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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 18:35




 

 

PORT-GENTIL (Gabon) (AFP) - jeudi 03 septembre 2009 - 18h06 - Des éléments de l'armée française ont pris position au Consulat de France de Port-Gentil, incendié par la foule dans la matinée après l'annonce de la victoire d'Ali Bongo à la présidentielle au Gabon, a constaté un journaliste de l'AFP.


Des hommes du 6e Bataillon d'infanterie de marine ont pris place devant le bâtiment où la situation était calme.


Des partisans de l'opposant Pierre Mamboundou, arrivé 3ème au scrutin, s'étaient dirigés peu avant 11h00 locales (10H00 GMT) vers le consulat de France. Ils ont forcé le portail d'entrée et ont mis à sac la partie administrative du consulat avant d'y mettre le feu et de partir. Le bâtiment a subi d'importants dommages. La partie arrière du consulat n'a pas été touchée.


Les boxes de petits commerces attenant au grand supermarché à proximité du consulat ont aussi été pillés.

Les manifestants qui s'en sont également pris aux commerces d'immigrés ouest-africains dans le quartier jouaient au chat et à la souris avec les forces de l'ordre à 16H00 locales.


Ces manifestants avaient commencé par libérer dans la matinée les détenus de la prison de Port-Gentil avant de se diriger vers le Palais de justice, protégé par un important dispositif policier.


A Libreville, la présence de forces de l'ordre était plus importante mais des troubles ont eu lieu dans de nombreux quartiers populaires alors que le Bord de mer, où se situent la Présidence, les principaux ministères et commerces, faisait l'objet d'une protection particulière.

 


Gabon : La Chancellerie de l’Ambassade du Gabon à Dakar incendiée

Libreville, 3 septembre (GABONEWS) – La Chancellerie de l’Ambassade du Gabon à Dakar au Sénégal est en flamme ce jeudi à la suite d’un incendie causé par les proches de l’opposition gabonaise, a-t-on appris de sources concordantes.


L’Ambassadeur aurait été informé d’une descente de ces partisans à la représentation diplomatique.

Dès lors, le diplomate aurait alerté et solliciter l’aide des autorités sénégalaises qui n’ont malheureusement réagit qu’après les faits.



Sénégal: feu à l'ambassade du Gabon


AFP  03/09/2009 | Mise à jour : 21:46


Un incendie s'est produit ce soir dans l'enceinte de l'ambassade du Gabon à Dakar, après un rassemblement d'étudiants gabonais protestant contre l'élection d'Ali Bongo à la présidence, a-t-on appris de sources concordantes. Les sapeurs-pompiers sont "intervenus dans l'enceinte de l'ambassade du Gabon à Dakar à 15H35 (locales et GMT), pour un feu qui a été éteint", a déclaré à l'AFP leur porte-parole.


Le gardien de l'ambassade du Gabon, cité par la chaîne de télévision sénégalaise Canal Info, a relaté qu'une vingtaine d'étudiants gabonais, protestant contre l'élection d'Ali Bongo, avait provoqué cet incendie. Le gardien a assuré avoir été ligoté par ces étudiants qui ont lancé un cocktail Molotov à l'intérieur des locaux.

Le porte-parole de la police a confirmé qu'un incendie s'était produit dans l'ambassade mais s'est refusé à tout commentaire.


Devant l'ambassade du Gabon: «On ne peut plus accepter ça»





REPORTAGE Libération  03/09/2009 à 14h23


Les opposants au nouveau président gabonais Ali Bongo, rassemblés devant leur ambassade à Paris, bouclée par les forces de l'ordre, dénoncent un «coup d'Etat».

Pour eux, c'est une évidence: la victoire d'Ali Bongo est un coup d'Etat. Une vingtaine de Gabonais, réunis devant l'ambassade de leur pays dans le XVIe arrondissement de Paris, ont laissé éclater leur colère, jeudi. Ali Bongo, fils d'Omar, président décédé en juin après 40 ans de pouvoir, a été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle en début d'après-midi à Libreville. Aux dépens de Pierre Mamboundou et de Mba Obame, qui avaient revendiqué la victoire, lundi.


Ambassade fermée


Sous la fine pluie parisienne, la colère des Gabonais est double: non seulement ils refusent catégoriquement l'élection d'Ali Bongo, qui selon eux a «volé ces élections», mais ils voient se dresser devant eux une barrière de CRS, qui bloque l'accès à l'ambassade, fermée. La rangée de fonctionnaires de police est vécue comme le symbole de la complicité de l'Etat français. «On ne peut même pas rentrer sur notre territoire», s'emporte Michael, exaspéré. Plus tôt dans la journée, l'étudiant avait profité de la faible présence policière du moment pour tenter de pénétrer dans le bâtiment, bravant les grilles dressées devant l'ambassade. Il avait été rattrappé illico, provoquant l'arrivée de renforts policiers conséquents. «Ce qui se passe chez vous, ça reste chez vous», explique calmement un responsable de la police aux manifestants.


Accusations de fraude


Depuis dimanche, jour des élections, la tension n'est pas redescendue. D'étranges manoeuvres ont été observées au sein de l'ambassade, dimanche, provoquant l'ire des Gabonais, qui avaient placé beaucoup d'espoir dans cette élection présidentielle. Selon le vice-président de la commission consulaire électorale de Paris, Jean-Claude Kombila, cité par l'AFP, une fraude aurait été organisée au sein même de l'ambassade: 143 cartes d'électeurs factices se trouvaient au cinquième étage de l'immeuble, et auraient été proposées à des partisans d'Ali Bongo pour gonfler les urnes en sa faveur. L'incident avait provoqué une bagarre, d'où le dispositif policier.


«On sera là tous les jours», promet Philippe, désespéré. S'il contient sa colère, une jeune femme s'emporte. «Comment on peut ne pas s'énerver?» rétorque la femme à ceux qui tentent de l'apaiser. Au téléphone, un autre cherche à remonter le moral d'un membre de sa famille, à Libreville: «Ne restez pas chez vous, sortez dans les rues!». A 5450 kilomètres de là, Ali Bongo est le nouveau président du Gabon, et les bérets rouges dispersent la foule. «Qu'ils vous tuent, s'ils doivent vous tuer, continue-t-il. Quoi qu'il arrive, Ali Bongo sera le président des cadavres et des pierres tombales».

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 18:07




 

Bangui, 3 sept 2009 (C.A.P) - Selon des informations émanant d’une source proche de Bozizé souhaitant conserver l’anonymat, le président Bozizé devrait arriver à Paris lundi prochain en partance pour Beijing en Chine pour une visite officielle de quelques jours dans ce pays qui est un des principaux pourvoyeurs d’armes de guerre pour le régime de Bozizé.


Toujours selon nos sources, certains accords de coopération entre la Chine et la RCA devraient être signés à cette occasion, notamment dans le domaine des communications pour l’obtention d’une assistance technique chinoise en vue de l’amélioration des vétustes installations techniques de radio Centrafrique.


On se souviendra qu’en octobre 2006, Bozizé était arrivé à Paris en chemin pour Beijing mais  fut obligé de retourner en catastrophe à Bangui parce que la rébellion de l’UFDR venait de s’emparer de la ville de Birao.


Les relations entre Beijing et Bangui n’ont cessé de s’accroître ces dernières années. Bozizé vient de nommer à Beijing un de ses parents, Emmanuel Touaboy comme ambassadeur. C’est la seconde fois que Bozizé se rend en Chine. Il a nommé deux citoyens chinois, Mark Lu et Kamin Ho respectivement comme conseiller spécial à la présidence à Bangui et conseiller économique à l’ambassade de la RCA à Beijing.


Ce pays a aussi ces dernières années, formé plusieurs promotions de cadres militaires pour les Faca dont plusieurs parents de Bozizé. Beijing a également fourni d’importantes quantités d’armes et munitions de guerre à Bangui. Bozizé se sert du député de Carnot, Ibrahim Aoudou Paco comme intermédiaire pour écouler ses diamants en Chine contre la livraison des armes.


D’ailleurs certains observateurs ne s’y trompent pas qui disent à Bangui que cette visite officielle de Bozizé Chine permettra sans nul doute à Bozizé d’aller écouler une fois de plus ses pierres et glaner de l’argent pour sa prochaine campagne politique, ainsi qu’à sa famille, épouse, sœurs, filles, fils  et autres cousins, de faire du shopping à Beijing.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 16:01




 

AFP 02.09.09 | 20h58


L'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice, a mis en garde mercredi l'imprévisible numéro un libyen, Mouammar Kadhafi, contre tout débordement lors de sa venue à New York fin septembre pour l'Assemblée générale des Nations unies.


Mme Rice a affirmé que "pratiquement tous les Américains ont été choqués" par l'accueil triomphal réservé récemment à Tripoli à Ali Mohamed al-Megrahi, le Libyen condamné pour l'attentat de Lockerbie (Ecosse) et libéré pour raisons de santé.


"C'est un sujet sensible et douloureux"

"La manière dont le président Kadhafi choisira de se comporter lorsqu'il participera aux réunions de l'Assemblée générale et du Conseil de sécurité à New York aura la capacité d'exacerber encore ces sentiments et ces émotions ou non", a dit Mme Rice.

"Nous espérons que ce sera (au contraire) l'occasion de séances constructives à l'Assemblée générale et au Conseil de sécurité", a ajouté la diplomate.


Mme Rice a également rappelé au dirigeant libyen que la réunion au sommet du Conseil de sécurité qui sera présidée par le président américain Barack Obama le 24 septembre, porterait exclusivement sur le désarmement et la non-prolifération nucléaires.


"Il serait hors de propos et déplacé pour quelque chef d'Etat que ce soit de parler de sujets sans rapport avec ces questions",
a-t-elle averti.

"Nous voulons être respectueux des chefs d'Etat qui participeront, nous avons demandé et obtenu l'assurance de la plupart d'entre eux qu'ils limiteront la durée de leur allocution à cinq minutes et nous attendons la même chose du président Kadhafi s'il vient," a ajouté Mme Rice.


Elle a expliqué cette contrainte de temps par "le créneau très étroit" dont disposeront les chefs d'Etat ou de gouvernement participant à cette réunion, dont beaucoup devront quitter New York peu après pour se rendre au sommet du G20 à Pittsburgh (Pennsylvanie).


M. Kadhafi, qui participera à l'Assemblée annuelle de l'ONU pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir il y a 40 ans, doit faire un discours à la Tribune le 23 septembre, juste après M. Obama.


Il doit en principe participer également, le lendemain, à la réunion spéciale du Conseil de sécurité sur le nucléaire.


Avant même sa venue, le "Guide" libyen a causé une première controverse fin août en projetant de planter sa tente de bédouin à Englewood (New Jersey), une banlieue de New York de 30.000 habitants où la Libye possède une propriété.
La nouvelle a déclenché un tollé car des parents de victimes de l'attentat de Lockerbie résident dans la commune. M. Kadhafi a finalement renoncé au projet, selon un élu local.

pour les Etats-Unis, a-t-elle insisté lors d'une conférence de presse. Parmi les 270 morts dans l'attentat, 189 étaient américains.
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Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 15:38




 

03/09/2009 à 00h00 Libération (Analyse) Par THOMAS HOFNUNG


Les Kabila, les Gnassingbé, et demain les Bongo ? Après le multipartisme, le continent s’en remet à la filiation


Premier, deuxième ou troisième ? Le résultat d’Ali Bongo, le fils de feu Omar, resté au pouvoir durant quarante-et-un ans à Libreville, a focalisé toutes les attentions lors de la présidentielle au Gabon. S’il s’imposait - par les urnes ou par la force - dans cette ancienne colonie française, cet homme trapu et massif viendrait renforcer le camp des successions dynastiques sur le continent noir. S’il perdait - et acceptait sa défaite -, son échec donnerait, à l’inverse, un coup d’arrêt à un phénomène qui apparaît, à certains égards, comme la maladie infantile du multipartisme en Afrique.


«Greffe».
«Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle a dû expérimenter des systèmes importés et que, parfois, la greffe n’a pas pris», analyse Jean-Paul Ngoupandé, ancien Premier ministre de Centrafrique, faisant allusion à des pays où la compétition, matinée d’ethnicisme, a dégénéré en conflits sanglants, notamment en Afrique de l’Ouest. La fin du parti unique, quand elle se conjugue avec le dénouement du long règne d’un dirigeant, apparaît aussi comme un moment des plus périlleux. Le déclin du maréchal Mobutu au Congo-Zaïre a ainsi débouché sur des années de guerre.Après les indépendances, acquises au début des années 60 dans l’ancien «précarré» colonial français, nombre de pays ont connu soit une période d’instabilité chronique (comme au Niger) soit, au contraire, le long règne d’un seul homme (Houphouët-Boigny en Côte-d’Ivoire, Omar Bongo au Gabon ou Gnassingbé Eyadéma au Togo). Mais, après la chute du mur de Berlin, tous ont dû accepter, bon gré mal gré, l’instauration du multipartisme.


C’est dans ce pays, rebaptisé république démocratique du Congo, que l’Afrique subsaharienne a expérimenté sa première succession dynastique. En 2001, le tombeur de Mobutu, Laurent-Désiré Kabila, est assassiné. Aussitôt, son fils Joseph, illustre inconnu, assure l’intérim. Une promotion validée par les urnes que bien plus tard, en 2006, avec la bénédiction de la communauté internationale. En 2005, le fils d’Eyadéma, Faure Gnassingbé, a été propulsé dans le sang à la tête du Togo par son clan, désireux de préserver ses avantages acquis. Dans d’autres pays, comme en Libye ou au Sénégal, les dirigeants actuels ont mis sur orbite leurs rejetons. A Tripoli, Seif el-Islam (37 ans) et Saadi (36 ans) tiennent la corde. A Dakar, malgré un échec retentissant lors des dernières municipales, Karim Wade s’est vu confier un super ministère par son père de président.


«Fierté».
Nommé à la Défense par son père en 1999, Ali Bongo a eu le temps de se préparer à prendre les rênes. Mais, note Jean-Paul Ngoupandé, «la longévité de son père, synonyme de stabilité, a créé un sentiment national fort, une vraie fierté d’être gabonais». Paradoxalement, cette fierté pourrait se retourner contre son fils, les Gabonais refusant une dérive monarchique dans leur pays.

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 14:17



«En Afrique on n'organise pas une élection pour la perdre», dit-on à Libreville.


jeudi 3 septembre 2009


Quatre jours après la fermeture des bureaux de vote, le président de la Commission électorale a annoncé la victoire d'Ali Bongo. Le temps où les présidents gabonais se faisaient élire avec des scores soviétiques est bel et bien révolu, mais au final, le résultat reste le même: c'est toujours un Bongo qui est élu.


A la mort du patriarche, en juin 2009 dans un hôpital de Barcelone au pouvoir depuis 41 ans, beaucoup s'étaient empressés d'enterrer la Françafrique dont Omar Bongo était devenu un symbole, sinon «le symbole». Trois mois plus tard, le défunt ne se porte pas si mal. Nombre d'Africains considèrent même cette élection comme son triomphe.

«Sous le parapluie de la Françafrique»
, titre ainsi l'action républicaine de Parakou. Ce quotidien béninois n'est guère surpris: « Les Africains dans leur immense majorité ne se faisaient pas trop d'illusions sur l'issue qui paraissait évidente, à savoir la victoire d'Ali Bongo. A la notable exception des démocrates gabonais et autres rêveurs d'une autre époque qui croyaient dur comme fer en un véritable changement après la mort de Bongo.»


Si, fatalistes, à Libreville comme ailleurs, on persiste à répéter qu'«en Afrique on n'organise pas une élection pour la perdre», la victoire d'Ali Bongo paraît d'autant plus étonnante qu'il est détesté par un grand nombre de Gabonais. Ministre de la défense de son père pendant dix ans, il est devenu un symbole des errances du régime. Un régime qui aurait pu développer des infrastructures et qui est accusé d'avoir surtout enrichi ses comptes en banque.


Baby Zeus


Selon Paul Mba Abessole, ex Premier ministre, «la moitié du budget national est détournée». «La spirale est encore implacable dans bien des régimes, poursuit le journal du jeudi: le pouvoir est synonyme d'accès aux richesses et les richesses sont synonymes d'accès au pouvoir. Le Gabon, qui ne manque pas de sous-sols monnayables, a été généreux avec la famille Bongo que des organisations non gouvernementales internationales accusent de posséder tant de «biens mal acquis». Le sigle du parti majoritaire, P.D.G., pouvait-il ne pas suggérer que l'exercice du pouvoir est aussi un business privé?».


Ali Bongo, surnommé «baby Zeus» est un piètre orateur. Il ne soulève pas l'enthousiasme des foules. Tout au long de sa carrière, il a eu très peu de contacts avec les populations. Il est par ailleurs considéré par beaucoup comme trop occidentalisé. «Il ne parle aucune langue africaine. Même pas celle de sa propre ethnie», s'emporte Alain, un juriste, qui s'exprime sous couvert d'anonymat, comme beaucoup de Gabonais et ne parle jamais politique au téléphone. Il est persuadé d'être sur écoute, comme nombre de ses compatriotes influents. Drôle de démocratie... Même les journalistes locaux ont très souvent peur de parler.


A quelques jours de la mort d'Omar Bongo, une reporter de Libreville m'avait fait cette réponse étonnante à la question: «Comment se porte votre Président?». «Ah bon, il est malade? Je n'en ai jamais entendu parler». «Beaucoup se méfient de Bongo parce qu'ils pensent que ce n'est pas un vrai Gabonais, qu'il est d'origine biafraise. Et les Fangs, ethnie principale, ont voté pour des candidats de leur ethnie. Je ne comprends pas comment Ali Bongo a pu remporter cette élection», m'affirme un journaliste sénégalais, qui revient du Gabon. Mais demande, lui aussi, à ne pas être cité: «Sinon, la prochaine fois, je n'aurai pas de visa». Au Gabon, l'obtention des visas des journalistes est souvent une affaire d'Etat, étudiée au plus haut niveau.


«Les Français pourraient payer les pots cassés»


Officiellement la France ne soutenait pas de candidat. «Mais son appui à Ali Bongo est un secret de polichinelle, explique un diplomate occidental. La famille Bongo, les Français la connaissent. Ils savent qu'ils peuvent travailler avec elle. D'autre part, cette famille détient beaucoup de secrets sur la France, notamment sur le financement de la vie politique. Des secrets qui ne doivent pas tomber entre toutes les mains».


La France est toujours le principal partenaire économique du Gabon. Plus de 10.000 de ses ressortissants vivent dans ce pays. Elle contrôle près de 30% de l'économie gabonaise. Libreville reste une des places fortes de la France sur le continent et la base militaire française - 800 hommes - est l'une des plus importantes d'Afrique. «Les Français contrôlent encore la vie politique gabonaise, affirme l'écrivain Marcus Boni Teiga. Mais ce n'est pas à eux de mettre fin à la Françafrique, ils n'y ont aucun intérêt. C'est aux Gabonais eux-mêmes de se battre pour obtenir leur indépendance. Seuls les Africains eux-mêmes ont le devoir de décapiter la Françafrique et de réaliser une véritable indépendance économique et politique».


Mais cette victoire de la Françafrique est des plus fragiles. «On ne se laissera pas manipuler une fois de plus. Nous allons descendre dans la rue et défendre nos droits. Et les Français, considérés comme complices, pourraient payer les pots cassés», s'emporte Joseph, un universitaire gabonais. Ali Bongo va goûter au pouvoir absolu de la Présidence. Mais il n'est pas prêt d'égaler le record de longévité de son père et de savourer l'automne des patriarches. Car la rue n'a pas fini de faire entendre sa voix...


Pierre Malet

 

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 14:03




Koaci.com Libreville 03/09/2009 | 13:44:40


La situation est de plus en plus explosive au Gabon après l’annonce de la victoire du candidat du PDG Ali Bongo Odimba par le ministre de l’intérieur Jean François Ndougou sur les antennes de la RTG1.


Les informations et témoignages nous parviennent progressivement, l'embrasement du pays est probable.

Des militaires dont un bon nombre cagoulés et surarmés avec des équipements lourds de guerre sillonnent la capitale politique du Gabon.


Le feu a été mis dans de nombreux magasins ou stations, des voitures incendiées et on annonce déjà plusieurs victimes du côté de l'opposition.


A Port-Gentil, la deuxième ville du pays ce serait selon nos informations l’embrasement total, le Consulat de France viendrait même d’être incendié par des manifestants.


A Oyem dans le nord du pays, les scènes de violences se multiplient, des magasins sont incendiés la foule surexcitée dénonce un "putsch" du parti au pouvoir pendant plus de quarante ans.


L'annonce de la victoire du fils du défunt président fut comme un électrochoc pour tout ceux qui attendaient qu'une page se tourne dans l'histoire du Gabon.

 

Koaci.com Libreville 3 sept 2009

 
Ali Bongo vient de remporter l’élection présidentielle, il devient le 3ème Président élu de la République Gabonaise.

Le ministre de l’intérieur Jean François Ndougou vient de l’annoncer sur la RTG1 après avoir détaillé province par province les résultats.


Ali Bongo
remporterait le scrutin selon la CENAP avec 41,73% des voix suivi d'André Mba Obame et Pierre Mamboundou tous les deux crédités de 25% des voix.


Scène de liesse dés l’annonce des résultats la dans le camp du PDG, les supporters d'Ali Bongo laissent éclater leur joie, l'opposition quant à elle crie au scandale et annonce qu'elle portera réclamation, les rumeurs annoncent que l'on aurait tiré sur les opposants Mba Obame et Mamboundou, l'armée ayant préalablement dispersé les partisans de l'opposition à coup de lacrymogène.

Malgré les craintes de fraude ou de putsch des derniers jours c’est apparemment bel et bien la démocratie qui l’aurait emporté mais les inquiétudes quant à la fiabilité du résultats sont grandes et laissent présager des débordements et autres manifestations.


 On parle déjà d'un embrasement à Port Gentil la capitale économique et Oyem dans le nord du pays. A Libreville les partisans de l'opposition commencent à sortir on craint, malgré un important dispositif de sécurité, le pire.


Fils du Président défunt né le 9 février 1959 à Brazzaville, Ali Bongo hérite d’une stabilité mais avec beaucoup de problèmes à résoudre, les attentes des gabonais sont nombreuses tant au niveau social qu’économique espérons que le nouveau Président saura trouver les solutions

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 13:47




APA Libreville 2009-09-03 10:34:00 (Gabon) Le candidat du Parti démocratique gabonais (PDG) Ali Ben Bongo Ondimba a remporte l’élection présidentielle de dimanche dernier avec 41% des suffrages, selon les résultats du scrutin rendu publics jeudi à Libreville par le ministre de l’intérieur Jean François Ndongou.


Le candidat du PDG a réalisé ses meilleurs scores dans les provinces sud-est du Haut Ogooué et de l’Ogooué Lolo, totalement acquise à la cause du parti au pouvoir, où il a obtenu respectivement 90,86% et 65,80 %.

Ali Bongo Ondimba a réalisé son plus mauvais score dans la province du Woleu Ntem, dans le nord du pays, où il a obtenu 12,8 pour cent des suffrages.


Les résultats de la CENAP sont cependant fortement contestés par Pierre Mamboundou, le leader de l'Union du peuple gabonais (UPG) et André Mba Obame, candidat indépendant, qui ont campé toute la nuit de mercredi à jeudi, avec leurs partisans, à l'entrée de la Cité de la démocratie, siège de la CENAP, pour attendre le verdict des urnes.


La manifestation a été violemment dispersée par les forces de l'ordre, notamment les bérets rouges, une unité d'élite des forces armées gabonaises, basée non loin de l'aéroport international de Libreville.


Quelques minutes après, le président de la CENAP René Aboghe Ella et le ministre de l'intérieur Jean François Ndongou sont apparus à la télévision nationale pour proclamer les résultats de la présidentielle, un exercice auquel se livre maintenant le ministre de l'intérieur depuis bientôt plus de trente minutes.





Gabon: Ali Bongo remporte la présidentielle avec 41,73 % des voix



LIBREVILLE - Ali Bongo, 50 ans, fils du défunt président Omar Bongo, a remporté l'élection présidentielle anticipée du 30 août au Gabon avec 141.952 voix, soit 41,73 % des suffrages, a déclaré jeudi le ministre de l'Intérieur Jean-François Ndongou.


Ali Bongo


Ces deux candidats revendiquaient la victoire à cette élection, estimant impossible l'élection du fils du président Omar Bongo, décédé en juin. La Cour constitutionnelle doit encore valider le résultat du scrutin. Au total, 357.402 des 807.402 inscrits ont voté, selon les chiffres donnés par le ministre.


André Mba Obame
avait ironisé, déclarant que le candidat du Parti démocratique gabonais (PDG, pouvoir) ne pouvait être élu que si "les règles de l'arithmétique ont changé" alors que Pierre Mamboundou avait estimé que la victoire d'Ali Bongo serait "une supercherie". devance l'ancien ministre de l'Intérieur André Mba Obame qui a obtenu 88.028 voix et 25,88% des suffrages et l'opposant historique Pierre Mamboundou qui a recueilli 85.797 voix et 25,22% des suffrages.


Des incidents se sont produits pendant l'annonce des résultats à Libreville et à Port-Gentil, la capitale économique fief de l'opposition. A Libreville, des groupes ont fait brûler des voitures et ont cassé des kiosques dans les quartiers de Plein-Ciel et de Nkembo, selon l'AFP et un habitant du quartier.


A Port-Gentil, des partisans de l'opposant Pierre Mamboundou ont attaqué la prison et libéré les prisonniers avant de se diriger vers le centre où des barricades ont été dressées Des barricades ont été dressées à l'aide de carcasses de voiture dans plusieurs rues de la ville, selon le correspondant de l'AFP. Des pneus ont été brûlés sur la chaussée. Un bâtiment était en feu à Port-Gentil, selon le correspondant de l'AFP.


Ali Bongo, qui s'est fait un prénom, a un grand défi devant lui. Le pays est au bord de l'implosion sociale. Professeurs, travailleurs de santé et de nombreux autres fonctionnaires avaient ouvert une fronde sociale, relayée par certaines parties du secteur privé, avant le décès d'Omar Bongo.


Le nouveau président devra aussi réformer 41 ans du système clientéliste mis en place par son père et qui n'a pas apporté un développement à la hauteur des recettes pétrolières (4e producteur subsaharien) et minières, selon de nombreux observateurs.


Dans sa campagne, Ali Bongo a promis, comme tous ses rivaux, une meilleure redistribution des richesses tout en mettant l'accent sur l'industrialisation du pays qui doit, selon lui, devenir "un pays émergeant".


(©AFP / 03 septembre 2009 13h28)

 

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 03:10




Koaci.com Libreville. 03/09/2009 | 03:20:21 - Le nom du futur Président se fait attendre, ici des partisans de l'UPG ce mercredi devant le siège de la CENAP

L’information a été transmise par la télévision nationale, la RTG1 ce mercredi soir, les résultats de l’élection présidentielle devraient être proclamés ce jeudi sans pour autant donner plus d’indication précise quant à l’heure.

La CENAP qui devait initialement proclamer les résultats de l’élection présidentielle, tant attendus par les gabonais, ce mercredi soir a demandé une rallonge de temps. Des retards dus, selon nos informations, à un processus de comptage des voix qui ne serait pas totalement achevé seraient à la base de ce changement de planning.

Ce mercredi se tenait une réunion plénière au siège de la CENAP à la cité de la démocratie de Libreville. Des centaines de personnes, dont pour la plupart des sympathisants de l’UPG rejoints ensuite par ceux d’André Mba Obame, s’étaient massés à l’appel du parti de Pierre Mamboundou pour dénoncer et prévenir de toute forme de sabotage du processus électoral au profit du candidat du parti au pouvoir Ali Bongo.

Le suspens continue, les gabonais devront donc encore attendre pour connaitre le nom de leur nouveau président. A cette heure beaucoup d'interrogations de tout genre, on s'attend même à un autre report. Une situation inhabituelle, à l’époque du Président Bongo , les résultats étaient donnés le soir même, ce scénario annoncerait t’il déjà le changement tant attendu par le peuple ?

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 01:37




Par Georges Malbrunot le Figaro 1 septembre 2009 16h19



Malheurs d’un émir !


La superbe résidence d’été de Cheikh Hamad al-Thani à Chateauneuf-de-Grasse dans les Alpes Maritimes a été cambriolée, mi-août. Une partie du mobilier de valeur a été dérobée. Aussitôt après, l’Elysée et le Quai d’Orsay ont demandé au responsable local de la gendarmerie d’agir très vite. « Il faut absolument retrouver le ou les voleurs », lui a-t-on répété au cours de nombreux appels téléphoniques.


Finalement, le coupable a été retrouvé : il s’agit d’un employé de maison de l’émir, originaire d’un pays du Sud-est asiatique. « L’homme a très probablement voulu se payer sur la bête », ironise un connaisseur du Moyen-Orient. Souvent, les domestiques asiatiques sont sous-payés par leurs patrons dans les monarchies du Golfe ou au Liban, quand ils ne sont pas carrément maltraités par leurs employeurs.


Grand ami de la France, Cheikh Hamad a acquis au printemps dernier une propriété dans ce village de Chateauneuf-de-Grasse, qui offre un beau panorama jusque dans la baie de Cannes. Avec son épouse, cheikha Moza, Hamad al-Thani y est venu passer quelques jours de vacances cet été.


Ces dernières années, le richissime émirat du Qatar a beaucoup investi en France. Grâce à ses gigantesques réserves de gaz, Doha a acquis l’Hôtel Raphaël à Paris. Il est entré à hauteur d’un quart dans le capital de la Société fermière du casino municipal de Cannes. Doha l’an dernier est également devenu le partenaire titre de la célèbre course hippique du Prix de l’Arc de triomphe. Et très récemment le deuxième actionnaire du groupe Vinci. Sans compter le charmant Hôtel particulier que le Premier ministre, Hamed Ben Jassem, a acheté rue de Courcelles, à deux pas de l’Elysée, où il vient parfois dîner avec Nicolas Sarkozy. En 2007, le Qatar aurait encore contribué au règlement financier du dossier des infirmières bulgares, détenues en Libye. 


L’émir, Cheikh Hamad, est un francophile de longue date. Il compte parmi ses amis un Français, résident à Doha depuis plus de vingt ans : son ancien professeur de plongée qui est devenu l’un de ses conseillers en investissements immobiliers.

 



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Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 01:34





Ouest-France mercredi 02 septembre 2009


A Libreville, la Commission électorale (CENAP) vient de commencer la réunion de synthèse au terme de laquelle elle devrait proclamer les résultats officiels de l’élection présidentielle de dimanche dernier.

« Nous sommes rassemblés autour du siège de la Commission pour éviter que la Commission ne soit investie par la force et qu’on l’oblige à donner des résultats falsifiés », a expliqué, au téléphone, Pierre Mamboundou, l’opposant qui revendique la victoire avec 39,8 % des voix, devant Ali Bongo (28 %) et André Mba Obame (27 %). « Les soldats sont tout autour, dans toutes les rues adjacentes »


Ces militaires, qu’on avait vu un peu plus tôt quitter les artères principales de la ville, se sont donc massés autour du siège de la CENAP. S’agit-il de le protéger en assurant une mission de maintien de l’ordre ? S’agit, comme l’affirment les opposants, de tenter un coup de force ?

Si cette deuxième hypothèse devait se vérifier, il est clair que des affrontements avec les manifestants seront inévitables.


"Il y aura des mauvais perdants"


« Quel que soit le nom du nouveau chef de l’Etat, il y aura des mauvais perdants, expliquait, hier après-midi, un fonctionnaire gabonais. Si c’est Ali Bongo qui est élu, les militants de l’UPG ou les jeunes Fang qui soutiennent André Mba Obame vont descendre dans la rue. Si Ali ne l’emporte pas, son camp risque de tenter un coup de force ».


Les plus virulents des militants anti-Bongo ont d’ailleurs appelé à une paralysie du pays en cas d’annonce d’une victoire d’Ali Bongo. Coupure des lignes électriques, mise en place de barrages dans les rues, préparation de cocktails Molotov pour riposter aux forces de l’ordre : le spectre des actions envisagées était à la mesure de la détermination des opposants à rompre avec 42 années de règne Bongo.
 


Est-ce que le Gabon peut s’embraser ce soir ?


France24.com


Les résultats de la présidentielle gabonaise devraient être annoncés tard dans la soirée. L'un de nos Observateurs dans le pays nous explique que les trois jours qui ont séparé le vote de l'annonce des résultats ont pu donner l'occasion de commettre des fraudes. Il s'inquiète par ailleurs des violences qui pourraient surgir après l'annonce de ce soir.


Nicaise Moulombi
est le président de l'ONG Croissance saine environnement. Il vit à Libreville.


Il est vrai qu'il aurait été difficile d'annoncer les résultats de l'élection plus rapidement. Le Gabon est un pays assez vaste, avec neuf provinces, et où les infrastructures de transports ne sont pas bonnes. Il faut donc du temps pour que les résultats arrivent à Libreville. Et puis il y avait 18 candidats et 4 000 bureaux de vote : le dépouillement est forcément long.


Mais trois jours avant d'annoncer les résultats, cela laisse le temps de distribuer des 'sandwichs chargés'. C'est-à-dire de verser des pots-de-vin à ceux qui transmettent les procès-verbaux. Pourquoi n'a-t-on pas communiqué les tendances par province pour rassurer les citoyens sur le fait que l'élection se déroule sans fraude ? Mon inquiétude, c'est que des fraudes soient commises lors de la transmission des résultats au niveau national. Mais il est vrai que, cette fois, les candidats avaient anticipé les tripatouillages possibles. Ils avaient demandé à leurs équipes de leur faire parvenir les photos des PV de dépouillement en province. Il sera donc plus difficile de falsifier les résultats à Libreville.


La situation est très tendue ici et il va falloir que les trois principaux candidats contrôlent leurs militants au moment de l'annonce des résultats. Je pense qu'ils devraient se parler dès maintenant et qu'ils adoptent une position commune pour éviter l'embrasement. J'espère qu'ils ne feront pas passer leurs intérêts individuels avant l'intérêt du peuple gabonais. 


Marc Ona, héros de la société civile, fustige la "mascarade" électorale au Gabon


LE MONDE | 02.09.09 | 14h29  •  Mis à jour le 02.09.09 | 16h30


Libreville Envoyé spécial


A quelques heures de la publication des résultats de l'élection présidentielle gabonaise, Marc Ona est en alerte. "Si on proclame la victoire d'Ali Bongo, ce sera un mensonge. Le clan Bongo est prêt à tout pour conserver ses privilèges, et ça risque de se passer mal", lançait, mardi 1er septembre, cette figure de proue de la société civile – militant de la transparence des revenus pétroliers, défenseur de la forêt tropicale et pourfendeur des "biens mal acquis".


L'"homme de paix" qu'il dit être ne masque pas son inquiétude. Dans une ville livrée à d'incessantes rumeurs aussi alarmantes qu'invérifiables, où les Cassandre ressemblent souvent à des pyromanes stipendiés, l'avertissement serait à négliger s'il ne venait pas d'une des rares personnalités dont les proclamations d'indépendance ne prêtent pas à sourire.


Alors que le pays s'est mobilisé dimanche pour participer au premier scrutin ouvert de son histoire, ce père de famille de 46 ans, qui dit se battre pour la démocratie, n'a pas été voter. "Je n'ai pas voulu jeter ma voix dans cette mascarade", explique-t-il, en stigmatisant l'organisation précipitée du scrutin, les listes électorales gonflées, l'énorme déséquilibre financier et médiatique, ainsi que la fraude.


"CONSCIENCES ENDORMIES"


Aucun des trois principaux candidats ne trouve grâce aux yeux de Marc Ona. Ni André Mba Obame, ancien ministre de l'intérieur, "un fin démagogue qui ose demander pardon dans ses meetings pour ce qu'il a fait sous Bongo". Ni Pierre Mamboundou, "un homme à l'ego surdimensionné, pris en otage par les Eglises pentecôtistes". Ni surtout Ali Bongo, "cet arrogant qui croit avoir tous les droits sous prétexte qu'il est le fils d'Omar Bongo".


Un rejet général qui reflète la difficulté, pour un pays sortant de quatre décennies d'un régime expert en débauchage d'opposants, à générer des hommes politiques intègres. "Pendant quarante-deux ans le "bongoïsme" a pillé le pays, confisqué les libertés, endormi les consciences, résume-t-il. Nos dirigeants sont incapables de choisir entre les affaires et la politique."


L'homme qui joue ainsi les procureurs n'a rien d'un provocateur. Mais il entend tenir le rôle de "trouble-fête". En l'écoutant et en le regardant, on est tenté de relier sa défense des libertés au combat d'un homme qui a perdu l'usage de ses jambes à la suite d'une polio contractée à l'âge de 6 ans, et se trouve cloué dans un fauteuil roulant. Mais qui, à force de dextérité, relève le défi qu'il s'est donné : "Faire oublier à mes interlocuteurs qu'ils ont un handicapé en face d'eux."


Le handicap, lui, ne l'a pas oublié, marquant chaque étape de sa vie. Son enfance, avec un père, petit cultivateur de cacao, qui le portait pour l'emmener en classe. Sa scolarité d'élève méritant dans une des meilleures écoles de Libreville. Son renoncement au métier d'avocat, la faculté de droit n'étant pas accessible à son fauteuil. "Je passe ma vie à relever des défis", glisse ce chrétien non pratiquant en souriant derrière d'épaisses lunettes.


Dès la fin des années 1990, Marc Ona comprend le rôle que va jouer Internet dans le débat politique. Employé par l'ONU, il anime un forum sur la gouvernance qui déplaît aux autorités gabonaises. Alors que les organisations non gouvernementales (ONG) peinent à trouver à Libreville des relais fiables et indépendants, il multiplie les engagements. Président de l'ONG environnementale Brainforest, Marc Ona a mis sur la place publique en 2007 le contrat léonin accordé à un consortium chinois pour l'exploitation de la mine de fer de Bélinga, et obtenu la révision de ce projet, aujourd'hui suspendu.


Avec la coalition "Publiez ce que vous payez", il a révélé le montant des recettes que le Gabon tire de l'exploitation pétrolière. Et soutenu la plainte en cours d'examen à Paris, destinée à obtenir la restitution à l'Etat gabonais des appartements parisiens dont plusieurs membres de la famille Bongo - dont Ali - sont propriétaires.

 

Philippe Bernard

 

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