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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 01:46

 

 

 

ruban sida

 

enfant séropositif

 

 

WASHINGTON AFP / 03 mars 2013 23h37 - Une équipe de virologues américains a annoncé dimanche le premier cas de guérison fonctionnelle d'un enfant contaminé à la naissance par le virus du sida (VIH) transmis par sa mère séropositive non traitée.



Il ne s'agit pas d'une éradication du virus, mais du fait que sa présence est tellement faible que le système immunitaire de l'organisme peut le contrôler sans traitement antirétroviral, expliquent les virologues.



La seule guérison complète officielle reconnue au monde est celle de l'Américain Timothy Brown dit le patient de Berlin. Il a été déclaré guéri après une greffe de moelle osseuse d'un donneur présentant une mutation génétique rare empêchant le virus de pénétrer dans les cellules. Cette greffe visait à traiter une leucémie.



Dans le cas de l'enfant pouvant désormais contrôler sans traitement son infection, il avait reçu des antirétroviraux moins de 30 heures après sa naissance.



Ce traitement précoce explique probablement sa guérison fonctionnelle en bloquant la formation de réservoirs viraux difficiles à traiter, selon les chercheurs qui ont présenté ce cas à la 20è conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) réunie ce week-end à Atlanta (Géorgie, sud-est).



Ces cellules contaminées dormantes relancent l'infection chez la plupart des personnes séropositives dans les quelques semaines après l'arrêt des antirétroviraux.



Faire une thérapie antirétrovirale chez les nouveau-nés très tôt pourrait permettre d'obtenir une très longue rémission sans antirétroviraux en empêchant la formation de ces réservoirs viraux cachés, souligne le Dr Deborah Persaud, une virologue du Centre des enfants de la faculté du centre hospitalier universitaire Johns Hopkins à Baltimore (Maryland, est), principal auteur de cette étude clinique.

 



(©) 

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Centrafrique-Presse.com - dans Sciences
4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 01:41

 

 

Yayibo.JPG

 

 

RFI  dimanche 03 mars 2013

 

Au Bénin, les autorités affirment avoir déjoué une tentative de coup d'Etat le 22 février dernier. Un commandant de la gendarmerie et un civil ont été arrêtés dans cette affaire. 

 

D'après le procureur de la République, Justin Gbénamèto, ils auraient tenté de commettre un attentat pour empêcher le retour du président Yayi Boni qui était en déplacement à l'étranger et donner le pouvoir à un groupe de militaires.


« Très tôt, le matin du vendredi 22 février 2013, j’ai été informé par la gendarmerie nationale que certaines personnes ont été interpellées parce qu’elles ont été surprises en train de préparer un attentat visant à empêcher le chef de l’Etat Yayi Boni de rentrer de son voyage et instituer un régime militaire. Il y a un groupe de militaires qui devaient prendre le pouvoir et empêcher le chef de l’Etat de retourner à Cotonou, le contraignant ainsi à l’exil. 


Il n’y a qu’un gendarme et un civil qui soient interpellés pour le moment. Le gendarme est un commandant. Ils sont poursuivis pour attentat à la sécurité intérieure de l’Etat. Les intéressés ont fait des aveux. La justice est saisie, le juge d’instruction à cette heure est saisi. Une enquête est en cours ».

Selon le procureur Gbénamèto, le coup avait été monté par le colonel Pamphile Zomahoun et Johannes Dagnon, directeur d'un cabinet d'expertise comptable. Les deux hommes sont actuellement en détention.

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 01:09

 

 

 

 

 Levy-Lakite.jpg

le distributeur de machettes et patron de COCORA Lévy YAKITE

 

RFI  dimanche 03 mars 2013

 

En Centrafrique, après la scission au sein de la coalition Seleka et la reprise des hostilités par l’une de ses deux branches, la tension monte d’un cran à Bangui. Les jeunes pro-Bozizé, regroupés dans la « Coalition citoyenne d’opposition aux rébellions armées », la Cocora, se mobilisent. Ces jeunes qui érigent des barrières dans la capitale centrafricaine pour filtrer la circulation ont annoncé le durcissement de leurs actions. La Cocora a également lancé un ultimatum d’un mois au gouvernement d’union nationale : il doit cantonner les rebelles, faute de quoi la Cocora demandera sa démission.

 

La Cocora, née fin décembre, face à la percée des rebelles de la Seleka qui se rapprochaient de Bangui, revient sur la scène. Fouiller les voitures, procéder à l’arrestation des personnes jugées suspectes ou en lien avec la rébellion, et mener des actions de vigilance, telles sont ses actions.

 

Lévy Yakité, son coordonnateur, veut être explicite : « Lorsqu’on active la flamme du nationalisme, c’est une flamme qui brille, qui brûle et qui ne s’éteint pas vite ! Et rien ne nous dit encore aujourd’hui que tout est fini ! Si le danger est loin de nous, ces barrières vont disparaître d’elles-mêmes ! »

 

Lévy Yakité enfonce le clou. Un ultimatum d’un mois est donné au gouvernement d’union nationale. Il doit veiller au cantonnement des rebelles et passer à leur désarmement. Sinon, la Cocora demandera sa démission à tout prix, selon son chef :

 

« D’ici la fin du mois de mars, si rien n’est fait pour délivrer nos parents des exactions en tous genres, de la part des éléments du Seleka, nous allons demander la démission, pure et simple de ce gouvernement ! Ce gouvernement aura brillé par son incapacité de sauver les Centrafricains ! »

 

La Cocora va plus loin. Elle demande que la médiation de la crise centrafricaine soit retirée des mains de la CEEAC, pour être confiée à l’Union africaine, à cause de l’implication de certains Etats dans la crise.

 

Une manifestation est prévue dans les prochains jours par les jeunes, en soutien aux forces sud-africaines présentes dans le pays. Les jeunes partisans de François Bozizé entendent également interpeller le président Jacob Zuma, pour qu’il renforce la présence de ces troupes en Centrafrique, afin de contrer une possible entrée des rebelles dans la capitale.

 

 

 

NDLR : Il ne fait aucun doute que c’est ce que BOZIZE a chargé le distributeur de machettes de dire que ce dernier, tel un perroquet, se contente seulement de répéter. En tant que qui et avec quel pouvoir un certain Lévy YAKITE peut-il se permettre de lancer un ultimatum au gouvernement de la République ? Quelle est la légitimité de cet individu ?  La RCA est en crise.  Et ce conflit n’est tombé du ciel et ne résulte pas du fruit du hasard. Il est engendré par des années de mauvaise gouvernance de BOZIZE et des énergumènes comme ce Lévy YAKITE qu’il charge de faire le sale boulot autour de lui. C’est leur mauvaise politique qui a plongé ce pays dans l’abîme. Après dix années de gestion du pays, ils en sont réduits aujourd’hui à distribuer des machettes, à lever des milices, à recruter des mercenaires à tout va et à compter sur les troupes de l’Afrique du Sud pour assurer leur protection et leur régime. C’est une honte.

 

En décembre dernier, BOZIZE n’en menait pas large et a même été contraint d’annoncer à la hâte, sans doute à contre-coeur,  qu’il ne se présenterait pas à sa propre succession en 2016 et qu’il était prêt à prendre des rebelles de Séléka dans son gouvernement. Aujourd’hui, la pression de Séléka ayant baissé et fait place à l’entrée de ses responsables politiques au gouvernement, BOZIZE ressort sa queue tel un chien, et ose relever la tête.  D’où les coups de menton de Lévy YAKITE qui, très déçu de n'avoir pas été pris dans le gouvernement, n'en finit pas de ruminer son amertume.

 

S'agissant des manifestations et autres marches dans Bangui des pro-BOZIZE pour soutenir les troupes sud-africaines, la question se pose vraiment de savoir que font les partis de l'opposition démocratique. Qu'est ce qui les empêche d'organiser aussi une marche pour demander le départ des troupes de Jacob ZUMA? Les partis politiques de l'opposition démocratique étaient neuf (9) à se bousculer pour aller à Libreville et ensuite entrer coûte que coûte au gouvernement d'union nationale. Pourquoi doivent ils laisser le monopole des marches et des manifestations aux bozizistes et à la seule bozizie ?   

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Centrafrique-Presse.com - dans Interview
4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 01:05

 

 

 

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YAOUNDE Dimanche 3 mars 2013 18:57 UTC (Xinhua) - Le Premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye, issu des accords de paix signés le 11 janvier à Libreville au Gabon, s' est rendu dimanche à Kaga-Bandoro (Centre) pour le lancement de l' opération de cantonnement des rebelles en vue de leur désarmement, a annoncé à Xinhua le ministre de la Communication, Christophe Gazam Betty.

 

"La gestion de la prise en charge des combattants ayant été réglée, nous estimons que d'ici la fin de la journée la caravane va atteindre Kaga-Bandoro pour s'installer", a indiqué le ministre Gazam Betty, qui ne fait pas partie de la mission gouvernementale, car, resté à Bangui, la capitale centrafricaine, pour s’occuper d’autres importantes.

 

Cette opération donnera lieu dans un premier temps à l' identification des rebelles à désarmer, que sont non seulement les éléments de l' alliance Séléka qui a pris les armes en décembre pour pouvoir renverser le régime du président François Bozizé, mais également d' autres groupes armés actifs sur le territoire de la République centrafricaine (RCA).

 

Aucun chiffre exact n'est avancé pour déterminer le nombre de ces combattants, pas même ceux de Séléka, signataire des accords de paix de Libreville avec le pouvoir central et avec la participation de l'Opposition démocratique représentée par Nicolas Tiangaye et la société civile.

 

Un millier d' hommes est concerné par la cérémonie présidée par le Premier ministre dimanche à Kaga-Bandoro, qui représente l' un des trois sites choisis pour le regroupement des combattants, les deux autres étant Bria et Ndélé, informent cependant des sources officielles.

 

Le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad qui constituent avec la RCA le six pays membres de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), ont fourni une aide de 4 milliards de francs CFA (8 millions USD) pour cette opération. Entre 2 et 3 millions d'euros sont également annoncés de l'Union européenne (UE). Ce processus de désarmement devra permettre de pacifier la RCA, un pays sans cesse en proie à des rébellions et des putschs militaires.

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 01:01

 

 

 

 

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Radio Ndéké Luka Dimanche, 03 Mars 2013 13:23

 

Les opérations du cantonnement des rebelles de la coalition Séléka viennent d’être lancées ce 3 mars 2013 à Damara (75 kilomètres nord de Bangui). Plus de 1600 éléments de cette faction rebelle en sont concernés. Pour traduire dans les faits la 2ème phase de  l’accord de Libreville signé en janvier dernier, une importante délégation partie de Bangui a fait le déplacement de Damara, dite ligne de démarcation.

 

C’est le Premier ministre d’union nationale l’Opposant maitre Nicolas Tiangaye qui a conduit cette mission en collaboration avec les partenaires au développement.

 

Les grands absents au rendez-vous de Damara ont été le Vice Premier ministre en charge de la Défense nationale Michel Am-Nondroko Ndjotodia et Christophe Gazam-Betty ministre de la Communication, tous 2 issus des rangs de la Séléka, a remarqué l’envoyé spécial de Radio Ndeke Luka.

 

Ce cantonnement est intervenu quelques jours après qu’une frange des rebelles l’ait contesté. Elle a exigé le respect par Bangui des clauses de l’accord de Libreville. Toutefois, le gouvernement a, de son côté indiqué que les opérations ont été avortées faute de moyens logistiques liés à l’intendance.

 

Les populations de Damara et ses environs ont d’ores et déjà accueilli avec joie la nouvelle du regroupement et cantonnement de ces rebelles. Une manière pour elle de s’échapper enfin, des griffes de ces bourreaux qui les ont terrorisés  depuis quelques temps, a remarqué l’envoyé spécial.

 

Il faut aussi dire que ce cantonnement de la Séléka fait suite à l’attaque en début de cette semaine de la ville de Sido (nord) par les éléments de la Convention des Patriotes pour la Justice (CPJP) Fondamentale dirigée par Nouredine Adam. Ces derniers sont à ce jour des dissidents de la Séléka.

 

Au sujet justement de cette attaque, le gouvernement, par la voix de son porte-parole maitre Crépin Mboli Goumba, ministre des travaux publics, n’est pas passé par 4 chemins pour la condamner fermement.

 

« Les représentants légitimes de la Séléka ont même réaffirmé leur attachement à l’accord de Libreville et ont aussi condamné l’attaque. D’ailleurs, des solutions rapides aux réclamations des leaders légitimes de la Séléka seront trouvées. Car, la République centrafricaine ne peut plus continuer d’être une terre où sévissent toujours les criminels », a regretté le porte-parole.

 

Il est à noter que samedi dernier, la  Coalition Citoyenne d’Opposition aux Rebellions Armées (COCORA) a donné un ultimatum au gouvernement Tiangaye de réussir sa mission au sujet du soulagement des souffrances de la population des zones occupées par Séléka.

 

Lévy Yakité

 

« Si d’ici la fin du mois de mars, rien n’est fait pour délivrer nos parents qui souffrent à ce jour des exactions de tout genre de la part des éléments de la Séléka, nous allons demander la démission pure et simple de ce gouvernement », a martelé Lévi Yakété, coordonnateur de la COCORA.

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 00:41

 

 

 

Adrien Poussou

 


La Centrafrique est à nouveau au cœur de l’actualité avec l’attaque jeudi 28 février de la localité de Sido par une faction de la coalition rebelle Séléka.

 

Ce que l’on observe ces derniers temps et que mon ami et frère Éric Néris-Massi tente maladroitement de justifier en parlant d’un « simple incident » nourrit néanmoins la plus grande inquiétude et compromet dangereusement les chances de la paix.

 

D’autant que l’observateur de la vie publique centrafricaine que je suis,  à qui l’on prête, à tort ou à raison, une antipathie fondamentale à l’égard de François Bozizé et une bienveillante indulgence pour les rebelles, est donc obligé de constater que la rébellion a, en quelques mois seulement, dilapidé le préjugé favorable dont elle bénéficiait au départ. Sa conception assez étrange de la légalité républicaine et son incohérence étalée au grand jour montrent clairement qu’elle n’est ni capable ni digne d’exercer le pouvoir de l’État dans un pays aussi meurtri que la République Centrafricaine.

 

Que faire d’elle ? Quelle attitude adopter à son égard et à l’égard de ses innombrables et peu crédibles patrons, dont certains ne peuvent pas, objectivement, se réclamer de la Centrafrique parce que tous Tchadiens ?

 

En quoi le refus du président Bozizé et de ses partisans, dont le seul horizon est d’occuper le pouvoir et de s’y maintenir, d’appliquer intégralement les accords de Libreville constitue une faute et sert de prétexte à la poursuite des hostilités donnant ainsi une piètre image du pays ? Quel danger le Tchad de Deby Itno fait-il courir à l’ensemble de la sous région CÉMAC en laissant ses compatriotes déstabiliser ainsi impunément la Centrafrique ? 

 

Il ne s’agit pas, pour moi, de stigmatiser une partie au conflit quelle qu’elle soit. Il ne s’agit pas d’une affaire de personne. Il n’est pas affaire d’étiquettes politiques, de rivalité de pouvoir. C’est bien plus profond. Cela touche aux piliers, si tenté qu’il en reste, de notre maison commune.  À mes yeux, il s’agit d’une question de survie. C’est l’avenir même du pays qui est en jeu. 

 

C’est pourquoi, cela semble d’ailleurs être un impératif, il nous faut répondre le plus clairement possible à ces questions que l’on se pose de plus en plus mais qu’on se refuse d’aborder, par couardise, simplement.

 

Je sais, et beaucoup seront d’accord avec moi, que les entreprises politiques ne valent que par les personnalités qui les portent. Sans ce leadership crédible pour la porter, peut-être même pour la concevoir, une telle entreprise, aussi structurante soit-elle, n’aurait aucune chance de réaliser les objectifs fixés.

 

Telle semble hélas être le cas de l’improbable coalition Séléka née d’un ressentiment, animée par l’envie de revanche, conduite par le désir de vengeance, s’installant ainsi malheureusement du côté des passions tristes et de la pulsion de mort. De sorte que, si elle avait pu s’emparer du pouvoir de l’État, elle aurait produit le despotisme le plus inédit. Elle se réclame de la justice, de la liberté, de la souveraineté populaire, de la citoyenneté, mais son motif véritable se trouve ailleurs : dans la haine recuite, dans l’animosité entretenue depuis de longs mois, dans la méchanceté ravageant ses entrailles. Sinon, pourquoi tant d’exactions, de destructions, de pillages systématiques ? Pourquoi refuser, comme le fait l’une de ses factions,  d’intégrer le processus de paix formalisé par les accords de Libreville du 11 janvier dernier ?

 

À l’évidence, ses objectifs sont ailleurs ! Pour preuve, le chef auto-proclamé de cette faction de la Séléka qui refuse le processus de paix, de son patronyme Noureddine Adam, ne peut pas logiquement se réclamer de la République Centrafricaine ! Non pas à cause de son patronyme musulman, loin d’en faut. Mais pour la simple et bonne raison que l’appartenance à une communauté, à un pays, comme c’est ici le cas, est le résultat d’une construction à la fois intellectuelle et historique. L’immigration forcée ou choisie, l’asile politique, les raisons économiques et le mercenariat, ne sauraient enfanter une histoire commune encore moins attribuer la nationalité centrafricaine à ceux, comme Noureddine Adam ou Abakar Sabone, nés au Tchad, n’ont découvert le pays qu’en tant que mercenaires.     

 

Ces messieurs ne sont pas plus Centrafricains aujourd’hui qu’ils ne l’étaient hier avant la descente aux enfers du pays. Mais ils ont retenu, tout simplement,  que la rébellion pouvait leur servir d’instrument de conquête du pouvoir. D’ailleurs, il n’est pas étonnant de voir les Noureddine Adam continuer à semer la désolation parmi les populations centrafricaines quand on sait qu’un obscur Tchadien comme Abakar Sabone, aussi inconnu dans son propre pays que grand seigneur à Bangui, siège, affront des affronts, au gouvernement d’union nationale.

 

Car, en réalité, ce qui choque, ce n’est pas tant le fait que de sombres étrangers réussissent à intégrer le cénacle de la République – c’est pas la première fois que cela arrive – mais c’est le fait que de « vrais Centrafricains », ceux que l’histoire a fait enraciner le parcours sur le sol national, qui ont fait des études et qui ont un certain niveau d’instruction, se prêtent à ce jeu dangereux dans le seul but d’assouvir leurs intérêts égoïstes. À preuve, les Gazam Betty et autres, qui feignent aujourd’hui de découvrir l’existence des Noureddine Adam, affirmant se désolidariser d’eux, sont ceux-là même qui, hier, servaient de têtes de pont à ces mystiques sanguinaires, grands criminels contre l’humanité et, leurs doivent en grande partie, leur accession à la mangeoire.

 

Alors, que faire de ces gens ?

 

La réponse à cette interrogation découle du constat que je viens d’esquisser : ces hors la loi ne prospèrent qu’à la faveur des divisions qui minent la classe politique centrafricaine, de la méfiance réciproque qu’elle entretienne et, surtout, du manque patent de confiance entre l’Armée centrafricaine et son chef suprême, qui voit dans tout militaire ou presque, un potentiel putschiste. Pour  neutraliser Noureddine Adam et ses complices, il suffit de les isoler en mettant en place un front républicain pour le rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national (FSTN). Ce front devra être au dessus des querelles politiciennes et rassembler l’ensemble de ceux qui entendent empêcher la République Centrafricaine de sombrer dans le chaos. Ce front républicain se traduira par la mise en place du conseil national de sécurité, présidé par le Premier ministre sous la supervision du chef de l’État et regroupant des officiers centrafricains de valeur qui auront à charge de repenser l’ensemble de la stratégie de défense nationale. Cela pourrait être en soi un accomplissement qui fera date, si et seulement si, les Forces armées centrafricaines (FACA) reviennent au centre du jeu et soient considérées comme le pivot de la nouvelle stratégie. Dotés en matériel adéquat, les valeureux soldats centrafricains jusqu’ici tenus à l’écart et humiliés, auront à cœur de lavé l’insupportable affront qui pèse sur leurs consciences. J’en suis convaincu. 

 

Il faudra aussi, et c’est essentiel, renforcer l’axe Bangui-Brazzaville : l’objectif ici est de sortir du face-face avec le Tchad qui joue à un jeu assez trouble. En effet, le Tchad se décrète facilitateur que par habilité tactique, pour continuer à jouer les gendarmes en Centrafrique. En fait, les responsables tchadiens n’ont guère évolué sur la question centrafricaine. Les accords de Libreville ne leurs servent que de cache-sexe puisque, nul n’a entendu le Tchad condamner les agissements de Noureddine Adam qui, pourtant officiellement, est en résidence surveillée à N’Djamena. Or, le Tchad a été prompt, en revanche, à exiger le départ des troupes non-communautaires du sol centrafricain. Et qui veut s’en donner la peine, relève aisément les visées expansionnistes de ce pays sur son voisin centrafricain. C’est d’ailleurs pour cela que le gouvernement d’union nationale devra convoquer l’ambassadeur du Tchad à Bangui pour exiger des explications ou dépêcher une délégation à N’Djamena afin de signifier les préoccupations des autorités centrafricaines au sujet de l’utilisation du territoire tchadien comme base-arrière d’où viennent les attaques contre le pays. Car, si la Centrafrique sombre dans le chaos, l’ensemble de la sous région sombrera inévitablement avec elle.

 

Quoi qu’il en soit, le président Bozizé, que l’ont doit prendre au mot tout en restant vigilants afin de donner une chance à la paix, et qui s’est engagé à ne pas se présenter à la présidentielle de 2016, devrait de son côté, se souvenir de l’erreur qu’il a faite en s’obstinant trop longtemps à considérer les questions sécuritaires du pays comme relevant de sa sphère privée, au lieu d’y consacrer une vraie réflexion nationale. Il a désormais la possibilité de faire amende honorable dans le cadre du gouvernement d’union nationale se gardant de toute querelle avec l’équipe gouvernementale. C’est de l’avenir de la Centrafrique qu’il s’agit.

 

Adrien POUSSOU
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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 14:12

 

 

 

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AFRICAN UNION                                                                            UNION AFRICAINE

UNIÃOAFRICANA

Addis Abéba, Éthiopie, B.P.: 3243 Tél.:(+251‐11) 5513 822 Télécopie:(+251‐11) 5519 321

Courriel:situationroom@africa‐union.org

 

 

Communiqué de Presse


 

L'UNION AFRICAINE SOULIGNE LANÉCESSITÉ D'EFFORTS ACCRUS POUR LA MISE EN ŒUVRE DES ACCORDS DE LIBREVILLE SUR LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 

 

 

Addis‐Abéba, le 2 mars 2013: La Présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), Dr Nkosazana Dlamini Zuma, continue de suivre de près l'évolution de la situation en République centrafricaine (RCA). Elle est, en particulier, préoccupée par les dissensions persistantes au niveau des parties aux Accords politique et de cessez‐le‐feu de Libreville du 11 janvier 2013 et leur impact négatif sur la mise en œuvre desdits Accords.

 

La Présidente de la Commission souligne que tout blocage dans la mise en œuvre des Accords de Libreville pourrait conduire à une nouvelle dégradation de la situation politique et sécuritaire en RCA. Elle exhorte tous les acteurs concernés à faire preuve de l'engagement et de la volonté politique qu'appelle la situation, et, dans cette perspective, encourage le Gouvernement d’union nationale à travailler au cantonnement des différentes forces en présence, ainsi qu’à la mise en œuvre du processus de désarmement, de démobilisation et réintégration (DDR). Elle souligne que ceux qui entravent la mise en œuvre des Accords de Libreville seront tenus comptables de leurs actes.

 

La Présidente de la Commission encourage les dirigeants de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) à continuer de s’impliquer activement dans les efforts en cours en RCA. Dans ce contexte, elle attend avec intérêt la mise en place du Comité de suivi des Accords de Libreville etle démarrage, dans les meilleurs possibles, des activités dudit Comité. En outre, la Présidente de la Commission lance un appel à la communauté internationale pour qu'elle contribue, avec l'urgence qu'appelle la situation, aux efforts de paix en RCA, sous peine de voir les progrès accomplis remis en cause, avec les conséquences négatives qu'un tel état de fait induirait pour la paix et la stabilité régionales.

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Centrafrique-Presse.com - dans Communiqués
3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 02:10

 

 

 

republique-centrafricaine.jpg

 


PAR RSK, 28 FÉVRIER 2013

 

Environ 22 500 ressortissants centrafricains sont identifiés à l'Equateur et en Province Orientale. C'est ce que révèle la note d'information du Bureau de coordination humanitaire des Nations unies en RDC (OCHA) faisant état de la situation humanitaire en RDC à la date du mercredi 27 février 2013.

 

 

Citant une mission conjointe d'évaluation qui a séjourné dans les deux localités du 14 au 21 février, OCHA indique que quelque 21 300 réfugiés centrafricains ont été identifiés dans la cité de Mobayi-Mbongo et dans la ville de Gbadolite, district du Nord-Ubangi, province de l'Equateur, signalent les données statistiques obtenues auprès de la Direction générale de migration (DGM).


La mission conjointe a procédé à une évaluation multisectorielle des besoins humanitaires pour mieux préparer la réponse, notamment dans les domaines de la santé, de l'éducation, de la nutrition, de la sécurité alimentaire et de la protection.


Le bureau de coordination humanitaire note, par contre, qu'en Province Orientale, le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) fait état de près de 1 200 ressortissants centrafricains vivant dans des familles d'accueil à Ango dans le district du Bas-Uélé.


Ces derniers ont quitté leur pays à cause du contexte politique et de l'activisme des rebelles de la LRA. Cette présence pèse sur les familles d'accueil qui ne disposent pas d'assez de moyens pour subvenir aux besoins de ces réfugiés.


C'est ainsi que le HCR et le Programme alimentaire mondial (PAM) viennent de planifier une assistance en abris, articles de ménages essentiels et vivres au profit de ces Centrafricains.


Sous un autre registre, OCHA note plus de 10.000 personnes déplacées du Maniema dans le territoire de Walikale au Nord-Kivu. Fuyant l'insécurité dans la province du Maniema notamment dans la zone de Kasese, ces dernières sont arrivées depuis fin janvier dans les localités à l'Est de Walikale Centre.


Ces personnes vulnérables, souligne-t-on, bénéficient de soins de santé gratuits grâce aux cliniques mobiles déployées par l'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) et à l'appui de l'ONG International Medical Corps (IMC) aux centres de santé des localités d'accueil. Cependant les besoins en vivres et en articles ménagers essentiels (AME) demeurent non couverts.


Par ailleurs, à Punia, dans le Maniema, la population commence à retourner timidement dans la cité, mais continue de rapporter des tracasseries de la part des éléments de l'armée nationale.


Les éléments FARDC qui avaient occupé certaines écoles, ont évacué et les cours ont pu reprendre. Avant les affrontements entre l'armée nationale et le groupe armé Raïa Mutomboki, la cité de Punia comptait environ 53 000 habitants et hébergeait près de 40 000 personnes déplacées.


S'agissant de l'assistance, OCHA rapporte qu'environ 3 500 familles déplacées et d'accueil bénéficient de semences et d'outils aratoires dans la région de Mulamba dans le territoire de Walungu.


L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture a, à travers son partenaire la Fondation AVSI, distribué la semaine dernière des semences et outils aratoires à plus de 3540 familles déplacées et d'accueil à Mulamba et Nzibira dans le territoire de Walungu. Laquelle assistance vise à aider les bénéficiaires à retrouver leurs moyens de subsistance.


De son côté, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a distribué le 21 février des articles ménagers essentiels à plus de 2.260 familles retournées à Nzibira, tandis que l'ONG International Rescue Committee (IRC) a débuté le même jour la construction de 200 latrines familiales sur les 300 initialement prévues pour améliorer l'assainissement de la localité de Mulamba.


L'on rappelle qu'au début du mois de janvier, des affrontements entre FARDC et Raïa Mutomboki dans la région de Mulamba avaient causé le déplacement de plus de 29 000 personnes notamment vers Nzibira. Celles-ci ont commencé à retourner chez elles suite à une accalmie dans la zone.


Dans le même cadre, OCHA affirme que Plus de 4 000 personnes ont bénéficié d'une assistance alimentaire du PAM à Bweremana au Nord-Kivu.


L'on signale que c'est depuis le début du conflit, fin mai 2012, que ces personnes déplacées venues du Territoire de Masisi n'ont plus accès à leurs champs à cause de l'insécurité.


A cet effet, le PAM en partenariat avec l'ONG locale CEDERU, a apporté le 20 février 2013 de l'aide alimentaire à 4 500 personnes déplacées à Bweremana.


Cette aide de 37 tonnes de nourriture, composée de farine de maïs, de petits pois, de l'huile végétale et du sel iodé, a été faite pour couvrir les besoins alimentaires de ces déplacés pendant 15 jours.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Humanitaire
3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 01:53

 

 

 

 

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http://www.leprogres.fr   02/03/2013 à 23:41

 

Islamisme. Le Tchad a annoncé hier avoir tué un second chef d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), après Abou Zeid. Mokhtar Belmokhtar, dit « le borgne », avait pris ses distances en octobre avec Aqmi, et avait revendiqué la sanglante prise d’otages sur le site gazier d’In Amenas, en janvier, au sud de l’Algérie.

 

Alors que la mort du cheikh d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), Abou Zeid, n’était toujours pas confirmée hier soir, l’armée tchadienne annonçait que ses soldats « ont détruit totalement la principale base des djihadistes dans le massif de l’Adrar des Ifoghas », et ont tué le chef Mokhtar Belmokhtar. Surnommé « le Borgne », celui-ci avait revendiqué l’attaque contre le complexe gazier d’In Amenas en Algérie, quelques jours après l’intervention française au Mali.

 

Les annonces de décès de chefs islamistes se succèdent en provenance du Tchad. Pour Abou Zeid, c’est le président tchadien Idriss Déby en personne qui a proclamé sa mort. Paris se refuse pour sa part à tout commentaire, ce qui laisse planer le doute quant à la situation réelle sur le terrain.

 

Le doute persiste sur la mort des deux hommes

 

Matthieu Guidère, professeur d’islamologie à l’université Toulouse 2, que nous avions déjà interrogé hier, se montre dubitatif. Il note qu’aucun réseau islamiste ne confirme le décès d’Abou Zeid. Or, souligne-t-il, « l’expérience montre que les djihadistes ne cachent jamais leurs morts et en font immédiatement un martyr ». L’universitaire pense que l’objectif de cette nouvelle, si elle se révélait fausse, pourrait être d’obliger Abou Zeid à communiquer pour dire qu’il est toujours vivant, ce qui permettrait de le localiser. Les Américains ont déjà repéré et abattu, par drones interposés, des chefs talibans en Afghanistan et au Pakistan grâce à une telle ruse. Le président russe Eltsine avait également fait tuer par un missile tiré d’un avion son homologue tchétchène Djokhar Doudaïev, en 1996. Le missile avait été guidé par les ondes du téléphone satellitaire de Doudaïev…

 

Quoi qu’il en soit, l’annonce de ces deux morts relance les inquiétudes sur les otages français au Sahel dont au moins six sont détenus par Aqmi. Matthieu Guidère souligne que « quand les djihadistes sont attaqués, les représailles sur les otages sont quasi systématiques ».

 

« L’action militaire met en danger les otages, clairement », renchérit René Robert, grand-père de Pierre Legrand, un des otages français.

 

« Nettoyer la zone»

 

Les Tchadiens qui annoncent avoir abattu les deux chefs islamistes, ont eux-mêmes subi de lourdes pertes ces derniers jours dans la région, où les combats font rage à l’abri de toute couverture par la presse. Selon Éric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), l’armée française, avec l’aide des Tchadiens, des Maliens et des Algériens, « est en train de nettoyer toute la zone, et les jihadistes mettront du temps à s’en relever... s’ils s’en relèvent ».

 

P. F.

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 01:25

 

 

 

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APA Ndjamena (Tchad) (2013-03-01 17:39:32) Par Miskine Sakit - Depuis plusieurs mois, le Tchad occupe la scène ; d’abord sous-régionale avec la crise centrafricaine puis africaine avec la crise malienne et la relance de la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD) dont le dernier sommet extraordinaire s’est tenu à N’Djamena, à l’initiative du chef de l’Etat tchadien le général Idriss Déby Itno.



La Cen-Sad créé en 1998 par Kadhafi a cessé pratiquement d'exister depuis la mort de ce dernier.

 

En République centrafricaine, c'est l'armée tchadienne qui est allée stopper la fulgurante avancée des forces rebelles de la Seleka sur Bangui en les obligeant de négocier avec le Général Francois Bozizé qui n'avait plus que le contrôle de Bangui la capitale.



Au Mali, bien que n'étant pas de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), le Tchad y a envoyé plus de 2 000 hommes.



Il faut se dire que dans la région, l'armée tchadienne a une expérience notoire de la guerre du désert mais surtout elle est une des plus puissantes armées actuellement en Afrique disposant, outre des hommes aguerris, de nombreux avions et d'hélicoptères de combats en plus de l'artillerie lourde et autres quincailleries de guerre, acquises avec l'argent du pétrole.



Depuis février 2008, le pouvoir du général Idriss Déby Itno n'a pas presque jamais été inquiété par une rébellion quelconque.



La coalition du général Nouri, de Timan Erdimi et des Colonels Adouma Hassaballah et Abbdelwahid Aboud Mackaye a été défaite ce 3 février 2008 aux portes du Palais Présidentiel, elle qui, pourtant, a défait l'armée gouvernementale après un raid de 1000 Km et encerclé le Palais présidentiel.



Depuis lors, mise à part l'occupation pendant 4 ans environ par un rebelle tchadien du nord de la RCA, le Général quadragénaire Abdelkader Baba Laddé, aucune menace sérieuse ne planait sur le pouvoir d'Idriss Deby Itno ; le Général Baba Laddé d'ailleurs a regagné le bercail dans le second semestre de l'année dernière après une médiation du prélat centrafricain Mgr Paulin Pomodimo, médiateur national de la République centrafricaine.


N'Djamena débarrassé de ses rebelles et fort de ses ressources pétrolières veut désormais jouer dans la cour des grands si ce n'est jouer au grand tout court. La mort du Président Omar Bongo Ondimba et du Guide libyen Mouammar Al Kadhafi lui ouvre d'ailleurs largement la voie.



Idriss Déby Itno commence d'abord à s'imposer dans sa sphère immédiate, la CEMAC (Communauté économique et monétaire des Etats de l'Afrique centrale) qui regroupe six pays de l'Afrique centrale à savoir le Tchad, la République centrafricaine, le Cameroun, le Congo, la Guinée Equatoriale et le Gabon. Aucune institution de cette organisation sous-régionale n'échappe à l'heure actuelle au diktat du Tchad.



Puis c'est au tour de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Afrique centrale, la CEEAC, de subir la montée en puissance du Tchad.



Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 22 ans, impose en février 2012 tout bonnement son ancien Premier ministre le judoka Nassour G. Ouaïdou, en remplacement du Congolais Louis Sylvain Goma, comme Secrétaire général de cette organisation sous-régionale qui regroupe l'ensemble de onze pays de l'Afrique centrale en partant de l'Angola au Tchad en passant par la République démocratique du Congo, le Sao Tomé, le Burundi, le Congo Brazzaville, le Gabon, le Cameroun, la République centrafricaine et la Guinée Equatoriale.



L'offensive de la diplomatie tchadienne est sortie du cadre sous-régional pour atteindre maintenant l'exécutif de l'Union africaine.



Au dernier sommet de l'organisation qui a vu le départ de Jean Ping et l'arrivée de Nkosazana Dlamini-Zuma, c'est la Tchadienne Fatimé H. Acyl qui est élue en juillet 2012 commissaire de l'Union Africaine au Commerce et à l'industrie et remplace ainsi à ce poste la Camerounaise feu Mme Elisabeth Tankeu.



Mme Fatimé H. Acyl est la grande sœur de la trentenaire Hinda A. Acyl, élevée par décret présidentiel en 2005 au rang de Première Dame de la République du Tchad parmi les épouses du Général Idriss Déby Itno.



C'est aussi le Tchadien Mahamat Saleh Annadif, ancien ministre des Affaires Etrangères et ancien Secrétaire Général de la Présidence du Tchad, qui est depuis moins de six mois désigné patron de la Mission de l'Union Africaine en Somalie.



C'est cette montée en puissance du pays du Général Déby Itno qui lui permet d'abriter depuis au moins trois ans le siège de l'Agence de la Grande Muraille Verte, cette institution des pays sahéliens qui ambitionne dresser une muraille verte de Dakar à Djibouti contre l'avancée du désert. Si le professeur sénégalais Abdoulaye Dia est bien le secrétaire général de l'institution, ce sont là encore les Tchadiens qui dictent leur loi.


La montée en puissance du Tchad se ressent aussi aux Nations Unies. C'est le Tchadien Abou Moussa qui est depuis 2011 le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU et chef de bureau des Nations Unies pour l'Afrique centrale(UNOCA), avec pour siège à Libreville.



Cette apparente fulgurante montée en puissance du Tchad cache cependant de nombreuses faiblesses intérieures.



Sur le plan social, le régime vient d'affronter la plus grave crise sociale de l'histoire du Tchad avec la grève déclenchée par la puissante centrale syndicale, l'UST (Union des Syndicats du Tchad) pendant trois mois, une grève très largement suivie. Aujourd'hui la centrale a suspendu la grève qui sera reprise le 1er Avril prochain.



Sur le plan des droits de l'Homme, le régime traine de nombreuses casseroles dont l'enlèvement et la disparition du porte-parole de l'opposition, le Dr Ibni Oumar depuis février 2008. Le Dr Ibni Oumar a été enlevé par les forces loyalistes lors du raid rebelle sur la capitale en février 2008.



Sur le plan politique, il y a rupture depuis plus de quatre mois de tout dialogue avec l'opposition politique interne auquel il faut ajouter un réel déficit démocratique dont le dernier exemple s'est manifesté la semaine dernière avec la modification de la constitution supprimant l'inamovibilité des juges.



Il faut déjà relever que la Constitution avait été modifié en 2005 pour faire sauter le verrou de la limitation des mandats, ce qui avait causé le départ en rébellion de nombreux ténors du régime dont Timane Erdimi, neveu du Général Déby Itno et Raspoutine du Palais Présidentiel, du Général Mahamat Nouri, ministre de la Défense du Président Déby Itno et du Colonel Ahmat Hassaballah Soubiane, ambassadeur du Tchad aux Etats Unis d'Amérique.



Sur le plan économique, le Tchad traine une mauvaise réputation en matière du climat des affaires : la corruption et le népotisme ont fait leur lit au pays et aucune mesure forte contre ces fléaux n'a jusque-là été observée.



La création du ministère de la Bonne gouvernance et de la Moralisation a plutôt permis de poursuivre et d'emprisonner de menus fretins alors que les gros poissons n'ont point été inquiétés.

 

Bien plus, le Tchad qui avait pourtant atteint le point de décision de l'initiative PPTE au début des années 2000 n'a point atteint le point d'achèvement et donc ne bénéficie pas de cette initiative : la mauvaise gouvernance en est la cause principale.



Et pour conséquence, le pays du Général Idrisss Déby Itno n'a pratiquement aucun programme en cours avec le Fonds Monétaire International et la Banque mondiale.

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