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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 18:47

 

 

 

Bozizé perdu

 

 

Afrik.com    LUNDI 14 JANVIER 2013 / PAR FRED KROCK

 

(De notre correspondant)

 

Selon l’accord de principe de Libreville suite aux négociations centrafricaines du 9 au 11 janvier dernier, le président de la République doit immédiatement dissoudre le gouvernement et mettre en place un gouvernement d’union nationale dont le Premier ministre sera d’office issu de l’opposition démocratique. D’un commun accord, les leaders de l’opposition ont porté leur choix sur Me Nicolas Tiangaye pour être le chef du gouvernement et Bozizé hésite encore.

 

Et pourtant, ce n’est pas une condition, la nomination d’un Premier ministre issu de l’opposition. Et pourtant le choix de Me Nicolas Tiangaye est le vœu consentant de ses pairs de l’opposition. Pourquoi Bozizé s’entête et hésite à confirmer ce dernier à la primature ? Répondre à cette question demanderait de faire le tour du degré de collaboration entre les deux hommes en présence dans la sphère politique centrafricaine.


Me Tiangaye est un opposant, président du parti Convention républicaine pour le progrès social (CRPS). Il est aussi le coordonnateur du Front pour l’annulation et la reprise des élections de 2011 (FARE-2011) mis en place, juste après ces élections, avec l’initiative du défunt président Feu Ange Félix Patassé dont le but justement est d’obtenir l’annulation des élections qui ont conduit Bozizé aux affaires. Ses prises de positions sont radicales, au point qu’il est devenu insupportable pour le régime de Bozizé à la différence des autres opposants qui mettent de l’eau souvent dans leur vin. L’on se souviendra que pour des questions de dérapages et insuffisances de la CEI (Commission électorale indépendante) constatées dans l’organisation des dernières élections centrafricains, Me Tiangaye est le premier à demander à ses candidats à se retirer.


Par contre Bozizé qui s’est inscrit dans une dynamique de tout ou rien, n’entend pas un seul instant, mettre à contribution ses amis du contre-pouvoir. C’est ainsi que lorsqu’il a été question de dialoguer avec les autres forces vives de la nation après les élections très contestées de 2011, il n’a pas voulu. Même lorsqu’il a été question de constituer le gouvernement, il a coopté des flottants opposants qui ont démissionné au sein de leurs partis, c’est-à-dire ayant perdu le statut d’opposants, pour en faire les membres du gouvernement au nom de l’opposition. C’est tout de même ce qu’il a fait avec les politico-militaires où il a évité de discuter avec les vrais responsables des mouvements dont l’une des conséquences flagrantes a été la naissance de Séléka.


Le contraste d’idée entre quelqu’un qui veut tout et le principe du partage de pouvoir ont bloqué Bozizé dans le choix du premier ministre qui doit conduire le gouvernement d’union nationale à mettre en place. Si un nom autre que celui de Tiangaye était proposé, la tâche aurait du être facile à Bozizé. Les leaders de l’opposition ayant compris le jeu, l’ont pris en étau en lui proposant un seul nom, celui de Me Tiangaye Et Bozizé hésite. Il a fourni la raison selon laquelle, il attend seulement l’arrivée de la délégation de Séléka qui devrait elle aussi présenter deux candidats, afin qu’il choisisse le premier ministre. Entre temps, l’ex-premier ministre Faustin Archange Touadéra a été démis, le 12 janvier dernier de ses fonctions. Tout le peuple centrafricain est debout, attendant impatiemment la nomination de son premier ministre.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 11:37

 

 

 

Bozizé en difficulté

 

 

 

Billet d’Afrique


http://survie.org  14 janvier 2013 par Raphaël de Benito 


Au fil des tutelles coloniales, néocoloniales et régionales, empoisonné par la Françafrique, l’embryon d’État centrafricain a dérivé vers une militarisation et l’ethnicisation de sa politique. A cet égard, le pouvoir de François Bozizé n’échappe pas à la règle.


Sa gestion clanique et brutale du pouvoir, les détournements en tout genre au profit de sa famille, n’ont fait que perpétuer cet état de fait et il subsiste toujours des foyers insurrectionnels comme l’a montré l’émergence et l’offensive éclair de la coalition Séléka. Composé de factions rebelles dissidentes, le Séléka a pris les armes le 10 décembre et contrôlait la majeure partie du pays le 31 décembre.


Comment s’en étonner alors, qu’en plus des prébendes présidentielles, François Bozizé, « réélu » en 2011, au terme d’une mascarade électorale n’a jamais respecté les accords de paix conclus entre 2007 et 2011 qui prévoyaient un programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion. De même, le Dialogue politique inclusif de 2008 qui avait permis de réunir à une table de négociations, pouvoir, société civile, opposition et rébellion est resté lettre morte. Qui plus est, l’opposition soupçonnait Bozizé de préparer un troisième mandat en modifiant la Constitution.


Tous les ingrédients étaient donc réunis pour assister à une nouvelle poussée de fièvre même si l’apparition et les succès fulgurants de la coalition Séléka en ont surpris plus d’un.

Un Etat décomposé

L’offensive Séléka a eu le mérite de révéler la fragilité du régime Bozizé défait militairement en à peine trois semaines et contraint de quémander une intervention militaire française, à renoncer publiquement à un troisième mandat et proposer un gouvernement d’union nationale. Toutefois, « Boz » se donnait un peu d’air début janvier alors que le chef d’Etat-major de la Force multinationale d’Afrique centrale (FOMAC), Jean-Félix Akaga prévenait la coalition Séléka que la prise du verrou de Damara, à 75 km de la capitale était ligne rouge à ne pas franchir. Ce gel de la situation sur le terrain est la conséquence de l’intervention de la France et des luttes d’influences entre Etats d’Afrique centrale. En revanche, le Séléka réclamait toujours le départ de Bozizé.

L’influence française

En premier lieu, le Tchad, qui a installé Bozizé avec l’aide de la France en 2003 et considère la Centrafrique comme son vassal. Alors que ces derniers mois, Bozizé était moins docile envers le président tchadien Idriss Déby, celui-ci est accusé d’avoir armé et financé la coalition Séléka lui permettant sa conquête éclair. Plusieurs témoins racontent que les forces tchadiennes, acheminées sous le prétexte d’interposition, avaient l’arme au pied durant l’offensive rebelle. En réalité, les Tchadiens avaient besoin de contrôler le terrain pour jouer les arbitres. Les prétentions régionales et le double jeu de Déby ont eu le don d’irriter ses homologues d’Afrique centrale qui ont donc cherché à le contrer.


Le Cameroun, le Gabon, le Congo-Brazza, l’autre parrain de Bozizé, et la RDC, pourtant incapable de défendre son territoire dans les Kivus, ont donc envoyé d’urgence quelques centaines d’hommes pour soutenir ce qu’il restait de l’armée centrafricaine prise en charge par trois ex-officiers français de la société militaire privée EHH LCC (Billets n°219, décembre 2012). L’Afrique du Sud également, dans son rôle de puissance continentale a envoyé, début janvier, deux cents soldats à Bangui.

Mais, c’est la France, qu’on le veuille ou non, qui, la première, a envoyé un signal aux rebelles en déployant 300 légionnaires basés à Libreville pour renforcer son détachement militaire déjà présent à Bangui (Voir ci-dessous). Officiellement, et selon le refrain bien connu, les soldats français ne sont là que pour protéger les ressortissants français et européens de Bangui.


Sauf que des militaires français se sont inquiétés, en visitant la rebéllion, du devenir du gisement d’uranium de Bakouma en attente d’exploitation par Areva ! Certainement les intérêts français que François Hollande appelait à défendre en Centrafrique.


La présence militaire tricolore s’est donc révélée assez dissuasive pour amener la coalition Séléka dont la représentation extérieure est à Paris, à accepter de négocier à Libreville début janvier. Aujourd’hui, en l’absence de réflexion sur les fondements de sa politique en Afrique, la France est plus que jamais prisonnière de ses contradictions. La France est la moins bien placée pour intervenir en Centrafrique en raison de son une ingérence permanente dans le pays depuis l’indépendance il y a plus de 50 ans. C’est même un officier des services secrets français, Jean-Claude Mantion alias « Lucky Luke » (voir ci-dessous) qui gouverna la Centrafrique entre 1980 et 1993.


La France appelle aujourd’hui au dialogue en Centrafrique mais a cautionné le vol électoral de 2011. En janvier 2010, son ambassadeur, Jean-Pierre Vidon, faisait preuve d’une lucidité sans pareil en chantant les louanges du général-président Bozizé, faisant don de sa personne à la patrie, tout en estimant que « la situation politique s’était apaisée (…) tandis que la situation sociale et sécuritaire considérablement amélioré à Bangui ». A croire que l’ambassadeur écumait le Plantation ou le Zodiaque, hauts-lieux de la vie nocturne banguissoisse, tant les observateurs du pays, y compris dans les milieux diplomatiques, tenaient des propos pessimistes sur l’avenir du pays.


On pourra objecter que Hollande a remplacé Sarkozy à la tête de l’Etat et qu’une nouvelle politique est à l’œuvre. Il n’en demeure pas moins que si la France semble plus discrète dans le dossier centrafricain, elle maintient une coopération sécuritaire étroite avec des acteurs peu reluisants dans le long dossier centrafricain. Ainsi le Gabon a « parrainé » les pourparlers de paix centrafricains de 2008, le Congo-Brazza jouant le médiateur dans les négociations entre la rébellion et Bozizé début janvier.


Quant au Tchad de Déby, constatant qu’il n’y avait plus aucun avantage à tirer de la situation en Centrafrique, il a carrément dicté sa conduite à la coalition Séléka lors des pourparlers de Libreville. L’accord qui en a découlé ne satisfait personne : Bozizé allant jusqu’au bout de son mandat en 2016, flanqué d’un premier ministre de l’opposition civile tandis que la coalition Séléka rentre bredouille au grand dam de ses chefs militaires qui contrôlent la majeure partie du pays. On imagine bien la cohabitation durant les trois prochaines alors qu’à la veille des pourparlers, Bozizé traitaient les rebelles de mercenaires terroristes tandis que ceux-ci exigeaient des chefs d’Etat centrale qu’ils saisissent la Cour Pénale Internationale pour juger les crimes du président centrafricain.


A vrai dire, l’application de cet accord au forceps ne repose que sur la bonne foi des uns et des autres. Autant dire que la prochaine crise en Centrafrique est déjà en gestation avec toujours le risque de l’effondrement complet d’un Etat si fragile.

« Boz », évangéliste suprême et putschiste dans l’âme

Le général-président centrafricain François Bozizé, est arrivé au pouvoir par les armes en 2003.


Aide de camp du sanguinaire Jean-Bedel Bokassa, Bozizé devient, à 32 ans, le plus jeune général de l’armée. A la chute de Bokassa en 1979, il part alors à l’école de guerre en France. Il revient en 1981 à la faveur d’un putsch qui verra le général André Kolingba remplacer David Dacko, qui avait succédé à Bokassa. Ministre de l’Information, ce taiseux et piètre orateur tentera, deux ans plus tard, de renverser Kolingba. Il fuiera au Bénin d’où il sera extradé en 1989. Emprisonné deux ans, il échappe de justesse en 1990 à une tentative d’assassinat dans sa cellule et prendra la fuite vers le nord du pays. En 1993, Bozizé se présente aux présidentielles qui seront remportées par Ange-Félix Patassé. Réintégré dans l’armée, Bozizé soutient Patassé dont il devient en 1997 le chef d’état-major. En octobre 2001, il tentera de le renverser et ratera son coup d’Etat avant de pendre la fuite pour le Tchad, puis la France, avant de revenir dans le nord de la Centrafrique lancer la rébellion des "Patriotes".


Il prendra enfin le pouvoir en 2003 grâce à l’armée tchadienne qui lui a fourni sa garde rapprochée jusqu’à l’automne dernier. Depuis 2003, « Boz » comme le surnomme les Banguissois, a été confronté à de nombreuses poussées de fièvres.


En 2006-2007, c’est la France qui lui sauve la mise à Birao. Fin 2010, c’est l’ami de toujours, le Tchad, qui l’aide à se débarrasser des rebellions du nord. En 2011, Bozizé, « évangéliste suprême » de l’Eglise du christianisme céleste Nouvelle Jérusalem qu’il a fondée, affirmait que le pays s’était pacifié sous sa présidence, et qu’il pouvait désormais le « relancer » grâce aux richesses du sous-sol encore inexploitées : uranium, or, pétrole et diamants.

Zoom

Avec une population de près de 5 millions d’habitants, le pays, enclavé au cœur de l’Afrique centrale, est l’un des plus pauvres du monde malgré ses énormes richesses potentielles, minières et agricoles (uranium, diamants, bois, or). L’économie a été dévastée par les multiples crises politico-militaires qui ont empêché le pays d’assurer le minimum à ses habitants. Le pays, dont près de 70% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté avec un PIB par habitant de 483 dollars (2011), est à 80% rural et produit du coton, café et tabac. Selon l’Institut international des études stratégiques (IISS, 2012), les forces armées comptent 2.150 hommes et les paramilitaires 1.000 hommes.

Micopax

Les 250 militaires français déjà présents à Bangui sont chargés de l’assistance de la Mission de consolidation de la paix en Centrafrique (MICOPAX), placée sous l’autorité de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC). La MICOPAX bénéficie du soutien financier de l’Union Européenne et logistique de la France. Elle a pour mandat de consolider le climat de paix et de stabilité, d’aider au développement du processus politique et de soutenir le respect des droits de l’homme. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le bilan n’est pas brillant. Son mandat doit se terminer le 31 décembre 2013.

Lucky Luke

Le lieutenant-colonel Jean-Claude Mantion, agent des services secrets français, débarque à Bangui, le 2 décembre 1980. Chargé d’encadrer le président David Dacko installé par Paris pour succéder à Bokassa, puis son remplaçant le général André Kolingba, il déjouera dès 1982 une tentative de coup d’État fomentée par Ange-Félix Patassé et deux généraux en vue, François Bozizé et Alphonse Mbaïkoua. Les représailles sont terribles et les fiefs de Patassé au nord de pays sont rasés et nombreux habitants massacrés donnant à naissance à une 1ère fracture entre populations du nord et du sud. Kolingba confie à « Lucky Luke » Mantion un nombre toujours plus importants d’attributions au point d’être un 1er ministre de l’ombre. Il gouvernera de facto la Centrafrique pendant treize ans. C’est pendant cette décennie que le Yakoma Kolingba a instillé le poison de l’ethnicité, plaçant ses proches et les membres dans tous les rouages de l’Etat et de l’armée. Cette instrumentalisation de l’appartenance tribale à des fins politiques, la Centrafrique la paye encore.


Entre 2003 et 2006, le volume global de l’aide consentie par la France était de 95 millions d’euros, en incluant le soutien apporté à la force de paix de la CEMAC. Somme importante dans le contexte centrafricain à laquelle il faut ajouter le coût de près de 70 conseillers techniques français, placés aux postes névralgiques de l’appareil d’État, des cabinets ministériels à la Garde présidentielle. Auprès du chef de l’État, un général français s’occupait – officiellement – de la « refonte » de l’armée centrafricaine. Il faut aussi prendre en compte les « privés » employés dans la sécurité du palais présidentiel jusqu’à la douane en passant par les services de renseignement.

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 10:13

 

 

 

Me-Nicolas-Tiangaye.jpg

 

 

RFI   lundi 14 janvier 2013

 

La République centrafricaine n'a toujours pas de Premier ministre, alors que samedi 12 janvier l'opposition politique a proposé au président Bozizé le nom de Nicolas Tiangaye. Le chef de l'Etat n'est-il pas en train de gagner du temps en ne promulguant pas le décret de nomination ? « Pas du tout », répond Josué Binoua, le ministre de l'Administration du territoire.

 

« Le président n’a pas l’intention de retarder l’application de l’accord de Libreville mais il entend le respecter à la lettre », martèle Josué Binoua.

 

Selon le ministre de l’Administration du territoire du gouvernement dissout, si François Bozizé n’a pas encore signé le décret de nomination du Premier ministre, c’est seulement parce qu’il attend de savoir quelle est la proposition des représentants de la Seleka qui devraient arriver à Bangui ce lundi 14 janvier en provenance de Brazzaville.

 

« Si la coalition rebelle s’aligne sur le choix de l’opposition politique, alors Nicolas Tiangaye sera nommé à la primature. Mais si une autre proposition intervient, alors le chef de l’Etat tranchera », affirme encore Josué Binoua.

 

Pour justifier cette position, ce proche du chef de l’Etat se base sur une ambigüité de l’accord signé à Libreville. Celui-ci prévoit en effet que le chef de l’exécutif sera issu de l’opposition, sans préciser s’il s’agit uniquement des opposants politiques, ou bien si les rebelles auront également leur mot à dire.

 

Dans les faits, le président semble avoir entamé sa partie d’échec avec ses ennemis politiques. Selon une source diplomatique, au sein des rebelles, des voix commencent à se faire entendre pour critiquer l’accord signé sous l’égide de la communauté des Etats d’Afrique Centrale.

 

Le président centrafricain entend bien profiter des divisions entre les différents groupes. L’accord de Libreville n’est pas enterré mais il connait d’ores et déjà ses premières turbulences.

 

 

 

NDLR : Selon nos informations, Bozizé aurait déclaré lors d’un meeting hier dimanche au stade à Bangui qu’il allait officialiser la désignation du PM de l’opposition ce jour et qu’il appelait ses partisans à soutenir l’action de ce dernier pour redresser le pays. C’était sa manière de désamorcer l’excitation de certains de ses partisans qui pendant les discussions de Libreville encore, désignaient Nicolas Tiangaye à la vindicte populaire et voulaient le lyncher.

 

Certains observateurs à Bangui avancent qu’en réalité, le choix de l’opposition démocratique à l’unanimité de Nicolas Tiangaye donne quelque peu le tournis à Bozizé qui doit redouter terriblement la perspective d’une collaboration agitée avec l’ancien Bâtonnier du barreau de Centrafrique et le fondateur de la Ligue Centrafricaine des droits de l’homme. Il est vrai que les contentieux et sujets qui fâchent entre Bozizé et Me Tiangaye l’ancien avocat qui l’avait pourtant défendu à l’époque du président André Kolingba qui l’avait fait kidnapper à Cotonou dans des conditions rocambolesques et ramener à Bangui dans une cage comme un animal pour être mis en geôle au camp militaire du Kassai, sont nombreux et consistants. C’est sans doute au regard de tout cela que Bozizé traîne les pieds et pas l’argument de l’avis des responsables de Séléka. Tout le casting avait déjà été ficelé à Libreville, toujours d’après nos sources. On apprend par ailleurs que Bozizé, juste avant de quitter Bangui pour Libreville, était très énervé.

 

C'est ainsi qu'il aurait publiquement humilié sur le tarmac de l'aéroport Bangui M'poko son conseiller économique et financier, Mahamat Tahir, un des durs de son régime qui s'est immensément enrichi et qu'il a accusé à cette occasion de trahison et interdit de l'accompagner dans son déplacement au Gabon. Tahir venait de débarquer du vol d'Air France arrivé de Paris. Plusieurs dignitaires du pouvoir de Bozizé ont donné à ce dernier le sentiment de l'avoir abandonné dans les plus forts moments de cette crise. La ministre du tourisme par exemple, Sylvie Mazoungou, aurait quitté Bangui par la route jusqu'au Cameroun avant de prendre un vol pour Paris où elle se trouve à l'abri. Le général d'opérette Parfait Mbaye a tenté de mettre sa femme et sa progéniture à l'abri au Cameroun mais on les arefoulés à l'aéroport de Bangui. Fidèle Ngouandjika alias "le milliardaire de Boy-Rabe" a planqué sa longue limousine blanche à l'Hôtel Ledger et a même momentanément trouvé refuge dans ce palace avant de regagner la représentation diplomatique de Roumanie à Bangui, son épouse étant originaire du pays du "génie des Carpates" le tristement célèbre Ceaucescu.  

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 09:44

 

 

 

Tiangaye Nicolas CRPS

 

 

DECLARATION

 


Le Rassemblement en France des Partis Politiques de l’Opposition Démocratique Centrafricaine [Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP), Alliance pour la Solidarité et le Développement (ASD), Convention Républicaine pour le Progrès Social (CRPS), LÖNDÖ,  Mouvement Démocratique pour la Renaissance et l’Evolution de Centrafrique (MDREC),  Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), Parti Africain pour la Transformation Radicale et l’Intégration des Etats (PATRIE), Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC), et Union Démocratique du Peuple pour le Progrès (UDPP) ] remercie solennellement leurs excellences, les Présidents Ali Bongo  du Gabon, Teodoro Obiang Nguema de la Guinée Equatoriale,  Idriss Déby Itno du Tchad, président en exercice de la CEEAC, Denis Sassou Nguesso, du Congo Brazzaville et médiateur de la crise Centrafricaine, pour leur implication personnelle dans la réussite des négociations de Libreville ayant abouti à la conclusion d’un accord politique apprécié par la population Centrafricaine.


Le Rassemblement en France des Partis Politiques de l’Opposition Démocratique attire l’attention des Présidents qui ont œuvré à la réussite de ces accords, sur l’attitude dangereuse des partisans du général François Bozizé, susceptible de compromettre les résultats obtenus.


En effet, en marge des pourparlers et sur instruction de Bozize, Mrs Zama Javon Papa et Lévy Yakité, respectivement directeur général de la presse présidentielle centrafricaine, et chargé de la coordination de la distribution des armes  (machettes et autres armes blanches) à leurs  partisans pendant la crise,  depuis Libreville, et par ailleurs soutenus à Bangui par Simplice Zingas, député KNK et ancien Ministre, lançaient des appels à la haine sur la Radio nationale devenue « Radio mille collines » demandant carrément aux militants du KNK de procéder à la destruction des biens des Leaders des partis politiques ayant participé aux pourparlers de Libreville.  Ainsi, le jeudi 10 janvier 2013, la place de la République (PK 0) de Bangui a été prise d’assaut par les hordes de partisans du général Bozizé pour un sit-in conformément aux appels lancés la veille depuis Libreville et relayés par Radio Centrafrique en direct à l’antenne désignant ainsi Nicolas Tiangaye à la vindicte populaire. Ces partisans du général Bozizé reprenaient en chœur une chanson en sango dont la traduction est : « Tiangaye, ce qui est arrivé à Massi t’arrivera aussi ! »


Craignant pour la vie des acteurs du futur gouvernement d’union national issu des négociations de Libreville, le Rassemblement en France des Partis Politiques de l’Opposition Démocratique demande aux Présidents de veiller à la stricte application de toutes les dispositions du Titre III  des accords politiques signés par les partis sur « les garanties de la  bonne foi des acteurs »

 

Fait à Paris le 14 Janvier 2013

 

ONT SIGNE :

 

Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP)

Clément BELIBANGA

 

Alliance pour la Solidarité et le Développement (ASD),

-

 

 

Convention Républicaine pour le Progrès Social (CRPS)

Simplice SOLET BOMAWOKO

 

 

LÖNDÖ

-

 

Mouvement Démocratique pour la Renaissance et l’Evolution de Centrafrique (MDREC), 

Francis LINGBIMA

 

 

Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC),

Jean-Didier KABRAL

 

 

Parti Africain pour la Transformation Radicale et l’Intégration des Etats (PATRIE),

Hugues TCHEUMENI

 

 

Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC),

Raymond Max SIOPATHIS

 

 

 

Union Démocratique du Peuple pour le Progrès (UDPP)

-

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 00:48

 

 

 

 

CBM

 

 

 

BOZIZE – SELEKA – LIBREVILLE ET NOTRE AVENIR

 

CES TROIS SEMAINES QU’IL NE FAUT PAS OUBLIER

 

« Ce pays riche que les imbéciles ont divisé… » Ma Révolution. Didier

Awadi, Studio Sankara. Dakar 8 novembre 2012.


Avé FACA :


Aux premières heures de l’application des Accords de Libreville, j’ai une pensée particulière pour les familles des FACA tombés au champ d’honneur depuis le 10 décembre 2012. Pour ces héros anonymes dont certains n’ont même pas eu droit à un enterrement, je souhaiterai que chaque fille et fils de Centrafrique accorde une minute de silence, qu’importe les latitudes où nous nous trouvons et que leurs noms soient inscrits sur une stèle au pied du monument des martyrs. Même si le risque de mort est un des ingrédients du métier de soldat, ceux-ci sont décédés parce qu’ils devraient protéger la République et ses Institutions même s’il y a trop à dire et à redire sur celles-ci et les personnes les incarnant.


Que la nation entière se mobilise pour assurer aux familles de ces soldats en général et à leurs enfants en particulier, l’essentiel pour vivre dignement et surtout pour une rentrée scolaire convenable…AVE FACA.


Trois semaines


 

Trois semaines.


En trois semaines nos certitudes, nos peurs, nos craintes furent balayés et nous nous sommes rendus compte que le géant n’en n’avait que l’apparence. Qu’il n’avait même pas de pied en argile mais était en lévitation.

 

Trois semaines.


En trois semaines, de nombreux vendeurs d’illusion se sont penchés sur le soleil couchant du Knkisme pour tenter de ramasser les miettes, histoire de satisfaire un appétit qui insulte toutes les règles de la bienséance mais qui n’a de motivation que la panique d’une fin de règne qui s’annonce (ou s’annonçait) humiliante pour les « Princes » sortants.


Trois semaines.


En trois semaines, le KNK et ses alliés ont subitement découvert les vertus des marches et manifestations pacifiques. Banalités citoyennes qu’ils avaient refusées à tous ceux qui politiquement n’étaient pas des leurs depuis bientôt dix ans à l’exception des pauses électorales.

 

Trois semaines.


En trois semaines Bozizé a démontré qu’il était plus sage que Gbagbo, Kadhafi, Moubarak, Mobutu, Dadis Camara, Bachar El Assad, Saddam Hussein, Ben Ali… car il a tout sacrifié de son orgueil à ses enfants pour ne pas connaître l’infamie d’une fin qui s’annonçait humiliante et tragique.


Trois semaines.


Il a fallu trois semaines de guerre, de destruction, de mort, d’angoisse pour que le Chef de l’Etat accorde du crédit aux revendications politiques de l’opposition amplifiées par SELEKA. Or s’il l’avait fait avant, peut être que nous aurions fait l’économie de cette crise.


Trois semaines.


En trois semaines Bozizé a fait l’amère expérience de la solitude du pouvoir. Il s’est retrouvé quasiment seul comme Gbagbo entouré exclusivement de sa famille lors de son arrestation. Tous les griots et profitosituationnistes de sa cour ont disparu. Les chancelleries étaient prises d’assaut et les téléphones portables ne répondaient plus. A ceux-là, qui défendaient encore l’indéfendable il y a quelques semaines et qui vont se trouver dans les prochaines semaines une âme d’opposant, nous serons là pour leur montrer en permanence leurs casiers judiciaires politique. Pour eux, la rédemption ne sera pas possible même s’ils mettent au service de celle-ci, les milliards qu’ils ont accumulés sur le dos du peuple centrafricain en dix années de prédation.


Trois semaines.


En trois semaines les jet-setteurs de Bangui, ceux qui distribuaient des billets de Fcfa, qui pensaient avoir le droit de vie ou de mort sur le Centrafricain, qui pensaient être les légataires du droit de Bail de la RCA, étaient aux abonnés absents ou en route pour l’exil vers une terre lointaine.


Trois semaines.


En trois semaines au bord de l’Oubangui nous avons assisté à l’émergence des « Blégoudé » de l’équateur sur fond d’un patriotisme en pacotille.


Trois semaines.


Trois semaines auront suffi pour rédiger l’oraison funèbre du Knkisme et inaugurer un nouveau cycle politique car à l’évidence, il y aura un avant et un après 10 décembre 2012.


Trois semaines.


En trois semaines nous avons assisté à l’instrumentalisation du fait Religieux. Une première en RCA au même titre que ce cycle « Rwandisant » avec des leaders de la jeunesse et des collectifs de galerie. Nous avons assisté à des enlèvements, à des exécutions autant d’exactions qui, ailleurs ont envoyé leurs auteurs à la Haye.


Trois semaines.


En trois semaines, les HOPARL (Hommes Politiques à Responsabilité Limitée) se sont activés en tentant de se placer ou placer leurs pions dans toutes les configurations. Paris, Ndjamena, Brazzaville et Libreville étaient devenues les capitales de toutes les paranoïas, manipulations, intoxications et courbettes.


Trois semaines.


Trois semaines auront suffi pour faire de  « SELEKA » le mot sango le plus connu au monde, dépassant de loin le traditionnel et conventionnel BALAO.


Trois semaines.


En trois semaines, nous avons vu des porte-paroles autoproclamés, des Présidents virtuels, des courtisans en palace, des fronts et collectifs naître tous les jours et qui cachent à peine la course à la mangeoire.

 

 

Trois semaines.


Trois semaines auront suffi pour que les alliés de la SELEKA commencent à se quereller le leadership. Les autoproclamés et les illusionnistes de la 1ère heure ont disparu lorsque les vrais bosses sont sortis de la brousse (1).


Trois semaines.


En trois semaines nous avons vu les nostalgiques du 3ème Reich centrafricain faire l’apologie de leur forfait sans retenue en embrigadant dans leur révisionnisme et négationnisme l’ensemble de l’opposition politique dite « démocratique » (2).


Trois semaines.


En trois semaines nous avons assisté à l’expression d’une nouvelle diplomatie africaine dans la résolution des crises locales dont il faut saluer la célérité.


Trois semaines.


En trois semaines nous avons lu, entendu et vu des pseudos experts (3) de la RCA qui ne sont même pas capable de situer Ndélé ou Bambari sur une carte avec des avis et grilles de lecture frôlant le Cours Elémentaire 1 (CE1).


Game is over :


Ayant été de ceux qui ont voulu et motivé la fin à tout prix du régime du Président PATASSE et de sa galaxie politique autour du MLPC, je fus de ceux qui ont applaudi l’arrivée de François BOZIZE YANGOUVONDA au pouvoir en 2003 et je ne le regrette pas. Je regrette seulement la méthode avec laquelle l’histoire de ces neuf dernières années fut écrite et qui a servi de mobile à la crise que nous vivons.


En effet, rapidement,  il a fallu se rendre à l’évidence (4) que François BOZIZE YANGOUVONDA s’était installé dans la lignée de ses prédécesseurs en reproduisant leurs erreurs avec tous les maux en « ISME  et  IE ».


La principale leçon du 15 mars 2003 est que tout changement sans le peuple est toujours utilisé contre le peuple. Nous aurions pu faire l’économie de la crise SELEKA si la société politique centrafricaine s’était mobilisée pour créer le rapport de force nécessaire à l’équilibre des pouvoirs au lieu d’espérer sur l’hypothétique ouverture de Bozize qui n’est jamais venue ou l’arrivée du Sergent-Chef qui allait équilibrer les institutions démocratiques de notre pays par sa Kalachnikov.


Des centaines de morts et autant de blessés. Des milliers de déplacés, une crise humanitaire aiguë. Trois semaines d’angoisse, d’incertitude et de rythme scolaire perturbé. Des milliards de Fcfa de dégâts qui vont réduire à néant les perspectives économiques pour 2013, annonçant une année extrêmement difficile dans un contexte mondial lui-même tendu. Le prix payé pour sortir de l’impasse politique née d’une part de la patrimonialisation de la libération du 15 mars 2003 et d’autre part de l’apathie de l’élite politique, intellectuelle, économique, culturelle et religieuse est très élevé.


Les accords de Libreville, la désignation du PM ainsi que du gouvernement ne constituent pas la fin de la crise et j’ai des inquiétudes pour le lendemain.


Mais face au prix payé pour obtenir l’accalmie, il est d’une impérieuse nécessité que les principaux acteurs fassent preuve de leur bonne foi en préservant l’essentiel : La RCA et ses Populations.

 

Aujourd’hui nous payons le prix d’un déficit fondamental : LA NON EXISTENCE DE LA REPUBLIQUE.


Je formule les vœux, que cette équipe transitoire pose les fondements de la République (ou son esquisse)  sur lesquels, ceux à qui les Centrafricains confieront la charge d’administrer le pays au sortir de cette période s’appuieront pour nous faire entrer dans la modernité c’est-à-dire le 21ème siècle.

 

Au nom de la République Centrafricaine,

 

Du peuple,

 

Et de la Démocratie…AMEN.

 

 

Clément  DE  BOUTET-M’BAMBA

 


Post-Scriptum : j’ai une pensée pour ces dizaines de victimes civiles. Ces femmes violées. Ces hommes enlevés, torturés et exécutés. Ces opérateurs économiques qui ont tout perdu. A la faveur de cette sortie de crise qui s’annonce, il serait utile que soit mise en place une commission internationale sous l’égide de la CEEAC, de l’UA, de l’ONU et de l’UE en collaboration avec le département centrafricain de la Justice ainsi que la CPI pour que la lumière soit faite d’une part sur ces différentes exactions et que leurs auteurs identifiés soient traduits en justice, processus de paix ou pas. Et que d’autre part, des opérateurs économiques comme Alima à Bambari ou la société SUCAF à Ngakobo, les différentes radios communautaires saccagées et les autres crimes à caractère économique que nous découvrirons lorsque les régions sous contrôle de SELEKA seront ouvertes intégralement aux medias et aux autorités centrales, soient dédommagés pour permettre une relance économique au niveau national. Cette commission d’enquête devra aussi se pencher sur ce qui s’est passé dans Bangui Intra-muros depuis le 10 décembre 2012.


Mais pour une véritable réconciliation nationale, cette commission pourra et devra se pencher sur les atteintes aux droits de l’homme, de la Restauration de la République à la Signature des accords de Libreville.


1 : « Vouer à l’opprobre perpétuel ceux que la récente histoire de la RCA n’instruit pas et qui pensent que leur heure est venue, oubliant le jour d’après, celui du partage de la dépouille de la RCA entre ces différents groupes dont ils font semblant de ne pas voir le côté non seulement exogène mais aussi et surtout terriblement dangereux

; » In « La Patrie d’abord ». CBM, Paris 26.12.12

     http://www.sozowala.com/palabre/reflexions/r20121226001.htm

2 : Voir Mémorandum de l’Opposition aux Pourparlers de Libreville.

3 : La palme d’or à Harold Hyman de BFM TV, chaine d’info française.

4 : Le Processus « Patrimonialisant » de la Libération du 15 mars 2003

« Que reste-t-il de la Libération du 15 mars 2003 ? » CBM, Paris 16 mars 2004.

http://www.sangonet.com/ActualiteC18/Qreste15ms03CBM.html

« Les causes profondes de l’Echec de la libération du 15 mars 2003 ». CBM, Paris 16 avril 2004.

http://www.sangonet.com/ActualiteC18/causeprof-echec2003-CBM.html

« Le cas BOZIZE : le pouvoir absolu corrompt absolument ». CBM, Paris 24 juin 2004.

http://www.sangonet.com/ActualiteC19/lecasboz-pvabso-corr.html

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 00:04

 

 

 

Nicolas Tiangaye

 

BANGUI (AFP) - 13.01.2013 19:53 - Par Patrick FORT

 

La Centrafrique attendait toujours dimanche soir la nomination d'un Premier ministre de gouvernement d'union nationale conformément à l'accord de Libreville, car, si l'opposition a choisi l'avocat Nicolas Tiangaye, le camp présidentiel affirme n'avoir pas reçu la proposition des rebelles.


"J'ai été désigné à l'unanimité par mes pairs. Nous avons envoyé le courrier avec mon nom au président de la République (François Bozizé) samedi à 18H00 (17H00 GMT) et nous attendons donc ma nomination", a affirmé à l'AFP dimanche Me Tiangaye.


L'accord de sortie de crise signé vendredi à Libreville prévoit "un nouveau Premier ministre issu de l'opposition. Le texte prévoit aussi que Bozizé restera en place jusqu'à la fin de son mandat en 2016 mais qu'il ne "pourra pas révoquer" le nouveau Premier ministre pendant la période de transition de 12 mois.


Toutefois, "le président ne veut pas être accusé de ne pas respecter les accords de Libreville. Il a reçu la proposition de l'opposition" démocratique (opposition politique), a affirmé à l'AFP Josué Binoua le ministre de l'Administration territoriale du gouvernement démis samedi.


"Mais il y a deux oppositions. Il y a aussi l'opposition des rebelles (du Séléka). Et le président attend un écrit de leur part pour connaître leur proposition, et ensuite soumettre tout cela au comité de suivi", présidé par le chef d'Etat congolais Denis Sassou Nguesso, a ajouté M. Binoua.


De sources proches, l'alliance rebelle Séléka, qui a entamé son offensive le 10 décembre et provoqué le bouleversement politique à venir dans le pays, réclame le poste de la Défense, et certaines composantes du mouvement qui a souvent montré des dissensions internes, remettent même en cause l'accord de paix.


S'il est nommé, Me Tiangaye aura la difficile tâche de former un gouvernement où devront figurer à la fois des membres de l'opposition et du pouvoir mais aussi de la rébellion Séléka, de la société civile, ainsi que d'ex-rebelles ayant signé auparavant des accords de paix.


"La grande cuisine va commencer. Chacun va essayer d'avoir le plus de postes possibles", a commenté un membre de l'opposition sous couvert de l'anonymat.


"Il ne faut pas que ce soit purement politique. Etant donné la tâche à accomplir, il faut un gouvernement qui soit composé de toutes les parties mais aussi un niveau technique de compétence et de gens intègres", a souligné l'ambassadeur de l'Union européenne, Guy Samzun.


Du côté du pouvoir, "Le président a son mot à dire", a rappelé M. Binoua.


"Une lutte d'influence va avoir lieu", analyse un observateur, "Bozizé va tout faire pour savonner la planche du gouvernement. Actuellement, il est dans un creux mais c'est un battant et il va se reprendre. C'est un roublard et il sait mettre en place des stratégies".


Bozizé a d'ailleurs mobilisé ses troupes en réunissant dans l'après-midi 3 à 4.000 partisans au stade de Bangui.


"C'est la paix, nous sommes heureux. Nous allons changer de gouvernement, les rebelles vont repartir et nous allons enfin pouvoir exploiter nos richesses. Le président Bozizé a bien géré", a estimé Arsène Mandja, 19 ans élève de Terminale.


Ancien président de la ligue centrafricaine des droits de l'Homme, Me Tiangaye a notamment défendu l'ex-empereur Bokassa en 1986-1987 mais aussi... François Bozizé, accusé d'un complot sous le régime d'Ange-Félix Patassé en 1989.


Il a été président du Conseil national de transition (CNT, parlement de transition) en 2003 après la prise de pouvoir de Bozizé et a surtout été un des principaux rédacteurs de la Constitution adoptée en 2004.

 

© 2013 AFP

 

 

 

NDLR : Les futurs ministres doivent être non seulement des gens compétents et aussi d’honnêtes personnes mais il faut surtout que Bozizé ne puisse plus avoir une quelconque mainmise sur quelque portefeuille où on manipule de l’argent. Il faut notamment qu’il ne puisse plus placer un de ses hommes de paille au ministère des finances, ni au trésor, ni au ministère des mines, à celui des eaux et forêts voire même à l’agriculture et surtout pas aux télécommunications entre autres. Sa propension à la prédation est telle qu'il faut le marquer à la culotte ainsi que tous les ministres qu'il aura à placer au gouvernement. Des prédateurs bien connus comme Albert Besse et autre Parfait Mbaye ou Fidèle Ngouandjika pour ne citer que ceux-là qui lui sont d'une grande docilité doivent être proscrits dans le nouveau gouvernement dont la feuille de route ne saurait tolérer la présence en son sein de tels individus. Un important travail de nettoyage attend le prochain gouvernement de transition pour débarrasser l'appareil de l'état de la véritable armée d'incompétents et de corrompus qui le remplissent, presque tous recrutés sur des raisons hautement tribalistes et politiques. C'est un besoin de salubrité publique. Le KNK criera à la chasse aux sorcières mais on ne saura faire l'économie de ce ménage des écuries d'Augias.   

 

Par ailleurs, la lamentable façon avec laquelle il a insulté l'armée dans son message du 31 décembre 2012 ajoutée à sa désastreuse gestion de cette institution sont telles que bien qu’il se prend pour un général d’armée, il n’a plus le droit de se mêler des questions militaires ni de sécurité dans ce pays. C’est dans ces deux domaines que le bilan de sa gestion est le plus catastrophique donc il est totalement disqualifié à avoir quelque prétention que ce soit ou à vouloir  la ramener dans ces secteurs. 

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 23:55

 

 

Djotodia et Willybiro

 

 

http://afrikarabia2.blogs.courrierinternational.com   dimanche, 13 janvier 2013

 

L'accord qui fâche tout le monde… ou presque. Si l'on en croit certaines voix au sein du Séléka, Michel Djotodia, le chef de la délégation rebelle, aurait signé "un peu vite"  avec François Bozizé et surtout sans l'accord des chefs militaires. Sur le terrain, les commandants de la rébellion jugeraient le texte "inapplicable", donnant la part belle à l'opposition politique.


Après un mois de conflit armé et trois jours de difficiles négociations, un accord a finalement été signé entre François Bozizé, la rébellion Séléka et l'opposition politique. Le texte prévoit l'organisation d'élections législatives dans 12 mois et la nomination d'un nouveau Premier ministre "issu de l'opposition politique". Le président centrafricain, François Bozizé sauve donc son fauteuil jusqu'au 2016 et ne pourra pas de représenter, tout comme il lui sera interdit de révoquer son Premier ministre pendant la période de transition. L'accord prévoit également "le retrait de toutes les forces militaires étrangères du pays" (on pense bien sûr aux mercenaires sud-africains), à l'exception des Forces africaines de la FOMAC. Le nouveau Premier ministre devrait être désigné très rapidement, puisque l'opposition politique a déjà désigné l'avocat Nicolas Tiangaye comme son candidat.

 

Une opposition politique archi-gagnante



Côté rebelle, l'ambiance est nettement moins euphorique. Très rapidement après la signature de l'accord, des voix dissonantes se sont fait entendre. La Séléka est en effet la grande perdante du texte de Libreville. La rébellion espérait au moins la primature, qui revient en fait à l'opposition politique, et une reconnaissance des grades militaires pour les rebelles. Au final : rien de tout cela ne figure dans l'accord de Libreville. Un membre du Séléka, très remonté, se demande quelle mouche a piqué son chef de délégation, Michel Djotodia, de signer aussi rapidement avec François Bozizé un tel texte. Quelque peu déboussolé, il nous affirme que "ces accords n'engagent pas les chefs militaires du mouvement… Ils sont tout simplement inapplicables !". Ce membre du Séléka trouve également que l'opposition politique sort archi-gagnante de Libreville, alors "qu'elle n'a rien fait". "C'est un peu comme si elle avait gagné au Loto !" conclut-il.

 

Un accord "mort né"


Depuis vendredi, jour de la signature de l'accord, ça tangue sévèrement au sein de la rébellion. Certains craignent même l'implosion du mouvement. Une autre composante du Séléka a ouvertement critiqué l'accord de Libreville ce dimanche sur internet. Il s'agit de l'Alliance pour la renaissance et la refondation (A2R). Cette faction, très nouvelle dans la "galaxie Séléka", est principalement constituée d'officiers des FACA, l'armée régulière centrafricaine, hostiles au régime Bozizé. L'A2R n'a rejoint la coalition Séléka que fin décembre 2012. Dans un communiqué rédigé à Bimbo, le 12 janvier dernier, l'A2R estime que "le rendez-vous de Libreville n’aura été qu’un bal macabre de fossoyeurs car les questions de fonds n’auront pas été abordées et tranchées". Et de conclure : "l’accord politique de Libreville est mort né".


Bozizé seul...mais toujours président


A Bangui, dans l'entourage de François Bozizé, l'accord de Libreville fait grincer quelques dents. On accuse en effet le président centrafricain d'avoir sauvé son poste, au détriment de son gouvernement et d'avoir "tout donné". Seul François Bozizé peut savourer les bénéfices de l'accord de Libreville : une présidence assurée jusqu'en 2016, une rébellion stoppée militairement, désorganisée politiquement et une opposition moribonde qui se querellera sans doute autour des postes gouvernementaux à se partager. Une seule interrogation ? Qu'a gagné Michel Djotodia a signer dans la précipitation cet accord ? On peut supposer avoir la réponse dans quelques jours, une fois le gouvernement de transition composé.



Christophe RIGAUD - Afrikarabia

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 23:26

 

 

 

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13 jan. 2013

 

L’AFP rapporte aujourd’hui qu’une dizaine de gendarmes français de l’unité spéciale d’intervention (GIGN) sont déployés depuis une semaine au Mali afin de renforcer la sécurité de l’ambassade française à Bamako. « Ils appartiennent à la Force sécurité protection (FSP) du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) », explique une source sécuritaire française s’exprimant sous couvert de l’anonymat. « D'autres gendarmes du GIGN sont également présents à l'ambassade de France à Bangui (Centrafrique) », poursuit cette même source.

 

(Source : AFP)

 

 

NDLR : Avec Bozizé et ses méthodes de voyou consistant à faire payer des oisifs par ses suppôts du KNK genre Guénébem, Lévy Yakité et Yambété  pour qu’ils aillent caillasser les ambassades établies à Bangui, le déploiement de ce genre de soldats d’élite est nécessaire. Désormais il réfléchira à deux fois avant de prendre des initiatives de voyou.  

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 17:23

 

 

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Que les Démocrates exultent!  C’est bien raisonnable. Qu’ils glosent sur l’opportunité des accords politiques de Gabon des 10-11 Janvier 2013 ! C’est dire qu’ils font preuve d’une maturité politique incontestable et incontestée pouvant signifier à la Communauté Internationale : qu’ils sont capables de décider le commencement de la fin du régime politicide de Bozizé. En signant les accords politiques de Gabon, Bozizé a  lui- même signé son déclin. Pour dire vrai, Séléka et l’opposition démocratique ont écrit le « déclinisme de Bozizé ». Et c’est juste. 

 

Ce n’est pas l’auteur de ces lignes qui le dit. Mais, c’est  plutôt le texte des accords politiques qui le signifie. Alors vous direz quoi ? Et bien sûr oui. Les accords politiques de Gabon font de Bozizé, un homme à la tête de l’Etat sans pouvoir réel. Ils ont morcelé le Pouvoir d’Etat qui était le sien, proclamant ainsi son confinement. Et les démocrates doivent le savoir et le porter à l’intention de la Représentante des Nations Unies en Centrafrique. Outre, c’est ce qu’on peut qualifier le « Dépeçage du Pouvoir de l’Etat » par les accords politiques de Gabon.

 

En un mot, Bozizé au travers ces accords, n’attend que sa retraite du Pouvoir de l’Etat. Il appartient aux démocrates de veiller à son application stricte afin que la Centrafrique entre dans l’ère de la Démocratie. C’est difficile à réaliser, mais  pas impossible ou insurmontable. La Centrafrique doit se dire : quelle priorité lui sied ? La réponse réside dans la stabilité de la Centrafrique et non l’instabilité. La discipline budgétaire,  la refonte de l’Armée et sa modernisation. Elle se trouve dans l’action de mettre fin aux avidités des hommes politiques notamment les élites et les militaires (officiers et autres), le refus des injustices, des discriminations selon qu’on appartient ou non à des minorités ethniques.

 

Elle se trouve dans la relance économique, l’endiguement du chômage des jeunes, la construction des infrastructures nécessaires au développement – notamment les routes,  les ponts –,  la réforme du système éducatif, la réforme de la Santé et aussi la promotion des Droits de l’Homme.  Ce sont des tâches qui reviennent aux démocrates selon les accords politiques de Gabon. Outre, même si ces accords politiques n’ont pas  une force juridiquement contraignante,  ils sont à respecter par Bozizé  parce qu’ils font partie des  documents du droit international. Si Bozizé se montre retors à l’application stricte de ces accords politiques ; il commet alors l’Estopple.

 

C’est-à-dire qu’il ne respecte pas sa parole donnée. Et sa mauvaise foi l’accable. Cela dit, que Bozizé aille ou pas jusqu’à la fin de son mandat ne doit pas intéresser les démocrates. Il est déjà fini. Mais sa véritable fin sera devant les juges centrafricains et ceux qui ont contribué à l’installer au Pouvoir de l’Etat.  En le disant, il faut souligner qu’Idriss Déby Itno et l’Etat tchadien devront un jour répondre aussi devant une juridiction spécialement constituée pour avoir soutenu, aidé et porté (détruisant, pillant, infrastructures de l’Etat, tuant et assassinant des centrafricains au cours de la descente de ses troupes vers Bangui) Bozizé au Pouvoir de l’Etat le 15 Mars 2003 par coup d’Etat. L’Etat tchadien devra dire pardon aux démocrates centrafricains, si ce n’est à la Centrafrique. Les démocrates centrafricains l’exigeront. Même si Idriss Déby Itno disparaissait de ce bas-monde, l’Etat tchadien le prononcera par la voix de son nouveau président tchadien. C’est une obligation juridique d’une part, et un devoir d’éthique politique d’autre part.


Enfin, les démocrates doivent être déterminés à prendre en compte les accords politiques de Gabon pour pacifier le paysage politique, c'est-à-dire promouvoir la liberté d’expression et exclure le régime politicide de Bozizé. C’est la Centrafrique des démocrates. La crise a défini la rupture d’avec l’autocratie.

 

Joseph-Nestor Ouamba-Patas

               Strasbourg

 


President Barack Obama, sure America is avoided fiscal cliff, reducing its unemployment rate, and making a good economic recovery at that moment. President François Hollande, yet, is facing huge unemployment and economic restructuring. Secretary General Ban-Ki Moon; international security and stability, peace and peace-building are upon yours shoulders to be set.  Despite the tough condition in which the world is now experiencing and the heavy duties which are yours to promote  Democracy, Freedom and Human Rights, to reduce poverty by implementing prosperity through free enterprise and private sector;  Democrats in Central African Republic look upon you to consider their aspiration for Democracy. Power of Sate concentration in the hand of Bozize, its refusal to share power with Democratic opposition and to put into practice former political agreements with some group of rebels in 2007-2008 its greed and trend to manage Treasury as its property, its disregard for Human Rights respect explain the crisis on the link of which, to-day is confined as a King without power waiting its time to step down. This is a crisis. 

 

And this crisis brought the break of dictatorship. And crisis means on this way : exit. Democrats know how it is suitable to tackle autocratic regime. They have done. Bozize is now under huge pressure of CEEAC, political agreements, Democratic opposition, Seleka and International Community. As stability and prosperity of this country depend at first on its citizens, they depend also on its international economic partners. Among them, United States of America and France could be named as so important. By opting to sign political agreements with Bozize, Democrats in Central African Republic affirmed their will to end Bozize autocratic regime.  Political agreements which took place on January 10-11 2013 in Gaboon mean that: Bozize Power of State is communiting. Bozize Power of State is emasculated for the safe of Democracy process in Central Afican Republic. These agreements give obligation to President Barack Obama through Department of State, President François Hollande through Quai d’Orsay and United Nations Secretary General Ban-Ki Moon in New-York to appreciate Bozize good faith regarding its implementation.

 

Seléka, Democratic opposition and those who believe in change without Bozize say that: “greed and grievance” according to Paul Collier and Anke Hoeffler, political violence, State-Led Discrimination are characterized Bozize trend policy before these political agreements. Then Bozize is a Politicide according to Democratic opposition. They have targeted because of their political opposition to him. Even if, these political agreements lack a coercion frame, they represent legal powerful documents by which Bozize will be judged by Democrats in Central African Republic and in the International Community. The process to put away Bozize from the Power of State is now undergoing. International Community should give support to Democrat opposition in Central African Republic.

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 14:08

 

 

 

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ARRESTATIONS, ENLEVEMENTS, GARDES A VUE, DETENTIONS, SEQUESTRATIONS ET RADIO MILLE COLLINES

 

 

AVERTISSEMENT

 

 

            Les développements qui suivent ne constituent en rien une caution des pertes en vies humaines, saccages et pillages qu’on déplore et condamne depuis le lancement de l’offensive militaire de la coalition SELEKA.

 

______________

           

Depuis plusieurs mois, Le Journal MEDIAS + publie régulièrement et courageusement sur sa première page la photo de Serge Venant MAGNA en indiquant le nombre de jours passés depuis son « enlèvement », les traitements qu’il subit, le lieu où il se trouve et l’absence de procès.

 

            Ainsi, dans la parution n° 659 du Vendredi 28 Décembre 2012, on peut lire : « 137ème JOUR DE L’ENLEVEMENT, DE DEPORTATION, DE TORTURE, DE TRAITEMENTS HUMILIANTS ET DEGRADANTS DE SERGE VENANT MAGNA A LA MAISON D’ARRET FRANCOIS BOZIZE     AU « GUATANAMO » SANS MOTIF ET SANS PROCES ». Il manque le qualificatif INHUMAINS en ce qui concerne les traitements. D’autres journaux  ont fait état de la « détention » de 16 Nigérians au Camp militaire de Bossembélé et au Camp De Roux depuis plusieurs mois, ainsi que de 6 douaniers de Bouar et de l’épouse du Procureur de cette localité au camp militaire de Bossémbélé depuis plus d’un mois.

 

            Monsieur Serge Venant MAGNA aurait été enlevé parcequ’on le soupçonnerait d’être le complice de l’ancien Ministre d’Etat Sylvain NDOUTINGAI. Or celui – ci n’a jamais été poursuivi depuis son limogeage ; il a même accordé une interview à la Voix de l’Amérique en démentant avoir été arrêté et, selon les journaux, le Président de la République a pris généreusement en charge sa prétendue évacuation sanitaire au Maroc, d’où il serait parti au Burkina Faso gérer ses innombrables affaires, puis en France.

 

            Pourquoi alors enlever ses collaborateurs (on parle aussi de la tentative d’enlèvement de son ex-chauffeur et de son ex-aide de camp), eux qui n’ont fait que leur travail ? « Mutatis mutandis » (en changeant ce qui doit l’être), le Général De Gaulle avait fait de même avec Jean – Paul SARTRE, le grand philosophe de « la nausée », mais il n’y a évidemment aucune comparaison à faire. N’est pas Jean – Paul SARTRE qui veut.

 

            En effet, lorsque le Journal La Cause du Peuple avait été interdit, Jean – Paul SARTRE s’était juché sur un tonneau et s’était mis à le vendre. Les policiers avaient demandé au Général De Gaulle s’il fallait l’arrêter, mais il leur avait répondu « on n’arrête pas Voltaire ». Alors, les policiers n’arrêtaient que ceux qui achetaient le Journal des mains de Jean – Paul SARTRE.

 

            Depuis quelques jours, Radio Ndékéluka dénonce courageusement des « enlèvements » de personnalités civiles, ce que pour sa part RFI qualifie d’« arrestations ».

 

            Quelle différence y a – t – il entre ces deux termes, et que signifient les termes qui s’y rattachent, à savoir garde à vue, détention et séquestration ?

 

Arrestations et enlèvements

 

            Les Autorités auxquelles le code de procédure pénale confère le droit d’arrêter une personne sont les agents et officiers de police judiciaire (la police judiciaire), les Procureurs, les Juges d’instruction, les tribunaux et les Cours d’Appel.

 

            Aux termes de l’article 13 du code procédure pénale, « les officiers de police judiciaire sont :

 

Les officiers, les commandants de brigade et chefs de poste de gendarmerie nominativement désignés par arrêté conjoint du Ministre de la Justice et du Ministre de la Défense Nationale, après avis conforme d’une commission d’habilitation.


Les contrôleurs, les directeurs des services actifs de la police, les commissaires et les officiers de police ainsi que les inspecteurs principaux nominativement désignés par arrêté conjoint du Ministre de la Justice et du Ministre en charge de la Sécurité Publique, après avis conforme d’une commission d’habilitation ».

 

            Aux termes de l’article 18 du code de procédure pénale, « Sont agents de police judiciaire :

 

Les gradés de la gendarmerie qui n’ont pas la qualité d’officier de police judiciaire et les gendarmes.


Les inspecteurs qui n’ont pas la qualité d’officiers de police judiciaire »

 

            L’article 20 précise qu’ «outre les conditions exigées par le présent code, la qualité d’officier de police judiciaire ou d’agent de police judiciaire doit être sanctionnée et reconnue par la commission d’habilitation créée par un décret pris sur rapport conjoint des Ministres de la Justice, de la Défense Nationale et de la Sécurité Publique ».

 

            Outre les officiers et agents de police judiciaire des articles 13 et 18, l’article 21 dispose que « Participent à la police judiciaire, les fonctionnaires et agents des services publics auxquels des lois spéciales confèrent des pouvoirs de constatations et de poursuites, et ce, dans les conditions et limites fixées par ces textes ».

 

            De ce qui précède, il résulte que :

 

Malheureusement, les arrêtés conjoints de désignations nominatives des officiers de police judiciaire n’ont jamais été pris, et la commission d’habilitation n’a jamais été mise en place ;


Les militaires de la Sécurité Présidentielle, dont la mission consiste exclusivement à assurer la sécurité du Chef de l’Etat, et à « contribuer » au maintien des libertés et des institutions, conformément aux dispositions de l’article 29 du décret n° 81/199 du 9/5/81 fixant les conditions de participation de la Garde Présidentielle au maintien de l’ordre, ne peuvent pas procéder à des arrestations. Aux termes de l’article 1er, ils ne peuvent effectuer que « des opérations de contrôle ou de maintien de l’ordre ». L’article 4 précise que « le Commandant de la garde présidentielle ne peut faire usage de la force que dans l’un des cas suivants :

 

Si des violences ou voies de fait sont exercées contre les gardes


Si celle-ci ne peut défendre autrement le terrain qu’elle occupe ou les postes dont la garde lui est confiée »

 

Au surplus, les dispositions de l’ancien code de procédure pénale qui leur accordaient la qualité d’officier de police judiciaire n’ont pas été reconduites par le nouveau code de procédure pénale


Les milices auto-proclamées gardiennes de la sécurité des banguissois, armées de machettes, de gourdins et de « kokoras » de l’association « COCORA » de Lévi YAKITE and Co qui se disputent l’invasion juteuse des Avenues de la capitale ont encore moins qualité pour procéder à des arrestations, notamment en raison de l’appartenance vraie ou supposée à l’ethnie Goula ou à la religion musulmane. Ainsi, un basketteur de ZARASCLO a été enlevé à Bangui et relâché au PK 26 route de MBAÏKI, après menace de déportation au camp militaire de Bossémbélé, au motif qu’il serait Goula, parcequ’il mesure 2,05 mètres.

 

Pour plus de détails sur les missions de la Sécurité Présidentielle et les modalités d’exécution de ces missions, l’on peut utilement se reporter au volumineux arrêté n° 116 du 26 Avril 1982 fixant les conditions de participation des forces armées au maintien de l’ordre, étant observé que pour l’heure, Dieu merci, l’ordre n’est pas ou pas encore troublé à Bangui.

 

L’exemple du tribalisme et de l’exclusion vient d’en haut puisque, parlant de Monsieur ABDOULAYE MISKINE à la radio, Monsieur Lévi YAKITE a déclaré qu’il est d’ethnie Sara et de « petite » ethnie Ngama. Quel était l’objectif d’une telle indexation, si ce n’est d’attiser les haines ethniques ? De même, dès lors que la nationalité centrafricaine de la mère d’Eric MASSI ou NERIS ne semble pas être contestée, pourquoi dénier à ce dernier la qualité de Centrafricain et le traiter d’étranger ? Par phallocratie ou rejet de l’égalité des sexes, improprement appelée question genre, une mère n’aurait – elle pas le droit de transférer sa nationalité à son fils ? De même, être musulman signifie – t – il nécessairement n’être pas Centrafricain, si l’on en juge par les exactions et l’ostracisme dont les musulmans sont victimes et qu’ils dénoncent ?

 

            Il s’ensuit  que les prétendues arrestations de civils opérées par des militaires sont en réalité des enlèvements, purement et simplement. Comme tels, ces enlèvements doivent être condamnés avec la dernière énergie et leur cessation doit être exigée et obtenue pour l’avenir. Ces enlèvements rappellent fâcheusement qu’avant sa fuite, l’ex-Président du Tchad HISSEIN HABRE avait fait enlever et massacrer de nombreux opposants politiques encore en liberté, étroitement et illégalement surveillée, ainsi que tous les prisonniers politiques qui se trouvaient dans ses geôles – mouroirs de triste mémoire.

 

Dans un pays comme le nôtre où, depuis 2008, sévissent des rébellions, ainsi qu’une horde de mercenaires sans foi ni loi venue de la lointaine OUGANDA sans frontière avec nous qui assassinent, violent, pillent, emportent en esclavage de nombreux fils et filles pour en faire des porteurs comme aux temps de la colonisation, des brigands forcés et des esclaves sexuelles s’agissant des filles et des femmes, la place des militaires est au front, et non dans les villes, au surplus pour procéder à des enlèvements ou aux barrières illégales ou légales sur les routes pour rançonner les usagers de la route, ou encore dans le commerce, qui leur est interdit par la loi.

 

            Il est vrai que l’exemple de l’exercice du commerce vient d’en haut, du Président de la République, Chef Suprême des Armées (station Rex au Km5) au Chef d’Etat - Major des FACA, en passant par le Ministre Délégué à la Défense Nationale, avec l’ « avantage » de se payer à la source sur les salaires lorsqu’ils vendent des marchandises à des militaires. Même les Mess des Officiers et hommes du rang n’ont pas échappé à leur boulimie commerciale.

 

Gardes à vue, détentions et séquestrations

 

            Croyant bien faire, l’ancien code de procédure pénale institué par la loi n° 61/265 du 15 Janvier 1962 avait fixé la durée de la garde à vue à seulement 48 heures comme en France, aux termes de son article 35 a) qui disposait : « Dans les lieux où réside un magistrat du Ministère Public, si par nécessités de l’enquête, l’officier de police est amené à garder à sa disposition une ou plusieurs personnes soupçonnées d’avoir participé à l’infraction, il ne pourra le faire que pendant 48 heures ». Cette durée avait été portée à 8 jours en matière de crime flagrant par l’article 2 de la loi 62. 336 relative à la procédure de crime flagrant.

 

            Or faute de moyens, et aussi faute de culture démocratique et légaliste, la durée de la garde à vue n’était jamais respectée, et les procureurs délivraient à la police judiciaire des autorisations de prorogation de garde à vue, en toute illégalité, puisqu’une telle prorogation n’était pas prévue par la loi.

 

            C’est pourquoi, afin de mettre un terme à ces abus, le nouveau code de procédure pénale dispose en son article 40 : « Dans les lieux où réside un Magistrat du Ministère Public, si par nécessité de l’enquête, l’officier de police judiciaire est amené à garder à vue une ou plusieurs personnes soupçonnées d’avoir participé à l’infraction, il ne pourra le faire que pendant 72 heures renouvelables une seule fois. A l’expiration de ce délai, la personne gardée à vue sera en tout état de cause présentée au Procureur de la République ou mise immédiatement en liberté ».

 

            Malheureusement, prisonnières de ses mauvaises pratiques d’antan, la police judiciaire persiste à demander et à obtenir du Procureur de la République des autorisations de prorogations de garde à vue, en toute illégalité, puisque le nouveau code de procédure pénale n’a rien prévu de tel.

 

            Dès lors que le délai de garde à vue a expiré, la garde à vue se transforme ipso facto en détention arbitraire et séquestration, qu’il faut condamner avec la dernière énergie ; il faut en exiger et obtenir la cessation pour l’avenir.

 

            Il convient par ailleurs de relever que les enlèvements sont généralement opérés de nuit, à la suite de fouilles des domiciles sans mandats de justice et hors cas de flagrants délits ou d’appels au secours provenant de l’intérieur des domiciles, ce qui est formellement interdit par le code de procédure pénale, conformément aux dispositions de l’article 45.

 

            Article 45 : « Les perquisitions, visites domiciliaires, fouilles à corps et saisies de pièces à conviction, ne peuvent avoir lieu qu’avec l’assentiment exprès et constaté au procès – verbal de la personne qui en est l’objet ».

 

            « Les témoins sont entendus sans prestation de serment ».

 

            « Les visites domiciliaires et perquisitions ne pourront avoir lieu que de 5 heures à 18 heures sauf cas de flagrance, réclamation faite de l’intérieur de la maison ou exceptions prévues par la loi ».

 

            Une procédure spéciale est prévue par les articles 46 et 47 en ce qui concerne les perquisitions au bureau ou au domicile d’un Magistrat, ainsi qu’au cabinet ou au domicile d’un Avocat. Cette procédure n’avait pas été respectée lorsque le domicile de l’ex Bâtonnier Symphorien BALEMBY avait été perquisitionné dans le cadre de l’incendie du magasin Rayan du tout puissant ALI El AKHRAS ; celui – ci n’a pas payé à ce jour le prix de l’adjudication de l’immeuble mitoyen BANGUI 2000, source du litige, mais à ce jour aucun juge n’a osé annuler l’adjudication devenue butin politique faute de paiement du prix.

 

            Etant donné que la liberté ne se donne pas mais s’arrache, les personnes victimes d’enlèvements, de détentions arbitraires, de perquisitions illégales et de séquestrations doivent avoir le courage de déposer plainte entre les mains des juges d’instruction, sans se préoccuper de savoir si elles recevront ou non une suite favorable, laissant les juges face à leur conscience et à leur devoir.

 

Des lieux légaux de détention et des droits des gardés à vue et détenus

 

            On parle de garde à vue lorsque, par nécessité de l’enquête, la police judiciaire garde à sa disposition une personne soupçonnée d’avoir participé à l’infraction dont ladite police judiciaire est chargée de la constatation, du rassemblement des preuves, de la recherche des auteurs et de la présentation de ceux-ci aux Magistrats du Ministère public, conformément à l’article 11 du Code de procédure pénale.

 

            On parle de détention lorsqu’une personne soupçonnée d’avoir participé à l’infraction est placée sous mandat de dépôt ou d’arrêt, c’est – à – dire est mise en état d’arrestation, avant jugement définitif, par le Procureur de la République, le Juge d’instruction, le Tribunal Correctionnel ou la Cour d’Appel.

 

            L’inculpé, appelé maintenant en France le mis en examen, est une personne contre laquelle, conformément à l’article 51 alinéa 3, un juge d’instruction a retenu « des indices laissant présumer qu’elle a participé comme auteur ou complice ou fait dont il est saisi ».

 

            Le prévenu est celui qui est traduit devant un Tribunal Correctionnel ou de simple police ou devant la Cour d’Appel pour délit.

 

            L’accusé est celui qui est traduit devant une Cour Criminelle pour crime.

 

            Il est regrettable que, sans tenir compte de l’encombrement des prisons ou des garanties de représentation (domicile fixe, famille, revenus- - - ), les Tribunaux correctionnels assortissent systématiquement leurs condamnations à des peines de prison d’un mandat de dépôt.

 

            S’agissant des lieux où les gardés à vue, détenus et condamnés doivent être placés, ils sont régis par les articles suivants du code de procédure pénale :

 

            Article 405 : « les inculpés, prévenus et accusés soumis à la détention provisoire, la subissent dans une maison d’Arrêt ».

 

            Article 421 : « Les établissements pénitentiaires reçoivent, à l’exclusion de tous autres, les personnes en détention provisoire ou condamnées à une peine privative de liberté. Un acte d’écrou est dressé pour toute personne qui est conduite dans un établissement pénitentiaire ou qui s’y présente librement ».

 

            Article 422 : « Nul agent de l’administration pénitentiaire, nulle personne y faisant fonction ne peut, à peine d’être poursuivie et punie comme coupable de détention arbitraire, recevoir ou détenir une personne qu’en vertu d’un arrêt ou jugement de condamnation, d’une ordonnance de prise de corps, d’un mandat de dépôt ou d’arrêt, d’un mandat d’amener lorsque ce mandat doit être suivi d’incarcération provisoire, ou d’un ordre d’arrestation établi conformément à la loi, et sans qu’est été donné l’acte d’écrou prévu dans les dispositions du présent code ».

 

            Les droits des gardés à vue sont régis par les articles suivants du code de procédure pénale :

 

            Article 40 alinéa 3 : « Tout individu arrêté est informé, au moment de son arrestation, des raisons de cette arrestation. Il devra en outre être informé de son droit de se faire assister par un Avocat ».

 

            Article 42 : « Lorsque, pour les nécessités de l’enquête, l’officier de police judiciaire est amené à garder à vue la personne poursuivie, il doit en aviser immédiatement le Procureur de la République, même si cette mesure intervient un jour non ouvrable ».

 

            « Il doit aviser la famille de la personne soupçonnée ou l’un de ses proches ».

 

            « En outre, il doit informer la personne gardée à vue de son droit de choisir un Avocat et de bénéficier de l’assistance d’un médecin ou de toute autre personne qualifiée ».

 

            « Mention des obligations prescrites ci-dessus sera faite au registre de la garde à vue et au procès – verbal d’enquête ».

 

            « La présence d’un Avocat auprès de la personne gardée à vue détenue est de droit si cette dernière la réclame ».

 

            Article 49 : « Le procès – verbal doit à peine de nullité, mentionner la durée des interrogatoires, celle du temps de repos, la visite du médecin ou du conseil choisi par l’intéressé ».

 

            S’agissant de la privation de liberté ordonnée par un juge d’instruction, l’article 93 dispose :

 

            « En toute matière, le juge d’instruction qui envisage de placer l’inculpé en détention provisoire informe celui-ci de ce qu’il a le droit à l’assistance d’un conseil (avocat) de son choix ».

 

            « Il l’avise également de son droit de disposer d’un délai pour préparer sa défense ».

 

            « Mention de cette formalité est portée au procès – verbal ».

 

            « L’Avocat peut consulter sur le champ le dossier et communiquer librement avec l’inculpé ».

 

            Il s’ensuit que séquestrer des personnes civiles dans les camps militaires de Bossémbélé et De Roux est totalement illégal et attentatoire aux droits de l’homme, d’autant que ces séquestrations, faites à la suite d’enlèvements sans informations quant à leurs causes, sont exclusives de toute information de la famille et de tout droit d’assistance par un Avocat et un Médecin. Dans l’affaire RAIKINA et autres, poursuivis pour prétendue tentative de Coup d’Etat, le régime avait poussé l’outrecuidance jusqu’à les déporter au Camp militaire de Bossémbélé après leur relaxe (mise hors de cause) par le Tribunal Correctionnel de Bangui. Dans l’affaire de l’incendie du magasin RAYAN, les déportés du camp militaire de Bossémbélé n’avaient droit ni à l’assistance d’un médecin et de leurs Avocats, ni aux visites de leurs familles ; ils faisaient leurs besoins naturels dans des sachets qu’à tour de rôle, sous la menace des armes, l’un d’entre eux devait aller jeter le matin ; ils ne bénéficiaient d’une douche sommaire dehors, sous les regards des passants qu’une fois par semaine, y comprises les femmes.

 

            Ces séquestrations doivent être condamnées avec la dernière énergie et leur cessation pour l’avenir doit être exigée et obtenue sans délai.

 

Respect de la Constitution et appels au meurtre et au saccage

 

            Respecter la Constitution, ce n’est pas seulement respecter le nombre et la durée des mandats présidentiels.

 

            Respecter la Constitution, c’est respecter toutes ses dispositions, et non respecter uniquement celles de ses dispositions qui arrangent.

 

            Respecter la Constitution, c’est respecter toutes les dispositions ci-dessus énumérées, mais c’est aussi avoir mis en place les municipalités et les régions élues dans le délai d’un an à compter du 27 Décembre 2004, en lieux et places des Délégations Spéciales nommées « ad vitam aeternam » au lieu des 3 mois prévus par la loi sur les collectivités territoriales.

 

            Respecter la Constitution c’est ne pas laisser impunis un membre de la sécurité rapprochée du Chef de l’Etat assassiner simultanément à Bossangoa les 3 fils de l’ancien combattant d’Indochine Simon YALESSEM (sans protestation de l’Ambassade de France), c’est ne pas laisser ce même individu couper impunément l’oreille gauche du jeune TELLOT Prince Junior, avec son couteau commando publiquement, comme par hasard à la station service du gérant François BOZIZE.

 

            Respecter la Constitution, c’est ne pas laisser ses fils attacher en arbatacha, suspendre à une branche d’arbre et battre comme plâtre une employée de maison jusqu’à ce qu’elle perde l’usage de ses bras, enlever 2 frères dans une kermesse, les emmener au cimetière de Ndrès, tenter de les enterrer vivants, puis les y abandonner à minuit.

 

            Respecter la Constitution, c’est faire la lumière sur la « disparition » du Colonel MASSI, que le Président Tchadien a déclaré l’avoir livré aux Autorités Centrafricaines, afin de taire les rumeurs selon lesquelles on lui aurait crevé les yeux avant de l’assassiner et de l’enterrer nuitamment hors de Bangui.

 

            Respecter la Constitution, c’est ne pas interdire les partis politiques de l’opposition d’accès aux médias d’Etat, en violation de la loi sur le libre accès des partis politiques aux médias d’Etat, ne pas exiger qu’ils obtiennent une autorisation gouvernementale pour se rendre en provinces afin de faire connaître au Peuple leurs propositions pour une alternance démocratique et paisible, ne pas laisser impunis des nervis qui ont dispersé leur seule tentative de meeting avec des cocktails Molotov.

 

            Respecter la Constitution, c’est ne pas caporaliser les médias d’Etat et les transformer en « la voix de son maître » qui ne diffuse que les opinions du quasi-Parti Unique KNK, insulte les opposants jusqu’à les traiter d’incapables d’élever leurs enfants, à travers des émissions haineuses comme « yé so é lingbi ti inga », « bango ndo ti gbia ti kodro », et « patara ».

 

            Toute la nuit du Mercredi 9 Janvier au Jeudi  10 Janvier 2013, le sommet a été atteint et Radio Centrafrique, devenue plus que jamais « Radio Mille Collines », a carrément appelé au meurtre du Bâtonnier Nicolas TIANGAYE, porte parole de la délégation de l’Opposition démocratique, notamment par les diatribes haineuses et les vociférations de Monsieur Lévi YAKITE depuis Libreville.

 

            Ne faisant intervenir que les partisans du KNK pour rendre compte des discussions de Libreville, Radio Mille Colline, ex – Radio Centrafrique, a couvert de fleurs la coalition SELEKA et, sans craindre de se contredire, a soutenu que le seul et véritable « ennemi » du peuple Centrafricain, c’est le Bâtonnier TIANGAYE, qui aurait demandé à la coalition SELEKA de venir massacrer et violer le Peuple Centrafricain. La « preuve » serait qu’il aurait reçu un appel téléphonique d’un dirigeant de la coalition mais n’y aurait pas répondu, craignant d’être sur table d’écoute.

 

            Cette déclaration révèle « ipso facto » que le Bâtonnier TIANGAYE est sur table d’écoute, bien évidemment sans décision de Justice. Elle révèle aussi la turpitude de ses auteurs, dans la mesure où le Bâtonnier TIANGAYE ne saurait être tenu pour responsable de la décision d’un dirigeant de la coalition de lui téléphoner, ni d’avoir commis on ne sait quelle faute en ne répondant pas.

 

            Appelant indirectement au meurtre du Bâtonnier Nicolas TIANGAYE, Radio Mille Collines a soutenu que si un projectile le heurte, qu’on n’accuse pas le Président BOZIZE. Curieusement, les Proviseurs des Lycées Boganda, Miskine et Gobongo, censés être des intellectuels de haut niveau dotés d’esprit critique, sans exiger d’écouter eux-mêmes les déclarations du Bâtonnier TIANGAYE, se sont à leur tour lancés à corps perdu dans son lynchage médiatique. Lors du meeting du 10 Janvier, Place de la République, la foule, galvanisée par les organisateurs, chantait en chœur : « TIANGAYE kanga bè ti mo, Alleluia, yé so a ouara MASSI gbanda a ouara mo ! » (TIANGAYE tu ne perds rien pour attendre alleluia, ce qui est arrivé à MASSI t’arrivera !). terrible aveu d’assassinat de Charles MASSI et appel ouvert au meurtre de Maître Nicolas TIANGAYE, qui n’a pourtant fait que lire la déclaration rédigée en commun par les membres de l’opposition démocratique.

 

            Dans la même journée, dans l’exécrable émission « Yé so é lingbi ti inga », l’inénarrable ABAKAR PIKO s’est demandé ce qu’on doit faire de quelqu’un qui a fait massacrer et violer le Peuple Centrafricain et fait piller ses biens. Point n’est besoin d’être sorti de l’Ecole polytechnique pour comprendre qu’on ne peut que lyncher et assassiner un tel individu.

 

            En réalité, nombre d’individus qui jettent de l’huile sur le feu et appellent au meurtre dans le secret espoir de faire capoter les pourparlers de Libreville et poursuivre leur sale besogne le font parcequ’ils savent pertinemment  que la mise en place d’un gouvernement de large ouverture sonnera ipso facto et fatalement le glas de leurs juteux postes, de leur influence nocive, notamment dans la jeunesse, et de leurs flagornantes émissions ; ainsi que le disait Barthélemy BOGANDA à propos du départ des administrateurs colonialistes « que nos femmes et nos enfants jettent derrière (eux) le tison ardent, symbole d’un départ définitif et d’un souvenir couvert de honte et de malédiction populaire ». En somme, ils sont mus par l’énergie du désespoir.

 

            L’on en passe, et des pires !

 

            En toutes circonstances, force doit rester à la loi, afin que triomphent l’Etat de droit et la force du droit, et non le « droit » de la force. Il est regrettable que ce soient les Chefs d’Etat de la CEEAC qui aient contraint le Président BOZIZE à appliquer les résolutions pertinentes du Dialogue Politique Inclusif d’il y a plus de 4 ans, notamment l’implication de toutes les forces vives de la Nation dans la gestion de la chose publique, comme l’a dit Monsieur Cyriaque GONDA, et l’aient contraint à s’engager à respecter les droits de l’homme.


 Bangui, le 31 Décembre 2012 – 11 Janvier 2013


 

Maître ZARAMBAUD Assingambi

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