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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 23:56

 

 

PAR RJDH LE 8 MARS 2016

 

A l’attention de Jane Holl Lute,

 

Coordinatrice Spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies, en charge d’améliorer la réponse des Nations Unies à l’exploitation et aux abus sexuels

 

Bangui, le 8 mars 2016

 

Chère Jane Holl Lute,

 

Les Organisations Non-Gouvernementales Internationales (ONGI) membres du Comité de Coordination des ONGI1 (CCO) en République centrafricaine souhaitent vous féliciter pour votre nomination en tant que Coordinatrice spéciale en charge de l’amélioration de la réponse des Nations Unies à l’exploitation et aux abus sexuels (EAS).

 

La République centrafricaine (RCA) est un Etat fragile, frappé par la pauvreté et la guerre. Cette fragilité a laissé une population extrêmement vulnérable et dans un grand besoin d’aide internationale pour assurer que leurs besoins de base soient satisfaits et restaurer la paix.

 

Bien que le mandat de la mission déployée soit de protéger les civils affectés par la crise, la RCA compte le plus grand nombre de cas rapportés d’EAS commis par des forces internationales au sein des missions du Département de Maintien de la Paix (DPKO) des Nations Unies en 2015. Sur les 69 allégations d’abus sexuels enregistrées en 2015, 22 ont été confirmées en RCA. Depuis le déploiement de la Mission multidimensionnelle intégrée pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) en septembre 2014, un total de 42 cas d’EAS commis par des éléments de la force a été rapporté.

 

Bien que des mesures aient été prises et des déclarations faites au plus haut niveau des Nations Unies pour que ces actes de violence cessent, sur le terrain, des actions restent à entreprendre pour assurer que la communauté internationale soit enfin pleinement redevable2 à l’égard des victimes d’EAS commis par certains éléments des forces, et leur assure ainsi une meilleure protection..

 

Des garanties doivent être adoptées et mises en œuvre pour protéger les droits des victimes – dont la plupart sont des jeunes filles mineures –, leurs familles et les témoins de ces actes de violence, y compris le droit à un conseil ou une représentation légale, le droit à la confidentialité et au respect de la vie privée, le droit au consentement éclairé et à l’information.

 

Dans la pratique, les victimes d’EAS sont rarement informées de leurs droits, et sont contraintes de témoigner même lorsque cela pourrait fortement affecter leurs vies, en les stigmatisant au sein de leurs communautés. De nombreuses agences des Nations Unies et organisations se sentant poussées à prendre des mesures pour identifier et traiter ces cas, des victimes se retrouvent interrogées par de multiples acteurs, qui ne leur fournissent aucune forme d’assistance. Cette multiplication des entretiens peut se révéler contreproductive, voire même dangereuse, en particulier pour les jeunes victimes.

 

Le premier objectif de toute agence ou organisation intervenant dans les cas d’EAS devrait être de garantir l’accès à la justice et aux services. Cela devrait être fait d’une manière qui minimise les effets négatifs que ces procédures peuvent avoir sur les victimes et leurs familles.

 

En outre, depuis la fin 2015, un certain nombre d’Etats Membres a envoyé des équipes d’enquêteurs en RCA après que des allégations ont été soulevées à l’égard d’éléments de leurs forces nationales. Toutefois, ces enquêteurs opèrent sans aucune supervision d’un organisme indépendant. De plus, ces équipes n’ont pas toujours été préalablement formées et ne disposent pas toujours de la capacité d’appliquer les standards de base internationalement reconnus pour interroger les victimes de violences sexuelles, même si ceci devrait constituer une exigence. De même, peu ou pas d’efforts sont faits pour informer les victimes des procédures qui se déroulent dans le pays d’origine de l’auteur des faits présumés, ainsi que de leur conclusion finale.

 

Nous pensons qu’il est de la plus haute importance de réviser les procédures et les accords actuels avec les Etats qui contribuent au déploiement de forces de maintien de la paix. Il s’agit en effet d’assurer que les standards institués par le droit international soient respectés dans la gestion des cas d’EAS commis par des éléments de ces forces, que ce soit en termes de protection, ou d’attitude pleinement redevable des Etats à l’égard des victimes, et ce tout du long de la procédure..

 

Nous recommandons vivement que :

 

Un organisme indépendant accompagne et surveille toutes les équipes nationales enquêtant sur des cas et/ou plaintes d’EAS ;

 

Les équipes d’enquête soient dûment habilitées et formées avant d’être déployées pour interroger des victimes et/ou témoins supposés. Ces équipes devraient avoir une bonne compréhension des risques liés à l’enquête sur des cas d’EAS. De plus, elles devraient constamment assurer que les victimes et témoins soient impliqués de façon volontaire dans les procédures d’enquête, et qu’ils aient été correctement informés de leurs droits. Les équipes d’enquête devraient toujours autoriser la présence d’un avocat lorsque les victimes et témoins sont interrogés ;

 

Des travailleurs sociaux formés doivent être impliqués dans les cas où les victimes et témoins sont des enfants.

 

De plus, afin de prévenir que de tels cas d’exploitation et abus sexuels ne perdurent, nous recommandons que :

 

Des formations sur le Code de conduite et la prévention des EAS soient organisées non seulement pour les officiers militaires, mais aussi pour tous les personnels de la Mission intégrée en partance pour des affectations civiles ou militaires ;

 

Le Code de conduite et les documents relatifs à la prévention des EAS soient disponibles en français et en anglais, mais aussi traduits dans toutes les langues nationales des différents contingents militaires de la Mission intégrée ;

 

Les sanctions en cas d’accusation d’EAS doivent se fonder sur une politique de tolérance zéro, être, dans la mesure du possible, immédiates, et inclure la suspension, la révocation voire la levée de l’immunité lorsque nécessaire ;

 

Chaque Etat mettant des troupes à disposition des forces de maintien de la paix des Nations Unies s’engage à consigner, sans aucun accès à la population, tout soldat suspecté d’EAS jusqu’à la clôture de l’enquête ;

 

Des points focaux pour la prévention des EAS sont identifiés et formés dans chaque contingent et département de la Mission intégrée, afin qu’ils puissent engager leurs pairs dans le respect du code de conduite, fournir des informations et relayer les allégations d’EAS à leurs supérieurs ;

 

Un mécanisme de plainte soit créé et officiellement communiqué à chaque membre de la Mission intégrée, et une campagne de communication adaptée pour le grand public soit développée ;

 

L’efficacité du système de vérification des antécédents et de l’habilitation soit améliorée et appliquée à tous les personnels de la Mission intégrée –qu’ils soient civils ou militaires ;

 

Une approche plus stricte envers les Etats qui ne respectent pas les standards des Nations Unies en matière de prévention des EAS et de comportement éthique de leur personnel militaire soit mise en œuvre ;

 

Une représentation accrue du personnel féminin dans les contingents au sein de la MINUSCA soit préconisée ; et que

 

Un nombre accru d’assistants de liaison communautaire se voit donner un rôle proactif pour diffuser largement des informations sur le mandat de la Mission et l’interdiction des EAS.

 

Le Comité de Coordination des ONGI en RCA accueille votre nomination comme une étape importante vers l’application de mesures qui contribueront à prévenir les cas d’EAS. Nous sommes convaincus que la tâche ne se limite pas au personnel des missions intégrées et que des efforts identiques, complémentaires et simultanés dans cette optique de prévention doivent également se faire plus largement au sein de la communauté humanitaire. Tout le monde doit en effet s’engager à des actions concrètes pour prévenir les EAS.

 

Nous sommes convaincus que les Nations Unies sont prêtes et capables d’améliorer leurs capacités de protection et de s’affirmer redevables à l’égard des victimes d’EAS commis par les forces internationales, et nous voulons vous assurer que la communauté humanitaire en RCA est, et continuera d’être, activement impliquée dans l’assistance aux victimes de tels actes.

 

ONGI signataires :

 

Coordination des ONGI (CCO) a été créé en avril 2014. Il regroupe actuellement 42 membres : Action Contre la Faim (ACF), Agence d’Aide à la Coopération Technique et au Développement (ACTED), Alliance For International Medical Action (ALIMA), Aviation Sans Frontières France (ASF-F), Avocats Sans Frontières Belgique (ASF-B), Cap Anamur, Catholic Relief Services (CRS), Centre pour le Dialogue Humanitaire (CHD), The Community Humanitarian Emergency Board Internation (COHEB), Concern Worldwide (CWW), Cooperazione Internazionale (COOPI), Catholic Organisation for Relief and Development Aid (CORDAID), Dan Church Aid (DCA), Danish Refugee Council (DRC), DirectAid (AMA), Emergency, Finn Church Aid (FCA), Groupe de recherche et d’Appui aux Interventions Intégrées de Nutrition en Santé (GRAINES), Handicap International (HI), International Medical Corps (IMC), InterSOS, International NGO Safety Organisation (INSO), International Rescue Committe (IRC), Jesuit Refugee Service (JRS), Lutherian World Federation (LWF), Médecins du Monde France (MDM), Mercy Corps (MC), Norwegian Refugee Council (NRC), OXFAM, Plan International, Première Urgence – Aide Médicale Internationale (PU-AMI), Save the Children (SCI), Search for a Common Ground (SFCG), Solidarités International (SI), Tearfund, Triangle Génération Humanitaire (TGH), WarChild-UK (WC-UK), WeltHungerHilfe (WHH), World Vision International (WVI) membres actifs mais aussi Médecins Sans Frontière Suisse (MSF-CH), la Croix-Rouge Française (CRF) et le Comité International de la Croix-Rouge (CICR), membres observateurs.

 

2 En anglais, l’expression « accountability to survivors » est utilisée, traduite dans le langage courant par « redevabilité à l’égard des victimes ».Ce mot n’ayant toujours pas été intégré dans les dictionnaires de la langue française, nous avons préféré éviter son utilisation dans cet écrit.

Exploitation et abus sexuels en R.C.A : lettre ouverte à Jane Holl Lute, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes
Exploitation et abus sexuels en R.C.A : lettre ouverte à Jane Holl Lute, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 23:54

 

 

 

http://rjdh.org/   PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 8 MARS 2016

 

La Journée Internationale de la femme est célébrée les 8 mars de chaque année, tire son origine des luttes ouvrières du XXème siècle. Il s’agit fondamentalement d’une journée de revendication.

 

Officialisée par les Nations-Unies en 1977, la Journée Internationale de la Femme tire son origine des luttes ouvrières menées par des femmes au XXe siècle. En ces temps, les femmes qui travaillaient comme les hommes aussi, avaient des salaires inférieurs et leurs conditions de travail étaient plus inconfortables. Les femmes étaient privées de nombreux droits fondamentaux dont celui de voter et de participer aux élections réservées aux hommes. Toutes ces raisons ont amenées les femmes de l’époque à militer pour exiger des autorités et du monde, de meilleures conditions de travail et le droit de participer à la vie sociopolitique comme les hommes.

 

Cette lutte pour l’égalité entre homme et femme s’est faite pendant des années. Elle a attiré l’attention des décideurs du monde qui, en 1977, vont officialiser la journée internationale de la femme qui, fondamentalement est une occasion de commémorer la détermination des femmes qui portaient la lutte et aussi, un moment pendant le quel, la situation de la femme doit être passée en revue pour évaluer les avancées et les ratés. C’est donc une journée de manifestation et de réflexion.

 

Le 08 mars est d’actualité car l’inégalité hommes-femmes, n’est pas encore une réalité même si de nombreuses avancées sont enregistrées.

 

En Centrafrique, la célébration de la Journée Internationale de la femme a pris de l’ampleur depuis 2010.

 

La femme centrafricaine continue de faire les frais de violences dans le pays. En février dernier, plus de 60.000 cas de violations ont été rapportés en l’espace de 10 mois, avec une forte proportion des femmes considérées comme les principales victimes. Le viol, les abus sexuels, la violence conjugale, les tortures lors des veuvages…sont les principales violences subies par les femmes en RCA.

 

La mortalité maternelle n’est toujours pas en baisse en Centrafrique. Selon les données officielles de 2012, une centrafricaine meure chaque 5 heures en voulant donner de vie. Le taux d’alphabétisation des jeunes-femmes en 2012 est de 59.1% et des femmes adultes est de 63.5%.

 

Les femmes et les filles sont plus exposées au VIH/Sida. Les jeunes-femmes ont un taux 4.2% contre 0.7% chez les jeunes garçons, soit six fois plus élevé. Le taux chez les femmes de 15-45 ans est de 6,3 % contre  3 % chez les hommes.

 

Sur le plan politique et administratif, les avancées ne sont toujours pas encourageantes. En politique, les femmes se comptent sur les doigts de la main même si entre 1975 et 1976, ont très peu visibles Elisabeth Domitien occupe le poste de Premier Ministre et que 40 ans plus tard, Catherine Samba-Panza devient présidente de la République Marie Noël Koyara ministre d’Etat a à la défense. Sur le plan administratif, la percée des femmes est encore faible.

 

Il est souhaitable que le 08 mars soit plus une occasion pour les femmes et la nation de réfléchir aux conditions vitales de la femme centrafricaine qu’un moment exclusivement de réjouissance populaire.

 

D’où vient la journée internationale de la femme célébrée le 8 mars de chaque année ?

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 15:23

 

 

http://www.mondafrique.com/  Par La redaction de Mondafrique - 7 mars 2016

 

Après l’annonce de la candidature d’Idriss Déby à sa propre succession pour les présidentielles d’avril, l’opposition et la société civile tchadienne ont lancé un mouvement de contestation inédit dans le pays. Dans une tribune publiée par Mondafrique, plusieurs d’entre eux dénoncent les dérives répressives du régime en place depuis 25 ans. 

 

Signataires : Djibrine ASSALI, Timane ERDIMI, Bichara Idriss HAGGAR, Acheikh IBN-OUMAR, Mahamat NOURI-ALLATCHI, Abakar TOLLIMI

 

Pendant que les partenaires africains et français du Tchad multiplient les éloges sur le leadership militaire continental du président Déby Itno, à l’intérieur du pays, ces dernières années, la situation n’a cessé de se dégrader, au point d’arriver au bord d’une grande implosion.

 

Plus que le viol en réunion de la lycéenne Zouhoura, le 8 février, par des fils de hauts dignitaires du régime, c’est la publication délibérée, sur le Net, d’images crues et cruelles, qui a profondément blessé l’ensemble de la société tchadienne, imprégnée de nobles traditions ancestrales africaines et de valeurs islamo-chrétiennes.

 

Ce qui était un fait divers, malgré son caractère particulièrement ignoble et révoltant, aurait pu rester un fait divers, avec un traitement judiciaire et social. Mais il est devenu un évènement national d’une ampleur exceptionnelle, avec des dérapages passionnels irresponsables, et des manifestations massives à l’extérieur et à l’intérieur, durement réprimées, causant des morts, dont deux autres lycéens Abachou Hassane Ousmane et Mahamat Molly Téteï, suivies de nouvelles protestations, selon un schéma cyclique bien connu. Certaines localités de province sont depuis quelques jours dans un véritable état de siège.

 

Il y a deux raisons à cette amplification tragique.

 

La première raison, c’est la désinvolture des tenants du pouvoir dans cette affaire, surtout les vociférations fascisantes du ministre de l’Intérieur, ressentie par la population comme un grand mépris et une volonté délibérée d’humilier la Nation en ce qu’elle a de plus sacré.

 

La seconde raison, c’est le contexte général, marqué par une exaspération chauffée à blanc, après un quart de siècle de monopole du pouvoir par le clan présidentiel et sa clientèle politique ; monopole du pouvoir marqué par la tribalisation de l’armée, le pillage de la manne pétrolière, les violations des droits de l’homme, l’infantilisation des élites, et l’arrogante impunité des proches du régime.

 

L’annonce d’une nouvelle candidature du général Déby Itno, pour un cinquième mandat, au terme duquel il pourrait y avoir une « limitation » à deux mandats supplémentaires « seulement », a définitivement fermé l’espoir d’une alternance démocratique pacifique. D’où le bras de fer en train de s’engager avec l’opposition parlementaire, empêchée manu militari de manifester, et avec la société civile, opposées à cette prolongation de la dictature.

 

Quand le régime de Khartoum avait fermé sa frontière aux mouvements politico-militaires tchadiens, en 2010, nous avions tenté d’expliquer aux pays frères et à la Communauté internationale, que la paix au Tchad ne viendrait pas par le démantèlement de l’opposition armée et la récupération individuelle de certains de ses dirigeants, par Soudan interposé, mais par un dialogue national inclusif.

 

La lutte armée n’est pas une cause mais un symptôme parmi tant d’autres, de l’obstruction du débat politique, surtout après la révision constitutionnelle de 2005, supprimant la limitation des mandats présidentiels.

 

La grave crise sociale et politique en train de se déployer actuellement, après une série de mouvements syndicaux et de conflits intercommunautaires, est une nouvelle confirmation de notre position.

 

Cette crise déjà marquée par des violences et des pertes en vies humaines, risque de s’élargir et replonger le pays dans un nouveau cycle d’instabilité, dans le contexte régional actuel, marqué par le développement tentaculaire de la nébuleuse terroriste.

 

Les causes profondes du mal-être national tchadien doivent être courageusement et franchement affrontées, afin d’y apporter des remèdes durables, compris et acceptés par tous.

 

Au delà des turpitudes des régimes successifs, et des déficiences des oppositions, dans lesquelles nous avons individuellement et collectivement une part indéniable de responsabilité, le premier déficit concerne le débat politique.

 

Il n’est pas trop tard pour organiser un véritable dialogue national inclusif, avec la participation de tous les acteurs concernés, et naturellement, l’aide irremplaçable de l’Union africaine, de l’Union européenne et des Nations-Unies.

 

Cela permettra de définir un nouveau cadre institutionnel, un nouveau « contrat national », et une réconciliation des cœurs et des esprits ; afin de remettre le Tchad sur les rails de la construction de l’Etat national, de l’enracinement démocratique, du développement économique et du progrès social. La contribution du Tchad à la lutte régionale contre le fléau terroriste, en sera aussi plus efficace, non seulement sur le plan militaire, mais aussi sur le plan de l’éradication des germes socio-politique de ce phénomène.

 

Le pouvoir en place, mais aussi les différentes oppositions, le mouvement citoyen et l’ensemble des forces vives, de même que les partenaires du Tchad, doivent chacun, en fonction de son rôle et ses moyens, se mettre à l’écoute des pulsions fondamentales de la société tchadienne, particulièrement les cris de colère de la jeunesse, et inscrire leurs réflexions et leurs actions, dans le sens de la nouvelle dynamique dont les contours se précisent de plus en plus clairement.

 

Les fuites en avant par des simulacres d’élections, l’instrumentalisation des différences ethniques et religieuses, la récupération des opposants et les investissements de prestige ruineux et porteurs de misère sociale, ne feront qu’approfondir le fossé entre le Pouvoir et l’ensemble de la société, et démultiplier les prochaines explosions.

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 15:16

 

 

 

 

CONVOCATION DE PRESSE

 

 

Journée de réflexion organisée par Oxfam pour dénoncer la violence sur les femmes et les filles

 

 

Chaque jour il y a 200 cas de violences sexuelles et du genre en Centrafrique.  L´absence des mécanismes de protection effectifs a rendu la situation des femmes et des filles insupportable. Quelle est la réalité ? Qu´est-ce que les femmes pensent ? Quelles sont les solutions ? 

 

 

La violence sur les femmes en Centrafrique est arrivée à des niveaux agaçants : 60.000 cas de violence basée sur le genre entre janvier et octobre 2015 c'est-à-dire en dix mois, selon une étude d´un groupe d´agences dirigé par le Fond de Population de l´ONU.  Depuis 2013, les affrontements ont renvoyé au second plan les violences chroniques contre femmes et filles,  comme le mariage précoce ou l´excision. Au même moment, le conflit a suscité des nouveaux types de violences : le viol comme arme de guerre, les attaques pendant les déplacements pour s´approvisionner en eau ou en vivres, la perte de sécurité suite à la perte des logements, terres et biens, etc.

 

 

La précarité des mécanismes de protection liée à l´absence de forces de sécurité et de justice rend la situation encore plus atroce pour des milliers des femmes et filles qui ont le droit à une vie en paix et sécurité.

 

 

À l´occasion de la Journée International de la Femme, Oxfam organise une activité dédiée à l´analyse et la revendication à Bangui et à Bimbo. On parlera de la situation légale, sociale, politique et judiciaire à l´égard des violences contre les femmes. On écoutera les témoignages des femmes et les membres des comités de protection et des associations des femmes joueront des sketchs de dénonciation.

 

8 mars, 9 heures : Croix Rouge Centrafricaine, à coté de la Mosquée Central, Pk5, 3me  arrondissement

 

 

10 mars, 9 :30 heures : Guitangola Source, Commune de Bimbo 2

 

 

Pour plus d´informations et interviews : María J. Agejas, Média Officer medocf@oxfamintermon.org, 72 85 09 55

 

 

María José Agejas| Media Officer OXFAM |Quartier SICA II, Nº667, Derrière Fédération de Scoutisme | Bangui, République Centrafricaine (CAR), Phone: (+236) 72 85 09 55 email: medocf@oxfamintermon.org, webmail: www.oxfam.org

AU DELA DES PAGNES et DE LA FETE : LA PROBLEMATIQUE DES FEMMES EN CENTRAFRIQUE (OXFAM)

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 14:54
La restitution des fonds Abacha au Nigeria est sur les rails

 

 


La Suisse et le Nigeria sont en passe de régler la restitution de 321 millions de dollars détournés par l’ex-dictateur Abacha. Didier Burkhalter et le ministre nigérian de la justice Abubakar Malami San ont signé mardi à Abuja une lettre d’intention en ce sens.


A l’issue de cette signature, le chef de la diplomatie suisse a indiqué que ce document confirme le principe de la restitution des fonds avec un monitoring de la Banque mondiale. Ce suivi est une exigence légale, afin que l’argent puisse effectivement être rendu au Nigeria et utilisé, comme le prévoit l’accord, pour soutenir des programmes sociaux en faveur de la population du pays.

La signature de cette lettre d’intention constitue donc un pas important. "Cette étape a été rendue possible par la confiscation, par le procureur du canton de Genève, de cette somme initialement déposée sur des comptes au Luxembourg", précise le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) dans un communiqué.


Le chef du DFAE a rappelé que la Suisse avait été le premier pays à restituer de l’argent des fonds Abacha. Quelque 720 millions de dollars avaient déjà été rendus au Nigeria il y a dix ans.


Implication économique intensifiée

 

«La lutte contre la corruption est une des priorités de la Suisse», a déclaré M. Burkhalter. Il a également rencontré le ministre des affaires étrangères Geoffrey Onyeama et le vice-président nigérian Yemi Osimbajo. La Suisse entend par ailleurs s’impliquer davantage sur le plan économique au Nigeria, première puissance économique africaine. 


M. Burkhalter inaugurera mardi soir un consulat général à Lagos, capitale économique du pays. Ce consulat, souhaité par l’économie d’exportation, permettra d’aider les entreprises suisses désireuses de s’installer ou de se développer au Nigeria. Il s’inscrit également dans la politique nigériane d’encouragement à la création d’emplois.


Signature d'un mémorandum

 

MM. Burkhalter et Onyeama ont signé un mémorandum qui règle les relations entre les deux pays. Des discussions régulières dans les domaines politique, des droits de l’homme et de la migration se tiendront dorénavant entre les deux pays dans ce cadre.

Les deux ministres ont également évoqué la politique sécuritaire de la région. Des groupes terroristes installés dans le nord du pays ont provoqué le déplacement de quelques deux millions de personnes, et la Suisse soutient les efforts humanitaires pour venir en aide à ces personnes.



(ats / 08.03.2016 14h45) http://s.romandie.com/news/nbread.php?news=683452 

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 14:35

 

 

 

French.china.org.cn  08-03-2016

 

Le président Joseph Kabila de la République démocratique du Congo (RDC) a échangé avec le nouveau président élu centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, sur sa vision concernant la crise centrafricaine, au cours d'un entretien lundi à Kinshasa.

 

Le nouveau président centrafricain a indiqué au sortir de l'entretien être venu à Kinshasa avoir les conseils et les indications du président Joseph Kabila sur les questions auxquelles la Centrafrique est confrontée, au regard de l'expérience que ce dernier a acquise dans la gestion d'un pays post-conflit.

 

Le président Faustin-Archange Touadéra a, par ailleurs, indiqué avoir examiné avec son homologue rd-congolais les voies et moyens pouvant permettre à améliorer les conditions de vies des Centrafricains réfugiés en RDC et celles de ceux qui souhaitent regagner le bercail.

 

Le dirigeant centrafricain a promis, durant son mandat à la tête de la Centrafrique, de poursuivre et de redynamiser la coopération avec la RDC pour l'intérêt des peuples de deux pays.

 

"Nous sommes des pays voisins et frères. Nous avons pratiquement les mêmes peuples de part et d'autre de la rivière Ubangi", a-t-il dit.

 

Agé de 58 ans, Faustin-Archange Touadéra a été élu avec 62,69 % des suffrages au second tour des élections présidentielles. Il va succéder à Mme Catherine Samba-Panza, présidente de transition centrafricaine depuis le 23 janvier 2014.

 

Au terme de cette brève visite de travail de quelques heures, Faustin-Archange Touadéra a regagné Bangui, la capitale de la République centrafricaine.

 

Source: Agence de presse Xinhua

RDC : le nouveau président élu centrafricain effectue une brève visite de travail à Kinshasa

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 11:47

 

 

 

L’alignement des planètes semble plus que jamais favorable pour la Centrafrique depuis plusieurs mois. Tout semble illustrer qu’il y règne la paix, du moins relative, avec la quasi disparition des violences meurtrières. Il faut s’en réjouir. Quelles en sont les raisons ? Sont-ce -- le voyage de Pape François à Bangui vers la fin novembre 2015 qui a marqué les esprits et poussé à la réconciliation entre les chrétiens et musulmans? – la réorganisation plus efficace des Casques Bleus en Centrafrique (MINUSCA) afin de pallier les lacunes qu’on leur reprochait ? – la volte-face des milices armées (ex-Séléka et Antibalaka) qui, de guerres lasses, ont mis bas les armes ? – la lassitude des brigands, fort nombreux (coupeurs de routes et autres criminels de droits communs) ? Sans doute une conjonction de tout cela.

 

Se souvient-on ? La République Centrafricaine a eu sa période glorieuse de concorde sociale, de sérénité et du bien-vivre pendant les années 60 jusque dans les années 70. Bien des gens pouvaient manger à leur faim, les différentes composantes ethniques  pouvaient se fréquenter, partager le même espace territorial, nouer des alliances matrimoniales. Les ressortissants des pays frontaliers venant en Centrafrique étaient accueillis volontiers, Bangui étant le réceptacle d’une tradition d’accueil. Ainsi on y trouve des quartiers dits Camerounais, Bacongo, Moustafa pour les Ouest-africains ou Sara pour les ressortissants du Tchad. Le Km5 fut le quartier populaire pour les jeux d’argent, le dancing et les filles et où allait s’encanailler un grand nombre de Banguissois.

 

La RCA accueillait les réfugiés du Congo Kinshasa durant la rébellion de Pierre Mulélé dans  les années 60, puis ceux du Soudan fuyant les rebelles de John Garang au début des années 70. Elle recevait des Rwandais victimes du génocide de 1994.

 

Tourner la page

 

La population centrafricaine a fait preuve de maturité lors des dernières élections démocratiques du mois de décembre ; les gens sont allés voter massivement au péril de leur vie alors même que les menaces des milices armées grondaient. Ils ont voté pour leur nouvelle constitution puis les présidentielles et législatives groupées. Beaucoup ont souffert dans leur chair et leur âme, ceux qui ont perdu des parents ou tous leurs biens, tout au cours des trois dernières années de la crise politico-religieuse. Des communautés diversifiées qui vivaient ensemble des décennies durant se sont levées un jour pour s’entredéchirer jusqu’aux massacres. Ces abominations en RCA, pays de Boganda, qui l’eût cru ? Ce pays dont on disait dans les années 60 qu’il était la Suisse africaine, calme, sereine, un pays effacé, relatait-on.

 

La population centrafricaine profondément meurtrie ne peut souffrir une nouvelle crise ; elle veut tourner la page et s’engager résolument vers la paix. C’est en cela que le nouveau régime du président Touadéra devra changer de logiciel par rapport à ses prédécesseurs, faire preuve de tacts, de lucidité pour trouver des solutions à l’immensité des problèmes de la Centrafrique. Comme elle, d’autres pays africains ont connu des périodes sombres dans leur histoire; ils s’en sont sortis, ont élevé et bâti à la place des ruines de guerre des cités admirables et une économie prometteuse. C’était le cas dans les années 80 de l’Angola et de l’Ethiopie entre autres.

 

Préparer l’avenir

 

Maintenant qu’un nouveau président est élu démocratiquement, et qu’une assemblée nationale se met en place, il va falloir que les Centrafricains s’en tiennent résolument à la paix relative dans le pays et qu’ils surmontent le traumatisme qu’ils ont subi, tout en maintenant la cohésion entre les diverses communautés ethniques et religieuses. C’est dans ce contexte que la résilience à l’échelle de la communauté nationale prendra tout son sens. Autant la résilience peut concerner quelqu’un individuellement, elle pourra s’adresser aussi bien à toute la communauté nationale. Le travail sur le dépassement du traumatisme que chaque individu ou groupes d’individus ont subi peut s’inscrire dans une démarche collective, car chaque homme ou femme est forcément lié à son entourage, au milieu où il/elle vit.

 

La crise centrafricaine dans sa brutalité (massacres, viols, pillages) n’a épargné personne. Outre le traumatisme physique, le traumatisme psychologique reste profond. Une des clés du dépassement de cette blessure pourrait être cherchée dans la prise de conscience de l’histoire de la Centrafrique. Les différentes communautés ethniques et religieuses y ont vécu en bonne intelligence, ont partagé souvent le même espace territorial, nous l’avons dit ; par conséquent, leurs membres sont capables de trouver des solutions pour combler leurs fractures ethniques et religieuses et de continuer à vivre ensemble. Une résilience aura d’autant plus de réussite lorsqu’elle sera menée collectivement et construite autour des solutions ou méthodes ayant fait leurs preuves par le passé, ou ayant été utilisées avec succès dans d’autres régions et qu’on pourra adapter. Une des clés de réussite réside surtout dans les offres d’activités qu’on proposera aux différentes communautés et qui pourront améliorer le quotidien de leurs membres.

 

Créer des activités contribuera au renforcement des liens ; en même temps, on pourra organiser des groupes de travail ou de réflexion afin que ces membres  participent à l’élaboration des solutions. Des facteurs pouvant permettre le développement de la résilience nationale centrafricaine :

 

1-L’apport de la diaspora : chercheurs, scientifiques,  intellectuels inemployés à l’étranger pourront être mis à contribution.

 

2-L’Université de Bangui.

 

3-Des journalistes : la presse étant un vecteur de taille pour la promotion de ces initiatives.

 

4-Le soutien des mécènes.

 

Tout un pan d’activités sont sinistrées ou abandonnées durant des décennies de crises, dans l’économie, dans l’art et la culture. Il y a en RCA des artistes de grandes valeurs, et dans tous les domaines : peinture, sculpture (ébène, tek, bois rouge ou jaune), céramique. La musique moderne est quasi inconnue sur le plan international et peine à s’imposer par manque de moyens. Pourtant, dès les années 50 il y avait des musiciens talentueux comme Jean-Marc Lesoi, Jean Magalet, Dominique Eboma etc. qui jouaient des ballades en langue Sango. En peinture, quelques d’artistes  se sont imposés, notamment Hyppolite Nadonamse, Béatrice Mossongo, Nestor Penzi, Pierre Malitovo en sculpture, Dieudonné Wambeti Sana. En littérature, les nouvelles publications sont insuffisantes, mis à part les ouvrages d’anciens auteurs de renom comme Pierre Samy Macfoy, Makombo Bamboté, Etienne Goyémidé …

 

Créer des Petites et Moyennes Entreprises pour relancer l’économie du pays reste le défi à relever. La RCA est une zone peu mise en valeur en termes de Technologie de l’Information et de la Communication et demeure en marge des opportunités qu’offre cet outil pour créer des activités économiques. L’internet est incontournable pour les chefs d’entreprises des PME, les exploitants agricoles. L’économie du savoir est un secteur d’avenir et l’internet en devient  l’outil central permettant la diffusion de l’information et des connaissances auprès de la population.

Tel le phénix, oiseau d’origine éthiopienne qui a le pouvoir, d’après la légende, de se consumer sur le feu mais renaître toujours de ses cendres, la Centrafrique tombée en ruine aspire à se renouveler. Si tel est le cas, son sort dépend de la volonté ou non de ses fils ou ses filles  de bâtir les conditions pour un devenir meilleur.

 

Carlos MBETI

 

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 11:40

 

 

07/03/16 (AFP)

 

Au moins dix personnes, dont une majorité de civils, ont été tuées dans des violences qui ont opposé durant plusieurs jours des groupes armés dans la région de Bambari (est), a affirmé lundi à l'AFP une source de la gendarmerie locale.

 

Des heurts avaient éclaté le 2 mars entre des anti-balaka, milices chrétiennes et animistes, et des peuls armés soutenus par d'ex-rebelles Séléka, majoritairement musulmans, après l'assassinat de deux jeunes musulmans par des individus non identifiés, a expliqué cette source.

 

"Les musulmans se sont alors lancés dans des représailles pour venger leurs frères (...) On dénombre à présent dix personnes tuées, y compris les deux jeunes musulmans dont l'assassinat a servi de détonateur", a affirmé la même source, précisant que "la majorité" était des civils.

 

Bambari connaissait un retour au calme "précaire" lundi, a-t-elle ajouté, précisant toutefois que des "vagues successives" de déplacés continuaient d'affluer des villages voisins et de brousse "où de violents affrontements ont eu lieu" les jours précédents, pour se mettre à l'abri.

 

Ville minière de l'est de Centrafrique où est installée l'une des principales factions de l'ex-Séléka, Bambari a été le théâtre de fréquents affrontements entre groupes armés qui ont fait plusieurs centaines de morts et de blessés en 2014 et 2015, ainsi que des milliers de déplacés.

 

Toutefois, ils avaient cessé depuis plusieurs mois, à la faveur de la conclusion d'un accord de cessation des hostilités entre anti-balaka et ex-séléka sous l'égide de la force onusienne Minusca, qui a déployé quelques 10.000 casques bleus dans le pays aux côtés de la force française Sangaris.

 

Le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par la rébellion à dominante musulmane de la Séléka avait précipité la Centrafrique dans un cycle de violences intercommunautaires, culminant fin 2013 par des massacres à grande échelle et le déplacement forcé de centaines de milliers de personnes.

 

Après trois années de violences, les Centrafricains ont élu la semaine dernière un nouveau président, Faustin-Archange Touadéra, qui aura la lourde tâche de redresser ce pays à la dérive.

 

 

Centrafrique : nouveaux déplacements massifs de populations à cause des violences à Bambari

 

YAOUNDE, 08/03/16 (Xinhua) -- Le nombre de personnes déplacées à Bambari a considérablement augmenté à cause des violences meurtrières ces derniers jours aux environs de cette ville du Centre de la République centrafricaine, a-t-on appris lundi de source locale.

 

Autrefois poumon économique de ce pays pauvre et enclavé d'Afrique centrale, Bambari représente le fief du Front patriotique pour la renaissance en Centrafrique (FPRC) et de l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC), deux factions de l'ex-coalition de la Séléka, qui avait pris le pouvoir en mars 2013 à Bangui, avant d'être à son tour chassée moins d'un an plus tard.

 

Cette ville abrite aussi la base de l'un des trois états-majors dits régionaux (Bria et Kaga-Bandoro, dans le Nord, en sont les deux autres) de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), en dehors du centre de commandement de Bangui, la capitale.

 

Opérationnelle depuis septembre 2014 dans le pays en vue d'aider au retour de la paix et de la sécurité, cette mission onusienne est chargée d'assurer la protection de plusieurs milliers de personnes hébergées dans quatre sites de déplacés implantés dans cette ville et ses environs, a rapporté à Xinhua le général Joseph Zoundéko, chef d'état-major du FPRC.

 

Parmi ces sites, a expliqué l'ex-dirigeant rebelle, figurent l'ex-base de la force française Sangaris, le site alternatif de la gendarmerie centrafricaine et l'aérodrome, à 14 kilomètres du centre-ville de Bambari.

 

"Depuis jeudi, le nombre de déplacés dans ces sites a augmenté", constate le général Zoundéko, joint au téléphone lundi à Bambari.

 

C'est la conséquence de trois jours de violences commises jusqu'à dimanche par l'Union pour la paix en Centrafrique, groupe armé formé essentiellement de combattants peuls et dirigé par Ali Darass, dissident de l'ex-coalition rebelle de la Séléka et rival du FPRC de Joseph Zoundéko.

 

Ces violences menées contre les populations chrétiennes en représailles à l'assassinat d'un éleveur peul par des individus non identifiés mais soupçonnés par l'UPC d'appartenir aux milices chrétiennes anti-Balakas ont causé plus d'une dizaine de morts, d'après un bilan établi par le général Zoundéko.

 

"Pratiquement toute la population de la sortie sud de Bambari, à partir de PK10 jusqu'à peu près PK30, s'est enfuie et est allée chercher refuge dans ces sites. Le nombre est vraiment énorme. Or, depuis deux mois, la paix était revenue dans la ville et beaucoup de ceux qui avaient déserté leurs maisons avaient commencé à y retourner, déplore-t-il.

 

C'est surtout Awaké, village situé à 20 kilomètres de Bambari sur l'axe menant à Koango, qui a été la principale cible des massacres perpétrés par les hommes d'Ali Darass. "Il y a beaucoup de morts, le nombre exact n'est pas connu. Il y a aussi des dégâts matériels important, caractérisé par des destructions de maisons", a indiqué l'ex-responsable rebelle.

 

Sous le choc, la population chrétienne promet de se venger, faisant planer le risque d'une reprise des hostilités après deux d'accalmies dans cette ville, s'inquiète-t-il cependant.

 

 

En Centrafrique, des heurts meurtriers à Bambari

 

http://www.la-croix.com/  Laurent Larcher, le 08/03/2016 à 8h45

 

Une quinzaine de personnes auraient été tuées ces derniers jours dans cette ville du centre du pays.

 

Depuis mai 2014, Bambari est profondément divisée entre musulmans et chrétiens.

 

C’est une poudrière qui ne s’éteint pas, un foyer de tension et de violence qui s’embrase régulièrement. Et qui tue, aveuglément et sans distinction, des chrétiens et des musulmans pris entre deux feux.

 

Des civils fauchés dans des accrochages entre groupes armés irréductiblement ennemis, abattus dans des règlements de comptes entre alliés, victimes expiatrices organisant des expéditions punitives pour venger un mort.

 

Face à face meurtrier

 

Les raisons de perdre brutalement la vie sont nombreuses à Bambari. Cette fois, c’est l’annonce de l’enlèvement de deux musulmans, début mars, qui a mis le feu aux poudres. Des Peuls se sont vengés sur des chrétiens.

 

En réaction, des anti-balaka se sont à leur tour attaqués à des musulmans. Bilan des affrontements et des représailles, une quinzaine de morts et des centaines de personnes ayant fui en brousse ou rejoint un camp de déplacés, le temps que les esprits se calment.

 

Depuis mai 2014, Bambari est littéralement coupée entre chrétiens et musulmans. Les deux communautés se font face et se portent coup sur coup. Tombée entre les mains de la Séléka – l’ex-coalition rebelle – en décembre 2012, cette ville a été gérée par les rebelles musulmans d’une main de fer pendant plus d’un an.

 

Les responsables des communautés catholiques, protestantes et musulmanes ont eu beau s’unir dans une plateforme inter-religieuse pour éviter les divisions et travailler à la cohésion sociale, le divorce entre les communautés n’a pas été conjuré.

 

Stratégies et instabilité

 

Pour la Séléka, Bambari est d’une importance capitale : elle est le verrou qui ouvre la porte du nord-est, et elle est entourée de mines d’or aux bénéfices juteux pour ceux qui les contrôlent. Au printemps 2014, la rébellion musulmane choisit d’y établir son état-major.

 

La perspective d’être désarmée par les forces internationales et l’arrivée dans la ville de la force Sangaris jugée favorable aux groupes anti-balaka radicalisent les plus extrémistes à partir du mois de mai 2014.

 

Minée par des tensions internes, des rivalités de leadership, la Séléka à Bambari est incapable de parler d’une seule voix. Parmi ces groupes, l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC) d’Ali Daras, et les milices peules composées de chasseurs traditionnels et de déplacés.

 

Les anti-balaka ont fait leur apparition dans la région au printemps 2014. Ils sont arrivés dans le sillage de la force Sangaris. Depuis, plusieurs milices anti-balaka sèment la terreur dans la ville et dans la campagne, s’attaquant en premier lieu aux musulmans isolés.

 

Un avenir précaire

 

Le cycle de violence actuel est-il lié à l’évasion, en février, d’un leader anti-balaka particulièrement cruel, arrêté par les casques bleus de la Minusca en janvier 2016 ? C’est possible, selon les témoins.

 

En attendant, cet épisode ultra-violent montre combien la paix est fragile en Centrafrique. Pour le nouveau président Faustin-Archange Touadéra, élu le 14 février avec 62,69 % des voix, le défi sécuritaire est immense.

 

À Bambari, mais pas seulement. Malgré la visite réussie du pape François, en novembre 2015, et une élection présidentielle relativement apaisée, la Centrafrique reste encore un pays extrêmement divisé par plus de deux ans de crise ouverte.

 

À cela s’ajoutent les incursions d’autres mouvements rebelles, qui profitent du chaos centrafricain pour trouver refuge dans le pays, et poursuivre des activités criminelles.

 

Selon deux ONG américaines, Invisible Children et The Resolve LRA Crisis Initiative, la guérilla ougandaise de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) a enlevé plus de 200 personnes dans l’est de la RCA, depuis le début de l’année. Dont 54 enfants.

 

Laurent Larcher

 

 

 

 

Centrafrique : au moins dix morts dans des violences entre groupes armés dans l'est
Centrafrique : au moins dix morts dans des violences entre groupes armés dans l'est

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 11:29

 

 

NEW YORK (Nations Unies), 08/03/16 (Xinhua) -- Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon se dit profondément troublé par l'ampleur et la nature des violations subies par les enfants au cours de vagues successives de violence en République centrafricaine, dans un nouveau rapport sur la situation des enfants dans ce pays publié lundi.

 

Ce rapport décrit des violations généralisées et des actes de violence horribles commis entre janvier 2011 et décembre 2015 contre les garçons et les filles.

 

"En 2013 et 2014, au plus fort de la crise, les enfants ont été victimes de violations extrêmement graves commises dans un climat d'impunité totale, conséquences de l'effondrement et de la désintégration de la majorité des institutions de l'Etat", a déclaré la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui.

 

L'ONU a documenté le meurtre de 333 enfants et la mutilation de 589 autres dans des attaques brutales visant les communautés à des fins de représailles ou pour d'autres motifs. Au cours de vagues successives de violences intercommunautaires alimentées et manipulées par des dirigeants politiques, les enfants ont été ciblés en raison de leur appartenance religieuse. Les Nations Unies estiment que des centaines de garçons et de filles ont été tués ou blessés à la machette, par armes à feu et d'autres types d'armes, parfois de manière extrêmement brutale. Lors d'incidents particulièrement horribles documentés dans le rapport, des enfants ont été décapités.

 

S'agissement du recrutement d'enfants par des groupes armés, l'UNICEF estimait en 2014 qu'entre 6.000 et 10.000 enfants étaient associés à toutes les parties au conflit. Les Nations Unies ont documenté une nette augmentation, conduisant au recrutement et à l'utilisation d'enfants à grande échelle depuis la crise de 2013, plus particulièrement après la prise de pouvoir par les Séléka et la montée en puissance des milices d'auto-défense anti-Balaka.

 

Les enfants ont été utilisés comme combattants, esclaves sexuels, pour effectuer des pillages et dans divers rôles de soutien. Durant les pics de violence, ils ont été vus en grand nombre, associés aux groupes armés, et souvent utilisés pour ériger des barricades et garder des barrages routiers. De nombreux garçons et filles ont été systématiquement brutalisés et les Nations Unies ont documenté des cas d'enfants utilisés comme boucliers humains ou pour attirer les forces internationales dans des embuscades.

 

S'agissant des violences sexuelles, plus de 500 cas de viols et autres formes de violences sexuelles ont été documentés par l'ONU depuis 2011.

Centrafrique : la violence incessante dont les enfants sont victimes (nouveau rapport de l'ONU)

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 19:42

 

 

 

  Par Jeune Afrique

 

Lors d'un voyage aux États-Unis, Catherine Samba-Panza a vanté son bilan et s'est dit prête à servir son pays, l'Afrique et pourquoi pas le monde.

 

Standing ovation pour Catherine Samba-Panza (CSP) lors d’un débat à l’université George-Washington, le 1er mars, dans la capitale fédérale américaine. Présentée comme une « mère courage » par les animateurs, la présidente centrafricaine a vanté son bilan et a distribué quelques tacles appuyés.

 

Morceau choisi : « Contrairement à ce qui s’est passé dans certains pays voisins, moi, au moins, je n’ai pas modifié la Constitution pour aller aux urnes ! » À ses yeux, l’action de Michel Djotodia, son prédécesseur, a été « catastrophique », ce qui n’est guère contestable. Invitée par la Banque mondiale, CSP a profité de son séjour à Washington pour rencontrer Christine Lagarde, la patronne du FMI, le secrétaire d’État John Kerry, Susan Rice, la conseillère à la sécurité nationale, le parlementaire républicain Chris Smith, ainsi que les ambassadeurs du Rwanda, de l’Angola et de la RD Congo.

 

À moins d’un mois de la fin de son mandat, elle se sent « prête à servir [son] pays, l’Afrique, voire le monde ».

Lu pour vous : Centrafrique : Catherine Samba-Panza veut encore « servir »

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