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  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 10:09

 

 

 

 

Par RFI  11-10-2014 à 06:44

 

 

La situation est revenue à un calme précaire, vendredi 10 octobre au soir, à Bangui après 48 heures de violences qui ont à nouveau fragilisé la capitale centrafricaine. Jeudi un casque bleu a été tué dans une embuscade contre un convoi de la toute nouvelle mission de l'ONU en RCA déployée le 15 septembre dernier.

 

Un gendarme centrafricain a également été tué. Vendredi soir toutes les forces internationales Sangaris, EUFOR et Minusca étaient déployées sur les principaux axes de la ville, avec le soutien des forces nationales. La plupart des barricades érigées par les anti-balaka ont été démontées et les chefs de ces milices assurent qu'elles n'y sont pour rien.

 

En l'espace de trois jours, près de 6 000 personnes ont à nouveau fui leur domicile à Bangui pour rejoindre des sites de déplacés. Parmi eux, certains venaient tout juste de rentrer chez eux. Aimé-Mickaël, habite à Ramandji, un quartier dévasté par la crise. Depuis des semaines, au sein d'une association, il aide les candidats au retour à reconstruire leur vie au milieu des ruines. Aujourd'hui, il ne cache pas sa frustration.

 

« On avait tout fait de notre mieux pour que les gens reviennent, que nous puissions cohabiter ensemble comme auparavant, explique Aimé-Mickaël. Mais les choses ont vraiment dégénéré. Nous sommes vraiment très tristes pour le sort de notre pays. »

 

Au PK5, l'enclave musulmane de Bangui la vie reprenait peu à peu. Mais depuis mardi, le temps semble s'être arrêté. La présence de barrages de jeunes anti-balaka aux portes du quartier a réveillé de tristes souvenirs. Saoudi Adourahman Dodo, est l'un des porte-paroles de la communauté musulmane du quartier : « La situation est très tendue au kilomètre 5. Nous nous sommes beaucoup battus car on a cru que les actes et les engagements que les anti-balaka ont signés pour la paix avec nous étaient réels. Ca allait mieux mais malheureusement ça ne fait que revenir. »

 

De source sécuritaire, la plupart des barrages qui paralysaient Bangui avaient été levés vendredi soir grâce à l'intervention des forces internationales mais aussi, par endroits, de la population. Le directeur général de la gendarmerie nationale, Guy Bertrand Damongo, confirme que « certains habitants n'ont pas hésité à prêter main-forte », bien décidés à ne pas laisser la peur à nouveau l'emporter. « Désormais, nous sommes repartis dans toute la ville pour assurer la sécurité. »

RCA: retour au calme précaire à Bangui après la mort d’un casque bleu

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 10:06

 

 

 

 

11/10/14 (AFP)

 

La situation sécuritaire s’est dégradée à Bangui où une dizaine de personnes ont été tuées depuis mardi "pour des raisons encore difficiles à évaluer, mais qui semblent liées à des tensions interconfessionnelles", a souligné vendredi soir le ministère français de la Défense.

 

"Des troubles persistent dans Bangui, où ont été érigées de nombreuses barricades et où des manifestations à visées politiques sont apparues", ajoute le ministère dans une note publiée sur son site internet.

 

Depuis mardi, la force française Sangaris "a réarticulé son dispositif dans Bangui en appui des forces internationales et des forces de sécurité intérieure, afin de contenir les troubles et préserver la liberté de circulation sur l’axe majeur de la capitale".

 

Selon le ministère, les forces françaises et internationales "font face à l’agressivité de plusieurs groupes armés qui cherchent à envenimer la situation". "Les militaires de Sangaris ont ainsi été plusieurs fois pris à partie alors qu’ils cherchaient à démonter les barrages sommaires mis en place par les manifestants ou à l’occasion de leurs patrouilles. Ils ont dû riposter à plusieurs reprises."

 

La tension est restée vive vendredi dans la capitale centrafricaine au lendemain de la mort d'un Casque bleu pakistanais tué dans une embuscade, les violences intercommunautaires se poursuivant pour le quatrième jour dans certains quartiers. Des incidents ont encore fait deux morts, alors que les forces nationales et internationales étaient déployées dans la ville.

 

Des tirs ont été entendus ici et là toute la journée, les accrochages les plus sérieux ayant eu lieu dans le quartier de Boy-rabe (nord), un fief des milices anti-balaka.

 

Par ailleurs, dans l’est de la Centrafrique, à Dékoa, "en fin de matinée, des éléments français sont venus se positionner en protection de la population après que des tirs d’armes légères ont été entendus". "La situation est stabilisée mais reste fragile. Sangaris est toujours déployée dans la ville, maintenant le contact avec les autorités locales", précise le ministère.

 

Environ 2.000 militaires français sont déployés dans le cadre de l'opération Sangaris, aux côtés des 6.700 hommes de la Minusca, la Mission de l'ONU en République centrafricaine.

 

Lancée le 5 décembre 2013, l’opération Sangaris vise à rétablir un niveau de sécurité minimal en République centrafricaine et à accompagner la montée en puissance progressive de la mission onusienne.

Dégradation de la situation à Bangui (ministère français de la Défense)

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 16:45

 

 

 

 

http://observers.france24.com/     09/10/2014 / 

 

Ce sont des scènes que la capitale centrafricaine n’avait pas connu depuis des mois. Un nouveau cycle de violence meurtrier, des barricades et des tirs nocturnes qui ont fait vivre deux jours de cauchemar aux habitants de Bangui.

 

Cela faisait plusieurs semaines que la capitale centrafricaine avait retrouvé un calme relatif. Des travaux étaient en cours sur plusieurs artères de la ville, et la plupart des commerçants des différents quartiers avaient repris leur activité. Mi-septembre, les nombreux déplacés avaient même commencé à revenir habiter dans leurs quartiers, souvent dévastés.

 

Pourtant, mardi 7 octobre, tout s’embrase en quelques heures dans le quartier Gobongo : selon un officier de la force des Nations Unies (Minusca) "un sujet musulman conducteur d'une moto jette une grenade" faisant vingt-quatre blessés. Dans la foulée, un homme dont il n’a pas été dit s’il s’agissait du lanceur de grenade mais présenté comme ayant participé à l’attaque, est lynché et son corps calciné. L’homme est un habitant du PK5, une zone où vivent de nombreux musulmans et où son corps a été ramené mercredi provoquant des émeutes. 

 

"Les humanitaires n’auraient pas dû ramener ce corps calciné au quartier musulman"

 

Dieu-merci Lazare Ndjadder est un habitant du KM5, un quartier voisin du PK5. Il a assisté à la remise du corps à la morgue du quartier par la Croix-Rouge.

 

Auparavant, il y avait un accord entre la Croix-Rouge et les imams pour que les corps de musulmans tués ne soient pas rapatriés dans leur quartier d’origine afin d’éviter les réactions hostiles de musulmans choqués par la mort d’un des leurs. Les corps étaient directement gérés et enterrés par la Croix-Rouge. Pour moi, elle a fait une erreur en ramenant ce corps dans le quartier.

 

Depuis plusieurs semaines, l’activité reprenait à KM5, mais la cruauté avec laquelle cet homme a été tué à tout remis en question en un claquement de doigt.

 

Selon Antoine Mbao Gobo, responsable de la Croix-Rouge centrafricaine, ses équipes ont agi conformément aux règles récemment redéfinies avec les imams en déposant le corps à la morgue du KM5, il estime qu’il "vaudrait mieux ne plus ramener les corps désormais". Victimes de menaces verbales, les membres de la Croix-Rouge ont suspendu temporairement leurs activités de secours à Bangui.

 

Vengeance sur un chauffeur de taxi

 

Des manifestants musulmans en colère ont amené le cadavre, mercredi 8 octobre, au siège de la Minusca. Puis, une partie d’entre eux s’en sont pris à un chauffeur de taxi qui transportait deux personnes. Les trois ont été tués, provoquant immédiatement une mobilisation des chauffeurs de taxis de Bangui qui ont dressé des barricades et bloqué la ville. Eric Ngaba, journaliste pour Radio Ndéké Luka, a couvert cette mobilisation.

 

Avant la crise centrafricaine, taxi était un métier pratiqué par des chrétiens et des musulmans sans distinction. Mais aujourd’hui, c’est devenu très dangereux pour un musulman d’être chauffeur de taxi, donc c’est une profession exclusivement pratiquée par des Centrafricains chrétiens. Ceci explique probablement pourquoi les manifestants musulmans s’en sont pris à un chauffeur de taxi qui a eu le malheur de passer dans un quartier où ils manifestaient. Dans ces situations, un crime en entraîne un autre. On pensait que ce type de comportement était derrière nous, mais on voit qu’à Bangui, tout peut rebasculer.

 

Les taxis sont un indicateur de la situation à Bangui : lorsqu’ils ne circulent pas ou sont en grève, c’est que quelque chose va très mal. Ils ne sont pas spécialement puissants politiquement, mais ils traduisent un malaise répandu dans la population : le sentiment que les autorités centrafricaines sont faibles et impuissantes à réagir face à la violence. Hier, ils ne scandaient pas des slogans hostiles aux musulmans, mais ‘Samba-Panza [présidente de transition de la Centrafrique NDLR] démission’.


En 48 heures, au moins douze personnes ont trouvé la mort selon la Croix-Rouge. Mercredi dans la soirée, des tirs retentissaient dans plusieurs arrondissements de Bangui provoquant des déplacements de population. Le calme semblait revenu jeudi en milieu de journée, malgré quelques tirs sporadiques.


Ces heurts interviennent dans un contexte politique délicat. Lundi, un des leaders d’une branche des anti-balaka, Patrice Edouard Ngaissona, avait lancé un ultimatum à la présidente centrafricaine réclamant son départ avant mercredi soir. D’autres leaders anti-balaka affirment que le groupe d’auto-défense est prêt à prendre d’assaut Bangui d’ici la fin de la semaine pour forcer la présidente à quitter le pouvoir.


La présidente de transition Catherine Samba Panza est dans l’œil du cyclone à cause de sa gestion opaque d’un don de 10 millions de dollars accordés par l’Angola. Selon le quotidien "Jeune Afrique", un quart de cette somme n’est pas rentré dans les caisses de l’État. 

CENTRAFRIQUE : Retour sur 48 heures de violence à Bangui

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 16:27

 

 

 

 

Par RFI 10-10-2014 à 15:43

 

Jeudi, pour la première fois depuis son arrivée le 15 septembre, la mission de l'ONU en Centrafrique a été visée par une attaque. Un officier pakistanais a été tué lors d'une embuscade contre un convoi dans la soirée près de Bangui. Neuf autres casques bleus ont été blessés. Cette attaque a eu lieu au terme d'une nouvelle journée de violences et sur fond d'un début de crise politique.

 

Bangui s'est réveillée dans un silence de plomb. Les tirs ont cessé, mais les barrages dressés aux principaux carrefours de la ville par de jeunes miliciens anti-balaka sont toujours en place, malgré le déploiement des forces internationales. La plupart des Banguissois ont décidé encore de rester chez eux.

 

Même le marché combattant, le poumon commercial de Bangui, tourne au ralenti. C'est ce qu'a constaté ce vendredi matin Jean-Jacques Houlzia, le secrétaire général adjoint de l’association des commerçants de ce marché : « Dans les rues de PK12, Gobongo et autres, il n’y a même pas de circulation de taxis et de taxis moto. Je suis venu à pied pour aller au marché. Jeudi, quand il y a eu des détonations d’armes, beaucoup de gens ont pris la fuite. Certains vendeurs ne sont pas venus aujourd’hui. Il y a beaucoup moins d’animation que d’habitude. »

 

Ces barrages paralysent également le travail des équipes humanitaires. Delphine Chedorge, chef de mission Médecins sans frontières en Centrafrique, se plaint de certaines menaces reçues par ses équipes : « Nos ambulances ne parviennent pas à circuler dans Bangui, c’est compliqué. Même s’ils n’ont pas d’arme, les jeunes qui tiennent les barrages nous font signe que si l’on s’approche trop, il peut arriver des problèmes. »

 

Faire le point sur l'aide venue d'Angola

 

L'ONU n'a pas apporté de précisions supplémentaires ce vendredi matin sur les circonstances de l'attaque qui a coûté la vie à un officier pakistanais de la Minusca près de Bangui. La coordination des anti-balaka nie toute implication dans cette attaque, mais continue de réclamer la démission de Catherine Samba Panza, à qui elle reproche notamment sa gestion opaque des fonds angolais. La coordination assure qu'elle continuera d’occuper les rues pacifiquement jusqu'au départ de la présidente de transition.

 

Une réunion entre le gouvernement et le Conseil national de transition devait avoir lieu ce vendredi pour permettre aux autorités de s'expliquer sur les fonds angolais. Mais au vu de la situation sécuritaire, elle a été reportée à lundi prochain.

RCA: malgré la fin des combats, la tension reste palpable à Bangui (RFI)

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 16:16

 

 

 

 

Après une longue observation de la situation politique de notre pays et la reprise des hostilités par les groupes armés et les partisans de la violence, le groupe de travail de la société civile tient à faire la mise au point suivant :

 

Concernant le don angolais, le groupe de travail estime que seule une commission d’enquête parlementaire pourra faire la lumière sur la gestion de ce don. La politisation à outrance de la question n’est pas la solution et perd inutilement du temps à la RCA.

 

Concernant la demande de la Chef d’Etat de Transition de se faire garder par l’armée tchadienne, après vérification, la Chef d’Etat, ni aucune autorité centrafricaine n’a fait cette demande. C’est plutôt les Nations Unies qui ont demandé au Tchad de fournir des troupes à la MINUSCA. Demande que fort heureusement le Tchad a rejeté. Nous cherchons en ce moment à savoir quelles ont été les motivations des Nations Unies en faisant cette démarche qui reste une véritable provocation pour le peuple centrafricain.

 

En ce qui concerne la demande des Anti Balaka et de la Séléka à la Chef d’Etat de Transition de démissionner, nous pensons que ces deux groupes armés sont très mal placés pour exiger la démission de la Chef d’Etat de transition alors que tous les faits qui lui sont reprochés ne sont pas définitivement établit. Aussi, ce sont eux qui sèment la désolation dans le pays, en dépit de la signature de l'Accord de cessation des hostilités qu’ils ont conclu à Brazzaville.

 

Concernant l’inaction de la MINUSCA et le jeu flou de la Sangaris, nous croyons fermement que la solution de cette crise doit être centrafricaine à tous les niveaux.

 

Fort de tous ces constats, nous formulons les suggestions ci- après :

 

• La mise en place d’une médiation nationale pour trouver une solution politique entre Centrafricains afin de débloquer la situation et accélérer le retour à la légalité  constitutionnelle ;

 

• La mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur la gestion du don angolais ;

 

• Le respect des Résolutions des Nations Unies par les SANGARIS, la MINUSCA et l'EUFOR ; 2

 

• La reprise et le redéploiement sans conditions et sans délais des forces Armées Centrafricaines pour mettre l’ordre dans le pays et assurer l’intégrité du territoire;

 

• La tenue d'une réunion de haut niveau avec les partenaires de la RCA, pour une clarification de la collaboration MINUSCA, SANGARIS, EUFOR et les Forces de Défense de Sécurité de la RCA.;

 

• La mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour faire le point sur l’efficacité de l’intervention des ONG internationales en Centrafrique depuis le début de la crise ;

 

Pour finir, le groupe de travail exhorte les Centrafricains au calme et les invite à faire preuve de patriotisme et d’unité pour résoudre ensemble cette crise qui fait honte à notre nationalité.

 

Fait à Bangui, le 10 octobre 2014

 

Pour le Groupe de Travail,

 

Le Coordonnateur

 

Gervais LAKOSSO

 

BP. 3114 Bangui RCA Tél. 00236 75 50 02 95/ 75 50 72 27 / Mail gtsc.rca@gmail.com / lakgg9@yahoo.fr

DECLARATION DE LA SOCIETE CIVILE RELATIVE A LA SITUATION ACTUELLE

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 13:31

 

 

 

 

Le Monde.fr | 10.10.2014 à 12h20 • Mis à jour le 10.10.2014 à 12h31 |Par Cyril Bensimon

 

La nouvelle Mission des Nations unies en République centrafricaine (Minusca) vient de connaître son baptême du feu à Bangui et de subir sa première perte. Jeudi 9 octobre, un officier pakistanais a été tué et huit autres casques bleus blessés dans une embuscade. Depuis mercredi, la capitale de la Centrafrique est en ébullition, secouée par des rafales d’armes automatiques et parsemée de barricades qui interdisent toute circulation. Pour échapper à ce regain de violence, certains habitants ont repris le chemin du camp de déplacés jouxtant l’aéroport ou celui des églises qui, au plus fort de la crise, abritaient des dizaines de milliers de malheureux.

 

Tout a commencé mardi, lorsqu’un combattant de l’ex-Séléka a été lynché par des miliciens anti-balaka dans le quartier de Gobongo. Sa dépouille a été ramenée le lendemain dans le quartier du PK5, où sont concentrés les derniers musulmans de Bangui. Un vent de colère a aussitôt traversé la communauté islamique. Un chauffeur de taxi et son passager ont été tués en représailles. Une manifestation a pris la direction du siège de la Minusca. Des boutiques ont été saccagées, des maisons brûlées.

 

Sur le chemin du retour, les protestataires, qui pour certains étaient armés, se sont affrontés à d’autres hommes en arme. Les tirs ont retenti jusque dans la soirée avant de reprendre jeudi matin et de se poursuivre avec des degrés d’intensité variables tout au long de la journée. Plusieurs témoins disent avoir vu des anti-balaka circuler à moto l’arme au poing, imposant à tous une journée ville morte. Jeudi soir, la peur régnait sur le PK5. « Nous craignons de subir une offensive. Il y a des rumeurs d’arrivées d’anti-balaka venant de la province », s’inquiète Abdouramane Saoudi, dont les propos sont ponctués par des tirs d’intimidation des miliciens du quartier.

 

DÉPLOIEMENT DES FORCES INTERNATIONALES

 

Plusieurs sources évoquent un bilan des affrontements allant de sept à douze morts, mais la Croix-Rouge centrafricaine se disait, jeudi soir, dans l’impossibilité de donner le moindre chiffre. « Nos équipes ont été prises à partie. Dans ces conditions, nous ne pouvons pas circuler et ramasser les corps des victimes et les blessés », déplore son président, Antoine Mbao Bogo. Parmi les victimes, un commerçant sénégalais a été affreusement mutilé.

 

Pour contenir cette flambée de violence, les forces internationales (casques bleus, soldats européens de l’Eufor et militaires français de Sangaris) ont été déployées dans Bangui, avec pour stratégie, selon une source militaire étrangère, d’« empêcher une jonction des différents groupes anti-balaka et des actions de représailles lancées depuis le PK5 ». Les forces de police de l’ONU ont fait usage de gaz lacrymogènes, mais les militaires n’ont pas hésité à user de leurs armes.

 

Ces nouveaux affrontements interviennent dans un contexte politique délétère, marqué par la polémique de l’« Angolagate », un don de 10 millions de dollars (7,9 millions d’euros) offert par Luanda, dont le quart du montant n’a jamais rejoint les caisses de l’Etat. La présidente de transition, Catherine Samba-Panza, s’est défendue de toute malversation et a menacé de révéler « la longue liste des bénéficiaires », mais le mal est fait. Le venin de la suspicion s’est répandu dans les esprits et profite à tous ceux qui espèrent un changement de régime. 

 

En début de semaine, le coordonnateur des anti-balaka, Patrice-Edouard Ngaïssona, a réclamé la démission de Mme Samba-Panza. Jeudi soir, son meilleur ennemi, le général Joseph Zoundeïko, le chef d’état-major des ex-Séléka, a repris cette demande en estimant que « depuis dix mois, la  dame” s’est montrée incapable de ramener la paix ». Désavouée par les groupes armés, Mme Samba-Panza est également en conflit ouvert avec le deuxième personnage de l’Etat, le président du Conseil national de transition (CNT), l’organe législatif intérimaire. Sous pression de milices qui ne veulent pas perdre leur influence et leurs prébendes, de politiques aux intérêts convergents, le pouvoir a dénoncé, jeudi, par la voix du premier ministre, Mahamat Kamoun, un  « grand complot contre le peuple centrafricain ».

 

Cyril Bensimon 


Journaliste au Monde

Lu pour vous : Centrafrique : la peur règne sur le PK5, quartier des derniers musulmans de Bangui

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 13:28

 

 

 

 

10/10/14 (AFP)

 

La situation restait tendue vendredi à Bangui au lendemain de la mort d'un casque bleu pakistanais, tué dans une embuscade, après trois jours de violences intercommunautaires qui ont de nouveau embrasé la capitale centrafricaine.

 

Un calme relatif semblait revenu, alors que les forces nationales et internationales --françaises, européennes, onusiennes-- étaient déployées dans la ville, théâtre de violents affrontements ayant fait au moins neuf morts depuis mardi soir.

 

Mais on entendait encore tirer ici et là vendredi matin. Et des traces des barricades restaient visibles sur les principales artères.

 

La reprise de l'activité restait ralentie par la grève des conducteurs de taxis, qui protestent toujours contre la mort de l'un des leurs, tué mercredi matin au volant de son véhicule. Seuls les motos-taxis et des véhicules particuliers, dont ceux des Nations unies et des humanitaires, circulaient dans la ville.

 

Au troisième soir de violences, un casque bleu pakistanais a été tué jeudi dans une embuscade contre un convoi de la toute nouvelle Minusca, la Mission de l'ONU en République centrafricaine.

 

"Des individus munis de fusils d'assaut et de grenades ont attaqué nuitamment une de nos patrouilles composée de soldats du Pakistan et du Bangladesh au PK11, à la sortie nord de Bangui", a rapporté un responsable de la Minusca à l'AFP, ajoutant que l'attaque avait également fait neuf blessés, dont un grave.

 

C'est la première fois qu'un soldat de la force onusienne est tué depuis le début de son déploiement, le 15 septembre.

 

Selon la même source, un gendarme a également été tué à la sortie nord (de Bangui) par un chef milicien anti-balaka, mais un responsable de ces milices majoritairement chrétiennes a assuré que ses hommes n'y étaient pour rien.

 

"Les ennemis de la paix sont toujours en train de se manifester pour entraver la bonne marche de la transition. Le gouvernement va se prononcer très bientôt sur cet acte ignoble qui n'honore pas notre pays", a indiqué à l'AFP un responsable gouvernemental préférant rester anonyme, en attendant une réaction officielle.

 

- 'Des mesures robustes' -

 

Bangui, ravagée depuis un an et demi par de terribles affrontements, exactions et pillages, avait retrouvé un semblant de normalité depuis plusieurs semaines, avant que n'éclatent à nouveau ces violences.

 

Elles ont débuté quand un motard musulman a attaqué des passants à la grenade en pleine rue mardi soir, puis un jeune conducteur de taxi a été tué mercredi par des hommes armés, également musulmans, qui ont incendié des dizaines de maisons, selon une source onusienne.

 

En réaction, des barricades ont été érigées par des individus se réclamant des anti-balaka -- des milices qui s'étaient rendues tristement célèbres par leur chasse aux musulmans au début de l'année -- sur des avenues du centre-ville et dans les quartiers nord, leur fief.

 

Quelque 3.000 personnes ont été déplacées suite à cette nouvelle flambée de violences, selon l'ONU.

 

Pour beaucoup à Bangui, la mort du Casque bleu n'est pas surprenante alors que les armes continuent de circuler et que la réconciliation entre communautés reste à réaliser.

 

"La police de la Minusca s'activait à repousser les anti-balaka qui ont érigé des barricades sur la voie publique, et c'était prévisible qu'elle allait être la cible d'attaques de ces miliciens", a observé un défenseur des droits de l'homme centrafricain, qui a requis l'anonymat.

 

"Si cet acte pouvait inciter la Minusca à désarmer systématiquement les porteurs et détenteurs illégaux d'armes de guerre, nous pourrions avancer positivement", a lancé Josiane Koléndo, une commerçante interrogée par l'AFP.

 

Les Nations unies ont promis de poursuivre leur mission par le dialogue mais aussi la fermeté.

 

"Nous travaillerons avec l'ensemble des acteurs pour atteindre nos objectifs, pour promouvoir la paix et la réconciliation en République centrafricaine. Mais nous continuerons de prendre des mesures robustes contre les criminels qui menacent les civils", a prévenu le représentant spécial de l'ONU en Centrafrique Babacar Gaye.

 

"Ce crime contre les forces des Nations Unies, qui sont ici pour aider le peuple de la République centrafricaine, est inacceptable et les responsables devront répondre de leurs actes et être traduits devant la justice", a-t-il insisté dans un communiqué.

 

A New York, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon avait déclaré dans la nuit qu'"une solution politique globale représente la seule manière de parachever avec succès la transition du pays et de ramener de façon durable la paix et la stabilité en République centrafricaine".

Centrafrique: tension à Bangui après la mort d'un Casque bleu

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 12:12

 

 

 

 

Bangui 10 oct (CAP) – On ne l’apprend que maintenant mais un autre ministre du gouvernement Kamoun, en l’occurrence Robert Namseneï de l’environnement qui siège au gouvernement pour le compte des milices anti-balakas, a été interdit de fouler le territoire américain après que l’ambassade US de Paris eut opposé un refus à sa demande de visa il y a une quinzaine de jours, alors qu’il se trouvait déjà à Paris en route pour New York dans l’espoir de prendre part au sommet de l’ONU sur le climat.

 

Ainsi, outre le tout-puissant ministre conseiller Jean Jacques Demafouth qui avait été privé du visa américain à l’ambassade des USA à Yaoundé alors qu’il s’apprêtait à accompagner la présidente par intérim Catherine Samba-Panza à New-York et Washington, un autre membre du gouvernement Mahamat Kamoun a aussi subi la même humiliation.

 

Il n’est pas étonnant que les Américains qui ont la suite dans les idées et qui ne transigent pas avec certains principes, ne pouvaient permettre à un représentant des milices criminelles anti-balakas, fût-il ministre, de mettre pied sur leur sol. Le ministre anti-balaka Robert Namseneï a donc ainsi été contraint de tourner en rond à Paris et rebrousser chemin en regagnant Bangui son point de départ. 

Sommet de l’ONU de New York sur le climat : Un autre ministre du gouvernement Kamoun a aussi été privé du visa américain

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 10:55

 

 

 

 

Yaoundé - 10/10/2014 (Xinhua) Une délégation officielle venue de Bangui comprenant des responsables institutionnels centrafricains, l'ambassadeur de France, les dirigeants de la force française Sangaris et de la Mission intégrée multidimensionnelle pour la stabilisation en RCA (MINUSCA), a eu une rencontre de six heures avec la direction de la Séléka mercredi à Bambari, au terme de laquelle celle-ci a reçu un message de la présidente de transition exigeant son départ de cette ville. Le message remis par Jean Jacques Démafouth, ex-chef rebelle actuellement ministre conseiller à la présidence de la République, a suscité une vive réaction du général de brigade Joseph Zoundéko et de ses collaborateurs de l'état-major de l'ex-coalition rebelle qui, dans un communiqué publié aussitôt après, accusent le gouvernement en place à Bangui de "remuer le couteau dans la plaie en exigeant le départ des ex-Séléka de Bambari".

 

D'après un communiqué de l'état-major de l'ex-mouvement armé, ils rejettent cette demande de la présidente de transition Catherine Samba-Panza, car elle vise à "parfaire leur mission macabre d'épuration de la communauté musulmane par les anti-Balakas", milices dites d'autodéfense proches de l'ex- président François Bozizé, accusées d'avoir massacré plus de 300 Centrafricains de confession musulmane lors de leur offensive contre les positions des ex-Séléka en décembre 2013 à Bangui. "Face à cette politique sournoise et devant l'incapacité notoire dont ont fait montre la présidente et son gouvernement à rétablir la paix et la sécurité à Bangui et sur toute l'étendue du territoire, et de réconcilier les communautés musulmanes et chrétiennes meurtries depuis plus de dix mois par une guerre fratricide, l'état-major des forces républicaines ex-Séléka demande simplement la démission de la présidente de transition et de son gouvernement", souligne le communiqué 


Par la même occasion, les ex-Séléka, qui clament leur volonté d’œuvrer au retour de la paix dans leur pays après dix mois de pouvoir désastreux entre mars 2013 et janvier 2015 consécutif à la chute du régime de François Bozizé, réclament "la réélection d'un nouveau président, en application des dispositions de la Charte constitutionnelle".

 

 

 

Bangui: les anti-balka sont en «alerte maximum»

 

10/10/2014

 

Deux ministres et un conseiller gouvernemental ont suspendu, jeudi, 09 octobre, leurs activités au sein du gouvernement centrafricain de transition, avec la fin de l’ultimatum donné à la présidente Catherine Samba Panza pour démissionner, a déclaré, le représentant des anti-balaka au Premier ministère, Joachim Kokaté. «Cet ultimatum de 72 heures a pris effet mardi et est arrivé à terme jeudi. Les ministres du Tourisme, Romaric Vomitiadé de l’Environnement, Robert Namseneï, et moi-même en tant que conseiller auprès du Premier ministre (tous les trois représentants des anti-balaka, ndlr) avons décidé de suspendre nos activités», a affirmé M.Kokaté.

 

Les anti-balaka exigent la démission de Samba Panza compte tenu «de nombreuses tueries, de séquestrations et d'arrestations arbitraires opérées par les soldats français, burundais, camerounais, congolais et rwandais, dans leurs rangs», d'après la même source. S’agissant des étapes et démarches suivantes après cette suspension, Kokaté a indiqué: «actuellement, nos éléments sont en alerte maximum. Nous avons, cependant, appris que la présidente voudrait nous recevoir. Nous allons nous concerter d’ici quelques heures pour décider de l’acceptation ou du refus de cette demande».


Les tensions restent vives après le récent assassinat d’un jeune musulman brûlé vif par des chrétiens à Bangui. Des tirs nourris à l’arme légère et lourde ont été entendus tout au long de la nuit de mercredi à jeudi dans les 6ème, 4ème, 5ème, 8ème et 3ème arrondissements de la capitale et continuent jeudi matin. La ville est totalement paralysée et plusieurs habitants des quartiers Ngou-Ciment, Castors, Sara, Fatima et Kpéténé continuent d’affluer vers les sites des déplacés.


Les Anti-balaka sont massivement déployés dans les 5ème, 4ème et 8ème arrondissements, tandis que les groupes d’autodéfense musulmans sont en alerte dans le 3ème arrondissement. Le dispositif militaire des forces étrangères se renforce et les hélicoptères de la Mission intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en RCA (Minusca) survolent la ville.

Centrafrique : les ex-Séléka rejettent leur départ de Bambari exigé par la présidente de transition

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Centrafrique-Presse.com
10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 10:37

 

 

 

 

RFI vendredi 10 octobre 2014

 

Les graves violences de cette semaine à Bangui ; l'affaire du don angolais de 10 millions de dollars ; les ambitions de la présidente Samba Panza... Autant de sujets sur lesquels réagit l'une des figures de la classe politique centrafricaine.

 

L'ancien Premier ministre Anicet-Georges Dologuélé dirige l'Union pour le renouveau centrafricain, l'URCA. De passage à Paris, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

 

RFI : Anicet-Georges Dologuélé, est-ce que vous faites encore confiance à Madame Catherine Samba Panza pour diriger la transition?

 

Anicet-Georges Dologuélé : C’est la présidente de transition. Elle a été élue par le CNT et jusqu’à preuve du contraire, c’est encore elle la présidente de transition.

 

Jeune Afrique a révélé que sur les dix millions de dollars offerts il y a six mois par l’Angola, un quart, c'est-à-dire deux millions et demi de dollars, n’ont jamais été transférés sur le compte du Trésor centrafricain à la BEAC, la Banque des Etats d’Afrique Centrale. Est-ce que les autorités de transition sont encore crédibles?

 

Les autorités ont promis de donner des explications à la nation à travers l’interpellation du CNT. Donc nous attendons tous. Ce qui est sûr c’est que bien entendu ces fonds auraient dû rentrer d’abord au Trésor avant d’être dépensés. Mais au-delà de ça à quoi ont-ils-été dépensés? Il faut attendre de voir.

 

Mais vous, Anicet-Georges Dologuélé, qui avez commencé votre carrière à BEAC, vous qui avez été nommé ministre des Finances avant d’être Premier ministre, comment vous réagissez au fait qu’un quart de cette somme n’ait pas été versé Trésor?

C’est pourquoi je vous dis, logiquement tout devait être versé au Trésor, même si après une partie est transformée en fonds politique.

 

Et le fait que le ministre centrafricain des Finances n’ait pas été impliqué dans ces versements, ça vous choque ou pas?

 

Ce n’est pas habituel, surtout que c’est l’ordonnateur unique de l’Etat. Mais je pense que là aussi des explications seront données.

 

Dans un communiqué, les partis de l’AFDT, dont celui de Martin *Ziguélé*, estiment que cette affaire entame la crédibilité des autorités de la transition. Est-ce que vous êtes d’accord avec eux?

 

Ce qui est sûr c’est qu’il y a beaucoup de chantiers qui ont besoin de beaucoup de ressources. Et quand les ressources sont accordées par des pays amis, il faut les utiliser à bon escient. Je trouve que dans ce dossier il y a beaucoup de crispations des autorités que je ne comprends pas. Il faut donner des explications simples, claires, pour assurer tout le monde. C’est ce dont on a besoin.

 

Il y a six mois on disait que la transition devait s’achever par des élections au début de 2015. Maintenant on parle de la fin 2015. Est-ce que ces élections auront lieu un jour ou pas?

 

J’espère qu’elles auront lieu. Il faut donner à l’autorité nationale des élections les moyens de travail, notamment opérer le choix de savoir ; est-ce qu’on va à la biométrie ou pas ? Est-ce qu’on regroupe les élections ou pas ? Ça permettra de définir un nouveau calendrier et d’en définir le coût des élections.

 

Depuis près d’un an des centaines de milliers de Centrafricains, notamment de confession musulmane, vivent en exil à l’étranger. Est-ce qu’on pourra faire des élections sans eux?

 

Mais il n’y a pas seulement les Centrafricains de confession musulmane, il y a les chrétiens aussi. Et puis vous voyez, de temps en temps, il y a des accès de violence. Il se passe des choses qui sont graves et qui sont dues à la disparition de l’Etat, à l’impuissance de l’Etat. Alors je voudrais profiter de votre tribune pour présenter mes condoléances à toutes les familles qui ont vu un des leurs tomber sous ces actions de violence de ces derniers jours à Bangui. Ma sympathie va à tous ceux qui ont été blessés, tous ceux qui ont perdu leurs biens, tous ceux qui ont dû encore sortir de chez eux pour aller sur des sites de réfugiés. Et je voudrais en profiter pour dire à mes compatriotes que ce n’est pas en voulant faire justice soi-même qu’on réussira à résoudre les problèmes. Dire au gouvernement que la police et la gendarmerie précisément, devraient commencer à faire le travail, poursuivre les auteurs de ces actes-là, pour que la population soit rassurée.

 

Est-ce que vous dites : pas d’élections avant le retour de ces déplacés et de ces réfugiés?

 

Le retour doit être provoqué. On ne va pas attendre comme ça, que ceux qui sont partis veillent bien revenir un jour. Donc c’est la première priorité du gouvernement. Et pour y arriver, il faut évidemment la sécurité. Mais il faut commencer maintenant !

 

Et pensez-vous comme certains, que la présidente Catherine Samba Panza souhaite modifier la charte constitutionnelle de transition afin de pouvoir se présenter à la prochaine présidentielle?

 

Mais vous savez, dans toutes ses déclarations, elle dit qu’elle respectera les règles du jeu. Je crois que nous devons tous la croire.

 

Mais cette fondation CSP pour Catherine Samba Panza créée par sa fille Christelle Sappot, est-ce que ce n’est pas le signe que peut-être demain il y aura un parti Catherine Samba Panza pour aller à cette présidentielle?

 

Elle a le droit d’avoir une fondation simplement en tant qu’autorité de transition pour les prochaines élections, elle s’est engagée à ne pas se présenter et nous n’avons aucune raison de ne pas la croire.

 

Vous êtes certain que personne dans son entourage ne l’encourage à faire changer la charte?

 

C’est normal. C’est humain. Mais en tant que femme d’Etat elle doit résister.

 

Depuis quelques semaines c’est la guerre ouverte entre le président du Parlement de transition Alexandre Ferdinand Nguendé et la présidente Catherine Samba Panza. Est-ce que ce conflit ne nuit pas à la bonne marche des affaires?

 

Bien sûr. Nous avons déjà les Seleka et les anti-balaka qu’il faut réconcilier et aujourd’hui ce problème est de trop. Il y a quelques mois, Djotodia et Tiangaye ne s’entendaient pas. Vous avez vu comment ça fini. Donc vraiment j’invite ces autorités-là à s’entendre sur l’essentiel. C'est-à-dire la feuille de route de la transition. Il faut que nous donnions l’impression à la Communauté internationale que nous voulons que notre pays avance. Il faut éviter de la lasser.

 

Toute la partie est et nord-est de votre pays échappe au contrôle des autorités centrafricaines et de la force internationale. Est-ce que vous ne craignez pas une partition de fait?

 

La partition, personne ne l’acceptera comme vous le savez. Et nous demandons aux forces internationales de veiller à ce qu’il soit mis fin à cet état de choses et ça doit se faire.

 

Vous dites que ça doit se faire, mais pour l’instant ça ne se fait pas !

 

Malheureusement. Mais je pense qu’à force de traîner on permet à ces forces de se renforcer et d’être plus nocives. Je vois qu’elles se divisent, je vois que tantôt on change de nom, tantôt on annonce un gouvernement… Donc il y a beaucoup de choses qui se passent, qui montrent que les ex-Seleka ne savent pas où ils veulent aller. Eh bien qu’ils rentrent dans la République ! Nous avons besoin d’eux dans la République en tant que citoyens !

A.G. Dologuélé sur RFI : «L’essentiel, c’est la feuille de route de transition»

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