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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 00:57


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Forum de Bamako: "l'Afrique peut nourrir ses propres enfants"

BAMAKO (AFP) - 16.02.2010 17:23 - « L'Afrique peut nourrir ses propres enfants", a lancé mardi le Premier ministre malien Modibo Sidibé à l'ouverture de la 10e édition du "Forum de Bamako" dont le thème central est le défi alimentaire, a constaté l'AFP.

"L'Afrique peut nourrir ses propres enfants", a lancé mardi le Premier ministre malien Modibo Sidibé à l'ouverture de la 10e édition du "Forum de Bamako" dont le thème central est le défi alimentaire, a constaté l'AFP.

Des universitaires africains, européens, américains, asiatiques ainsi que des décideurs publics et des spécialistes des questions de développement participent jusqu'à samedi à ce colloque sur le thème: "l'Afrique 50 ans après: la faim sur le continent africain".

"Il n'y a pas de fatalité, l'Afrique peut nourrir ses propres enfants (...) Le capital humain est sans contexte le plus important du développement agricole", a déclaré dans son discours d'ouverture M. Sidibé.

La représentante du Programme alimentaire mondial (PAM) au Mali, Alice Martin-Daihirou a rappelé que "90% des enfants malnutris vivent en Asie et en Afrique. (...) En 2050, il y a aura 9,1 milliards de personnes dans le monde et il va falloir augmenter de 70% la production agricole actuelle", a ajouté Mme Martin-Daihirou, au nom de l'organisme d'aide alimentaire de l'ONU.

"La révolution verte, exige une solidarité (...) Nos dirigeants, nos élites doivent réagir", a déclaré de son côté M. Abdoulah Coulibaly, vice-président du "Forum de Bamako".

© 2010 AFP

 

PROGRAMME INDICATIF DE LA 10ème EDITION DU FORUM

L'Afrique 50 ans après : le défi alimentaire, la faim sur le continent.

du 16 au 20 Février 2010

 

 

10h00-11h00  : SESSION INAUGURALE : L’Afrique  50 ans après les indépendances,  le paradoxe de la pauvreté

Président : Modibo Sidibé, Premier Ministre

Intervenants : L'Afrique 50 ans après: bilan critique des politiques de développement, situation actuelle et perspectives: Martin ZIGUELE, ancien Premier ministre de la RCA





NDLR : A signaler que l’ancien Premier Ministre centrafricain Martin Ziguélé a également pris part à ce Forum en tant qu’invité. Il a même eu l’honneur d’être le premier intervenant du Forum à prendre la parole pour présenter une communication très remarquée et appréciée par le prestigieux auditoire sur le thème : L'Afrique 50 ans après: bilan critique des politiques de développement, situation actuelle et perspectives

Ci-dessous, l’intégralité du texte de l’intervention de Martin Ziguélé 

 

 

L’AFRIQUE 50 ANS APRES LES INDEPENDANCES :

                          BILAN ET PERSPECTIVES

  

                                                                                 Martin ZIGUELE

                                                                          Ancien Premier Ministre

                                                                                 Président du MLPC

                                                                           Bamako 16 février 2010

 

 

 

Beaucoup a été dit et écrit sur les performances des politiques publiques en Afrique  ces cinquante dernières années. Cette année 2010 sera celle  des « inventaires du cinquantenaire ».  Les spécialistes en économie du développement,  les chercheurs,  les enseignants, les  animateurs des ONG, les fonctionnaires africains et étrangers des ministères et organismes en charge des questions de  développement  expliqueront  ce que vit au quotidien la majorité de nos populations. Les deux questions principales que nous devons tous nous poser sont les suivantes :

-           l’Africain d’aujourd’hui  vit-il mieux que celui d’avant l’indépendance, en termes d’alimentation, de logement, d’accès aux soins de santé, à l’eau potable, à l’énergie, à l’éducation, et aux infrastructures et équipements collectifs ?

-          Bénéficie-t-il de plus de sécurité, de justice, ainsi que de  libertés individuelles et collectives qu’en 1960 ?,

-           Nos pays pris individuellement et collectivement, répondent-ils mieux aujourd’hui qu’en 1960, aux aspirations au bien- être de nos populations dans les domaines ci-dessus cités?

Nous tenterons d’apporter notre réponse à ces questions dans une démarche en trois phases :

·         Dans la première partie de notre exposé, nous jetterons un regard critique sur les « causes du mal » à travers les trois périodes les plus marquantes de la gestion de nos pays : la période d’avant l’indépendance jusqu’à la fin des années 1970, la période des ajustements structurels et enfin la période des cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté.

·         Dans la seconde partie, nous examinerons la situation politique, économique et sociale de l’Afrique aujourd’hui,

·         Et enfin dans la troisième et dernière partie, nous partagerons notre vision et nos propositions pour le futur. 

 

Ière PARTIE : ANALYSE RETROSPRECTIVE DE LA GENESE DE LA SITUATION ACTUELLE DE L’AFRIQUE

Nous examinerons de manière la plus objective possible, les causes de nos maux actuels, en évitant autant que faire se peut toute posture polémique. Notre objectif est de tenter de mieux comprendre notre cheminement commun, afin qu’aujourd’hui et demain, nous puissions mieux agir. Nous le ferons  à travers les trois périodes historiques annoncées ci-haut:

1.1 LA PREMIRE PRIODE : DE L’INDEPENDANCE JUSQU'A LA FIN DES ANNEES 1970.  LA PERIODE DE L’EUPHORIE COLLECTIVE

A la veille de l’indépendance, le ciel de nos pays était « gros » de promesses, comme le disait Ahmadou KOUROUMA, dans son  célèbre livre « Le soleil des indépendances »: les pères de l’indépendance, en lutte contre l’ordre colonial, mobilisaient aisément de très larges couches de nos populations autour du mot d’ordre - fétiche d’ « indépendance », comparé au soleil qui apparaîtra dans la nuit coloniale. L’indépendance, pour nos populations, signifiait d’abord et avant tout l’accès le plus rapide possible à un niveau de vie comparable à celui du colon. Le rêve collectif était celui de la promesse d’un bonheur immédiat pour tous, et cela presque sans effort.

Pourtant, ni les capacités locales en matière de gouvernance autonome, ni encore moins l’état de nos économies à cette époque ne pouvaient autoriser de tels rêves, dans la plupart des territoires appelés à devenir individuellement des Etats indépendants :

·         En effet, l’élite locale à l’indépendance n’avait pas réellement expérimenté de manière « autonome » la gestion des territoires, puisque le modèle colonial français était  assimilationniste. Certes  le système colonial a permis la mise en place d’embryons d’Etats, et d’une administration généralement bien structurée, mais ses principaux animateurs étaient non autochtones, y compris dans la gestion des plus petites collectivités locales. L’élite autochtone, quoique plutôt bien formée aux subtilités du parlementarisme et de la politique françaises, n’avait pas en général une expérience directe de la gestion des territoires nationaux  appelés  à devenir des Etats indépendants.

·         L’économie des colonies était d’abord orientée vers la satisfaction des besoins de la métropole. Ainsi, aux côtés d’une agriculture de subsistance traditionnelle, était introduite une agriculture commerciale, quasi-entièrement vouée à l’exportation (coton, café, cacao, hévéa, etc.). Dans les colonies disposant de minerais et d’hydrocarbures, le tableau était plus diversifié : des unités industrielles ont été implantées pour extraire ces minerais et les exporter en l’état vers des centres de transformation situées en métropole.

·         Dans un cas comme dans l’autre, les élites précoloniales étaient habituées à voir les déficits budgétaires de leurs territoires directement et régulièrement subventionnés par le Trésor Public métropolitain.

 

Ce déficit en management des espaces territoriaux et cette extraversion de l’économie n’ont évidemment pas favorisé la structuration rapide, dès l’accession à l’indépendance, de capacités locales de management de politiques publiques favorisant un développement endogène et profitant au plus grand nombre.

Il me semble qu’il s’agit là, du malentendu initial entre les populations africaines et les élites à l’indépendance : comment pouvaient-elles réaliser très rapidement le rêve du mieux-être pour tous et très rapidement, alors même que les moyens financiers et infrastructurels nécessaires faisaient défaut ? Etait-il responsable de faire l’impasse sur  les efforts importants et continus à consentir  pour briser les différentes entraves au développement ? 

La conséquence de ce double handicap initial a été la prise en mains de nos politiques de développement, dès après les indépendances, par divers intervenants extérieurs. L’objectif global était d’aller au développement à marches forcées, et de rattraper le fossé existant entre nous et les pays développés par une espèce de « grand bond en avant » africain. Le « développement » se résumait à « l’industrialisation » à laquelle étaient assignés les objectifs suivants : satisfaction des besoins essentiels des populations, mise en valeur des ressources naturelles locales ; création d'emplois, formation d'une base de développement des autres secteurs économiques, création d'un cadre d'assimilation et de promotion de progrès technologique et  modernisation de la société.

Pour atteindre ces objectifs dans l’urgence, des structures de planification du développement et d’encadrement des économies nationales ont été mises en place, comme les Commissariats au Plan sur le modèle gaullien d’après-guerre et des Ministères du Plan. Cette marche normée vers le développement était sous-tendue, dès le début des indépendances, par deux visions du monde diamétralement opposées: la démarche libérale et la démarche socialiste.

·         La démarche libérale

Beaucoup de pays africains ont conservé la vision libérale de l’économie, en cours avant l’indépendance. Leurs plans directifs de développement étaient centrés sur les grands paramètres de l'économie classique ou néoclassique : croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) par le développement des cultures d’exportation et des matières premières minérales et minières, expansion de l'investissement et mobilisation de l'épargne locale et étrangère à cette fin, mise en place d'infrastructures économiques et sociales , développement des services sociaux, recours massif à l’aide étrangère et à l’endettement, et adoption des mesures d'incitation pour attirer les investissements privés étrangers. Ces plans qui avalisaient, au moins implicitement, les politiques et stratégies héritées du colonialisme et avaient pour principale conséquence une aggravation de la dépendance économique à l'égard de l'étranger.

De plus, les pays libéraux conservèrent leurs liens avec la France dans le cadre d'une zone monétaire commune en se dotant, par des accords signés avec la France, d'une monnaie commune garantie par le Trésor français. Ce choix politique « souverain » qui continue de susciter des débats passionnés, souligne si besoin en était cette volonté ou cette crainte, c’est selon, d’avoir à gérer seul une politique monétaire autonome comme complément naturel d’une politique économique endogène.

·         La démarche socialiste

Un certain nombre de pays africains ont souhaité prendre le contre-pied du libéralisme économique. Ils se sont lancés, immédiatement ou peu après l'indépendance, dans des politiques et des programmes censés décoloniser l'économie, avec l’objectif de relever le niveau de vie de leur population par une transformation radicale de structure même de leur société et de leur économie. Cette politique « socialiste » s’est principalement caractérisée par l’étatisation de leur économie, par une volonté de transformation locale de leurs produits et de création d’un tissu industriel pour substituer des produits finis locaux aux importations.
Les gouvernements de ces pays se disaient soucieux de créer des capacités de contrôle des richesses nationales, pour jeter plus tard les bases de satisfaction des besoins de la population, dans un rêve global de socialisme. Il fallait donc contrôler, à tout prix, la plus-value tirée de l’économie nationale.


Les différentes variantes« africaines»  du socialisme se proposaient naturellement de multiples objectifs : la décolonisation économique, l'intervention soutenue de l'État dans le développement et son contrôle sur l'économie, l'égalisation des chances sur le plan économique et social, la limitation du rôle du secteur privé, ainsi que des investissements et la propriété privée.  Sur ce dernier point, toutefois, l'attitude de certains gouvernements fut quelque peu ambivalente. Beaucoup ne souhaitaient pas abolir la propriété et l'investissement privés, mais cherchaient plutôt à les contrôler et à les faire contribuer, par une concertation avec le secteur public, à la réalisation de leurs objectifs économiques et sociaux.
Dans leur majorité, ces pays  ont créé leurs propres institutions monétaires, pour maîtriser leur politique économique et monétaire.

·         Quid de la gouvernance politique pendant cette période de grandes transformations ?

Ces deux types de politiques économiques libérale et socialiste se sont déployés dans un environnement politique quasi-similaire. En effet, dès après l’indépendance, les nouveaux chefs d’Etat ont tous, l’un après l’autre, déstructuré la gouvernance politique de leur pays, passant de la démocratie ouverte prévalant avant l’indépendance à des pouvoirs personnels sous des habillages institutionnels consacrant la  primauté et l’infaillibilité du chef. Ce fut la floraison des partis uniques à la soviétique. Ce choix partagé a construit progressivement un monolithisme politique qui ne pouvait se dénouer que par des coups d’Etat militaires.

Dans un cadre politique devenu instable du fait des changements violents à la tête de nos Etats, ce sont développés des phénomènes de mal gouvernance globale qui ont abouti à un blocage général. Les différents pouvoirs ne  tiraient plus leur légitimité de la volonté populaire. La violence politique, accompagnée d’une déresponsabilisation des contre-pouvoirs et d’un affaiblissement de l’expression et de la représentativité populaires, était de venue la règle.  

Les résultats de ces politiques ne se sont pas fait attendre :


A-   
SUR LE PLAN ECONOMIQUE:

·         Les structures de l’économie agricole, qui font vivre la majorité de nos populations, ont continué à conserver et même à renforcer leurs caractéristiques coloniales. La production pour l'exportation, principale source de devises et de recettes publiques, ne représente pas moins de 80% des rentrées de devises et des recettes publiques dans les pays qui n'exportent ni pétrole ni minerais. En revanche, les producteurs de cultures vivrières étaient progressivement obligés de  se passer de fournitures agricoles et de tout appui technique. La quasi-totalité de la production du secteur moderne qui était commercialisée par l'intermédiaire des offices de commercialisation ou des caisses de stabilisation, jouissant d'un monopole d'achat et d'exportation et fixaient à chaque saison les prix payés aux producteurs, était en situation difficile.



·         Les ressources extrêmement limitées disponibles pour les investissements agricoles ont été invariablement dépensées de façon mal avisée. Trop souvent, on s'en est remis à des investissements massifs en biens d'équipement et à une mécanisation à grande échelle génératrice de surcapitalisation. Alors que 80 à 90 % des producteurs agricoles sont de petits paysans - dont une majorité de femmes, surtout dans le secteur alimentaire- les fournitures agricoles, les services de vulgarisation et le réseau routier et les autres infrastructures étaient insuffisants. L’absence de structures rationnelles et efficaces pour le stockage et la préservation des céréales, l'acheminement aléatoire des produits alimentaires des campagnes vers les centres urbains ou entre différentes régions rurales ont causé la perte de 20 à 45 % de la production alimentaire ne pouvant avoir accès aux marchés. Enfin, la politique consistant à maintenir de faibles prix à la production, ce qui réduit les revenus des paysans, a des effets négatifs sur la productivité agricole.

 

·         Sur le plan industriel, nous avons dit plus haut que  les jeunes états africains avaient considéré l'industrialisation comme un instrument essentiel de la décolonisation économique et de la sortie « accélérée »  du sous-développement. Aucun des objectifs n'a malheureusement été atteint au cours de cette période. Au contraire, du fait de la nature disparate des industries manufacturières africaines, de leur insatiable besoin de subventions de toutes sortes, de la très forte dépendance de beaucoup d'entre elles à l'égard de l'étranger pour l'acquisition des facteurs de production et de leur impuissance générale à atténuer le chômage ou à donner une impulsion dynamique à l'économie africaine, le secteur industriel est entré en crise, et a stagné. Par ailleurs, les moyens de production et les matières premières étant en quasi-totalité importés, l'industrialisation de l'Afrique ouvrit la voie à une nouvelle forme de dépendance : au lieu de générer des économies, voire des profits, dans les échanges extérieurs, l'industrie devint la principale source de pertes en ce domaine. Certes, la croissance du secteur manufacturier a été soutenue dans les années 60 et s'est poursuivie à un rythme légèrement supérieur à celui du PIB dans les années 70, mais l'industrie reste aujourd'hui encore une enclave, à la fois étrangère et urbaine dans l'immensité des campagnes économiquement attardées. C'est sans doute cet échec de la stratégie d'industrialisation qui, venant s'ajouter à des années d'abandon de l'agriculture, est responsable de l'aggravation de la dépendance économique de l'Afrique.

 

·         En résumé entre 1960-1970, en dépit de toutes les stratégies de décolonisation économique poursuivies par les gouvernements africains, aux niveaux macro-économique et sectoriel, l'économie africaine conserve les structures héritées du colonialisme et les conditions d'existence de la population du continent ne se sont pratiquement pas améliorées. Ces stratégies n'ont pas réussi à provoquer la transformation socio-économique espérée ; elles n'ont apporté au mieux que des changements structurels marginaux.



Certes, entre 1960 et 1980, le PIB global des pays africains a « grosso modo » triplé pour atteindre quelque 86 milliards de dollars des Etats-Unis (en prix constants de 1980), ce qui représente une croissance annuelle moyenne de 5,6 % .Leur revenu par habitant est passé d'une moyenne de 133 dollars en 1960 à 243 dollars en 1980 (ou 740 dollars en prix de 1983). Cependant, cette progression spectaculaire ne doit pourtant pas faire illusion car le revenu par habitant de l'Afrique ne représentait en 1980 que 7,6 % de celui de l'ensemble des pays industrialisés, qui s'élevait à 9 684 dollars, ce qui met bien en lumière l'ampleur du sous-développement africain.


B-   
SUR LE PLAN SOCIAL :


·        
Les Etats africains ont beaucoup investi dans le système éducatif au lendemain des indépendances, parce que les besoins de main-d’œuvre étaient importants. Des progrès importants ont été accomplis pour développer l’éducation de base, de même que les formations professionnelles et l’enseignement supérieur. Cependant très rapidement des problèmes structurels apparurent : inadéquation des formations offertes aux besoins réels de développement des pays, apparition des cadres bien formés mais chômeurs puisque l’offre n’a pas suivi l’explosion de cette demande, fuite des cerveaux vers les pays les plus prometteurs ou hors d’Afrique, etc. Beaucoup de spécialistes africains, et étrangers, se sont penchés sur la question et les médications proposées sont nombreuses, mais globalement le schéma scolaire n’a pas substantiellement évolué.

·         Dans le domaine de la santé également, des efforts importants ont été accomplis. Cependant malgré le mot d’ordre « Santé pour tous en l’an 2000 », l’état du dispositif sanitaire aussi bien dans les grandes agglomérations que dans les campagnes s’est régulièrement dégradé. La croissance de la population a été certes très forte, mais le rythme de création des infrastructures sanitaire s’est grandement ralenti, au fur et à mesure que les Etats connaissaient des problèmes budgétaires.


C-    
LES INSUFFISANCES DE L INTEGRATION DE NOS ECONOMIES

·         Les Etats africains ont tous choisi d’aller séparément à l’indépendance, alors qu’il était plus qu’évident qu’ils ne pouvaient, pris individuellement, assurer leur  développement. A défaut donc de  se fédérer ou s’unir politiquement, ils ont mis en place des unions économiques sous-régionales avec pour objectif principal un développement partagé. Cependant, jusqu’à la fin des années 1970, la coopération économique entre pays africains a pâti du fait que nombre d'entre eux se montrèrent exagérément sourcilleux sur le chapitre de la souveraineté nationale et que nombre de dirigeants hésitèrent trop souvent à sacrifier la moindre parcelle de leur souveraineté. La conséquence  fut la multiplication d’initiatives locales dans des secteurs cruciaux de la politique économique.

Cette faiblesse a rendu difficile le financement de la croissance ultérieure et du remboursement des intérêts de la dette. A cela , il faut ajouter les gaspillages dans le choix des investissements (les fameux éléphants blancs), les charges de fonctionnements  dispendieux d’administrations  surdimensionnées et de gouvernements pléthoriques , les coûts des conflits tribaux et inter-états jaloux de leur récente souveraineté , l’instabilité créée par les coups d’Etat militaires à répétition : tous ces facteurs ont été autant d’ handicaps pour la mobilisation des capitaux nationaux et étrangers,  pour financer le développement. L’effet ciseau entre les besoins de mieux être et les moyens publics date de là. (A suivre)

 

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 00:45


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16 février 2010 par Survie

« La Françafrique, c’est comme un iceberg. Vous avez la face du dessus, la partie émergée de l’iceberg : la France meilleure amie de l’Afrique, patrie des droits de l’homme, etc. Et puis ensuite, vous avez 90% de la relation qui est immergée : l’ensemble des mécanismes de maintien de la domination française en Afrique avec des alliés africains... »

François-Xavier Verschave

Avertissement préalable : De la désinformation...

La politique africaine de la France relève du domaine réservé du chef de l’État. Elle échappe donc dans une très large mesure à tout contrôle démocratique, que celui-ci émane du parlement, de la presse, voire même de la Justice (voir argumentaire n°10). Le résultat, c’est que la réalité de la Françafrique, c’est à dire des liens politiques, économiques et militaires entre la France et ses anciennes colonies africaines (mais malheureusement pas seulement), paraît tout à fait incroyable tant elle est en décalage, et même en opposition totale, avec l’image que les médias donnent généralement de l’action généreuse de la France sur le continent africain.

Pourtant, les investigations aussi importantes que minutieuses menées durant plus de dix ans par François-Xavier Verschave, puis par ses continuateurs, ont permis de dresser un début de cartographie de cet univers occulte où se mêlent quête du pouvoir, prédation économique et trafics en tout genre, et leur corolaires que sont la violence et la misère qui frappent les populations africaines. Ces travaux, compilés en différents ouvrages cumulant plusieurs milliers de pages, ont subi par deux fois l’épreuve d’une justice française pourtant peu encline à faire la lumière sur ces affaires qui impliquent les plus hauts personnages des États (Français et Africains). Malgré tout, face au foisonnement de documents versés et au nombre de témoignages recueillis, la justice n’a pu que reconnaître, pour reprendre les termes du jugement, « l’importance des sujets évoqués, mais aussi le sérieux des investigations effectuées ». Celle-ci a donc admis que « malgré la vigueur des attaques, il n’apparaît pas que la démarche de François-Xavier Verschave soit critiquable. » Pourtant, en dépit de cette caution judiciaire, ces travaux sont restés très largement dans l’ombre, superbement ignorés par les médias, à quelques rares et marginales exceptions près...

Aux origines de la Françafrique : une décolonisation de façade

Pour comprendre le système de la Françafrique, il faut remonter à ses origines. A son retour au pouvoir en 1958, De Gaulle se voit contraint par le mouvement de l’histoire et les pressions internationales à accorder officiellement leur indépendance aux anciennes colonies subsahariennes de la France. Mais dans le même temps, il charge son fidèle homme de l’ombre Jacques Foccart de faire l’inverse, c’est-à-dire de maintenir la dépendance de fait. C’est le point de départ de la Françafrique : d’un coté une légalité internationale proclamée haut et fort, les indépendances, mais de l’autre la mise en place de mécanismes perpétuant la dépendance, et donc forcément illégaux puisqu’en contradiction avec l’indépendance reconnue en droit.

Ce choix s’explique essentiellement par quatre raisons :

le maintien du « rang » international de la France avec un poids décisionnel important à l’ONU, ce qui ne peut être garanti que par des États clients, alliés indéfectibles de la France qui s’alignent automatiquement sur ses positions ;

l’accès garanti aux matières premières stratégiques et/ou très rentables (pétrole, uranium, bois etc.) ;

le financement occulte mais à grande échelle de la vie politique française (d’abord du parti gaulliste, puis de tous les grands partis français), à travers les détournements de l’aide et des rentes des matières premières ;

le rôle de la France comme « sous-traitante » des États-Unis pour contenir l’expansion communiste sur le continent africain dans un contexte de guerre froide.

Les mécanismes systémiques de la domination néo-coloniale

Pour remplir ces différents objectifs, la domination néo-coloniale de la France s’appuie sur un véritable système intégré sur tous les plans : politique, militaire et policier, et bien sûr économique.

Soumission politique contre enrichissement personnel

Comment ce système occulte de domination s’est-il mis en place ? D’abord par l’installation quasi-systématique de chefs d’États « amis de la France », que l’on pourrait qualifier, pour reprendre les termes de François-Xavier Verschave, de « gouverneurs à la peau noire », ce qui permet de donner une illusion d’indépendance. L’exemple le plus flagrant est sans doute celui du gabonais Omar Bongo, pilier historique de la Françafrique, qui a reconnu être issu des services secrets français.

Différentes méthodes sont utilisées pour arriver à ces fins. D’abord, la violence extrême, comme ce fut le cas au Cameroun où le populaire mouvement indépendantiste de l’UPC, mené par Ruben Um Nyobé, a été littéralement écrasé dans un bain de sang par la France et ses alliés locaux, provoquant entre 1957 et 1970 entre cent et quatre cent mille morts, selon les estimations. Dans d’autres cas, quand la population était parvenue à se doter de leaders éclairés et élus, on a procédé par l’assassinat pur et simple des dirigeants. Ce fut notamment le cas au Togo où Sylvanus Olympio fut froidement assassiné par un quarteron d’officiers franco-togolais fraîchement débarqué des guerres coloniales indochinoises et algériennes, parmi lesquels se trouvait Etienne Eyadéma. Celui-ci prendra par la suite la tête du pays, instaurant une dictature militaire impitoyable durant près de quarante ans, avant d’être remplacé à sa mort par son fils Faure Gnassingbé. On peut également signaler la mort pour le moins suspecte du prometteur dirigeant Centrafricain Boganda et enfin, quelques années plus tard, le cas de Thomas Sankara, leader charismatique du Burkina-Faso qui fut renversé et assassiné par l’actuel chef d’État burkinabé Blaise Compaoré, avec le soutien de la France (et l’appui de l’indéfectible Félix Houphouët-Boigny).

Dernière méthode, la fraude électorale massive qui a permis d’écarter systématiquement tout candidat issu des aspirations des peuples concernés, pour installer des dirigeants dévoués à la cause française. A l’exception de la Guinée de Sékou Touré, coupable d’avoir osé dire « non » à De Gaulle en 1958, et épisodiquement, de quelques pays trop pauvres en ressources pour exciter les appétits français comme le Mali, ou le Niger (jusqu’à la découverte de l’ampleur de ses réserves d’uranium), aucune ancienne colonie africaine de la France n’a échappé à ces coups d’États électoraux soutenus, voire fomentés par la France.

Avant d’examiner les mécanismes de prédation économique qui justifient cette ingérence politique, une question s’impose : comment ces « gouverneurs noirs » ont-ils pu accepter un tel marché, hypothéquant pour des décennies le développement de leur pays et le bien-être de leurs populations ? La réponse est pourtant simple, c’est l’appât du gain. Les termes du marché implicite passé par la France avec ces potentats locaux consistait tout simplement à dire « laissez-nous décider de la conduite des affaires du pays, et en échange de votre silence et de votre soutien, servez-vous à volonté dans les caisses de l’État ». Et les intéressés (au premier rang desquels les Eyadéma, Mobutu, Moussa Traoré, etc.) ne se sont pas fait prier, constituant parfois des fortunes considérables égalant la dette extérieure de leurs pays ! On notera au passage que ce marché digne de Faust a eu des conséquence terribles sur l’ensemble des sociétés concernées, cette logique de corruption à outrance ayant nécessairement perfusé par capillarité descendante à tous les niveaux de l’administration, et de la sphère économique dans son ensemble...

La domination militaire et l’appui aux États policiers

Sur le plan militaire, la domination est également flagrante. Elle passe bien sûr par la présence de bases militaires sur le continent africain, aujourd’hui au nombre de trois (Sénégal, Gabon et Djibouti) depuis la fermeture de la base de Centrafrique, et la transformation de celle de Côte d’Ivoire en statut d’opération extérieure, auxquelles il faut ajouter la présence militaire au Tchad, sous statut d’opération extérieure provisoire depuis... 1986. Si le nombre de soldats français présents de manière permanente sur le sol africain a fortement diminué depuis les années 1960, il faut noter que cette réduction s’est accompagnée d’un accroissement constant des moyens de projection depuis la métropole, et qu’il reste tout de même à l’heure actuelle environ 6000 soldats français prépositionnés dans les bases permanentes auxquels il faut ajouter de 3000 à 5000 soldats présents dans le cadre d’opérations extérieures ainsi qu’une présence maritime permanente dans le Golfe de Guinée (affectée à la surveillance des champs pétrolifères).

Les accords de défense constituent l’autre instrument de la domination militaire. Ces accords de défense, garantissant le soutien français en cas de menace extérieure et intérieure, lient officiellement huit pays africains à la France, mais ils s’accompagnent de toute une série d’accords plus ou moins secrets d’assistance technique et de coopération militaire. Le corollaire de cette coopération est bien sûr la vente d’armes pour laquelle la France se classe encore au 3e ou au 4e rang mondial selon les années.

A tout cela s’ajoute la domination militaro-policière qui s’exerce à travers toute une série d’officines publiques et privées, l’envoi de mercenaires parfois mandatés et équipés par la France, et la fourniture d’agents et de matériel de sécurité visant à former et à équiper des polices politiques comptant parmi les plus violentes du monde et qui s’illustrent régulièrement dans la répression sanglante de toute velléité d’opposition. Ces pratiques remontent aux origines de la Françafrique, avec par exemple le recyclage des anciens de l’OAS au service de ces polices politiques africaines, qui sont à leur tour passées maître dans l’usage de la torture. Dernier exemple en date, la fourniture par un groupe français de 500 000 euros d’équipement pour les forces de sécurité togolaise à l’approche des présidentielles de 2010 dans le cadre d’un «  projet d’appui à la sécurisation des élections ». Les manifestants qui ne manqueront pas de descendre dans la rue pour protester contre la nouvelle mascarade qui s’annonce apprécieront !

La prédation économique et le pillage des ressources

L’exploitation des richesses du continent africain était dès l’origine au cœur du projet colonial. Lorsque celui-ci prend fin, l’accès à certaines ressources stratégiques reste une préoccupation majeure pour le général De Gaulle qui affirme dès 1961 : « Notre ligne de conduite, c’est celle qui sauvegarde nos intérêts et qui tient compte des réalités. Quels sont nos intérêts ? Nos intérêts, c’est la libre exploitation du pétrole et du gaz que nous avons découvert ou que nous découvririons. » Pour remplir cet objectif, le général crée Elf Aquitaine, avec à sa tête un de ses proche issu des services secrets : Pierre Guillaumat. C’est le début de la mise en place du système Elf, qui vise à assurer la mainmise française sur le pétrole et le gaz africain. Cette entreprise ne sera jamais une simple compagnie pétrolière, comme le montre notamment le nombre d’agents secrets qu’elle emploie (jusqu’à 400 !), et comme le démontrera partiellement l’affaire Elf, lorsque celle-ci éclate à la fin des années 90, éclaboussant au passage les plus hauts personnages de la République dont l’ancien ministre et président du Conseil Constitutionnel Roland Dumas, et même le Président de l’époque, François Mitterrand. Pour prendre la mesure de l’ampleur du système Elf, le mieux est encore de citer son ancien dirigeant Loïk Le Floch-Prigent : « il ne se passe rien dans les pays pétroliers, en particulier en Afrique, dont l’origine ne soit pas Elf » [1]. Le groupe était en effet au cœur d’un système de corruption à grande échelle, mêlant entre autres ventes d’armes et financement des partis politiques français, tout cela grâce aux immenses rentes pétrolières détournées des pays producteurs avec la complicité grassement rémunérée de leurs dirigeants.

Mais si l’action d’Elf est unique par son ampleur, et sa proximité avec les cercles du pouvoir politique et économique en France et en Afrique, ce groupe n’a pas été le seul acteur du pillage des ressources africaines. On peut ainsi mentionner les entreprises métropolitaines que la décolonisation a laissées en position dominante voire monopolistique dans certains pays africains : Compagnie Française de Développement des Textiles (CFDT) sur le coton, Rougier sur le bois, CFAO sur le commerce et la distribution, plantations coloniales de bananes, de café, de cacao etc. A ses géants hérités de la colonisation, s’ajoutent des groupes privés qui s’appuient sur l’Afrique pour se développer de manière extraordinairement rapide comme Bouygues, ou encore Bolloré, dont la boulimie et la diversification accélérée des activités sur le continent (transports, médias, commerce, plantations etc.) laissent penser qu’elle tend à remplacer Elf par son influence sur les affaires franco-africaines. Parmi les piliers de la prédation économique des ressources africaines, on peut encore citer Areva qui exploite d’immenses mines d’uranium dans des conditions écologiques et sanitaires déplorables et qui soutient par la même occasion les dirigeants en place comme le Président Tandja au Niger, auteur d’un récent putsch constitutionnel pour se maintenir au pouvoir au-delà de la limite légale de ses deux mandats. On peut enfin citer Total, qui a absorbé la trop sulfureuse enseigne Elf, ou encore BNP Paribas très implantée dans le secteur stratégique de la banque en Afrique.

Outre l’action des entreprises, qui bénéficie le plus souvent d’un soutien plus qu’appuyé de la part du pouvoir politique français, l’exploitation économique de l’Afrique est facilitée par des éléments systémiques que sont les accords de coopération économique qui assurent à la France un quasi-monopole d’accès à certaines ressources stratégiques ou particulièrement rentables, et surtout le Franc CFA, véritable camisole contraignant les anciennes colonies africaines à commercer en priorité et dans des conditions préférentielles avec la France, et qui fut également un outil de détournements et de blanchiment massifs. Enfin, les pays africains sont également prisonniers du carcan d’une dette exponentielle, contractée par des dictateurs irresponsables avec l’encouragement bienveillant de Paris, et qui entrave aujourd’hui inexorablement le décollage économique de ces pays.

Des tentatives avortées d’affranchissement du système

On comprend donc bien, à travers ces trois piliers, comment la France a rendu impossible le développement et la démocratisation de ses anciennes colonies africaines. Ces États néo-coloniaux n’ont en effet aucun intérêt au développement économique qui, en faisant émerger une classe moyenne, pourrait susciter une contestation du système, et des velléités mal venues de démocratisation. Cependant, la fin de la guerre froide a entraîné malgré tout un vent de démocratisation qui a atteint le continent africain. Mais le système françafricain est parvenu à le contenir par deux moyens redoutables. D’abord, l’instrumentalisation, voire l’invention pure et simple de clivages ethniques permettant de reporter la rancœur populaire envers les dirigeants sur une partie de la population désignée comme l’ennemi intérieur. Cette stratégie du bouc émissaire, ou du « diviser pour mieux régner », vieille comme le monde, a été d’une efficacité redoutable, au point qu’elle a parfois échappé à ses promoteurs et dérivé en guerres civiles, le paroxysme de l’horreur étant atteint avec le génocide des Tutsi au Rwanda en1994. Mais cette stratégie n’a pas été abandonnée, comme on a pu le voir plus récemment avec la Côte d’Ivoire.

Deuxième moyen tout aussi efficace, quoique globalement moins meurtrier et plus présentable aux yeux de la communauté internationale : la démocratisation de façade. Organisée autour d’un multipartisme créé de toute pièce, sur le modèle du fameux multi-mobutisme, où la plupart des partis « d’opposition » sont en fait des alliés du pouvoir, cette démocratisation décrétée dans son fameux discours de La Baule par le président Mitterrand en 1990, consiste à organiser des élections « libres » dont la régularité est garantie par des observateurs français, ou de l’Organisation Internationale de la Francophonie par exemple.

En fait, on utilise la prétendue aide à l’organisation d’élections démocratiques pour mieux contrôler celles-ci et mettre en place un système de fraude souvent grossier mais infaillible. Et c’est ainsi que, depuis 1991, les dirigeants illégitimes du Togo, du Cameroun, du Congo-Brazzaville, du Gabon ou encore de Djibouti se maintiennent indéfiniment au pouvoir par les urnes, avec l’aval de la France, parfois même suivie par une communauté internationale complice ou frappée de cécité face à l’ampleur des fraudes.

De la Françafrique à la Mafiafrique

Le réseau Foccart et ses héritiers

La Françafrique est à l’origine une histoire de famille, ou en tout cas de réseaux, entre la France et ses anciennes colonies africaines. Son principal instigateur, Jacques Foccart, était ainsi au cœur d’un immense réseau d’influences multiples mêlant les milieux politiques, économiques, mais aussi les milieux militaires, du renseignement et du mercenariat, et enfin des milieux maçonniques (à travers la Grande Loge Nationale Français en particulier) voire sectaires (Rose-Croix etc.). Dès les années 70, Charles Pasqua récupère une partie de ces fameux réseaux Foccart, et les branche sur ses propres réseaux politico-mafieux (en particulier corses). Le tout est mis au service de Chirac, qui récupérera la partie foccartienne à son arrivée à Matignon en 1986. Dans le même temps, Mitterrand crée ses propres réseaux par l’intermédiaire de son fils Jean-Christophe, et de son conseiller Afrique, Guy Penne. A partir de là, les socialistes ne seront plus en reste et rattraperont vite leur retard sur les héritiers du gaullisme auxquels bien des liens de complicité les uniront.

Mondialisation et Mafiafrique

Ces réseaux historiques de la Françafrique sont essentiellement basés sur la toute-puissance de la République officielle, et surtout souterraine. Or le phénomène de mondialisation qui s’accélère à la fin des années 90 provoque une libéralisation économique effrénée doublée d’un affaiblissement du pouvoir des États-nations. Dans ce contexte, la Françafrique est contrainte de muter pour se maintenir. La mainmise néo-coloniale de la France sur son pré-carré est menacée ? Qu’à cela ne tienne, la Françafrique historiquement anti-communiste, mais qui affiche également un anti-américanisme de façade, va s’allier aux puissances économiques étrangères, en particulier américaine et russe mais aussi britannique, sud-africaine ou encore israëlienne, pour conserver à tout prix son influence sur le continent. Dans le même temps, elle sort de son pré-carré et tente d’étendre son influence sur des pays non issus de l’empire colonial français comme le Rwanda, ou encore l’Angola.

Ce dernier pays est l’exemple parfait de la mutation de la Françafrique en Mafiafrique. Déchiré par une guerre civile meurtrière depuis son indépendance en 1975, l’Angola dispose d’immenses réserves pétrolières. Outre le fait qu’on sait désormais de manière certaine que la France et Elf ont longtemps armé les deux camps, afin d’exploiter tranquillement ces ressources, l’affaire de l’Angolagate permet de mettre en lumière cette interpénétration des réseaux internationaux de ventes de pétrole et d’armes (les deux activités les plus soumises à la corruption, et qui nécessitent donc en fait les même « compétences » en termes de finance parallèle et de blanchiment d’argent). En effet, les deux principaux protagonistes de cette affaire sont d’un coté le multimilliardaire russo-franco-israëlien Arcadi Gaydamak, protégé à la fois par les services secrets russes, israëliens et français, et branché sur la mafia russe, et de l’autre l’homme d’affaire Pierre Falcone, lui-même protégé par les services français et la CIA américaine. Drôle d’alliance a priori mais visiblement pas choquante lorsqu’il s’agit d’affaires aussi juteuses et qui nécessitent des protections en aussi haut lieu, comme l’ont récemment montré les déclarations menaçantes de Charles Pasqua à l’encontre de MM. Chirac et De Villepin, à l’issue de sa condamnation à de la prison ferme dans cette affaire.

Des paradis fiscaux et judiciaires

De telles pratiques sont rendues possible par l’existence de paradis fiscaux et judiciaires, qui jouent un rôle central dans les malversations françafricaines en général, et dans ce type d’affaires mafiafricaines en particulier. En effet, on estime à l’heure actuelle que les plus grandes banques françaises auraient la moitié de leurs comptes extérieurs dans des paradis fiscaux, et que la moitié des transactions financières mondiales passeraient par ces trous noirs de la finance.

Les principales caractéristiques de ces paradis fiscaux et judiciaires sont une fiscalité très faible, voire inexistante, mais aussi un secret bancaire et une immunité judiciaire quasi absolus, permettant aux grands corrupteurs, trafiquants d’armes et autres mafieux françafricains d’échapper aux poursuites judiciaires, même à l’échelle internationale, et de poursuivre en toute impunité leurs activités criminelles.

Au-delà des affaires et des trafics françafricains, ces paradis fiscaux posent un problème majeur vis-à-vis de notre modèle de développement, et de ce qu’on peut appeler l’élaboration des biens publics mondiaux (santé, éducation, protection sociale, mais aussi environnement etc.). En effet, ce modèle de développement, que nous avons suivi avec plus ou moins de succès jusqu’à sa remise en cause par les tenants de l’idéologie néolibérale, est essentiellement basé sur les prélèvements obligatoires, à savoir les impôts.

Or dans un contexte de mondialisation accrue, les paradis fiscaux menacent ce principe même de prélèvement obligatoire en offrant une échappatoire totale aux plus informés, qui sont également les plus fortunés. Comme le disait François-Xavier Verschave, « si aujourd’hui tout les particuliers fortunés reçoivent quotidiennement des mails ou des fax leur expliquant comment ne pas payer d’impôts ; si les plus grandes entreprises se voient également expliquer tout les jours comment ne pas payer l’impôt, il n’y aura plus que les pauvres et les imbéciles pour payer leurs impôts, ce qui ne fera pas lourd. Les paradis fiscaux servent à détruire le fisc, à avoir un taux d’impôt zéro. S’il y a un taux d’impôt égal à zéro, adieu éducation, santé etc. » [2]. En bref, les paradis fiscaux sont non seulement un instrument vital pour les activités illégales de la Françafrique, mais ils sont plus largement une menace grave pour notre modèle de développement, et de manière plus certaine encore pour les perspectives de développement des pays africains.

La Françafrique, 50 ans... et toutes ses dents !

Les mutations de la Françafrique évoquées plus haut ont donné l’occasion à certains, au premier rang desquels les piliers de la Françafrique eux-mêmes, d’annoncer régulièrement et de façon péremptoire la fin, ou la mort de la Françafrique. Ne nous y trompons pas, si la Mafiafrique est devenue une réalité, les principales caractéristiques de la Françafrique traditionnelle que sont la soumission politique à travers la corruption des dirigeants, la domination militaire à travers la présence officielle et officieuse de forces armées sur le terrain, et surtout la prédation économique à travers l’action des grands groupes français, sont plus que jamais d’actualité. Certes, les parrains historiques des réseaux ont peu à peu disparu de la scène françafricaine, avec la mort de Foccart en 1997 et la relative mise à l’écart des réseaux Chirac éclaboussés par un certain nombre d’affaires politico-financières depuis l’entrée en fonction de Nicolas Sarkozy.

Mais les logiques classiques sont toujours à l’œuvre, comme l’a démontré l’absence totale de rupture dans la politique africaine de la France, malgré des déclarations fracassantes du candidat Sarkozy sur le sujet. La nomination d’un secrétaire d’Etat à la Coopération un peu trop véhément, désireux de « signer l’acte de décès de la Françafrique » n’a pas plu du tout aux parrains Bongo, Sassou Nguesso et consorts, qui ont immédiatement réclamé (et obtenu !) son déclassement, officialisant ainsi la poursuite d’une politique africaine irresponsable et complaisante à l’égard des dictateurs. Son remplaçant Alain Joyandet martèle depuis son discours d’entrepreneur, insistant sur la nécessité pour la France de « défendre ses parts de marché » en Afrique, notamment face à l’avancée de la Chine sur le continent, volontiers montrée du doigt pour réveiller le patriotisme économique français, et justifier le maintien des positions économiques privilégiées de la France en Afrique.

En outre, la remise par Nicolas Sarkozy lui-même de la légion d’honneur à l’avocat Robert Bourgi, héritier de Foccart qui s’affirme actuellement comme le nouvel homme de l’ombre de la politique franco-africaine, a de quoi préoccuper, tout comme la validation française des putschs électoraux ou constitutionnels du Mauritanien Abdel Aziz, du Gabonais Ali Bongo (fils et héritier d’Omar) et du Nigérien Mamadou Tandja. Finalement, malgré les discours volontaristes de rupture, rien n’a changé, comme le montre également la montée contestataire que provoque en Afrique le projet de « célébration concertée » du cinquantenaire de l’indépendance des anciennes colonies africaines de la France...

Rien ou presque, car il faut malheureusement souligner une évolution entrevue plus haut avec l’avènement de la Mafiafrique. Si la collusion entre pouvoir politique et puissance économique est restée aussi forte qu’aux plus belles heures de la Françafrique, il semble que le contexte de mondialisation dérégulée ait provoqué une certaine inversion des rapports de force au profit du pouvoir économique des grands groupes. Si Elf pouvait être considéré par le passé comme le bras économique de l’État français en Afrique, la situation paraît s’être inversée, et l’on voit aujourd’hui la diplomatie française essentiellement préoccupée par la défense tous azimuts des intérêts des entreprises française sur le continent africain.

Les Areva, Bouygues, Total et Bolloré semblent désormais être devenus les principaux instigateurs de la politique africaine de la France, ce qui laisse peu d’espoir quant à une éventuelle normalisation des relations, et quant aux perspectives de décollage économique et de démocratisation des pays africains...

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 00:42


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16 février 2010 par Survie

Malgré les discours de rupture, l’armée française demeure omniprésente dans ses anciennes colonies africaines

Il ne reste que les plus cyniques thuriféraires de la Françafrique pour défendre les interventions militaires unilatérales «  à l’ancienne », par lesquelles la France vole au secours de telle ou telle dictature du «  pré carré  ». En revanche, la plupart des journalistes ou des élus, et bien sûr des militaires, estiment que la mise en place d’une « nouvelle » politique militaire de la France en Afrique depuis quelques années, lui confère un regain de légitimité et suffit à balayer les accusations de néocolonialisme.

Cette « nouvelle » politique s’articule essentiellement autour de trois axes : la recherche d’un mandat de l’ONU pour couvrir les interventions françaises, la volonté de donner une dimension multilatérale à certaines d’entre elles, et le prétexte du « renforcement des capacités africaines de maintien de la paix » (RECAMP). L’examen attentif de cette politique telle qu’elle se décline réellement dans les faits, et non seulement dans les discours, montre qu’il s’agit de rompre avec l’image d’une France néocoloniale : mais avec l’image seulement et non avec la logique néocoloniale elle-même.

Une « nouvelle » politique militaire française en Afrique ?

Il faut d’abord noter que les interventions conformes à la « nouvelle » doctrine, en dépit de promesses récurrentes, n’ont pas totalement remplacé les opérations «  coup de poing  ». Ainsi, pour ne citer que les plus récentes d’entre elles, la France est intervenue fin 2006 et début 2007 en Centrafrique, ainsi qu’en février 2008 au Tchad, pour protéger respectivement les régimes de Bozizé et d’Idriss Déby contre les rébellions qui les menaçaient. Dans les deux cas, la finalité politique contestable de ces interventions (soutien direct à des dictateurs) s’est accompagnée d’une situation que l’on peut qualifier juridiquement de complicité de crimes de guerre.

En Centrafrique, les Forces armées centrafricaines ont, dans le sillage direct des interventions françaises, amplifié leur politique de « terre brûlée » et d’exactions systématiques à l’encontre de certaines populations du Nord (à Birao notamment). Ces crimes ont été commis sous les yeux des militaires français, qui ont tenté dans la presse française, jusqu’à la parution d’un rapport de HRW, de faire porter le chapeau de ces crimes aux rebellions qu’ils combattaient, disculpant leurs frères d’armes centrafricains. Au Tchad, l’armée français, qui porte à bout de bras l’armée tchadienne, tolère le recrutement d’enfants soldats et leur envoi au front, en dépit de plusieurs avertissement internationaux adressés au régime de Déby sur cette question. C’est également dans la foulée de l’intervention française, et avec la complicité des autorités de notre pays, que l’armée tchadienne a tenté de faire disparaître en février 2008 certains des opposants historiques de la dictature.

En dépit d’une « nouvelle » politique militaire, les vieilles méthodes n’ont donc pas disparu. Par ailleurs, cette « nouvelle » politique n’est pas si vertueuse qu’on voudrait nous le faire croire.

L’ONU comme couverture

C’est en juin 1994, lorsque la France vole au secours de l’armée génocidaire défaite au Rwanda (opération Turquoise), que le souci d’une caution onusienne se manifeste pour la première fois. Le mandat est d’autant plus recherché que l’intervention française est, à juste titre, fortement décriée à l’échelle internationale (condamnation de l’OUA, du conseil mondial des églises, réserves diplomatiques de plusieurs pays européens, etc.) Il n’est toutefois pas présenté comme une condition sine qua non, le président Mitterrand ayant annoncé que l’intervention française aurait lieu de toute façon. Celle-ci démarre d’ailleurs par l’intervention secrète des forces spéciales avant que la question ne soit mise au vote au conseil de sécurité de l’ONU. Le mandat sera finalement obtenu de justesse, grâce notamment à la voix du gouvernement génocidaire rwandais, toujours représenté au conseil de sécurité à cette date.

Quelques années plus tard, l’une des plus importantes opérations militaires, l’opération Licorne, en Côte d’Ivoire, est également éclairante sur l’instrumentalisation de l’institution onusienne au profit des intérêts militaires français.

Décidée unilatéralement en octobre 2002, l’opération Licorne ne bénéficie qu’a posteriori d’un mandat onusien. Un accord de défense existe entre la Côte d’Ivoire et la France mais la France a refusé de le faire jouer lorsque des rebellions entraînées dans les pays voisins tentent de renverser le régime Gbagbo. C’est au nom de la protection de ses ressortissants, puis du mandat onusien que la France justifie sa présence et son action. En particulier, lors des massacres de novembre 2004, lorsque l’armée française tire froidement sur des manifestants ivoiriens désarmés, la légitimité de l’action française en raison de ce mandat de l’ONU constitue un leitmotiv des discours politiques et médiatiques français.

La répression française après le mystérieux bombardement du camp de Bouaké (destruction de la flotte ivoirienne dans un premier temps, puis occupation sanglante des points stratégiques de la capitale), a pourtant été décidée unilatéralement par la France. Et pour cause : bien que les troupes françaises prétendent être au service de la présence onusienne, elles conservent une chaîne de commandement indépendante et continuent de mener une diplomatie parallèle purement françafricaine.

La France tire l’Europe en Afrique

Le deuxième axe développé ses dernières années consiste à donner une dimension multilatérale à certaines interventions voulues par la France, en impliquant d’autres partenaires Européens. Les motivations sont à la fois économique (partager les coûts), et politique (masquer les intérêts français derrière le drapeau européen, mais aussi prendre le leadership de la politique européenne de sécurité et de défense appliquée à l’Afrique).

La première tentative de 2003, en RDC, ne constitue qu’un ballon d’essai. La seconde en revanche en 2005 dans ce même pays, a impliqué davantage de forces européennes, et notamment un gros contingent Allemand. C’est que, comme l’a clairement montré en Allemagne le débat parlementaire qui a précédé l’envoi de ces soldats, les richesses minières congolaises sont essentielles pour toutes les industries occidentales. L’existence d’un intérêt économique commun paraît être une condition préalable à la réussite d’un réel multilatéralisme, comme l’a confirmé l’opération maritime Atalante de sécurisation de la navigation commerciale dans le golfe d’Aden contre la piraterie somalienne. A contrario, les difficultés de la troisième opération européenne (Eufor Tchad/RCA) voulue par la France en 2007, mais dont les moyens ne seront réunis qu’en 2008, illustrent les réticences des autres pays européens (Grande Bretagne, Allemagne, Italie, Espagne) à intervenir lorsque les enjeux sont purement françafricains.

L’alibi du renforcement des capacités africaines de maintien de la paix (RECAMP)

Depuis 1997, la France a mis en œuvre un label « RECAMP » censé illustrer sa volonté de mettre sa présence militaire au service de l’autonomisation des armées africaines. Mais les différents aspects du dispositif RECAMP, qu’il s’agisse du contenu officiel des formations et des exercices militaires ou des dessous de certaines opérations de « maintien de la paix » (MISAB, Recamp-Bissau, FOMUC), font clairement apparaître la volonté française de poursuivre une politique d’influence, voire d’ingérence militaire déguisée. Depuis 2005, la France prétend mettre sa coopération au service de la constitution des futures Forces africaines en attente (FAA) dont chaque sous région doit se doter, et propose d’utiliser ses propres bases militaires, qui trouveraient ainsi une nouvelle légitimité, pour stocker le matériel militaire des ces forces. Le dispositif français RECAMP a officiellement été européanisé depuis 2007, mais le cycle VI annoncé pour 2008 se fait toujours attendre.

Les promesses de Sarkozy

Le candidat de la « rupture » avait promis d’assainir les relations entre la France et l’Afrique, de mettre fin au soutien des dictatures et d’associer le parlement français à la définition de la politique de la France en Afrique. Il défendait en revanche la légitimité des interventions militaires françaises. Une fois élu, le président Sarkozy a rapidement oublié certaines de ces promesses, et seules deux mesures sont censées illustrer sa volonté de changement : la réforme de la constitution sur le rôle du parlement et la renégociation des accords de défense.

Le contrôle parlementaire

En juillet 2008, le président Sarkozy a fait amender la constitution. Au plan militaire, l’article 35 du titre V prévoit désormais : « Le Gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l’étranger, au plus tard trois jours après le début de l’intervention. Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n’est suivi d’aucun vote. Lorsque la durée de l’intervention excède quatre mois, le Gouvernement soumet sa prolongation à l’autorisation du Parlement. Il peut demander à l’Assemblée nationale de décider en dernier ressort. » Le contrôle parlementaire ne s’exerce donc qu’a posteriori et uniquement sur les interventions les plus longues. Sont par ailleurs exclues de ces dispositions les interventions secrètes ou clandestines des forces spéciales (COS et service Action de la DGSE), véritables gardes prétoriennes de l’Elysée.

Le 28 janvier 2008 les assemblées ne se sont ainsi prononcées que sur 4 opérations françaises en Afrique (Epervier au Tchad, Boali en Centrafrique, Licorne en Côte d’Ivoire et Eufor au Tchad et en Centrafrique) alors qu’il en existait d’autres, moins importantes, en cours depuis plus de 4 mois. Ni le contenu du discours du premier ministre, ni un récapitulatif sur les causes, les enjeux, les mandats, les modalités, les évolutions et les bilans de ces interventions militaires n’ont été communiqués préalablement aux députés, pas plus qu’un état des lieux des accords militaires auxquels certaines d’entre elles sont liées. Ni le ministre des Affaires étrangères ni celui de la Défense n’ont été entendus par les commissions parlementaires correspondantes, qui n’ont pas été réunies.

Enfin il s’est agi d’un débat unique, alors qu’il aurait été nécessaire de mener un débat différent pour chaque intervention spécifique. Il s’agissait donc d’avantage d’obtenir un chèque en blanc que d’associer réellement les parlementaires à la politique militaire de la France.

Les accords de défense

Concernant les accords de défense, leur renégociation a été annoncée en février 2008 par Sarkozy lors du discours du Cap, qui se voulait l’emblème de la volonté de réforme présidentielle sur la présence militaire française en Afrique. A ce jour, deux accords de défense ont été transformés en accords de « partenariat » : celui du Togo, puis celui du Cameroun. Les autres devaient l’être avant la fin 2009, ce qui ne semble pas avoir été le cas. Les accords de défense, avec leurs clauses secrètes, sont l’incarnation du deal néocolonial passé par la France avec les dirigeants installés à la tête des nouveaux États au moment des indépendances (protection de l’armée française contre droit « d’approvisionnement préférentiel » pour la France), et leur renégociation revêt donc une dimension importante au plan symbolique. Mais elle n’a q’une portée très limitée en réalité.

La promesse de publication de ces accords a été réitérée, même si elle se fait attendre, mais force est de constater que les nouveaux textes censés illustrer une volonté de transparence ont été élaborés dans l’opacité la plus totale, à l’abri des regards indiscrets des parlementaires français ou africains. Il est par ailleurs vraisemblable que leur contenu a été déterminé par la France plus qu’il n’a fait l’objet d’une véritable concertation franco-africaine.

Mais surtout le nombre d’accords de défense (7 ou 8 selon les sources) est extrêmement restreint au regard de la quantité d’autres accords militaires aux statuts variés qui existent, qui sont tout aussi secrets, qui ne sont pas concernés par la promesse de transparence et qui suffisent à justifier une ingérence militaire française, comme on l’a encore vu récemment au Tchad par exemple. Enfin il faut se souvenir que l’impérialisme français ne s’est de toute façon jamais embarrassé de formalisme juridique en matière d’intervention militaire. La France est parfois intervenue en l’absence d’accord militaire le permettant, parfois n’est pas intervenue malgré l’existence de tels accords, sans même parler du recours aux moyens officieux : mercenaires, supplétifs africains, etc. C’est donc sur la pratique et non sur les textes qu’il faudra juger des évolutions réelles. A ce jour, la continuité l’emporte très largement sur le changement…

Proposition de revendications

Retrait de toutes les forces militaires permanentes en Afrique, et donc démantèlement des bases militaires permanentes (officielles ou officieuses) ; Autorisation parlementaire préalable à toute opération extérieure et moyens de contrôle a posteriori ;

Interdiction des interventions militaires françaises de toutes sortes (donc y compris simple participation à une intervention multilatérale) dans ses anciennes colonies ou les pays dans lesquels elle a développé des intérêts importants ;

Dissolution du COS et du service action de la DGSE ;

Contrôle parlementaire sur les services secrets ;

Contrôle parlementaire sur tous les accords militaires, et publication intégrale de ces derniers ;

Suspension de la coopération militaire avec les régimes autoritaires, non démocratiques, ou avec les armées qui se sont rendues coupables de crimes de guerre ou d’exactions contre leur population ;

Abrogation du secret défense ;

Interdiction réelle du mercenariat ;

Reconversion de l’industrie militaire ;

Reconnaissance des crimes coloniaux et néo-coloniaux, mesures symboliques et concrètes de réparation pour les victimes ;

Suppression de la justice militaire (TAP).

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 00:33


Kolingba A

 

15/02/2010 09:51:27 | Jeune Afrique | Par : Tshitenge Lubabu M.K.


L’ancien président de la République centrafricaine est décédé le 7 février, à 73 ans.

Les partisans du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC) étaient convaincus qu’il serait leur candidat à la prochaine présidentielle, prévue cette année. Mais le sort en a décidé autrement: André Kolingba a été emporté par un cancer de la prostate, le 7 février à Paris.

Né à Bangui en 1936, il fut avant tout un militaire. Entré dans l’armée française en 1954, il est formé à Brazzaville (Congo) puis, en France, à l’École des officiers d’active de Fréjus et à celle d’application des transmissions de Montargis. Est-ce son niveau de formation qui inquiète l’empereur Bokassa Ier au point qu’il le nomme ambassadeur au Canada et en Allemagne de l’Ouest? Toujours est-il qu’à la chute de Bokassa, en 1979, son successeur, David Dacko, nomme Kolingba chef d’état-major des armées. Le 1er septembre 1981, le général chasse Dacko du pouvoir, même si d’aucuns affirment qu’il s’agissait d’une démission.

Kolingba n’a qu’une envie: redorer le blason d’un pays ubuesque. Mais il commence par confisquer les libertés, à peine restaurées. Comme ses prédécesseurs, il n’échappe pas à la tutelle de Paris, dont il semble être la nouvelle marionnette. Kolingba s’est en effet attaché les services d’un officier français, le colonel Mansion, arrivé à Bangui dans le cadre de la coopération. C’est lui qui, en 1982, le sauve lorsque François Bozizé, ministre de l’Information, et Ange-Félix Patassé tentent de prendre le pouvoir. Mansion, qualifié de proconsul, est, dit-on, le véritable maître du pays. Pour beaucoup de Centrafricains, c’est ce coup d’État raté qui a conduit le général à une vision tribale des institutions comme l’armée et l’administration.

En 1991, sous la pression de la rue, il accepte le multipartisme, qu’il avait interdit. Et c’est Patassé qui ­remporte la présidentielle de 1993. Arrivé quatrième, Kolingba s’incline. Mais en mai 2001 il est mêlé à une tentative de putsch contre Patassé. Exilé en Ouganda, il revient en Centrafrique en 2003 après avoir été amnistié par Bozizé. En 2005, il est troisième à la présidentielle. Ses compatriotes retiendront sans doute une chose d’André Kolingba: le courage d’avoir demandé pardon pour ses erreurs. 



Centrafrique : La rébellion du FDPC rend hommage à la mort de l’ex président André KOLINGBA

 Lundi 15 Février 2010

 

"La mort du Général d’Armée KOLINGBA est une grande perte pour notre pays qu’il a servi pacifiquement et pour son parti le RDC. C’est un homme charismatique ; il était l’artisan de la démocratie dans notre pays".

RCA - Le Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC) a appris avec consternation la mort de l’ancien Président Centrafricain, le Général d’Armée André KOLINGBA.

La mort du Général d’Armée KOLINGBA est une grande perte pour notre pays qu’il a servi pacifiquement  et pour son parti le RDC. C’est un homme charismatique ; il était l’artisan de la démocratie dans notre pays.

 Au nom du Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC), nous adressons à sa famille éplorée et à son parti, notre fraternelle compassion et nos sincères condoléances les plus attristées.

 

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 01:36


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AFFAIRE KADHAFI | Œil pour œil, dent pour dent. La Libye met ses menaces à exécution. Elle ne délivrera plus de visas d’entrée aux Européens de la zone Schengen. La crise entre la Suisse et Tripoli contamine désormais l’Europe.

JUDITH MAYENCOURT AVEC LES AGENCES | 16.02.2010 | 00:00

On évoquait déjà la fin de la crise et on croyait proche le retour des otages – ou du moins de Rachid Hamdani, libéré de toute charge par la justice libyenne. Il n’en est rien. Entre la Suisse et la Libye, l’horizon s’est assombri d’un coup. Tripoli a annoncé hier qu’il ne délivrait plus de visas d’entrée aux Européens, à l’exception des Britanniques. C’est une mesure de rétorsion à la restriction de visas mise en place en juin dernier dans l’espace Schengen, à la demande de la Suisse.

 

Agitée à plusieurs reprises par la Libye, la menace d’interdire aux Européens l’entrée sur sol libyen est donc entrée en vigueur hier. L’annonce a été communiquée à l’agence Reuters par un responsable de l’aéroport international de Tripoli. Sans expliquer les motivations des autorités libyennes, le journal Oea, proche du régime, rappelle que la Suisse a interdit l’accès à son territoire à 188 responsables libyens, dont le colonel Kadhafi.

 

La décision libyenne a été prise très au sérieux en Europe. La France puis l’Italie ont recommandé à leurs ressortissants de ne plus se rendre en Libye. En fin de journée, la Commission européenne réagissait à son tour, en déplorant «une décision unilatérale et disproportionnée». L’Union européenne étudie maintenant «une réaction appropriée», a annoncé la commissaire européenne en charge des Affaires intérieures et de l’Immigration, Cécilia Malmström. Des consultations sont prévues avec les Etats membres et les pays associés à Schengen afin de déterminer avant la fin de la semaine la réponse européenne à la Libye.

 

«La Suisse nous prend en otages»

 

A Berne, on garde un silence prudent. Le Département fédéral des affaires étrangères ne commente pas ce qui ressemble pourtant bien à une escalade dans l’affaire libyenne. Mais aucun doute que la pression européenne sur la Suisse sera énorme. Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, passait hier soir déjà à l’offensive en accusant la Suisse de «prendre en otages tous les pays de l’espace Schengen». Dans une interview télévisée, le bouillant Italien s’est dit prêt à aider la Suisse à «résoudre une question bilatérale», mais pas «aux dépens de tous».

 

La crise libyenne tournera-t-elle à l’épreuve de force avec l’Europe? Membre de la Commission de politique extérieure, le démocrate-chrétien Luc Barthassat ne le croit pas et compte sur une position ferme de l’Europe aux côtés de la Suisse pour mettre un terme à l’affaire libyenne et assurer le retour des otages. «Cette crise montre que la Suisse a touché un point sensible chez les Libyens. Lorsqu’on mène une politique de rétorsion, on ne peut pas reculer», considère la conseillère aux Etats socialiste Liliane Maury Pasquier, elle aussi membre de la Commission de politique extérieure. La libérale Martine Brunschwig Graf est nettement plus prudente. «C’est au Conseil fédéral de juger de la situation et de trouver une solution d’équilibre, en accord avec l’Union européenne, analyse-t-elle. Le parlement doit éviter de s’immiscer dans cette affaire.»


Le Conseil fédéral se réunit demain. Avec sur sa table le dossier libyen. Une fois de plus.

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 01:12


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Source : Tchadonline 15 février 2010

Le groupe revendiquant l’enlèvement de trois humanitaires français au Tchad et en Centrafrique a lancé jeudi 10 décembre un ultimatum d’une semaine à la France. Le groupe menace d’exécuter un otage si Paris n’accepte pas de négocier directement avec lui.

« Nous allons aussi viser les forces françaises au Tchad et nous allons mener des opérations d’assassinat contre des diplomates français », a par ailleurs affirmé Abou Mohammed Al-Rizeigui, un porte-parole des « Aigles de libération de l’Afrique ».
Ce groupe peu connu du Darfour, une région de l’ouest du Soudan en guerre civile, revendique le rapt d’un employé français de la Croix-Rouge internationale, enlevé dans l’est du Tchad, à une dizaine de kilomètres du Soudan.


Il revendique également le rapt de deux humanitaires français de l’ONG Triangle GH kidnappés à Birao, ville du Centrafrique jouxtant le Darfour. Après les rapts, les Aigles de libération de l’Afrique avaient affirmé ne pas viser des organisations humanitaires mais bien la France, à laquelle ils reprochent « sa politique dans la région ». Ce même groupe avait revendiqué l’enlèvement en avril au Darfour de deux humanitaires – une Canadienne et une Française – de l’ONG Aide médicale internationale. Il avait aussi menacé de les tuer avant de les libérer après vingt-six jours de détention.


avec AFP

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 00:41
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(Tchadactuel 15/02/2010)

Charles Massi est un ancien Ministre centrafricain, militaire de carrière, passé à l’opposition armée contre le régime de Bozizé, pardon de Deby à Bangui. Il opérait à la frontière tchado centrafricaine et subissait l’assaut des armées de deux pays. A la fin de l’année 2009, il fut capturé par l’armée tchadienne et livré mains et pieds liés à Bozizé qui l’aurait torturé jusqu’à mort suit. C’est la version en cours.

Or les militaires tchadiens qui ont livré le « colis » sont formels : « le colis était déjà en état irrécupérable » avant qu’il soit transmis aux autorités centrafricaines. Selon les mêmes sources, quand Deby a appris la capture de Massi par les siens, il a ordonné ceux-ci de le liquider, mais avant qu’ils passent aux actes, il a rappelé pour que le rebelle soit remis aux Centrafricains tout en insistant qu’il ne doit pas fuir entre temps.

Apparemment les militaires se sont bien assuré que le rebelle ne peut pas fuir. Seule une enquête indépendante peut révéler les circonstances dans lesquelles M. Massi a été exécuté. Par Deby ? Par Bozizé ? Ou l’un a torturé et l’autre l’a achevé ?

Bérémadji Félix (N’djaména)

 

©

Copyright Tchadactuel

NDLR : Au moment où l'actualité politique centrafricaine est accaparée par les difficultés de fonctionnement et les blocages du DDR, de la commission électorale et de la disparition du président André Kolingba et des préparatifs de ses funérailles, notre confrère tchadien pose une question fondamentale au sujet de l'assasinat de l'opposant Charles Massi que la mort de l'ancien président centrafricain a quelque peu éclipsé, accordant un certain répit à Bozizé alias le "dépeceur" qui est allé lui ce week-end dans son village, fleurir la tombe de sa défunte mère décédée le 9 février 2009. Il s'apprête aussi à faire une récupération politique des funérailles nationales que Bangui se prépare à faire au général André Kolingba dont la dépouille devrait en principe arriver au pays dans la matinée du jeudi 24 février 2010.

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 00:21


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NDLR : Nous publions ci-dessous la lettre de démission de M. Olivier Gabirault du parti ADP crée naguère par feu François Péhoua suivi de la réponse M. Etienne Kezza Koyangbo, nouveau président du directoire de ce parti. C'est bien dommage d'en arriver là...On note cependant que malgré sa démission, M. Olivier Gabirault a curieusement cru devoir s'exprimer encore publiquement au nom de l'ADP à la véillée mortuaire organisée à Paris vendredi dernier en hommage au général André Kolingba. Etrange démission...                                             


                                                                                                           Bussy Saint Georges, le 30 Janvier 2010
 

A

                                                                                                           Monsieur KEZZA KOYANGBO

                                                                                Président du Comité ad' hoc de l'Alliance    

                                                                                Pour la Démocratie et le Progrès (ADP)

                                                                                                       BANGUI (Centrafrique)

Objet : Ma démission du parti

                                                         Monsieur le Président,

Le 30/12/09, alors que c'est la Première Vice-présidente qui assure statutairement l'intérim du Président du Parti, vous avez, sans aucune qualité juridique, présidé une réunion du Bureau de l'ADP.

Plus grave encore, cette réunion a été consacrée au remplacement du Président du parti par vous-même, ce qui est totalement irrégulier, inélégant, indécent et montre  à première vue un désordre au sein du parti

Je crois que non seulement nous ne sommes pas dans la jungle où seul l'instinct animal domine, mais dans un Etat de droit, de démocratie, laquelle figure en bonne place dans la dénomination du parti.

Le 02 Janvier 2010, vous avez ensuite convoqué l'Assemblée Générale de l'ADP pour faire valider votre projet. Cela a échoué car sur l'ensemble des militants des huit arrondissements et des deux communes périphériques de Bangui, seules six personnes dont vous-même, ont été présentes.

Le 09 Janvier 2010, une semaine après, j'ignore combien de personnes ont dû se présenter pour valider ce projet et sur la base de quelles raisons.

A ce jour, je n'ai reçu aucune notification de mon remplacement, ce qui est pourtant nécessaire pour l'information des milliers de personnes à travers le monde qui consultent les sites internet que j'ai ouverts en 2005 au nom de l'ADP et en mon nom.

Malgré toutes les irrégularités constatées dans la procédure de mon remplacement, je n'en fais pas un problème.

Une chose est au moins sûre, vous avez été piégé par votre trahison habituelle, par votre convoitise démesurée du poste de Président qui remonte même à l'époque du Président défunt de l'ADP.

HOSTILITÉ DES CADRES DU PARTI CONTRE MA PERSONNE ?

Lorsque la question vous a été posée de savoir pour quelles raisons exactes mon remplacement est demandé, vous avez répondu naïvement que les cadres du parti aussi bien à Bangui qu'en France ne veulent pas de moi, tout en oubliant comme par hasard d'en donner les raisons, pourtant simples :

1°/ RÔLE DE L'ADP COMME PARTI DE L'OPPOSITION

L'Assemblée Générale du parti tenue en  septembre 2005 avait décidé majoritairement que l'ADP soit dans l'opposition et a procédé par la même occasion à la dissolution du Bureau dont vous étiez Vice-président, ainsi qu'au remplacement de celui-ci.

A la suite de cette décision, certains cadres qui voulaient au contraire que le parti fasse alliance avec le pouvoir ont eu l'honnêteté de le quitter.

D'autres dont vous-même sont restés mais avec un pied au parti et un autre au pouvoir. Il s'agit d'une catégorie de cadres nébuleux dont le comportement répulsif a toujours été à l'origine du départ de beaucoup d'autres, plus crédibles et plus valables.

J'ai été élu Président de l'ADP après tout ce qui précède et n'ai fait que jouer véritablement, honnêtement le rôle de leader d'un parti politique de l'opposition, en appliquant tout simplement la résolution votée par l'Assemblée Générale du mois de septembre 2005.

C'est en jouant ce rôle que je suis devenu une cible commune du pouvoir et des cadres qui sont ses agents au sein de l'ADP.

Ainsi, de lâches manœuvres qui n'honorent pas le pouvoir ont été dirigées contre mes entreprises dans le but de les faire péricliter. Parallèlement, avec des complices au sein du parti, vous avez également de votre côté tout mis en œuvre depuis plus de 4 ans pour empêcher le bon le fonctionnement du parti, le déstabiliser et obtenir mon départ. Vos lâches manœuvres se font généralement pendant mon absence du pays, même pour des soins comme présentement.

2°/ RAJEUNISSEMENT DES CADRES DU PARTI. TRANSPARENCE DANS LA GESTION ;

En procédant au rajeunissement des cadres du parti, en gérant dans la transparence, les plus anciens ne trouvaient plus leurs intérêts dans cette nouvelle option, car habitués jusque là à prendre de grandes décisions dans l'obscurité, sans aucune concertation avec la base, à détourner d'importantes aides financières (comme le prouvent les archives), à faire du parti un bien monnayable comme présentement.

Alors que ces pratiques ont été assainies, vous avez profité de mon absence pour les faire renaître grossièrement comme le prouvent les quelques exemples ci-après parmi tant d'autres :

-MANŒUVRE INDIGNE DANS LE CHOIX DU REPRESENTANT DE L'ADP À LA CEI (COMMISSION ELECTORALE INDEPENDANTE)

Un jeune cadre intellectuellement, moralement valable et physiquement dynamique a été désigné par vote pour représenter le parti dans le cadre de l'opposition à la CEI.

Alors que la 1ère Vice- Présidente du parti a communiqué par écrit son nom à l'UFVN, c'est le 2ème Vice-président qui va à l'encontre de ce choix dans  sa lettre par sa propre désignation, décidée unilatéralement dans des conditions ténébreuses, en violation non seulement des règles élémentaires hiérarchiques, mais démocratiques.

Cette seconde désignation a très vite révélé l'une de ses facettes cachées au sein de la CEI. La pression des faits vous a ainsi contraint à sanctionner l'un de vos principaux complices, à contrecœur.

PROCEDURE IRREGULIERE DE MON REMPLACEMENT A LA TÊTE DU PARTI

-C'est l'Assemblée Générale qui devrait décider s'il le faut, de la dissolution du Bureau que je préside, sur la base de raisons très claires, en ma présence, avec la possibilité selon le cas, de me défendre.

Or vous avez profité de mon absence pour des soins à l'Etranger pour me remplacer selon une procédure totalement irrégulière, malhonnête, pour des intérêts personnels, c'est-à-dire avec l'illusion d'échanger mon départ contre du lait et du miel qui coulent en face, en mettant l'Assemblée Générale devant le fait accompli.

NEGOCIATION TENEBREUSE TENDANT A « VENDRE » L'ADP AU POUVOIR DE KNK

-Lorsque, dans la perspective des prochaines élections, vous avez pris contact au début de 2009 avec le pouvoir pour négocier  une alliance avec celui-ci, dans vos propres intérêts, le Bureau du parti que je préside n'en était même pas informé alors que ceux qui formaient le groupe de cette obscure négociation  étaient tout autour de moi, faisant preuve d'une hypocrisie criminelle.

L'Assemblée Générale sera une fois de plus devant le fait accompli.

Votre trahison et votre double face habituels ne m'étonnent pas Les quelques exemples ci-après, parmi tant d'autres le prouvent :

TRAHISON  ET MENSONGE TORTUEUX  A  L'OCCASION DES ELECTIONS DE 2OO5

En février 2004, l'ADP m'a  annoncé au cours d'une réunion restreinte qui s'est tenue dans votre propre résidence, sa proposition de faire de moi son candidat aux élections présidentielles de 2005.

Alors que vous n'étiez pas opposé à cette proposition, et malgré son caractère pourtant confidentiel à l'époque, vous êtes venu en France prendre contact avec le Président KOLINGBA  pour non seulement lui en parler, mais me présenter comme l'ennemi de toujours en tentant de faire renaître une vieille incompréhension pourtant déjà éteinte. Vous lui aviez également promis le soutien de l'ADP en échange de vos propres intérêts comme vous le faites en ce moment avec le pouvoir de KNK.

Lorsque le parti l'a appris par la suite, il vous a fermement désavoué.

 

B) CAMPAGNE INDIGNE CONTRE LE CANDIDAT DE L'ADP AUX ELECTIONS PRESIDENTIELLES 2005

Comme si cela ne suffisait pas, vous avez fait campagne contre moi à Bangui et dans le M'BOMOU sur la base de considérations tribales, avec un esprit étriqué et une intoxication diabolique selon laquelle vous  m'auriez demandé de ne pas me présenter «  contre mon aîné KOLINGBA», mais que je me serais opposé à votre conseil. Tout ceci malgré le matériel de campagne reçu et contrairement à votre propre  promesse faite au parti de vous occuper de la zone du MBOMOU..

Vous aviez tout inventé pour me nuire pour vos propres intérêts, et par pure haine mal dissimulée.

C) TRAHISON DANS LA PERSPECTIVE DES ELECTIONS DE 2010

Pour préparer une alliance entre l'ADP et le KNK à l'occasion des prochaines élections et en tirer profit comme en 2005, vous affirmez au pouvoir que les déclarations de l'ADP contre le régime sont rédigées par moi sans l'accord du parti. Vous insinuez également que vous avez toujours été opposé à ces déclarations, tout en me présentant comme l'ennemi du pouvoir.

Vous promettez au pouvoir non seulement de m'empêcher de me présenter aux prochaines élections présidentielles, mais de faire campagne en sa faveur dans le M'BOMOU, indépendamment de l'appui du parti ADP dans différentes circonscriptions électorales ainsi qu'au niveau de la CEI.

D) PERSPECTIVES DE LA FORMATION D'UN GOUVERNEMENT EN 2OO9, A L'ISSUE DU DIALOGUE POLITIQUE INCLUSIF

Alors que c'est l'ADP qui a pris l'initiative de proposer au pouvoir la tenue du Dialogue Politique Inclusif  par ses déclarations depuis le 16 mars 2006, ceci par souci de paix et d'unité nationale, vous et votre collègue député du parti refusiez de participer aux réunions de l'UFVN (Union des Forces Vives de la Nation) consacrées au processus de ce forum, estimant que ce sont des actions menées contre le pouvoir, tout en vous proclamant pompeusement et fictivement comme appartenant à l'opposition.

Mais dès que vous avez appris qu'à l'issue du même  Dialogue Politique Inclusif, un gouvernement élargi aux différentes entités allait être formé, vous avez organisé très rapidement une réunion chez vous, à mon insu pour proposer ceux qui devraient y entrer.

Ce comportement m'a fait sourire et montre, sans description ni commentaire votre visage mal dissimulé.

Même si mes différentes prises de position sous les trois derniers régimes politiques ont été interprétées d'une part par leurs dirigeants comme des actes d'opposition systématique et exploitées d'autre part par des détracteurs qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, pour de petits intérêts personnels, une chose est au moins sûre, les faits finissent toujours par me donner raison.

Ils m'ont donné raison sous KOLINGBA et PATASSE et me donnent raison sous BOZIZE.

Je ne regrette rien de mes actions guidées uniquement par le souci de l'intérêt de notre pays

En ce qui concerne le parti, lorsque par une sombre stratégie les cadres ont refusé délibérément de verser leurs cotisations dans le but de me déstabiliser, j'ai personnellement tout pris en charge depuis Septembre 2005.

Le parti ayant par ailleurs perdu le bâtiment abritant initialement son siège à la suite de la gestion du Bureau dont vous étiez membre, j'ai mis à sa disposition l'une de mes maisons, jusqu'à ce jour.

Malgré vos incessantes manœuvres de déstabilisation, j'ai géré au mieux ceux qui sont pour moi ainsi que ceux qui sont contre moi dans le parti avec un esprit de tolérance, de pardon, de paix et d'unité jusqu'à mon départ en Europe pour des soins.

Je décide ce jour de quitter définitivement le parti à cause du climat de haine personnelle, d'hypocrisie, de division, de fourberie, de recherche d'intérêts personnels, de désordre, d'ingratitude et de trahison.

DIEU, L'HISTOIRE ET LA NATION JUGERONT.

Je souhaite bonne chance à l'ADP dans sa nouvelle alliance avec le KNK en vous demandant d'avoir un minimum d'honnêteté pour la rendre publique.

Veuillez agréer Monsieur le Président, l'expression de ma considération distinguée.

 

                              Olivier GABIRAULT

 



NDLR : Réponse ci-dessous de Etienne Kezza Koyangbo, actuel président du Directoire de l'ADP à Olivier Gabirault 

 


Monsieur KEZZA- KOYANGBO Cymossi Etienne
Président du Comité Ad Hoc de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (A.D.P.)

Bangui

 

Bangui, le 14 Février 2010

 

 

A Monsieur Olivier GABIRAULT ‘’ Moi je’’

Bussy Saint Georges

France

 

Réf : V/L du 30 Janvier 2010

 

Monsieur,

 

A la lecture de la lettre que vous m’avez adressée et qui s’est retrouvée dans plusieurs numéros de la Presse Centrafricaine et Internationale, le Bureau du Parti vous expliquera le pourquoi de votre remplacement à la tête du Parti.

Quant à moi, je vais répondre à vos élucubrations chapitre par chapitre.

 

1-      Habilité des Cadres du Parti contre ma personne

 

Pouvez- vous Monsieur ‘’Moi je’’ m’indiquer les différents supports des déclarations et communications que j’ai faites suite à votre remplacement ?

 

2-      Rôle de l’ADP comme Parti de l’Opposition

 

Monsieur ‘’ Moi je’’, vous semblez ne rien comprendre sur la dissolution du Bureau dont je faisais partie en 2005. Je vous apprends que c’est le Comité Exécutif mis en place par le dernier Congrès qui a demandé la dissolution de ce Bureau, compte tenu de nos minables résultats aux dernières élections présidentielles et législatives.

 

Ainsi, il a été décidé la mise en place d’un Comité Ad-Hoc. Lors de l’AG, plusieurs militants et Cadres ont demandé le maintien de Joseph DOUACLE et de moi-même aux postes de Président et Vice- Président, ce que nous avons refusé. Et c’est suite à ce refus que  vous avez été copté comme Président à défaut d’autres candidatures à ce poste. Donc, vous n’avez pas été élu. Ne fatiguez pas nos oreilles par vos  tristes chansons « je suis élu ». S’il vous plait, soyez humble. Quant à vos problèmes avec le Pouvoir, je vous demanderais de vous référer aux Responsables de ce Pouvoir qui sont mieux placés pour vous répondre.

 

Je vous dis simplement que vous avez peur de votre propre ombre et pour la personnalité que vous êtes, il serait hautement souhaitable que vous soyez objectif dans vos analyses.

 

3-      Rajeunissement des Cadres du Parti - Transparence dans la Gestion

 

Vous devez avoir honte de ce que vous avancez. A votre départ en France, vous avez laissé le Parti presque sans vie.

Vous parlez de transparence dans la Gestion, mais quelle honte ? Un Parti dont le compte bancaire n’a jamais été alimenté sous votre Gestion, comment peut on ainsi parler de la transparence ? Je pense que la personne qui peut être soupçonnée de détournements de ces importantes aides financières ne peut être que Monsieur ‘’Moi je ‘’, car il n’existe pas des documents financiers à notre prise de service.

Donc, Soyez honnête Monsieur le DIACRE.

 

4-      Procédure irrégulière de mon remplacement

 

Comme je l’ai dit ci- dessus, le Parti vous répondra dans ce sens.

 

5-      Négociation ténébreuse tendant à « vendre » l’ADP au pouvoir de KNK.

 

C’est votre droit de rêver, de même que vous avez l’habitude de transhumance.

Pour preuve :

a)      Vous fûtes député de RDC sous le régime du Général KOLINGBA ;

b)      Pour avoir migré au MLPC, vous avez été récompensé par les fonctions de :

-          Maire de la Ville de Bangui ;

-          Ministre des Travaux Publics

  Mais sachez que tout le monde n’est pas ‘’chercher  à manger ‘’ comme vous.

Quant à moi, j’ai été toujours fidèle à ma conviction politique depuis mon adhésion au GIRA transformé ensuite en ADP avec le défunt Président François PEHOUA.

Aussi, ne justifiez pas votre départ du Parti par les prétextes fallacieux si vous cherchez à aller Manger ailleurs.

 

6-      Trahison et mensonge tortueux à l’occasion des Elections de 2005.

 

La décision d’un Parti de présenter un Candidat aux Elections Présidentielles ne se prend pas en catimini. C’est une décision de Bureau Politique ou d’un Congrès.

Ma rencontre avec le feu Président KOLINGBA avait pour objectif de faire alliance avec le RDC pour les élections législatives. Pour moi, j’avais jugé mieux que nous ayons un gros groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale et devenir ainsi incontournable sur l’Echiquier Politique National. Aussi, votre élection en qualité de Président de la République était aléatoire.

 

7-      Campagne indigne contre le Candidat de l’ADP aux élections présidentielles 2005

 

Il est vrai que vous avez été investi par le Parti pour être candidat aux présidentielles. Mais sachez que les préparatifs de ces élections nécessitent beaucoup de ressources financières et matérielles.

La promesse fallacieuse faite par vous que vous apporteriez ces ressources pour la campagne présidentielle n’avait pas été suivie d’effet. Aussi, j’avais estimé que cela n’était pas nécessaire de battre campagne pour un Candidat n’ayant aucune chance de figurer significativement dans le vote tel que vous.

 

8-      Trahison dans la perspective des Elections de 2010

 

Comme je l’ai mentionné ci- dessus, vous continuez de rêver et de persister dans vos hallucinations.

Dites moi quel est le pouvoir dont je dispose pour vous empêcher de vous présenter aux prochaines élections présidentielles ? Je serais heureux que vous m’en citiez.

 

9-      Perspectives de formation d’un Gouvernement en 2009, à l’issue du Dialogue Politique Inclusif.

 

Les membres des Partis qui participent aux réunions de l’UFVN sont désignés par leurs partis. Par quel document avez- vous désigné les Députés de l’ADP à prendre part à ces réunions ?

 

Si devant l’information qui circulait dans Bangui pour la composition dune nouvelle équipe gouvernementale, c’est vrai que l’ADP, Parti démocratique responsable devait organiser une  concertation. La réunion dont vous faites allusion a bien été organisée au sein du Siège et non à mon domicile. Nous nous sommes entendus sur d’éventuels bénéficiaires répondant au concept Genre et la géopolitique. Vous n’étiez pas retenu  compte tenu du doute qui plane dans nos têtes sur votre fidélité de militant ADP.

 

Mais, cela ne vous a pas empêché, à faire le pied de grue devant ou autour des bureaux de personnalités proches de KNK pour solliciter malheureusement et sans succès votre nomination dans le Gouvernement de TOUADERA 2.

 

Quant à l’ancien siège du Parti, j’ai pitié de vous. Vous semblez rejeter la responsabilité sur la gestion de l’ancien Comité Exécutif dont son mandat a pris fin en 2005.  Je vous pose la question, qu’avez- vous fait pour éviter ce qui devait arriver ?

 

En ce qui concerne l’actuel siège du Parti, il a fait l’objet d’un contrat de location avec vous. Donc, vous ne pouvez prétendre que vous avez mis gracieusement un local pour le Parti.

Peut être que vous ne le savez pas encore ou c’est sur votre décision, votre épouse et vos enfants ont pendant la nuit du 5 au 6 février 2010 enlevé et emporté comme des voleurs tous les mobiliers et les archives du Parti dans votre bâtiment que le Parti loue.

 

En administrateur vous êtes, vous ne pensez pas que cet acte constitue une infraction pouvant exposer les auteurs à des poursuites judiciaires ?

 

En conclusion :

Pour un Homme Politique que je croyais responsable, je suis hautement et désagréablement surpris par votre comportement et votre légèreté d’analyse. C’est peut être la règle chez les Transhumants.

Bonne lecture cher ami

 

                                                                            C.E. KEZZA- KOYANGBO  

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 00:17


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Par salomon.kankili | Lundi 15 février 2010 | Le Messager

1. Touboro à cheval entre deux pays « rebelles »

De Ngaoundéré à Touboro (Région du Nord) il faut compter 235 Km, sur une route parfaitement bitumée. A priori, cet arrondissement du département du Mayo-Rey affiche tout l’air d’une cité où il fait bon vivre. Les populations cosmopolites (camerounaises, tchadiennes et centrafricaines)  qui y vivent pratiquent l’agriculture et divers autres activités commerciales. La zone doublement frontalière sert de transit vers le Tchad et le République Centrafricaine. Ici, il faut reconnaître aux coupeurs de routes le triomphe d’avoir  fait perdre le sommeil aux habitants. Bon nombre s’obstinent à mener leurs activités la peur au ventre.

Il y a deux mois, l’on raconte qu’à Gazawa, bourgade commerciale située à 15 Km de Touboro, « des bandits armés en provenance du Tchad voisin ont intercepté les commerçants. Les renseignements ont permis au BIR  de localiser une bande à Gazawa. Les malfrats ont été les premiers à dégainer sur les forces de l’ordre. A l’issue de la riposte, deux malfrats sont tombés et il se trouve qu’ils appartenaient à l’armée tchadienne », témoigne une source. Autant,  « en 1998 les malfrats en provenance de la RCA ont dépouillé une bonne partie des populations de Mbai-mboum surtout les commerçants. On peut estimer à plus d’un milliard le butin qu’ils ont emporté avec eux », a-t-on appris. Prises d’otages,  Kidnappings, tortures, chantages et menaces de mort…Ce sont là les moyens de pression privilégiés des ravisseurs de Touboro.

A une trentaine de Kilomètres  de là (Mbai-Mboum), le phénomène de vols d’engins et de bétail sont fréquents. «  Ces gens volent surtout les motos d’emprunt. Pour arriver à leur fin, ils prennent une moto en location soit pour une destination lointaine. En chemin ils vont simuler des arrêts. C’est ainsi qu’ils en profitent pour assommer le conducteur et s’enfuir avec la moto ». D’ailleurs, au cours du mois de décembre 2009, un voleur de bétail aurait été reconnu par un témoin et appréhendé par les éléments de la gendarmerie de Mbai-Mboum. Sa fouille a permis de mettre la main sur un pistolet automatique (PA) et 23 munitions ont été saisies. 12 des 29 bœufs qui avaient été emportés sont revenus à leur propriétaire légitime. « Quand ils opèrent, ils convergent vers la RCA pour se cacher. Ils ont leurs complices de ce côté-là », dénonce notre source.

 Gidassa Goygoy : « Des malfrats centrafricains m’ont coupé un bras »

Alors qu’il se rendait comme à son habitude à un marché, ce Camerounais père de famille nombreuse a fatalement vu changer le cours de sa vie. Le crime de Gidassa Goygoy a été de  croiser sur son chemin un groupe d’hommes sans foi ni loi.  Il s’en est miraculeusement sorti avec deux (02) balles sur le bras droit. D’après ses dires, cette triste expérience aurait pu lui coûter son âme. « J’étais allé du côté de Haidjam et Ouro Lakwe (Ndlr : marché dans la zone frontalière de Mbai-mboum). Ils m’ont arrêté avec leurs fusils. Je leur ai dit « attendez,  je ne fais pas le commerce ». Ils m’ont dit « aujourd’hui c’est fini pour toi ». Nous sommes entrés dans la brousse. J’avais l’argent dans ma poche mais ils ne l’ont pas pris. C’est comme ca qu’ils ont tiré sur mon bras. Et les gars avaient des tenues militaires de la Centrafrique. Après ils ont pris ma moto avec les cartons de Maggi, les pièces de pagnes et toute ma marchandise. J’ai arrêté ma main avec du sang et passé la nuit en brousse. J’ai parcouru la savane jusqu’à trouver de l’aide. On m’a amené à l’hôpital. Les éléments du BIR ont fouillé la brousse mais ils n’ont trouvé personne ». Depuis cette infamie, Gidassa Goygoy n’est plus que l’ombre de lui-même. Ses projets, ambitions et autres objectifs qu’il s’était juré de réaliser ont dû sauter avec son bras.   « Aujourd’hui je souffre tellement. Je me débrouille pour trouver même 100Fcfa et me nourrir », larmoie le pauvre. S’il lui était donné de reconstituer le passé, Gidassa Goygoy n’aurait jamais emprunté la voie qui relie Haidjam et Ouro Lakwe.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 23:31


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BANGUI – (AFP) 14 février 2010 20h42 - L'opposition et les ex-rébellions centrafricaines ont annoncé dimanche à l'AFP leur retour dans la Commission électorale indépendante (CEI) au terme d'un accord obtenu grâce à une médiation, un mois après leur décision de boycotter cette structure.

Cet accord a été signé samedi à Bangui notamment par le groupe des partis de l'opposition, celui des ex-rébellions et celui des formations centristes ("autres partis"), ont expliqué Jean-Jacques Demafouth, leader d'une des principales ex-rébellions, et Gabriel Koyambounou, du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC, opposition).

La majorité présidentielle, la société civile et les pouvoirs publics sont également signataires de l'accord, paraphé après des discussions sous l'égide du médiateur de la République, Mgr Paulin Pomodimo, ex-archevêque de Bangui.

Cette décision met fin à une certaine paralysie de la CEI, qui doit organiser et superviser des élections présidentielle et législatives prévues cette année, à une date non fixée officiellement et qui, d'après l'ONU, devaient se tenir avant fin avril pour être constitutionnelles.

"Maintenant qu'il y a un consensus qui s'est dégagé, nous allons reprendre notre siège à la commission électorale", a déclaré M. Demafouth, président de l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD).

"Maintenant que le Conseil national de la médiation nous a réunis, l'opposition va reprendre sa place au sein de la CEI", a affirmé M. Koyambounou.

Le 13 janvier, les trois groupes de l'opposition, des ex-rébellions et des formations centristes, formant le Collectif des forces du changement, avait annoncé qu'ils suspendaient leur participation à la commission électorale, en réclamant la démission du président de la CEI et la dissolution des comités locaux de la CEI dans le pays et à l'étranger.

Cette décision s'était traduite par le retrait de la Commission d'un tiers de ses 30 membres. Cinq autres délégués de l'opposition avaient refusé de boycotter la CEI et continué d'y siéger.

Le texte prévoit notamment "dans un bref délai (...) un audit administratif et financier de la CEI", une des revendications des ex-boycotteurs.

Il ne fait en revanche aucune mention de la démission du président de la CEI, le pasteur Joseph Binguimalé, jugé partial par les opposants et ex-rebelles.

Des sources au sein du collectif des opposants et ex-rebelles ont indiqué sous couvert d'anonymat que cette question devait être tranchée par une assemblée générale, sans préciser de date. Le remplacement prévu "des mandataires" conduirait à une réorganisation de la direction de la commission électorale, ont-elles souligné.

"Pour nous, l'essentiel est fait. Et nous espérons que tout sera mis en oeuvre pour qu'on ne retombe pas dans des errements", a dit Jean-Jacques Demafouth.

"Pour l'instant, nous allons nous conformer à l'accord qui vient d'être signé. Mais nous aviserons le moment venu si nous estimons que les mêmes griefs demeurent", a conclu Gabriel Koyambounou.


NDLR : Ci-dessous, le texte du Protocole d'accord qui a été signé par les différents protagonistes.


CONSEIL NATIONAL DE LA MEDIATION     REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

                                                                                              Unité - Dignité - Travail

 

PROTOCOLE D’ACCORD

RELATIF AU FONCTIONNEMENT

DE LA COMMISSION ELECTORALE INDEPENDANTE

*****************

Considérant l'audience accordée par le Président de la République, Chef de l'Etat, à toutes les Forces Vives de la Nation en date du 30 janvier 2010, suite à la déclaration d'une partie de l'Opposition Démocratique, des Autres Partis et de l'A.P.R.D. en date du 13 janvier 2010, audience en présence des Représentants de la Communauté Internationale, et au cours de laquelle le Conseil National de la Médiation a été mandaté pour poursuivre les discussions sur les questions soulevées;

Suite à la concertation menée par le Conseil National de la Médiation, les différentes entités engagées dans le processus électoral de 2010 conviennent de ce qui suit:

1.      Recomposer les Comités Locaux, d'Ambassades et de Consulats à partir des listes présentées par les différentes entités composant la Commission Electorale Indépendante (CEI) dans un bref délai.

 

2.      Procéder au remplacement des mandataires par les entités qui le souhaitent, sur demande motivée dans le strict respect de l'Article 11, 5ème tiret, du Décret n° 09.316 du 03 octobre 2009 portant mise en place de la Commission Electorale Indépendante (CEI).

 

3.      Le remplacement de certains mandataires à la demande de leurs mandants ne relance pas un nouveau décompte des délais législatifs et réglementaires.

 

4.      La mise en place dans un bref délai d'un' Audit Administratif et Financier de la Commission Electorale Indépendante (CEI).

 

5.      Le renforcement des capacités de la Commission Electorale Indépendante (CEI) avec le concours de nos partenaires internationaux habituels et de l'expertise nationale.

 

6.       L'actualisation et le respect du Code de Bonne Conduite adopté en février 2005.

En cas de difficulté d'exécution et d'interprétation du Présent Protocole d'Accord, les parties conviennent de se référer au Conseil National de la Médiation.

Fait à Bangui, le 13 Février 2010

Pour les parties signataires:

Majorité Présidentielle                                            Opposition Démocratique

J. KITICKI-KOUAMBA                                       Me Henri POUZERE

Mouvements Politico-militaires                              Autres Partis

- APRD:  J.Jacques DEMAFOUTH                                  Gl Timothée MALENDOMA

- U FR: NZENGUE LANDA                                 Pouvoirs publics

-  MLCJ:

Société civile

C. RODONNE SIRIBI

 

Le Ministre de l’Administration du                       Le Médiateur de la République

Territoire et de la Décentralisation

 

 

 

Elie OUEIFIO                                                          MGR Paulin POMODIMO

 

 

 

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