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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 01:58

 

 

 

 

 

26/06/14(Organisation de la presse africaine (OPA) 

 

BANGUI (© APO) - Le PNUD, en partenariat avec le Fonds pour la consolidation de la paix et la Banque mondiale, a pris des mesures pour réhabiliter un système de paiement pour les fonctionnaires de la République centrafricaine.

 

Dans le cadre de ses efforts pour réhabiliter et soutenir les services gouvernementaux à Bangui, le PNUD a transféré à la Banque des Etats de l’Afrique centrale la moitié d’une somme totale de 4,6 millions de dollars en provenance du Fonds de consolidation de la paix des Nations Unies, qui couvriront les salaires de 3 417 policiers et gendarmes pour les mois de mai à août. La Banque mondiale sera chargée de payer les salaires du reste de la fonction publique.

 

La violence sectaire en République centrafricaine, qui s’est accompagnée d’un effondrement complet de la sécurité, de l’autorité de l’État et de la primauté du droit, a entraîné des milliers de morts, forcé des centaines de milliers de personnes à fuir et créé une crise humanitaire en plein essor.

 

« Si la police n’a pas de système de paiement adéquat, il est peu probable qu’elle aidera au maintien de l’ordre et à faire appliquer la loi. Dans la situation actuelle, qui est extrêmement volatile, s’assurer qu’ils reçoivent un salaire est un bon début, » a déclaré Aurelien Agbenonci, Représentant résident du PNUD en République centrafricaine.

 

Les paiements sont effectués par le biais d’un fonds fiduciaire multipartenaires géré par le PNUD, à la suite d’un exercice de vérification mené conjointement par le PNUD avec la Banque mondiale en mai 2014, qui a produit une liste de 20 000 fonctionnaires agréés.

 

Les gendarmes et policiers patrouillent les rues de Bangui avec la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA) et les troupes françaises de la Sangaris, aidant à rétablir l’ordre et à faire appliquer la loi dans les rues de la capitale.

 

Cet effort fait suite à l’appel du Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, en février, qui exhortait à stabiliser la situation sécuritaire en Centrafrique par le biais d’un soutien financer visant à aider le nouveau gouvernement de transition à jeter les bases de la restauration du secteur de la justice et de la réconciliation.

 

La Commission de consolidation de la paix des Nations Unies a également souligné l’importance pour l’ONU d’aider le gouvernement de transition à rétablir la loi et l’ordre civil de manière rapide.

 

En mai, le Premier ministre s’est félicité du lancement du nouveau système, affirmant qu’il avait été « dicté par la nécessité de respecter les règles élémentaires de bonne gouvernance. »

 

Des formations sur le terrain devront avoir lieu à l’automne de 2014, renforçant les capacités des agents de police et de gendarmerie à enquêter et à poursuivre les crimes en collaboration avec la branche judiciaire. Ces formations s’ajouteront au soutien matériel déjà fourni par le PNUD et le Fonds pour la consolidation de la paix, y compris les véhicules fournis pour les patrouilles conjointes au sein de la capitale.

 

Le PNUD appuie le rétablissement des services publics essentiels en République centrafricaine
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Centrafrique-Presse.com
27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 01:49

 

 

 

 

 

26/06/14 (AFP)

 

L'Union européenne a condamné mercredi les violences en Centrafrique, et appelé à l'arrêt des "hostilités" et des "actes de représailles".

 

"Nous condamnons fermement les violences qui ont secoué la ville de Bambari et sa périphérie ces derniers jours, et qui ont entraîné la mort d'une cinquantaine de personnes, essentiellement des civils", a indiqué le service diplomatique de l'UE dans un communiqué.

 

"Nous exhortons tous les groupes à cesser immédiatement les hostilités et à s'abstenir d'actes de représailles", a-t-il ajouté.

 

Près de cinquante personnes ont été tuées depuis lundi dans la région de Bambari, dans le centre du pays, dans une nouvelle explosion de violences déclenchée par le massacre de 17 peuls musulmans.

 

"L'UE reste extrêmement préoccupée par l'insécurité persistante en République centrafricaine et par la réduction de l'espace humanitaire dans le pays qui en résulte".

 

"Cette insécurité permanente et les menaces à répétition envers des communautés ciblées affaiblissent les conditions essentielles requises pour une réconciliation durable", souligne l'UE, qui "restera fortement engagée, avec ses partenaires internationaux, à soutenir la stabilisation de la République centrafricaine".

 

L'UE a déployé une force militaire en Centrafrique. Eufor-RCA assure depuis fin avril la protection de l'aéroport de Bangui, et est déployée depuis la mi-juin dans deux arrondissements de la capitale.

 

Centrafrique: l'UE appelle à l'arrêt des "hostilités" et des "représailles"
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Centrafrique-Presse.com
27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 01:42

 

 

 

 

 

26/06/14(Dw-World)

 

Alors que les affrontements meurtriers se poursuivent en RCA entre les ex-rebelles Seleka et les Anti-balaka dans le centre du pays, les Anti-balaka annoncent vouloir transformer leur mouvement armé en parti politique. Selon des témoignages rapportés par l'AFP, la plupart des victimes des affrontements survenus à Bambari (au nord-est de Bangui) ont été massacrées à l'arme blanche ou tuées par balle. Ce qui fait craindre la résurgence des affrontements interconfessionnels du début de l'année à Bangui. Acte délibéré, ou simple coïncidence, les Anti-balaka choisissent ce moment pour annoncer leur intention de se transformer en parti politique, comme l'a annoncé Sylvestre Yagouzou, le coordonnateur adjoint chargé des opérations des Anti-balaka, joint par la Deutsche Welle.

 

De la création d'un parti politique

 

A priori, cette décision n'a rien d'anormal, en ce sens que tout citoyen centrafricain qui remplisse les critères définis par la loi en terme de création de parti politique, a le droit de le faire - sans restriction aucune. Cependant, ce qui choque la plupart des analystes, c'est la mauvaise réputation des miliciens Anti-balaka. Ces derniers sont régulièrement accusés de perpétrer des massacres à caractère purement ethnique et confessionnel. Dans ces conditions, quelle sera leur idéologie ? Que défendront-ils ? Autant de questions que se posent les observateurs de la vie politique en Centrafrique.

 

Autre controverse

 

La division des Anti-Balaka en plusieurs tendances est une grosse épine dans le pied du mouvement rebelle. Une aile dure par exemple reste fidèle à l'ancien président François Bozizé, et une autre qui a prêté allégeance à la nouvelle présidente de la transition, Catherine Samba Panza. Les deux groupes parviendront-ils à se mettre d'accord sur un minimum de consensus ? Il appartient désormais aux rebelles de faire de leur différence un atout de lutte non armé pour la conquête du pouvoir pour lequel ils ont pris des armes.

 

http://www.dw.de/vers-un-parti-politique-des-anti-balaka/a-1...

 

Vers un parti politique des Anti-balaka ?
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Centrafrique-Presse.com
27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 01:24

 

 

 

 

Verbatim de la conférence de presse du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République centrafricaine et chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine, le général Babacar Gaye, en compagnie des Représentants spéciaux adjoints, l’Ambassadeur Lawrence Wholers, et  Aurélien Agbenonci. 


25 juin 2014

Le Général Babacar Gaye : 

Mesdames et messieurs bara ala kwe ! 

Je suis ici avec les deux Représentants spéciaux adjoints du Secrétaire général, l’Ambassadeur Lawrence Wholers que vous connaissez bien et Aurélien Agbenonci, également Coordonnateur résident et Représentant du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), qui vient de nous rejoindre et à qui je souhaite, en votre nom, la bienvenue en République centrafricaine. Il aura tout à l’heure l’occasion de répondre, certainement, à vos questions. 
  
Nous aurons aussi, tout à l’heure, l’arrivée du Général de brigade Frederic Hingray qui est le Chef de l’Etat-major de la future force de la MINUSCA. Il y a aura au-dessus de lui un commandant de la force et un commandant adjoint et il sera, en somme, la troisième autorité militaire. Il nous rejoindra tout à l’heure. 

Lors de notre dernière rencontre, le 22 mai dernier, j’avais, en exergue de mes propos liminaires, rappelé l’attention qu’accorde les Nations Unies à la liberté de la presse et j’avais, à l’occasion, condamné toutes les attaques visant les journalistes. Aujourd’hui encore, cette conférence de presse intervient au lendemain du décès de votre consœur, Mme Blanche Elisabeth Olofio, à la suite d’une longue maladie consécutive, chacun le sait, à une agression. Je voudrais ici saluer sa mémoire et remercier tous ceux qui, comme vous,  que ce soit à travers son transfert par avion ou d’autres actes bénévoles, l’ont aidée dans cette longue souffrance qu’ont été les derniers mois de sa vie. 

La MINUSCA est, vous le savez, désormais entrée dans les 90 jours avant ce qu’on appelle le transfert d’autorité entre elle et la MISCA. Les contingents de la MISCA ainsi que la MINUSCA sont déjà rentrés dans la préparation de ce passage sous béret bleu qui va donc intervenir le 15 septembre. Ces préparatifs se passent dans un environnement qui est marqué par les violences inacceptables intervenues hier à Bambari, mais aussi par des discussions entre représentants des groupes armés tenues sous l’égide d’organisations non gouvernementales. 

Nous percevons ce développement, cette discussion entre responsables de groupes armés, comme une réponse à l’appel que j’ai lancé ici, à plusieurs reprises, pour un sursaut des élites, pour l’implication des notables ; je le perçois ainsi. Je voudrais aussi que ces engagements des représentants des groupes armés se traduisent très rapidement en action sur le terrain. En action à la fois au profit des communautés qui, ici, à Bangui sont des communautés qui sont sous menaces, mais également des communautés comme celles de Boda, où les gens vivent en grandes difficultés. 

Je voudrais en profiter pour saluer et encourager la tenue à Bangui, à l’initiative de Madame la Présidente de la Transition, d’un premier atelier de consultation, préparatoire à la reprise du dialogue politique. Notre opinion est que le désarmement, la réconciliation, que nous appelons de tous de nos vœux, ce dialogue et cette réconciliation ne trouveront leurs voies que dans le cadre du dialogue politique auquel l’adhésion des populations et des forces vives de toute la nation est essentielle. 

Je disais que ce que les populations ont en commun aujourd’hui dans ce pays c’est la terre centrafricaine et, malheureusement, la souffrance. Je voudrais en profiter pour saluer tous ceux qui contribuent à alléger ces souffrances, et de ce point de vue, les Organisations non gouvernementales (ONG), mais également les agences des Nations Unies et surtout les forces, MISCA et Sangaris, qui donnent le meilleur d’elles-mêmes dans ce sens. 

Les Nations Unies en profitent pour réitérer leur appel aux anti-balaka à rentrer dans la légalité en déposant leurs armes et en se tenant prêts à bénéficier des programmes de retour dans les communautés d’origine. Les Nations Unies appellent les Séléka à se tenir prêts à rentrer dans le DDR, en respectant scrupuleusement les mesures de confiance et en se soumettant partout à l’autorité de l’Etat. 

La communauté internationale est au chevet de la Centrafrique. C’est le lieu de rappeler le soutien des Nations Unies aux autorités de la Transition et à leurs efforts pour une stabilité durable du pays. Cette stabilité nécessite que les Centrafricains soient au chevet de leur propre pays. 

Je vous remercie.
 

        
Questions/Réponses 


Le journal « Les dernières minutes » : Mon général, je commence par saluer votre présence ici, ainsi que l’arrivée du numéro 2 de la MINUSCA, à qui j’adresse mes questions. Nous ne manquerons pas de nous interroger la gestion des consécutives et multiples crises centrafricaines, et voudrons savoir quelle est l’attente des Centrafricains aujourd’hui par rapport à sa nomination en RCA ? Ma deuxième question : pourriez-vous, par rapport à vos compétences des Nations Unies, nous dire quel apport contextuel à la crise centrafricaine compter vous valoriser, surtout que, même devant les forces internationales comme hier à Bambari, de nombreuses personnes innocentes ont été massacrées ? 

Aurélien Agbenonci : Je pense que votre question est relative au fait que je rejoigne le leadership de la Mission. Pour ce qui est de l’attente des populations, je pense que cette question devrait être posée beaucoup plus aux Centrafricains, mais je sens confusément ce que vous avez voulu dire. Certainement, vous vouliez savoir quel pourrait être l’apport d’une personne comme moi à la mission globale de la MINUSCA dans ce pays. 

Comme vous le savez, l’organisation de la mission prévoit, pour appuyer le Représentant spécial, un Représentant spécial adjoint politique, pour tout ce qui concerne le dialogue politique et les mécanismes liés à l’évolution et à la stabilisation politique de la situation. 

En ce qui me concerne, il s’agit de la coordination des agences du système des Nations Unies mais surtout tout ce qui peut accompagner le travail du groupe civile qui vient travailler pour les affaires civiles au sein de la Mission. Ce que je compte faire est d’utiliser ma modeste expérience des pays qui ont traversé des crises, celle-ci pour que la réponse que nous apportons, sous le leadership du Général Gaye, soit une réponse qui se nourrisse de nos expérience d’ailleurs, de nos échecs mais aussi et surtout, je l’espère, de nos succès. Vous avez parlé d’attentes, nous serons à l’écoute du peuple centrafricain et cet espace créé, comme la conférence de presse, en est un. 

Pour ce qui est de ce que j’entends valoriser, je pense que dans la première réponse, je l’ai déjà dit, j’entends valoriser un engagement pour la paix, un engagement à contribuer au travail de toute une équipe mais c’est un travail qui a besoin que l’on utilise toutes nos aptitudes, toute notre énergie mais aussi l’engagement d’appeler les Centrafricains à revivre ensemble dans un monde de paix. 

Radio Ndeke Luka : Mon général, c’est à maintes reprises qu’on demande aux groupes armés de ce pays, la Séléka est les anti-balaka, de cesser les hostilités. Mais cette  situation perdure. Aujourd’hui, vous réitérez le même appel. Est-ce un ultimatum, qui ne dit pas son nom, à l’intention de ces groupes armés ? 

Babacar Gaye : Je vous remercie de votre question. Le Président Senghor a l’habitude de dire que répétition n’est pas redite. J’ai indiqué la voie qui nous paraissait être la bonne, à savoir celle du dialogue politique, et j’ai indiqué qu’il fallait que cet appel ait un écho d’abord parmi les gens qui détiennent des armes mais également parmi toutes les forces vives de la nation. C’est une question qui concerne l’ensemble de la nation, tel que cela avait été fait à la veille de l’élection de la Présidente Mme Dame Samba-Panza ; toutes les forces vives de la nation avaient eu à s’exprimer. C’est à travers une expression plurielle comme celle-là qu’on trouvera une solution à ce problème de la violence dans le pays. La dernière manifestation hier à Bambari et celle qui avait précédé le mois présent nous font penser qu’il y a presque un cycle. Presque toutes les 3 à 4 semaines, il y a de nouveau une poussée de violence qui fait que l’espoir que nous avions de voir les choses se calmer durablement est remis en cause. Cela prouve bien qu’il faut un moment que tout le monde s’asseye et que les causes de la violence soient discutées et que des solutions soient trouvées et mises en œuvre par l’ensemble de la nation. Tant que nous n’aurons pas cela, nous appellerons à cela publiquement mais nous agirons aussi par tous les autres moyens dont nous disposons pour pousser à cette stabilité durable. 

Tribune d’Infos : Mon Général, vous parlez de souhait des Nations Unies pour que les engagements pris soient traduits par des faits alors que, sur le terrain, c’est tout à fait le contraire. Par ailleurs, a aucun moment vous n’avez fait allusion, dans vos propos liminaires, aux Forces armées centrafricaines (FACA). Pour finir, vous demandez que les anti-balaka déposent simplement leurs armes et que la Séléka se rende disponible pour le DDR. De quel DDR s’agit-il dès lors que les résolutions des Nations Unies, telles la 2127, sont claires concernant le désarmement qui doit se faire de gré ou de force. Qu’est ce qui retarde l’option militaire par rapport à l’option que vous envisagez pendant que le cycle de violence ne fait que perdurer ? 

Par ailleurs, lors du dernier passage de la délégation conjointe de l’Union africaine / Nations Unies, il a été demandé que, par votre truchement, la presse centrafricaine ne soit pas une presse qui incite à la haine mais qui informe utilement. Pour informer utilement, nous avons besoin, au-delà de nos capacités, d’une formation pointue dans le domaine des conflits, comme c’est le cas actuellement. Pouvez-vous nous rassurer, aujourd’hui, que ce programme pourra voir le jour et être exécuté à court termes de manière à aider la presse à accompagner efficacement le processus pour ramener la paix dans l’immédiat parce que l’avenir du pays est dangereusement menacé ? 

Babacar Gaye : Je commencerai par votre deuxième question qui est relatif au soutien à la presse. J’en ai la volonté. Dès que j’aurais réuni les moyens de cette volonté, je viendrai ici, dans cette salle, exposer ce que nous serons en mesure de faire. Nous avons à la fois le mandat et la volonté d’aider la presse, mais je ne peux pas simplement lancer des promesses en l’air. Je veux obtenir ce qui pourrait être fait pour vous et ensuite vous l’exposer. 

S’agissant de votre première question, je vous en remercie infiniment parce que c’est une des questions récurrentes chaque fois que nous rencontrons la presse : à savoir l’avenir des FACA et le désarmement par force. Nous avons sur ces deux questions, presque finalement une approche pédagogique pour essayer d’expliquer afin que vous partagiez ce qui nous semble être une attitude raisonnable. Le désarmement par force, c’est opposer à une violence une autre violence alors qu’il s’agit, non pas de désarmer mais de démobiliser. Il s’agit de traiter les causes qui sont à l’origine de la violence et non l’expression simplement de cette violence. C’est pour cela que nous considérons que le meilleur désarmement est un désarmement qui est durable. C’est-à-dire celui qui est précédé d’une discussion des causes de la violence et d’un accord entre toutes les parties sur la manière de mettre fin à ces causes. En ce moment, vous êtes dans la première étape d’un processus de DDR. C’est cela que nous voulons et c’est pour cela que nous estimons que la meilleure manière de faire le désarmement c’est d’aller vers des discussions politiques sur les causes de la violence. Toutes les actions qui peuvent contribuer à cela sont les bienvenues. Certainement que la présence d’une force dissuasive limitant ces violences et montrant aux groupes armés que ceci ne peut perdurer est sans doute un moyen mais cela ne peut pas être la seule solution. 

L’expérience nous prouve partout que les appels au désarmement volontaire, comme ceux auxquels nous avons assisté ici à Bangui, sont également des mesures qui peuvent accompagner mais au bout du compte, la réconciliation et le désarmement ne trouveront un chemin vraiment durable qu’autour de négociations politiques pour traiter les origines de cette situation. 

Centrafrique Matin : Mon général, comment appréciez-vous l’opération de désarmement en cours ? 

Babacar Gaye : Je l’apprécie très positivement du fait des résultats enregistrés en termes de tonnes métriques d’armes et de munitions saisies, et vous observez avec moi les limites de cette action. Il y a une nécessité d’aller au-delà d’un simple désarmement qui serait, je pourrais, dire mécanique pour aller à ce à quoi tout le monde en appelle, c’est-à-dire la démobilisation. Nous ne pouvons pas être dans un pays où l’autorité de l’Etat est en permanence défiée par des gens en armes, et il faut que l’on traite ce problème. Sans doute y en a-t-il, parmi ces gens en armes, dont le traitement relève de la Justice ou de l’usage de la force mais ce n’est pas l’ensemble du problème qui peut être réglé ainsi. Comme je l’ai dit tout à l’heure, il y a une partie de ce désarmement qui doit se faire autour d’une table, autour de discussions politiques, pour identifier et régler les causes de cette situation. 

BBC : Mon général, dans vos propos, vous avez dit que le désarmement forcé c’est opposer une violence à une autre violence ; pour moi c’est une manière de mettre de côté les Résolutions 2121 et 2127 qui parlent du désarmement forcé. Jusqu’aujourd’hui, ces résolutions ne sont pas mises en application, et le cycle de la violence continue. Nous avons tendance à croire qu’il y a une rébellion qui s’est installée dans la capitale même et dans l’arrière-pays, et le peuple en souffre. Vous avez parlé d’un souhait pour que les deux parties belligérantes baissent les armes. Il y a récemment eu accord entre les anti-balaka et la Séléka, parrainé par une ONG, mais les deux entités ne cessent de se désavouer. Pensez-vous qu’avec une telle attitude le souhait du dialogue sera une réalité  si vous ne voulez pas mettre en application les Résolutions 2121 et 2127 ? 

Babacar Gaye : Pourquoi à votre avis en sommes-nous arrivés à ce que des représentants de ces communautés acceptent de s’assoir autour d’une table sous l’égide d’une ONG, dont je salue l’action, pour discuter du chemin menant à la paix ? C’est tout simplement parce que la présence des forces internationales leur a montré l’inanité de leurs actions et de leurs perspectives. Il pourrait peut-être, localement, avoir de petites violences là où les forces internationales ne sont pas présentes mais partout où elles ont été présentes, ce sont les forces internationales qui ont eu le dessus sur ces gens. Effectivement, la Résolution est mise en œuvre, à la mesure des moyens déployés dans le pays. Ce pays est quand même grand comme la France et on y a déployé aujourd’hui un peu moins de 10.000 hommes et le Représentant spécial de la MISCA a très justement rappelé qu’il y avait un pays appelé le Kossovo où pas moins de 45.000 hommes avaient été déployés. Il y a déjà un problème de capacité mais il est incontestable que la présence de forces internationales a créé partout, notamment localement, des rapports de forces qui ont obligé les groupes armés à se rendre compte que les perspectives qu’ils envisageaient ne sont pas réalisables. Si l’on veut une stabilité durable du pays, il faut un désarmement accompagné d’une démobilisation. Cela, on ne peut l’obtenir qu’en s’asseyant autour d’une table et en demandant aux gens pourquoi donc prenez-vous les armes. Discuter de cette question, avec l’ensemble de la nation centrafricaine afin qu’on puisse, comme nos voisins, vivre en paix. Peut-être tous ne viendront pas à la table mais ceux qui ont des leaders qui ont une vision et un intérêt pour les populations qu’ils sont censés défendre, je l’imagine, viendront s’assoir à la table pour poser les problèmes de leurs communautés qu’ils s’étaient engagés à défendre en prenant les armes. Pour ceux qui n’ont pas d’autres ambitions que l’ambition mafieuse de petit caïd local, ce problème sera réglé par la force. Il faut qu’il y ait une déférence entre cette violence, elle n’est pas toute de la même nature. 

BBC : Dans votre allocution, vous avez appelé les anti-balaka à rentrer dans la légalité et la Séléka au DDR, quelle différence faites-vous entre ces deux groupes ? 

Babacar Gaye : Je crois que la différence entre les anti-balaka la Séléka est une différence assez évidente. Aucun d’entre nous ici n’oublie qu’il y a plus de 7 mois, c’est la Séléka qui dirigeait ce pays. C’est donc un groupe connu, dont certains des leaders sont bien connus et qui a été appelée, concernant la Séléka présente ici à Bangui, à signer des mémorandums d’entente avec le gouvernement pour le retour de certains de ses éléments ainsi que leur désarmement. Nous sommes donc, du point de vue de la démobilisation et du point de vue du DDR face à quelque chose que nous demandons alors que les anti-balaka se présentent comme une nébuleuse dont rares sont ceux qui se présentent vraiment comme les responsables. C’est pour cela que l’appel est pour que ceux qui ont des armes les déposent parce qu’ils sont dans l’illégalité totale et pour que ceux qui ne sont pas originaires de Bangui bénéficient de programmes de retour dans leur communauté. Donc il y a un traitement différencié parce qu’il y a une nature qui est différente. 

Le Journal « Les dernières minutes » : Mon général, vous venez à peine de rappeler dans votre intervention qu’à l’époque la communauté internationale avait mobilisé plusieurs moyens et capacités pour intervenir au chevet des Kosovars dont le pays n’est qu’un centième de la RCA. Plus de 45.000 hommes avaient été mobilisés et aujourd’hui la RCA n’en a que 8.000, moins les 850 du contingent tchadien. Est-ce que les Centrafricains doivent ils croire qu’ils sont bénéficiaires d’une injustice de la part de la communauté internationale ? 

Babacar Gaye : Je crois que le Centrafricain doit d’abord croire que la stabilité et l’avenir de son pays sont entre ses mains. 

Tribune d’Infos : Concernant le transfert de compétence entre la MISCA et les forces onusiennes, vous avez souligné les problèmes liés à l’effectif. Nous voudrions savoir si avec ce transfert le problème d’effectif sera réglé et qu’une mission d’imposition de la paix sera définie à cette nouvelle force comme en République Démocratique du Congo ? 

Babacar Gaye : Je profite de votre question pour présenter, à nouveau, le général Frederic Hingray ici présent, et qui sera le chef d’Etat-major de la force. Il est le premier des casques bleus que nous avons. J’ai pensé qu’il était bon que vous mettiez un visage sur ce nom que vous allez surement entendre dans les mois à venir, aux côtés du général commandant la force et du général adjoint. Ce sont eux qui vont être sur le terrain avec les hommes. Votre question est très importante. Je suis d’autant plus heureux que vous la posiez, car la presse a un rôle considérable à jouer. A travers votre question je sens moins l’homme de presse éducateur et informateur que l’homme de presse se faisant l’écho des réflexions des questions des populations. Je pense que ces questions vous y apporterez ensuite des réponses qui vont éclairer les populations. Je l’ai déjà dit et je le répète, la communauté internationale est au chevet de votre pays. Déployer ici une force de 12.000 hommes est un effort financier considérable de la part de la communauté internationale, qui vient s’ajouter à l’effort d’un des partenaires de ce pays, un partenaire bilatéral qui a déployé ici à ses frais une opération de 2.000 hommes qui coûte excessivement chère. Les 12.000 hommes qui sont ici sont venus accompagner un processus qui doit permettre à ce pays d’avoir une stabilité durable. Il ne s’agit pas de venir faire la guerre mais de venir dans le cadre des règles d’engagement qui seront bien précises, de protéger les populations partout où la force sera déployée. Le fait déjà que cette force intervienne sous chapitre 7 doit vous donner une garantie sachant que cette force emploiera, partout où elle sera présente, tous les moyens nécessaires pour garantir et protéger les populations. Il ne s’agit pas pour la force de rentrer dans une logique de violence ; pas du tout. La force est accompagnée de fonctionnaires civiles qui vont être déployés sur le territoire, dans plusieurs localités, et qui vont créer des conditions qui font que, au lieu que les gens s’affrontent, les gens se mettent ensemble et fassent avancer ce pays. Voilà ce qui serait, pour la force, la plus grande réalisation. Essayer de briser ce cycle de violence et cette logique d’affrontement, la transformer en réconciliation, en stabilité et en développement pour ce pays. Voilà ce que nous sommes venus rechercher. Nous ne sommes pas venus ici en disant on va imposer une violence plus violente à celle qui existe ici. Nous voulons casser cette violence par d’autres moyens et ce sont des moyens que nos fonctionnaires civiles, les policiers et les militaires vont mettre en œuvre. C’est cela la valeur ajoutée d’une mission onusienne, briser un cycle de violence et mettre à la place une dynamique de réconciliation, de stabilité et de progrès. 

Singuila mingui !
Verbatim de la conférence de presse du Représentant spécial du Secrétaire général
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Centrafrique-Presse.com
27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 01:16

 

 

 

REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

*************

Ex Coalition SELEKA

Tél. +(236) 75 50 74 11 / 72 50 74 11 / 70 55 55 10

 

 

Bangui, le 11 mars 2014

 

 

A

Monsieur Ban Ki-moon

Secrétaire Général

Organisation des Nations Unies

New York – Etats Unis d’Amérique

 

 

Objet : Appel sur la situation sécuritaire en Centrafrique

 

Monsieur le Secrétaire général,

 

Comme vous le savez, la situation sécuritaire ces dernières semaines s’est grandement détériorée et interpelle davantage d’attention et de mobilisation, tant au niveau international, régional que national, pour mettre fin aux tueries et autres formes de violences à l’égard des populations civiles centrafricaines et, rétablir la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire.

 

A la suite de l’adoption à l’unanimité par les 15 membres du Conseil de sécurité de la résolution  2127 qui donne mandat à la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) de se déployer « pour une période de douze mois », avec une clause de révision à six mois, vous déclariez que « c'est une étape importante et opportune qui traduit la détermination de la communauté internationale à répondre à la crise. Il est urgent que la résolution 2127 soit maintenant mise en œuvre avec la plus grande célérité pour que des souffrances et des violences supplémentaires soient épargnées au peuple centrafricain.

 

L’ex coalition Séléka a non seulement marqué sans réserve son adhésion à la mise en œuvre de ladite résolution, mais aussi a pris les dispositions pour en assurer son application. Le cantonnement et le désarmement  sans condition de ses forces et  la démission du Président Michel Djotodia démontrent à suffisance  sa bonne volonté.

 

Au moment où je vous adresse cette correspondance, tout porte à croire que l’espoir suscité par cette résolution risque de ne pas porter ses fruits, du moins, pour la majorité de la population centrafricaine désireuse de vivre en paix et dans la sérénité, pour plusieurs raisons, à savoir :

 

  • le caractère surprenant et incompréhensible de l’efficacité des opérations militaires et sécuritaires des forces internationales susmentionnées face aux agissements des milices anti-balaka, à Bangui et les provinces, au point de créer méfiance et malaise au sein de la population centrafricaine ;
  •  
  • La situation humanitaire et sécuritaire est très grave pour les centrafricains en général, et insupportable  pour les musulmans qui restent dans le sud-ouest et à Bangui, sans parler de ceux qui sont torturés, mutilés, brûlés. Il y a encore plusieurs localités dans le pays où des milliers de personnes de confession musulmane vivent cloitrés et en danger permanent ;
  •  
  • la propagande des ennemis de la paix, galvanisés par les actions des milices anti-balaka et leurs partisans, sur les médias nationaux et internationaux vantant leur projet macabre d’extermination des musulmans centrafricains. Ils ne s’en cachent pas et reconnaissent  la paternité de leurs actes ;
  •  
  • le cantonnement dans des « prisons  à ciel ouvert » des milliers de victimes sans défense comme c’est le cas  à la mosquée centrale de Bangui, à Boda, et dans certains sites,
  • l’indifférence quasi généralisée par rapport aux plans d’extermination, d’épuration et de suppression pure et simple des musulmans et de leur culture dans le paysage centrafricain.

 

Qu’ont-ils fait pour mériter un tel sort ? Devons-nous laisser-faire les extrémistes, les commanditaires des barbaries qui sont connus et qui circulent librement en Centrafrique et ailleurs ?

 

Vous comprendrez que nous, composante politique de l’ex-Séléka éprise de paix et de l’esprit d’une république apaisée, unie et indivisible, qui sommes sur le terrain et qui vivons la crise, avons estimé nécessaire, de nous adresser directement à vous, et à travers vous, à la communauté internationale, pour attirer votre attention sur une lecture erronée de la situation sécuritaire en Centrafrique et surtout celle de nos compatriotes musulmans.

 

La crise centrafricaine, semble ne pas faire pas suffisamment l’objet de l’attention qu’elle mérite et ce malgré les différents rapports des organismes autorisés tels que Amnesty international, International Crisis Group, les Organisations non gouvernementales qui évoquent un nettoyage ethnique. Elle semble oubliée au profit d’autres comme celle de la Syrie et de la Crimée.

 

Toutefois nous nous félicitons de l’intérêt qu’accord la communauté internationale à cette crise ainsi que les efforts de l’Union Africaine à travers la (MISCA) et de la France (Sangaris) qui n’ont pas ou n’arrivent pas encore à faire cesser les crimes et autres exactions.

 

Nous apprécions à sa juste valeur la décision des Nations-Unies de s’investir dans la stabilité de notre pays pour un retour à la paix à travers une mission et le déploiement des forces de maintien de la paix. Nous ne doutons pas que cette aide apportera une protection aux populations sans défense et aussi assurer une stabilité dans toute la région d’Afrique Centrale.

 

Monsieur le Secrétaire Général,

 

Permettez-nous, face à la gravité de la situation, de présenter ici quelques pistes de réflexion pour une sortie de crise et le retour à la paix et à la stabilité pour le bien-être de nos populations et de l’ensemble de la région. Il s’agira, notamment de créer des espaces de vie sécurisés où le libre-mouvement est possible.

 

  • Sur le plan humanitaire
  •  

Il est urgent de procéder à la mise en place d’un véritable plan de protection et d’aide de nos compatriotes centrafricains et ressortissants étrangers , plus particulièrement pour les musulmans déplacés et victimes des exactions, d’enlèvement, de liquidation macabre et de profanation des lieux de culte commises par les miliciens anti balaka.

 

Des milliers des déplacés sont abandonnés à eux-mêmes sans aucun appui véritable (alimentaire et sanitaire). Nous pouvons en citer ceux qui ont trouvé refuge dans le troisième arrondissement de Bangui. Toute sortie de ceux-là au-delà de ce périmètre (Rond-point de l’avenue Koudoukou jusqu’au carrefour de l’avenue de France) s’avère suicidaire. Tout laisse croire qu’un plan diabolique de cantonnement des musulmans ou de ce qui en reste était établi et attendait pour être exécuté mais, pour quel but et dans quel dessein.

 

L’extermination des musulmans centrafricains semble inexorablement atteinte. Car, selon les médias, la population musulmane est réduite à moins de 3% de la population totale, et dans certaines régions/villes les musulmans ont été purement et simples tués ou expulsés.

 

  • Sur le plan politique
  •  

L’instauration d’un mécanisme, de concertation entre les décideurs politiques centrafricains et les forces militaire de l’Union Africaine (MISCA) et française, pour trouver les meilleures options à la sortie de crise. Le Gouvernement de transition, par faute de moyens peut-être, semble dépassé par les évènements, fait montre de manque d’initiatives aptes à faire cesser les exactions et tarde à mettre en œuvre les différents accords de paix, en particulier celui de N’Djaména, socle nécessaire vers la marche pour la réconciliation nationale. Pour preuve, aucune condamnation des exactions des milices anti-balaka n’a été enregistrée, encore moins la recherche de solutions endogènes et inclusives.

 

Monsieur le Secrétaire Général,

 

Au regard de la situation et compte tenu du rôle que doivent jouer les Nations-Unies les actions suivantes revêtent pour nous une importance capitale pour une paix durable en Centrafrique :

  1. le désarmement immédiat de toutes les milices anti balaka et autres et l’arrestation de leurs leaders ;
  2. la création d’urgence des zones de protection des populations civiles musulmanes, à Bangui et sa périphérie, à Boda, à Bouar, Bozoum, à Berbérati notamment,
  3. l’application des accords de Libreville et de N’djamena,
  4. le déploiement dans un bref délai des forces de maintien de la paix des Nations-Unies,
  5. la protection et la restitution des biens des populations musulmanes,
  6. La création d’un véritable organe de suivi des accords de paix,
  7. Le retour de tous les réfugiés comme préalable à toute opération électorale,
  8. La mise en place d’un programme de relance économique.

 

Par la même, nous tenons à vous assurer de notre entière disponibilité à œuvrer pour le retour de la paix en Centrafrique. Assurément, la branche politique de l’ex Séléka a choisi résolument le chemin de la réconciliation nationale pour aller vers une paix de l’esprit et du cœur susceptible de rassembler toutes les filles et tous les fils de la Centrafrique sans distinction de religion.

 

Convaincu de tout l’intérêt que vous accordez à cette situation, veuillez croire Monsieur le Secrétaire Général, en l’assurance de notre haute considération.

 

 

Général Mohamed Moussa DHAFFANE

 

Président ad intérim de la Séléka,

 

Ancien Ministre d’Etat

 

Ampliation :

  • Présidente de la République, Chef de l’Etat,
  • Président du Conseil National de Transition,
  • Président en exercices de l’Union Africaine,
  • Président en exercices de la CEEAC,
  • Président en exercices de la CEMAC,
  • Présidente de la Commission de l’Union Africaine,
  • Président de la Commission de l’Union Européenne,
  • Présidence du Conseil de Sécurité des Nations Unies,
  • Le Haut Médiateur dans la crise Centrafricaine,
  • Le Secrétaire Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie,
  • Le Représentant du Secrétaire général des Nations-Unies en Centrafrique
  • La Fédération Internationale des Droits de l’Homme,
  • Amnisty International,
  • Le Secrétaire général de l’Organisation de la Conférence Islamique.
Moussa Mohamed Dhaffane saisit Ban Ki moon au sujet de la situation sécuritaire de la RCA
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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 01:13

 

 

 

 

 

26/06/2014 à 14:49 Par Dorothée Thienot, envoyée spéciale Jeune Afrique

 

À Bangui, ils sont moins de trois mille, retranchés dans ce quartier dont ils ne peuvent sortir sans risquer leur vie. Dans un pays ravagé par la violence, il ne fait plus bon s'afficher musulman.

 

Ce sont les derniers musulmans de Bangui. Deux mille, peut-être trois mille personnes - hommes, femmes, enfants -, qui n'ont pas pu ou pas voulu fuir la capitale centrafricaine. Aujourd'hui, c'est trop tard. Quitter ce quartier où ne s'aventurent plus ni la police ni la gendarmerie serait signer leur arrêt de mort. Pour eux, le PK5 est une prison à ciel ouvert.

 

Ils y vivent reclus depuis le 5 décembre 2013. Ce jour-là, les milices chrétiennes anti-balaka lancent une offensive coordonnée contre les combattants musulmans de la Séléka qui ont renversé François Bozizé et porté Michel Djotodia au pouvoir. De combats en représailles, les violences durent près de trois jours et font au moins 500 morts (le double, si l'on en croit Amnesty International). Six mois plus tard, les murs du PK5 sont barrés de tags rageurs pour la plupart hostiles à la France, dont les Nations unies ont, ce même 5 décembre, autorisé l'intervention militaire.

 

"François Hollande, arrêtez de tuer les musulmans !" "Sangaris, voleurs de diamants !"... La protection des Français, les habitants du quartier n'y croient plus. Pas plus qu'ils ne croient en celle des Casques bleus rwandais et burundais de la Misca, affectés à la surveillance du PK5, ou qu'ils ne comptent sur le soutien de la présidente Catherine Samba-Panza, qu'ils accusent de complicité. Depuis le mois de février, le quartier a été attaqué 52 fois par les anti-balaka.

 

Souleymane est un ancien membre de la Séléka. Il revendique le grade de capitaine et se dit déterminé à assurer la sécurité dans son quartier. "Au début, on soutenait les Français, mais ils n'ont rien fait pour nous protéger", soupire-t-il. La Séléka est officiellement dissoute, mais Souleymane dit lui rester fidèle. Pas question de déposer les armes.

 

Comme lui, les habitants du quartier tiennent tout à la fois l'Église centrafricaine, François Bozizé et le gouvernement pour responsables des violences et de l'ostracisme dont ils sont victimes. Leurs commerces sont fermés, les étudiants sont privés de cours, les travailleurs ne peuvent pas sortir du PK5 récupérer leurs salaires... Sans la solidarité de quelques chrétiens qui peuvent aller et venir sans craindre les représailles des anti-balaka, les musulmans n'auraient depuis longtemps plus rien à manger.

 

À Bangui, on se méfie du PK5, considéré comme le fief des anciens rebelles et de leurs anciens alliés, les mercenaires tchadiens. Dans le quartier de Notre-Dame-de-Fatima, Emmanuel s'emporte contre ces "extrémistes qui veulent chasser les vrais Centrafricains. S'ils ne peuvent pas sortir du PK5, c'est de leur faute ! La Séléka a fait des choses terribles !"

 

La rhétorique xénophobe est à son comble : un habitant du PK5 est forcément jihadiste, tchadien, soudanais ou terroriste, mais jamais centrafricain. Le quartier attise tous les fantasmes. La rumeur veut que même les lycéennes enlevées par la secte Boko Haram dans le nord du Nigeria soient passées par là.

 

L'attaque de l'église de Notre-Dame-de-Fatima, le 28 mai, a crispé davantage encore les deux communautés. Trois jours de deuil national et des funérailles en grande pompe ont été organisés en hommage à l'abbé Paul-Émile Nzalé, qui figurait parmi les quinze personnes tuées ce jour-là. Pour les musulmans du PK5, cela ne fait aucun doute, c'est bien la preuve que le gouvernement favorise la majorité chrétienne : chez eux, cela fait des mois que les morts sont enterrés derrière les habitations ; le cimetière musulman, situé de l'autre côté du pont Jackson, est dans une zone contrôlée par les anti-balaka.

 

"On raconte des mensonges sur nous alors que nous sommes nés en Centrafrique"

 

Une vieille Toyota stationne devant la mosquée Ali Babolo, l'une des quatre mosquées encore debout sur la trentaine que comptait la ville. À son bord, quatre jeunes armés de kalachnikovs montent la garde. Le vieil imam de la mosquée, Yaya Wazziri, dit y avoir préparé les corps de 595 musulmans. Certains ont été décapités, égorgés, d'autres ont été brûlés vifs...

 

Tous, affirme-t-il, ont été victimes de cet amalgame qui fait qu'en Centrafrique aujourd'hui un musulman est forcément un combattant de la Séléka, de Boko Haram ou même d'Al-Qaïda. "On raconte des mensonges sur nous, alors que nous sommes nés en Centrafrique, s'indigne Harouna, un jeune étudiant de 20 ans. On nous tue, on nous déchiquette, mais nous avons le droit d'être ici. Nous n'avons rien à voir avec la politique !" Lazare, un chrétien du PK5, renchérit : "Pourquoi mon frère ne peut-il pas aller au bureau ou à l'hôpital ? Pourquoi ne peut-il pas emmener ses enfants à l'école ? Si Boko Haram habitait le quartier, j'appellerais moi-même le ministre de la Sécurité !"


Quand il s'agit de désarmement, les deux camps se renvoient la balle : les musulmans disent craindre une attaque de mercenaires congolais, que l'on imagine pilotés par Bozizé. Les habitants des quartiers chrétiens, eux, redoutent une offensive des Tchadiens, supposés proches de la Séléka. Le 8 juin, à l'issue de l'opération de désarmement volontaire lancée par le gouvernement, la récolte a pourtant été moins maigre qu'ailleurs au PK5.

 

Méthodiquement, des conseillers municipaux ont listé l'attirail qui doit ensuite être remis aux forces françaises : il y a là plusieurs dizaines de grenades, des arcs, des flèches, des machettes et même quelques fusils artisanaux. La veille, le Premier ministre, André Nzapayeké, était venu essayer de convaincre ses concitoyens de déposer les armes, mais il sait que "ce n'est qu'un début" et qu'il sera difficile de faire revenir "la paix dans les coeurs". Il sait aussi que le programme de démobilisation, désarmement et réconciliation (DDR) des Nations unies, qui prévoit des compensations financières, aura sans doute plus de succès.

 

Mais le chemin est encore long. Dans le quartier de Boy-Rabe, fief des anti-balaka, pas une machette n'a pu être récupérée le 8 juin, tandis que les gendarmes et les employés municipaux qui participaient à l'opération de désarmement ne se gênaient pourtant pas pour pérorer sur l'incapacité des musulmans à déposer les armes.

 

Lazare veut malgré tout croire à la possibilité d'un apaisement. Issu d'une famille farouchement opposée à Bozizé, il a décidé de rester au PK5 et a créé une association qui prône l'échange entre les deux communautés. Il ne nie pas les crimes commis par les membres de la Séléka, mais dit trouver une raison d'espérer dans le fait que chaque assassinat de musulman n'est plus systématiquement suivi de représailles... Lui, le chrétien, regrette aussi que, "quand on détruit une mosquée, qu'on vole ou qu'on tue un musulman, on n'entende pas de discours d'apaisement du gouvernement".

 

Au PK5, l'idée d'une partition du pays a fait son chemin. Du doigt, Housseini montre les rues vidées de leurs habitants. "On n'a même plus 2 km2 pour vivre, enrage-t-il. On est devenus des étrangers dans notre propre pays. On veut retourner dans le Nord, on veut diviser la Centrafrique."

Lu pour vous : Centrafrique : le PK5, une prison à ciel ouvert
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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 00:51

 

 

 

 

 

26/06/2014 à 17:47 Par Vincent Duhem, envoyé spécial à Malabo

 

Les chefs d’État de la Ceeac doivent se réunir vendredi pour évoquer la situation en Centrafrique. Le chef de la Misca (la force africaine), le général congolais Jean-Marie Michel Mokoko livre pour "Jeune Afrique" son analyse.

 

Jeune Afrique : Quelle est votre analyse de la situation sécuritaire en Centrafrique ?

 

Général Mokoko : Elle évolue favorablement. La vie est en train de reprendre à Bangui. Nous ne connaissons plus les troubles auxquels nous avons fait face en décembre. Les pertes en vie humaine sont aujourd’hui bien moins importantes. Toutefois, il y a encore des pics de violences. Les anti-balaka, qui constituent notre principal souci, se transforment en des bandes de malfrats attirés par le pillage et les braquages. C’est une nébuleuse dont nous n’avons jusqu’à présent pas réussi à détecter les chefs, dont les mots d’ordre sont suivis par la base.

 

Les Séléka ont, quant à eux, un mode opératoire que nous maîtrisons. Ils sont en uniformes et ont compris que le rapport de force n’est pas en leur faveur. Ils ont accepté les mesures de confiance.

 

Lors du dernier pic de violence, l’attaque de l’église Fatima fin mai, le Premier ministre a évoqué une tentative de déstabilisation politique. Que répondez-vous ?

 

Ceux qui ont crié au complot n’ont pas réussi à nous en donner les preuves. Que s’est-il passé à Fatima ? Nous étions alors dans une période d’accalmie. Un ou deux jours avant, une frange des musulmans et des anti-balaka ont débuté un travail de réconciliation et ont organisé un match de football. Mais à la fin de la rencontre, trois musulmans ont été assassinés.

 

Le jour de la tuerie de Fatima, un groupe d’anti-balaka a décidé de frapper le 3e arrondissement. Mais cette fois-ci, les jeunes musulmans, qui se sont eux aussi organisés en groupes d’autodéfense, les attendaient en nombre et ont contre-attaqué. Sous la pression, les anti-balaka se sont réfugiés dans l’église. La poursuite des combats a entraîné les décès que l’on connaît. 

 

Si la vie reprend à Bangui, on ne peut pas en dire autant de la province, comme le montre les récentes tueries près de Bambari, où près de 70 personnes sont mortes…

En province, les difficultés persistent parce que nos effectifs ne sont pas assez important. Au Kosovo, qui fait le centième de la RCA en superficie, il y avait 49 000 hommes. Si nous cumulons Sangaris, Misca et Eufor, les effectifs tournent autour de 8 000. Il faut aussi souligner que les anti-balaka n’ont plus d’argent, ne sont plus soutenus et font aujourd’hui du banditisme. Là où nous ne sommes pas, ils érigent des barrages, font payer les commerçants et les automobilistes.

 

Le cas précis de Bambari est complexe. Selon le commandant de la Misca,  une rumeur selon laquelle les anti-balaka avaient attaqué les éleveurs Peuls a circulé. L’apprenant, les Séléka basés à Bambari ont lancé des représailles. Or, il s'est avéré qu'il s'agissait d'une frange indisciplinée de la Séléka qui avait attaqué les Peuls pour voler du bétail.

 

La seule façon de juguler totalement la violence est que la classe politique participe à la réconciliation

 

Les Séléka sont donc divisés ?

 

C’est exact. Certains n’acceptent pas les mesures de cantonnement. Il y a aussi des brebis galeuses qui n’obéissent à personnes. Ce n’est pas une armée formée et disciplinée.

 

Par qui les anti-balaka étaient-ils soutenus ?

 

Tout le monde sait qu'une frange des anti-balaka a été créée par François Bozizé. Ils recevaient des mandats par Western union, pas de grandes sommes certes, mais c'est tout de même significatif.

 

Bozizé doit-il être ramené à la table des négociations ?

 

C'est ce que l'on souhaite. La seule façon de juguler totalement la violence est que la classe politique participe à la réconciliation et à l’amélioration de la situation sécuritaire. Je suis de ceux qui poussent les autorités centrafricaines à négocier avec tout le monde.

 

Quel est votre analyse de la réorganisation de la Séléka lors du congrès de Ndelé ?

 

L'avantage est qu'une hiérarchie avec qui nous pouvons traiter a été créée. Par contre, aucun leadership politique ne s’est dégagé.

 

Le rapport de force, avec la puissance de feu de Sangaris, est de notre côté.

 

Quelles sont les intentions de la Séléka ?

 

Nous sommes un peu dans l’expectative. Se concentrent-ils pour revenir à Bangui ? Ça m’étonnerait. Le rapport de force, avec la puissance de feu de Sangaris, est de notre côté. Si les Séléka venaient à remettre en cause la stabilité de la transition, nous aurions les moyens de les corriger. En dehors de Noureddine Adam, dont je ne sais pas à quoi il joue, la plupart de leurs chefs en sont conscients.

 

Plus d’un mois après l’annonce par Catherine Samba-Panza d’un remaniement imminent, aucune annonce n’a été faite. Pourquoi ?

 

La Centrafrique est un pays dans lequel les gouvernants n’ont aucun levier et qui travaille sur la base des arrangements signés à Libreville ou N’Djamena. Si le gouvernement tarde à sortir c’est sans doute parce que Samba-Panza a besoin d’une caution de la communauté internationale et de la sous-région. 

 

Que doit-on attendre de la réunion qui aura lieu vendredi en marge du sommet de l'UA?

 

Elle donnera sûrement des orientations très claires. Chacun fera aussi le bilan : cela fait trois mois que la présidente est là, et les choses n’avancent pas. Il y une petite déception. Catherine Samba-Panza va donc pouvoir nous dire comment elle voit les choses et ce qu’elle souhaite pour le pays.

 

Y a-t-il eu lors du départ forcé de Michel Djotodia en janvier 2014, un accord tacite prévoyant que si un chef de l'État chrétien était élu (ce qui est le cas de Catherine Samba-Panza), le Premier ministre devrait être musulman ?

 

J’étais à N’Djamena et je n’en ai pas été le témoin.  Mais la nomination d'un Premier ministre musulman dans le contexte centrafricain est-elle la bonne solution ? Je suis dubitatif.

 

Quel a été l'impact du départ des soldats tchadiens de la Misca ?

 

Ça a été un coup dur. Ils représentaient un bataillon  aguerri. Le secteur qu'ils occupaient s'est retrouvé vidé du jour au lendemain. Il a fallu parer au plus pressé pour compenser leur départ. Et puis, notre perception du travail du contingent, je dis bien le contingent, n'est pas la même que celle qu'en avait l'opinion publique, surtout après que l'on a prétendu fin mars qu'ils avaient tiré sur un marché sans discernement en rentrant dans Bangui.

 

Les Tchadiens travaillaient bien. Ils désarmaient les Séléka à notre grande satisfaction. D'ailleurs, l'unité prise à partie par des anti-balaka descendait avec un lourd arsenal récupéré dans le Nord.

 

Les Tchadiens ont eu contre eux un passif lié à la présence de leur pays en RCA depuis des années et le poids politique qu'ils ont toujours eu. Quand les Séléka sont arrivés la confusion est née du fait qu'ils portaient des uniformes qui ressemblaient curieusement à ceux des soldats tchadiens.

 

_______

 

Propos recueillis par Vincent Duhem, à Malabo.

Lu pour vous : Centrafrique - Général Mokoko :  "Les anti-balaka se transforment en des bandes de malfrats"
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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 09:25

 

 

 

 

 

 http://www.financialafrik.com/   25 juin, 2014

 

Ancien premier ministre de la RCA (2001-2003) Martin Ziguélé, arrivé deuxième lors des présidentielles de 2011, est le président du Mouvement de Libération du peuple Centrafricain (MLPC), un mouvement dont la consonance n’a jamais été aussi d’actualité. Cet assureur de formation, qui compte des liens familiaux et culturels chez les chrétiens et les musulmans, pense que toute solution de la crise actuelle qui menace son pays  passe par l’application intégrale du mandat de l’ONU et le désarmement des milices, y compris par la force.

 

Entretien.

 

La Centrafrique d’aujourd’hui. Y-a-t-il une solution politique à la fracture confessionnelle ?

 

Je l’ai toujours affirmé, la situation centrafricaine est le résultat d’une mal gouvernance ancienne, qui a pour résultat l’absence de sentiment national et d’esprit civique, pour aboutir finalement à cet effondrement de l’Etat, et à cette situation de chaos qui en sont la conséquence logique et prévisible. C’est un échec politique, dont les solutions seront d’abord politiques : la fracture confessionnelle si souvent invoquée est le résultat d’une instrumentalisation de frustrations et des différences par des forces négatives, fondamentalement réactionnaires pour ne pas dire fascisantes. Nous n’avons pas d’autre choix que de reconstruire le mieux vivre-ensemble qui a toujours caractérisé ce pays historiquement hospitalier, pour toutes ces filles et fils, ainsi que pour tous ceux qui ont fait le choix d’y vivre et d’y travailler. Accepter le statu quo c’est accepter que les forces négatives continuent de prendre en otage tout un pays et tout un peuple.

 

Les rivalités Seleka et anti-Balaka condamnent-ils le pays à la partition? Comment éviter un tel scénario?

 

Je pense que personne aujourd’hui, en Centrafrique ou ailleurs, n’a intérêt à la partition de la RCA. Ceux qui utilisent cette menace comme argument pour obtenir des gains politiques n’ont vraiment pas intérêt à persévérer dans cette voie. Avec les drames libyen, malien, nigérian et sud-soudanais, parler de la partition de la RCA est une voie sans issue et inacceptable, et surtout un précédent dangereux qui peut inspirer des pyromanes partout dans nos Etats structurellement fragiles. Nous devons l’éviter en recherchant des solutions politiques aux préoccupations de nos compatriotes, dans le cadre d’une République unie, laïque et indivisible. Notre défi est bien celui de la construction ou de la reconstruction d’une République, mettent au centre des valeurs citoyennes.

 

Vous connaissez tous les protagonistes de la crise centrafricaine. Selon vous qu’elles sont les principales mesures pour une sortie de crise durable?

 

J’ai préconisé un ensemble de solutions qui sont plus que d’actualité : l’application intégrale et sans ambiguïté du mandat onusien pour le désarmement au besoin par la force des milices ; le lancement du processus Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) aussi rapidement que possible et le consolider par un Programme de Réforme du Secteur de Sécurité, afin que les Forces de Sécurité Nationales (police, gendarmerie et Forces Armées Centrafricaines) deviennent rapidement opérationnelles ; le retour des réfugiés et des déplacés ; la poursuite des auteurs, co-auteurs et complices des crimes, préalable à toute démarche de réconciliation ; l’organisation des élections et enfin il est plus que nécessaire de compléter le mandat de la MINUSCA par un volet de « state building » pour faire face aux causes structurelles de l’effondrement de l’Etat centrafricain. A ce titre le dernier rapport de l’International Crisis Group sur la RCA intitulé « La crise centrafricaine: de la prédation à la stabilisation » est la lecture la plus pertinente de la situation de notre pays que j’ai jamais lue à ce jour.

 

Lu pour vous : Martin Ziguélé: “Personne n’a intérêt à la partition de la RCA”
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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 00:40

 

 

 

 

 

25/06/14 (APA)

 

APA-Bangui (Centrafrique) - L’ambassade de France à Bangui a mis à la disposition de l’Agence centrafricaine pour la formation et la promotion de l’emploi (ACFPE) une enveloppe de 52 millions de FCFA, au terme d’une convention signée mercredi dans la capitale centrafricaine.

 

L'accord dans ce sens a été paraphé par l'ambassadeur Charles Malinas et Jean Pierre Douzima, Directeur général de l'ACFPE.

 

La signature de cette convention est un heureux évènement s'est réjoui le diplomate français, assurant que son est avec les partenaires aux cotés de la RCA dans le domaine de l'emploi et de l'économie.

 

Selon M Malinas, faute d'avoir un emploi, ‘'ces jeunes désœuvrés sont facilement embrigadés par des milices et des mouvements armés''. Pour aider le pays à sortir de cette spirale de crise, a –t-il insisté, ‘'il y a deux choses essentielles pour que la RCA puisse se remettre après cette crise, la première c'est l'éducation et la seconde de l'emploi''.

 

A l'en croire, depuis son arrivée à Bangui, il a mis l'essentiel des efforts de l'ambassade sur ces deux domaines : ouvrir des écoles et reprendre des formations supérieurs et professionnelles afin de créer des entreprises en même créer de l'emploi et développer des actions en faveur de l'emploi.

 

''Il n'y a pas de développement possible, il n'y a pas de paix possible tant que la pauvreté et le sous emploi frappent un pays'', a souligné le diplomate

 

De son côté, le directeur général de l'ACFPE, Jean Pierre Douzima, a dévoilé les critères pour l'octroi de cette subvention, soulignant qu'''il faut être un jeune centrafricain désœuvré et âgé de 35, n'exerçant pas encore un travail et être régulièrement inscrit comme demandeur d'emploi à l'ACFPE''.

 

Selon M Douzima avec ces 52 millions, son institution va prendre en charge pour une période de six mois les 300 jeunes diplômés désœuvrés pour des stages pratiques au sein des entreprises de la place.

52 millions de FCFA de Paris pour l'emploi en RCA
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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 00:38

 

 

 

 

 

25/06/14 (APA)

 

Un Fonds fiduciaire pour la RCA (Limbio), destinée à permettre une meilleure intervention des partenaires dans la reconstruction du pays, a été mis sur pied sous l’instigation de l’Union européenne, a annoncé le ministre du Plan, de l’Economie et de la coopération internationale. Selon Florence Limbio qui faisait lundi à Bangui lors du compte-rendu d’un périple qui l’a conduit successivement à Libreville au Gabon et Brazzaville au Congo, ce fonds ‘’va permettre à tous les pays qui veulent intervenir en RCA et n’ont pas leurs ambassades à Bangui qu’ils peuvent y mettre leur argent pour financer certaines activités ».

 

‘’L'Union Européenne (UE) a déjà mis pour sa part 39 millions d’euros. Il y a la France, les Etats-Unis d’Amérique et l’Allemagne qui veulent aussi intervenir dans ce fonds fiduciaire », a souligné le ministre avant d’insister sur le fait qu’il permet de mobiliser au maximum de ressources auprès des pays qui sont à l’écoute de la RCA et qui connaissent bien les difficultés auxquelles ce pays est confronté.

 

A Brazzaville, quatre conventions de financement ont été signées dont trois concernent les études de faisabilité.

 

‘’La première étude a trait à la mise aux normes internationale de l’aéroport Bangui Mpoko dont le montant est 3 milliards de francs cfa et les trois autres projets de financement concernent l’étude de faisabilité pour la construction du chemin de fer entre Bangui et Bélabo au Cameroun, la centrale hydroélectrique de Dimolé dans l’ouest de la RCA et enfin le plan de développement de la potabilisation de l’eau », a explicité Mme Limbio.

 

En ce qui concerne la mise aux normes internationales de l’aéroport Bangui Mpoko, en plus du financement de la BDEAC à hauteur de 3 milliards, elle a souligné que ‘’l'Agence Française de Développement (AFD) a mis à la disposition de la RCA 2 milliards ce qui donne un montant total de 5 milliards de francs cfa pour la construction de la clôture de l’aéroport ».

 

»Si on met la clôture il y aura plus de la sécurité et avec l’arrivée des casques bleus il y aura plus de disponibilité, plus d’espace sécurisé pour l’atterrissage de leurs avions », a-t-elle souligné.

 

Dans tout projet il y a la contre-partie nationale, a rappelé le ministre avant de souligner : ‘’l'Etat doit verser deux cents millions de francs cfa pour permettre le déguerpissement des déplacés internes du site de Camp Mpoko afin d’aménager le site avant qu’on finalise la clôture ».

Mise en place d’un Fonds fiduciaire pour la RCA (ministre)
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