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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 00:33

 

 

 

 

 

27/05/14 (Le Pays) du Burkina

 

On la croyait morte et enterrée, mais la réalité est tout autre. Car, elle est là, irréductible et intraitable. Il s’agit de cette coalition de rebelles, nommée Séléka, qui avait chassé le président François Bozizé du pouvoir le 24 mars 2013. Dissoute par le président Michel Djotodia, la Séléka avait presque disparu de la scène, la plupart de ses éléments ayant accepté de déposer les armes après une brève opération de cantonnement. Mais depuis un certain temps, il en va autrement puisque les éléments de la Séléka ont repris du service de la plus mauvaise des manières.

 

C’est au moment où on croit avoir réduit la voilure des Anti-Balaka que la Séléka a décidé de reprendre du poil de la bête

 

Tout le monde se rappelle encore l’attaque, il y a deux semaines, d’un poste de Médecins sans frontière (MSF), qui avait laissé des morts sur le carreau dans un quartier de Bangui, contraignant ainsi, bien des humanitaires à plier bagages. On n’a pas eu le temps de se remettre de cette incivilité mortelle que l’on parle encore d’accrochages entre éléments de la Séléka et soldats français de l’opération Sangaris. Pourtant, une semaine plus tôt, des heurts avaient encore opposé les deux groupes dans la même localité de Bambari. La situation est si confuse qu’il est difficile de dire pour l’instant qui a raison et qui a tort. Car l’armée française parle « d’éléments incontrôlés » de la Séléka qui ont délibérément décidé d’attaquer ses positions, tandis que le commandement de la Séléka évoque un acte de provocation de la part des soldats de Sangaris. L’un dans l’autre, ce nouvel accrochage traduit une fois de plus le climat délétère qui prévaut toujours à Bangui. On a l’impression d’être face à un perpétuel recommencement, tel Sisyphe, condamné à rouler un rocher sur la pente d’une montagne. Car c’est au moment où on croit avoir réduit la voilure des Anti-Balaka que la Séléka a décidé de reprendre du poil de la bête, avec une folie vengeresse qui ne préfigure rien de bon.

 

Il revient à la présidente Samba-Panza de se secouer

 

Pendant ce temps, le gouvernement de Catherine Samba-Panza se claquemure dans un silence déconcertant, incapable qu’il est de protéger les populations civiles qui ne savent plus à quel démon (Séléka, Anti-Balaka) se vouer. Quand on croit avoir vaincu l’un, c’est à ce moment que surgit l’autre avec une puissance de feu redoutable. En vérité, depuis que la Séléka avait, en début de mois, décidé de renouveler son commandement, on savait bien qu’il se passerait quelque chose de dramatique en Centrafrique. Sinon, comment une milice supposée dissoute peut-elle encore parler de renouvellement de sa chaîne de commandement, si ce n’est pour des besoins de réorganisation ? En tout cas, l’évolution de la situation sur le terrain prouve que le retour de la paix en Centrafrique n’est pas pour demain, la haine ethnique et religieuse étant toujours forte. Séléka et anti-Balaka ne sont pas encore prêts à enterrer la « machette de la guerre » ; toute chose qui rend impossible la réconciliation. Sans doute le président tchadien Idriss Déby Itno rira-t-il sous cape, lui dont les soldats ont été accusés à tort ou à raison, d’être à l’origine de nombreuses exactions commises en RCA. La suite, on la connaît, puisque, piqué au vif dans son amour-propre, le président tchadien avait décidé de retirer ses troupes. Finalement, la réalité du terrain lui aura donné raison. Il revient donc à la présidente Samba-Panza de se secouer, si elle ne veut pas que l’histoire retienne que c’est sous son mandat que les choses sont allées de mal en pis en RCA. Pour cela, elle doit mettre un point d’honneur à se débarrasser des éléments de la Séléka et des Anti-Balaka qui sont dans son gouvernement, puisque ceux-ci n’auront rien apporté à la pacification du pays.

 

Par Boundi OUOBA — Le Pays

Lu pour vous : Centrafrique : Séléka active, Samba-Panza inerte
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Centrafrique-Presse.com
28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 00:18

 

 

 

 

 

27/05/14 (Le Monde)

 

La prière vient de commencer. Les fidèles musulmans ont momentanément déposé arcs, sabres, bâtons ou lance-grenades devant leur tapis de prière. Les chrétiens sont, par milliers, réfugiés dans les églises. Toutes les apparences d'une guerre de religion sont réunies à Bambari. Les jeunes qui crient fiévreusement « Allah Akbar », ou se revendiquent spontanément de Boko Haram, viennent renforcer l'impression. Et, pourtant, la crise en République centrafricaine (RCA) est infiniment plus complexe. L'aspect confessionnel du conflit, où chacun se définit désormais en fonction de sa religion, masque les ressorts profonds du drame centrafricain.

 

La ville de Bambari concentre une bonne partie des enjeux du moment. Depuis moins d'une semaine, les deux communautés, qui, jusque-là, cohabitaient sans heurt majeur, vivent dans la peur l'une de l'autre. La minorité musulmane tient encore les leviers du pouvoir militaire et civil, mais pour combien de temps ? Qu'ils soient combattants de la Séléka ou simples civils, hommes mûrs ou enfants prépubères, tous déambulent armés dans les rues de cette ville située à la « frontière » entre l'ouest du pays, sous la coupe des milices anti-balaka (chrétiennes), et l'est, sous contrôle de l'ex-rébellion musulmane.

 

Des commerçants musulmans locaux, ou partis de Bangui pour échapper aux tueries et aux pillages, des éleveurs peuls qui ont vu leurs familles massacrées en brousse, sont terrorisés à l'idée de voir la Séléka désarmée. « Il n'y a qu'eux pour nous protéger, s'ils sont désarmés ce sera la catastrophe. Les policiers et les gendarmes, ici, sont avec les anti-balaka qui rôdent autour de la ville. Certains ont même commencé à s'infiltrer à Bambari », raconte Moussa Zoubeïrou, le président de la jeunesse musulmane locale.

 

L'imam de la mosquée centrale, Aboubacar Souleïmane, incite les jeunes de sa communauté à remiser les armes à la maison, appelle les Séléka à regagner leurs bases, prêche la concorde interconfessionnelle, mais, dit-il, « si les anti-balaka rentrent, nous serons obligés de défendre nos maisons et nos commerces à n'importe quelle condition ».

 

« MESURES DE CONFIANCE »

 

A Bambari, comme ailleurs en RCA, les musulmans considèrent dans leur ensemble que les forces françaises de l'opération « Sangaris » et africaines de la Misca n'offrent aucune garantie de sécurité face aux milices paysannes et aux militaires qui constituent les troupes désunies des anti-balaka. La chasse menée depuis décembre contre leurs coreligionnaires dans tout l'ouest du pays et dans la capitale leur donne de légitimes motifs d'inquiétude.

 

Le passage, mercredi 21 mai, de l'ambassadeur de France, du patron de l'opération « Sangaris », de représentants de l'ONU et des autorités de transition centrafricaines a brutalement réveillé les tensions. En exprimant publiquement leur refus de voir la Séléka installer un « état-major » parallèle à Bambari et en annonçant que, dès le lendemain, les « mesures de confiance » (le cantonnement en vue d'un désarmement) seraient imposées aux combattants de l'ex-rébellion, ces visiteurs venus de Bangui ont suscité la colère d'une bonne partie de la communauté musulmane et de plusieurs chefs militaires de ceux qui se sont rebaptisés « forces républicaines ».

 

Des jeunes ont jeté des pierres sur les soldats français, érigé des barricades, et des accrochages ont opposé les ex-rebelles aux militaires de « Sangaris ».

 

Dimanche, la situation semblait s'apaiser, mais plusieurs morts sont à déplorer. « Cet état-major a été formé pour regrouper les éléments éparpillés et faire cesser le désordre des troupes. Cela ne veut pas dire que nous voulons faire partition », assure le général Zakaria Damane. Le colosse en grand boubou bleu ciel, figure historique des mouvements rebelles partis du nord-est de la RCA, poursuit : « Dans ce pays, les communautés ont été séparées contre notre volonté. Avons-nous une fois brûlé une église ? Catherine Samba-Panza [la présidente de transition] ne fait rien, c'est une anti-balaka. Alors, est-ce qu'on ne peut parler de partition pour faire pression ? »

 

MENACE DE COUPURE

 

Cette menace de coupure du pays, exprimée jusque-là mezza voce, est désormais largement reprise au sein de la communauté musulmane. Elle n'est pas brandie comme un projet réfléchi de longue date, mais comme une nécessité pour se protéger. « Nous sommes centrafricains, mais les chrétiens ne veulent plus de nous. Nous n'avons aucun problème avec eux, mais quand la cohabitation devient impossible, la meilleure des choses, c'est la séparation. Vous n'avez pas critiqué la partition entre le Soudan et le Soudan du Sud, entre l'Ethiopie et l'Erythrée, alors pourquoi nous la refuser ? Il faut l'autodétermination pour le nord-est de la Centrafrique, car on ne peut pas manger la carotte quand d'autres brandissent le bâton », déclare Ali Mahamat, un ancien étudiant en sciences politiques ayant dû fuir Bangui, la machette en bandoulière sous son pardessus.

 

Au sein de la Séléka, la question suscite des divisions. Certains officiers inscrivent leur avenir dans l'armée nationale, qui reste à rebâtir. Mais d'autres ne sont pas prêts à abandonner le pouvoir acquis par les armes, ni les richesses, notamment tirées de l'exploitation des mines de diamants du nord-est, si l'Etat centrafricain venait à reprendre position dans une zone qu'il a désertée depuis fort longtemps.

 

Hassan, un boutiquier au chômage, lui, ne veut pas entendre parler de division. De passage à la cathédrale Saint-Joseph, où sont réfugiés des milliers de ses voisins, cet homme sympathique au léger embonpoint se désole : « Comment voulez-vous que nous nous séparions ? Regardez, celle-là, c'est ma belle-sœur. Ma mère était d'une famille chrétienne. »

 

La Soeur Marie-Claire pleure, elle aussi, le temps passé. « Des problèmes entre chrétiens et musulmans, ça n'a jamais existé. Ce sont les politiciens qui ont amené ça », déplore la religieuse. « Les musulmans n'ont jamais touché les chrétiens, et les chrétiens n'ont jamais touché les musulmans. Cette crise a été amenée par ceux qui sont affamés de pouvoir. Il n'y a aucune guerre de religion ici », ajoute Mgr Edouard Mathos. L'évêque du diocèse ne cite aucun nom, mais son courroux vise les dignitaires de l'ex-rébellion et les tenants du pouvoir central à Bangui. Les premiers, pour avoir dégradé les relations intercommunautaires, en ne pillant que les chrétiens et en obtenant la complicité des commerçants musulmans. Les seconds, pour leur « amateurisme ».

 

« BÊTISES »

 

Réfugié dans l'église Saint-Joseph, Edmond Yangué, malgré ses quatre années d'arriérés de salaire et les enfants au regard durci tout autour de lui, exprime avec jovialité ce que sont, selon lui, les origines de la crise actuelle. « Ces gens sont des “situationnistes”, ils profitent de la situation. Ils sont venus comme ça, sans rien, puis ils sont devenus de grands commerçants. Ils ont acheté des fusils et veulent maintenant nous prendre comme esclaves. Ils ont marié nos filles, nos soeurs et maintenant ils nous prennent pour des couillons, car ils ont de l'argent », avance cet arrière-grand-père de 67 ans. Il ajoute : « Ils ont vu les faiblesses de nos dirigeants. Avec leur volonté de devenir président, ils ont commencé leurs bêtises, mais ils doivent savoir qu'ils ne sont pas de vrais Centrafricains. »

 

L'accaparement ou la conservation du pouvoir et des richesses, ainsi que les questions autour de la nationalité, sont aujourd'hui les vrais ressorts de la crise en Centrafrique. A 388 kilomètres de Bambari, sur la terrasse du Ledger, le palace de Bangui, Abdoulaye Hissene, physique de star du ballon rond, ex-rebelle, rallié aux trois derniers pouvoirs, résume la situation : « La politique en Centrafrique, on la fait à tombeau ouvert. »

 

Cyril Bensimon

 

http://www.lemonde.fr/international/article/2014/05/27/centr...

Lu pour vous : Centrafrique : à Bambari, la politique « à tombeau ouvert »
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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 15:50

 

 

 

 

 

 

27/05/14 (RFI)

 

Lundi matin 26 mai, le camp de Mpoko en RCA, situé près de l’aéroport de Bangui, a connu un mouvement de panique lié à des rumeurs d’attaque. Un évènement qui a accentué l’inquiétude des humanitaires déjà soucieux d’un projet d’aménagement de l’aéroport lié à l’arrivée de la mission de l’ONU, la Minusca. Ce projet va contraindre 20 000 déplacés à abandonner leurs aménagements pour être relocalisés.

 

Quelques branches, des clous, des sacs de toile. Julienne et sa famille reconstruisent leurs abris de fortune : « La pluie et le vent ont détruit ma hutte, tout s’est écroulé. J’ai besoin qu’on me donne une bâche. »

 

Près de 60 000 déplacés continuent à vivre dans le camp de Mpoko, au bout de la piste de l’aéroport, près de la base de la force française Sangaris. Des points d’eau ont été aménagés. Faute de distribution d’aide alimentaire, certains ont même planté de petits jardins pour se nourrir. L’arrivée de la Mission des Nations unies, la Minusca, va cependant obliger une grande partie des déplacés à abandonner leurs aménagements.

 

« La Minusca va arriver au mois de septembre et souhaite agrandir le parking avions de l’aéroport pour pouvoir gérer sa flotte d’avions et sa logistique sur l’aéroport de Bangui, explique Agnès Faure de l’ONG Première urgence. Malheureusement, l’agrandissement de l’aéroport va toucher cinq zones sur les onze du site et ces cinq zones représentent une bonne moitié de la population du site actuellement. On nous a demandé dans ce cadre de faire déménager ces parties de la population sur le site même. C’est vraiment la double peine pour eux. Ils étaient déjà déplacés et ils vont être doublement déplacés. Ils vont se retrouver dans des conditions sanitaires encore plus déplorables que ce qu’on peut constater aujourd’hui sur Mpoko. »

 

Pour l’instant, aucun moyen financier n’a été proposé par les Nations unies pour accompagner cette relocalisation, notamment pour aménager la zone où les déplacés doivent être réinstallés.

 

ZOOM : Les populations réclament plus de sécurité

 

Une sécurité qui pour l’instant est laissée en grande partie aux forces internationales. La gendarmerie et la police centrafricaine se remettent cependant progressivement en route.

 

http://www.rfi.fr/afrique/20140527-rca-humanitaires-inquiets...

RCA: les humanitaires inquiets face au réaménagement du camp de Mpoko
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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 14:59

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) -2014-05-27 12:30:05 - La mission conjointe Nations Unies-CEEAC-Union africaine a attiré l’attention du gouvernement de transition sur les violences basées sur le genre à l’endroit des femmes et filles ainsi que la nécessité de prendre des mesures pour lutter contre ces pratiques et de raffermir le rôle de la femme dans le processus de la réconciliation nationale.


Sur tous ces points, la mission a rassuré le gouvernement centrafricain du soutien continu de la communauté internationale en vue de faire aboutir les efforts qu'il déploie dans la pacification du pays.

 

''En ce qui concerne la lutte contre la violence basée sur le genre, nous savons que la RCA a besoin de beaucoup d'assistance et nous sommes engagées à collaborer avec d'autres partenaires et le gouvernement à trouver les moyens qu'il faut. Parce que la violence à l'égard des femmes et filles est le principal objet de notre mandat'', a confié à APA Mme Phumzile Mlambo Ngcuka de l'ONU, en marge d'une réunion entre le gouvernement et la mission conjointe, tenue lundi à la primature à Bangui.

 

''Dans un programme aussi varié nous avons mis en place un code de bonne conduite pour les casques bleus qui vont venir pour protéger les femmes et les filles et apporter assistance à celles violentées'', a-t-elle ajouté, réclamant du gouvernement la stricte application des textes en vigueur pour réprimander les auteurs de ces violences.

 

S'adressant aux femmes centrafricaines, elle a dit : ‘'je leur demande la solidarité et beaucoup de leadership pour défendre leurs droits. Car personne ne viendra le faire à leur place''.
 

 

http://apanews.net/article_read-604744-le-gouvernement-centrafricain-invite-lutter-contre-la-violence-basesur-le-genre.html#sthash.uSFQQIGq.dpuf

Le gouvernement centrafricain invité à lutter contre la violence basée sur le genre
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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 14:04

 

 

 

 

27/05/14 (Le Parisien)

 

Selon nos informations, le Parquet de Paris a décidé d’ouvrir une information judiciaire pour assassinat après la mort de la photojournaliste Camille Lepage, tuée en Centrafrique lors d’une embuscade le 11 mai, alors qu’elle circulait avec un groupe de miliciens anti-balaka (chrétiens).

 

Deux juges d’instruction du Tribunal de grande instance de Paris ont été désignés : Raphaëlle Agenie-Fécamp et Virginie Van Geyte. Les enquêteurs de l’OCRVP de Nanterre (office central pour la répression des violences aux personnes) ont prévu de se rendre sur le terrain, dans la région de Bouar, à la frontière avec le Cameroun, avec l’aide de l’armée française. Là où l’accrochage s’est déroulé. Mais aucune date n’est arrêtée pour l’instant.

 

D’après le rapport d’autopsie, selon une source proche de l’enquête, Camille Lepage, 26 ans, qui travaillait sur le conflit en RCA depuis septembre 2013 serait morte après avoir reçu une balle dans la tête.

 

Après l'annonce de sa mort, le président François Hollande avait promis «tous les moyens nécessaires» pour élucider «cet assassinat et retrouver les meurtriers». Une enquête préliminaire avait alors été ouverte par le parquet de Paris.

 

Frederic Gerschel et Sandrine Briclot

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/deux-juges-d-instructi...

Deux juges d’instruction vont enquêter sur la mort de Camille Lepage
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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 13:59

 

 

 

 

27/05/14 (AFP)

 

L'ex-rébellion Séléka vient de se réorganiser en Centrafrique, avec pour objectif affiché de reprendre en main des combattants hors de contrôle, mais les autorités soupçonnent ce mouvement affaibli et divisé de nourrir des projets "sécessionnistes".

 

Six mois après sa débâcle qui s'est soldée par la démission contrainte le 10 janvier à N'Djamena de Michel Djotodia, premier président musulman de Centrafrique qu'elle porta au pouvoir à Bangui le 24 mars 2013, l'ex-coalition Séléka, composée de mouvements armés hétéroclites en débandade, essaie de refaire son unité alors que certains de ses "généraux" ont perdu toute autorité sur leurs combattants.

 

Pour l'ex-coalition à dominante musulmane, cela s'est traduit à la mi-mai par la formation d'un nouvel état-major, lors d'une réunion à Ndélé (nord-est) qui a ensuite pris ses quartiers à Bambari (centre), donnant lieu la semaine dernière à deux accrochages avec les soldats français de l'opération Sangaris présents dans la ville.

 

L'arrivée massive de combattants Séléka a également éveillé les craintes de la population dans cette ville jusqu'à présent épargnée par les violences intercommunautaires entre chrétiens et musulmans qui ont plongé le pays dans le chaos.

 

Mais les autorités de transition, censées organiser des élections générales en 2015, et la classe politique voient derrière cette restructuration un projet de partition du pays, l'ex-Séléka se repliant sur ses fiefs traditionnels du nord-est dont sont issus la plupart de ses chefs.

 

"Je voudrais dire à ceux qui mûrissent ce projet funeste que la RCA ne cédera aucun pouce de son territoire", a averti la présidente de transition Catherine Samba Panza, qui a succédé à Michel Djotodia et bénéficie d'un fort soutien international.

 

Le Premier ministre André Nzapayéké a, lui, "condamné avec force les velléités sécessionnistes des aventuriers qui placent leurs intérêts égoïstes au-dessus de l'intérêt national".

 

"Aucune justification ne peut être donnée à ces agissements si ce n'est l'amorce de la partition du pays au profit d'extrémistes bien connus", s'est insurgé Alexandre-Ferdinand Nguendet, président du Conseil national de transition (CNT, parlement transitoire).

 

- "On est contre la partition" -

 

Les dirigeants de l'ex-rébellion se défendent avec véhémence d'avoir de telles intentions.

 

"On considère que la partition est une mauvaise idée. (...) On est contre la partition, c'est écrit noir sur blanc", a assuré à l'AFP Eric Massi, membre de la nouvelle direction du mouvement.

 

Pour le nouveau coordonnateur politique de l'ex-Séléka, le "général" Abdoulaye Hissène, le mouvement a voulu mettre en place une chaîne de commandement, car "seule une chaîne de commandement pourrait ramener l'ordre au sein de l'ex-Séléka en attendant la mise en route du programme DDR" (Démobilisation, désarmement, réinsertion) des combattants.

 

Car, de facto, l'ex-Séléka est en mauvaise posture sur le terrain. Le déploiement progressif en province des forces internationales française (Sangaris) et africaine (Misca) les contraint à abandonner du terrain, ce qui donne lieu régulièrement encore à des exactions contre les populations.

 

Les combattants Séléka sont en outre régulièrement attaqués par les milices chrétiennes anti-balaka, qui elles aussi se livrent à des exactions contre les civils, soumis à un calvaire depuis plus d'un an.

 

Et inexorablement, ils regagnent le nord-est de la Centrafrique, zone de non-droit depuis des lustres où ils se sont taillé des fiefs qu'ils dirigent à leur guise.

 

Surtout, la communauté internationale, via le Conseil de sécurité de l'ONU qui va déployer en septembre 12.000 Casques bleus et une importante mission civile, entend aider à restaurer l'Etat centrafricain.

 

Or, le retour d'une véritable administration, s'appuyant sur des forces de sécurité, compromettrait grandement l'avenir des combattants Séléka.

Centrafrique: la rébellion Séléka se réorganise, au milieu des soupçons
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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 11:26

 

 

 

 

27/05/14 (BBC Afrique)

 

Une dizaine d’ordinateurs de bureaux dont celui du ministre, ont été emportés au ministère centrafricain de la communication et de la réconciliation nationale à la suite d’un cambriolage.

 

Les agents du ministère ont découvert la désagréable surprise lorsqu’ils sont arrivés à leur lieu de travail lundi matin.

 

Le cambriolage a été perpétré dans la nuit de dimanche à lundi.

 

Les bureaux fermés à clefs la veille ont été ouverts de force par des inconnus avant eux et plusieurs matériels de travail ont disparu.

 

Le bureau du ministre a été également visité.

 

"Outre son ordinateur et un écran-plasma emporté, des armoires dans le bureau ont été ouvert et des documents qui s’y trouvaient, jetés par terre", a déclaré le directeur de cabinet Jean Gabin Zalaouane à la BBC; il était le premier sur les lieux.

 

Les mystérieux visiteurs n’auraient pas eu beaucoup de peine à commettre leur forfait parce que l’immeuble a toujours été sans agents de sécurité.

 

Le siège du ministère de la communication et de la réconciliation se trouve juste en face du bâtiment de la radio nationale, où la sécurité est assurée par des soldats burundais de la force de la Misca.

 

Pour le premier ministre centrafricain André Nzapayeke arrivé sur place, il s’agit ni plus ni moins d’un sabotage des actions du gouvernement.

 

Avant le ministère en charge de la communication, deux autres départements ministériels avaient déjà subi le même sort.

 

http://www.bbc.co.uk/afrique/region/2014/05/140526_car-minis...

 

 

Le ministère centrafricain de la Communication cambriolé

 

APA-Bangui (Centrafrique) -2014-05-27 12:49:11 - Le cabinet du ministère de la Communication et de la Réconciliation nationale a été cambriolé dans la nuit de dimanche à lundi par des individus non encore appréhendés qui ont emporté avec eux du matériel informatique et une enveloppe de 500.000 FCFA.


Situé dans un immeuble d'un étage en plein centre ville, le cabinet du ministre a vu sa portée d'entrée défoncée par les cambrioleurs qui ont ensuite fait sauter les serrures des portes des bureaux avant de s'emparer des ordinateurs du secrétariat ainsi que des écrans téléviseurs plasma. 

''Avec le vol de ces ordinateurs, c'est toute la mémoire virtuelle du ministère qui est partie et c'est malheureux'', a regretté un cadre du ministère là où l'une ses collègues, une secrétaire, a déclaré : ‘'nous sommes obligés de saisir de nouveau toutes les correspondances, et autres documents''.

''Ce sont les voleurs habitués au cambriolage des ministères. Ils ont tous les outils nécessaires pour leur opération'', s'est alarmé un autre cadre du département, ajoutant qu''' après plusieurs cas de vols perpétrés au ministère de l'éducation nationale, maintenant c'est le ministère de la communication qui est dans la ligne de mire de ces cambrioleurs''.


Selon la ministre de la communication, Antoinette Montaigne, ‘'ils ont emporté, en plus de ces matériels informatiques, une somme de cinq cent mille francs cfa''.


Informé, le Premier ministre André Nzapayéké a fait une descente sur les lieux pour constater l'étendue des dégâts. ‘'C'est l'acte des ennemis de la réconciliation nationale. Ils veulent par là saboter le travail qui se fait dans ce sens. Il faut que nous changions de mentalité'', s'est-il insurgé.

 

''Les auteurs ne resteront pas impunis'', a promis le chef du gouvernement avant de demander à la ministre de la Justice de s'occuper de l'affaire.

 

 http://apanews.net/article_read-604747-le-ministe-centrafricain-de-la-communication-cambriole.html#sthash.lGVdoWPv.dpuf

 

 

 

(Antoinette Moussa Montaigne, ministre de la communication et réconciliation)

RCA : un ministère cambriolé
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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 11:06

 

 

 

 

YAOUNDE, 27/05/14 (Xinhua) -- Concernée par les sanctions d'interdiction de voyager et de gel des avoirs décidées par l'ONU et les Etats-Unis contre un groupe de personnalités centrafricaines accusées d'obstruction au processus de paix comprenant le général Nourredine Adam, son stratège, l'ex-coalition rebelle Séléka fait profil bas, affirmant se soumettre aux décisions internationales et de justice.

 

"Chacun doit répondre de ses actes face à la justice. Nous ne sommes pas contre la CPI (Cour pénale internationale) et les Nations Unies. On laisse la justice faire son travail", a déclaré le colonel Djouma Narkoyo, porte-parole de l'ex-alliance rebelle joint lundi par Xinhua à Bambari, localité à quelque 400 km au nord de Bangui où l'organisation vient d'établir son commandement opérationnel.

 

Après sa prise du pouvoir le 24 mars 2013 à Bangui au terme de trois mois de conflit avec le régime de François Bozizé, l'ex-Séléka a été rendu coupable de pillages et d'exactions à l'égard de la population centrafricaine.

 

Responsable de la "police politique" de ce dernier jusqu'à la démission forcée de son leader Michel Djotodia de la présidence par intérim en janvier, le général Nourredine Adam en est particulièrement visé.

 

Son nom est cité sur une liste de sanctions récemment publiée par les Nations Unies et comprenant aussi l'ex-président François Bozizé et son ancien ministre et conseiller Lévy Yakété, une décision survenue au moment même où une commission d'enquête internationale désignée par l'organisation mondiale examine les responsabilités dans les violences commises depuis fin 2012 en Centrafrique.

 

Un travail qui laisse supposer la possibilité de l'extension des sanctions individuelles, que les responsables de la Séléka affirment ne pas redouter. "Il n'y a aucune crainte. Ceux qui ont mal géré, auront des comptes à rendre. Et ceux qui n'ont commis aucun délit n'ont pas de raison de se faire du souci", soutient le colonel Narkoyo.

 

A Bambari, la présence depuis trois semaines des ex-rebelles en majorité musulmans accentue la peur chez une partie de la population, en l'occurrence les quelque 4.000 habitants d'obédience chrétienne ayant trouvé refuge à l'archevêché depuis décembre 2013, qui hésitent pour nombre d'eux encore à regagner leurs domiciles.

 

"La Séléka a pris Bambari depuis longtemps. Il n'y a pas un problème de cohabitation. Nous ne sommes contre personne. Nous sommes là pour protéger toute la population. Nous demandons à tous les déplacés de rentrer", tente de rassurer le colonel Narkoyo.

 

Principale cible du désarmement lancée en décembre par la force française Sangaris, chargée d'aider à restaurer la paix et la sécurité dans le pays en appui de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (Misca), l'ex-rébellion accuse plutôt cette mission d'attiser les haines interconfessionnelles en manipulant les milices chrétiennes anti-Balakas (anti-machettes) contre les populations musulmanes.

Centrafrique/sanctions onusiennes : les accusés doivent répondre de leurs actes devant la justice (porte-parole Séléka)
Centrafrique/sanctions onusiennes : les accusés doivent répondre de leurs actes devant la justice (porte-parole Séléka)
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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 11:01

 

 

 

 

 

27/05/14 (Le Point)

 

Qui est cette femme qui, à l'instar des autres femmes à la tête d'un État africain, a hérité d'un pays au bord du gouffre ?

 

Portrait.

 

Le regard droit, le port altier. Elle a été choisie pour décider. Drapeau de la République, bouclier, couteau et calebasse d'abondance, les attributs du pouvoir lui ont été remis sous les applaudissements de l'Assemblée. Élue présidente de l'État de transition par le Conseil national, Catherine Samba-Panza est la première femme à prendre la tête de la Centrafrique et la troisième à accéder à la magistrature suprême en Afrique.

 

Samba-Panza a ouvert une fenêtre d'espoir

 

La mise en avant de sa féminité n'est pas anecdotique. Les Centrafricains sont nombreux à penser qu'une femme, mère de surcroît, est la mieux placée pour gérer la guerre fratricide qui meurtrit le pays. "Tout ce que nous avons vécu a été la faute des hommes", a déclaré après la nomination Marie-Louise Yakemba, dirigeante d'une organisation de la société civile, au journal américain The New York Times. "Nous pensons qu'avec une femme, il y a au moins une lueur d'espoir", a-t-elle ajouté.

 

À l'annonce de sa nomination, les danses et les cris de joie n'étaient point en accord avec une capitale, Bangui, dévastée. La nouvelle a eu bien de quoi sonner comme une rupture dans un pays qui a subi les dérives autoritaires et mégalomaniaques des présidents successifs. Le sacre de Jean-Bedel Bokassa, autoproclamé empereur alors qu'il arborait une couronne napoléonienne n'a en fait été que l'amorce d'un cycle infernal. "Je suis contente. Les hommes ont échoué, à partir de maintenant, ce sont les femmes qui gèrent", a asséné une Centrafricaine sur la chaîne publique française France 3.

 

Catherine Samba-Panza, accueillie en prophète, s'est elle-même positionnée en mère de la nation. Son triomphe annoncé, elle s'est adressée à ses "enfants" anti-balaka et ex-Séléka afin qu'ils déposent les armes. "À compter de ce jour, je suis la présidente de tous les Centrafricains", a-t-elle ajouté. Consciente de l'espoir qu'elle représente aussi pour les femmes, dans un pays où le nombre de candidates aux élections est quasi nul alors que le taux de mariage précoce atteint 60 %, elle a déclaré, devant la caméra de Reuters : "J'honore les femmes de Centrafrique."

 

Comme Ellen Johnson-Sirleaf, elle est arrivée à un moment de crise

 

Elles sont au nombre de trois, les femmes qui ont accédé au fauteuil suprême sur le continent. Toutes sont parvenues à s'imposer en temps de crise, venant à la rescousse d'une classe politique démunie et parfois désavouée. Joyce Banda s'est vu confier un Malawi embourbé dans la tourmente politique et économique. Ellen Johnson-Sirleaf a été chargée de reconstruire le Liberia après quatorze ans de guerre civile.

 

Comme cette dernière, Catherine Samba-Panza a pris les rênes d'un pays en proie aux coups d'État et aux guérillas depuis son indépendance en 1960. Le Nord-Est, qui a donné naissance au mouvement de rébellion de la Séléka, n'a jamais été véritablement intégré au pays, marginalisant une partie de sa population. Cette filiation avec Ellen Johnson-Sirleaf, Catherine Samba-Panza la revendique. "Je prends comme point de référence la présidente du Liberia pour qui j'ai beaucoup d'admiration", a-t-elle déclaré au journal britannique The Guardian. "C'est une femme qui est arrivée au pouvoir dans presque la même situation que moi."

 

Chrétienne, c'est d'abord sa neutralité qui lui a permis d'être élue. La nouvelle présidente de la Centrafrique n'est apparentée à aucun camp politique. Nommée maire de Bangui après que la Séléka a renversé Bozizé, elle a montré sa ténacité avec la gestion du sac de la capitale, embrasée par la rébellion. En contact avec les chefs anti-balaka et Séléka, elle a, dès cet événement, su inspirer la confiance des deux camps, en plus de celle de la communauté internationale.

 

Elle est sur tous les fronts et la tâche est immense

 

Catherine Samba-Panza se définit également comme "un parfait exemple d'intégration régionale". Un argument de poids, pour prendre les rênes d'un pays où cohabitent plusieurs dizaines d'ethnies et une soixantaine de langues différentes. Née au Tchad, d'une mère centrafricaine et d'un père camerounais, elle a grandi à Bangui, et appartient donc à trois pays. Elle n'a pourtant gardé qu'une seule nationalité. Femme d'affaires qui a fait fortune dans les assurances, elle n'en demeure pas moins engagée sur le plan politique. Son action la plus ancienne est celle menée en faveur du droit des femmes au sein d'une association dont elle est vice-présidente. Femme de dialogue, elle est également impliquée dans les processus de réconciliation nationale après le coup d'État de François Bozizé en 2003, puis celui de Michel Djotodia en mars 2013.

 

Si les premières actions de la présidente ont été de se tourner vers la communauté internationale, l'ampleur de la tâche qui lui reste à accomplir est immense. On le voit bien avec la situation actuelle. Alors que les chrétiens, majoritaires, ont pris le dessus, la menace d'une tuerie généralisée des musulmans plane. Et le souvenir du Rwanda en 1994 est dans toutes les têtes. Autant dire qu'entre la communauté internationale, les rivalités sous-régionales, la guéguerre intestine entre Centrafricains..., Catherine Samba-Panza a du pain sur la planche avant la dernière ligne droite vers la présidentielle. Elle a donc tout le loisir de mesurer si sa qualité de femme fera d'elle un surhomme.

 

http://www.lepoint.fr/afrique/actualites/catherine-samba-pan...

 

Catherine Samba-Panza, une trajectoire africaine, un chemin en chantier
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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 10:56

 

 

 

 

 

« L’action politique n’est valable et n’a du sens que si elle rime avec l’intérêt du pays et les aspirations du peuple au nom duquel et pour lequel mandat a été reçu »

 

Franck SARAGBA.

 

Une fois de plus, l’’histoire de notre pays, celle qui s’écrit avec un grand « H » est en train de  s’accomplir sans une véritable emprunte au sens positif du terme de nos hommes politiques. La très remarquable et condamnable absence de nos hommes politiques soi-disant de premier plan dans la recherche d’une solution salvatrice dans un conflit hautement politique a fini par dégouter et révolter nos concitoyens qui se sentent plus que jamais seuls, délaissés à leur triste sort. Un conflit politico-militaire que l’on voudrait le transformer coûte que coûte et à tort pour des objectifs inavoués en conflit confessionnel. Le bégaiement de nos hommes politiques de tout bord confondu étonne, surprend et les discréditent à jamais. Se tromper une fois est une chose mais se tromper tout le temps en est une autre. Nulle part ailleurs dans le monde, jamais a-ton vu un peuple aussi brave et courageux, prêt à tous les sacrifices pour prendre sa destinée en main se faire bâillonner dans son élan émancipateur par sa propre classe politique. Notre bon et généreux peuple a été trahi par sa classe politique avec des leaders aux pratiques surannées, aussi démissionnaires, incompétents, inconscients,  cupides qu’ils sont irresponsables les uns que les autres.

 

Au nom d’une solidarité nationale, par patriotisme et pour la réussite du processus de transition pouvant ramener rapidement un Etat de droit dans notre pays,  nombreux sont parmi d’entres-nous qui avions choisi volontairement de taire nos critiques et autres désaccords au regard de graves manquements du régime en place. Et voilà que jour après jour, la pratique du régime de transition nous révèle toutes les  tares que nous reprochions aux anciens régimes qui ont régné dans notre pays depuis une cinquantaine d’années. Finalement, le régime de transition dont nous avions mis tous nos espoirs n’est rien d’autre que  la perpétuation  des pratiques de ces prédécesseurs contre la volonté émancipatrice de notre peuple. L’espérance suscitée par le régime au départ fait place aux doutes, aux questionnements, aux accusations qui sont provoqués par les terribles tâtonnements, les actes de compromission du moment. Les cafouillages politiciens à très court terme ont eu raison des objectifs politiques à long terme qui sont celles entres-autres d’assurer la phase de transition. Au lieu d’un gouvernement très restreint, constitué plutôt d’hommes politiques d’envergure qui sont secondés et conseiller par des technocrates parce que la situation l’exige, on décrétât benoîtement un gouvernement de technocrate avec une pléthore de ministre. A présent, on projette tout aussi benoîtement un remaniement gouvernemental dont les membres ne seront plus des technocrates mais les ressortissants de chaque préfecture. Une autre absurdité qui consoliderait la logique de partition du pays.

 

S’il est vrai que la présidente de transition avait hérité d’une situation chaotique, il n’en demeure pas moins qu’elle disposait et de la légitimité des représentants du peuple et de la reconnaissance au niveau internationale, lesquelles devraient lui permettre de profiter de cet état de grâce et de la sympathie suscitée par son élection pour prendre dans les premières heures certaines décisions fortes qui lui auraient permis d’affirmer son autorité en tant que telle envers toutes les entités, de ce fait, se préserver une marge de manœuvre conséquente. Nous pensions alors à l’amorçage d’une nouvelle ère dont elle assurerait le pilotage éclairé qui consacrerait une nouvelle gouvernance… hélas !

 

La fabrication des pagnes à l’effigie de la présidente de transition est la goute d’eau de trop, à un moment où l’argent fait défaut alors que les priorités, voir les urgences sont ailleurs. Elle nous ramène aux vieilles pratiques populistes et du culte de la personnalité des années’60 que nous avions tant décrié à se rompre les cordes vocales. Nous ne pouvons plus nous taire. Trop, c’est trop !  Si l’on peut reprocher surtout au régime de transition en place de ne pas faire preuve d’audace et d’opportunisme politique, on notera toutefois que l’ancienne classe politique de notre pays  a échoué également, pire, elle n’essaie même pas de se rattraper au point de nous interroger. Les seules préoccupations qui les animent  en ce moment douloureux sont l’annonce de leur candidature à l’élection présidentielle, la création d’un énième parti politique et autres stratagèmes foireux pour faire parti du prochain gouvernement.

 

 Où sont donc passés ceux qui  ont introduit le loup dans la bergerie ? Qu’ils se rattrapent ! Où sont donc passés ceux qui occupent des fonctions régaliennes et qui sont les dépositaires de la violence légitime ? Qu’ils prennent leur responsabilité ! Où sont donc passés les opposants ? Qu’ils jouent leur rôle ! Où sont donc passés ces innombrables candidats à l’élection présidentielle ? Qu’ils parlent et prennent position ! A toute cette classe politique, aux pléthoriques candidats à l’élection présidentielle, aux patriotes animistes, chrétiens et musulmans, nous réitérons à leur endroit au nom de la patrie en danger de se regrouper dans une union sacrée pour se défaire du démon séparatiste qui guette notre nation et sauver ce qui peut l’être encore. Hommage au courage du peuple de Centrafrique et honte à nos hommes politiques.

 

Franck SARAGBA

Hommage au courage du peuple de Centrafrique et honte à nos hommes politiques par Franck SARAGBA
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