Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 16:39

 

 

 

 

APA-Abidjan (Côte d'Ivoire) - 2014-10-09 15:00:00 - Le Président angolais, Jose Eduardo dos Santos, avec une fortune de 20 milliards de dollars US (10.000 milliards FCFA) est le Chef d’Etat africain le plus riche de l’année 2014, selon le magazine économique américain Forbes, consulté, jeudi, par APA.


José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 34 ans, qui pèse 10.000 milliards FCFA, caracole en tête du classement du journal américain, précisant qu'au moment où la majorité d'Angolais dont 70% vivent dans la pauvreté, la fille de Jose Eduardo dos Santos (Isabel) est l'Africaine la plus riche et la femme noire la plus riche au monde.

Loin derrière le No1 angolais, se classent, successivement, le Roi Mohamed VI du Maroc avec 1250 milliards FCFA, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de la Guinée Equatoriale avec 300 milliards FCFA. Le carré est complété par Uhuru Kenyatta, chef de l'Etat kenyan dont la fortune s'élève à 250 milliards FCFA.


En 5è, 6è et 7è position, viennent dans l'ordre, le Camerounais Paul Biya, au pouvoir depuis 31 ans (100 milliards FCFA), le roi du Swaziland, King Mswati III (50 milliards FCFA) et Goodluck Jonathan du Nigéria (50 milliards FCFA) au pouvoir depuis 2010. 


Le Président Idriss Déby du Tchad occupe la huitième place avec une richesse évaluée à 50 millions de dollars américains soit 25 milliards FCFA quand Robert Mugabe, président du Zimbabwe depuis 1987, ferme le top 9 avec 10 millions de dollars US (5 milliards FCFA). 


Forbes qui a publié ce classement est un magazine économique américain fondé en 1917 par Bertie Charles Forbes. Le magazine est réputé pour ses différentes listes publiées sur des personnalités, des entreprises, des pays ... 

 

http://www.apanews.net/article_read-806529-joseduardo-dos-santos-le-chef-d--etat-africain-le-plus-riche-avec-10-000-milliards-fcfa.html#sthash.ULrT2DCb.dpuf  

José Eduardo dos Santos, le chef d'Etat africain le plus riche avec 10 000 milliards FCFA
José Eduardo dos Santos, le chef d'Etat africain le plus riche avec 10 000 milliards FCFA

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 14:30

 

 

 

 

Par Fridolin Ngoulou-RJDH - 08/10/2014

 

Au moins 300 ex-Séléka désarmés, «démobilisés» et cantonnés au camp du Régiment de Défense Opérationnelle du Territoire (RDOT), seront transférés dans les prochaines heures à Bambari et Bria. L’opération, planifiée par le Ministère d’État en charge de la Défense Nationale et la MINUSCA, sera exécutée par l’Organisation Internationale des Migrations (OIM), après une courte consultation de quelques heures effectuée par cette structure internationale dans la localité auprès des autorités locales et des acteurs humanitaires et sécuritaires, il y a quelques semaines. Une consultation qui pré-date de quatre jours les affrontements interconfessionnels meurtriers qui ont enflammé la ville la semaine dernière, mais ne remettent visiblement pas pour autant en question l’agenda de transfert des éléments du RDOT. Nombre d’acteurs locaux et internationaux présents dans la localité ont exprimé leur inquiétude face au manque de préparation de cette opération devant débuter ce mercredi, 08 ou jeudi, 09 octobre.

 

Selon le Colonel Haroun, l’un des chefs des ex Séléka du camp RDOT, ces ex-combattants «quitteront le jeudi. Les uns resteront à Grimari, Bambari, Bria, Bangassou, Alindao…pour attendre le processus de DDR. Quant à ceux de Bangui, ils vont rester ici un peu pour attendre leur tour.» Selon le colonel Haroun, tous ces ex-Séléka ont été désarmés et partiront sans effets militaires « comme des civils ».


Informé du transfert des éléments du RDOT plus tôt cette semaine, le préfet de la Ouaka, El Hadji Abakar Ben Othman, a réuni les habitants de la localité en matinée. Alors qu’il salue le transfert des ex-Séléka, qui sera accompagnée selon lui d’un appui financier de l’OIM «pour les utiliser dans le domaine de l’assainissement des lieux publics, des écoles, des hôpitaux en attendant le DDR», le préfet a néanmoins exprimé quelques inquiétudes. Notamment à la suite du transfert récent des déplacés de PK12 par l’OIM au printemps dernier, considérés par certains habitants de la localité comme plus extrémistes que la norme. «Je demande à ces ex-combattants de ne pas agir comme les déplacés de PK12 une fois arrivés à Bambari. Ils ne doivent pas se lancer dans les actes délictuels sinon, ça ne marchera pas», a indiqué le préfet.


D’après une autorité locale, dont les propos tenus lors de la réunion de ce matin sont rapportés par le correspondant du RJDH à Bambari, «l’arrivée des déplacés de PK12 a causé du tort à la population car ils se sont livrés à des actes illicites. Transférer des ex-combattants maintenant, c’est synonyme d’empirer la tension dans la ville.» Selon certains ex-Séléka, une fois transférés en dehors de Bangui, il n’y a aucun plan convainquant pour leur prise en charge, en attendant la réinsertion dans leurs communautés. Et à Bambari, nombreux sont les acteurs locaux et internationaux qui notent la libre-circulation et prolifération des armes aux mains des deux groupes d’ex-Sélékas toujours mobilisés dans la localité. Rien, a priori, n’empêchera les ex-Séléka désarmés prochainement transférés à Bambari de réintégrer les rangs de leur ancienne formation rebelle. 


Du côté de l’Organisation Internationale des Migrations (OIM), on soutient que le projet est géré par le «Gouvernement de la République Centrafricaine en coordination avec la MINUSCA» et que l’OIM ne fournit qu’un «appui technique». Questionnée sur l’accueil qui sera réservé aux ex-Séléka une fois transférés vers Bambari - une ville tendue où une large part de la population vit toujours dans des camps de déplacés vulnérables aux attaques des groupes armés civils comme paramilitaires -la structure internationale indique que « le Gouvernement de la RCA, soutenu par la communauté internationale, continuera à mobiliser les ressources nécessaires pour accompagner le processus de retour des combattants dans leurs communautés. Pour faciliter le début d’un processus d'intégration, l'OIM avec ses partenaires facilitent des projets socio-économiques pour la communauté. C'est une processus inclusif et participatif.»


Selon Anne Kathrin Schaefer, gestionnaire de programme de l’OIM, «le processus de retour est un processus volontaire basé sur la déclaration de leur volonté à retourner vers leurs communautés d’origine. Le Gouvernement, la MINUSCA et l'OIM vont faire tout en leur possible pour assister le processus de retour d’une manière efficace, digne et volontaire». Mme Anne Kathrin Schaefer note de plus que chaque retour est accompagné par un désarmement, des séances de sensibilisation, des vérifications médicales, des séances psychosociales et des activités spécifiques pour les femmes et des enfants associés aux groupes armés avec l’appui de l’UNICEF.


Cette opération de transfert des ex-Séléka vers les villes de Bambari et Bria, la troisième du genre depuis le début septembre 2014, intervient une semaine après de récents affrontements meurtriers entre communautés musulmane et chrétienne dans le chef-lieu de la Ouaka.

Centrafrique: Bambari et Bria accueilleront des ex-Séléka du camp RDOT

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 14:18

 

 

 

 


Le CICR et la Croix-Rouge centrafricaine ont été menacés et empêchés de faire leur travail à Bangui, alors qu'une nouvelle flambée de violence s'est emparée de la capitale centrafricaine. Les deux organisations ont demandé que ces menaces cessent.


"Sans sécurité, nous ne pouvons pas travailler et sauver des vies. Les menaces doivent cesser. Nous demandons à la population de faciliter le travail des volontaires de la Croix-Rouge", a déclaré Jean-François Sangsue, chef de la délégation du CICR à Bangui.



"Si ces menaces continuent, nous serons obligés d'arrêter toute activité de secours, laissant ainsi de nombreuses victimes livrées à elles-mêmes", a-t-il averti.


Une nouvelle flambée de violence s’est emparée des rues de la capitale centrafricaine, Bangui, faisant plusieurs morts et blessés. Des maisons et des commerces ont en outre été saccagés et incendiés, a indiqué le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).


Tension croissante

 

Des tirs de mitrailleuses et d'armes lourdes ont retenti dans la nuit et la matinée à Bangui, la capitale de la Centrafrique, ont rapporté des témoins. Ces tirs surviennent après plusieurs jours de tension croissante entre les communautés chrétienne et musulmane.


Les rues ont été rapidement désertées par les habitants pris de panique. Le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge appelle au respect de la vie et de la dignité humaine et à la protection de la population civile.


Mercredi, les volontaires et les équipes de secours de la Croix-Rouge centrafricaine ont été la cible de menaces ouvertes et directes, dues à une mauvaise perception de ses activités de récupération des corps des victimes par une partie de la population, selon un communiqué du CICR.



La Croix-Rouge se dit extrêmement préoccupée par ces menaces, qui l’empêchent de mener ses activités de secours. De nombreuses victimes se retrouvent abandonnées à leur sort dans plusieurs quartiers de la capitale.



(ats / 09.10.2014 14h03) http://s.romandie.com/news/nbread.php?news=525607 

La Croix-Rouge dénonce les menaces à son encontre

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 13:35

 

 

 

PRIMATURE                                                            RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE                         *******                                                                    Unité - Dignité - Travail 

DIRECTION DE CABINET                                                                        *******                                                      

                   ********

 

 

 

 

CELLULE DE COMMUNICATION   

 

 

 

RÉACTION À LA DÉCLARATION DE L’AFDT

RELATIVE À LA GESTION DU DON ANGOLAIS 

 

 

Au prétexte de réagir aux rumeurs malveillantes sur la supposée affaire du détournement d’une partie du don angolais qui défraie la chronique nationale ces derniers temps, l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT) a porté des accusations attentatoires à l’encontre des plus Hautes Autorités de la Transition. 

 

Il n’est ni sérieux ni responsable de la part de partis fussent-ils membres de l’AFDT qui ont eu à présider aux destinées du pays par le passé et qui ont tous échoué de fonder une prise de position politique de cette nature sur des rumeurs ou sur des informations de presse dont on connait les origines fallacieuses. 

 

Aujourd’hui, tout le monde sait que le fameux « angolagate » n’est que l’alibi dont usent ces partis politiques pour déstabiliser la Transition en cours. Il s’agit au fond de l’arbre qui cache très mal les véritables intentions de ces leaders pouvoiristes en totale perte de vitesse au regard de l’opinion publique nationale. 

 

Par ailleurs, la leçon de morale et d’intégrité en matière de gestion de la chose publique ne peut venir des gens qui ont eu à gérer ce pays et qui ont échoué justement à cause de la mal gouvernance et de nombreux détournements impunis de deniers publics, y compris le don taïwanais de 45 milliards de FCFA. 

 

Le devoir de mémoire nous impose ici de savoir regarder dans le rétroviseur avant de jeter l’opprobre sur autrui, selon la logique du voleur qui crie au voleur. 

 

Face à cette logique de complot permanent, les plus Hautes Autorités de la Transition appellent la population centrafricaine à la sérénité, demandent à toutes et à  tous de continuer à leurs faire confiance.     

 

 

 

La Cellule de Communication de la Primature 

Le gouvernement réagit à la déclaration de l'AFDT sur le détournement du don angolais
Le gouvernement réagit à la déclaration de l'AFDT sur le détournement du don angolais

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 13:09

 

 

 

Des tirs à l’arme lourde ont été entendus ce matin à Bangui alors que l’ultimatum des anti-balaka appelant la présidente de la transition centrafricaine, Catherine Samba-Panza, à la démission, s’expirait. Au moins quatre morts enregistrés.


Une manifestation hostile des Musulmans s’en est suivie.

 

Le bilan des violences était d’au moins quatre morts d’après nos correspondants dans la capitale centrafricaine.

 

Tout est pari du meurtre d’un musulman au quatrième arrondissement. Le président du collectif 236 habitant le même quartier a expliqué à l’un de nos correspondants qu’il s’agissait d’une violente réaction de musulmans.

 

« La réaction des musulmans ne ‘est pas faite attendre à la vue du corps complètement d’un des leurs, » a dit Azar Djaber, le président dudit collectif.


Ailleurs, un autre incident a été à l’origine d’émeutes. Il s’agissait d’un membre l’ex-milice de la Seleka qui a été tué après avoir dégainé une grenade qu’il a balancée dans un marché au niveau du quartier Gobongo.

 

A la suite de ces violences, les conducteurs des bus et taxis sont entrés en grève, paralysant la ville Bangui.

 

Deux autres corps jonchaient la rue, d’après Djaber.

 

Cette forte tension constatée à Bangui est, par coïncidence, tombée au jour où l’ultimatum de la Seleka appelant à la démission la présidente de la transition centrafricaine, Catherine Samba-Panza. Samba-Panza a déjà indiqué qu’elle ne s’occupera pas de l’ultimatum des Balaka.

 

La situation était encore tendue malgré la présence des troupes onusiennes.

 

http://www.lavoixdelamerique.com/content/centrafrique-tirs-a...

 

 

 

Des tirs de mitrailleuses et d'armes lourdes ont retenti dans la nuit et jeudi matin à Bangui, la capitale de la Centrafrique, ont rapporté des témoins.

 

On ignore qui sont les auteurs de ces tirs, qui surviennent après plusieurs jours de tension croissante entre les communautés chrétienne et musulmane.

 

Un journaliste de Reuters dit avoir entendu des tirs au mortier en provenance du quartier PK5.

 

Les rues ont été rapidement désertées par les habitants pris de panique. Une travailleuse humanitaire dit avoir reçu pour instruction de rester chez elle.

Centrafrique. Tirs d'armes lourdes à Bangui dans la nuit

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 13:04

 

 

 

FIDH - Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme

 

LDH - Ligue française des droits de l'Homme et du citoyen

 

OCDH - Observatoire congolais des droits de l’Homme

 


Communiqué de presse conjoint


 

Paris, Brazzaville, le 9 octobre 2014 - La Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris a confirmé aujourd'hui la mise en examen pour crimes contre l'humanité de Norbert Dabira, ancien inspecteur général des armés congolais.

Une demande d'annulation avait été introduite par ses avocats à la suite de sa mise en examen en août 2013. Elle a aujourd'hui été rejetée. La défense invoquait le fait que M. Dabira, avait été acquitté à Brazzaville en août 2005 des faits qui lui sont reprochés en France et qu'il ne pouvait par conséquent être jugé une deuxième fois pour la même affaire. Une requête similaire avait déjà été adressée par la défense de Norbert Dabira à deux reprises, en 2007 devant la Cour de cassation et en 2010 devant la juge d’instruction de Meaux, et avait été rejetée dans les deux cas. 

« Les manœuvres dilatoires de la défense dans cette affaire ont une fois de plus été écartées » ont déclaré nos organisations.« La procédure doit se poursuivre en France et mener à un procès, c’est le seul espoir de justice pour les victimes et les proches des disparus, qui ne sont jamais parvenus à obtenir justice dans leur pays »


L’affaire des disparus du Beach de Brazzaville est ouverte depuis 2001 devant la justice française, date à laquelle la FIDH, la LDH et l’OCDH avaient déposé une plainte visant à établir les responsabilités pénales individuelles dans la disparition de plus de 350 personnes durant les premières semaines de mai 1999 au port fluvial du Beach de Brazzaville. Cette plainte avait conduit à l’ouverture d’une information judiciaire en France, en février 2002, en application du principe de compétence universelle des juridictions nationales, pour crimes contre l’humanité, disparitions forcées et torture. Près de 80 victimes rescapées ou membres de famille de victimes participent en tant que parties civiles à la procédure.


En 2005, les autorités congolaises avaient organisé un procès au cours duquel l’État avait bien été reconnu responsable des crimes perpétrés à Brazzaville en mai 1999 mais qui avait surtout été l'occasion d’acquitter tous les présumés responsables visés dans la procédure française. Ce procès visait manifestement à invoquer en France le principe de droit selon lequel on ne peut pas être jugé deux fois pour les mêmes faits (non bis in dem).


En 2012, l’instruction avait été rapatriée au sein du pôle spécialisé dans les crimes contre l’humanité, crimes de génocide, crimes de guerre et torture nouvellement créé au sein du Tribunal de grande instance de Paris.


« Après 13 ans de procédures et de multiples rebondissements, cette affaire sensible pour le pouvoir au Congo-Brazzaville nécessite un action résolue des autorités françaises afin d'identifier et faire entendre les personnes suspectées dans se dossier qui continuent de se rendre sur le territoire français sans être inquiétées » ont rappelé nos organisations. 


Rappel des faits


Entre le 5 et le 14 mai 1999, des Congolais (du Congo-Brazzaville) réfugiés du fait de la guerre civile dans la région du Pool ou en République démocratique du Congo (RDC), sont revenus vers Brazzaville par le port fluvial, suite à la signature d'un accord tripartite entre la RDC, la République du Congo et le Haut Commissariat aux réfugiés, définissant un couloir humanitaire censé garantir leur sécurité. A leur arrivée à Brazzaville, des centaines de personnes ont été arrêtées par des agents publics pour interrogatoire et ont disparu, sans que l'on sache, encore aujourd'hui, ce qui leur est arrivé.

 
Pour plus de détails sur ces événements et sur les procédures judiciaires passées et en cours, voir le récapitulatif de l'affaire élaboré par la FIDH.



--FIN--

Contacts presse : 


Audrey Couprie , FIDH, presse@fidh.org , +33 6 48 05 91 57 (Français, Anglais, Espagnol) 
Andreas Schueller, ECCHR, info@ecchr.eu, +49 30 40048590 (Français, Anglais, Allemand)

 

La FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme) est une ONG internationale de défense des droits humains qui fédère 178 organisations dans près de 120 pays. Depuis 1922, la FIDH milite pour tous les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, tels qu’ils sont énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

 

La justice française confirme la mise en examen d'un général congolais accusé de crimes contre l'humanité (FIDH)

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 13:02

 

 

 

 

09/10/14 (AFP)

 

Les traits tirés, ils rentrent par petites vagues à bord de camions affrétés par des organisations humanitaires. Pour de nombreux musulmans ayant dû fuir les violences inter-religieuses du début de l'année, une nouvelle vie commence en Centrafrique, non sans appréhension.

 

Réfugiés dans des pays voisins, nombre d'entre eux disent qu'ils n'avaient d'autre choix que de rentrer au pays. A cause des difficultés rencontrées dans leur exil forcé.

 

"C'était très dur, vraiment dur, au Tchad. Nous étions en sécurité, mais pas du tout libres de tous nos mouvements", confie Ahmat Adoum, un jeune quincailler qui revient à Bangui.

 

Comme plusieurs dizaines de milliers de civils musulmans, il avait dû tout abandonner du jour au lendemain pour sauver sa peau. D'autres sont allés au Cameroun surtout, mais aussi au Mali, en Guinée, au Burkina Faso, et jusqu'au Sénégal.

 

"Je n'accepterai jamais de souffrir à l'étranger alors que ma terre natale, c'est la Centrafrique", raconte Asta, une vendeuse de kola (un type de noix), visiblement éprouvée.

 

"A la frontière avec le Cameroun, j'étais prise en charge avec tous mes enfants. Mais les conditions étaient déplorables. J'ai perdu deux de mes enfants. Je ne pouvais pas rester là-bas, c'est pourquoi je suis revenue dans mon pays", confie-t-elle.

 

Avec difficulté, Asta raconte en sango (la langue nationale centrafricaine) son quotidien dans le camp de réfugiés camerounais qui a vu mourir de malnutrition ses deux enfants les plus jeunes: la pénurie et les rationnements de nourriture, les files d'attentes interminables lorsque les vivres arrivaient enfin...

 

"Il fallait aussi se battre" pour voir un médecin, souligne la jeune femme.


- Les boubous au placard -

 

Beaucoup ont hâte de redécouvrir ce qu'est devenue leur ville, maintenant que le danger n'est plus si grand.

 

Les quartiers nord de Bangui s'enflamment toujours régulièrement, on entend tirer toutes les nuits et la criminalité empoisonne la vie quotidienne dans la capitale centrafricaine. Mais les exactions des rebelles de la Séléka --majoritairement musulmans--, qui avaient pris le pouvoir en mars 2013, puis celles des miliciens anti-balaka --majoritairement chrétiens--, qui ont contribué à les chasser en janvier, ont cessé.

 

Considérant les civils musulmans comme complices de la Séléka, les anti-balaka s'étaient livrés à un véritable nettoyage ethnique, les forçant à fuir s'ils voulaient garder la vie sauve. Aucune organisation ne s'est hasardée à établir un bilan complet du nombre de victimes.

 

La plupart de ceux qui reviennent croient en la restauration de la paix. Seule compte maintenant la reprise de leurs activités, et notamment le commerce: vente des pièces détachées d'automobiles et autres engins, d'oléagineux, de denrées de première nécessité, de tissus, de chaussures... Ce sont eux qui faisaient marcher l'économie de la capitale avant leur exode, et leur absence s'est fait durement sentir, ne serait-ce que parce que les prix se sont envolés sur les marchés.

 

"Nous attendons beaucoup de la part de la communauté internationale. J'avais un commerce de plus de 2 millions de francs CFA (3.000 euros, ndlr). Je suis allé vivre au Tchad comme un pauvre, alors j'ai décidé de rentrer. Puisque je n'ai rien et comme la paix semble de retour dans mon pays, j'attends une aide de la communauté internationale", insiste Issa, un commerçant.

 

"Etant de retour, on a rouvert notre boutique avec le peu dont on dispose", ajoute Aliou Moctar, un autre commerçant. Rentré du Cameroun, il s'est réinstallé au PK5, au nord de Bangui, dans un quartier encore régulièrement secoué par des violences intercommunautaires.

 

Preuve que l'appréhension demeure, les boubous chatoyants des musulmans banguissois sont remisés au placard, au profit des tenues plus discrètes portées par la majorité chrétienne.

 

"On a encore peur, parce que certaines personnes veulent toujours continuer à faire régner la violence. Je suis parti du Tchad au Cameroun, pour regagner Bangui. C'est le pardon qui compte maintenant. On n'a plus besoin de tout cela", dit d'un air pensif Ousséni, un boucher qui a lui aussi presque tout perdu.

 

par Christian PANIKA

 

Le difficile retour des réfugiés musulmans en Centrafrique

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 12:58

 

 

 

 

Par RFI 08-10-2014 à 23:20

 

En République centrafricaine, un regain de tension sévit à Bangui depuis 24 heures. Les chauffeurs de taxi ont bloqué, ce mercredi 8 octobre, plusieurs places de la ville en protestation après l'agression d'un taximen au PK5, l'enclave musulmane de Bangui. Parallèlement, les habitants du PK5 ont manifesté devant le siège de la Minusca après la mort d'un musulman assassiné la veille.

 

C'est devenu cyclique à Bangui. Un crime entraine d'autres crimes jusqu'à paralyser la ville et plonger ses habitants dans la peur et la confusion.

 

Mardi soir, dans une rue du quartier Gobongo, des hommes jettent des grenades sur une foule. Cet acte criminel blesse vingt-quatre personnes dont cinq gravement. Dans la foulée, un homme, présenté comme l'un des auteurs de ce crime, est lynché et son corps calciné. C'est un habitant du PK5, un musulman, et en apprenant la nouvelle, mercredi matin, l'enclave musulmane s'embrase.

 

Les manifestants en colère s'en prennent à plusieurs chauffeurs de taxi. Dans les heurts, l'un d'entre eux est assassiné ainsi que deux passagers. Immédiatement, les chauffeurs de taxi se mobilisent, dressent des barricades et occupent les carrefours.

 

L'ambiance est si tendue à Bangui que la coordination des mouvements anti-balaka renonce à sa marche pacifique prévue, jeudi, afin de « ne pas ajouter de la confusion à la confusion », selon son leader Edouard Patrice Ngaissona.

 

Cette dernière flambée de violences intervient dans un contexte politique marqué par l'affaire des fonds angolais qui font parler le tout-Bangui. Le gouvernement a promis de s'expliquer en détail sur l'utilisation de ces fonds, vendredi, devant les membres du parlement de transition.

 

 

 

Centrafrique : Tirs à l’arme lourde et violences à Bangui

 

http://www.lavoixdelamerique.com/    jeudi, octobre 09, 2014 Heure locale: 09:58 

08.10.2014 15:42

 

Des tirs à l’arme lourde ont été entendus ce matin à Bangui alors que l’ultimatum des anti-balaka appelant la présidente de la transition centrafricaine, Catherine Samba-Panza, à la démission, s’expirait. Au moins quatre morts enregistrés.

 

Une manifestation hostile des Musulmans s’en est suivie.

 

Le bilan des violences était d’au moins quatre morts d’après nos correspondants dans la capitale centrafricaine.

 

Tout est pari du meurtre d’un musulman au quatrième arrondissement. Le président du collectif 236 habitant le même quartier  a expliqué à l’un de nos correspondants qu’il s’agissait d’une violente réaction de musulmans.

 

« La réaction des musulmans ne ‘est pas faite attendre à la vue du corps complètement d’un des leurs, »   a dit Azar Djaber, le président dudit collectif.

 

Ailleurs, un autre incident a été à l’origine d’émeutes. Il s’agissait d’un membre l’ex-milice de la Seleka qui a été tué après avoir dégainé une grenade qu’il a balancée dans un marché au niveau du quartier Gobongo.

 

 A la suite de ces violences, les conducteurs des bus et taxis sont entrés en grève, paralysant la ville Bangui.

 

Deux autres corps jonchaient la rue, d’après Djaber.

 

Cette forte tension constatée à Bangui est, par coïncidence, tombée au jour où l’ultimatum de la Seleka appelant à la démission la présidente de la transition centrafricaine, Cathérine Samba-Panza. Samba-Panza a déjà indiqué qu’elle ne s’occupera pas de l’ultimatum des Balaka.  

 

La situation était encore tendue malgré la présence des troupes onusiennes.

RCA: des violences à Bangui, encore sous tension
RCA: des violences à Bangui, encore sous tension
RCA: des violences à Bangui, encore sous tension

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 12:53

 

 

 

 

08/10/14 (AFP)

 

Au moins cinq personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans de nouvelles violences intercommunautaires qui ont éclaté mardi soir et se sont poursuivies mercredi à Bangui, ont indiqué des sources concordantes.

 

Selon un officier de la force des Nations Unies Minusca, "un sujet musulman conducteur d'une moto a attaqué cette nuit (...) des individus se trouvant au bord de la voie par des jets de grenade qui ont fait plusieurs blessés. Il a été poursuivi, attrapé et tué par des hommes non encore identifiés".

 

"Ce matin (mercredi), il y a eu une vive tension au (quartier) KM5 où un jeune homme, conducteur de taxi, a été tué par les musulmans qui ont incendié de nombreuses maisons", a ajouté la même source.

 

"Il y a eu des tirs de part et d'autre. Tout cela a provoqué un mouvement de panique. Les habitants se sont mis à fuir jusqu'au centre-ville à un moment donné, avant que la vie ne reprenne son cours normal", a poursuivi l'officier de la Minusca, notant que des musulmans armés tentant de se diriger vers les quartiers nord de la capitale ont été arrêtés par la force européenne Eufor-RCA.

 

Selon une source au sein de la gendarmerie, ces heurts ont fait au moins cinq morts: le motard, le conducteur du taxi et trois personnes dont les corps ont été retrouvés dans la rue tôt mercredi matin.

 

Japhet Ngbanguédi, un habitant, a accusé la présidente de la transition centrafricaine, Catherine Samba Panza. "Elle ne peut pas ordonner que les groupuscules d'individus armés opérant dans les quartiers nord soient désarmés. Et à chaque fois qu'ils commettent des crimes dans leurs zones, des représailles contre les non-musulmans, même innocents, sont menées par les musulmans", a-t-il dit à l'AFP.

 

La Centrafrique, ancienne colonie française riche en diamants et en uranium, a plongé dans un chaos sans précédent début 2013 avec l'arrivée au pouvoir de la Séléka, une coalition de rebelles à majorité musulmane, qui a pillé et placé le pays en coupe réglée jusqu'à son départ en janvier 2014. Mais les troubles intercommunautaires se sont poursuivis, des milices majoritairement chrétiennes persécutant à leur tour les musulmans.

 

Les violences agitent toujours régulièrement les quartiers nord de Bangui, où a été déployée l'Eufor-RCA.

 

 

Centrafrique : manifestations et violences, cinq morts à Bangui

 

08/10/2014 à 12:23 Par Vincent Duhem  Mis à jour à 17 heures 20

 

De violentes manifestations et des pillages ont eu lieu mercredi matin à Bangui alors qu'une partie des anti-balaka demande la démission de la présidente de la transition, Catherine Samba-Panza.

 

Détonations, manifestations et pillages… Bangui sent le soufre ce mercredi 8 octobre. En début de matinée, des détonations d'armes lourdes ont été signalées dans plusieurs quartiers de la capitale centrafricaine, PK4 et PK5.

 

Dans le même temps, une manifestation hostile était organisée devant le siège de la Minusca (Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations unies en République centrafricaine). Des jeunes musulmans, certains armés, souhaitant dénoncer le lynchage de l'un des leurs mardi dans le quartier de Gobongo (4e arrondissement) ont pillé et détruit les commerces avoisinants. La Minusca est intervenue, dispersant la foule à coup de gaz lacrymogènes.

 

Selon un officier de la force des Nations Unies cité par l'AFP, "un sujet musulman conducteur d'une moto a attaqué cette nuit (...) des individus se trouvant au bord de la voie par des jets de grenade qui ont fait plusieurs blessés. Il a été poursuivi, attrapé et tué par des hommes non encore identifiés".

 

Bangui est depuis ce matin paralysée, situation aggravée par la grève menée par les conducteurs de taxis à la suite de l'assassinat de l'un d'entre eux. "La corporation est durement touchée par l'assassinat de notre collègue. (...) L'arrêt de travail est immédiat. Les autorités de la transition doivent prendre leurs responsabilités pour arrêter et juger les auteurs de ces crimes qui se perpétuent", a déclaré le secrétaire général du syndicat des conducteurs des taxis et bus, René Pierre Sokambi Kandja.

 

Ces heurts ont fait au moins cinq morts : le motard, le conducteur du taxi et trois personnes dont les corps ont été retrouvés dans la rue tôt mercredi matin.

 

Contexte politique tendu

 

Ces tensions interviennent dans un contexte politique particulièrement brûlant. Lundi, le leader d'une des deux franges des anti-balaka, Patrice-Édouard Ngaissona, a publié un communiqué appelant à la démission de Catherine Samba-Panza et donnant 48 heures aux ministres affiliés à sa milice pour quitter le gouvernement. Ces derniers devraient déposer leur démission aujourd'hui.

 

Rentrée la semaine dernière des États-Unis, la présidente de la transition se trouve placée dans une situation délicate. Elle s'est exprimée mardi devant les membres du Conseil national de transition, revenant notamment sur la gestion des fonds donnés par l'Angola.

 

"Cet argent a été utilisé pour assurer la sécurité du pays et la défense de la politique du chef de l'État, comme dans tous les pays du monde, a-t-elle déclaré. Le moment venu, je donnerai les éléments de réponse. Beaucoup seront surpris de la longue liste des bénéficiaires, dont ceux qui crient aujourd'hui au voleur, a assuré mardi la présidente, qui a déjà nié toute malversation dans cette affaire."

 

_________________

Par Vincent DUHEM



Un Séléka lynché à mort par une foule en plein Bangui

 

APA-Bangui (Centrafrique) 08/10/14- Un membre des Séléka a été tué par une foule en colère sur laquelle il avait jeté une grenade, blessant quelques personnes, ont rapporté à APA plusieurs témoins de la scène qui s’est déroulée mardi soir à Gobongo dans un quartier du 4-ème arrondissement de la capitale centrafricaine.

 

‘'A bord d'un taxi pris en otage, le Séléka est sorti devant une foule rassemblée dans la nuit tombante au niveau du marché central de Gobongo. Il a dégoupillé sa grenade et une femme de crier +grenade !+ pour que la foule se disperse'', a raconté à APA Barbara, une habitante rencontrée sur les lieux du drame.

 

''La grenade lancée a fait plusieurs blessés'', a-t-elle ajouté, précisant que le kamikaze a été par la suite maîtrisé par la foule.

 

Selon un témoin ayant requis l'anonymat, l'individu a été ‘'passé à tabac'' et ‘' brûlé vif''.

 

Selon les informations recueillies sur les lieux, des troupes de la Minusca y ont été déployées pour ramener le calme et rétablir l'ordre dans cette localité.

 

Ce mercredi matin, en représailles à l'assassinat d'un des leur tué, les musulmans armés et retranchés dans le quartier KM5 dans le 3è arrondissement se sont livrés à des tirs à l'arme automatique et lourde, tuant un taximan et faisant plusieurs blessés.

 

‘'La circulation a été temporairement interrompue et les commerces fermés'', a indiqué une vendeuse en s'enfuyant pour trouver un refuge.

Centrafrique : nouvelles violences à Bangui, au moins 5 morts
Centrafrique : nouvelles violences à Bangui, au moins 5 morts
Centrafrique : nouvelles violences à Bangui, au moins 5 morts

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 08:24

 

 

                

 

Madame,

 

              Je m'étais promis, à votre avènement, de ne point m'adresser à vous sous la forme d'une lettre ouverte. Les missives que j'ai adressées naguère sous cette forme à chacun de vos prédécesseurs, François Bozizé et Michel Djotodia, leur ont porté tort ; l'un et l'autre n'ayant pas suivi mes conseils. Je redoutais de vous jeter un mauvais sort.

 

Certains ont interprété ma retenue comme un geste de goujaterie voire de misogynie avérée. C'était mal me connaître. En effet, ayant par ma naissance connu l'auréole de l'enfant choyé, puiné d'une fratrie de sept enfants dont 6 premières filles, j'ai le respect de la femme chevillé au corps et la loi du genre comme philosophie.

 

Dès votre désignation, élue par les membres d'un Conseil national de transition quasi monocolore, car issu de l'ex-coalition Séléka, j'ai exprimé mes réserves, vous estimant plus à votre place comme Maire de la ville de Bangui, à un moment où la capitale centrafricaine grouillait de personnes déplacées ou  réfugiés. Je me suis contenté d'indiquer les deux ou trois mesures à prendre pour assurer votre réussite et le succès de la transition politique dans notre pays.

 

Hélas, par amateurisme, impréparation, pusillanimité ou calcul politicien, vous avez négligé ces conseils.

 

Depuis lors, vous payez les conséquences de ces négligences en vous mettant à dos tous ceux qui pariaient sur votre bonne fortune. Moi, de mon côté, je misais sur votre bonne foi. Je mettais au débit des hommes politiques centrafricains en général, dont la médiocrité légendaire est désormais avérée, les difficultés que vous rencontriez à rassembler les uns et les autres au chevet d'une Nation moribonde et d'un peuple conduit à l'agonie, oublieux de l'idéal commun légué à tous par Barthélémy Boganda, « Zo kwè zo », tout homme est un homme !

 

J'avais tort et je confesse aujourd'hui ma naïveté.

 

Deux affaires d'importance inégale certes, mais toutes deux récentes, m'ont décillé les yeux, en confortant le diagnostic sévère posé par le rapport de l'organisation non gouvernementale International Crisis Group sur les circuits de prédation en République Centrafricaine (17 juin 2014).

 

 1 – Le milliard évaporé de l' « Angolagate » !

 

La première affaire est désormais connue. Elle sent l'improbable bêtise humaine liée à l'odeur de l'argent et à l'appât du gain facile. Il s'agit de l'avance financière de 10 millions de dollars américains accordée par le gouvernement angolais pour aider notre pays à solder les traitements et salaires de ses fonctionnaires et retraités. Cet argent, versé en deux fois, sous forme de mallettes de billets de banque, aurait dû abonder directement les comptes financiers du trésor public centrafricain, selon le vieux principe de l'unicité budgétaire des comptes de l'Etat.

 

Il apparaît cependant que ces sommes ont d'abord atterri en vos bureaux avant de transiter, suivant des méandres improbables, sur les comptes de l'Etat. Ni le ministre des finances, ni son collègue chargée de l'économie nationale, du plan et des relations internationales, n'ont eu à les gérer. Parmi ces dédales fantaisistes, une partie du magot – 1,31milliards de francs CFA – n'est jamais parvenue à bon port ; sa gestion ayant été laissée à la discrétion de votre secrétaire particulière et non moins fille bien aimée. A entendre les explications de votre directeur de cabinet, M. Joseph Mabingui, que je connus jeune basketteur talentueux sous le pseudonyme de « Didi Maboss », mais dont je perdis la trace une fois qu'il soit devenu secrétaire général du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), le parti de feu le président André Kolingba, la totalité de cette petite somme aurait été distraite en diverses subventions et actions politiques, sans pour autant servir à un quelconque enrichissement personnel.

 

Je veux bien donner quitus à Joseph Mabingui, au bon souvenir de notre amitié de jeunesse, sous réserve de la publication de la liste de toutes les personnes physiques ou morales bénéficiaires de ces libéralités ainsi que de la nature des dépenses correspondantes.

 

Je propose donc que le premier-ministre en personne fasse état de la ventilation effective de ces 10 millions de dollars devant le Conseil national de transition, à l'initiative du gouvernement. Il viendrait ainsi témoigner de la bonne foi de l'exécutif dans cette ridicule pantalonnade.

 

Or, en vous précipitant devant le CNT ce mardi 7 octobre 2014, au prétexte de la restitution des Accords du Forum de Brazzaville signés le 23 juillet dernier, vous avez usé d’un subterfuge pour concéder au passage que le milliard ainsi distrait a servi à la dotation de fonds spéciaux « qui a permis le fonctionnement a minima de l’Etat et l’apaisement de certaines forces vives et groupes armés ». Il a donc servi à acheter des consciences !

 

Cela est indigne de vous et indigne de la République. Car en allant personnellement devant le CNT, vous saviez que votre intervention ne donnerait lieu à aucun débat. Vous avez donc volontairement bâillonné les conseillers nationaux, et fait obstruction au pouvoir de contrôle et d’investigations du Conseil national de transition.

 

 2 – Le protocole des 600.000 familles arabes, peulhs et haoussas centrafricaines.

 

La seconde affaire m'apparaît plus grave, car d'essence criminelle. Elle sent l'usurpation de pouvoir, le détournement des procédures règlementaires, la violation des règles du droit comptable, l'escroquerie et l'abus de biens sociaux. A l'évidence, elle devrait relever d'une enquête préliminaire du procureur de la République du tribunal de grande instance de Bangui.

 

Cette affaire intéresse les démarches effectuées par votre ministre, conseiller chargé du monde arabe et de l'organisation de la coopération islamique (OCI),le bien nommé Mahamat Gamar Ahmat.

Ce dernier a adressé à l'émir du Koweït, son Altesse Royale le cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Jaber Al-Sabah, une sollicitation de dons et subsides à hauteur de 35 millions d'euros (35.000.000 €) destinés  à secourir les « 600.000 familles arabes, Peulhs et Haoussas centrafricaines déplacées ». Mieux, le compte ouvert à l'agence BSIC-Centrafrique du PK.10 pourrait également recevoir « un geste supplémentaire pour un don permettant aux fidèles d'accomplir le rituel du mouton pour la Tabaski », fête que vous avez rehaussée de votre présence.

 

L'affaire est d'importance lorsqu'on considère le détail des acquisitions et financements auxquels seraient consacrées ces aides possibles : outre la rénovation des mosquées détruites (50), la prise en charge de 300 pèlerins pour la Mecque et la prise en charge effective des déplacés, on trouve pêle-mêle, l'achat de 25 groupes électrogènes, l'acquisition de 100 véhicules Toyota 4x4 et 50 « motos roulettes » de type Yamaha 125 cross, etc…, sans compter les frais de commissions des intervenants, soit 1.875.000 €, ainsi que les frais généraux et formalités administratives qui se monteraient à hauteur de 5% du total.

 

Dans la forme, cette démarche s'apparente à la prostitution de la République Centrafricaine : les « masses de granit »* qui vous entourent, pierre de roches sans cœur ni conscience, se conduisent comme des « putains de la République ».** Votre conseiller feint d'ignorer la nature laïque de l'Etat centrafricain.

 

Sur le fonds, on voudrait créer une phalange qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Il s'agit à l'évidence d'une démarche totalement contraire au serment que vous avez prêté.

 

Ma question est simple : cette démarche est-elle une initiative personnelle de votre conseiller ou ce dernier agissait-il sur ordre dans le cadre d'une mission officielle ?

 

Dans le premier cas d'espèce, il vous faudra vous séparer immédiatement de M. Mahamat Gamar Ahmat, en le déchargeant de ses fonctions de ministre conseiller pour le monde arabe. Dans la seconde hypothèse, il s'agira d'un parjure et d'une trahison vis-à-vis de la Patrie, en votre qualité de chef suprême des armées (art.27 de la Charte constitutionnelle) ; il vous faut donc remettre votre mandat à la disposition du Conseil national de transition. C’est vous honorer que de demander votre démission, sachant que « toute question de confiance, toute motion de défiance ou de censure est irrecevable pendant toute la durée de la transition en cours ».

 

En effet, venant s'ajouter à votre décision récente – si cela est vrai - de confier votre protection rapprochée à une armée étrangère, en l'occurrence l'armée nationale tchadienne, sans que le CNT ne soit consulté en aucune manière, voilà une manière de gouverner qui préfigure l'instauration d'une dictature qui n'ose pas encore dire son nom.

 

A cet égard, accordez moi, Madame, le bénéfice de ne plus vous faire confiance. Dans le cas d'espèce, vous êtes une Séléka honteuse qui aura réussi à cacher jusqu'alors cette appartenance diabolique au peuple centrafricain.

 

On comprend dès lors les sentiments d'impunité d'un Michel Djotodia, si sûr de son destin futur, votre gouvernement n'ayant pas pris les actes nécessaires pour lancer un mandat d'arrêt international à son encontre, malgré l'énormité des crimes et délits qui ont ponctué sa gouvernance.

 

Je voudrais vous rappeler votre serment pour justifier mon terrible jugement :

 

«  Moi, Catherine Samba-Panza, je jure devant Dieu et devant la Nation d'observer scrupuleusement la Charte constitutionnelle de la transition, de garantir l'indépendance et la pérennité de la République, de sauvegarder l'intégrité du territoire, de préserver la paix, de consolider l'unité nationale, d'assurer le bien-être du peuple centrafricain, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge sans aucune considération d'ordre ethnique, régional, religieux ou confessionnel, de ne jamais exercer les pouvoirs qui me sont dévolus par la Charte constitutionnelle de transition et les lois de la République à des fins personnelles, et de n'être guidée en tout que par l'intérêt national et la dignité du peuple centrafricain ».

 

Ces deux dernières indications portent, à elles seules, l'échec de votre action à la tête de l'Etat centrafricain. Pour votre ministre conseiller Mahamat Gamar Ahmat, l'intérêt national se résume semble t'il à celui des 600.000 familles arabes, peulhs ou haoussas centrafricaines.

Quant à la dignité du peuple centrafricain, elle est subordonnée à l'obligeante générosité d'un Prince koweitien.

 

Autant le reconnaître, comme la reine Marie-Antoinette, vous avez pris le parti de l'étranger !

 

L'Onu, à travers la Minusca, s'honorerait de ne plus coopérer avec votre gouvernement jusqu'à la mise en place d'un chef de l'Etat authentiquement centrafricain et éminemment patriote. Ce dernier devra être élu par le collège de grands électeurs, chefs de terre, chefs de villages et chefs de quartiers, plus représentatifs de la diversité nationale centrafricaine que les 135 membres actuels du Conseil national de transition.

 

Paris, le 8 septembre 2014

 

Prosper INDO

 

*  « De l'esprit de cour, la malédiction française », Dominique de Villepin, Edition Perrin, Paris 2010.

 

** « La Putain de la République », Christine Deviers-Joncour, Edition J’ai Lu, Paris 1999.

Lettre ouverte d'un compatriote à Madame Catherine Samba-Panza, Chef de l'Etat de la transition en République Centrafricaine

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com