le long de la frontière, mais le rôle de l'Eufor n'est pas de sécuriser les frontières du Tchad. Sa mission tient de la gageure : dans une région propice aux affrontements inter-tchadiens, voire tchado-soudanais, ses soldats vont devoir assurer la protection des populations déplacées en raison de la crise du Darfour, sans s'impliquer dans les conflits locaux.
Laurent Zecchini
 
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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 02:49
La-Chine.jpg
 
15 février 2008
 
« Il existe une différence notable entre la coopération sino-africaine et le colonialisme des impérialistes occidentaux en Afrique. La nature du colonialisme consiste à contrôler et intervenir dans les affaires politiques d’autres pays, et à monopoliser et piller les ressources économiques. La Chine, sur le plan politique, s’en tient toujours à la politique de non-ingérence dans les affaires intérieures et souligne, dans le domaine économique, à la coopération d’entraide mutuelle et au “gagnant-gagnant” ». L’occident reproche souvent à la Chine de soutenir des dictatures pour gagner des marchés. Nous reproduisons ici les arguments d’une réponse chinoise qui, convenons en, ne manque pas de force. La réponse du berger à la bergère, en quelque sorte.
 
Par Min Guowei, Chinafrique 2007 N° 4
 
Ndlr : Chinafrique est une revue institutionnelle chinoise de langue française destinée à promouvoir la coopération économique avec le continent africain.
Ces derniers temps, l’opinion publique occidentale blâme la Chine de pratiquer le « néocolonialisme » en Afrique.
 
De toute évidence, cette critique est irrationnelle.
 
Il existe une différence notable entre la coopération sino-africaine et le colonialisme des impérialistes occidentaux en Afrique. La nature du colonialisme consiste à contrôler et intervenir dans les affaires politiques d’autres pays, et à monopoliser et piller les ressources économiques. La Chine, sur le plan politique, s’en tient toujours à la politique de non-ingérence dans les affaires intérieures et souligne, dans le domaine économique, à la coopération d’entraide mutuelle et au « gagnant-gagnant ». De plus, le commerce et l’investissement entre la Chine et l’Afrique se basent sur les négociations bilatérales égales ; parfois c’est la partie africaine qui manifeste d’abord l’intention de coopérer avec la Chine. Donc, il n’existe évidemment pas de « néocolonialisme » dans les échanges sino-africains.
Le « néocolonialisme » se caractérise par les facteurs suivants.
 
Facteur de contrôle : la puissance la plus forte qui contrôle le marché des matières premières est celle de certains grands pays occidentaux. Robert Murifi, analyste des affaires africaines du Département d’État des États-Unis, dit qu’outre le Moyen-Orient, l’Afrique est une autre source importante qui assure l’importation de pétrole des États-Unis. Actuellement, 15 % du pétrole importé par les États-Unis provient de l’Afrique, et ce chiffre arrivera à 25 % en 2015. Comment la Chine pourrait-elle posséder une telle puissance ?
 
Facteur d’intervention : selon l’analyse des médias occidentaux, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et le G8 fournissent une assistance économique conditionnelle à l’Afrique, c’est-à-dire que tout en réduisant le remboursement des dettes occidentales, les pays d’Afrique doivent augmenter l’exportation des matières premières, encourager l’investissement occidental en Afrique et privatiser leurs entreprises étatiques. Depuis l’application de la réforme imposée par l’Occident en 1980, les dettes extérieures africaines non seulement n’ont pas diminué mais ont même augmenté de 500 %. Ces dernières années, des centaines de milliards de dollars de capitaux ont coulé vers l’Occident, non pas vers la Chine.
 
Facteur de polarisation : l’Afrique a été divisée en pôles riche et pauvre, afin de faciliter l’intervention complète du néocolonialisme. Aujourd’hui, des guerres éclatent fréquemment en Afrique. Pendant les quinze dernières années, le feu de la guerre a touché 32 des 53 pays d’Afrique. Entre 1950 et 1989, certains grands pays occidentaux ont fourni 15 milliards de dollars d’« assistance » dans les domaines militaire et éducatif africains, préludant aux conflits d’aujourd’hui. De 1991 à 1995, ils ont augmenté encore une fois l’assistance militaire envers 50 pays d’Afrique, se mêlant à quelques guerres régionales, causant des millions de morts et des millions de réfugiés. Parmi ces guerres et fléaux, où apparaît la Chine ?
 
La Chine fait le commerce normal et rationnel en Afrique aux prix du marché. Par exemple, de la totalité du pétrole exporté de l’Afrique, l’Europe en prend 36 %, les États-Unis 33 % et la Chine seulement 8,7 %. Si ces 8,7 % s’appellent pillage de ressources, que dire des proportions de 36 % et de 33 % ? Depuis la mise en exploitation il y a quatre ans, la mine de cuivre de Chambishi, construite en coopération sino-zambienne, vend tous ses produits à la société britannique Transamine, sans que la moindre quantité soit transportée en Chine. Comment peut-on dire que la Chine « pille » les ressources africaines ?
 
Durant les quelque quarante années passées, la Chine a construit pour l’Afrique 19 écoles, 38 hôpitaux, envoyé plus de 16 000 médecins à 47 pays d’Afrique pour soigner 170 millions de personnes. On y compte aussi 760 000 sièges dans l’ensemble des stades construits par la Chine.
 
La Chine ne pratique jamais la domination coloniale dans d’autres pays. Au contraire, depuis la guerre de l’Opium en 1840, elle a subi l’invasion des puissances impérialistes des pays occidentaux pendant près de cent dix ans. La nation chinoise connait donc cette souffrance ; voilà qui explique pourquoi le gouvernement chinois soutient depuis longtemps la libération nationale africaine et le redressement.
 
Le continent africain a été victime de domination coloniale pendant cinq cents ans. Les Africains bien savent que ce qu’a rapporté cette domination et ce qu’elle leur a pris. Si la Chine y pratiquait véritablement le « néocolonialisme », il n’y aurait pas de si nombreux pays d’Afrique à désirer l’assistance et la coopération de la Chine.
 
L’auteur est le vice-président de la Société générale d’ingénierie outre-mer de Chine.
 
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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 02:38
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République centrafricaine : Conditions de vie précaires des personnes déplacées près de Kabo

Mars 4, 2008 par Brice Blondel HDPT RCA - Plus de 2700 personnes déplacées vivent actuellement sur un site près de Kabo, en République centrafricaine, et de nouvelles personnes arrivent chaque jour. De retour du site, une mission conjointe d'évaluation, comprenant  le personnel de l'OCHA et le BONUCA, ainsi que des représentants des donateurs, a décrit la situation humanitaire comme très précaire.
 
Rencontre avec le maire de Kabo, les membres de la mission ont appris que les ONG avaient réussi à régler les problèmes les plus urgents. Par exemple, l'ONG Solidarités a installé une pompe à eau fournir de l'eau potable sur le site et les personnes déplacées du centre de santé local reçoivent l'aide de Médecins Sans Frontières (MSF). La capacité actuelle du centre n'est que de 56 lits, et doit être rapidement augmentée d’autant que la population du site continue de croître. La sécurité alimentaire reste une préoccupation importante, comme la plupart des gens ont dû abandonner leurs champs et les cultures pour échapper à la violence. Et la prochaine priorité devrait être l'éducation d'urgence, car il existe actuellement une seule école d'environ 3000 élèves qui séjournent dans la ville et sur le site de déplacés. Malgré les récents efforts humanitaires, les besoins de Kabo sont encore immenses, et les moyens de les satisfaire sont rares.
 
La mission a également signalé la présence de plus de 400 autres personnes qui avaient fui en 2003 Kabo pour chercher refuge au Tchad, et sont à présent rentrées en Centrafrique. Toutefois, confrontés à la difficulté des conditions de vie dans Kabo, ces gens ont été forcés à rejoindre le site des déplacés. La plupart des maisons de la ville ont été gravement endommagées au cours des violents combats entre l'armée et les forces rebelles en 2006 et 2007. Par conséquent, même la plupart des services sociaux de base ont été rompus, et il va falloir des années avant que l'économie locale soit reconstruite et que la population de Kabo puisse retrouver son train de vie d'avant.

Même si le récent cessez-le-feu entre le Gouvernement et les forces rebelles a amélioré la sécurité dans et autour de Kabo, les attaques imprévisibles de bandits de la route (Zaraguinas) sont toujours là pour empêcher les personnes déplacées de regagner leurs villages. Marquée par des mois de violence, la population de Kabo travaille déjà d'arrache-pied pour soutenir les personnes déplacées et les réfugiés qui rentrent chez eux, bien que davantage d'aide humanitaire reste indispensable.
 
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Centrafrique-Presse.com - dans Nation
5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 02:15
Soldats-fran-ais---Abidjan.jpg
 
Par Zineb Dryef (Rue89)    20H23    03/03/2008
 
D'un côté, Nicolas Sarkozy déclare que "les temps ont changé et que la France n'a pas à jouer un rôle de gendarme en Afrique". De l'autre, son ministre de la Défense, Hevé Morin, assure que Paris continuera "bien entendu à avoir une implantation" et à "faire de la formation, à participer à l'organisation des forces". Rien de changé donc. De ces cinquante dernières années d'interventions militaires françaises sur le continent, Rue89 a retrouvé les images grâce à l'INA.
 
1961: "Tous les matins, Libreville fête son grand homme, Léon M'ba"
 
Avant l'inénarrable Omar Bongo, la France a longtemps soutenu le premier président du Gabon: Léon M'ba. Arrivé au pouvoir en 1961, il est renversé trois ans plus tard. Des parachutistes français sauvent son régime et le remettent en selle. A sa mort, en 1967, son vice-président, alors âgé de 32 ans, lui succède et devient le plus jeune chef d’Etat du monde. Dans les images qui suivent, le Gabon fête son premier anniversaire d'Etat "indépendant". Les commentaires sont... d'époque.
 

1978: "La première mission est de libérer Kolwezi"

 
Là encore, Nicolas Sarkozy fait jouer la mémoire et souhaite "que le 30e anniversaire de l'opération de Kolwezi soit l'occasion de rendre hommage aux militaires français qui, depuis trente ans, participent aux opérations extérieures". Le 18 mai 1978, le 2e REP (Régiment étranger de parachutistes) de la Légion étrangère a sauté sur cette ville minière du Zaïre pour secourir des otages européens aux mains des rebelles katangais. En révolte contre le dictateur Joseph-Désiré Mobutu, ils étaient parvenus à rallier une partie de l'armée zaïroise. Intervention réputée "propre" et réussie, la bataille de Kolwezi est mythifiée (pour son but humanitaire) mais aussi dénoncée pour les exactions qui y auraient été commises par certains légionnaires.
 

1983: Des Jaguar français à la rescousse d'Hissène Habré

 
Ex-dictateur tchadien, toujours poursuivi pour ses exactions et violences contre des milliers de personnes, Hissène Habré a bénéficié du soutien de la France durant les années 80. Arrivé au pouvoir par la force en 1982, il a très vite besoin de l'aide franco-américaine pour combattre la Libye, qui occupe le nord du pays. En août 1988, Paris envoie dix avions -des Jaguars et des Mirages- pour lutter contre l'offensive aérienne de Kadhafi.
 

1994: La dramatique opération turquoise

 
En juin 1994, les militaires français débarquent dans un Rwanda où le génocide est largement entamé. Leur mission de protection est encore aujourd'hui très controversée. Pourtant, la télévision française ne décrit que leur rôle humanitaire. Sur place, nombreux sont ceux qui ont dénoncé l'impartialité malvenue des militaires et l'inaction face aux crimes de masse. Des plaintes pour viol et participation aux massacres ont également été déposées contre plusieurs soldats français.
 

2003: MAM scelle la "réconciliation" avec la Côte d'Ivoire

 
En septembre 2002, la Côte d'Ivoire, jusqu'alors plutôt prospère et sereine, bascule dans la guerre civile. La France intervient. D'abord engagée uniquement dans la protection de ses ressortissant, la force Licorne doit rapidement honorer les accords entre Paris et Abidjan: intervenir en cas de tentative de déstabilisation. Ce qu'elle ne fait pas. Les relations se tendent alors rapidement avec Laurent Gbagbo, qui accuse son homologue français de soutenir la rébellion. Durant plusieurs mois, une vaste colère antifrançaise s'exprime dans les manifestations de la rue ivoirienne. Quelques mois après une réconciliation factice entre les deux pays, en novembre 2004, l'armée française tire sur une foule hostile.
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Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 01:28
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« La France n’a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique » a déclaré Nicolas Sarkozy la semaine dernière, dans un discours en totale contradiction avec celui qu’il avait prononcé à Dakar il y a à peine sept mois. Il prétend ainsi mettre fin à la « Françafrique » tant décriée qui entretient depuis 40 ans un système postcolonial injuste et stérile. L’intention serait louable si elle n’était pas aussitôt frappée de lourds soupçons. D’abord parce qu’on ne sait quel crédit accorder à un discours diamétralement opposé à celui fait au Sénégal. D’un côté le Président affirmait que l’Afrique n’était pas assez entrée dans l’histoire, d’un autre il vient souligner ce que l’histoire de la France doit à ce continent. Ensuite parce que l’attitude de la France envers l’Afrique n’a pas changé d’un iota : la crise tchadienne nous en a encore donné la preuve le mois dernier. On sait que notre pays a vendu des armes au gouvernement tchadien et que les forces françaises ont combattu aux côtés de l’armée tchadienne contre la rébellion, tandis que les forces tchadiennes arrêtaient arbitrairement les dirigeants de l’opposition démocrate.
Certes, il n’était sans doute pas illégitime d’aider à contenir une rébellion dont les auteurs, venant de l’entourage du président, recherchaient davantage une répartition plus favorable à leurs intérêts des prébendes pétrolières que le bien du peuple. Mais l’intervention française ne devait pas servir de paravent à des arrestations arbitraires contre des démocrates sincères ou à couvrir des actes de torture. Il est tout aussi insupportable de penser que ce soutien de la France soit l’une des conditions pour que la grâce tchadienne soit accordée aux six condamnés de l’Arche de Zoé. Comme l’écrivait Jean-François Bayart dans un article du Monde, tout se passe comme si « six coupables blancs valent quatre innocents noirs et le sort de centaines de victimes anonymes envoyées ad patres par des munitions françaises. » 

Sans la France, le gouvernement d’Idriss Déby ne pourrait se maintenir. Au Tchad, en Centrafrique, dans d’autres anciennes colonies, en l’absence de l’armée française, le gouvernement et l’État s’effondrent. C’en est au point qu’en Centrafrique, l’armée française protège les populations des exactions de l’armée nationale. Sans présence militaire française en Afrique, des situations d’anarchie barbare comme en ont connu le Libéria, le Sierra Leone se multiplieraient. Les ONG, les institutions internationales doivent leur sécurité à une armée française apte à mener des opérations d’évacuations d’urgence comme celle menée à N’Djamena au début du mois de février. Tous les Français et les étrangers rapatriés ces dernières années éprouvent une grande dette de reconnaissance envers ces soldats français dont certains, parmi eux, ont été blessés lors de ces actions dangereuses. Ce n’est donc pas l’armée qu’il faut incriminer mais le fait que le gouvernement français préfère la mettre au service des dictateurs plutôt qu’au service des peuples et des démocrates. La France choisit la fausse sécurité offerte par les dictateurs, leur système répressif assorti de corruption, à toute évolution politique, évidemment incertaine.
Comment ne pas s’indigner de l’hypocrisie de la France, prompte à saisir (en vertu d’accords anciens qui n’ont désormais plus le moindre sens) la nécessité de préserver la sécurité de ses ressortissants et des autres étrangers pour maintenir au pouvoir des dirigeants corrompus qui mènent leur peuple à la ruine ? La proposition du président de revoir ces accords va donc dans le bon sens mais elle manque de clarté. Une nouvelle fois, il fait des annonces et reste vague, attendant sans doute de voir le cours que prennent les choses pour dissiper le flou. Sa position est d’autant plus ambiguë qu’il s’est clairement rangé du côté du pouvoir tchadien pendant la crise.
Par son action, la France se rend complice de graves atteintes portées aux droits de l’Homme, mais également du maintien de millions de vies dans la misère la plus totale. L’administration tchadienne n’est qu’une coquille vide, inefficace et corrompue qu’il est nécessaire de contourner pour mener la moindre action de développement. Toute action menée au niveau ministériel est condamnée, et le peuple doit se contenter de quelques initiatives locales forcément moins ambitieuses de la coopération française et des ONG.
Le Tchad n’est qu’un exemple parmi tant d’autres : la République Centrafricaine est également un État en faillite. Dans beaucoup de pays, la misère est si grande que la violence est sous jacente et qu’il suffit d’une étincelle pour la faire jaillir. Les évènements qui se déroulent actuellement au Cameroun l’illustrent parfaitement. Ces États auraient besoin d’un ambitieux programme d’action pour prévenir les conflits en luttant contre la pauvreté par le développement économique et la lutte contre la corruption, en mettant en valeur les vertus du dialogue et de la concertation dans un système pluraliste et en instaurant une presse vraiment libre. Sans s’immiscer directement dans la politique de ces pays, la France pourrait jouer un rôle d’impulsion au lieu de se cantonner à celui, bien peu glorieux, de pansement militaire.
Il est temps que la France prenne réellement ses responsabilités en commençant par peser de tout son poids pour obtenir la libération immédiate des prisonniers politiques. Il est également urgent de revoir nos accords et de les conditionner fermement à des exigences de développement, de respect des droits des citoyens et de démocratie. Nous le devons aux peuples africains comme nous nous le devons à nous-mêmes et à nos idéaux.
Monique Cerisier ben-Guiga - Sénatrice représentant les Français établis hors de France (PS)
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Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 01:18
 
 
Artur du Plessis Laurent - mercredi 05 mars 2008
 

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A l’occasion de son récent voyage en Afrique, Nicolas Sarkozy a annoncé un bouleversement de la politique africaine de la France. « Il faut changer le modèle des relations entre la France et l’Afrique si on veut regarder l’avenir ensemble » a dit-il dit devant le Parlement sud-africain.

Les troupes françaises stationnées en Afrique ne participeront plus directement aux combats, tout au moins pas sous le drapeau français. Le chef de l’État a pris l’exemple de la présence militaire française au Tchad, où il avait fait escale la veille, moins de quatre semaines après l’attaque avortée de rebelles venus du Soudan contre le régime du président Idriss Déby. La France « s’est interdit de s’immiscer dans les combats et de tirer sur des Africains », a dit le président de la République. En vertu d’un accord de coopération militaire, les troupes françaises basées à N’Djamena avaient fourni aux forces armées tchadiennes un appui en matière logistique et de renseignements sans lequel elles n’auraient pas pu repousser les rebelles, mais elles n’avaient pas fait feu sur eux.

Sarkozy a affirmé : « Il n’est plus concevable que l’armée française soit entraînée dans des conflits internes ». Le chef de l’État a annoncé une remise à plat de tous les accords militaires franco-africains – conclus au lendemain de la décolonisation, il y a 50 ans - dans le cadre d’une « refondation » plus générale de la politique française sur ce continent : « L’idée, c’est de s’en aller sur la pointe des pieds en mettant en avant le fait qu’on africanise, européanise ou internationalise les opérations sur le sol africain », a-t-il précisé.

La France va passer la main : « Je pense que les temps ont changé et que la France n’a pas à jouer un rôle de gendarme en Afrique, c’est le rôle de l’Union africaine et des organisations régionales africaines », dit le président de la République. Il propose de « faire de l’Europe un partenaire majeur de l’Afrique en matière de paix et de sécurité ». Le président de l’Afrique du Sud, Thabo Mbeki, a applaudi : « Cela fait partie de la suite du processus de décolonisation en Afrique ». Les retombées calamiteuses de l’opération Turquoise au Rwanda, en 1994, ont laissé une empreinte indélébile dans les esprits à Paris, où l’on cherche à se désengager du bourbier africain.

Les militaires, qui n’avaient pas été prévenus de ce retournement, sont stupéfaits : renégocier ces accords constitue « un chantier énorme », dit-on à l’état-major des armées. La France est liée à une vingtaine de pays en Afrique par des accords militaires de deux types : coopération militaire, comme au Tchad, et accords de défense stricto sensu, notamment avec le Sénégal, la Côte-d’Ivoire ou le Gabon. Ces ententes permettent une intervention des forces françaises en cas d’attaque contre le pouvoir en place. Environ 9 500 soldats français sont déployés sur le sol africain, dont 2 900 à Djibouti. Selon l’Élysée, huit pays sont concernés par ces annonces présidentielles.

Ce désengagement fera reculer un peu plus l’influence française en Afrique, réservoir de matières premières sur lequel les États-Unis, la Chine, et d’autres pays mettent la main. Il fera partie de la nouvelle cure d’amaigrissement qui va être infligée à la Défense nationale. Son budget va subir des coupes claires, préparées par la commission élaborant le « Livre blanc » sur les nouvelles orientations de la politique de défense française, qui sera soumis à l’approbation du chef de l’État en mai.

La France consacre 1,8 % de son produit intérieur brut à la défense (36 milliards d’euros). Bercy fait pression sur la commission du « Livre blanc » pour bloquer le budget à son niveau actuel, sans l’augmenter du montant de l’inflation, afin de l’amener à 1,3 % du PIB dans cinq ans. Cette option semble devoir être retenue. La dotation en avions Rafale, prévue à 294, passera à 240. La composante nucléaire aéroportée sera réduite d’un tiers. La Marine devra renoncer à une partie des six sous-marins d’attaque Barracuda commandés et, surtout, au second porte-avions nucléaire, pourtant indispensable pour relayer le Charles-de-Gaulle quand il est en réparation. Les moyens humains et matériels des forces terrestres affectés aux opérations extérieures seront réduits. Ce qui n’empêche pas des élus locaux d’obtenir du gouvernement des promesses de maintien dans leurs circonscriptions d’implantations devenues inutiles…

Point positif de la nouvelle politique de défense : la fonction « renseignement » sera renforcée et modernisée, par notamment la mise en orbite de nouveaux satellites espions et la création d’un commandement spatial intégré confié à l’armée de l’air
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Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 18:39
, selon un représentant de l'UFDD-France 

Ibni-Oumar-Mahamat-Saleh.jpg

Paris, France 4/3/08  (PANA) – Les informations selon lesquelles l'opposant tchadien,Ibni Oumar Mahamat Saleh, disparu depuis le 3 février dernier, est mort"sont tout à fait crédibles", a déclaré, lundi à la PANA, Mahamat Assileck Halata, délégué à l'Information et à la Communication de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD-France).

"Yorongar a dit que Ibni Oumar Mahmat Saleh est mort. Il faut prendre très au sérieux cette information", a dit M. Assileck Halata, une des premières personnes à avoir appris la présence du député fédéraliste au Cameroun. Selon le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner,M. Yorongar est arrivé dimanche soir à l'aéroport de Yaoundé enprovenance de la ville de Garoua, dans le nord du Cameroun.

Dans un texte diffusé vendredi soir, ledéputé fédéraliste avait révélé que Ibni Oumar Mahamat Saleh est mort"dès les premiers jours de sa captivité dans une prison secrète deDeby".

"C'est en connaissance de cause et en toute conscience que Yorongar a annoncé la mort de Ibni. Il ne peut pas mentir. Je ne vois d'ailleurs pas son intérêt à le faire", a dit le responsable de l'UFDD de Mahamat Nouri.

Evoquant la position de la France sur le sort des deux opposantstchadiens arrêtés le 3 février par des éléments présumés de la Gardeprésidentielle, M. Assileck a vivement critiqué le comportement duministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

"Il a été porte-parole du gouvernement tchadien dans cette affaire. Pourquoi Idriss Déby ne dit rien si Ibni est vivant? Pourquoi la France cherche à cacher l'information? Bernard Kouchner joue un mauvais rôle dans cette affaire", s'est emporté l'opposant tchadien.

"La diplomatie française a donné de bout en bout raison à Déby dans cette affaire comme sur les violations des droits de l'Homme", a-t-il ajouté.
 
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Centrafrique-Presse.com - dans Droits de l'Homme et Liberté de Presse
4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 18:28
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écrit le 04/03/08 à 13:35:11 par Survie Isère
 
Après avoir une nouvelle fois apporté un soutien inconditionnel au régime de terreur du tchadien Idriss Déby, l'Etat français a beau jeu de prétendre rompre avec les habitudes françafricaines du passé. Ses récentes déclarations sur la politique africaine de la France, et notamment sur la présence militaire française en Afrique, ne doivent pas faire illusion : seuls comptent les faits.

« Nous n'avons aucun accord de défense avec le Tchad, qui est probablement l'un des pays dans lequel nous sommes le plus intervenus. Jusqu'ici, ça n'a troublé personne ».
Amiral Lanxade, ancien chef d’état-major des armées, 06/05/1998

Lors des derniers évènements au Tchad, Déby a une nouvelle fois bénéficié du soutien français (en renseignements, armes et munitions) nécessaire pour se maintenir au pouvoir, et entamer la chasse aux opposants et aux dirigeants des organisations de la société civile.

Rappelons que le rôle de l'armée française en Afrique ne se limite pas à ses 6 à 7000 soldats stationnés sans mandat onusien dans ses 5 bases militaires permanentes. En effet, sont également détachés des conseillers militaires auprès de tous les dictateurs amis de la France, et des formateurs pour leurs troupes d'élite. Et cela, sans aucun contrôle de notre Parlement !

Le Tchad en est un sinistre exemple : le dispositif Epervier, déployé depuis 1986, représente aujourd'hui 1100 militaires permanents, une base aérienne, conseil et formation en matière de défense et de services secrets, et entraînement des troupes d'élite de la garde républicaine. Cette présence et plusieurs interventions directes ont sauvé plusieurs fois le dictateur Déby, auxquelles les élections frauduleuses validées par la coopération française n'apportent aucune légitimité.

Le voyage du président français N. Sarkozy au Tchad ce 28 février n’aura servi à rien sauf à cautionner l’enlèvement et la probable élimination physique de représentants de l’opposition démocratique par le régime Déby.

L'état français reste, dans les faits, le meilleur soutien du régime criminel d'Idriss Déby !
 

Nous demandons le retrait immédiat des troupes françaises sans mandat de l'ONU, seule instance légitime.

L'état français doit cesser de soutenir diplomatiquement et militairement le dictateur tchadien Idriss Déby.


Samedi 8 mars
16h30 place Félix Poulat

Manifestation
Contre l'action militaire de la France au Tchad
 
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Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 18:24
- Afp
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La France accordera "l'asile politique" à l'opposant tchadien Ngarlejy Yorongar, a déclaré le Premier ministre français François Fillon mardi sur Europe 1.
"La France a une tradition d'asile que chacun connaît bien et l'asile politique sera accordé", a déclaré M. Fillon à propos de cette figure de l'opposition non-armée au régime d'Idriss Deby, qui a refait surface dimanche à Yaoundé (Cameroun) alors qu'il était porté disparu depuis le 3 février.
"Mais la question qui est posée pour nous au Tchad, c'est la question de savoir où sont passés les opposants qui ont disparu" pendant et après l'attaque de forces rebelles sur la capitale N'Djamena début février, a ajouté M. Fillon.
Le Premier ministre a par ailleurs estimé que le président Nicolas Sarkozy avait été "très courageux en allant au Tchad la semaine dernière et en exigeant du président tchadien qu'il y ait une commission d'enquête internationale qui soit mise en place pour retrouver la trace de ces opposants".
"Je pense que c'est une vraie rupture avec la politique qui était conduite traditionnellement par la France", a-t-il dit.
Trois responsables de l'opposition non-armée avaient disparu début février lorsque les forces rebelles étaient entrées dans N'Djamena, arrêtés selon leurs proches par les forces loyales au président Deby.
Outre M. Yorongar, il s'agit de l'ancien président Lol Mahamat Choua, que les autorités ont reconnu détenir après l'avoir nié et qui a été libéré le 28 février, et du porte-parole de la principale coalition de l'opposition Ibni Oumar Mahamat Saleh, dont on est toujours sans nouvelles.
Le député tchadien Ngarlejy Yorongaravait confirmé lundi à l'AFP être "encore en vie" au Cameroun, tandis que N'Djamena a créé une commission d'enquête, déjà contestée, portant notamment sur le sort d'un autre opposant dont on est sans nouvelles.
"Ma santé n'est pas bonne, mais je suis encore en vie pour témoigner", a affirmé l'opposant irréductible au président Idriss Deby Itno, joint au téléphone dans la capitale camerounaise depuis Libreville.
"Il y a un pays qui m'accueille et je dois respecter un devoir de réserve", a-t-il ajouté, tout en assurant que son "transit" au Cameroun ne durerait encore que "48 heures au maximum".
"Ensuite, je m'en irai certainement. Je ne sais pas encore où, il y a des démarches qui sont faites un peu partout, je prendrai la meilleure solution pour ma sécurité et ma santé", a-t-il ajouté.
Son fils aîné Rokoulmian Yorongar a précisé à l'AFP qu'il se sentait "très mal", notamment "à cause des tortures endurées pendant sa détention".
L'arrivée dimanche soir à Yaoundé de Ngarlejy Yorongar en provenance de Maroua, dans l'extrême nord du Cameroun, a levé une partie des doutes sur son sort, sans pour autant fournir tous les éléments de sa disparition et de sa réapparition.
L'opposant dit avoir été arrêté par les services de sécurité tchadiens le 3 février, à la fin de la bataille de N'Djamena au cours de laquelle les rebelles tchadiens ont échoué à prendre le pouvoir. Cette version a été confirmée par plusieurs témoins.
Dans des témoignages, M. Yorongar dit avoir ensuite réussi à fuir au Cameroun, où il a réapparu ce week-end dans des conditions restant à éclaircir.
 

L’opposant tchadien Yorongar attendu à Paris
 
Par AFP  Mardi 04 mars 2008
 
La France a annoncé, mardi, qu'elle accorderait l'asile politique à Ngarlejy Yorongar. L'opposant tchadien, réfugié au Cameroun après les troubles du mois dernier, est attendu à Paris mercredi.
 
L'opposant tchadien Ngarlejy Yorongar, qui vient d'arriver à Yaoundé après avoir été porté disparu pendant près d'un mois, va quitter mercredi le Cameroun à destination de Paris, a-t-on appris mardi auprès de son entourage.
  
"Il voyage demain (mercredi) à Paris", a déclaré à l'AFP une source proche du député fédéraliste.
  
Le Premier ministre français François Fillon avait auparavant affirmé que "l'asile politique (serait) accordé" à cet opposant irréductible au président Idriss Deby Itno.
  
Selon des témoignages concordants, Ngarlejy Yorongar a été arrêté le 3 février par les services de sécurité tchadiens à la fin d'une attaque rebelle sur N'Djamena repoussée in extremis avec l'aide de la France.
  
Il dit avoir réussi à fuir au Cameroun après 18 jours de détention.
  
Les rares témoignages livrés ces derniers jours par l'opposant demeurent assez confus sur les conditions de sa détention et de sa fuite.
  
"Il s'exprimera plus longuement quand il sera en France", a ajouté la même source.
  
Lundi soir, Ngarlejy Yorongar avait affirmé, dans un bref entretien téléphonique avec l'AFP, que sa santé n'était "pas bonne" et qu'il comptait quitter le Cameroun mercredi au plus tard vers un pays tiers pour faire un "bilan médical".
  
Deux autres responsables de l'opposition avaient été arrêtés dans des circonstances similaires le 3 février.
  
Il s'agit de l'ex-président Lol Mahamat Choua, détenu par les autorités qui l'ont libéré le 28 février, et du porte-parole de la principale coalition de l'opposition Ibni Oumar Mahamat Saleh, dont on est toujours sans nouvelles.
  
"Nous sommes très pessimistes", a déclaré mardi à l'AFP le cousin de ce dernier, Moussa Mahamat Saleh. "Cela fait 31 jours sans nouvelles, nous sommes très inquiets sur son sort".
  
Dans un communiqué reçu par l'AFP à Libreville, l'organisation Human Rights Watch (HRW) basée à New York appelle N'Djamena à "rendre rapidement des comptes au sujet de la disparition" d'Ibni Oumar Mahamat Saleh, "arrêté par les forces de sécurité tchadiennes il y a un mois".
  
"Le gouvernement a placé Ibni en détention et le gouvernement doit donc le faire réapparaître", estime l'organisation de défense des droits de l'Homme, qui redoute que l'opposant soit "victime d'une disparition forcée".
  
Le gouvernement tchadien a créé lundi, comme promis au président français Nicolas Sarkozy, une commission d'enquête internationale sur l'attaque rebelle et le sort des disparus.
  
Selon HRW, cette commission "n'est pas assez indépendante et crédible car elle est dirigée par le président de l'Assemblée nationale (Nassour Ouaïdou), un allié proche du président Deby".
  
"Le président Deby a jeté de la poudre aux yeux du président Sarkozy", déplore l'ONG.
 
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Centrafrique-Presse.com - dans Droits de l'Homme et Liberté de Presse
4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 18:23
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Au Tchad, fin janvier et début février, des groupes armés "rebelles" ont tenté de renverser le régime du président Idriss Déby. Résultat : plusieurs milliers de morts et des dizaines de milliers de personnes fuyant les combats pour le Cameroun où elles n'ont rien trouvé d'autre que des camps de la misère, sans eau ni nourriture. Aujourd'hui, avec la défaite des rebelles repoussés aux confins du Soudan, le pays est livré à la vindicte de la soldatesque d'Idriss Déby, profitant de sa "victoire" pour mener une chasse aux sorcières qui frappe les opposants officiels à son régime mais aussi tous ceux qui ont eu le malheur de se plaindre de leur sort. Une bonne partie des quelque 700 000 habitants de la capitale N'Djamena avait suivi le mot d'ordre des rebelles qui les invitaient à fuir avant le déclenchement de la vague d'attaques et cette "lâcheté" se fera payer très cher par les forces de répression tchadiennes.
 
Mais l'armée du président tchadien et les "rebelles" ne sont pas seuls à s'affronter et à porter la responsabilité de tous ces massacres. Une fois encore, nombreuses sont les puissances impérialistes, petites ou grandes, à être rentrées dans cette danse macabre.
 
La complicité de la France
 
Pendant le déroulement des opérations militaires, Paris s'est efforcé de cacher sa participation directe dans la boucherie. C'est ainsi qu'on a pu entendre Kouchner et Sarkozy dire : "Nous n'avons pas à participer aux combats" et "Nous espérons ne pas avoir à intervenir plus en avant militairement" pour finir par ajouter tout de même : "Si la France doit faire son devoir, elle le fera". A les en croire, la France ne serait donc pas encore impliquée militairement dans cette affaire, mais si la défense de la démocratie l'exige (puisque Idriss Déby a été élu), elle est prête à défendre le régime légitimement en place. Quel cynisme  ! La bourgeoisie fait la guerre, déclenche les plus abominables horreurs, massacre à tour de bras, et cela toujours au nom de la paix, de la démocratie, de l'humanitaire... Actuellement déjà, au Darfour, région frontalière du Tchad, l'Eufor est déployée avec 3700 hommes dont les deux tiers sont des éléments de l'armée française. Pourquoi ? Officiellement, pour "protéger" les populations, "pour accentuer la coopération des forces de paix et prêter main forte" aux forces de l'Union africaine.
 
Kouchner et Sarkozy peuvent bien déclarer "Nous n'avons pas à participer aux combats", l'armée française est déjà sur place, et en action. Son implication est d'une telle évidence que même les médias ne peuvent la cacher : "Nicolas Sarkozy (...) a engagé dans les combats des officiers d'état-major, le premier février, et des éléments du Commandement des opérations spéciales (COS), le 2. (...) Le 6 février, le ministre de la Défense, Hervé Morin, s'est rendu à N'Djamena pour réitérer le "soutien sans faille" de la France au président Déby, et, pour que chacun comprenne le message, il s'est fait photographier l'œil dans le viseur d'une arme automatique" (1). Il y a un peu plus d'un an, fin 2006, la France était déjà intervenue militairement pour sauver le régime tchadien en utilisant chars, aviation et quelques 2000 soldats. L'affrontement contre les rebelles s'était soldé par quelques milliers de morts dans la population. Cette fois-ci encore, le gouvernement français a donc utilisé son dispositif militaire sur place pour soutenir son pion tchadien. Sur toutes les chaînes télévisées françaises, au 20 h, tout le monde a pu voir ces images de l'évacuation des ressortissants étrangers à partir de l'aéroport de N'Djamena tourner en boucle. Le message était clairement propagandiste : "Oh, regardez notre belle et noble armée française sauvant des vies en sécurisant l'aéroport et en organisant l'évacuation  !". Les journalistes en ont d'ailleurs fait des tonnes sur le sauvetage des ressortissants non français, pour bien montrer l'altruisme de la république tricolore. Mais là encore, la "protection", le "sauvetage des vies" n'ont été que des excuses infâmes. Sécuriser cet aéroport a surtout permis aux avions du pouvoir tchadien de décoller pour aller bombarder les rebelles et, en passant, raser des villages. Des mirages de l'armée française décollaient eux aussi de cet aéroport, non pour bombarder mais pour repérer les colonnes rebelles et indiquer leur présence à l'armée tchadienne. L'hypocrisie de la bourgeoisie n'a pas de limite (2).
 
Tous des charognards impérialistes
 
Ce nouvel avatar de la guerre au Tchad n'a rien d'étonnant. Cette région est depuis des décennies convoitée et tiraillée par les grandes puissances impérialistes.
Dans les années 1980, par exemple, c'est Hissène Habré qui était soutenu par la France pour le compte du bloc américain. Qu'on se souvienne des opérations Manta mises au point par Mitterrand au profit des Etats-Unis afin de contenir la pression de la Libye, considérée à l'époque comme oeuvrant pour le compte de l'impérialisme russe. Comme l'avoue le Monde (du 17 avril 2006) : "Si la France maintient une forte présence militaire au Tchad (1350 soldats, 6 avions de chasse Mirage et 3 hélicoptères), c'est pour des raisons historiques, stratégiques et diplomatiques. (...) Depuis l'indépendance en 1960, tous les présidents tchadiens, de François Tombalbaye au général Maloum, d'Hissène Habré à Idriss Déby, ont entretenu des rapports étroits avec Paris".
 
Le soutien diplomatique et militaire actuel à Idriss Déby n'a donc rien à voir, ni de près ni de loin, avec une quelconque défense de la démocratie. La France soutien simplement son homme de main sur place et, encore une fois, c'est tellement gros que les médias sont obligés de lâcher le morceau : "Idriss Déby a pris le pouvoir par les armes en décembre 1990. Il venait de Libye et du Darfour et avait bénéficié de l'aide militaire française pour chasser Hissène Habré, devenu embarrassant. Il a persisté dans son être présidentiel jusqu'à aujourd'hui à grand renfort de combats, répression, de fraudes électorales, de manipulations constitutionnelles. (...) il a néanmoins joui du "soutien sans faille" de la part de la France" (3).
 
Ce "soutien sans faille" de la bourgeoisie française est aujourd'hui d'autant plus nécessaire que le Tchad se trouve au cœur d'appétits impérialistes de plus en plus aiguisés. Parmi les concurrents de l'Etat français, on trouve la Libye de Kadhafi, le "nouvel ami" de Sarkozy, qui arme et finance tout le monde (le régime et ses opposants) et dont le but fondamental est de récupérer la place de Paris. Mais il y a aussi, évidemment, les Etats-Unis dont les sociétés exploitent le pétrole tchadien au détriment de la société française Total et qui soutiennent en sous-main certaines fractions de rebelles. Ou encore, prouvant que petites ou grandes, toutes les nations sont impérialistes, il y a le Soudan (soutenu par la Chine) et les groupes qui arment les "rebelles" tchadiens en vue de renverser le pouvoir en place de Déby, lequel, de son côté, arme et finance les "rebelles" soudanais dont les exactions ravagent le Darfour ! C'est cette mosaïque de cliques et de charognards qui se disputent le contrôle du Tchad et des pays environnants. C'est pour cette raison que ces criminels mettent toute la région à feu et à sang. Trois conflits ravagent actuellement cette région du monde : au Tchad, en Centrafrique et au Darfour !
 
Toutes ces bourgeoisies ne sont que des charognards. En treillis en Afrique ou en costume trois-pièces à Paris ou Washington, bien léchée et présentable, la bourgeoisie reste une classe sanguinaire et va-t-en-guerre dont l'inhumanité n'a d'égale que l'hypocrisie et le cynisme. Soyons-sûrs qu'aucun de ces serial-killers impérialistes ne baissera les bras et que la population de cette région du monde va continuer de voir s'accroître l'insécurité et le chaos. Les médias peuvent bien nous abreuver de discours lénifiants voulant nous faire croire qu'ils font tout pour défendre la "paix", plus la bourgeoisie parle de paix et d'humanitaire, plus elle fait la guerre et massacre.
 
Amina - Courant Communiste International - www.internationalism.org
 
1) Jean-François Bayart, Directeur de recherche au CNRS, le Monde du 13 février 2008.
 
2) D'ailleurs, le rôle de la bourgeoisie française a été à ce point déterminant dans le sauvetage d'Idriss Déby que celui-ci a immédiatement annoncé qu'il allait réfléchir à une grâce éventuelle des prisonniers de l'association l'Arche de Zoé. Ce fait divers, aussi, révèle à sa façon tout le cynisme et toute l'hypocrisie dont la bourgeoisie est capable. Cette proposition de grâce montre bien que tous les discours tchadiens ou français sur la légitimité ou non de l'action humanitaire de cette association étaient du vent. Les membres de l'Arche de Zoé n'ont été que des pions, depuis le début. Ponctuellement, Idriss Déby a voulu jouer les gros bras. En faisant arrêter ces humanitaires, il montrait qu'il était indépendant, « maître chez soi ». Mais ses difficultés face aux rebelles l'ont rattrapé ; le soutien de l'armée française lui est devenu vital. D'où cette proposition de grâce en signe de reconnaissance... et de soumission. Dans ce jeu d'otages et de chantage, Déby et Sarkozy, ces éminents représentants de la classe dominante, étalent ici leurs mœurs crapuleuses dignes du plus minable des mafieux.
 
3) Jean-François Bayart, op. cit.
 
 mardi 4 mars 2008 à 16h43
 
 
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