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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 01:28






 

 leparisien.fr 16.06.2009, 07h36


 
Le président français Nicolas Sarkozy a été hué par plusieurs dizaines de Gabonais à son arrivée au palais présidentiel de Libreville pour assister aux obsèques du chef de l'Etat gabonais Omar Bongo Ondimba, a constaté un journaliste de l'AFP.

Une partie de la foule de quelques centaines de personnes autorisées à entrer dans la cour du palais a d'abord timidement applaudi le chef de l'Etat français.


Mais les huées ont rapidement pris le dessus, et une cinquantaine de personnes ont même pris verbalement à partie Nicolas Sarkozy, lui lançant à distance:


Le décès d'Omar Bongo Ondimba a été annoncé par des médias français le 7 juin, mais le Gabon affirme qu'il est survenu le lendemain.


Omar Bongo, après 41 ans passés à la tête du Gabon, était considéré comme le dernier "dinosaure" de la "Françafrique", cette relation ambiguë entre Paris et ses ex-colonies.
Ses obsèques ont commencé mardi matin, en présence d'une quinzaine de chefs d'Etats.

 

"On ne veut plus de vous, partez!"

Les responsables de la sécurité ont immédiatement formé un cordon autour du président français, qui est ensuite arrivé sans encombre dans le salon d'attente pour les personnalités invitées aux obsèques. L'ex-président Jacques Chirac est aussi présent à Libreville pour les obsèques.

"On n'en veut plus de vous, la France est ingrate. Bois, pétrole, manganèse, on vous a tout donné. La France, si elle est ce qu'elle est, c'est grâce au Gabon, on ne veut plus de tout ça", expliquait, sous couvert de l'anonymat, un de ceux qui s'en sont pris à Nicolas Sarkozy.

"Ce n'est pas la personne du président qu'on huait (...) c'est l'image qu'on a donnée de ce pays (le Gabon), la nouvelle du décès annoncée de façon prématurée, cela a été très mal ressenti", a ensuite commenté devant des journalistes français l'ambassadeur de France à Libreville Jean-Didier Roisin.



Un pays riche, des habitants pauvres


Libération 16/06/2009 à 06h51


Pays équatorial d’Afrique centrale, en bordure de l’océan Atlantique, le Gabon compte 1,3 million d’habitants dont près de la moitié vivent à Libreville. Les chrétiens, largement majoritaires (80 %), cohabitent avec des minorités musulmanes et animistes. L’économie est extrêmement dépendante du pétrole, qui représente plus de 40 % du PIB. La relative richesse du pays est toutefois très inégalement répartie, le Gabon ne se classant qu’au 124e rang à l’indice de développement humain.

 




L’hommage orchestré des Gabonais à «papa Bongo»


Reportage  Libération 16/06/2009 à 06h51

 

Le pays défile devant la dépouille du président défunt, entre crainte et espoir de changement.



Par
THOMAS HOFNUNG LIBREVILLE, envoyé spécial


Un omniprésident fantôme. Plus d’une semaine après son décès dans une clinique de Barcelone en Espagne, Omar Bongo Ondimba (alias «OBO») est partout dans Libreville. Il arbore un air martial sur les affiches géantes placardées sur les avenues de la capitale du Gabon («Gloire éternelle à notre regretté président», dit l’une d’elle). A la télévision, toutes les chaînes locales retransmettent en direct, et vingt-quatre heures sur vingt-quatre, le défilé ininterrompu des Gabonais devant son cercueil drapé des couleurs nationales, installé dans une salle en marbre de l’immense palais présidentiel. Sur un clip qui passe en boucle, une jeune femme chante : «Ne pleurez plus, il est vivant !» «Papa Bongo», comme l’appelaient ses concitoyens, est aussi dans toutes les conversations : qui va lui succéder, au terme d’un règne de plus de quarante ans ?


Solennel.
 

Un mélange d’inquiétude et d’espoir de changement étreint la population. Officiellement, l’heure est encore au deuil dans l’ex-colonie française, même si dans la coulisse les prétendants au fauteuil présidentiel se préparent (lire page suivante). Aujourd’hui, les invités étrangers - parmi lesquels une dizaine de présidents africains, le président français, Nicolas Sarkozy, et son prédécesseur, Jacques Chirac - assisteront à un hommage solennel rendu au défunt président, suivi d’un défilé militaire, avant que la dépouille de OBO ne soit inhumée, jeudi, dans sa région natale, près de Franceville (sud-est), dans la plus stricte intimité. La mise en terre, dit-on, devrait s’accompagner de rites funéraires animistes, loin des regards extérieurs.


Devant le cercueil encadré par des officiers, c’est tout le pays qui défile depuis plusieurs jours : des familles venues avec leurs enfants, des hommes endimanchés, tout ce que le Gabon compte d’associations, de syndicats et d’organisations en tous genres. «Beaucoup de ceux qui sont venus se recueillir recevront un petit pécule, un pagne et un repas gratuit», persifle un opposant. Un autre ajoute : «Ils viennent aussi pour voir à quoi ressemble le palais présidentiel.» Mais nombre d’entre eux pleurent aussi le «papa» bienveillant qui, répètent-ils, a garanti «la paix» durant son règne. Comme si, sans lui, le pays était désormais en danger…


«Hurlé de joie».
 

De fait, un calme fébrile règne à Libreville. La nomination de la présidente du Sénat, Rose Francine Rogombé, chargée d’assurer l’intérim le temps d’organiser une nouvelle élection, conformément à la Constitution, a rassuré les Gabonais, ainsi que les chancelleries. Mais le pays est divisé. Dans la capitale, où les langues se délient difficilement, un professeur de droit, en grève depuis un mois, assure : «Lorsque la nouvelle du décès de Bongo a été connue, les étudiants du campus Omar Bongo ont hurlé de joie.» On est bien loin de l’image véhiculée par une télévision cadenassée : celle d’un peuple rassemblé dans la douleur.


A une cinquantaine de kilomètres de la capitale, dans la petite ville de Ntoum, Bertrand Bienaimé lance : «Regardez autour de vous ! Les gens boivent, ils ne sont pas tristes, ils ne déplorent rien.» Cet instituteur de 35 ans est lui aussi en grève depuis plusieurs mois, luttant pour obtenir des conditions d’enseignement décentes. Dans son école, construite à l’époque de «la coloniale», il montre une salle de classe vide et décrépie, parsemée de quelques bancs et de tables en piteux état. Puis il ouvre la porte de son logement abrité dans une baraque en bois, située à deux pas : un deux pièces cuisine où s’entassent une dizaine de personnes.


Mais confrontés à cette situation sociale extrêmement tendue, tous dénoncent moins le vieux patriarche que son clan, accusé de s’être enrichi de manière inconsidérée. «Je l’ai dit au Président quand je l’ai vu en novembre : trop, c’est trop ! Des gamins meurent sans soin dans les hôpitaux à quelques centaines de mètres de votre palais», raconte Gregory Ngbwa Mintsa. Ce dernier, qui s’est associé à une plainte déposée en France contre trois chefs d’Etat africains accusés de détournement de fonds, dont Omar Bongo, avait été emprisonné durant quelques jours en janvier. Avant d’être libéré suite à l’intervention de «papa Bongo».

 

Deux Bongo prétendent déjà à la succession



Pascaline et Ali, les enfants de l’ancien leader, devraient jouer un rôle clé dans le futur pouvoir gabonais.



Libération 16/06/2009 à 06h51


Par THOMAS HOFNUNG
LIBREVILLE, envoyé spécial


Y penser toujours, en parler plus tard. Les politiques, eux aussi, défilent en masse devant le cercueil du défunt président Omar Bongo Ondimba. Mais sitôt le chef enterré, la campagne va démarrer.

A Libreville, les «gabonologues» scrutent d’ores et déjà les moindres faits et gestes des possibles prétendants à la succession au sein du clan Bongo, auquel ne devrait pas échapper le pouvoir. A condition que ses membres se mettent d’accord sur un nom, ce qui n’est pas forcément acquis.


Sourde rivalité.
 

Le camp présidentiel, qui dispose d’une formation bien huilée (le PDG, Parti démocratique gabonais) et qui a la mainmise sur les caisses de l’Etat, est miné par la sourde rivalité qui oppose deux enfants de feu Omar Bongo, Pascaline et Ali. La première, 53 ans, dirige depuis de longues années le cabinet présidentiel. Elle est restée au chevet de son père jusqu’au bout dans la clinique de Quiron, à Barcelone, et a peut-être recueilli ses dernières volontés. Si cette éminence grise ne se présente pas, sa voix pourrait, en revanche, être décisive à l’heure du choix du candidat. Va-t-elle pousser son ancien mari, Jean Ping, actuellement à la tête de l’Union africaine ? Ou son compagnon officiel, le ministre des Affaires étrangères, Paul Toungui ?


Il y a, semble-t-il, peu de chances qu’elle se range derrière Ali, 50 ans, l’actuel ministre de la Défense, qui a fait fermer les frontières du pays, de son propre chef, dès l’annonce de la mort de son père et qui semble avoir été tenu à distance lors de l’agonie du défunt président. C’est d’ailleurs peut-être Ali qui, via des relais français proches de l’Elysée, a décidé de divulguer, le 7 juin, la nouvelle de la mort de son père, alors qu’à Barcelone, le clan cherchait à gagner du temps. Ali Bongo a des cartes importantes en main : il a placé ses hommes à la tête des forces de sécurité, il est très proche de l’influent ministre de l’Intérieur, André Mba Obame, et se targue du soutien de Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée. Mais il a un handicap en forme de paradoxe : son nom. Car les Gabonais, dans leur très grande majorité, aspirent au changement. S’il n’est pas investi par son parti, prendra-t-il le risque de se présenter sous une autre étiquette ? «Il a très envie d’y aller, il se prépare pour cela depuis de nombreuses années», affirme une familière du Palais.

Le vide. Et l’opposition ? Elle paraît désarmée, quoi qu’en disent ses représentants. En quarante et un ans de règne, Omar Bongo a pratiquement fait le vide autour de lui, en cooptant un à un ses opposants et les discréditant du même coup.


L’un des rares dirigeants à conserver une certaine crédibilité, Pierre Mamboundou, assure que rien n’est joué : «Quand les Gabonais vont faire le bilan de plus de quarante ans de pouvoir de Bongo, ce ne sera pas à l’avantage du PDG.» Et de citer un seul exemple : «Sur un réseau routier de 9 000 kilomètres, seuls 800 sont bitumés.» La campagne a déjà démarré.




Le Floch Prigent doit retourner en prison






L'ex Pdg d'ELF Loik Le Floch Prigent

 

AFFAIRE ELF

leparisien.fr 16.06.2009, 18h29 | Mise à jour : 19h56

 Loïk Le Floch Prigent devrait retourner en prison pour une durée de six mois Ce mardi, la cour d'appel de Versailles a révoqué partiellement la libération conditionnelle de l'ancien PDG d'Elf, condamné pour des détournements de fonds entre 1989 et 1993. Il «a manqué à l'obligation d'indemniser la partie civile en proportion de ses facultés contributives», est-il écrit dans l'arrêt.

 

Il n'avait pas souhaité bénéficier de sa retraite

Le 12 juin 2007, un juge d'application des peines (JAP) parisien avait révoqué la libération conditionnelle de Loïk Le Floch-Prigent qui avait fait appel de cette décision. La cour d'appel de Paris avait annulé la décision du JAP. L'arrêt avait ensuite été cassé par la Cour de cassation qui, en mai 2008, a renvoyé l'affaire à la cour d'appel de Versailles.

Pour rembourser les parties civiles, l'ex-dirigeant géant pétrolier français n'avait pas montrer beaucoup de bonne volonté. Ainsi il n'a «pas souhaité bénéficier de sa retraite afin qu'elle ne soit pas saisie», selon l'arrêt de la cour de Versailles. Il a toutefois «subitement bénéficié de la somme de 505.256,40 euros venant d'un compte (...) dont il a indiqué ne pas connaître jusqu'à présent l'existence». 

L'arrêt souligne également qu'il «est démontré que les obligations de la libération conditionnelle autres que celle d'indemniser la partie civile avaient été respectées et que le Trésor public avait été intégralement payé».

Des rentrées plus conséquentes que prévu

L'ancien PDG d'Elf a également assuré travailler pour plusieurs chefs d'Etat africains sans rémunération. «Affirmation qui n'est établie par aucun élément et qui est peu crédible», souligne la cour d'appel. Selon le Figaro, l'ex-dirigeant serait ce mardi aux obsèques d'Omar Bongo, au Gabon.

«Force est de constater que, au fur et à mesure du déroulement de la procédure, Loïk Le Floch-Prigent a peu à peu trouvé des fonds qui lui permettaient de procéder à certains règlements, ce qui est bien entendu positif pour le dénouement de la mesure de libération conditionnelle», souligne l'arrêt.

Cependant ceci «permet aussi d'établir que les facultés contributives de l'intéressé sont plus importantes qu'il ne le déclare, puisque lui-même se dit surpris de sommes figurant dans certains comptes dont il affirme n'avoir pas eu connaissance», est-il ajouté.

 PDG de 1989 à 1993 d'Elf, Loïk Le Floch-Prigent, 65 ans, avait été condamné à plusieurs reprises à partir de 2003 , notamment pour «abus de biens sociaux». Il a purgé 20 mois sur les cinq ans ferme prononcés contre lui. Il avait ensuite  été mis en liberté conditionnelle. Il peut, par ailleurs, se pourvoir en cassation. Il n'est pas exclu, cependant, qu'il bénéficie d'un régime de semi-liberté.

Leparisien.fr








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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 01:11






LIBREVILLE (AFP) - mardi 16 juin 2009 - 21h45 - Des milliers de Gabonais et 14 chefs d'Etat, dont le français Nicolas Sarkozy, ont assisté mardi à Libreville aux obsèques solennelles du président Omar Bongo, symbole de la "Françafrique" après 41 ans au pouvoir et dont la succession attise les luttes en coulisses.

Le cercueil du président gabonais Omar Bongo Ondimba est arrivé mardi vers 19H00 (18H00 GMT) à Franceville, sa terre natale dans le Haut-Ogooué (sud-est du Gabon), où il sera inhumé jeudi, a constaté une journaliste de l'AFP.

Quelque 1.500 personnes ont accueilli la dépouille mortelle du président à l'aéroport de Franceville, après les obsèques officielles déroulées plus tôt dans la journée à Libreville en présence de milliers de Gabonais et d'une quinzaine de chefs d'Etat.

Après une minute de silence, les invités étrangers, parmi lesquels figuraient la plupart des présidents de l'Afrique francophone, s’étaient inclinés à tour de rôle devant le cercueil recouvert par le drapeau du Gabon.

La cérémonie a été précédée d'un bref incident lorsque la France a été prise à partie à l'arrivée au palais de Nicolas Sarkozy, auquel plusieurs dizaines de Gabonais ont lancé: "On ne veut plus de vous, partez!"

A l'intérieur du palais, le président français et son prédécesseur Jacques Chirac ont ensuite été applaudis lorsqu'ils ont déposé, ensemble, une gerbe de fleurs devant le cercueil.

Toute la classe politique gabonaise et la famille Bongo, des représentants d'institutions internationales et des figures de la "Françafrique" ont rendu hommage à Omar Bongo Ondimba, dont le décès à 73 ans, en Espagne où il était hospitalisé, a été annoncé le 8 juin.

Après un culte, des personnalités gabonaises ont prononcé des oraisons funèbres très attendues dans le climat tendu de la succession.

Jusqu'ici, la voie constitutionnelle a été respectée: l'intérim à la tête de l'Etat a été confié à la présidente du Sénat Rose Francine Rogombé, chargée d'organiser un scrutin présidentiel 45 jours au plus tard après sa prise de fonctions intervenue le 10 juin.

Mais en coulisses, les tractations vont bon train. Selon des sources proches du pouvoir, Ali Ben Bongo, ministre de la Défense et fils du défunt, souhaite s'imposer comme successeur, une solution qui provoque des résistances au sein même du régime.

Au nom de la famille, Ali Bongo s'est engagé dans son oraison funèbre à perpétuer l'héritage paternel.

"Nous, tes enfants, ta famille, prenons l'engagement solennel de garder allumée avec l'aide de nos concitoyens la flamme sacrée de l'harmonie familiale, de la concorde républicaine et de l'unité nationale", a-t-il lancé, essuyant une larme.

"La Constitution, rien que la Constitution", a affirmé de son côté le Premier ministre Jean Eyeghé Ndong, qui accuse, selon des sources concordantes, Ali Bongo de vouloir passer en force sans respecter la Loi fondamentale.

Un défilé militaire a clos la cérémonie sur le bord de mer devant des milliers de Gabonais, avant que le cercueil ne s'envole pour la région natale d'Omar Bongo dans le sud-est du Gabon, où il doit être inhumé jeudi au terme d'une semaine d'obsèques que les autorités ont voulu grandioses.

Dans la foule, les badauds vêtus de T-shirts à l'effigie d'Omar Bongo se montraient dans l'ensemble rassurés. "Ils ont respecté jusqu'ici la Constitution, alors on n'est pas inquiet", lâchait un jeune homme de 18 ans.

Avant la cérémonie, une chanson diffusée dans la cour de l'imposant palais présidentiel couleur or scandait en boucle "Papa Bongo Ondimba, les Gabonais te pleurent". Après 41 ans, le nom du président finissait par se confondre avec celui de ce pays pétrolier d'Afrique équatoriale - parfois surnommé "Bongoland".

Le doyen des chefs d'Etat africains, médiateur dans de nombreuses crises continentales, était aussi décrié pour la mauvaise gestion de la manne pétrolière. La pauvreté demeure criante au Gabon, malgré ses richesses.

Omar Bongo était également un symbole de la "Françafrique", cette relation ambiguë entre Paris et ses ex-colonies.

Pour faire taire les rumeurs qui lui prêtent, une fois de plus, des velléités interventionnistes, le président Sarkozy a martelé, en marge des obsèques, que la France n'avait "aucun candidat" pour la succession d'Omar Bongo.



Gabon: Ali Bongo promet de perpétuer l'héritage de son père






 LIBREVILLE (AFP) - mardi 16 juin 2009 - 16h07 - Ali Ben Bongo, fils du défunt président gabonais et candidat potentiel à sa succession, s'est engagé mardi à perpétuer l'héritage d'Omar Bongo Ondimba pour "aborder sereinement" l'avenir du Gabon, lors de ses obsèques officielles à Libreville.

Rendant hommage à la "philosophie du pardon" et au "dialogue" qui guidaient selon lui l'action du président Bongo, Ali, ministre de la Défense s'exprimant au nom de la famille, a déclaré: "Cet édifice (...) va nous permettre d'aborder sereinement l'avenir des enfants de notre pays".

"Nous, tes enfants, ta famille, prenons l'engagement solennel de garder allumée avec l'aide de nos concitoyens la flamme sacrée de l'harmonie familiale, de la concorde républicaine et de l'unité nationale", a-t-il lancé, essuyant une larme.

Ali Ben Bongo n'a pas évoqué plus directement la question de la succession, publiquement taboue en cette période de deuil mais qui attise déjà les luttes de pouvoir en coulisses.

Plusieurs observateurs attendaient ainsi, avant les obsèques, de voir s'il serait désigné par la famille pour prononcer l'oraison funèbre.

Selon plusieurs sources proches du pouvoir, Ali Ben Bongo souhaite s'imposer comme successeur, suscitant des résistances au sein même du régime.

Le ministre de la Défense, ex-chef de la diplomatie, s'est montré en première ligne depuis le décès de son père, annoncé officiellement le 8 juin. Il est apparu fréquemment à la télévision et s'est montré très présent aux côtés de la présidente intérimaire Rose Francine Rogombé, chargée par la Constitution d'organiser un scrutin présidentiel.

De source proche du parti présidentiel, on a fait état d'un intense bras de fer ces derniers jours entre Ali Ben Bongo et le Premier ministre Jean Eyeghé Ndong pour la gestion de la transition. Ce dernier accuse, selon ces sources, le fils du président de vouloir passer en force sans respecter la Constitution.

Dans ce qui est apparu comme un mise en garde, le chef du gouvernement s'est adressé dans son oraison funèbre au président défunt: "Vous qui avez toujours dit avec force, notamment ces derniers temps: +La Constitution, rien que la Constitution+", a-t-il dit.

Selon Jean Eyeghé Ndong, les Gabonais et notamment les jeunes doivent "rejeter les dissensions, les guéguerres, les luttes effrénées, personnelles ou autres". "L'avenir du Gabon est entre leurs mains (...) Il nous faut l'unité nationale, il nous faut la paix", a-t-il estimé.

Les oraisons funèbres ont conclu la cérémonie officielle, qui devait être suivie par un défilé militaire sur le bord de mer de Libreville, où étaient déjà massées des milliers de personnes.

 

 

 



Au Gabon, la «Françafrique» salue Omar Bongo






 leparisien.fr 16.06.2009, 22h18  

Des couronnes mortuaires au nom d'Axa, Total, Bolloré, des figures des réseaux franco-africains présentes en nombre: le petit monde de la «Françafrique» s'est donné rendez-vous mardi à Libreville pour les obsèques de son dernier «dinosaure», le président gabonais Omar Bongo.

Les représentants officiels des relations entre Paris et ses ex-colonies africaines sont tous là: le président français Nicolas Sarkozy et son prédécesseur Jacques Chirac, un ami proche du défunt, quelques membres du gouvernement, mais aussi tout un panel d'anciens ministres de la Coopération, de droite comme de gauche.

A leurs côtés, les hommes de l'ombre, parmi tous ceux que l'on accuse de perpétuer la «Françafrique», nom donné aux relations ambiguës, voire incestueuses, avec les pays africains.

A cette aune, l'installation des invités par le protocole gabonais, dans l'immense palais présidentiel, n'est pas anodine. Ainsi, le «Monsieur Afrique» officiel du président Sarkozy, Bruno Joubert, est-il assis juste derrière Robert Bourgi, son homologue occulte.

Vieilles gloires déchues

Selon plusieurs observateurs, Me Bourgi, qui avait l'oreille du président Bongo, n'est pas étranger au revirement de Nicolas Sarkozy, qui avait promis de rompre avec la «Françafrique» avant de se montrer, une fois élu, conciliant avec ses symboles.

L'élu Patrick Balkany, omniprésent lors des voyages du président français en Afrique, et l'ancien grand maître du Grand Orient de France Alain Bauer - Omar Bongo était un franc-maçon déclaré - faisaient également partie de la délégation.

Les vieilles gloires déchues ont aussi fait le déplacement. L'ancien patron de la compagnie pétrolière publique française Elf Loïk Le Floch-Prigent, qui a fait de la prison pour des affaires sur lesquelles planait l'ombre du Gabon, est ainsi venu depuis Paris pour déposer une gerbe de fleurs devant le cercueil présidentiel.

Mais les temps ont changé: à son arrivée à l'aéroport de Libreville, il a dû se prêter au jeu du relevé d'empreintes digitales pour une demande de visa en bonne et due forme.

Au-delà de l'anecdote, ce sont toutes les relations entre Libreville et Paris qui s'étaient tendues ces dernières années, notamment en raison des enquêtes en France sur les biens immobiliers «mal acquis» de la famille Bongo accusée de détournement de fonds par des associations. Le président gabonais s'estimait lâché par la France, selon des membres du régime.

Chirac mieux placé que Sarkozy

Les responsables gabonais semblaient d'ailleurs avoir fait «payer» à Nicolas Sarkozy ces tensions en plaçant l'actuel président plus loin du cercueil de Bongo que Jacques Chirac tout en respectant le strict ordre protocolaire.

Le chef de l'Etat français a souligné s'être interrogé sur la pertinence de sa présence à Libreville. «On ne vient pas, on est indifférent. On vient c'est l'ingérence», a-t-il noté, avant de marteler: «La France n'a aucun candidat» pour la succession d'Omar Bongo.

L'accueil réservé à Nicolas Sarkozy à son arrivée au palais présidentiel en dit long sur cette dégradation des relations. Quelques dizaines de Gabonais ont hué le président français avant de scander: «On ne veut plus des Français ! On veut les Chinois !»

 leparisien.fr

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 02:18




Philippe Leymarie-11 juin 2009-Le Monde Diplomatique



La mort du président gabonais Omar Bongo Ondimba, un des « dinosaures » de la Françafrique, retardera la négociation d’un nouvel accord de défense entre Paris et Libreville, entamée cette année à la demande de la France. Le texte actuel, signé le 17 août 1960, lors de l’accession du pays à l’indépendance, prévoit que la République gabonaise « peut, avec l’accord de la République française, faire appel aux forces armées françaises pour sa défense intérieure et extérieure ».


En dépit de l’engagement mainte fois renouvelé du gouvernement français de ne plus se comporter en « gendarme de l’Afrique », les éléments français stationnés en permanence à Libreville pourraient donc – en vertu de cet accord vieux de presque cinquante ans – être appelés à assurer, le cas échéant, le rapatriement de ressortissants, la sauvegarde de biens, la protection de bâtiments publics (présidence, ministères, ambassades), sites stratégiques (port, aéroport, centrales électriques, mines), voir à intervenir – aux côtés des forces gabonaises – dans des opérations de surveillance aux frontières ou de contrôle de foule [1].


Des accords du même type, comportant dans certains cas des clauses (non rendues publiques) d’assistance au gouvernement en place en cas de « circonstances graves », avaient été conclus avec la Centrafrique (1960), la Côte d’Ivoire (1961), le Togo (1963), le Sénégal (1973), le Cameroun (1974), Djibouti (1977), les Comores (1978). Le Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale publié en juin 2008 les présente comme « appartenant au passé », car « correspondant à un moment historique, la fin de la décolonisation ».


Lors d’un discours devant le parlement sud-africain, en févier 2008, le président français, M. Nicolas Sarkozy, avait annoncé la révision de ces accords de défense « obsolètes » signés par Paris avec ses anciennes colonies, ne jugeant « plus concevable d’y intervenir dans des conflits internes ». Il avait promis également, au nom de la « transparence », la publication intégrale de ces textes, après ratification par les parlements des pays signataires.


A sens unique


Ce réexamen, entamé depuis quelques mois, a débouché sur la signature en février d’un nouvel accord avec le Togo, dont le contenu n’a pas encore été rendu public : mais le nouveau texte – qui abroge l’ensemble des accords et arrangements conclus précédemment – exclurait désormais tout engagement de l’armée française pour soutenir les régimes en place. Il repose sur un principe de réciprocité des engagements pris par les deux parties ; mais c’était déjà le cas auparavant, et n’avait pas empêché ce partenariat d’être à sens unique – ce qu’il restera par la force des choses.


Un accord de défense « nouvelle génération » a également été signé en mai dernier avec le Cameroun, dont l’ancien « accord spécial de défense » avec Paris signé en 1974 était resté secret. Cette fois, il n’est plus question d’intervention militaire à l’intérieur du pays. Le texte n’évoque plus le cas d’une agression extérieure, se contentant d’envisager le partage d’informations, l’organisation d’exercices militaires communs, et le soutien aux organismes de formation. Le tout dans une optique de « renforcement des capacités africaines de maintien de la paix » - l’ancien « RECAMP » (repris à son compte par l’Union européenne, en liaison avec l’Union africaine, mais dont on n’a plus de nouvelles !).


Bases fermées


Ces accords de défense « lourds » – mais qui ne sont appliqués que dans la mesure où les deux contractants le souhaitent – ont servi de couverture juridique à des interventions à répétition très controversées, notamment dans les années 80 et 90. Ils ont souvent été adossés à une présence militaire française permanente (Libreville, Bangui, Abidjan, Dakar, Djibouti) qui est également en cours de réévaluation.


Ainsi, la fermeture de la base d’Abidjan est quasiment programmée : le président Laurent Gbagbo n’a jamais fait mystère de ses réticences à propos de la présence des soldats français. Il faudra trancher également entre les bases de Dakar et Libreville [2] – le dispositif militaire français en Afrique devant, selon le Livre blanc, se concentrer sur trois grandes implantations régionales (ouest, centre, est), avec un complément dans le sud-ouest de l’océan Indien (La Réunion), et dans le Golfe arabo-persique (Abou Dhabi).


Soutien sans participation ?


Ces accords dits « de défense » sont distincts des accords techniques militaires signés avec vingt-sept pays africains, qui ne sont pas officiellement remis en cause : ils concernent les facilités d’escale et de transit, le soutien logistique, l’échange d’informations, l’aide à la formation et à l’entraînement, le statut des personnels des bases, la fourniture de matériels et d’armements, etc [3] .


Mais l’exemple du Tchad – qui n’a jamais été lié à la France par un accord de défense, mais où les militaires français mènent une intervention quasi-permanente depuis l’accession du pays à l’indépendance – montre qu’il y aurait intérêt à remettre également à plat ces accords « techniques ». Le « soutien sans participation » de l’armée française aura sauvé la mise du régime du président Idriss Deby à plusieurs reprises ces dernières années...


Notes


[1] Une « convention spéciale relative au maintien de l’ordre », signée en 1961, est restée secrète.

[2] L’actuelle base au Gabon (980 hommes) rayonne sur la Centrafrique, et apporte un soutien aux forces françaises au Tchad et en Côte d’Ivoire. Elle sert de « réservoir » de forces prépositionnées pour les « opex » françaises en Afrique de l’Ouest et centrale.

[3] Voir la liste des accords de défense et de coopération technique militaire dans Les évolutions récentes de la coopération militaire française en Afrique, Tibault Stéphène Possio, Editions Publibook, 2007 ; ou dans l’ouvrage collectif sous la direction de Pierre Pascallon, La politique de la France en Afrique, l’Harmattan, 474 p., Paris, 2004.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 23:32





 

(MISNA) - 15/6/2009   19.35 - L'ex-Premier ministre Martin Ziguelé est officiellement candidat pour le Mouvement de libération du peuple centrafricain (Mlpc, anciennement au pouvoir) aux présidentielles de l'an prochain, indiquent les médias locaux, rapportant l'issue d'un congrès extraordinaire du parti tenu le week-end dernier. M Ziguelé a ainsi été préféré à l'ancien président Ange-Félix Patassé, exclu du mouvement qu'il avait fondé pour ne pas respecter les principes du parti.

Candidat dès 2005, M Ziguelé avait été battu au second tour par l'actuel président François Bozizé, général qui avait renversé en 2003 M Patassé dont M Ziguelé avait été le Premier ministre entre 2001 et 2003.

Ces derniers développements politiques s'inscrivent dans le cadre des hauts et des bas propres au pays : d'un côté, à la suite de considérables efforts diplomatiques qui avaient culminé en décembre dernier dans l'issue positive du Dialogue politique national et la formation d'un nouvel exécutif élargi à d'anciens groupes rebelles et membres de l'opposition, le Centrafrique semblait avoir surmonté sa période d'instabilités et se diriger vers une nouvelle voie ; de l'autre, les combats entre soldats et combattants rebelles se poursuivent, surtout dans les périphéries septentrionales du pays.

Le dernier épisode, rapporté par les médias internationaux, est survenu dans la région de Ndele. Là, à 600 kilomètres au nord-est de la capitale Bangui, dans la localité d'Akoursoulbak, les heurts entre militaires et rebelles de la Convention nationale pour la justice (Cnj) ont causé ces derniers jours la mort de 20 personnes et la fuite de milliers de civils.

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 21:58




 

Linternationalmagazine.com - Emile FIDIECK, publié le 15/06/2009

Feutrée mais féroce, la guerre de succession qui s’est engagée bien avant le dernier soupir du patriarche Bongo fait actuellement rage au Gabon. Si les généraux, et vieux caciques du pouvoir se déchirent, c’est surtout au sein de la famille que cette guerre risque de causer, à son terme, le plus de dégât entre Ali Bongo, Pascaline Bongo, Paul Toungui...et Jean Ping.

Le 7 mai 2009 au soir, la panique s’empare des "réseaux Françafrique". De sources officieuses viennent de faire état du décès d’Omar Bongo, Président du Gabon. De De Gaulle à Sarkozy, en passant par Mitterrand ou Chirac, "le Vieux" a connu tous les Présidents de la Ve République française et partagé avec eux de petits et grands secrets, que les héritiers menacent de faire émerger. "Une seule déclarations non assumée pourrait faire sauter le baraque", affirme un diplomate français.

Le même vent de panique souffle sur le Gabon, où pendant quarante-deux ans, le doyen des Chefs d’Etat d’Afrique a, plutôt que d’éliminer ses adversaires comme tant d’autres dictateurs, instauré un "consensus gabonais", les achetant à coup de pétrodollars et de maroquins ministériels.

...tu as tué ma fille

Malgré les nombreux démentis du Gouvernement, la rumeur sur le décès de Bongo reste persistante pendant tout le mois de mai, d’autant plus que "Le vieux", épuisé par les conflits de famille et les veillées funèbres, ne s’alimente plus et n’apparait plus en public depuis le décès de sa femme Edith Lucie Bongo.

Au quotidien français "Le Monde", Robert Bourgi affirme que lors de l’une de leurs dernières conversations, le Président gabonais lui avait expliqué : "Je suis malheureux depuis la mort de "maman Edith" (sa femme). Mais ce qui me fait le plus de mal, c’est que je n’ai même plus envie d’aller en France, qui est pourtant mon deuxième pays, à cause de tous vos médias qui me harcèlent avec ces histoires que l’on me fait".

Le Président Bongo est aussi abattu par les conflits de familles. Son fils Ali Bongo qui rêve de le succéder, et sa mère Patience Marie Joséphine Kama, - l’ex-femme de Bongo devenue chanteuse (...elle a commis un tube raillant sa remplaçante intitulé « Le mari est à nous tous »), - sont accusés par les congolais d’être à l’origine du "mal mystérieux" qui a frappé Edith Lucie Bongo première Dame du Gabon et la fille du Président congolais Denis Sassou-Nguesso. Un soupçon, en tout cas, partagé par le chef de l’Etat congolais qui, lors des obsèques de sa fille a lancé à Ali Ben : « Tu as tué ma fille ! ».

Ali Ben Bongo : le mal élu.. ?

C’est dans ce contexte tendu qu’intervient la mort d’Omar Bongo (officiellement le 7 juin). A l’annonce du décès de son père, Ali Ben Bongo, actuellement ministre de la défense reste presque seul aux commandes.

Né Alain Bernard Bongo avant de prendre le prénom d’Ali Ben lors de la conversion de la famille à l’islam en 1973, il est le fruit du mariage célébré en octobre 1959 entre Albert Bernard Bongo et Patience Marie Joséphine Kama. Il effectue ses études secondaires au collège Sainte-Croix de Neuilly-sur-Seine, banlieue huppée de la capitale française, puis choisit d’étudier le droit à l’université de Paris-I Panthéon-Sorbonne. À son retour au pays, dans les années 1980, son père l’intègre à son cabinet.

A l’annonce du décès de son père, alors que toute la famille a accouru a Barcelone, le ministre de la défense lui préfère rester à Libreville pour verrouiller l’avenir et décide la fermeture des frontières terrestres, maritimes et aériennes, déploie ses troupes autour de tous les sites sensibles : administrations, banques, radios, télévision publique...

Quelques mois avant, celui qu’on surnomme à Libreville " Baby Zeus" fait le ménage à l’état-major où il place ses hommes. Il compte sur l’appui du ministre de l’Intérieur, André Mba Ogame, un ami d’enfance et de surcroît Fang, la plus importante communauté ethnique du Gabon. Ensemble, ils animent le courant des « réformateurs » au sein du Parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir. Il peut aussi tabler sur les conseils de Guy Nzouba Ndama, le président de l’Assemblée nationale. En France, il a l’appui Robert Bourgi, un brillant avocat "dauphin" de Jacques Foccart, dont il a en partie repris les réseaux africains.

Mais, la plupart des collaborateurs du Président, sa fille Pascaline en tête, sont contre "Baby Zeus" a qui ils reprochent son manque de charisme et de sérieux, sa passion pour les Ferrari et les parties de Nintendo. Faute de parler la langue des Batékés, sa propre ethnie, sa candidature aux législatives de 2001 dans le berceau familial, rebaptisé Bongoville, se révèle un désastre.

De méchantes rumeurs l’accusent aussi de ne pas être le fils de Bongo mais un « bâtard », pis, un étranger trouvé dans un camp de réfugiés lors de la guerre du Biafra. Ainsi, quand Ali Ben Bongo sera hospitalisé à son tour à Neuilly-sur- Seine, le 23 mai, le bruit court aussitôt qu’il a été empoisonné, ensorceler ou victime d’une attaque cardiaque à l’issue d’un conseil de famille houleux. Mais selon des sources médias, Ali Ben tente de perdre son embonpoint et son anneau gastrique s’est déplacé.

Parmi ses ennemis, il y a tous ceux qu’il a évincés au sein de l’armée. A commencer par l’ex-chef d’état-major et actuel ministre de la Santé, le général Idriss Ngari, autre prétendant potentiel, membre de l’ethnie fang et qui dirige une association très influente d’anciens gradés. Tenus à la lisière du pouvoir, les Fangs pourraient sentir l’heure de la revanche arriver, avec le risque d’affrontements interethniques.

Pascaline, le "Totem" de Bongo

Pascaline Bongo, 52 ans, est présentée comme la fille préférée du Président, son « totem », comme on l’affirme à Libreville. Elle vit avec l’actuel ministre des Affaires étrangères - Paul Toungui, un autre prétendant à la succession de Bongo - et est farouchement opposée aux ambitions présidentielles de son frère. A Barcelone, c’est elle qui veille sur Omar Bongo et filtre les visites. Elle aurait, selon les derniers rumeurs interdit l’accès à la clinique à son frère Ali Ben Bongo.

Diplômée de l’ENA, elle assure la direction du cabinet de son Père et est surtout la gestionnaire de sa fortune, au risque de confondre les caisses de l’Etat et son compte courant personnel. Dans l’enquête parisienne sur "les biens mal acquis", il est apparu que l’une de ses Mercedes classe E55 avait été en partie payée par un chèque de 37 320 euros de la paierie générale du Gabon. L’actuel trésorier payeur général est un de ses proches. Et son concubin actuel, Paul Toungui, a longtemps détenu le portefeuille des Finances.

Si Pascaline n’est pas directement déclarée partante pour la succession de son Père, elle compte bien peser sur le choix du prochain Président et agite ses réseaux parisiens dans ce sens, notamment dans les milieux d’affaires où elle bénéficie du soutien de Vincent Bolloré, son partenaire dans différents projets.

Fortement opposée à la prise du pouvoir par son frère Ali Ben Bongo, elle laisse entendre que « les entreprises françaises auraient beaucoup à perdre » si son frère prenait la tête du pays. « Ali ? Ses adversaires essaient de nous le vendre comme un agent vendu aux Américains », dit-on dans l’entourage de Sarkozy. Dans le contexte actuel, "une chose est sur : Pascaline ne roulera ni pour elle, ni pour son Frère" nous affirme un diplomate français. Reste donc une inconnue : tranchera t-elle pour son compagnon actuel Paul Toungui ? ou pour son ex-mari Jean Ping avec qui elle a eu plusieurs enfants.. ?

Paul Toungui : le sérieux prétendant

Connu pour être un homme discret, Paul Toungui, l’actuel mari de Pascaline Bongo, lui aussi issu du sud-est du Gabon, ne cache plus ses ambitions présidentielles. A 60 ans, celui qui est aussi ministre d’État chargé des Affaires étrangères, rêve de s’emparer des clés du Palais du bord de mer.

Pour cela, il a entre ses mains une carte majeure : son appartenance au clan Bongo par son mariage en 1995 avec Pascaline, la fille aînée du président.

Le couple peut compter sur d’importantes ressources. Pascaline Bongo, inébranlable chef de cabinet de son père et gestionnaire des avoirs de la famille, n’ignore rien des méandres financiers du régime. Quant à Paul Toungui, 60 ans, considéré comme l’Homme du Président, il fut longtemps ministre des Mines, puis des Finances.

Jean Ping : le distant aspirant

Dans les couloirs diplomatiques parisiens, on parle beaucoup de Jean Ping, - l’ex-mari de Pascaline Bongo - pour le fauteuil présidentiel. Né en novembre 1942 à Omboué, au sud de Port-Gentil, ce diplomate Gabonais est considéré comme un des collaborateurs les plus écoutés de Bongo (qui l’avait surnommé "Mao" du fait de ses origines asiatiques). Il est depuis février 2008 à la tête de la Commission de l’Union Africaine.

Aujourd’hui marié à une Italiano-Ivoirienne, Jeanne-Thérèse, l’ex-mari de Pascaline entre réellement en politique au Gabon en 1984, lorsqu’il devient le directeur de cabinet du Président Bongo. Ministre sans discontinuer pendant 16 ans, et vice-Premier ministre en 2007, Jean Ping, 65 ans, devient le chef de la diplomatie gabonaise en 1999.

Distingué, brillant et très ouvert, le Président de la Commission de l’UA est surtout doté d’un important carnet d’adresses dans les cercles diplomatiques internationaux où il inspire confiance. Il faut rappeler qu’il a dirigé avec brio selon plusieurs diplomates, la 59e session de l’Assemblée générale de l’ONU en 2004-2005, préparant le sommet sur la réforme de l’institution mondiale.

De part sa longévité aux côtés de Bongo qui le considérait comme de sa famille, il connaît son pays comme sa poche. Seule entorse, on lui reproche de ne pas posséder une base électorale forte au Gabon, ayant lui-même longtemps évolué sous l’ombre du Président.

Selon le communiqué de la Commission de l’UA parvenu à la rédaction de International magazine, il n’a regagné son pays que samedi dernier pour assister aux obsèques du défunt Président. "Ne vous en faite pas, il suit la situation de près" nous confirme une de nos sources à la Commission de l’UA. "le moment venu, si la nécessité s’impose, il entrera en action" précise la même source.

Les "outsiders"

Dans la famille, il faut aussi compter avec Christian Bongo, un fils du Président âgé d’une trentaine d’années, qui dirige l’une des principales banques du pays, la Banque gabonaise de développement. Il y a aussi son frère, Anicet Bongo, était à la tête du groupe de communication TVSat, dont la Présidente du conseil d’administration n’était autre que Pascaline Bongo. Et puis il y a Jeff Bongo, haut fonctionnaire du ministère de l’économie et des finances.

La "famille Bongo" compte aussi d’autres cartes, des seconds couteaux installés à des postes d’importance à l’exemple d’Hervé Ossamy, un gendre d’Omar Bongo, patron d’entreprises d’Etat, ou encore Marie-Madeleine Mborantsuo, ancienne compagne du chef de l’Etat, et bien d’autres, et bien d’autres...

Mais la rivalité entre les deux enfants Bongo (Ali Ben et Pascaline) et ses beaux-fils (Toungui et Ping) pourrait être compliquée par le jeu du général Idriss Ngari, qui disposerait de plusieurs soutiens dans l’armée. Les caciques du PDG, l’ancien parti unique, pourraient faire entendre leur voix, de même que les opposants modérés tels Pierre Mamboundou, chef de l’Union du peuple gabonais (UPG), et Zacharie Myboto, un ancien proche d’Omar Bongo qui connait très bien "la maison".

Avec AP, Xinhua, Reuters et Pana

 

Des centaines de couronnes mortuaires pour Bongo

LE MONDE | 15.06.09 | 18h13  •  Mis à jour le 15.06.09 | 20h40

Libreville. Envoyé spécial

Si ce n'est pas l'enterrement de la Françafrique, cela y ressemble. Sur la terrasse du palais présidentiel, à Libreville, des centaines de couronnes mortuaires sont empilées sous des tentes face à l'océan. Axa, Bolloré ou Air France y adressent leurs condoléances et leurs "regrets éternels" après la mort du président Omar Bongo. L'une d'elles a été déposée, dimanche 14 juin, par l'ancien patron d'Elf, Loïk Le Floch-Prigent en personne, au nom de sa société pétrolière Pilatus Group.

Devant le cercueil, le défilé des Gabonais se poursuit depuis trois jours. Bougies parfumées, cantiques ou chants patriotiques scandés par les annonces d'un aboyeur, complètent l'ambiance de requiem. Les notables ne sont pas les seuls à s'engouffrer dans l'immense salle des banquets tapissée de marbre. Le peuple des fonctionnaires et des employés s'incline, précédé par ses chefs et ses patrons.

Des curieux aussi, dans une procession de chemises à fleurs, de costumes sombres et de tee-shirts aux formules boursouflées : "Merci, grand camarade pour votre oeuvre immense" ; "Le vide est si grand qu'il ne sera jamais comblé". Des femmes en boubou succèdent à des "Françafricains" au visage buriné, des sportifs en survêtement bleu nuit et des professeurs en toge pourpre. La télévision diffuse en direct les cérémonies, offices religieux compris, plus de quinze heures par jour.

L'ordonnancement parfait des cérémonies, auxquelles Nicolas Sarkozy doit participer mardi, masque une inquiétude diffuse sur l'après-Bongo. Dimanche, le secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) n'a pas caché son inquiétude : la cohésion du PDG est menacée depuis la disparition de son fondateur. La perspective de la prochaine élection présidentielle exacerbe les rivalités. Pendant que s'empilent les couronnes de fleurs, le "Bongoland" se prépare à vider ses querelles d'héritage.

 

Philippe Bernard

Article paru dans l'édition du 16.06.09

 

 

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 21:43





APA Bangui (Centrafrique) 2009-06-15 12:32:25 - Le secrétaire général de la Commission nationale centrafricaine du suivi des droits des enfants, M. Elie Chancy Déta, a déploré, lundi à Bangui, la situation des enfants centrafricains soumis aux pires formes de travail, dans une déclaration à APA, en prélude à la célébration de la journée de l’enfant Africain.

 «A Bangui, en milieu de la journée, les enfants transportent des assiettes remplies de beignets ou d’arachides pour la vente. Ils servent de guide aux aveugles et quémandent tout au long de la journée des pièces de 100FCFA aux passants», a indiqué M. Elie Déta.

«Vers le centre-ouest de la Centrafrique, notamment à Mbaïki, Boda, Nola, Berberati, il y a des enfants qui sont dans la société de diamant, qui naissent, grandissent et vieillissent là bas», a-t-il dit, ajoutant que ces enfants
«ne vont pas à l’école et n’ont pas d’acte de naissance».

Selon le secrétaire général de la Commission nationale centrafricaine du suivi des droits des enfants, les différentes rébellions basées dans le nord du pays enrôlent les enfants qui, la plupart du temps, sont souvent maltraités et transformés en esclaves sexuels pour les chefs rebelles.

«C’est pourquoi nous sommes entrain de nous battre pour que ces zones soient immédiatement démilitarisées, démobilisées et que les enfants soient immédiatement réinsérés pour qu’ils puissent bénéficier des droits de l’enfant qui sont consacrés dans la Commission nationale suivi droits enfants», a conclu M. Déta.

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 19:10







LA HAYE (AFP) 20h20 — La Cour pénale internationale (CPI) a ordonné lundi le jugement de Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), pour cinq chefs d'accusation dont crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis par sa milice en République centrafricaine.


"La chambre préliminaire II a conclu qu'il y avait des preuves suffisantes donnant des motifs substantiels de croire que Jean-Pierre Bemba Gombo est pénalement responsable, pour avoir effectivement agi en qualité de chef militaire",
des crimes de meurtre, viol et pillage, indique la CPI dans un communiqué.


M. Bemba va être jugé pour meurtre constituant un crime de guerre et un crime contre l'humanité, pour viol constituant un crime de guerre et un crime contre l'humanité, et pour pillage constituant un crime de guerre, précise la CPI.


Jean-Pierre Bemba, 46 ans, avait comparu devant la CPI du 12 au 15 janvier lors d'audiences de confirmations de charges concernant des exactions commises par sa milice, le Mouvement de libération du Congo (MLC), en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003.

"M. Bemba était au courant des crimes (commis) durant les cinq mois de l'intervention", a estimé la chambre dans son jugement.


La Chambre préliminaire a cependant refusé de confirmer que Jean-Pierre Bemba était "pénalement responsable" de torture et d'atteintes à la dignité de la personne, comme l'avait réclamé l'accusation.


Jean-Pierre Bemba Gombo, ressortissant de la RDC, président et commandant en chef du MLC, avait été arrêté le 24 mai 2008 à Bruxelles par les autorités belges en exécution d'un mandat d'arrêt délivré par la CPI. Il avait été remis à la Cour et transféré à son siège le 3 juillet 2008.


Lors des audiences de confirmation des charges, ses avocats avaient exclu toute responsabilité de l'ancien vice-président congolais dans les crimes commis par sa milice.


La défense avait mis en cause le président centrafricain de l'époque Ange-Félix Patassé, que le MLC de Jean-Pierre Bemba était venu appuyer en 2002-2003 pour contrer un coup d'Etat.


Selon la défense, qui avait demandé un non-lieu, "Jean-Pierre Bemba n'est même pas complice", sa participation s'étant selon elle exclusivement limitée à la mise à disposition de ses soldats pour "soutenir un gouvernement démocratiquement élu dans le cadre d'un accord régional africain".


Jean-Pierre Bemba avait en 2006, à la tête du MLC, perdu les élections présidentielles en RDC face au président actuel Joseph Kabila. Il s'était exilé en avril 2007. Le MLC est actuellement la principale force congolaise d'opposition.

 



 

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 19:07






 

 

Pour s’imposer parmi ses pairs, le défunt président gabonais n’a pas souvent hésité à déstabiliser leur pouvoir politique pour après, jouer les médiateurs.


“ Cet homme m’a sauvé plusieurs fois des griffes d’Idris Déby. Je souhaite qu’il soit rapidement rétabli pour me permettre d’aller le remercier, cette fois-ci, de vive voix ”. Malheureusement, le vœu de l’opposant tchadien Ngarlejy Yorongar, émis dans les colonnes du Messager no 2874 du 12 juin 2009, ne se réalisera pas. Son mentor, Omar Bongo, souffrant au moment de cet entretien, ne s’est pas relevé de la maladie qui le rongeait et le tenait cloué dans une clinique barcelonaise depuis mai dernier. Mais cette anecdote trahit le jeu parfois trouble que le défunt président gabonais a souvent joué, hors des frontières du Gabon, dans d’autres pays. Au-delà de l’image policée de “ médiateur et de faiseur de paix ” (dixit Le Monde du 10 juin 2009), Omar Bongo Ondimba, s’avère être un véritable déstabilisateur de régimes africains au service d’intérêts français. En tout cas, son rôle reste ambigu dans plusieurs pays de la sous-région.

Ainsi en est-il de la Centrafrique. “ C’est grâce à cet homme si la paix revient peu à peu en République centrafricaine et en Afrique centrale. Si le Dialogue politique inclusif se tient aujourd’hui, c’est en majorité grâce au président Bongo. Le président François Bozize a beaucoup de respect pour lui. Et tous, nous sommes heureux d’avoir un homme d’une telle dimension en Afrique centrale ”, se réjouissait le 8 décembre 2008, Cyriaque Gonda, ministre centrafricain chargé de la Communication et du dialogue politique inclusif. Acteur majeur de cette large concertation nationale visant à panser les plaies de la division, Omar Bongo n’en est pas moins celui qui a manœuvré en coulisses pour la chute du régime d’Ange Félix Patassé (démocratiquement élu) et l’avènement de François Bozizé au pouvoir en Centrafrique.

Le pyromane qui joue au sapeur-pompier ?

Craint et respecté, Omar Bongo Ondimba apparaît en effet comme un faiseur de roi. Au Congo-Brazza, il n’hésite pas à voler au secours de son ami et beau-frère, Denis Sassou Nguesso, qu’il aide à retrouver le fauteuil présidentiel que lui avait démocratiquement enlevé Pascal Lissouba, sacrifié au nom des intérêts supérieurs de la Françafrique. Ici encore le “ sage ” de Libreville viendra jouer les exorcistes pour chasser les démons de la guerre civile qui déchire le pays après ce coup de force. Le pyromane qui joue au sapeur-pompier ? “ je pense que dans la gestion de ces situations, il agissait comme agent relais des intérêts politico-économiques de la France. Il s’agit en fait d’un réalisme politique cynique où il tire avantage de ses propres turpitudes en laissant croire qu’il lutte pour la bonne cause ” ; répond le professeur Eric Mathias Owona Nguini.

Une chose est sûre. Omar Bongo a su imposer sa personnalité dans la résolution des crises sur le continent noir. Avec des succès mitigés ou des intentions plus ou moins avouables, mais toujours enveloppées de voiles de suspicion, on l’a vu, en dehors du Congo-Brazza et de la Centrafrique, son bâton de pèlerin à la main, aller prêcher l’amour et la réconciliation au Tchad, au Zaïre (qui deviendra plus tard République démocratique du Congo après le départ forcé de Mobutu) ou en Côte d’Ivoire…


Déstabilisateur…

Son rôle de déstabilisateur de régimes africains, Omar Bongo l’a pris au sérieux très tôt, en fait au lendemain de son accession à la magistrature suprême. En 1967, le Gabon sert ainsi de base arrière militaire à la France (qui aide les sécessionnistes) lors de la guerre du Biafra qui fera près de deux millions de morts. “ Chaque nuit, des pilotes mercenaires transportent de Libreville au Biafra une vingtaine de tonnes d'armes et de munitions de fabrication française et allemande. De bonne source, on précise que ces envois sont effectués via Abidjan, en Côte d'Ivoire [...]. Les avions sont pilotés par des équipages français et l'entretien est aussi assuré par des Français ”, rapporte une dépêche d'Associated Press le 16 octobre 1967. “ Pour diversifier les sources d'approvisionnement et intensifier les livraisons, les deux piliers africains du soutien au Biafra, les présidents gabonais et ivoirien Bongo et Houphouët-Boigny, organisent "une coopération secrète avec la France, l'Afrique du Sud, le Portugal [encore en pleine guerre coloniale] et la Rhodésie, pour l'envoi de matériel de guerre au Biafra ”, écrit pour sa part Le Nouvel Observateur du 19 janvier 1970).

De même, le régime d’Omar Bongo participe en 1976 à une opération de déstabilisation du pouvoir béninois tenu par Mathieu Kérékou dont la France et ses alliés ne supportent pas le parti pris pour le marxisme. Plus que tout, Omar Bongo s’avèrera donc être l’un des bras séculiers de la France sur le continent noir. Il n’a en effet cessé, durant ses quarante-deux années de règne, de jouer ses chevaliers servants, avec un zèle obséquieux, prêt à déjouer toutes les “ tentatives de subversion ”. Un pan sombre de sa vie si souvent ignoré ou occulté. Sans doute par convenance. 

Par Frédéric BOUNGOU Le Messager  Le 15-06-2009

 

Un agent secret français à la tête de l’Afrique centrale et qui est son successeur ?

Un agent secret français à la tête du Gabon

Le messager Lundi 15 juin 2009 : Le défunt président gabonais a plus servi la France que son pays.

Issu d’une famille de paysans Batéké (une ethnie minoritaire du sud-est du Gabon et majoritaire au Congo-Brazzaville), Bongo effectue des études primaires et secondaires au Congo (les précisions sur le niveau de ces études ne sont pas connues) avant d’être recruté dans l’administration gabonaise comme postier. Il avait, préalablement, fait son service militaire français au Tchad, où il avait tapé à l’œil des décideurs français, par son caractère vif et ambitieux. Cependant, c’est alors qu’il exerce son modeste emploi dans les postes gabonaises, que Bongo (né en 1935) est adoubé par les Français, qui font de lui un de leurs hommes de main en Afrique. Il est employé par la France dont il sert les intérêts au Gabon et partout dans le continent, dans les écoutes téléphoniques.

Grâce à sa position d’agent secret (membre d’un service de renseignement) français, Bongo gravit très vite les échelons dans la fonction publique gabonaise. De fonctionnaire du service des Postes, il se retrouve directeur de cabinet du président de la République gabonaise, Léon Mba. Outre ses fonctions officielles de directeur de cabinet du président de la République, Bongo a des missions officieuses qui lui sont assignées par les services secrets français, auprès du chef de l’Etat Léon Mba : rester au cœur du système, surveiller son patron (Léon Mba), en faisant remonter tous ses faits et gestes auprès du gouvernement français dont l’un des soucis majeurs est d’être le véritable maître à penser des dirigeants africains. Pour la France, les résultats de Bongo, poulain de Jacques Foccart, sont éloquents.

Servir la France bec et ongles

Satisfaite des multiples rapports que lui font parvenir Bongo, la France décide de faire de lui le véritable dauphin de Léon Mba, pour le préparer à occuper les hautes fonctions présidentielles au Gabon, au cas où… Bongo part du cabinet civil de la présidence de la République, gravit rapidement d’autres échelons, au point de se retrouver au poste de vice-président de la République du Gabon. C’est donc, tout naturellement, que Bongo devient chef de l’Etat du Gabon après le décès de Léon Mba des suites de “ maladie ” en 1967. Son serment de président de la République du Gabon, Bongo le prête dans l’enceinte de l’ambassade du Gabon en France. Preuve, pour ceux qui avaient encore des doutes, que Bongo est un pion de la France au sommet de l’Etat gabonais.

Installé à la tête du Gabon, Bongo continue de servir la France bec et ongles. Les Français sont prioritaires dans tous les domaines. La quasi-totalité des richesses naturelles et minières, et presque tous les marchés juteux venant du gouvernement gabonais sont confiés aux Français. Avec Bongo, les Français passent avant les Gabonais au Gabon ! Plusieurs accords secrets octroyant une bonne partie de la souveraineté du peuple gabonais à la France sont signés entre Bongo et ses mentors français. Ceux-ci le soutiennent mordicus, et sont prêts à tout pour le maintenir au pouvoir à Libreville. Pendant ce temps, c’est le peuple gabonais qui trinque, qui est délaissé et relégué au second plan.

Avec le vent d’Est qui souffle sur le continent africain en 1990, Bongo accepte, la mort dans l’âme, l’instauration du multipartisme. L’issue des premières consultations électorales en 1993, dénoncée par nombre de ses rivaux, est à l’origine des émeutes au Gabon. Une fois de plus, Bongo se réfère à la France et, c’est d’ailleurs en France, qu’il signe un compromis avec ses rivaux, pour aboutir à la fin des émeutes.  

Par Honoré FOIMOUKOM

 

 

 

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 16:09




 

 

BANGUI (AFP) - dimanche 14 juin 2009 - 14h27 - L'ancien Premier ministre centrafricain Martin Ziguélé a été investi candidat à la présidentielle de 2O1O du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), lors d'un congrès extraordinaire du MLPC à Bangui ce week-end.


Président de la formation, Martin Ziguélé, plébiscité par l'ensemble des fédérations, s'est montré sceptique quant à l'organisation dans les délais du scrutin dont la date exacte n'est pas fixée.

"Le gouvernement doit nous dire comment il va s'y prendre pour établir dans les délais la liste électorale et comment il va s'y prendre pour rendre effectif le retour des déplacés, des réfugiés (notamment au Tchad et Cameroun), parce qu'ils ont le droit de voter", a-t-il lancé.

Déjà candidat à la présidentielle 2O05, M. Ziguélé avait participé au second tour, perdant contre l'actuel président le général François Bozizé, qui avait renversé le président Ange-Felix Patassé en 2003 alors que M. Ziguélé était Premier ministre (2001-2003).


Ange-Félix Patassé
, dont Ziguélé était le Premier ministre, a lui été exclu du mouvement qu'il a fondé vendredi pour "non respect de la ligne directrice du parti". Le MLPC avait annoncé en 2006 avoir suspendu l'ancien président de toute activité politique pour les mêmes raisons.

Ange-Félix Patassé vit en exil au Togo depuis son renversement par François Bozizé. En décembre, il est rentré à Bangui, où il a séjourné un mois, à la faveur du "Dialogue politique inclusif", forum rassemblant majorité, opposition, rébellion et membres de la société civile.


M. Patassé a été président de la Centrafrique de 1999 à 2003 avant d'être renversé.

 

Ziguélé candidat du MLPC pour la présidentielle de 2010



par  RFI 
 14/06/2009 à 05:40 TU


Le congrès du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) a choisi
Martin Ziguélé comme candidat pour le scrutin présidentiel de 2010. Vendredi à Bangui, le MLPC avait décidé d'exclure l'ancien président centrafricain Ange-Félix Patassé pour « non respect de la ligne du parti ». Son successeur Martin Ziguélé a été élu par acclamation. L'entourage de  Patassé a contesté la décision en dénonçant un « complot » et annoncé que l'ancien président convoquerait un congrès extraordinaire dès son retour à Bangui


Martin Ziguélé
a été plébiscité par l’ensemble de délégués des 20 fédérations MLPC soit 16 fédérations représentant 16 préfectures du pays et 4 regroupant les 8 arrondissements de la capitale Bangui. Lors d’un cérémonial d’investiture, il s’est engagé à défendre les couleurs du MLPC à la présidentielle de 2010.

Agé aujourd’hui de 52 ans, Martin Ziguélé, ancien Premier ministre de 2001 à 2003, est titulaire d’un diplôme supérieur d’assurance et d’une licence en anglais. Il va se présenter pour la deuxième fois à une présidentielle centrafricaine. La première fois en 2005, il avait contrait le président François Bozizé à un second tour.
 

« Complot »

Ressortissant de la région de Paoua, au nord, tout comme l’ex-président Félix Patassé, Martin Ziguélé aura fort à faire pour maintenir la cohésion au sein du parti et celle de l’électoral du MLPC. A la veille de son investiture, le conseil politique du MLPC a exclu définitivement Ange-Félix Patassé des rangs du parti pour non respect des textes.

Mais Ange-Félix Patassé, le Barbu national comme on l'appelle au pays, parle de « complot » et de « manœuvres dilatoires », et il promet de rentrer au pays pour organiser un autre congrès.


 

Patassé exclu du MLPC





par  RFI
13/06/2009 à 05:56 TU


Le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) a décidé d'exclure définitivement l'ancien président Ange-Félix Patassé. Le MLPC réunit en congrès doit faire son choix pour le candidat à la présidentielle de 2010. Le principal parti de l'opposition centrafricaine compte bien tourner la page des années Patassé. L’ancien président vit en exil à Lomé depuis qu'il a été chassé du pouvoir en 2003 par le coup d'Etat du général Bozizé.


Ange-Félix Patassé ne compte pas prendre sa retraite et cela embarrasse bien du monde à Bangui.

Comme il ne reconnaissait pas, jusqu'en décembre dernier, le général Bozizé comme son successeur à la tête de la RCA, il ne reconnait toujours pas Martin Ziguélé comme le patron du MLPC qu'il considère toujours comme son parti. Et comme il signait, encore il n'y a pas si longtemps, des décrets sur papier à entête de la République centrafricaine, il continue d'utiliser le logo et les attributs du parti alors que la justice centrafricaine a tranché en appel en faveur de Martin Ziguélé.


Vendredi, au risque de décevoir certains militants qui restent fidèles à l'ancien chef d'Etat, Martin Ziguélé et ses partisans ont finalement franchi le Rubicon. Après avoir été suspendu, le camarade Patassé est exclu du MLPC pour faute grave. « Il n'a pas respecté le règlement intérieur », explique Gabriel Koyambounou, vice président du MLPC.


Aujourd'hui la rupture est donc définitive, mais l'ancien chef d'Etat sait qu'il reste populaire. Joint par RFI, depuis son exil togolais, Ange-Félix Patassé campe sur ses positions :


« Je suis le père du MLPC... Ceux qui m'écartent aujourd'hui, ce sont mes enfants. Je les ai élevés, je les ai formés. Comme un père, je vais les corriger… mais en douceur. Je vais rentrer à Bangui et on verra qui de Ziguélé ou de moi est le meilleur candidat du MLPC ».



NDLR : Contrairement à ses affirmations, la côte de popularité dont continue de se targuer Patassé est désormais aujourd’hui en chute libre. Après des années d’exil, il se fait beaucoup d’illusion et demeure sur des images d’Epinal. Beaucoup de Centrafricains à présent, même parmi ceux qu’il enthousiasmait naguère par ses discours populistes enflammés et un tantinet démagogique, sont maintenant convaincus et disent ouvertement qu’après avoir géré le pays pendant presqu’une décennie, il n’a pas fait grand chose après tout. S’il a certes été renversé par un coup d’Etat, à cause de lui et pour lui, tant et tant de Centrafricains sont morts et continuent de souffrir en brousse ou en exil dans les camps du HCR et à l’étranger  jusqu’à présent pour rien. Des régions entières de la RCA ont été brûlées par la soldatesque de Bozizé à cause de Patassé. Le mesure-t-il vraiment, lui qui ambitionne le fauteuil présidentiel.
 

Que pourra-t-il encore faire pour ce pays qu’il n’ait pu après plus de neuf ans de gestion sans résultat probant ! Patassé doit plutôt de faire un bon examen de conscience et demander pardon à tous ses compatriotes. Après avoir été démocratiquement porté aux commandes du pays et d’avoir si lamentablement échoué dix ans plus tard,  dressant ainsi un tapis rouge royal sous les pieds de quelqu’un comme Bozizé qui est venu enfoncer davantage le pays n’est pas un exploit qui autorise qu’il puisse encore avoir d’ambition présidentielle.


Les propos paternalistes qu’il continue de tenir ici à l’égard de ses anciens camarades du parti au sujet de sa radiation pleinement justifiée, font sourire et sont en total décalage avec la réalité centrafricaine actuelle. Ils traduisent bien cependant, combien le personnage est désormais anachronique. Comme d’autres, il a donc fait son temps et doit laisser la place à la relève.

 

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 15:46





 

Dans le programme officiel des obsèques d’Omar Bongo Ondimba rendu public par le gouvernement gabonais, c’est la journée du mardi matin 16 juin qui est consacrée aux hommages du corps diplomatique et des délégations étrangères sur la place du défilé à Libreville. A 15 h est prévu le décollage de l’avion chargé du transfert de la dépouille pour Franceville suivi à 15h30 du départ des délégations étrangères pour leurs pays.

Toujours selon le programme officiel, les funérailles qui doivent se dérouler à Franceville et sur le lieu où Omar Bongo Ondimba sera inhumé se feront dans la matinée du jeudi 18 juin selon le rituel familial téké et par conséquent dans l'intimité stricte. A ce qu’on sache et jusqu’à plus amplement informé, même si le président centrafricain François Bozizé Yangouvonda est né d’après sa biographie officielle à Mouila au Gabon, il ne fait pas partie de la famille Bongo Ondimba ni de près ni de loin.

Or selon des informations de sources dignes de foi, Bozizé qui s’était déjà rendu à Libreville pour l’arrivée de la dépouille du président Omar Bongo, se prépare encore à y retourner lundi prochain pour non seulement assister aux hommages officiels des délégations étrangères du mardi 16 juin mais aussi Bozizé compte aller également à Franceville pour l’inhumation pourtant censée se dérouler dans l’intimité familiale de l’illustre disparu.  Il s’était déjà ainsi imposé en mars dernier à Edou au Congo, lors de l’inhumation de Mme Edith Lucie Bongo.

Cette ferveur post mortem dont fait montre un Bozizé qui cherche manifestement à prouver qu’il est le plus affligé des chefs d’Etat par la disparition d’Omar Bongo est excessive et comme toute chose excessive, devient dérisoire. Il ne se rend même pas compte que son zèle agace les autorités gabonaises qui n’osent hélas pas le lui dire mais ne s’en irritent pas moins.

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