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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 14:07

 

 

 

Bozizé gros plan

 

 

AFP  10/01/2013 à 13:24

Un sérieux échec menaçait jeudi les cruciaux pourparlers de paix centrafricains de Libreville, en l'absence de concessions du pouvoir et des rebelles qui continuent d'exiger le départ du président François Bozizé et sa traduction devant la Cour pénale internationale.

Interrompues sans accord mercredi vers minuit, après 12 heures de discussions, les négociations ont repris jeudi matin, selon un responsable de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC), organisatrice de cette tentative de sortie d'une profonde crise politico-militaire dans l'un de ses plus pauvres Etat-membres.

Le président Bozizé, très fragilisé face à la rébellion du Séléka qui a enlevé en quelques semaines la majeure partie du pays, est attendu en début d'après-midi à Libreville pour un sommet des chefs d'Etat de la région, selon la même source.

Ses homologues congolais, Denis Sassou Nguesso, médiateur dans ce conflit, et tchadien Idriss Deby sont arrivés jeudi matin, a constaté l'AFP. Idriss Deby, président en exercice de la CEEAC, avait en 2003 aidé Bozizé à prendre le pouvoir par un coup d'Etat à Bangui.

Les médiateurs espèrent au moins obtenir un cessez-le-feu.

" Le cessez-le-feu est très important, il pourrait aider à calmer l'anxiété des gens qui ont vraiment peur (...). Que les forces se retirent sur des positions neutres et que les gens puissent revenir chez eux", a déclaré la Représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies en République centrafricaine, Margaret Vogt.

"C'est un objectif très modeste, ensuite on pourra parler du reste",a-t-elle ajouté.

"Le gouvernement centrafricain ne veut rien entendre des revendications des rebelles, ces négociations vont accoucher d'une souris", estimait mercredi soir, pessimiste, un responsable de la CEEAC.

Le Seleka a clairement répété son leitmotiv : le départ de Bozizé, lequel refuse catégoriquement, estimant qu'il a "perdu une bataille mais pas la guerre".

"Il n'y a pas d'autre alternative, rien que le départ de Bozizé. L'unique mal des Centrafricains, c'est Bozizé, c'est tout", a déclaré un porte-parole de la rébellion, Florian Ndjadder.

Dans un mémorandum présenté mercredi aux participants en début de séance, la coalition rebelle demandait "la reconnaissance" par François Bozizé "et son régime de leur défaite militaire et leur abdication dans l'intérêt du peuple centrafricain". Elle recommande même au chef de l'Etat de "se trouver une terre d'asile".

Le Séléka exige aussi "qu'une procédure soit engagée devant la Cour pénale internationale de la Haye contre François Bozizé".

La rébellion, étayant sa demande de rapports d'Amnesty International sur les violations des droits en Centrafrique, accuse le président de "faits de crimes de guerre et crimes contre l'humanité", en lui reprochant "arrestations, détentions et séquestrations arbitraires, enlèvements, disparitions, assassinats et exécutions sommaires".

En ouverture de la rencontre à la Cité de la démocratie, le ministre congolais des Affaires étrangères qui dirige la réunion, Basile Ikouébé, avait appelé rebelles et opposition à "s'en tenir aux règles de l'Union africaine par rapport au changement de régime", allusion à l'exigence de la rébellion que Bozizé parte.

Dans son mémorandum, le Séléka reproche de nouveau au pouvoir le non-respect de divers accords de paix signés entre le gouvernement et les rébellions, notamment l'accord de paix global de Libreville de 2008. Les débats devaient porter principalement sur la renégociation de ces accords de paix.

Les accords de Libreville comprenaient la mise en place d'un programme de Désarmement, démobilisation, réinsertion en faveur des anciens rebelles qui, selon eux, n'a jamais été respecté.

M. Ikouébé a en effet demandé "aux uns et aux autres, surtout à l'opposition et aux groupes armés de respecter les engagements pris par les chefs d'Etats à N'Djamena, d'axer leurs discussions sur les accords de 2008 de Libreville".

Le 21 décembre, les chefs d'Etats de la CEEAC, réunis dans la capitale tchadienne, avaient demandé à la rébellion de quitter les zones occupées. En l'absence de cessez-le-feu, le Séléka avait cependant continué sa progression en balayant l'armée régulière.

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 13:24

 

 

Bozizé en difficulté

 


Rca -Le 10 janvier 2013 © (koaci.com) - Les pourparlers de Libreville sur la crise en Centrafrique se poursuivent depuis le mercredi 09 janvier, mais au terme de cette première journée d’échange aucun accord n’a été trouvé au contraire les rebelles ont durcit leur position en continuant à demander la démission du président Bozizé et sa traduction devant la CPI.

 

KOACI.COM apprend en exclusivité de source présidentielle gabonaise qu'un émissaire du président gabonais Ali Bongo aurait été dépêché ce mercredi soir auprès de la délégation du Séleka afin demander à ces derniers d'être plus clément à l'égard de François Bozizé et ce pour la réussite de la médiation qui se déroule dans la capitale de son pays. Selon nos informations, Ali Bongo serait à la manoeuvre pour que cette médiation se conclue par un accord de pacification entre les deux parties belligérantes.



Les discussions sur la crise en Centrafrique réunissent depuis mardi à Libreville au Gabon, protagonistes, médiateurs et observateurs autour des rebelles de la Séléka et du gouvernement Bozizé. Les échanges devaient notamment porter sur le respect des accords de 2008, pourtant à la fin de cette première journée aucune avancée notable, encore moins un accord n’ont été trouvés. Bien au contraire, après plusieurs heures de discussions avec les délégations du gouvernement, de l’opposition et des membres de la CEEAC, les rebelles ont jeté un pavé dans la mare en continuant d’exiger la démission du président Bozizé et en demandant qu’il soit traduit devant la Cour Pénale Internationale. "Il n'y a pas d'autre alternative, rien que le départ de Bozizé. L'unique mal des Centrafricains, c'est Bozizé, c'est tout", a déclaré un porte-parole du Séléka Florian Ndjadder.


 

La rébellion accuse le président centrafricain de "faits de crimes de guerre et crimes contre l'humanité", en lui reprochant "arrestations, détentions et séquestrations arbitraires, enlèvements, disparitions, assassinats et exécutions sommaires". Mardi, c’est le président Bozizé qui avait annoncé catégoriquement à l’adresse des rebelles que la question de son départ de son pouvoir n’était pas négociable. Les échanges qui se sont achevés tard dans la nuit de ce mercredi sans accord notables doivent reprendre ce jeudi matin.



Pour rappel, les rebelles de la coalition Séléka après une conquête éclaire d’une grande partie du pays depuis le 10 décembre sont désormais aux portes de Bangui. Dépassé par cette avancée fulgurante, le président Centrafricain avait demandé une l’aide militaire à ses homologues Tchadiens ainsi que celle de la CEEAC. L’unique revendication de la rébellion est la démission du président Bozizé venu au pouvoir après le coup d’état de mars 2003.

 

Nanita

 

 

 

NDLR : Les assassinats, enlèvements – disparitions, exécutions sommaires extrajudiciaires, séquestrations et autres détentions arbitraires en Centrafrique sous le régime dictatorial de Bozizé ne sont pas des inventions. Les preuves existent que le bureau du procureur de la CPI doit détenir. En déduire que Bozizé est passible de la Cour Pénale Internationale est la moindre des choses car il ne saurait être question qu’il puisse quitter la scène politique sans rendre un minimum de compte sur ses agissements et sa politique en matière de violations des droits de l’homme. Il n’y a aucun excès à réclamer sa traduction devant la CPI. 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dépêches
10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 12:53

 

 

 

Florian Bédaya Ndjadder buste

Florian Ndjadder Bédaya 

 


Libreville (Gabon)2013-01-10 10:09:23 (APA) - Les rebelles centrafricains de la Séléka ont conditionné l’obtention d’un cessez-le-feu au départ du pouvoir du président, François Bozizé, au terme de houleuses négociations menées par le comité de suivi de l’accord global de paix de 2008 qui se sont achevées tard dans la nuit de mercredi.

 


''Il est l'unique, l'unique mal centrafricain, François Bozizé. Le départ de François Bozizé rien que le départ de Bozizé car il est le mal de la Centrafrique et de la sous-région'', a martelé le porte-parole de la Séléka, Florian Ndjadder Bédaya, au sortir des discussions.

 


Dans la matinée, la Séléka avait déclaré qu'elle accepterait un cessez-le-feu si et seulement si François Bozizé était traduit devant la Cour pénale internationale (CPI).

 


Les rebelles ont, dans un mémorandum distribué à la presse, accusé François Bozizé d'être l'auteur de nombreux meurtres perpétrés pendant son règne en Centrafrique.

 


Cette position est également celle de l'opposition démocratique qui a également conditionné la signature d'un accord de cessez-le-feu au départ du pouvoir du président Bozizé.



Pour sa part, le ministre d'Etat centrafricain, Cyriaque Gonda, a indiqué que le chef de l'Etat a été démocratiquement élu et qu'il compte rester au pouvoir jusqu'à la fin de son mandat qui court jusqu'en 2016.

 


Face à ce dialogue des sourds, le ministre congolais des Affaires étrangères qui présidait les négociations a suspendu celles-ci dans la perspective de leurs reprises très tôt ce jeudi avant la tenue du Sommet des chefs d'Etat des pays membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) prévu le même jour dans la capitale gabonaise.

 

 

NDLR : Bozizé n’a jamais été démocratiquement élu. Il a volé les élections de 2011 comme tout le monde le sait. Ce n’est pas en martelant « démocratiquement élu » à foison que ses partisans en feront un démocratiquement élu. Si la dissolution de l’assemblée nationale, celle du gouvernement et le départ de Bozizé sont exigés, c’est justement en raison de ce que ces trois institutions sont issues d’élections massivement frauduleuses et donc n’ont aucune légitimité. L’actuelle chambre parlementaire est peuplée des enfants, neveux, cousins, femmes et maîtresses du seul Bozizé. Aujourd’hui, Séléka compte reprendre les négociations pour un accord de cessez-le-feu avec l’exigence du démantèlement de la prison spéciale du « Guantanamo de Bossembélé » et la libération de tous les nombreux prisonniers politiques ainsi que de la dissolution de l’assemblée nationale. 

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Centrafrique-Presse.com - dans Annonces et divers
10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 12:14

 

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 05:31

 

 

 

 

bozize

Bozizé très inquiet par la tournure des débats de Libreville

 

 

09.01.13 à 20h58 (Reuters)

 

Les médiateurs du conflit en République centrafricaine ont appelé mercredi le gouvernement de Bangui et les rebelles du Séléka à signer un cessez-le-feu à l'ouverture de pourparlers à Libreville, au Gabon. Passés à l'offensive le 10 décembre, les insurgés du Séléka - «coalition» en langue sango - campent depuis deux semaines à 75 km de Bangui, la capitale.

 

Ils accusent le président François Bozizé d'être revenu sur un des accords de paix de 2007 qui prévoyaient une indemnisation pour les anciens combattants acceptant de déposer leurs armes.

 

«Faire preuve de retenue»

 

«Je demande à tout le monde de faire preuve de retenue et dans ce contexte, nous allons proposer au début des pourparlers qu'un accord de cessez-le-feu soit signé», a déclaré Basile Ikouebe, ministre des Affaires étrangères du Congo. L'opposition politique centrafricaine assiste également aux discussions de Libreville, ainsi que des diplomates de l'Union européenne et de pays occidentaux dont la France, ancienne puissance coloniale.

 

François Bozizé s'est dit prêt la semaine dernière à partager le pouvoir avec les rebelles et a accepté le principe de pourparlers de paix sans conditions. Les rebelles se sont dits prêts quant à eux à examiner les moyens de parvenir à une transition politique dont le président Bozizé serait exclu.

 

Dans ce contexte, les perspectives d'un accord semblent minces. Mardi, le président centrafricain a accusé le Séléka d'être composés d'étrangers en armes, à la solde d'intérêts commerciaux suspects.

 

«Je suis ici et c'est tout»,

 

«La question de mon départ est déplacée. J'ai été élu deux fois comme chef de l'Etat avec plus de 70% des suffrages. Je suis ici et c'est tout», a-t-il déclaré à des journalistes. «D'après les informations dont je dispose (...) il y a parmi ces rebelles des Janjaouid (milices soudanaises) et des étrangers venus de pays voisins», a-t-il ajouté.

 

Arrivé au pouvoir à la faveur d'une insurrection en 2003, François Bozizé a remporté les élections présidentielles en 2005 et 2011, entachées de fraudes selon l'opposition, et a réussi à se maintenir au pouvoir grâce à une assistance militaire étrangère, notamment de la part de chefs d'Etats de la région.


La France, qui était intervenue en 2006 à la demande du président centrafricain, a décidé cette fois de ne pas s'immiscer dans le conflit.

Des Etats de la région - principalement le Tchad, mais aussi le Congo, le Gabon, le Cameroun et l'Afrique du Sud - ont fourni à Bangui plusieurs centaines de soldats pour épauler les forces armées gouvernementales.

 

 

NDLR : Ces propos de Bozizé sont gravissimes et révèlent le profond désarroi dans lequel il se trouve actuellement où il doit avoir l’impression que le sol se dérobe sous ses pieds. Bozizé sait bien qu’il n’a aucune légitimité car il a volé les dernières élections. De quel 70 % parle-t-il ? La tournure que prennent les choses à Libreville ne doit pas être de son goût. Non seulement on demande son départ afin de mettre en place des organes de transition sans lui mais cerise sur le gâteau, Séléka réclame sa traduction devant la CPI.

 

Il est vrai qu’au regard des nombreuses exactions et violations des droits de l’homme commises par ses bras armés que sont ses propres enfants Aimé Vincent alias « Papy », François Joseph Bozizé alias « Djodjo », Teddy, Franklin, Rodrigue et Kévin Bozizé, les tristement célèbres capitaines Eugène Ngaikoisset alias « le boucher de Paoua », l’assassin et tortionnaire du « Guantanamo de Bossembélé », Vianney Semndiro, Olivier Koudémon alias « Gbangouma », pour ne citer que ceux-là qui ont arbitrairement arrêté des citoyens, fait preuve de cruauté gratuite, torturé, tué des fils du pays souvent sur incitation de Bozizé en personne ou sans qu’il ne lève le petit doigt, Bozizé a sa place réservée devant le tribunal de la CPI sinon la justice internationale dont on parle beaucoup n’existe pas encore. 

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 04:00

 

 

Bozizé perdu

 

 

Libreville 10 janv (CAP) – L’opposition démocratique et la coalition des insurgés de Séléka ont, lors des pourparlers qui ont démarré à Libreville, réclamé le départ pur et simple du pouvoir  du général président François Bozizé.


Par la voix de l’ex-ambassadeur en Chine Christophe Gazam-Betty qui a rallié à présent la rébellion de Séléka et qui prend part aux côtés Michel Djotodia - celui qui s’impose dorénavant comme le patron incontesté de Séléka – aux négociations de Libreville, a demandé aux chefs d’état de l’Afrique centrale  de saisir la Cour Pénale Internationale  de La Haye pour les crimes de guerre et surtout l’incitation et les nombreux appels par le général Bozizé et la distribution des machettes,  des arcs et flèches à ses partisans et autres miliciens, le déclenchement d’une chasse à l’homme sur des bases confessionnelles.


Les deux entités, Séléka et l’opposition démocratique, réclament également la mise en place des organes d’une transition sans le général président François Bozizé ainsi que la suspension de la constitution, la dissolution de l’assemblée nationale composée que des députés du parti du général président et de sa famille. Les discussions très serrées pour obtenir un accord de cessez-le-feu  pour décrisper la situation a semblé proche tard dans la nuit.


On annonce pour ce jeudi, une réunion des chefs d’état de la CEEAC à Libreville. Bozizé devrait en principe y participer mais avant de quitter Bangui, il a fait monter la tension  dans la capitale en ordonnant à ses partisans de monter au créneau pour organiser une marche de soutien à sa cause ainsi qu’un vaste sit-in sur la Place de la République, de demander à la population de jeûner et faire des prières jusqu’à son retour de Libreville.


Dans cette hystérie délirante de ses partisans massivement présents à Libreville aux frais du trésor centrafricain, ce qui traduit le profond désarroi de leur maître, les leaders de l’opposition démocratique et particulièrement Me Nicolas Tiangaye et Martin Ziguélé le principal opposant, sont ciblés comme le mal absolu et les principaux responsables des ennuis auxquels se trouve confronté le pays et la crise qu’il connaît en ce moment. Des mots d’ordre sont même lancés par les principaux ténors de la propagande boziziste pour que leurs milices aillent détruire leurs domiciles.


En clair, demander le départ du pouvoir de Bozizé à Libreville comme  l’ont réclamé l’opposition démocratique et Séléka, est un casus belli  selon Bozizé et ses suppôts. Ils feignent d’ignorer que Bozizé n’a aucune légitimité depuis leur hold-up à la mascarade électorale de janvier 2011 et que tôt ou tard il allait être rattrapé par sa supercherie. Maintenant c’est chose faite à Libreville.  

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 02:43

 

 

 

Zuma

 


Par Patricia HUON dans Marianne N° 820 du 5 au 11 janvier 2013.


Depuis la fin de l’apartheid, il y a vingt ans, l’ANC règne sur le pays. Certains de ses dirigeants, jadis révolutionnaires, se sont beaucoup enrichis. Affairisme et bling-bling dominent, alors que les inégalités sociales restent criantes.  

 

Vilkakazi Street, au cœur de Soweto, est devenue un mini-Disneyland de la lutte antiapartheid. C’est ici, dans de modestes maisons, que vivaient l’archevêque Desmund Tutu et Nelson Mandela, avant son emprisonnement à Robben Island. En 1976, c’est dans ce quartier que démarrèrent des émeutes sanglantes qui se propagèrent dans tout le pays. Aujourd’hui, restaurateurs, vendeurs de souvenirs, artistes de rue, essaient de tirer profit de l’afflux de touristes venus se faire prendre en photo devant la maison du premier président noir sud-africain, transformée en musée. Le week-end, une nouvelle classe moyenne qui a migré vers les banlieues aisées du nord de Johannesburg revient y afficher son aisance, sono à fond, au volant de grosses voitures de sport. Dix-huit ans après les premières élections démocratiques, Soweto a changé, certains quartiers se sont embourgeoisés.


A l’image de l’ancien ghetto, les  « combattants de la liberté », qui siègent aujourd’hui au gouvernement surfent sur la vague consumériste qui a déferlé sur l’Afrique du Sud. Les années de privation expliquent certainement le goût du luxe de ceux que la population a surnommé les « gros chats ». Mais leurs excès et les scandales de corruption successifs attestent aussi que le Congrès national africain (ANC), le parti né dans les townships, a vendu son âme au veau d’or. « La culture bling-bling s’est emparée de l’ANC. On a vu s’installer, à tous les niveaux de pouvoir, une génération dont le style de vie n’a plus grand-chose à voir avec les engagements politiques du parti de la libération », regrette l’analyste politique Leslie Diokeni.


Le 18 décembre dernier, Jacob Zuma a été reconduit à la tête du parti avec près de 75% des suffrages exprimés par les 4000 délégués du congrès électif de l’ANC qui se tenait à Mangaung (anciennement Bloemfontein, au centre du pays). Elu pour la première fois en 2007, il portait alors les espoirs des laissés-pour-compte de la nouvelle Afrique du Sud. Fils d’une servante, n’ayant jamais fréquenté les bancs de l’université, cet homme du peuple apparaît comme le contraire de son prédécesseur, l’intellectuel Thabo MbekiJacob Zuma se présente comme plus à l’écoute des revendications des pauvres et, paradoxalement, moins corrompu. Pourtant, avant son accession à la magistrature suprême, il avait déjà été éclaboussé par une affaire de pots-de-vin, versés par le géant français de l’armement Thales. Malgré les preuves, malgré la condamnation de son conseiller financier pour ces mêmes faits, le parquet a finalement abandonné les poursuites contre Jacob Zuma.


Mais, à peine les ministres de son gouvernement installés dans leurs bureaux, les scandales ont éclaté. Accusations de corruption, gaspillage de l’argent public… Alors qu’environ 40% de la population sud-africaine vit avec moins de 2 dollars par jour, qu’un quart de la population active est au chômage, les cadres du parti dépensent sans compter, organisent des soirées extravagantes et font bâtir de nouvelles maisons à l’aide de financements pas toujours transparents. « l’afflux d’argent est tellement important que celui-ci a désormais plus de pouvoir que l’idéologie et la conscience politique », reconnaît le secrétaire général du parti, Gwede Mantashe. « L’ANC doit faire comprendre aux ministres que la seule chose qui leur appartient est leur salaire », ajoutait-il avant la conférence du parti.

 

Nouvelle petite élite dorée


Mais, en matière d’argent, l’ANC est plutôt mal placé pour donner l’exemple ! Selon l’hebdomadaire sud-africain d’investigation Mail et Guardian, le président du parti (et de la République), Jacob Zuma, lourdement endetté avant son élection à la tête de l’ANC, aurait reçu plus de 800 000 euros d’une longue liste de généreux amis, parmi lesquels plusieurs hommes d’affaires. Il a par ailleurs entrepris des travaux de rénovation de son complexe résidentiel, dans la province du Kwazulu-Natal, pour un montant de 21,5 millions d’euros, majoritairement payé par le contribuable. Ces dernières années, les membres de la large famille Zuma se sont aussi lancés dans les affaires et se sont associés à plus de 200 sociétés. Dans un pays rongé par le népotisme, les proches du président ont largement profité du Black Economic Empowerment (BEE). Ce programme de discrimination positive devait permettre à la majorité noire d’accéder au pouvoir économique après cinquante années d’apartheid.  Mais, dans les faits, le BEE- qui incite notamment les entreprises à intégrer parmi leurs actionnaires des personnes issues des communautés précédemment discriminées- n’a bénéficié qu’à une petite élite, dont la majorité est liée à l’ANC.


Tokyo Sexwale, actuel ministre du logement, âgé de 59 ans, est l’un des symboles de ces révolutionnaires devenus capitalistes. Enfant de Soweto, formé au maniement des armes en Union Soviétique, il a été incarcéré pendant 13 ans dans les geôles de l’apartheid avec Nelson Mandela. Après sa libération, il se lance en politique puis dans les affaires, à la fin, des années 90, amassant rapidement une considérable fortune. Directeur d’un important fonds d’investissement, il a des intérêts dans les mines, la santé, les banques, les assurances, l’immobilier, et pointe désormais parmi les personnalités les plus riches du pays. Le milliardaire se présente comme un « self-made man ». S’il prétend « (détester) la corruption », il est accusé d’avoir profité de ses liens politiques pour décrocher des marchés publics et bâtir son empire.


Pas de réelle opposition


Cyril Ramaphosa – promu nouveau vice-président du parti au détriment de Kgalema Motlanthe, qui avait osé défier Zuma à la tête d’une coalition-est une autre grande figure de la lutte contre l’apartheid reconvertie en businessman. Ancien leader du Syndicat national des mineurs (NUM), il avait été pressenti pour succéder à Nelson Mandela à la présidence du pays, en 1999. Evincé par Thabo Mbeki, il s’est alors retiré de la politique pour se consacrer aux affaires. Avec un tel succès (il siège notamment aux conseils d’administration de la Standard Bank du brasseur SAB Miller, préside celui du géant de la téléphonie MTN et possède la franchise sud-africaine de McDonald’s) que certains suggèrent que cette mise à l’écart aurait été compensée par de juteux contrats. Ironiquement, lui qui avait mené un mouvement de grève massif dans les mines dans les années 80, fait aujourd’hui partie du conseil d’administration de Lonmin, troisième producteur mondial de platine. Une position qui lui a valu de vives critiques cet été, après le massacre de Marikana, au cours duquel 35 mineurs grévistes employés par la société britannique ont été abattus par la police. L’ancien syndicaliste est soupçonné de ne se soucier que de son enrichissement personnel au détriment du bien-être de ses concitoyens.


Sautant sur l’occasion pour tenter un retour sur la scène politique après avoir été exclus de l’ANC en Avril. Julius Malema, ancien président de la ligue des jeunes et démagogue patenté, a alors vilipendé les Ramaphosa, Zuma et consorts, les accusant « d’exploiter les travailleurs » et d’être responsables du drame du Marikana. Malema se veut le porte-parole des masses déçues par la présidence de Zuma. Mais, lorsqu’il arrive dans sa Mercedes noire aux vitres teintées, montre Breitling au poignet et costume Armani sur le dos, il peut difficilement nier qu’il mène, lui aussi, un grand train de vie. Ancien allié de Jacob Zuma, aujourd’hui devenu son plus virulent opposant. Malema a été inculpé en septembre de blanchiment d’argent et abus de biens sociaux et se trouve actuellement en liberté sous caution. La justice l’accuse notamment d’avoir reçu plusieurs millions de rands dans une affaire impliquant des appels d’offres publics. Une inculpation qui tombe à point pour museler cet encombrant dissident, juste avant la conférence de l’ANC.


Siyabonga Cwele, actuel ministre de la Sécurité, a quant à lui conservé son poste malgré la condamnation de son épouse, l’année dernière, à douze ans de prison ferme pour trafic de drogue. Tony Yengeni, du parti, surnommé « le socialiste Gucci »par la presse, a été condamnée en 2003  à quatre ans de prison pour corruption dans la négociation de contrats d’armement. Il est alors le premier politicien important à être incarcéré. Finalement, il ne passera qu’un peu moins de cinq mois derrière les barreaux. Loin d’avoir été exclu du parti, il reste membre de son comité exécutif, et sa Maserati est régulièrement aperçue dans les rues de Greenpoint, le quartier chic du Cap où il réside. Quant à Kgalema Motlanthe, l’ex-vice président archi battu passe pour être un homme intègre. Mais c’est sa campagne qui a récemment été l’objet d’accusations de corruption.


« Zuma, comme Mbeki avant lui, s’est appuyé sur une série d’alliés qu’il a remerciés par des postes au sein de l’administration, l’attribution de marchés publics… Ceux-ci savent que, s’ils tournent le dos au président, ils peuvent perdre tous ces avantages, constate le politologue Daniel Silke. C’est en partie pour ça qu’il bénéficie toujours d’un large soutien au sein de l’ANC. »


Après dix-huit ans au pouvoir, l’ANC, le parti de Nelson Mandela, rassemble toujours les deux tiers des électeurs, mais, faute d’une réelle opposition, la démocratie sud-africaine est devenue de facto un régime de parti unique, avec les abus de pouvoir qui en découlent. Si les conditions de vie de la population se sont globalement améliorées depuis la fin de l’apartheid, les défis restent énormes et le fossé ne cesse de se creuser entre l’élite politique et ceux qu’elle est censée représenter. Quelquefois le parti tente de restaurer péniblement son image. Il qualifie ainsi d’ « antirévolutionnaires » les excès d’un riche homme d’affaires du Cap et ses invités membres de l’ANC lors d’une soirée où des sushis sont servis sur le corps d’un mannequin. Mais, lorsque, pour fêter la victoire de l’ANC aux élections locales de 2011, ces mêmes leaders arrosent la foule de Moët et Chandon, personne, ou presque, ne trouve à redire… P.H.

 

 

 

NDLR : Avec des dirigeants aussi embourgeoisés, on n’a plus affaire avec l’Afrique du Sud post apartheid de Nelson Mandela mais à un autre pays qui ne sait même plus distinguer entre les valeurs idéologiques de démocratie, de libertés individuelles, de bonne gouvernance et dont les principaux responsables ne sont préoccupés que par leurs intérêts mercantiles égoïstes et un affairisme forcené qui les a même conduits à se livrer sans vergogne à un très juteux commerce d’armes de guerre moyennant concessions minières et trafic de diamants avec un dictateur sanguinaire comme François Bozizé dont la rébellion exige maintenant qu’il soit traduit devant la Cour Pénale Internationale et au secours duquel le gouvernement d’Afrique du Sud se permet d’envoyer un corps expéditionnaire de 400 hommes pour la protection.

 

C’est une honte pour Jacob Zuma qui vient pourtant d'être élu récemment vice-président de l'Internationale Socialiste et dont l’épouse vient de prendre la tête de la Commission de l’Union Africaine avec le soutien plus qu’intéressé d’un Bozizé qui savoure à présent le renvoi d'ascenseur. Jacob Zuma doit sans tarder se défaire du truand et nuisible affairiste Didier Pereira qui ne cesse de jouer les go between entre lui et le dictateur de Bangui dont le pouvoir est en train de vaciller fortement. Les troupes sud africaines n'ont pas leur palce à Bangui et les livraisons criminelles d'armes de guerre de Pretoria à Bozizé doivent immédiatement cesser.  

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 02:15

 

 

 

Djotodia-et-Gazam-Betty.JPG

Michel Djotodiia et Christophe Gazam Betty

 

 

RFI mercredi 09 janvier 2013

 

A Libreville (Gabon), les discussions autour de la crise en RCA se sont poursuivies ce mercredi 9 janvier 2013. Elles devaient notamment porter sur le respect des accords de 2008. Les ministres des Affaires étrangères de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) ont reçu tous les protagonistes. Représentants du pouvoir, de l'opposition politique et de la rébellion ont pu exposer leurs revendications. La Seleka a fait sensation en demandant que François Bozizé soit traduit devant la Cour pénale internationale (CPI).

 

Le Comité de suivi de l'accord de paix de 2008 devait être la préoccupation majeure de cette journée de négociations, les rebelles de la Seleka exigeant l'application de ce document cadre.


Dans la journée de mercredi, une séance plénière a eu lieu, pour que chaque partie puisse présenter ses revendications de vive voix. La délégation de la Seleka a entamé ces discussions de façon plutôt virulente. La coalition rebelle centrafricaine a en effet demandé, dans un mémorandum, que le président François Bozizé soit traduit devant la CPI.


Mémorandum

 

La rébellion, qui demande toujours, par ailleurs, le départ du président centrafricain, accuse en effet ce dernier de « crimes de guerre et crimes contre l'humanité », parlant notamment de « détentions et séquestrations arbitraires », ou encore de « disparitions, assassinats et exécutions sommaires ».

Des crimes commis en 2002, selon le mémorandum, soit peu avant la prise de pouvoir, par les armes, de François Bozizé.

 

Cessez-le-feu

 

Les ministres des Affaires étrangères de la CEEAC se sont entretenus avec les membres de la délégation de la Seleka. On a vu la délégation gouvernementale repartir vers 19h30 (heure française) de la Cité de la démocratie, où se tiennent les discussions, sans faire de déclaration pour ne pas interférer.

 

Les ministres des Affaires étrangères de la CEEAC pourraient d'ores et déjà avoir commencé à discuter d'un cessez-le-feu avec les différentes délégations qu'ils ont reçues et qu'ils continueront de recevoir jusqu'à la fin.

 

« Approche régionale »

 

Rappelons à ce titre que ce mardi 8 janvier, le Conseil des ministres des Affaires étrangères de la CEEAC s'était réuni à Libreville en préparation des négociations. Il avait notamment regretté dans un communiqué « que toutes les parties continuent à faire des déclarations susceptibles de raviver les tensions », et appelé « immédiatement à un accord de cessez-le-feu ».

 

Les ministres ont également demandé le retrait immédiat des rebelles des villes occupées. Ils encouragent enfin le président Bozizé - qui a récemment qualifié la Seleka de « mercenaires terroristes » - à privilégier « une approche régionale de sortie de crise », allusion à peine voilée à la venue récente à Bangui de soldats sud-africains pour protéger son régime.

 

James Selfe  Parlementaire de l'opposition sud-africaine, membre de l'Alliance démocratique

 

« Je crois vraiment que ce qui se passe en Centrafrique revêt la dimension d'une guerre civile. Je constate que dans ce conflit, le gouvernement sud-africain n'a pas déployé les forces de défense nationale sud-africaines pour qu'elles assurent une mission de maintien de la paix, mais au contraire pour soutenir une partie du conflit »

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 01:56

 

 

Carte RCA préfectures

 

 

 

 

REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

Unité – Dignité - Travail

Séléka

 

MEMORANDUM

 

Considérant la situation alarmante du non-respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales par le régime de François BOZIZE notamment les opérations arrestations, détentions et séquestrations arbitraires, les enlèvements, disparitions, assassinats et exécutions sommaires des citoyens planifiées et orchestrées par le Général François BOZIZE, ses enfants et son entourage pour des mobiles politiques et d’intérêt personnel;

L’institution de la terreur, l’appel à la haine tribale, le recrutement des milices, des mercenaires étrangers, la distribution d’armes blanches, la préparation au génocide d’une partie du peuple en l’occurrence les citoyens d’ethnies GULA, RUNGA, YOULOU, KARA, BANDA et autres originaires du Nord-Est du pays ;

L’incapacité chronique du régime BOZIZE à assurer sans discrimination la sécurité à tous les centrafricains et sur toute l’étendue du territoire national ;

L’érection de plusieurs centres de détention politique sur toute l’étendue du territoire national et les violations flagrantes et répétées des règles de procédure judiciaire relatives aux arrestations et détentions ;

L’absence d’une enquête indépendante et impartiale en vue de faire la lumière sur les cas d’enlèvement et de disparition forcée et involontaire des citoyens jugés hostiles au régime ; la poursuite des arrestations et séquestrations arbitraires malgré l’appel au dialogue de la communauté nationale et internationale ;

Considérant l’absence de poursuites judiciaires engagées contre les auteurs des crimes les plus graves commis dans le Nord-Ouest et le Nord-Est de la RCA par les Forces Armées Centrafricaines (FACA) et la Garde Présidentielle (GP) courant 2005 à 2007 sous les ordres du Général François BOZIZE alors Ministre de la Défense Nationale, en

 

dépit de son engagement écrit adressé au Procureur de la Cour Pénale Internationale d’engager des poursuites judiciaires exemplaires ;

L’impunité des auteurs et complices d’exécutions sommaires et extra-judiciaires des citoyens par l’Office Central de Répression du Banditisme (OCRB) et son entourage immédiat depuis 2003 à ce jour ;

L’absence de poursuite judiciaire contre les ex-libérateurs placés sous les ordres du général BOZIZE pour les crimes graves commis pendant la période 2002-2003 lors de l’attaque de la ville de Bangui le 25 octobre 2002 et dans les villes contrôlées par la rébellion ;

Considérant également l’absence de volonté affichée pour la prise en charge des victimes ;

Considérant que le droit à la vie est un droit inaliénable et inviolable ;

Considérant que tous les actes ci-dessus énumérés sont répréhensibles par le droit national et international au regard des conventions internationales dûment ratifiées par la RCA et des dispositions des articles 1 et 3 alinéas 1 à 4 de la Constitution centrafricaine du 27 décembre 2004 aux termes desquels:


Article 1 : « La personne humaine est sacrée et inviolable. Tous les agents de la puissance publique, toute organisation, ont l’obligation absolue de la respecter et de la protéger.

La République centrafricaine reconnaît l’existence des droits de l’homme comme base de toute communauté humaine, de la paix et de la justice dans le monde ».

Article 3 : « Chacun a droit à la vie et à l’intégrité corporelle. Il ne peut être porté atteinte à ces droits qu’en application d’une loi.

Nul ne sera soumis ni à la torture, ni au viol, ni à des sévices ou traitements cruels inhumains, dégradants ou humiliants. Tout individu, tout agent de l’Etat, toute organisation qui se rend coupable de tels actes sera puni conformément à la loi.

Nul ne peut être arbitrairement arrêté ou détenu…»

 

Considérant l’attachement de notre pays, la République centrafricaine aux valeurs universelles des droits fondamentaux, son adhésion à la Charte de l’ONU, à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948, aux Pactes Internationaux du 16 décembre 1966 relatifs aux Droits Economiques Sociaux et Culturels d’une part et aux Droits Civils et Politiques d’autre part ; la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples du 27 juin 1981 ainsi qu’à toutes les conventions internationales dûment ratifiées, notamment celle relative à l’interdiction de toute forme de discrimination à l’égard des femmes ainsi que celle relative à la protection des droits de l’enfant ;

Considérant la politisation de l’administration et de l’armée, l’incapacité du régime de François BOZIZE à restructurer et constituer une armée dynamique, respectée et capable de faire face aux défis de la sécurité pour le développement de la Nation centrafricaine; l’institution du mensonge comme mode de gouvernance ;

Considérant la dégradation de la situation sécuritaire et le refus délibéré de François BOZIZE de s’ouvrir à un dialogue inclusif inter centrafricain en vue de la recherche de solutions globales à la crise qui frappe la République centrafricaine, le caractère ambivalent de ses déclarations relatives à l’appel à la haine contre une partie de la population en raison de son appartenance ethnique et religieuse, d’une part et le pseudo appel au dialogue d’autre part ;

Considérant que depuis bientôt dix (10) ans, la situation de la République centrafricaine ne fait que se dégrader en raison de la mauvaise gouvernance, de l’affairisme chronique des dirigeants, du régionalisme, du tribalisme, du clanisme érigés en système de gestion de la chose publique et que tous les indicateurs des progrès sociaux, économiques, politiques et sécuritaires sont au rouge ;

Qu’aucune amélioration de la situation ne se dessine à l’horizon, parce que la volonté politique d’agir autrement et de bien faire est totalement absente ; que même les conclusions et recommandations du Dialogue Politique Inclusif de 2008, les différents accords de paix, l’Accord de Paix Global de Libreville de 2008 signés avec les groupes politico-militaires qui ont prévus des solutions idoines pour la paix globale et la sortie définitive de crise sont abandonnés délibérément aux oubliettes ;

Que François BOZIZE, se préoccupant seulement de sa propre succession, a pris l’Etat et le Peuple centrafricain tout entier en otages pour assouvir une insatiable et une incompréhensible soif d’enrichissement ;

Considérant les violations flagrantes et répétées de la constitution du 27 décembre 2004 notamment le cumul des fonctions ministérielles et Présidentielles par François BOZIZE YANGOUVONDA au mépris des dispositions de l’article 23 de la constitution aux termes duquel « La fonction du Président de la République est incompatible avec l’exercice de toute autre fonction politique, de tout autre mandat électif, de toute activité lucrative sous peine de destitution » ;

Que François BOZIZE, toujours fidèle et égal à lui-même a cumulé depuis 2003 à ce jour les fonctions de Ministre de la Défense et que depuis 2011, il s’est arrogé d’autres responsabilités ministérielles en nommant pêle-mêle des Ministres Délégués attachés à la Présidence de la République et donc à sa personne; Qu’il exerce par la même occasion depuis 2010 les charges de Président de son parti le KNK et préside toutes les réunions relatives ;

Considérant que le système BOZIZE n’a plus de fondements crédibles et de légitimité populaire et qu’il est gangrené, miné de l’intérieur et incapable de se régénérer.

 

Face à cela, l’opposition armée regroupée au sein de la SELEKA, revendique dans l’intérêt supérieur de la Nation :

1. L’arrêt immédiat de toutes les arrestations, détentions et séquestrations arbitraires, des enlèvements et exécutions sommaires perpétrés par le régime de François BOZIZE.

2. La libération sans condition de tous les prisonniers politiques.

3. Le départ immédiat de tous les mercenaires Congolais et Sud-Africains recrutés par François BOZIZE.

4. La reconnaissance par François BOZIZE et son régime de leur défaite militaire et leur abdication dans l’intérêt et en faveur du peuple centrafricain.

5. Demande à François BOZIZE d’appeler ses forces ainsi que ses milices à la cessation immédiate des hostilités. Ces milices doivent désormais et sans délai se remettre avec leur armement à la disposition des forces internationales de la FOMAC.

6. Le déploiement des Forces de la CEEAC dans la capitale BANGUI en vue d’assurer la sécurité des citoyens et le retour des éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA) dans leurs corps respectifs sous le contrôle des forces de la CEEAC afin d’éviter tout risque de pillage ou de règlement de compte.

7. Demande au Général François BOZIZE de trouver une terre d’asile et que lui et les principaux responsables des violations massives des droits de l’homme dont ils se sont rendus coupables durant son règne se tiennent désormais à la disposition des instances judiciaires nationales ou internationales pour répondre de leurs actes.

8. Demande une enquête des instances judiciaires nationales et internationales afin de mettre fin définitivement à un système unique en Afrique où le Président en titre cumule à la fois les fonctions présidentielles et ministérielles notamment sur les secteurs de la  Défense, du Désarmement, des Mines, de l’Aviation civile, des Finances, de la Jeunesse et des Sports où il intervient pour ces derniers cas dans l’attribution des marchés publics, l’ordonnancement, l’engagement et liquidation des dépenses publiques. Tout cela a des fins d’enrichissement personnel de François BOZIZE, son fils Francis BOZIZE et de son clan.

9. Et fondamentalement, demande qu’une procédure soit engagée devant la Cour Pénale Internationale de la Haye contre François BOZIZE, et toute personne reconnue coupable pour des faits de crimes de guerre et des crimes contre l’humanité perpétrés contre les populations civiles des régions du Nord et du Nord-Est de la République centrafricaine courant 2002 à ce jour et spécifiés à l’occasion d’enquêtes internationales dont voici quelques extraits:

 

- « Des crimes graves avaient en effet été commis entre octobre 2002 et mars 2003 contre la population civile par des hommes du général BOZIZE dans le Nord du pays, son bastion militaire….Des pillages et destructions d'ordre administratif, économique et civil ont été nombreux. Ainsi il serait très difficile de retrouver les actes de naissance dans les centres d’état civil ayant été dévastés. Les échoppes, des lieux de réjouissances populaires (auberges, débits de boissons) ont été saccagés et pillés. Des domiciles privés ont subi des vols et des vandalismes répétés et des biens appartenant à des particuliers ont été emportés » (Rapport FIDH N°457 octobre 2006: Oubliées, stigmatisées : la double peine des victimes de crimes internationaux Pages 28-29) ;

- « Entre le second semestre 2005 et fin 2007, certains éléments des FACA se sont tristement illustrés par de graves violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire à l’occasion de leurs offensives contre les groupes rebelles. Particulièrement, de nombreux rapports ont fait état de la pratique par l’armée, principalement par la Garde présidentielle, de la politique de la terre brûlée, à savoir l’incendie de toutes les habitations se trouvant sur leur passage. Certains militaires ont également perpétré des exécutions sommaires de civils assimilés aux insurgés1 » (Rapport

- « Depuis la mi-2005, des centaines de civils ont été tués, plus de dix mille maisons ont été incendiées et environ 212 000 personnes terrorisées ont fui de chez elles pour aller vivre dans de terribles conditions au plus profond de la brousse dans le nord de la République centrafricaine (RCA)…La vaste majorité des exécutions sommaires et des morts illégales, ainsi que presque tous les incendies de villages, ont été commis par les forces gouvernementales, souvent en représailles aux attaques rebelles ».

- « L’armée de la République centrafricaine a tué des centaines de civils innocents et en a forcé des dizaines de milliers d’autres à fuir leurs villages » (HUMAN RIGHTS WATCH. Rapport de septembre 2007, volume 19 N°14 (A) : « République centrafricaine. Etat d’anarchie. Rébellions et exactions contre la population civile » page 4);

- « Dès le début du conflit avec les forces rebelles dans le nord de la RCA à la mi-2005, les forces de sécurité centrafricaines ont perpétré de graves exactions généralisées à l’encontre de la population civile, notamment de multiples exécutions sommaires et des morts illégales, des incendies d’habitations civiles sur une grande échelle et le déplacement forcé de centaines de milliers de civils, faits qui ont distillé la terreur au sein de la population civile. Dans la plupart des cas, les villages ont été incendiés et les personnes abattues en réaction directe à une activité récente menée par les rebelles dans la région. Ces actes constituent des représailles illégales contre la population civile. Ce sont les FACA et la GP qui sont responsables de la vaste majorité des violations les plus graves des droits humains commises au cours du conflit, et elles ont perpétré ces atrocités en étant pleinement convaincues de l’impunité de leurs crimes. »

- « Au cours de ses recherches, HUMAN RIGHTS WATCH a recueilli des informations sur 119 exécutions sommaires et morts illégales imputables aux forces de sécurité gouvernementales dans le Nord-Ouest et le nord-est (la vaste majorité d’entre elles ont eu lieu dans le nord-ouest), dont 51 au moins commises depuis fin 2005 par une seule et même unité militaire, l’unité de la GP basée à Bossangoa et commandée à l’époque par le Lieutenant Eugène NGAÏKOISSET. HUMAN RIGHTS WATCH estime que les décès sur lesquels des informations ont été recueillies ne représentent qu’une fraction du nombre total de décès imputables aux forces de sécurité gouvernementales. »

- « Depuis décembre 2005, les forces gouvernementales, en particulier la GP, ont été pratiquement les seules responsables de l’incendie de plus de 10.000 habitations dans le nord-ouest de la RCA. Des centaines de villages ont été détruits à travers de vastes étendues du nord-ouest du pays. Les troupes arrivent dans les villages et tirent au hasard sur la population civile, forçant les habitants à fuir avant de réduire en cendres leurs maisons, les pillant parfois au préalable. En décembre 2005, les forces de la GP ont incendié de 500 à 900 maisons dans la région de MARKOUNDA. Dans la région de BATANGA-KABO-OUANDAGO-KAGA BANDORO, HUMAN RIGHTS Watch a recensé 2923 habitations incendiées, dont plus de 1000 rien que dans le large bourg de OUANDAGO. A certains endroits, chaque maison de chaque village avait été incendiée, sans exception. De même, des destructions à grande échelle peuvent être constatées tout autour de la ville de PAOUA, sur toute la route vers l’est menant à NANA BARYA soit des centaines de kilomètres de villages détruits par les forces de sécurité gouvernementales ». (HUMAN RIGHTS WATCH. Rapport de septembre 2007, volume 19 N°14 (A) : « République centrafricaine. Etat d’anarchie. Rébellions et exactions contre la population civile », pages 4 à 10) ;

- « Les forces gouvernementales ont commis des violations graves des droits humains, notamment des exécutions sommaires et quelques incendies d’habitations, lorsqu’elles ont repris le contrôle de villes et de villages fin 2006, procédure qui s’est répétée en mars 2007. Pratiquement toutes ces exactions ont été commises contre des personnes de l’ethnie GULA, provoquant le déplacement d’une grande partie de la population GULA hors de la plupart des localités occupées auparavant par l’UFDR, dont NDELE, OUADDA, OUANDA DJALLE et BIRAO ».

- « Lorsque la Garde présidentielle est arrivée à Ouadda, les gens étaient dévorés par l’envie d’éliminer les GULAS ».

 

Les crimes commis dans le nord de la RCA par les forces de sécurité gouvernementales ne sont un secret pour personne à l’intérieur du pays. Les émissions radios et les journaux du pays en avaient fait fréquemment part. Des parlementaires de l’opposition ont rédigé des rapports publics décrivant les atrocités, et les émissaires diplomatiques expriment régulièrement leur inquiétude à ce sujet auprès du Président BOZIZE.

En dépit de cela, le Gouvernement n’a pas enquêté, poursuivi ni puni un seul officier de l’armée, et il ne les a même pas publiquement fustigés pour aucune de ces exactions. Même dans la capitale Bangui, les forces de sécurité se livrent impunément à des exécutions sommaires de personnes soupçonnées d’être des bandits ou des rebelles.

La SELEKA estime que les revendications ci-dessus énumérées sont une exigence et leur mise en oeuvre aiderait au rétablissement d’un climat serein pour la recherche des voies et moyens de sortie de crise générale que vit notre pays. Elle appréciera donc la volonté politique du pouvoir dans la recherche de la paix par l’instauration d’un dialogue franc et ouvert entre tous les acteurs politiques et sociaux.

 

 

Adopté par la plénière de la SELEKA le 2 janvier 2013.

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 01:18

 

 

 

Djotodia de l'UFDR

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 09.01.2013 à 17h05 • Mis à jour le 09.01.2013 à 17h57

 

Dans un mémorandum présenté au premier jour des négociations avec le pouvoir centrafricain et l'opposition à Libreville, la coalition rebelle de la Séléka a demandé, mercredi 9 janvier, que le président François Bozizé soit traduit devant la Cour pénale internationale (CPI).


La Séléka "demande qu'une procédure soit engagée devant la CPI de La Haye contre François Bozizé", indique le texte. La rébellion accuse le président centrafricain de "faits de crimes de guerre et crimes contre l'humanité", parlant notamment de "détentions et séquestrations arbitraires" et de "disparitions, assassinats et exécutions sommaires".


RENÉGOCIATION DES ACCORDS DE PAIX


Des pourparlers cruciaux entre le pouvoir, la rébellion et l'opposition ont débuté mercredi sous l'égide des pays d'Afrique centrale qui tentent de trouver une issue pacifique à la profonde crise politico-militaire qui secoue le pays.



Les débats, entre le pouvoir fragilisé du président François Bozizé et la rébellion, victorieuse sur le terrain, vont porter principalement sur la renégociation d'accords de paix signés entre 2007 et 2011, notamment en 2008, entre le régime et la rébellion.


 

La Séléka a pris les armes le 10 décembre et a vite conquis la majeure partie du pays. Elle exige le "respect" de ces accords et réclame le départ de M. Bozizé, qui refuse de quitter le pouvoir sous la pression militaire.


 

"JE N'AI PAS À NÉGOCIER UNE FONCTION DE CHEF D'ÉTAT"


 

Le 21 décembre, les chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC), réunis dans la capitale tchadienne, avaient demandé à la rébellion de quitter les zones occupées. En l'absence de cessez-le-feu, la Séléka avait cependant continué sa progression fulgurante jusqu'aux portes de Bangui, balayant l'armée régulière.

 


Mardi soir, le président Bozizé, dans une charge violente, a clairement affirmé qu'il ne négocierait pas son départ. "Je n'ai pas à négocier [mon départ], est-ce que la rébellion représente le peuple centrafricain ? Je n'ai pas à négocier une fonction de chef d'Etat", a-t-il déclaré à la presse en réponse à un journaliste lui demandant s'il était prêt à satisfaire les exigences de la rébellion.

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