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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 15:57

 

 

 

 

 

(02 juin 2014)

 

 

  • Monsieur le Premier Ministre, Chef de Gouvernement de Transition ;
  • Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ;
  • Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Organismes Internationaux ;
  • Mesdames et Messieurs les Conseillers Nationaux ;
  • Distinguées personnalités ;
  • Mesdames et Messieurs ;

 

L’ordre du jour de cette session extraordinaire appelle exclusivement la poursuite de l’examen et l’adoption de la loi de finances 2014.

 

En effet, le Bureau a reçu le 23 avril 2014, le projet de loi de finances qui a été soumis pour examen par les différentes commissions permanentes du Conseil National de Transition au cours de cette session ordinaire qui vient de s’achever.

 

Les Conseillers Nationaux se sont résolument mis au travail en procédant aux différentes auditions des Membres du Gouvernement dont relèvent les budgets sectoriels.

 

Mais les travaux ont connu un retard, de fait que le chronogramme des activités de notre institution était bouleversé de manière significative par l’enchaînement des différents événements d’ordre sécuritaire.

 

Conscient de l’importance cruciale que revêt cet outil de travail, qui est la loi de Finances autorisant les autorités de la transition à mobiliser les ressources tant au niveau national qu’international pour la mise en œuvre de la Feuille de route, il était du devoir de la représentation nationale de doter notre pays d’une loi de Finances répondant aux standard internationaux.

 

En effet, il n’était pas envisageable de laisser la politique budgétaire de notre pays gouverner par les douzièmes provisoires reconductibles à volonté. C’est pourquoi, le Bureau du Conseil National de Transition a sollicité et obtenu du Gouvernement la convocation de session extraordinaire du 02 au 09 juin 2014 pour aboutir à l’adoption du projet de loi de Finances pour l’exercice 2014.

 

Je saisis cette occasion pour saluer le dévouement exemplaire dont ont fait montre les Conseillers Nationaux dans l’exécution de l’agenda de la session ordinaire écoulée, en dépit des contraintes de tous ordres auxquelles ils ont été régulièrement confrontés.

 

Je fais appel, encore une fois de plus, à leur esprit patriotique et à leur sens élevé de responsabilité pour que les travaux de la présente session connaissent un aboutissement heureux dans l’intérêt supérieur de la Nation.

 

Toutefois, l’attention des Membres du Gouvernement est également appelée pour assurer les Conseillers Nationaux de leur disponibilité et de leur pleine coopération en vue du strict respect du calendrier imparti par le Décret convoquant la présente session.

 

C’est sur ces mots d’encouragement que je déclare ouverte la 3ème session extraordinaire du Conseil National de Transition.

 

Que Dieu bénisse la République Centrafricaine et son Peuple.

 

Je vous remercie de votre aimable attention.

DISCOURS  DE SON EXCELLENCE ALEXANDRE FERDINAND N’GUENDET PRESIDENT DU CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION  A L’OCCASION DE L’OUVERTURE DE LA 3EME SESSION EXTRAORDINAIRE
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Centrafrique-Presse.com
3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 15:27

 

 

 

 

CONSEIL NATIONAL DE TRANSTION                        REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

         ---------------------                                                -------------------

                                                                                       Unité- Dignité- Travail

 

 

PRONONCÉ PAR

SON EXCELLENCE ALEXANDRE FERDINAND NGUENDET

PRÉSIDENT  DU CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION

 

 

(Hémicycle du Conseil National de Transition, vendredi 30 mai 2014)

  

 

  • Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement de Transition ;
  • Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
  • Mes Chers Collègues Conseillers Nationaux;
  • Excellences Mesdames et Messieurs les Représentants du Corps diplomatique et des Organisations Internationales,
  • Mesdames et Messieurs, distingués personnalités,

 

La présente session se termine dans un climat déplorable caractérisé par la persistance d’actes de violence à l’encontre des populations civiles.

 

Le dernier épilogue  en date est la barbarie perpétrée à la paroisse de Fatima ayant entrainé la mort de nombreuses victimes innocentes. 

 

Le Conseil National de Transition condamne avec fermeté cet acte ignoble et inhumain qui met en péril l’effort de paix en République Centrafricaine et demande une fois de plus au Gouvernement, premier responsable de la sécurité des Centrafricains, de choisir sans délai le moyen le plus approprié pour rétablir la sécurité.

 

Le drame qui vient de se produire nous interpelle tous et relance le débat sur l’efficacité de l’action du Gouvernement  en matière de protection des personnes et des biens.

 

Les faits sont là ! Jugez en vous-même.

 

Je demande à l’assistance de se lever et d’observer une minute de silence en mémoire de ces innocentes victimes.

 

  • Mesdames et Messieurs,
  • Distinguées personnalités,

 

Revenant à l’objet de notre rencontre, je remercie le Premier Ministre,  Chef du Gouvernement de Transition, Monsieur André NZAPAYEKE  qui nous manifeste une grande considération en prenant part personnellement à la cérémonie de clôture de la session qui prend fin.

 

J’associe à ces remerciements tous les autres Membres du Gouvernement.

 

Je n’oublie pas tous les Ambassadeurs, les Chefs de missions diplomatiques et les Représentants des Organisations internationales accréditées en République Centrafricaine.

 

Merci à tous pour votre  présence.

 

  • Mesdames et Messieurs,
  •  
  • Distinguées personnalités,
  •  

Comme vous le savez, la séance de clôture est l’occasion pour nous de faire le bilan des activités de notre Institution durant le trimestre écoulé, et ce, au regard des missions constitutionnelles qui lui sont dévolues.

 

Ainsi, dans le cadre du vote des lois, le Conseil National de Transition a examiné et adopté le 13 mars 2014 la loi portant Organisation et fonctionnement du Haut Conseil de la Communication de Transition, ayant fait l’objet de relecture suite à la décision n°004/13 de la Cour Constitutionnelle de Transition, en date du 26 novembre 2013.  

 

L’examen du projet de loi de finances 2014 et de la loi portant Code du Commerce en République Centrafricaine est renvoyé aux soins de la prochaine session extraordinaire pour cause d’empêchement répété de certains Ministres concernés par les deux (2) projets de lois à déférer devant les commissions techniques de travail au cours de la session qui s’achève.

 

  • Mesdames et Messieurs,
  •  
  • Distinguées personnalités,
  •  

Le Conseil National de Transition, comme je vous l’annonçais lors de mon premier discours l’année dernière, entend jouer son rôle de sentinelle vigilante au service du peuple centrafricain jusqu’au bout et ce, dans le respect de la Charte Constitutionnelle de Transition.

 

C’est ainsi que nous avons exercé notre contrôle sur l’action gouvernementale à travers les interpellations des Ministres.

 

En effet, plusieurs Ministres ont été interpellés au cours de la session qui s’achève aux dates ci-après indiquées :

 

Le 11 mars 2014   

 

  • le Ministre des Mines, de l’Energie et de l’Hydraulique pour des explications sur la pénurie du carburant constaté un moment dans la ville de Bangui et ses répercussions,
  •  
  • le Ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et des Edifices Publics sur l’état d’avancement de la cimenterie de NZILA ;
  •  
  • le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Chargé de la Réforme Judiciaire et des Droits de l’Homme sur l’évolution des enquêtes judiciaires ouvertes sur les différents crimes crapuleux, les charniers du camp de Roux et du Régiment de Soutien,
  •  
  • le Ministre du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises au sujet la situation de la cimenterie de NZILA et la flambée des prix des produits de première nécessité.

 

Le 19 mars 2014

 

  • le Ministre de la Défense Nationale, de la Reconstruction des Armées, des Anciens Combattants et du DDR et le Ministre de la Sécurité Publique, de l’Immigration- Emigration,  sur l’opérationnalité des Forces Armées Centrafricaines, le désarmement des ex Séléka et Anti-balaka, la présence effective des gendarmes et policiers dans les brigades de gendarmerie et les commissariats de police.

 

Le 06 avril 2014

 

  • Le Ministre des  Affaires Etrangères sur la délocalisation du siège de la CEMAC et l’état de nos relations diplomatiques avec le Tchad, suite au retrait de ses contingents de la MISCA,
  • Le Ministre de la Fonction Publique  sur le contrôle physique des Fonctionnaires et Agents de l’Etat.

 

Le 09 mai 2014

 

  • Le  Premier Ministre, Chef du Gouvernement de Transition sur la question sécuritaire, l’action humanitaire, la restauration de l’autorité de l’Etat, la justice et l’Etat de droit.
  •  

Enfin, l’une des activités importantes de cette session a été la présentation de la Feuille de Route du Gouvernement au Conseil National de Transition le 12 mai 2014 par le Premier Ministre chef du gouvernement.

 

Le Parlement de Transition a approuvé ce programme de Gouvernement après discussions et  a donné mandat au Premier Ministre de le mettre en œuvre.

 

Voici, pour l’essentiel Mesdames et Messieurs, Distinguées personnalités, quelles ont été les activités de vote des Lois et les interpellations qui ont occupé les parlementaires de transition durant le trimestre écoulé.

 

A cet égard, je félicite tous les Conseillers Nationaux de Transition pour la qualité de leurs contributions.

 

  • Chers Collègues, Conseillers Nationaux
  •  

Je ne saurais passer sous silence les récentes séances de travail que j’ai eues avec son Excellence Madame Catherine Samba Panza, Chef de l’Etat de Transition et Monsieur le Premier Ministre, qui nous a permis de tracer un cadre périodique de concertation entre la Présidence de la République, le Conseil National de Transition et la Primature en vue d’échanger de façon permanente sur la vie de la Nation. 

 

Nous avons convenu de nous retrouver en Réunion Tripartite au moins une fois par mois et je me réjouis à l’idée des fructueux entretiens que nous aurons à chacune de ces occasions.

 

  • Mesdames et Messieurs,
  •  
  • Distinguées personnalités,
  •  

Il me plait d’évoquer ici quelques actions de notre diplomatie parlementaire.

 

Au titre des audiences, j’ai reçu au cours de cette session plusieurs personnalités du monde diplomatique qui sont venues nous rendre visite et échanger avec nous sur la situation qui prévaut en République Centrafricaine.

 

 Dans ce cadre nous avons reçu :

 

  • Une Mission de consolidation de la Paix des Nations Unies le 07 mars 2014 qui était venue prendre des aspirations du Conseil National de Transition en matière de rétablissement de la paix et de la sécurité ;
  •  
  • Une Mission de l’OIF conduite par Monsieur Louis Michel  le 13 mars 2014  pour parler de la coopération entre l'OIF et le Parlement   de transition. Les questions d'actualités sur la République Centrafricaine ont été également évoquées ;
  •  
  • Une Mission des Nations Unies conduite par le Général Babacar GUEYE, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en RCA le 14 mars 2014, pour discuter des questions relatives à la crise centrafricaine notamment le déploiement des forces des Nations Unies en Centrafrique ;
  •  
  • Son Excellence Mahamat DAYA, Chargé d'Affaires de l'Ambassade du Soudan à Bangui le 14 Avril 2014,venu remettre la somme de 25.000$ devant permettre aux Parlementaires de Transition de mener dans les provinces la campagne de sensibilisation de la population sur la Paix et la Réconciliation ;
  •  
  • Une délégation des Sénateurs français conduite par Monsieur Jean-Pierre Chevènement, ancien Ministre, Sénateur en la Commission Affaires Etrangères et Défense pour discuter des questions liées à la paix, à la sécurité et aux prochaines élections générales en République Centrafricaine.
  •  

Par ailleurs, j’ai effectué  du 02 au 08 mai dernier à Khartoum au Soudan, une visite de travail à l’invitation du Docteur El Fatteh Izz Al Deen, Président de l’Assemblée Nationale.

 

L’objet de ce déplacement est de renforcer les liens de coopération parlementaire et d’amitié qui lient  la République Centrafricaine et le Soudan. J’ai profité de cette visite pour évoquer la situation du pays et échanger sur la nécessité de l’aider à s’en sortir. Ceci aura permis une meilleure information des hautes autorités du Soudan et des ONG humanitaires qui se sont engagées à apporter une aide humanitaire d’urgence pour plus de 385 000 dollars.

 

Le 24 mai dernier, à l’invitation de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie(APF), je me suis rendu au Congo Brazzaville, à la tête d’une délégation des Conseillers Nationaux de Transition où nous avons prit part à la 22ème Assemblée régionale Afrique de l’APF et à la Conférence parlementaire sur les changements climatiques.  

 

La 22ème Assemblée Régionale Afrique de l’AFP a adopté à l’issue une Résolution spéciale sur l’envoi d’une mission d’information et de contact relative à la situation sécuritaire, politique et humanitaire en République Centrafricaine.

 

En marge de cette réunion, j’ai eu le privilège d’être reçu en audience le mardi 27 mai 2014 par Son Excellence Dénis Sassou NGUESSO président de la République du Congo, Médiateur de la crise Centrafricaine qui m’a fait part de son engagement à tout mettre en œuvre pour obtenir un arrêt de violences en République Centrafricaine.

 

A cet égard, il a demandé  aux acteurs de la vie politique à s’impliquer dans le processus.

 

  • Chers Collègues, Conseillers Nationaux,
  •  

J’en arrive à l’évènement-phare qui aura marqué notre diplomatie parlementaire.

 

Il s’agit bien sûr du Secrétaire Général des Nations- Unies Monsieur BAN KI MOON qui a bien voulu choisir la tribune du Conseil National de Transition le 05 avril 2014, pour adresser un message de paix et de réconfort au peuple Centrafricain.

 

Ce choix, faut-il le dire, montre bien que le Conseil National de Transition est au cœur de la République.

 

Aussi, permettez-moi de lui exprimer à nouveau, nos sentiments de gratitude pour l’intérêt jamais démenti que l’Organisation des Nations Unies témoigne à la République Centrafricaine.

 

  • Excellence Monsieur le Premier Ministre,
  •  

Je me dois de dire quelques mots sur quelques sujets d’intérêt national et pour lesquels le Conseil National de Transition tient à faire connaitre sa position.

 

Je pense en premier lieu, au désarmement.

 

C’est le lieu de le dire, le désarmement n’a pas encore atteint un niveau satisfaisant puisque des personnes en armes continuent de semer la mort et  la désolation à travers tout le pays.

 

Nous ne le dirons jamais assez, les centrafricains ont besoin de paix et de sécurité.

 

Pour y parvenir il faut renforcer les opérations de désarmement par une implication des Forces Armées Centrafricaines de bonne moralité dans le  dispositif sécuritaire.

 

Que l’Etat major des armées produise la liste des militaires loyalistes et commence une prise en main afin de prouver à l’opinion internationale et nationale que nous sommes engagés à prêter main forte aux opérations de désarmement.

 

Le second sujet concerne les relations du Conseil National de Transition et le Gouvernement.

 

Beaucoup de choses ont été dites lorsque le Conseil National de Transition avait demandé au Gouvernement de reprendre la procédure de présentation de sa Feuille de Route qui n’était pas conforme aux dispositions de la Charte Constitutionnelle de Transition.

 

Egalement, les mêmes supputations ont repris lorsque le Conseil National de Transition à inviter certains Ministres à des questions orales.

 

Je tiens à rappeler, aujourd’hui, que les rapports du Conseil National de Transition et le Gouvernement sont, tout d’abord, des rapports de collaboration dans le cadre de l’élaboration de la loi, chaque institution jouant un rôle non moins important. 

 

Mais au-delà, la Charte de Constitutionnelle de Transition en son article 73 prévoit un dispositif de contrôle de l’action du Gouvernement au moyen de l’interpellation des Ministres.

 

Le Conseil National de Transition désapprouve l’attitude de certains Ministres qui pensent que les questions orales n’ont aucun intérêt et qu’ils peuvent s’en passer.

 

Il s’agit comme tout le monde le sait, d’un exercice démocratique et républicain qui veut que celui qui a investi demande des comptes à son mandataire.

 

Les Membres du Gouvernement  doivent donc comprendre que le peuple est le seul juge de l’action politique du pouvoir exécutif et qu’à ce titre ils sont tenus de lui fournir à travers ses représentants les explications qu’il juge utile.

 

Il n y a donc pas lieu de croire que c’est injustement que le Conseil National de Transition interpelle quelques fois les Membres du Gouvernement.

 

L’autre question concerne l’occupation de la ville de Bambari par l’état major de l’ex séléka depuis la fin de leur congrès tenu à Ndélé.

 

J’ai fait une déclaration à ce propos le 21 mai dernier, mais le problème restant d’actualité, je me vois obligé de dire à nouveau que cette occupation est inacceptable dans un Etat organisé.

 

En effet, il est intolérable que des personnes non habilitées occupent une partie du territoire national et s’arrogent indûment les prérogatives de l’Etat.

 

Monsieur le Premier Ministre, votre Gouvernement est engagé à rétablir l’ordre et la sécurité dans cette partie du pays.

 

Nous connaissons ses difficultés actuelles, mais il peut dans le cadre de cette action demander l’appui de la Misca et de l’opération Sangaris qui doivent impérativement nous aider à faire rétablir la discipline à Bambari.

 

Aux antibalikas, je leur dis qu’il est encore temps qu’ils rentrent dans l’ordre et la discipline en arrêtant les actes de violence et en cessant d’occuper illégalement certaines routes nationales et quelques localités du pays.

 

Que les éléments des Forces Armées Centrafricaines qui ont rejoint ce groupe le quittent et regagnent  les rangs de notre armée pour servir les causes de la République aujourd’hui en proie à l’anarchie.

 

Les autres compatriotes ayant appartenu à cette milice doivent se démobiliser et se mettre à la disposition du programme DDR qui sera engagé par le Gouvernement.

 

Que ceux qui ne veulent pas entendre raison pour cesser la violation et les autres actes qui alimentent l’anarchie soient dorénavant considérés comme des ennemis du peuple Centrafricain et traités comme tels.

 

 Le Conseil National de Transition demande au Gouvernement de prendre toutes dispositions dans ce sens.

 

J’en viens à la question du prochain dialogue politique inter centrafricain.

 

Monsieur le Premier Ministre, l’organisation du dialogue comme moyen de ressouder la fracture sociale née des derniers évènements est une nécessité, voire l’une des urgences du moment.

 

Il faut créer les conditions de réunir autour d’une même table toutes les parties prenantes à la crise centrafricaine et les autres sensibilités pour qu’ensemble nous puissions parler de l’avenir de ce pays et de la cohésion entre ses enfants.

 

Le retard pris dans l’organisation du dialogue pourrait être une source d’insécurité.

 

C’est pourquoi, je demande au Gouvernement de tout mettre en œuvre pour qu’un Comité technique préparatoire soit rapidement mis en place en vue de la définition du format et des modalités de ce dialogue.

 

Le Conseil National de Transition demande, par ailleurs, au Médiateur de la crise Centrafricaine, Son Excellence Dénis Sassou NGUESSO, Président de la République du CONGO de prendre toutes initiatives tendant à réunir les responsables des différents groupes armés  afin d’obtenir de leurs mouvements une cessation des hostilités à l’endroit des paisibles populations civiles.

 

L’autre question délicate concerne le sort de déplacés internés et externe.

 

Il est connu de tous que la République Centrafricaine a toujours été une terre d’asile en ce sens que c’est elle qui a toujours accueilli dans l’histoire. On n’a jamais enregistré un mouvement de masse de nos populations à l’extérieur du pays pour cause de guerre ou autre calamité.

 

Or, ce qui se passe aujourd’hui est tout à fait le contraire car on dénombre plus d’un millier de déplacés internes et externes d’origine centrafricaine.

 

L’urgence, Monsieur le Premier Ministre chef du Gouvernement, avec l’arrivée de la saison de pluie est de tout faire pour que nos compatriotes rentrent au pays pour ceux se trouvant à l’extérieur, et que les déplacés internes regagnent leurs lieux de résidences habituelles. Le Gouvernement doit pour cela mettre en place un vaste plan d’aide au retour des personnes déplacées.

 

Je voudrais, également, Monsieur le Premier Ministre parler du fonctionnement de l’Autorité Nationale des Elections(ANE).

 

Il semble que cette importante institution qui a la mission de préparer et d’organiser les futures élections générales n’est pas jusque là doter en moyens de travail nécessaire à l’accomplissement de sa mission.

 

Dans ces conditions, l’on ne peut que se demander, comment allons- nous faire ?

 

C’est pourquoi, je demande au Gouvernement de répondre urgemment à cet impératif, celui de mettre à la disposition de l’Autorité Nationale des Elections un minimum de ressources pouvant lui permettre de démarrer les activités inscrites dans son chronogramme.

 

Ne l’oublions pas, l’organisation des élections relève de la souveraineté nationale. Il nous appartient, par conséquent, de tout faire pour réunir les moyens nécessaires au financement de nos élections, l’aide des partenaires n’est qu’un appoint.

 

Pour finir, je vais parler de la faiblesse de nos ressources internes qui ne permettent pas de répondre à nos propres besoins.

 

  • Monsieur le Premier Ministre,
  •  

Aujourd’hui, il est un fait avéré, les ressources internes de l’Etat sont insuffisantes et ne permettent pas la prise en charge des dépenses liées aux besoins en eau, en éducation et en santé, secteurs essentiels pour les populations, que le paiement des pensions des retraités et des salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat.

 

L’Etat est entièrement dépendant de l’appui budgétaire international. Il a du mal à mobiliser le minimum de 2 à 3 milliards de F CFA par mois exigé par la communauté internationale pour que cette dernière lui vienne en appui.

 

Les raisons justifiant cette situation, nous les connaissons et j’en cite une l’impact de la crise sur les secteurs à fort potentiel de croissance et donc susceptibles de générer plus de recettes : Mines, Forêt, Commerce, Téléphonie mobile etc... 

.

Devant ce constat catastrophique, ne faudrait –il pas faire preuve d’imagination et de créativité, parallèlement à l’assistance des partenaires techniques et financiers ?

 

L’afflux de l’aide internationale ne doit pas inciter le Gouvernement à fournir moins d’efforts pour mobiliser des recettes internes.

 

C’est pourquoi, j’exhorte le Gouvernement à réfléchir davantage sur les possibilités d’accroitre les ressources de l’Etat en vue d’un meilleur financement des charges publiques.  

 

C’est sur cette exhortation, Monsieur le Premier Ministre chef du Gouvernement que je déclare clos les travaux de la première session parlementaire ordinaire de cette année.

Je vous remercie.

 

La séance est levée.

DISCOURS  DE CLOTURE DE LA  PREMIERE SESSION ORDINAIRE DE L’ANNÉE 2014 DU PRESIDENT DU CNT
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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 21:32

 

 

 

LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE :

 

SITUATION ET PERSPECTIVES

 

***************

 

ACADEMIE DIPLOMATIQUE INTERNATIONALE

 

****************

 

PARIS 2 JUIN 2014

 

 

L’actualité de la situation dans mon pays et plus particulièrement celle de sa capitale, m’oblige à en dire deux mots avant d’aborder proprement parler le sujet sur lequel je dois intervenir ici. En effet, Bangui vient de connaître une nouvelle convulsion il y a quelques jours,  avec le cycle infernal absurde de représailles et d’escalades dans la violence aveugle et des tueries. Après le lynchage une semaine plus tôt de trois jeunes musulmans, cette fois-ci,  on a dénombré dix-sept personnes, dont un curé, sauvagement  abattues et une trentaine d’autres grièvement blessées dans une église, après le passage d’assaillants non encore clairement identifiés. Il s’en est suivi dès le lendemain la quasi paralysie de la ville et ce, durant deux jours. On a noté un vaste mouvement de protestations dans plusieurs quartiers de Bangui où des barricades ont été érigées sur les principaux axes routiers, deux mosquées détruites par des manifestants très en colère qui marchaient et scandaient des slogans hostiles au contingent burundais de la MISCA en charge du secteur, accusé de n’avoir rien fait pour empêcher le carnage de l’église et dont ils exigeaient le départ du pays. Les manifestants ont aussi demandé la démission de la présidente de la transition, Mme Catherine SAMBA-PANZA. On enregistre depuis lors, une certaine accalmie mais qui est précaire,car le désarmement général de tous les arrondissements de la capitale - y compris des deux essentiellement habités par la communauté musulmane - enfin annoncé par Mme la présidente Catherine SAMBA-PANZA mais déjà contesté par nos compatriotes musulmans, pourrait être de tous les dangers.  

 

La République centrafricaine est un pays d’ordinaire méconnu, en dehors des périodes fantasques comme celle du couronnement de feu Jean-Bedel BOKASSA, qui s’était autoproclamé Empereur en 1976.

 

Depuis plus d’une année  la RCA fait la une des medias internationaux, à cause de la grave crise multiforme (sécuritaire, humanitaire, politique, économique et sociale) qui y sévit, depuis le déclenchement dans la partie Nord-est du pays de la rébellion de l’ex- Coalition SELEKA en décembre 2012, et qui a fini par renverser du pouvoir le Général Président François BOZIZE.

 

Malheureusement, cette crise n’est que la dernière en date d’une trop longue série de crises politiques graves que notre pays a connues depuis la disparition du Père de l’indépendance Barthélemy BOGANDA le 29 mars 1959, à moins d’un an de l’accession du pays à la souveraineté internationale, dans un accident d’avion aux circonstances non encore élucidées à ce jour.

 

Le mal centrafricain se décline par un chapelet de coups d’Etat réels ou supposés, de tentatives de coup d’Etat, de mutineries militaires et de rebellions, sans parler de changement de forme de l’Etat, passé comme évoqué tantôt de la République à l’Empire en 1976, avant de revenir à la République à la faveur d’un autre coup d’Etat en 1979.

 

Ces déchirements sont la conséquence d’alternances politiques difficiles, dues à une personnalisation excessive du pouvoir : à la mort de Barthélemy BOGANDA, son Ministre de l’Intérieur David DACKO s’imposera contre le Vice-président du Conseil des Ministres, Abel GOUMBA. Ensuite, le colonel Jean-Bedel BOKASSA Chef d’Etat-major de la jeune armée nationale, renversera le Président David DACKO en 1966, puis en septembre 1979, à la faveur de l’Opération Barracuda, l’ancien Président David DACKO renversera à son tour Jean-Bedel BOKASSA. Mais, le 1er septembre 1981, le Général André KOLINGBA,  Chef d’Etat-major des Armées s’emparera du pouvoir des mains de David DACKO et le conservera jusqu’en octobre 1993. Il transmettra le pouvoir à Ange-Félix PATASSE, élu au suffrage universel en septembre 1993. Ce sera la première et seule alternance démocratique à ce jour dans l’histoire du pays, puisque le Général François BOZIZE, Chef d’Etat-major des Armées qui était entretemps entré en rébellion contre le régime du Président PATASSE,  vient mettre brutalement fin à cette courte expérience en  renversant à son tour Ange-Félix PATASSE le 15 mars 2003

 

Le même François BOZIZE sera à son tour renversé par Michel DJOTODIA, chef de la coalition rebelle Seleka le 24 mars 2013. Enfin ce dernier sera lui-même contraint à la démission le 10 janvier 2014, ouvrant la voie à l’élection le 20 janvier 2014 de Madame Catherine SAMBA-PANZA par le Conseil National de Transition - le Parlement provisoire -  au poste de Chef d’Etat de la Transition avec comme principales missions la restauration de la paix et l’organisation des élections en février 2015.

 

Naturellement, cette longue et récurrente instabilité politique, et les violences multiformes qui l’accompagnent,  ont relégué au second plan le développement économique et social du pays depuis notre indépendance en 1960. Cela fait de la RCA un véritable paradoxe  puisque nous sommes aujourd’hui un pays parmi les plus pauvres du monde, incapable de fournir à sa population les services de base,  malgré les considérables potentialités et ressources naturelles dont nous disposons. La conséquence de cette situation paradoxale est la promotion de contre-valeurs tels que les comportements inciviques, le développement du communautarisme, l’absence de sentiment national et la mauvaise gestion de la chose publique, dans un environnement d’effondrement progressif de l’Etat et de personnalisation excessive du pouvoir, en lieu et place de la construction ou du renforcement des institutions et de la citoyenneté. 

 

La dernière crise en cours est justement née de ce cocktail de contre-valeurs.

 

En effet, les élections groupées de janvier 2011, contrairement à celles organisées en 2005 après la première transition dirigée par le Général François BOZIZE suite à sa prise du pouvoir par les armes en mars 2003, se sont déroulées  en dehors du cadre légal, au vu et au su de tous. Les résultats ont été naturellement et unanimement contestés par toutes les parties, y compris par la communauté internationale, et les institutions issues de cette mascarade électorale sans précédent n’ont pas été reconnues par l’opposition démocratique.  Notre pays a replongé dans une crise politique postélectorale doublée d’une crise sociale et sécuritaire sans précédent du fait de l’accentuation de la pression militaire exercée sur le pouvoir illégitime du général BOZIZE par plusieurs rébellions dans l’arrière-pays.

 

Le général François BOZIZE, alors Président de la République, s’était muré dans un refus de toute concertation et de tout dialogue avec les partis de l’opposition, et ce, malgré les recommandations du Dialogue Politique Inclusif tenu à Bangui en décembre 2008 et en dépit des conseils pressants du Président tchadien Idriss DEBY ITNO qui a effectué exprès, début  mai 2012, un déplacement à Bangui pour lui suggérer un dialogue politique avec l’opposition.

 

A l’éclatement de la rébellion de l’ex-Coalition SELEKA début décembre 2012, et lorsque les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC devaient se réunir à Ndjamena afin de trouver une issue politique et pacifique à cette crise,  l’ancienne opposition démocratique dont mon parti le MLPC est membre, réunie en Collectif des partis et associations politiques de l’opposition démocratique, a pris ses responsabilités historiques en demandant aux Chefs d’Etat et de  Gouvernement la tenue d’un sommet élargi aux forces politiques et à la société civile pour débattre au fond de la crise centrafricaine.

 

C’est ainsi qu’en janvier 2013, se tiendra à Libreville un sommet extraordinaire de la CEEAC sur cette crise, à l’issue duquel ont été signés les Accords dits de Libreville, qui prévoient entre autres, la mise en place d’une période de transition de trois ans s’achevant en 2016, et la constitution d’un gouvernement d’union nationale de transition dirigé par un Premier Ministre issu de l’opposition démocratique.

 

C’est sur cette base que Maître Nicolas TIANGAYE, alors Coordonnateur de l’opposition démocratique, fut nommé Premier Ministre malgré les atermoiements du général BOZIZE. Le Premier Ministre Nicolas TIANGAYE mettra  en place, dans des conditions éprouvantes,  un gouvernement d’union nationale de transition comprenant  toutes les entités signataires des Accords de Libreville, c’est-à-dire la majorité présidentielle de François BOZIZE, l’opposition démocratique, l’ex-rébellion Séléka et les mouvements politico-militaires engagés dans le processus du DDR. Malgré la mise en place de ce gouvernement,  le non-respect des Accords de Libreville conduira à la reprise des hostilités et à la chute de François BOZIZE le 24 mars 2013.

 

L’opposition démocratique a condamné cette prise de pouvoir par la force et exigé le respect de l’esprit des Accords de Libreville, notamment la conduite consensuelle et inclusive d’une période de transition apaisée. C’est ainsi que les sommets extraordinaires de Ndjamena 3 et 4  d’avril 2013 consacreront cette position et permettront la mise en place du Conseil National de Transition, de la Charte Constitutionnelle de transition et des autres institutions de la transition.

 

Devant la dégradation continuelle de la situation sécuritaire et les difficultés liées à la cohabitation politique entre les trois personnages principaux de ladite transition, les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC tiennent les 9 et 10 janvier 2014 à Ndjamena, un sommet extraordinaire à l’issue duquel le Président de la Transition ainsi que le Premier Ministre Chef du Gouvernement sont contraints à la démission.

 

Il s’en suivra l’élection d’un nouveau Président de Transition qui nommera un Premier Ministre de transition en dehors des dispositions de l’Accord politique de Libreville et de la Charte Constitutionnelle de Transition. Dès lors, les partis membres de la plateforme à laquelle mon parti le MLPC appartient, et qui se dénomme l’Alliance des Forces Démocratiques de la Transition (AFDT) décident de ne pas participer au gouvernement de transition tout en soutenant néanmoins le processus de transition en cours.

 

Les propositions de sortie de crise

 

Malgré ce changement intervenu au sommet de l’Etat en janvier 2014, la crise sécuritaire s’est accentuée. De mon point de vue, l’aggravation actuelle de la situation en RCA est due à deux facteurs :

 

le premier facteur est l’instrumentalisation politique, militaire confessionnelle des milices Anti-Balakas, par le général François BOZIZE et ses proches, malgré les sanctions récemment édictées par l’ONU de gel de leurs avoirs et d’interdiction de voyager. Les milices Anti-Balakas sont encadrés au vu et au su de tous  par d’anciens membres de la garde prétorienne de François BOZIZE, ainsi que par ses partisans et alliés politiques inspirateurs des associations, Coalition citoyenne d’opposition aux rébellions armées (COCORA) et Coalition des Actions Citoyennes (COAC) de triste mémoire. Il est important de relever que le parti de François BOZIZE, le parti Kwa Na Kwa (KNK) n’a jamais condamné les violences exercées par ces groupuscules agissant au nom de leur leader. L’objectif stratégique des Anti-Balakas est et demeure la déstabilisation du processus de la transition afin de créer un genre de « big-bang » leur offrant une fenêtre d’opportunité pour revenir dans le jeu politique, grâce à une remise à plat des institutions. C’est cette stratégie qui se décline aujourd’hui par le harcèlement des forces internationales et les assassinats ciblés des « musulmans » et la destruction de leurs lieux de cultes. En s’interposant, les forces internationales sont aussi devenues la cible des forces pro-BOZIZE qui se félicitent ouvertement d’avoir « poussé » le Tchad à se désengager de la RCA. Aujourd’hui  la même stratégie est remise en marche  contre les forces burundaises de la MISCA. L’objectif final est de faire le vide pour s’imposer militairement et conduire une « troisième » transition avec leurs mentors à la tête de l’Etat.

 

Le second facteur est la position réelle de l’ex-Coalition Séléka vis-à-vis de la paix et de l’unicité du pays. Le récent Congrès de l’ex-Coalition Séléka tenu à Ndélé dans le nord du pays, a pris des décisions qui vont dans le sens de la mise en place des éléments constitutifs d’un Etat : mise en place d’un Etat-major militaire de l’armée rebelle, d’une direction générale de la gendarmerie, de la police, des services de renseignement et de l’administration, etc… dans la partie orientale de notre pays où se sont retranchées la plus grande partie de nos compatriotes de confession musulmane pour se protéger des anti-balakas. Malgré les dénégations des chefs militaires de la Séléka, cette situation porte atteinte à l’intégrité du pays et est inacceptable pour tout Centrafricain. C’est un défi politique majeur dont la résolution doit être au centre des préoccupations du gouvernement et de la communauté internationale, car toute partition de la RCA est non seulement inacceptable mais risque d’être un précédent dangereux pour tous les pays de la sous-région.

 

Le troisième facteur est une sorte de « marginalisation » du politique dans le processus de transition : les partis politiques démocratiques et républicains, conscients de la situation de notre pays et de leurs  responsabilités historiques, œuvrent très sincèrement pour le succès de la transition et pour preuve, ils soutiennent le processus malgré leur absence du gouvernement de transition. Cependant force est de constater que le rôle des partis politiques est sous-estimé par les différentes parties prenantes à la résolution de la crise centrafricaine, qui n’en font pas  réellement des interlocuteurs. Les interlocuteurs considérés comme valables sont  ceux qui portent ou ont porté des armes contre la Nation, et menacent quotidiennement la paix et la sécurité dans le pays. Il s’en suit une sorte de prime à la violence et aux groupes violents, qui renforce l’esprit d’incivisme et relègue au second plan les devoirs du citoyen en République. De facto, le gouvernement croît n’avoir d’autre choix que de s’éloigner aussi bien des Accords de Libreville que de la Charte Constitutionnelle de la Transition tout en ménageant les groupes armés dont certains représentants ont été choisis pour faire partie des cabinets de la présidence et de la primature. Les autorités de la transition sont malheureusement en train de faire les frais de ce manque de fermeté à l’égard des bandes armées qui ne cessent de les harceler et de les diviser.

 

Devant cette situation, nos propositions de sortie de crise sont les suivantes :

 

1- LA NECESSAIRE DESIGNATION DES ANTI-BALAKAS COMME FORCES NEGATIVES DE RESTAURATION DE L’ORDRE ANCIEN ET DES EX-SELEKAS PARTISANS DE LA PARTITION DU PAYS  COMME FORCES NEGATIVES DE PARTITION DU PAYS :

 

Il est difficile de dire aujourd’hui quelle est la position politique exacte du gouvernement centrafricain vis-à-vis des Anti- Balakas et des ex- Selekas partisans de la partition du pays. Les déclarations des responsables gouvernementaux sont différentes, contradictoires les unes des autres, et cela ne donne aucune lisibilité à la définition d’une stratégie politique et militaire claire vis-à-vis des forces négatives. Cette situation est un facteur aggravant de la crise actuelle et à l’origine des tensions perceptibles avec la communauté internationale.

 

2- L’APPLICATION EFFECTIVE, INTEGRALE ET IMMEDIATE DES RESOLUTIONS 2121 ET 2127 DU CONSEIL DE SECURITE DES NATIONS UNIES PAR LES FORCES INTERNATIONALES :

 

Le mandat onusien qui place les forces françaises de SANGARIS et celles africaines de la MISCA sous le chapitre 7 de la Charte  des Nations Unies implique l'usage de la force pour désarmer les deux forces négatives. Il faut que ce mandat soit appliqué dans son intégralité, puisque le désarmement intégral concomitant et simultané  des groupes et/ou individus détenteurs illégaux d’armes de guerre est la condition sine qua non du retour à la sécurité. Il s’agit d’éviter que la RCA ne continue d’être le terrain d’affrontements intercommunautaires de grande ampleur, et ensuite un sanctuaire pour des mouvements et réseaux criminels transnationaux. Apres cela, il reviendra au gouvernement centrafricain de poursuivre cette tache contre les combattants de l’Armée de Résistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army-LRA) de l’Ougandais Joseph KONY qui continuent de sévir aux frontières du Sud-soudan et de la République Démocratique du Congo, et des divers autres groupes issus des confins de la zone dite des « trois frontières » Tchad-RCA et Soudan.

 

3- EQUIPEMENT ET DEPLOIEMENT DES FORCES DE POLICE ET DE GENDARMERIE AUX COTES DES FORCES INTERNATIONALES SUR TOUTE L’ETENDUE DU TERRITOIRE NATIONAL :

 

Cette évidence est partagée par tous les protagonistes de la crise centrafricaine. L’absence d’une masse critique des  forces de police et de gendarmerie à Bangui, et surtout leur absence totale des villes de  province, ont accentué l’insécurité. Pour rétablir la sécurité dans les quartiers de Bangui, dans les villages et les villes de l’intérieur du pays, cette remontée en puissance de la police et de la gendarmerie est nécessaire et urgente.

 

4- CANTONNEMENT, CONTROLE ET RESTRUCTURATION DES FORCES ARMEES CENTRAFRICAINES (FACA), PUIS LEUR EQUIPEMENT ET DEPLOIEMENT AUX COTES DES FORCES INTERNATIONALES SUR TOUTE L’ETENDUE DU TERRITOIRE NATIONAL :

 

Suite au lynchage public d’un de leur camarade de confession musulmane et de ce fait, considéré comme un complice de l’ex-rébellion de la SELEKA, les FACA sont devenues un cas d’école pour tous : faut-il réarmer des forces qui ont fait publiquement la preuve de comportements non-professionnels? Il nous semble important de cantonner et de procéder au tri de ces militaires pour séparer le bon grain de l’ivraie car il est établi que bon nombre d’éléments FACA qui gardent par devers eux leurs armes, sont impliqués dans les actions des antibalakas et dans de nombreux braquages, puis de réarmer progressivement des unités reconstituées. Il faut que le gouvernement continue de discuter avec la Communauté internationale pour  le rééquipement des Forces Armées Centrafricaines (FACA). Cela leur permettrait d’œuvrer efficacement aux côtés des forces internationales, tout en respectant les résolutions 2121 et 2127.

 

5- EXECUTION TRES RAPIDE DES PROGRAMMES DE DESARMEMENT-DEMOBILISATION ET  REINSERTION (DDR) ET DE LA REFORME DU SECTEUR DE SECURITE (RSS) :

 

C’est la priorité absolue sans laquelle le cas centrafricain sera un éternel recommencement. Il faut rappeler que la crise actuelle est née du manque de volonté du régime de François BOZIZE de mener à bon terme deux programmes soutenus par la communauté internationale et indispensables à la paix et à la stabilité du pays. Il s’agit du Programme de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) dont plusieurs financements antérieurs ont été hélas dilapidés et gérés dans l’opacité. L’objectif était  pourtant de redonner à l’Etat la capacité de se protéger. Cette mise en œuvre rapide du DDR devient aujourd’hui une nécessité pour mettre fin à l’existence de groupes armés et des  velléités séparatistes.

 

6- RESTAURATION DE L’AUTORITE DE L’ETAT PAR LE REDEPLOIEMENT RAPIDE DE L’ADMINISITRATION ET LA RELANCE DE L’ECONOMIE :

 

L’Etat centrafricain s’est effondré et la restauration de l’autorité de l’Etat passe par le redéploiement rapide de l’administration sur toute l’étendue du territoire national, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui à cause des contraintes sécuritaires. Ce sera le seul moyen de ramener dans leurs foyers les près de deux millions de déplacés internes, et des réfugiés dans les pays voisins, puis ensuite de rétablir et de reconstruire la confiance entre les gouvernés et les gouvernants.

 

Pays à l’économie embryonnaire, fragile et traditionnellement mal gérée, la RCA connait à l’occasion de cette crise une implosion totale de ce qui reste de son économie et de ses finances publiques. Il faut exécuter la feuille de route du gouvernement adoptée rendant effectivement  disponibles les financements promis. Il faut également s’attaquer dans l’ordre, aux urgences humanitaires puis prioriser les décisions permettant de relancer effectivement l’agriculture et l’élevage qui font vivre la majorité de la population en zone rurale et de remettre en état des principales infrastructures permettant la fluidité des échanges intérieurs et extérieurs de la RCA.

 

Le paiement régulier de la dette sociale publique (salaires des fonctionnaires, pensions des retraités et bourses des étudiants) dans un pays sans secteur privé important est un levier important de reprise économique par la relance de la consommation. Nous saluons la concrétisation constatée des appuis extérieurs multilatéraux dont ceux du FMI et de la Banque Mondiale, ainsi que des  aides budgétaires bilatérales d’urgence notamment de la France, de l’Angola, du Congo, du Tchad, etc.…La vie a commencé à reprendre à Bangui du fait de cette aide quand les démons de la haine ont replongé cette semaine le pays dans un déchainement de violence, parce que le retour progressif de la paix leur est insupportable et contraire à leurs plans machiavéliques.

 

7- MISE EN PLACE D’UN PROCESSUS DE JUSTICE PUIS DE RECONCILITATION :

 

S’il est vrai qu’il n’y aura pas de paix définitive des cœurs sans réconciliation, il est également établi qu’il n’y aura pas de paix sans justice. Nous saluons les décisions du Comité de sanctions contre trois des responsables  de la crise centrafricaine, et leur demandons de poursuivre leur travail et que justice s’en suive. Depuis décembre 2013, le MLPC  milite pour la mise en place d’une Commission Justice et réconciliation, car l’impunité est la cause principale de la répétition des crises en RCA. Il faut rechercher la vérité sur les tenants et aboutissants des crises, puis s’atteler à la justice et après au pardon etc… La réconciliation ne saurait être une fenêtre d’opportunité pour des criminels qui cherchent frénétiquement l’impunité et à se refaire une virginité judiciaire.

 

Il faut reconstruire d’urgence la chaîne pénale et les infrastructures de base de la justice qui ont été détruits. Les exemples sud-africains et rwandais avec les « gatchatchas » doivent nous inspirer pour inventer des mécanismes appropriés de justice. Cependant, force est de constater que dans sa situation actuelle, l’Etat centrafricain ne peut réellement pas exercer son droit régalien de juger et la justice internationale doit intervenir le plus tôt possible contre ces criminels bien connus en RCA afin qu’ils ne continuent pas de nuire à la transition.

 

8- LE RETOUR DES DEPLACES DANS LEURS LIEUX HABITUELS DE RESIDENCE :

 

Près de deux millions de Centrafricains, dont environ de cinq cents mille dans la capitale, sont des déplacés internes, ayant fui leurs foyers pour sauver leurs vies. Sur l’aéroport même de Bangui, des dizaines de milliers de personnes se sont agglutinées, ainsi que dans les églises et autres lieux de culte. Leur retour dans leurs foyers respectifs est un impératif.

 

9- LE RETOUR EN CENTRAFRIQUE DE TOUS LES REFUGIES, TOUTES CONFESSIONS CONFONDUES,AVANT LES ECHEANCES ELECTORALES :

 

Le MLPC, mon parti, soutient que le retour en Centrafrique de tous les réfugiés de toutes les confessions confondues avant les échéances électorales prévues en février 2015, est une nécessité afin de ne pas consacrer le communautarisme et donner implicitement raison aux forces négatives. Ce ne sera que justice, et toutes les dispositions doivent être prises pour protéger tous nos compatriotes de toutes confessions, sur toute l‘étendue du territoire national, comme le veut la République laïque, solidaire et unique.

 

10- PRENDRE TOUTES LES DISPOSITIONS POUR TENIR LE CALENDRIER ELECTORAL :

 

Il faut prendre toutes les dispositions nécessaires pour le retour à un ordre constitutionnel normal par le biais des élections prévues en février 2015 afin de jeter les bases d’une véritable refondation politique, économique et sociale. La parole politique doit pouvoir être réhabilitée.

 

C’est pourquoi l’Autorité Nationale des Elections (ANE) doit être immédiatement dotée de moyens lui permettant de disposer d’un budget conséquent pour l’élaboration d’un calendrier réaliste. Pour le MLPC, les opérations doivent être conformes aux dispositions du code électoral : d’abord le recensement des électeurs, l’établissement d’un fichier électoral informatisé, la délivrance de cartes d’électeurs biométriques puis un référendum constitutionnel et ensuite seulement, tenir les élections.

 

L’objectif stratégique est de tirer les leçons de notre histoire récente en bâtissant des institutions solides et représentatives de tous les Centrafricains, et en relançant effectivement la décentralisation qui permettra un développement plus équilibré du territoire. Le but final sera d’engager enfin la réforme structurelle d’un Etat accepté par tous.

 

11- LE SOUTIEN INDISPENSABLE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE A LA RECONSTRUCTION DE L’ETAT ET DE LA NATION :

 

La construction d’une paix durable en Centrafrique nécessite un accompagnement et un soutien déterminé et sans faille de la communauté internationale. Ce soutien s’est manifesté par la mise en place de la MISCA et des Forces SANGARIS, et se poursuivra par la mise en place rapide d’une opération de maintien  de la paix des Nations Unies (MINUSCA) en septembre prochain.

 

Au-delà, il faudra s’attaquer aux racines du mal centrafricain, c’est-à-dire l’effondrement de l’Etat dans toutes ses composantes régaliennes classiques et sa reconstruction, en tirant au maximum profit de l’expérience des Nations Unies en matière de « nation building » et de « state building ».

 

Si cette dimension centrale et structurante est occultée, il y’ a des risques que, malgré le travail important réalisé, le pays soit confronté dans un proche avenir  à un « remake » comme dans le mythe de Sisyphe. 

 

Je vous remercie.

 

Martin ZIGUELE

 

Paris ce 2 juin 2014

Intervention de Martin ZIGUELE à l'Académie Diplomatique Internationale de Paris
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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 21:15

 

 

 

 

 

lundi 2 juin 2014  

 

L’organisation Human Rights Watch a accusé lundi des soldats de la force africaine Misca appartenant au contingent fourni par la République du Congo de disparitions forcées. Selon les témoignages recueillis par HRW, un groupe de soldats congolais de la Mission de l’Union africaine en République centrafricaine a encerclé le 24 mars une maison appartenant à un chef des milices chrétiennes anti-balaka et capturé au moins onze personnes, dont on est sans nouvelles.

 

ENQUÊTE OUVERTE

 

L’incident s’est produit à Boali, une ville située à 80 km au nord de Bangui, après l’attaque d’un véhicule des forces congolaises par des miliciens anti-balaka. «  L’Union africaine doit divulguer ce qu’il est advenu de ce groupe de personnes qui ont été arrêtées et emmenées par des militaires congolais chargés du maintien de la paix », a déclaré Peter Bouckaert, directeur de la division urgences à HRW.

 

«  Les soldats de la paix sont là pour protéger la population civile, pas pour lui faire subir de nouvelles exactions », a souligné le responsable de l’ONG dans un communiqué. Selon HRW, la Misca a accepté d’ouvrir une enquête.

 

DES VIOLENCES DANS LA RÉGION

 

Le groupe de défense des droits de l’homme rappelle avoir déjà « recueilli des preuves qu’en décembre 2013 des troupes congolaises stationnées dans la ville de Bossangoa ont torturé à mort deux dirigeants du mouvement anti-balaka à la suite du lynchage d’un soldat congolais de la Misca commis le même jour ».

 

Les violences, opposant musulmans et chrétiens principalement, se poursuivent en République centrafricaine malgré la présence dans le pays des 2 000 soldats dépêchés par la France et des 6 000 hommes de la Misca.

 

RCA/RDC : HRW accuse le contingent congolais en Centrafrique de disparitions forcées
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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 15:29

 

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-06-02 13:06:33 - La Centrafrique fera de dimanche prochain une Journée nationale du désarmement, a annoncé Premier ministre centrafricain, André Nzapayéké, selon qui le retour de la sécurité et de la paix passe impérativement par un désarmement sur l’ensemble du territoire.


''Le désarmement aura lieu dans le 1er, 2è, 3è, 4è, 5è, 6è, 7è et 8è arrondissements ainsi que sur l'ensemble du territoire national'', a promis Nzapayéké, dans une adresse à la nationa, dimanche, quatre jours après l'attaque meurtrière de l'église ‘'Notre Dame de Fatima'', dans le 6è arrondissement de Bangui qui a fait dix morts et une centaine de blessés.


Saluant l'engouement de la population pour un désarmement général, il a déclaré que ‘'le gouvernement a décidé de faire du dimanche 8 juin 2014, une journée nationale de désarmement volontaire'' et que toute personne qui détient une arme à feu est appelée à la restituer volontairement dans la mairie de son arrondissement.

S'adressant aux forces de défense et de sécurité ‘'il leur est conseillé de déclarer dès lundi 2 juin 2014 à leurs chefs hiérarchiques les armes qu'ils détiennent'', sans oublier les notables des quartiers et des arrondissements qui sont invités à apporter leurs contributions ‘'pour faciliter cette action de désarmement volontaire dont seuls les braves en sont capables''.


''Je lance un appel à toute la population pour que nous nous levons, comme un seul homme, pour que sur une base volontaire, tous les arrondissements soient désarmés en même temps'', a-t-il dit, soulignant que ‘'la République compte sur l'ensemble de ses filles et fils pour assurer la paix sociale dans notre pays''.

 

 http://www.apanews.net/article_read-605202-le-8-juin-proclameournenationale-du-dermement-en-rca-pm.html#sthash.yEyNkh07.dpuf

Le 8 juin proclamé journée nationale du désarmement volontaire en RCA (PM)
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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 15:22

 

 

 

 

 

par RFI  02-06-2014 à 15:19

 

La nouvelle maire de Paris, Anne Hidalgo, a reçu ce lundi 2 juin à l'Hôtel de ville, son homologue de Bangui, Yacinthe Wodobodé alors que la capitale centrafricaine a connu ces derniers jours une nouvelle flambée de violences. Les deux responsables ont annoncé un programme de coopération entre Paris et Bangui. Et, elles se sont exprimées sur la crise en cours.

 

La maire de Bangui, Hyacinthe Wodobodé l'a dit et répété au cours de la courte rencontre qu'elle a eue avec les journalistes. Ce qui se passe en Centrafrique n'est pas un conflit religieux, c'est une crise liée à la pauvreté. Et si le désarmement est nécessaire, il faut, selon elle, que tous les arrondissements soient désarmés en même temps.

 

Pour Hyacinthe Wodobodé, les liens entre le quartier du PK5 et le reste de la ville peuvent être retissés par des actions concrètes : « Au niveau du PK 5 ce qu’il faut, c’est réhabiliter le grand marché du PK5 où se côtoient toutes les communautés. C’est permettre aux écoles de fonctionner à nouveau pour que les enfants puissent se fréquenter, s’amuser, jouer ensemble, que des activités sportives aient lieu comme dans un passé récent au stade de Koudougou, reconnu pour être un centre de prédilection de basketball. Des actions visibles qui puissent amener les communautés à vivre de nouveau en parfaite harmonie ».

 

De son côté, la maire de Paris Anne Hidalgo a annoncé que la capitale française allait dépêcher une équipe à Bangui pour travailler sur les questions d'assainissement. Des actions de coopération vont également être menées en matière d'état civil, mais aussi de ramassage et de traitement des ordures.

RCA : la maire de Bangui reçue à Paris par son homologue Anne Hidalgo
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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 13:39

 

 

 

L'interview est suivie de la réaction de quelques internautes sur le site en ligne : http://www.opinion-internationale.com/  

 

Lundi 2 juin 2014 - 08H21

 

Silencieux depuis le début de la tragédie qui déchire son pays, malgré une activité en marge que l’on devine intense (son téléphone n’arrête pas de vibrer), Parfait Anicet Mbay a accepté de se confier à Opinion Internationale sur la situation en République centrafricaine. Le masque urbain, le verbe fluide et soigné, on a du mal à entrevoir derrière cet homme qui entame tout juste la cinquantaine, l’un des meilleurs spécialistes des questions militaires de son pays. Il nous livre ici sa vision de l’avenir à court, moyen et long terme de la République centrafricaine, avenir dans lequel, même s’il refuse de l’avouer, il entend pleinement s’inscrire. 

 

Passé par la prestigieuse Ecole interarmes de Coëtquidan et du Cours Supérieur de l’Ecole des Officiers de la Gendarmerie Nationale de Melun, près de Paris, Parfait Anicet Mbay a aujourd’hui le grade de général de gendarmerie. Il a occupé successivement les postes de ministre de la communication et de la réconciliation nationale, ministre de l’agriculture, ministre des transports, de l’aviation civile et enfin vice-Premier ministre, ministre des affaires étrangères jusqu’au 24 mars 2013, date de l’entrée de la Séléka dans Bangui. 


Comment analysez-vous la situation en RCA ?

 

Préoccupante et c’est un euphémisme. Tout a été dit sur la liquidation de notre pays depuis le 10 décembre 2012, date du début de l’épopée sanglante de Séléka aux confins nord, jusqu’à son entrée dans Bangui le 24 mars 2013, avant l’irruption du mouvement anti-balaka dans le conflit. Des milliers de morts, des centaines de milliers de déplacés, des dizaines de milliers d’exilés, une économie envolée, un tissu social en lambeaux, une administration complètement déstructurée, une unité dangereusement menacée. Bref, un pays à l’agonie, avec des piques de violence inouïes comme celle de ces derniers jours.


Vous, qui êtes un officier général, que vous inspire la situation des forces de défense et de sécurité de la RCA ?

 

Ça c’est un vaste programme, comme aurait dit Charles de Gaulle. Mais si vous le permettez, juste un petit rappel. La République Centrafricaine, grande de 623 000 km2, dispose d’une armée nominale de moins de 10.000 hommes (armée, police, gendarmerie). Inégalement répartie sur l’ensemble du territoire, 70 % des unités militaires se sont toujours trouvées à Bangui, laissant aux seules unités de la gendarmerie la mission de couvrir un territoire aussi vaste, tout en étant ni préparées et ayant encore moins les moyens et les capacités de faire face aux menaces. Je précise que, de 1979 (année de l’opération Barracuda) à 1998, la Centrafrique a pu compter sur environ 1500 militaires français dits « Éléments Français de l’Assistance Opérationnelle » (EFAO).

 

Donc, pendant 19 ans, les forces françaises ont apporté leur appui et leur expertise à nos forces de défense et de sécurité sur l’ensemble du territoire et, incontestablement, leur présence s’est révélée comme une force de dissuasion pour toutes velléités de type rébellion. Dans le même temps, l’armée française a énormément contribué à former toutes les différentes structures de l’armée centrafricaine : des militaires du rang en passant par les sous-officiers et les officiers, les formations et stages d’aguerrissement étaient permanents. L’armée centrafricaine était performante et bien entraînée, la vie et les activités dans les différents corps étaient dynamiques.

 

En 1998, sous les autorités de l’époque, à leur demande mais compte tenu également du redéploiement de ses forces en Afrique, l’armée française quitte la Centrafrique sans malheureusement que nous ayons une réelle perspective d’avenir. Cela se passait dans une sous-région hautement troublée : chute du président Mobutu, guerre civile au Congo Brazzaville etc. Plus grave, aussitôt après le départ des Français, le centre d’instruction de Bouar a été totalement pillé. Résultat, une armée sans structure de formation, sans moyens de projection. Dès lors, les délais de déploiement des unités basées à Bangui sur les théâtres d’opération dans l’arrière-pays ont été terriblement rallongés. Pour la petite anecdote, sachez que, depuis le départ de l’armée française, plus aucune unité de notre armée n’a effectué de sauts en parachutes, faute de moyens aériens appropriés. Le Régiment d’intervention parachutiste (RIP) et le Régiment mixte d’intervention (RMI), avec son centre de pliage, n’étaient plus qu’un lointain souvenir, ressassé par les anciens.

 

Aujourd’hui, même si l’Ecole spéciale de formation des officiers d’active (ESFOA) a été ressuscitée, on peut déplorer l’absence d’un véritable centre d’instruction qui, jadis, formait les hommes du rang et les sous-officiers au Certificat arme technique (CAT), au Certificat interarmes (CIA) au Brevet d’arme 1 ou 2, etc. Ne nous y trompons pas.

 

Cette belle machine, si j’ose dire bien huilée, et qui a formé tant de vaillants soldats et sous-officiers faisant la réputation des corps d’intervention de notre armée, ce bel instrument n’a jamais été remis à jour.

 

Dès lors, en sortant de la formation commune de base, les soldats n’avaient plus cette structure nécessaire en apprentissage des métiers de l’infanterie, du génie, des transmissions voire de l’administration. Avec l’appui des EFAO, l’armée centrafricaine formait aussi des tireurs d’élite, des moniteurs et des instructeurs commandos, etc. Par notre habituelle folie, nous avons nous-mêmes détruit cet outil. Autre détail et non des moindres : dans les années 80/90, tous les corps avaient obligation de s’exercer au champ de tir de Kassaï. Depuis le changement de 1993, seule la garde présidentielle avait désormais ce privilège et cela s’est poursuivi jusqu’à nos jours. Du coup, depuis une vingtaine d’années, une grosse majorité de militaires, gendarmes et policiers centrafricains n’ont plus pratiqué de séances d’exercices de tirs. Les exercices et autres manœuvres de combat ont disparu des activités des unités, en dehors des périodes de formation de nouvelles recrues et des unités de la garde présidentielle. La méfiance du politique vis-à-vis de son armée a paralysé cette dernière, dans les activités habituelles nécessaires à son aguerrissement. A cela, il faut ajouter le cruel manque de moyens dont les plus performants étaient détenus par la seule garde présidentielle. 

 

Voilà ! Vous me direz que tout ça, c’est le passé. Et vous aurez raison. Mais, autant le passé conditionne le présent et détermine l’avenir, laissez-moi vous dire une seule chose, une seule, qui est à mon avis et de l’avis de tous les experts militaires avec qui je travaille, une condition rédhibitoire : il n’y aura pas de paix véritable, pas de garantie de la pérennité de cette paix et donc de la stabilisation de la République Centrafricaine, sans la reconstruction et la restructuration des Forces armées centrafricaines (FACA). Cela n’a l’air de rien de le dire comme ça, mais croyez-moi, tout se joue et tout se jouera sur ce terrain. Certes, les élections sont indispensables pour conférer aux futurs dirigeants la légalité et la légitimité nécessaires, mais la stabilité des institutions ne pourra être garantie que par une armée forte et républicaine, au service de la nation. Mais ça, c’est un long sujet qui pourrait ennuyer vos lecteurs.


Donnez-nous tout de même brièvement quelques aperçus des mesures que vous préconisez ?

 

Puisque vous y tenez… Vous savez, l’analyse des dernières nominations opérées par les autorités de transition pose de réelles questions sur la recherche d’efficacité. Nombre d’officiers généraux et d’officiers supérieurs, je parle des vrais, compétents et intègres, ont été purement et simplement mis à l’écart, nommés à des postes de moindre importance ou encore recasés dans les ministères en qualité de chargé de mission, alors que leur expérience est attendue dans les unités opérationnelles et à l’encadrement de nos soldats. Il nous faut avoir le courage de désigner le meilleur parmi les officiers qualifiés pour le poste stratégique de chef d’état-major de notre armée et de l’accompagner d’un collège d’officiers aux aptitudes requises, en vue de mettre en œuvre les réformes attendues ainsi que la montée en puissance des unités des FACA. Cependant, il est juste de mettre à son crédit que, ne connaissant point les spécificités de l’armée, le chef de l’Etat de transition a entièrement fait confiance à l’équipe en charge de proposer les nominations. A mon humble avis, elle devrait, à l’avenir, être plus prévenante afin de valider des choix plus judicieux et conformes aux dispositions prévues à cet effet. Parce que, in fine, l’équation est simple. Les FACA doivent renaître. Il n’y a pas d’alternative.

 

A ceux pour qui les malheureux et condamnables événements de l’ENAM sont devenus la principale caution pour prôner la dissolution des FACA, je réponds que toutes les armées du monde, même les plus grandes (la France à la libération), ont vécu des moments de ce genre. Et il n’est jamais venu à l’idée des défenseurs des droits de l’homme les plus ardus de demander la dissolution de ces armées. Il y une justice dans notre pays, un Tribunal militaire permanent (TMP). C’est à cette institution de faire justice.

 

A ceux qui craignent que l’armement remis aux FACA irait rejoindre le camp des forces négatives, je dis que le moment est justement venu de réhabiliter les principales armureries de notre armée (Kassaï, Camp Béal et d’autres sites) qui seront sous gestion commune des FACA et des forces internationales dans notre pays. Comme par le passé, les armes et les munitions doivent désormais reprendre le chemin des armureries et leur utilisation devra dorénavant respecter les strictes procédures prévues à cet effet.

 

A ceux enfin qui mettent en avant les statistiques ethniques comme pouvant nuire à la cohésion de l’armée, je dis que, dans sa dynamique de réorganisation, notre armée à travers ses unités et en collaboration avec les forces internationales verra ses effectifs se déployer au nord, au sud, à l’est et à l’ouest de notre pays. On ne peut donc craindre une concentration, dangereuse semble-t-il, pour les institutions. 

 

D’ailleurs, cette variante est suicidaire à plus d’un titre et laisse dans la nature des hommes aguerris qui peuvent être prêts pour tous types d’aventure et même devenir des facteurs de déstabilisation pour la sous-région. Les crises de 1996 et 2001 ont déversé au Congo voisin nombre de militaires dont certains ont vite fait de devenir des bandits.

 

Je pense, au contraire de ceux qui prônent encore une fois le sectarisme ethnique, qu’il faut ramener dans les rangs tout le personnel des forces de défense et de sécurité éparpillé, le reconditionner et procéder à un dispatching rationnel dans les différentes unités qui seront déployées sur le terrain à l’Est, à l’Ouest, au Nord, au Sud et au Centre du pays.

 

Pour le reste, je préconise, exactement comme au Mali, que le processus de la refondation de l’armée nationale centrafricaine soit placé sous la conduite de l’Union européenne (qui finance déjà la MISCA), avec des spécialistes centrafricains et d’autres pays, sous la direction d’un officier général doté d’un mandat bien défini. Vous savez, un pays comme l’Allemagne ou comme l’Angleterre préférera, comme au Mali, envoyer son personnel participer à la restructuration d’une armée que de prendre le risque de pertes humaines sur le terrain, très préjudiciable vis-à-vis de l’opinion publique occidentale. L’Union européenne a dépensé plus de 20 millions d’euros au Mali pour reconstituer des unités et réhabiliter des garnisons. Il devrait en être de même pour notre pays. S’il faut remercier un pays ami comme l’Angola qui vient de s’engager à former des militaires, gendarmes et policiers, l’urgence demeure cependant en la réhabilitation de notre outil de formation.

 

A travers le programme de Réforme du secteur de la sécurité (RSS), à travers la Loi de programmation militaire et à travers les pertinentes recommandations des Etats généraux de la défense nationale tenus en 1998, cette mission veillera sur toutes les étapes de la réforme. Savez-vous que nous disposons de tous les textes nécessaires pour la mise en place d’une bonne armée, d’une bonne gendarmerie et d’une bonne police ? Seulement voilà ! Depuis la période Bokassa jusqu’à ce jour, les dirigeants centrafricains répugnent à faire confiance à l’élite au sein des forces de défense et de sécurité et à appliquer les textes qui conditionnent l’accès aux différents emplois. Les confusions entre les officiers admis à faire valoir leurs droits à la retraite et ceux encore en activité doivent cesser pour laisser la place à l’aptitude, en ces temps de grande technicité dans le commandement des opérations.


Que devrions-nous faire pour que les actions des Sangaris et de la MISCA soient encore plus efficaces ?

 

C’est le même postulat et le même déterminant ! Sangaris et MISCA, dont je souhaite ardemment la réussite, ne pourront à moyen et long terme être efficients sur le terrain qu’avec le concours des FACAS… Mais je m’empresse de saluer les efforts qui sont déjà faits et tout le travail déjà accompli. 


Comment envisagez-vous l’Opération de maintien de la paix qui sera opérationnelle en septembre 2014 ?

 

Figurez-vous que j’ai été l’un des premiers dans les médias, il y’a un an, à demander avec force cette Opération de maintien de la paix au moment où, rappelez-vous, Michel Djotodia n’en voulait pas. Je me réjouis que le Secrétaire général des Nations unies ainsi que la France aient fortement milité pour ce résultat. Et c’est très exactement autour du chiffre de 10.000 à 12.000 hommes que je m’étais arrêté, tout en restant réaliste sur la capacité de mobilisation du Département des opérations de maintien de paix de l’ONU. Pourquoi ? Parce qu’un think tank de stratégie militaire avec lequel je travaille, en se basant sur un ratio « superficie, population et nature du conflit », arrive lui au chiffre de 30.000 hommes qu’il aurait été nécessaire de projeter sur la RCA. Mais bon, à l’impossible nul n’est tenu. Avec les Forces de défense et de sécurité opérationnelles, nul doute que cet effectif sera atteint. 30 000 hommes, c’est l’effectif à atteindre pour les Forces de défense et de sécurité centrafricaines pour espérer sanctuariser nos 623 000 km2.

 

Cette force (MINUSCA) permettra de garantir la sécurité à Bangui et dans les grandes villes de province. Elle permettra aussi de sécuriser les institutions afin d’éviter la mise en place d’une garde présidentielle préjudiciable à la création d’une véritable armée nationale. Elle permettra aussi de conduire, si nécessaire, par la contrainte, le processus de désarmement, cantonnement, démobilisation et réinsertion des forces négatives. 

 

En parlant de forces négatives et non conventionnelles, il ne faudra en aucun cas permettre la structuration des Sélékas ou des anti-balakas, lesquels deviendront un véritable danger pour les futures institutions. Dans le cas d’espèce, la mascarade du « congrès » de Ndélé des Sélékas et de l’Assemblée générale des anti-balakas à Bimbo est insupportable et inacceptable. Les vrais militaires qui sont avec eux, doivent rejoindre les rangs de l’armée nationale.

 

Les civils, quant à eux, seront enregistrés, identifiés (empreintes digitales, photos anthropomorphiques), démobilisés et réinsérés dans leur région d’origine, pour éviter un regroupement sur Bangui et les principales villes du pays.

 

Pour cela, il est urgent de réhabiliter le Camp Kassaï à Banguiainsi que le centre de formation et la garnison de Bouar, dans l’ouest du pays, qui devront être les véritables bases de la refondation des forces de défense et de sécurité.

 

La ville de Bambari, carrefour entre le centre, le nord et l’est du pays devra aussi devenir une ville garnison avec un centre de formation pour cette partie de notre territoire. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la Séléka a décidé d’y former son soi-disant « état-major ». Bambari devra aussi servir de base relais pour les opérations de reconquête et de stabilisation de toutes les villes du nord et de l’est de notre pays. Dans la foulée, les aérodromes de Bérengo et de Ndélé devront être réhabilités pour servir de bases multi opérationnelles.

 

Par ailleurs, je pense que le ministère de la défense et celui de la sécurité doivent être regroupés en un seul département pour un bon pilotage des réformes du secteur sécurité (RSS). En ce qui concerne la police et la gendarmerie, il faudra pour Bangui et les grandes villes du pays, redéfinir un ratio en fonction de la densité de la population pour établir un bon maillage sécuritaire. Les limites des villes devront désormais être définies de manière claire afin de disposer d’une sécurisation conséquente. Bangui, par exemple, sera limitée par la barrière du PK9 route de Mbaiki, par le PK26 route de Boali, par le PK22 route de Damara et par les limites de la Landja. Le dispositif sécuritaire actuel de la ville de Bangui ne répond plus pour la sécurisation de près d’un million d’habitants. La grande dissémination des armes, le taux élevé de chômage parmi la jeunesse majoritaire, tout cela constitue un cocktail détonnant pour l’avenir de la sécurité dans Bangui et dans toutes les grandes villes du pays. Et puis, avec tout ce qui vient de se passer, nous devons nous préparer à la gestion d’un taux très élevé de petite et grande criminalité dans les années à venir, sur toute l’étendue du territoire.

 

Sur le découpage administratif, il s’agira en plus des commissariats d’arrondissements, de créer un poste de police dans chaque secteur administratif. A l’exemple du 7ème arrondissement de Bangui, on pourra ainsi avoir les postes de police de N’garagba, Kassai, Gbagouma. Celui du quartier Ouango sera adossé au commissariat d’arrondissement. De même qu’il faudra instituer une Préfecture de police (PP) pour la ville de Bangui, la Direction générale de police ayant une juridiction nationale. Bien évidemment, tout cela ne pourra être fait dans l’heure, mais nous devons profiter de la forte présence de la communauté internationale à nos côtés pour présenter un programme de Réforme du secteur de la sécurité ambitieux, susceptible de jeter les bases d’une stabilité définitive, nécessaire au développement tant espéré et attendu par nos compatriotes. 

 

Vous savez et comme on le dit, « à quelque chose, malheur est bon ». La communauté internationale est aujourd’hui à nos côtés. La coordination avec ces partenaires est névralgique. Seule une personnalité compétente et dotée des pouvoirs nécessaires en relation avec la mission de réformes de l’armée, de la gendarmerie et de la police, pourra proposer à la signature des autorités de transition les textes organiques et les textes de nominations.

 

Pour entrer dans le dur, il faudra mettre en place, avec l’appui des partenaires, une opération de ramassage des armes, appuyée sur un intéressement financier qui permettra de siphonner les armes en circulation. La même opération a connu une grande réussite après les mutineries de 1996 et 1997 à travers le Comité International de Suivi (CIS), dirigé à l’époque par l’ancien Président Amadou Toumani Touré avec qui j’ai eu le privilège de travailler. Voilà quelques-unes, mais quelques-unes seulement, des esquisses de l’énorme tâche qui consistera à réformer, à réhabiliter et à crédibiliser les forces de défense et de sécurité en Centrafrique.

 

Je finis sur ce sujet en vous disant que le procès de l’ex-empereur Jean-Bedel Bokassa avait révélé, entre autres turpitudes, les tristes conditions d’épuration de l’élite de l’armée centrafricaine. De 1980 à nos jours, une nouvelle génération d’officiers a surgi. Ces officiers, dont un grand nombre de diplômés de grandes écoles de guerre et d’académies militaires à travers le monde, doivent désormais avoir la possibilité de créer cette nouvelle armée que les Centrafricains appellent désespérément de leurs vœux. La présence de la MISCA et de Sangaris doit rassurer les politiques centrafricains de leur peur ancestrale vis-à-vis de cette armée et permettre enfin aux meilleurs de son élite de pouvoir s’exprimer. Nous devons sortir du repli identitaire et du réflexe communautariste pour enfin bâtir une armée digne de protéger notre territoire, de Bambouti, Bangassou, Possel, Birao, Boromata, Bémal, Beloko, Nola, Lindjombo et Mongoumba. Cette élite de nos officiers a désormais la responsabilité historique de laver l’affront qui finit de ternir le blason de notre armée. Si rien n’est fait, on n’est en droit de craindre de voir ces officiers, épuisés d’attendre l’accès aux responsabilités, se réfugier dans des fonctions civiles ou alors, pire, s’exiler à l’étranger. 


Vous avez occupé différents postes ministériels et notamment celui de vice-Premier ministre sous le Président François Bozizé, avez-vous toujours des relations avec lui ?

 

Non, pas vraiment. Je vous rappelle que je me trouvais en mission en Inde et ensuite en transit à Paris pour Bangui lorsque les Sélékas ont pris le pouvoir. Dans les jours qui ont suivi, je l’ai souvent eu au téléphone. Rien de plus normal. J’ai été pendant plusieurs années son ministre. Je suis un militaire de carrière mais je suis aussi et surtout un républicain convaincu. A ce titre, je me dois de respecter toutes celles et tous ceux qui ont exercé des responsabilités légales et légitimes dans mon pays.   


Il est accusé d’être le principal chef des anti-balaka, qu’en dites-vous ?

 

Je n’en sais absolument rien. Je suppose que ceux qui soutiennent cette thèse ont des arguments appropriés. Mais en qui me concerne, je m’inscris davantage dans la phase de réconciliation et de reconstruction de mon pays après, bien évidemment, qu’une justice équitable soit passée, que cette justice soit nationale ou supranationale. Pour cela, je ne vois pas comment tous ceux qui ont le sang des Centrafricains sur les mains, à commencer par tous les principaux chefs de la Séléka, par qui tous les malheurs sur mon pays sont arrivés, ne pourraient pas répondre de leurs actes. Dans cette perspective, l’impunité doit être combattue avec force et conviction. 


Justement, des sanctions internationales sont tombées sur des personnalités centrafricaines, quel est votre point de vue sur la question ?

 

La République centrafricaine a signé et ratifié la plupart des traités instituant les institutions juridictionnelles pénales internationales. Nous ne pouvons donc pas nous soustraire aux dividendes, si j’ose dire, de ces traités. Mais encore une fois, il faudrait que les enquêtes aboutissant à ces sanctions soient équitables et incontestables. Le président Obama a ajouté Michel Djotodia sur sa propre liste. C’est bien. Mais d’autres courent encore. 


Que pensez-vous des Sélékas et des anti-Balaka ?

 

Ecoutez, si je devais avoir le cœur léger, je dirais que, sur l’échelle du déplacement des plaques tectoniques, la comparaison entre les Sélékas et les anti-balakas est incongrue. Pourquoi ? Parce que les Sélékas étaient essentiellement une force d’invasion et les anti-balakas, à l’origine, je dis bien à l’origine, ont représenté une forme de résistance. Le problème, c’est que, un seul mort provoqué par les uns ou par les autres est déjà un mort de trop. Je m’explique : on n’a pas fini de mesurer l’étendue du mal que les Sélékas ont fait à ce pays.

 

La confessionnalisation de leurs structures même et la nature des crimes qu’ils ont commis au nom d’une certaine religion (l’islam) portaient déjà en elles les germes de la métastase, vite transformée en folie meurtrière des anti-balakas contre nos propres compatriotes de religion musulmane. Dans cette logique, si on condamne les Sélékas, il est difficile d’absoudre les anti-balakas. Personne ne peut accepter, encore moins cautionner la chasse aux musulmans dans un pays qui a toujours vécu dans une véritable paix religieuse, un pays dans lequel toutes les confessions se sont toujours exprimées librement et dans une grande tolérance.


Nous entendons plusieurs informations qui font état de la partition de fait de la RCA, êtes-vous d’accord avec ce point de vue ?

 

Justement, c’est en cela que le pseudo congrès de la Séléka, tenu à Ndélé est, au choix, un scandale ou une hérésie. Car, comment comprendre que des bandits qui ont fait ce que ces gens ont fait subir à ce pauvre pays et qui ont par la suite été vaincus militairement, comment ces gens ont pu entamer ce qui n’est rien d’autre que leur renaissance et leur réorganisation, dans la partie du pays qu’ils comptaient et qu’ils comptent plus que jamais sanctuariser ? Je vous assure que cette séquence est ahurissante. Toutefois, je serais étonné que Sangaris et MISCA acceptent l’inacceptable. Je suis même convaincu de leur bonne foi qui a été abusée par Séléka, lequel n’est pas à une turpitude près.

 

Pour revenir à votre question, je pense qu’elle ne se pose même pas. Jamais aucun Centrafricain, mais vraiment aucun, n’acceptera la partition de notre pays. Le problème, car il y a un problème, c’est que cette partition était déjà en pointillé dans la tête et dans le programme de Djotodia et de la Séléka. A défaut d’avoir conquis, durablement, toute la RCA, il ne leur restait plus qu’à jouer cette carte morbide et mortifère de la partition.

 

Vous savez, la « sortie » si je peux dire, d’Abakar Sabone sur la partition de la RCA et qui avait réveillé beaucoup de compatriotes de leur léthargie, cette sortie était tout, sauf une gaffe.

 

Cet homme disait tout haut ce que Séléka avait toujours préconisé. Mais je crois savoir qu’après ce soi-disant congrès, tous ne sont pas sur la même longueur d’onde.

 

Et c’est heureux. Quelques-uns parmi eux, de vrais Centrafricains avec lesquels je concède qu’il faudra discuter, n’entendent pas s’inscrire dans ce projet de folie. Il faudra voir. 


Vous êtes un officier général, comptez-vous rentrer en RCA ?

 

La question n’est pas à l’ordre du jour. On verra. Je n’exclus pas de rentrer. Mais vous savez, même ici je travaille énormément, de manière différente, à la renaissance de mon pays. Toutefois, je vous fais remarquer, à titre personnel, que j’ai tout perdu chez moi, mais vraiment tout. Seulement, dans mon malheur, il m’arrive de relativiser. Je me dis : que valent mes petits biens matériels face à la totalité de mon pays qui a été ravagé, à mes milliers de compatriotes morts pour rien, et qui continuent de mourir, à cause de la folie meurtrière des Sélékas et ensuite des anti-balakas ? Moi, je ne demande rien. Mais j’ai foi en l’avenir. 


Quels sont vos rapports avec la transition ?

 

Aucun. Mais vous savez, nous sommes un petit pays, avec un spectre dirigeant assez étroit. De ce fait, tout le monde connaît un peu tout le monde. 


Que pensez-vous de la gestion du pays par cette transition ?

 

Je vous ai donné mon avis sur l’avenir des forces de défense et de sécurité. Je me garderai bien de juger la gestion de la transition. Et puis, entre nous, il ne faudrait pas être de mauvaise foi non plus. Les actuels dirigeants de la transition ont hérité d’une situation effroyable léguée par dix mois de folie de Séléka. Je ne vois pas comment ils pourraient changer les choses comme par magie. Il reste que, gouverner, c’est poser des actes. La transition doit poser des actes clairs, lisibles. Et surtout, elle doit réussir. La situation s’y prête d’ailleurs. La communauté internationale est à notre chevet et entend nous aider à nous relever. A une condition : que nous montrons notre sérieux et notre détermination à réussir


Que pensez-vous du dialogue en RCA ?

 

Mais il est incontournable, ce dialogue. Que nous puissions solder une fois pour toutes nos contentieux internes. 


Quel processus de réconciliation nationale est le plus indiqué pour la RCA, celui du Rwanda, de l’Afrique du Sud, ou un modèle typiquement centrafricain ?

 

Vous aurez pu citer aussi celui de la Côte d’Ivoire, toujours en cours. Mais je vous renvoie à une maxime bien centrafricaine qui dit : « kêkê wa kwè a za wa zango ». Traduction libre et optimiste : « nous devons faire feu de tout bois ». Tous les modèles que vous avez cités ont du bon. Il reste, vous vous en doutez, que nous devrons tenir compte des spécificités centrafricaines. J’ai dirigé le ministère du dialogue et de la réconciliation. Je sais donc de quoi je parle. Et puis, mais cela on ne le dit pas assez, bien avant la vague des conférences nationales souveraines des années 90 en Afrique, la République centrafricaine avait déjà, avant tous les autres pays, tenté et réussi cette expérience avec le séminaire national de réflexion de 1981, juste après la chute de l’Empire. Si les archives n’ont pas été détruites, après la folie de ces derniers mois, je crois pouvoir dire que nous avons à notre disposition des trésors de documents, issus pêle-mêle du grand débat organisé par l’ancien Président Kolingba en 1992, du Dialogue National que nous avons organisé en septembre et octobre 2003 alors que j’étais justement ministre chargé du dialogue et de la réconciliation ou encore plus récemment fin 2008 du dialogue politique inclusif.

Nous avons au gré des foras, pris toutes les recommandations nécessaires au développement de tous les secteurs de notre pays. Nous avons des centaines de recommandations dans nos tiroirs qui ne demandent qu’à être appliquées. En fait, tout dépend de la volonté politique à impulser pour promouvoir le dialogue et la réconciliation. Je note que les Sud-Africains avaient beaucoup insisté sur la notion de justice qui précédait la réconciliation. Et les Rwandais avaient institué les tribunaux « gaçaça » (prononcé gatchatcha) pour juger les génocidaires et leurs complices. Mais vous avez raison, la RCA a besoin de paix et de réconciliation. Après le cauchemar que nous avons vécu, il nous faudra coûte que coûte réapprendre à vivre ensemble. Nous y sommes obligés, aussi bien pour nous-mêmes aujourd’hui que pour les générations futures. 


Quel message à l’endroit du peuple centrafricain, des autorités centrafricaines et des lecteurs d’Opinion Internationale ?

 

Un message d’espoir, je dirai même plus, un message d’espérance. Ce n’est pas de la méthode chère au bon docteur Coué, croyez-moi. Nous sommes un peuple jeune. Nous avons des atouts non négligeables. Bien des pays se sont relevés après de pareilles catastrophes, voire pire. Nous devons croire en nos capacités.

 

Et si nous pouvions mettre la même ardeur avec laquelle nous détruisons tout chez nous pour, au contraire, construire notre pays, tous les espoirs sont permis. Les autorités de la transition ont la difficile mission de devoir être claires et résolues, de fixer des caps et de s’y tenir, quelque soient les aléas et surtout de ne voir que le seul intérêt du peuple centrafricain. Et pour cela, il leur faudra beaucoup de pédagogie : expliquer, expliquer sans cesse ce qu’elles font. Le Centrafricain est tout sauf bête. Il comprend bien quels sont et où sont ses intérêts. Merci à vous et à toutes les lectrices et lecteurs d’Opinion Internationale. La République centrafricaine une et indivisible se relèvera et vivra, belle et prospère.

 

 Propos recueillis par Lydie Nzengou

 

 

Réactions à cette interview de certains compatriotes

 

Jean Lambert Berekato · Université de Bangui

 

Parfait Mbaye veut nous donner de leçon sur la gestion de la sécurisation en RCA, Alors qu'il a accompagné Bozizé dans la déstabilisation de l'Armée, a-t-il refusé un jour à Bozizé de lui donner les galons de complaisance de 2003 à 2013 de Lieutenant à Général un temps record emporté que par les destructeurs de la République Mbaye, Doutingaï et Francis. Cet opportuniste de Mbaye étant à coté Bozizé n'a jamais mis pied dans les casernes et même pour apprendre quoi aux Militaires, il n'a pas encore fait un cours supérieur de la Gendamerie sinon une application comme tout jeune officier de la Gendarmerie à Melun, il n'a jamais été, ni commandant de Brigade, ni commandant de compagnie à la Gendarmerie, ni commandant de groupement. Ayant toujours un pied dans la politique, issu du parti RDC il a profité toujours des appuis politiques pour avancer et être à coté de Bozizé et l'a accompagné à la destitution du Pays. D'abord il n'a aucune expérience dans l'armée, même une section il n'a jamais commandé, c'est le prototype de la politisation de l'Armée. Il a coupé les liens avec tous ses frères d'armes pour garder sa position du Ministre. d'ailleurs, c'est facile de donner des leçons il avait toutes les possibilités pour aider BOZIZE et il n'a pas fait, il préférait se faire voir sur des bateaux de plaisance avec des filles sur le fleuve Oubangui au moment où les SELEKA sont à Damara. Il a proposé encore son service Djotodia étant en exile mais il a compris que Djotodia n'est pas dupe comme Bozizé son Mentor. Si en 10 ans de pouvoir avec Bozizé, Mbaye n'a pu rien faire pour la réforme de l'Armée croyez-vous que c'est maintenant qu'il va faire le Miracle étant en éxile? Il commence à prendre position maintenant? Ce pendant qu'il fermait sa bouche et ses yeux à leur dérive avec Bozizé. Vous prenez les Centrafricains pour des Cons. Vous devez passer d'abord à la justice avant toute autre interview;

 

Arcadius Banza · Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne

 

De mémoire cet officier n'a jamais servi que dans des mutineries et rébellions (depuis Kolingba en passant par Patassé et Bozize dont il a été LE BRAS DROIT durant cette désastreuse et calamiteuse décennie) !!! Quand je pense encore qu'il défendait comme ministre résident de la LOBAYE l'idée de "voter une ligne budgétaire" pour célébrer chaque année la mémoire commune de BOGANDA-DACKO-BOKASSA, alors j'ose espérer que les Centrafricains traduiront un jour cet "officier" devant la justice pour explication !!! C'est le devoir de tous que la VERITE se rétablisse dans ce pays ...

 

Il y'a juste des faits ! Parfait MBAYE est co-comptable, co-responsable des années BOZIZE dont il a fait partie de tous les gouvernements, sans exception... Parcourez ma page depuis l'époque BOZIZE jusque ce jour et vous comprenez que l'analyse que vous lui attribuez n'est que COPIER-COLLER de ce que je ne cesse de répéter depuis toujours !

 

Gilles Ngbokoli : (200 villas Bangui 

 

"Passé par la prestigieuse Ecole interarmes de Coëtquidan" ????!!!!!  Quelle est la promotion de Mbay à St Cyr Coetquidan ? De toute façon, Mbay peut gesticuler et dire ses mensonges mais la justice centrafricaine l'attend fermement pour lui demander quelques comptes sur les détournements et malversation du BARC. 

 

 

Lu pour vous : Interview de Parfait Mbay - "Sangaris et MISCA ne seront efficients sur le terrain qu’avec le concours des FACA"
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Centrafrique-Presse.com
2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 12:43

 

 

 

 

 

02/06/14 (Le Pays) du Burkina

 

La présidente de la transition en Centrafrique, Catherine Samba-Panza, vient de taper du poing sur la table. Reste à en mesurer l’écho dans ce pays empli de bruits, ravagé par le désordre, la haine, la désolation et la mort. Qui pis est, l’horizon des périls est loin de s’être dégagé. Prise à la gorge par la bestialité des milices Séléka et anti-Balaka, la Centrafrique s’étrangle jour après jour. C’est à se demander si, à cette allure, l’on ne s’achemine pas vers une guerre civile à caractère ethno-religieux, voire un génocide. Ce faisant, on comprend la récente et ferme réaction de Catherine Samba-Panza, qui a notamment appelé au désarmement de ces milices. Sera-t-elle entendue ? Rien n’est moins sûr.

 

Catherine Samba-Panza pourra-t-elle faire entendre raison à ses frères centrafricains mus par la loi du Talion ?

 

Cette sortie de la présidente de la transition, on le sait, faite suite à l’attaque d’une église, ces derniers jours, à Bangui, la capitale centrafricaine, qui aura laissé sur le carreau une quinzaine de macchabées, dont un prêtre centrafricain. En représailles et comme on pouvait s’y attendre, des mosquées ont été prises pour cible. Comment Catherine Samba-Panza pourra-t-elle, dans ces conditions, faire entendre raison à ses frères centrafricains opposés par la religion et par l’ethnie, et plus que jamais mus par la loi du Talion ? Comment pourra-t-elle agir sur des communautés ennemies qui, dans un ultime instinct de survie, n’ont pas d’autre choix que de garder l’arme au pied, pour se prémunir contre toute attaque-surprise ? Bien sûr, cette loi du Talion n’est ni acceptable, ni défendable. D’autant qu’elle procède d’une logique cruelle et qui plus est, périlleuse, dans la mesure où elle nourrit la spirale de la violence et de la vendetta.

 

Un cycle de vengeance qui semble, du reste, avoir fini par exaspérer et pousser la communauté internationale à éprouver une certaine lassitude vis-à-vis du drame centrafricain. Va-t-on vers un conflit oublié ? En tout état de cause, la tâche de reconstruction de la Centrafrique semble des plus ardues pour celle qui en tient les rênes aujourd’hui. Une tâche d’autant plus cyclopéenne pour Samba-Panza que bien de ses concitoyens voudraient bien la voir échouer dans sa lourde mission ; eh oui ! En eau trouble, il s’en trouve toujours des pêcheurs qui veuillent bien tirer leur épingle du jeu. Et parmi eux, figurent certainement ceux que le pouvoir centrafricain qualifie de taupes au sein du gouvernement, qui seraient de connivence avec les groupes armés.

 

Le pouvoir doit se départir des incohérences suicidaires comme la participation de la Séléka et des anti-Balaka au gouvernement

 

C’est du moins ce que pense fermement le Premier ministre centrafricain. Certes, le pouvoir s’est gardé de les nommer. Mais la cible est connue : les mandants des anti-Balaka et de la Séléka au sein de l’exécutif centrafricain.

 

Si tant est qu’ils travaillent, comme on le dit, à détricoter ce que le pouvoir s’emploie à tricoter, pourquoi ne pas rompre les amarres avec eux ? Peut-on dîner avec le diable et le combattre ?

 

On peut être d’accord avec Catherine Samba-Panza que la solution du problème centrafricain réside dans le désarmement des milices. Plus facile à dire qu’à faire ! Une gageure s’il en est, d’autant qu’on a justement affaire à des milices et non à des armées conventionnelles. Car, si le militaire répond d’une hiérarchie et d’une structure bien connue, avec laquelle on peut toujours prendre langue, il en va autrement pour les milices qui confinent à des armées mexicaines. Avec qui discuter ? Et si d’ailleurs ces milices se montraient disposées au désarmement, qui pourrait jurer, la main sur le cœur, qu’elles auraient alors remis toutes les armes en leur possession ?

 

Et quid des armes blanches ? Peut-on récupérer tout ce qu’une milice, une communauté, etc., peut compter d’armes blanches ? Le sinistre apport de la machette dans le génocide rwandais ou dans la longue tragédie sierra léonaise, est de triste mémoire. C’est dire si Catherine Samba-Panza a fort à faire. Tout comme l’ONU qui vient de mêler sa voix à la sienne pour appeler au désarmement des milices. Bien sûr, tout aurait été différent si la volonté de parvenir à la paix, de part et d’autre des frères ennemis centrafricains, y était. Cela dit, Samba-Panza doit accepter qu’elle a, elle aussi, sa part de responsabilité dans la situation actuelle que traverse son pays. A la chienlit centrafricaine, elle doit répondre par une gouvernance politique qui seye, en l’occurrence un pouvoir fort. Et il importe que le pouvoir comprenne que cette gouvernance doit se départir une fois pour toute des incohérences suicidaires comme la participation de la Séléka et des anti-Balaka au gouvernement. De toute façon, cette option politique s’est avérée jusque-là inopérante.

 

Par Cheick Beldh’or SIGUE — Le Pays

Lu pour vous : Désarmement de la séléka et des anti- balaka : peut-on dîner avec le diable et le combattre ?
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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 12:20

 

 

 

 

 

02/06/2014 à 12:38 Par Jeune Afrique

 

Selon une enquête interne à la Séléka, le général Mohamed Moussa Dhaffane serait à l'origine de l'affrontement qui, le 24 mai à Bambari (Centre), a opposé des éléments de la rébellion centrafricaine à la force française Sangaris. Soucieuse d'apaiser les inquiétudes de la communauté internationale concernant la création à Ndélé d'un nouvel état-major, l'ancienne rébellion devrait prochainement dépêcher une délégation auprès des chefs d'État de la sous-région.

 

Une enquête interne à la Séléka a conclu à la responsabilité du général Mohamed Moussa Dhaffane dans l'affrontement qui, le 24 mai à Bambari (Centre), a opposé des éléments de la rébellion centrafricaine à la force française Sangaris. Il est reproché à l'ancien ministre d'État chargé des Eaux et Forêts dans le gouvernement de Nicolas Tiangaye d'avoir ordonné le mouvement des pick-up lourdement armés qui ont échangé des tirs avec des soldats français. Sur la base de ces éléments, la coalition rebelle pourrait envisager de procéder dans les prochains jours à l'arrestation du général Dhaffane. L'incident meurtrier a été directement géré par SMS par le général Didier Castres, sous-chef d'état-major des opérations à l'état-major des armées françaises, et Éric Neris Massi, médiateur de la Séléka pour les relations avec les ONG et les organisations internationales.

 

Une délégation de la branche politique de la Séléka devrait prochainement se rendre à Brazzaville par vol spécial au départ de Bangui. Objectif : rendre compte au président Sassou Nguesso, médiateur de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) en Centrafrique, des résultats du congrès du mouvement qui s'est tenu le 11 mai à Ndélé (Nord). La délégation se rendra ensuite au Cameroun, au Gabon, en Guinée équatoriale et au Tchad. Les anciens rebelles cherchent à apaiser les inquiétudes de la communauté internationale concernant la création à Ndélé d'un état-major dirigé par le général Joseph Zindeko.

Lu pour vous : Centrafrique : la Séléka fait le ménage dans ses rangs et tente de rassurer
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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 11:37

 

 

 

 

 

02/06/14 (BBC)

 

Catherine Samba Panza annonce que des enquêtes sont en cours pour identifier les "agitateurs qui essayent de manipuler les jeunes pour des raisons purement politiques".

 

"Dès que nous aurons des faits avérés, je pourrai en parler de manière plus précise", a-t-elle ajouté, réagissant aux récentes violences à Bangui, la capitale de la Centrafrique.

 

La présidente par intérim a rendu visite à des blessés, dans un hôpital de Bangui.

 

La Centrafrique a connu de nouvelles violences durant ces derniers jours. Mercredi, 17 personnes ont été tuées dans l’attaque de l'église Notre-Dame de Fatima, dans la capitale.

 

Catherine Samba Panza dit avoir constaté des "avancées notables", durant ces derniers mois, en ce qui concerne la sécurisation du pays.

 

"Un complot planifié"

 

Mais "ces avancées ne plaisent pas à tout le monde. Il y a des ambitions, avérées, cachées. Ce sont ces agitateurs qui en sous-main essayent de manipuler, d'instrumentaliser les jeunes pour des raisons purement politiques", a-t-elle déclaré.

Elle n'a pas donné de précisions sur l'identité de ces "agitateurs".

 

Avant elle, le Premier ministre André Nzapayéké avait attribué jeudi le regain de violences à "un complot planifié" par des "hommes politiques très proches du pouvoir".

 

http://www.bbc.co.uk/afrique/region/2014/06/140601_rca-samba...

Centrafrique : Samba Panza accuse
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