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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 19:45


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Niger: des militaires ont "emmené" le président Tandja

BAMAKO - Des militaires à l'origine d'une tentative de coup d'Etat jeudi au Niger ont "emmené" le président Mamadou Tandja et arrêté plusieurs membres du gouvernement, ont indiqué à l'AFP deux ministres nigériens sous couvert de l'anonymat, eux mêmes arrêtés.

"Nous voulons savoir ce qui se passe, c'est notre pays et personne ne veut le brûler. Nous ne sommes pas libres de nos mouvements, nous ne pouvons pas sortir. Ils ont emmené Mamadou Tandja", a indiqué par téléphone portable depuis Niamey un ministre.

"Nous ne savons pas ce qui se passe, nous sommes pas libres de nos mouvements mais nous avons nos portables et nous sommes là où devaient se dérouler le Conseil des ministres. Ils ont emmené le président", a confirmé un autre membre du gouvernement, toujours sous couvert de l'anonymat.

(©AFP / 18 février 2010 20h25)




Le président Tandja serait retenu dans une caserne

NIAMEY - Le président nigérien Mamadou Tandja, visé jeudi par une tentative de coup d'Etat selon des sources françaises, serait retenu dans une caserne à l'extérieur de Niamey, a indiqué à l'AFP un responsable sous couvert d'anonymat.

"Le président Tandja et son aide de camp seraient retenus dans la garnison de Tondibia", située à une vingtaine de kilomètres de la capitale, a affirmé cette source.

Plusieurs ministres seraient quant à eux retenus dans les locaux du Conseil supérieur de la communication, non loin du palais présidentiel, a-t-elle ajouté.

Une tentative de coup d'Etat est en cours dans le pays sahélien, selon des sources française ayant requis l'anonymat.

Des témoins ont fait état de tirs nourris dans la journée, notamment autour de la présidence.

(©AFP / 18 février 2010 20h02)


Niger: plusieurs soldats tués et au moins une "dizaine" blessés à Niamey

NIAMEY - Plusieurs soldats ont été tués et au moins une "dizaine" de militaires ont été blessés jeudi à Niamey où une tentative de coup d'Etat était en cours, selon des témoins et une source hospitalière dans la capitale du Niger.

Des témoins ont fait état jeudi de trois ou quatre soldats tués par un tir d'obus.

Ils ont indiqué que les corps de ces militaires avaient été extraits d'un blindé dont le toit a été détruit et qui était stationné jeudi après-midi devant l'hôpital de Niamey.

"Ca s'est passé devant moi, j'ai vu le missile raser complètement le haut du blindé, trois ou quatre soldats qui étaient à l'intérieur étaient comme déchiquetés et on les a transportés à la morgue" de l'hôpital, a indiqué un vendeur à la sauvette.

Une source hospitalière a déclaré de son côté avoir dénombré "au moins un dizaine de militaires blessés".

"J'ai constaté au moins une dizaine de militaires blessés aux urgences de l'hôpital" national de Niamey, a déclaré à l'AFP cette source ayant requis l'anonymat.

Une tentative de coup d'Etat est en cours dans le pays sahélien, selon un responsable français ayant requis l'anonymat.

Des témoins ont fait état de tirs nourris dans la journée, notamment autour de la présidence.

(©AFP / 18 février 2010 19h51)



PARIS - Le président nigérien Mamadou Tandja, visé par une tentative de coup d'Etat jeudi à Niamey, et son gouvernement seraient "entre les mains des mutins", a déclaré à l'AFP une source diplomatique française.

"Ca s'est passé à l'issue d'un conseil des ministres, il semblerait que le président Tandja soit à l'heure actuelle entre les mains des mutins et que les membres du gouvernement soient eux-même retenus", a indiqué cette source en fin d'après-midi.

"Il y a actuellement une réunion des chefs militaires" à Niamey, a-t-elle ajouté.

De son côté, une source diplomatique africaine à Niamey a déclaré à l'AFP que "plusieurs hautes personnalités nigériennes ne sont plus libres de leurs mouvements. Elles ont été arrêtées".

"Tandja ferait partie du lot. Les insurgés ont nettement pris le dessus", a-t-elle encore dit.

Selon la source diplomatique française, qui avance que la garde présidentielle a pris part à cette tentative de coup d'Etat, les dissensions au sein de l'armée étaient connues.

"On savait qu'une partie de l'armée désapprouvait Tandja et son coup de force constitutionnel, on pensait jusque là cette partie très minoritaire. Il y a tradition de coup d'Etat dans ce pays, mais on ne pensait pas que ça viendrait aussi vite", a-t-elle ajouté.

Après dix ans de pouvoir, M. Tandja avait dissous l'année dernière le parlement et la cour constitutionnelle et obtenu une prolongation controversée de son mandat pour au moins trois ans à l'issue d'un référendum en août.

L'opposition, qui avait boycotté cette consultation ainsi que des législatives controversées en octobre, avait dénoncé un coup d'Etat et la communauté internationale a condamné les agissements du président. L'Union européenne a suspendu son aide.

(©AFP / 18 février 2010 18h35)


 

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 16:00


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NIAMEY – (AFP) 18 février 2010 15h47 - Une tentative de "coup d'Etat" est en cours jeudi au Niger, a déclaré à l'AFP un responsable français, alors que des témoins ont fait état de tirs nourris d'armes automatiques à Niamey, notamment près de la présidence.

En milieu d'après-midi, des soldats étaient déployés autour du palais présidentiel et dans les rues adjacentes, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Il y a une tentative de coup d'Etat" au Niger, a déclaré à Paris ce responsable français, qui a requis l'anonymat. "Tout ce que je peux dire, c'est que a priori (le président nigérien Mamadou) Tandja n'est pas dans une bonne position", a-t-il ajouté.

Paris a demandé aux Français de Niamey de rester chez eux, selon des sources diplomatiques.

Mercredi, le Premier ministre du Niger Ali Badjo Gamatie avait annoncé "une réunion importante du conseil des ministres" pour ce jeudi. Ces réunions ministérielles sont normalement présidées par M. Tandja.

Le Niger est plongé dans une grave crise depuis que Mamadou Tandja, après dix ans de pouvoir, a dissous l'an dernier le parlement et obtenu une prolongation controversée de son mandat à l'issue d'un référendum constitutionnel.

Des témoins ont fait état jeudi après-midi de tirs dans la capitale nigérienne.

"Il y a 40, 45 minutes, on a commencé à entendre des tirs de mitraillettes, et après, de grosses déflagrations. Ca a fait trembler la maison", a raconté vers 13H00 GMT Claire Deschamps, une Française vivant à Niamey, contactée par l'AFP par téléphone depuis Paris.

Ce témoin, qui a indiqué être barricadée chez elle, vit à "une dizaine de minutes en voiture de la présidence".

Un autre témoin a déclaré à un journaliste de l'AFP à Niamey que les tirs avaient commencé autour du palais présidentiel.

"Les tirs étaient dirigés vers le bureau du président", a rapporté ce témoin, qui travaille dans un endroit situé en face de ce bâtiment.

Un troisième témoin a rapporté sur Radio France internationale (RFI) qu'il était "à la présidence pour voir un conseiller quand ça a commencé".

"J'ai entendu des coups de feu. Il y avait des armes lourdes (...) et des obus. Je vois une fumée vers le bureau du président", a-t-il ajouté, interrogé depuis Paris par RFI vers 14H00 GMT.

Après dix ans de pouvoir, Mamadou Tandja devait initialement se retirer en décembre, mais la nouvelle Constitution adoptée en août lui assure encore au moins trois ans à la tête du pays. L'opposition a dénoncé un coup d'Etat.

Pour arriver à ses fins, Mamadou Tandja avait dissout le Parlement et la Cour constitutionnelle qui s'opposaient à son projet.

La tenue en octobre de législatives, également boycottées par l'opposition, a entraîné la suspension du Niger par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), et l'Union européenne a suspendu son aide au développement.

Le dialogue inter-nigérien de sortie de crise entre pouvoir et opposition, qui se déroule sous l'égide d'un médiateur de la Cédéao, a été suspendu la semaine dernière.

Les médias d'Etat au Niger ne communiquaient jeudi aucune information quant à une éventuelle tentative de coup d'Etat.

(©)


Niger: Paris demande aux Français de rester chez eux

PARIS - La France a demandé à ses ressortissants à Niamey de rester confinés chez eux, à la suite d'une tentative de coup d'Etat contre le président nigérien Mamadou Tandja, a-t-on appris jeudi de sources diplomatiques.

Environ 1.500 Français vivent au Niger, et quelque 500 Européens à Niamey, selon ces sources.

Selon un responsable français, une tentative de "coup d'Etat" a eu lieu jeudi dans la capitale du Niger. Des tirs nourris d'armes automatiques ont retenti à Niamey, notamment autour de la présidence nigérienne, selon des témoins.

Après dix ans de pouvoir, M. Tandja devait initialement se retirer en décembre, mais la nouvelle Constitution adoptée en août lui assure encore au moins trois ans à la tête du pays. L'opposition avait à l'époque dénoncé un coup d'Etat.

Un dialogue inter-nigérien, qui se déroule sous l'égide d'un médiateur ouest-africain, a été temporairement suspendu jeudi dernier.

Beaucoup de Français installés au Niger travaillent pour le groupe nucléaire français Areva, implanté au Niger pour l'exploitation des mines d'uranium, dont le Niger est actuellement le 3ème producteur mondial.

Début janvier, Areva avait signé avec le gouvernement du Niger une convention lui attribuant le permis d'exploitation du gisement d'Imouraren, "la mine d'uranium la plus importante de toute l'Afrique et la deuxième du monde", selon le numéro un mondial du nucléaire civil.

(©AFP / 18 février 2010 15h58)

 

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 00:50


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Survie 16 février 2010 par Odile Tobner

A partir du XVIe siècle l’Europe occidentale lance à son profit la mondialisation. Ses vaisseaux sillonnent bientôt toutes les mers du globe. Elle s’empare de l’Amérique, puise des esclaves en Afrique pendant quatre siècles, avant de s’emparer des territoires africains à la fin du XIXe siècle. Cette histoire de l’Afrique est encore aujourd’hui enseignée à partir de la vision du seul conquérant, présenté comme donnant naissance à « toute une partie de la planète qui n’existait pas jusque là », simplement parce qu’elle n’existait pas pour les Européens. L’histoire précolombienne en Amérique, l’histoire précoloniale en Afrique, sont des appendices de la préhistoire, traitées par les anthropologues et les ethnologues avec une suffisance paternaliste.

Au XXe siècle, au faîte de sa puissance, l’Europe se dévore elle-même en deux guerres mondiales abominables qui sonneront le glas de sa prééminence. La colonie anglo-américaine, qui s’était précocement détachée de la métropole à la fin du XVIIIe siècle, prend au XXe siècle le relais de la puissance européenne dans la domination mondiale, tandis que l’appendice eurasiatique des empires russe et chinois résiste à l’abri du socialisme.

À l’issue de la deuxième guerre mondiale les grands empires coloniaux sont ébranlés. L’implosion de l’Europe autour du noyau dur allemand a été à l’origine de la grande recomposition de la seconde moitié du XXe siècle. L’émancipation des colonies se fait sur fond d’affrontement idéologique et impérialiste Est Ouest. Le feu des guerres coloniales embrase ce qu’on appelle désormais le Tiers Monde.

En France, au mythe de la colonisation civilisatrice succède celui de la décolonisation pacifique

L’exaltation et l’orgueil nationaux survivent à l’échec de l’une et de l’autre, dans un effort de dissimulation pathétique, qui nous vaut à l’heure actuelle des débats aussi anachroniques que celui sur l’identité française, au lieu d’effectuer une radicale et salutaire clarification de l’histoire entre vainqueurs et vaincus destinés, paraît-il, à cohabiter dans l’égalité. Nous en sommes loin. Le geste magistral et profanatoire de Cheikh Anta Diop, reprenant possession de l’histoire de son continent, dès les années cinquante, a été puni d’un ostracisme résolu et persistant. L’histoire doit toujours être faite par les anciens maîtres, qui entendent le rester coûte que coûte.

Le fameux discours de Brazzaville du général de Gaulle, le 30 janvier 1944, s’en tient seulement à proposer une adaptation de la domination. Avec la conviction d’une grande magnanimité il préconise d’admettre l’indigène à partager son propre gouvernement. Après la deuxième guerre mondiale, le gouvernement provisoire de la France, par une ordonnance du 22 août 1945, établit que les élections auront lieu dans l’Empire français au double collège, celui des citoyens, français métropolitains, et celui des autochtones. En avril 1946 l’assemblée constituante abolit le code de l’indigénat avec le travail forcé et la justice indigène spéciale. La loi Lamine Gueye accorde théoriquement la citoyenneté aux habitants des colonies. La constitution de la IVe république, ratifiée le 27 octobre 1946, institue l’Union Française, qui remplace l’Empire français. Les anciennes colonies deviennent des territoires ou des départements d’Outre Mer. Les anciennes colonies allemandes sous mandat de l’ONU, Togo et Cameroun, sont intégrées à l’Union française. Mais les massacres de Sétif le 8 mai 1945, le jour même de la capitulation de l’Allemagne, la répression de l’insurrection de Madagascar en 1947 puis le déchaînement des terribles conflits indochinois, de 1946 à 1954, et algérien, de 1954 à 1962, montrent la réalité et la détermination de l’ambition impériale qui subsiste intacte sur le fond.

Les aspirations des colonisés à une légitime émancipation ont toujours été considérées comme des agressions injustifiées contre la puissance française

Traque des syndicalistes, poursuites contre les nationalistes autochtones, interdictions des partis et des publications anticolonialistes sont le pain quotidien des futures ex-colonies. Les concessions sont accordées chichement. En 1956 la loi Defferre, du nom du ministre de l’Outre-Mer, dite aussi loi-cadre parce qu’elle n’édicte rien mais laisse toute latitude au gouvernement de légiférer par décrets, met en place, un semblant d’autonomie.

De Gaulle, arrivé au pouvoir en mai 1958, propose au référendum, en octobre 1958, la constitution de la Ve république prévoyant, dans son titre XIII, une structure rassemblant la France et ses anciennes colonies dans une Communauté qui se substitue à l’Union française. Seule la Guinée, sous l’impulsion de Sékou Touré, répond « non » à ce référendum et accède immédiatement à l’indépendance. La communauté sera éphémère. En 1960 la nécessité d’une indépendance nominale pour les anciennes colonies s’impose. Le tour de passe-passe gaulliste consiste à prendre la tête d’un mouvement inévitable et à instituer des indépendances telles que la souveraineté politique, économique et militaire de la France demeure sur ses anciennes colonies. Les conseillers français sont présents partout. Le Franc de la Communauté Française d’Afrique est géré par le Trésor français, l’armée française est garante de l’ordre dans les nouveaux Etats. La nouvelle situation présente même bien des avantages en faisant faire à la France l’économie de l’administration coloniale tandis que les instruments de l’exploitation restent intacts. L’accès aux matières premières et l’alignement diplomatique sont garantis. Tous les contrevenants seront punis par des coups d’État ou des assassinats, alors que les fidèles seront défendus contre les mouvements populaires. L’histoire de la Françafrique à la Foccart s’ouvre pour un demi-siècle.

Un simple rappel des faits permet de réfuter le tableau officiel idyllique de l’accès à l’indépendance des pays subsahariens, tel qu’il est peint par Jacques Toubon : « Une décolonisation réussie, parce que c’est une décolonisation qui s’est faite par consentement mutuel, la volonté de ces pays de ces territoires, après la loi cadre de 1957, après la marche vers l’autonomie de 1958, après la constitution que le général de Gaulle a fait adopter en 1958, d’accéder à l’indépendance pleine et entière d’états souverains, secondés par la France, à ce moment-là, et soutenus par elle tout au long de ces 50 années ». La réalité est tout autre et le résultat de cette collaboration est hélas très visible.

1er janvier 1960, l’indépendance du Cameroun est proclamée

Le premier président est Ahmadou Ahidjo, qui avait été ministre de l’intérieur puis premier ministre sous le régime d’autonomie interne instauré en 1956. Installé au pouvoir par le gouverneur Jean Ramadier, il conduisit la répression contre l’UPC, parti indépendantiste, traduite par une guerre féroce, avant et après l’indépendance, avec un corps expéditionnaire français, de 1956 à 1971, qui fit plusieurs centaines de milliers de morts. Ahidjo quitte le pouvoir en 1982 en faveur de son premier ministre Paul Biya qui s’est succédé à lui-même depuis en réprimant dans le sang une tentative de coup d’Etat militaire, en 1984, et plusieurs mouvements de revendications populaires, en 1992 et en 2008.

27 avril 1960, le Togo accède à l’indépendance

En 1958 le parti indépendantiste avait remporté les élections. Son leader Sylvanus Olympio devient le premier président. Il est renversé et assassiné dans un coup d’Etat le 13 janvier 1963. Nicolas Grunitzky lui succède, sera lui-même chassé en 1967 et mourra dans un accident à Paris en 1969. L’artisan des coups d’Etat de 63 et 67, l’ex sergent de l’armée française Gnassingbé Eyadema prend le pouvoir, instaure un parti unique le RPT et réprime toute opposition. Il reste au pouvoir jusqu’à sa mort le 5 février 2005. Son fils Faure Gnassingbé lui a succédé lors d’une élection contestée qui a provoqué des dizaines de morts.

26 juin 1960, la république de Madagascar est instaurée

La grande révolte de mars 1947, écrasée dans le sang de dizaines de milliers de Malgaches, a durablement marqué les esprits. Le premier président Philibert Tsiranana, protégé de la France ne surmontera pas l’hostilité de la population et quitte le pouvoir en 1972 en faveur d’un militaire chargé de faire l’Union nationale. En 1975, après l’assassinat du populaire général Rasimandrava, le capitaine de corvette Didier Ratsiraka instaure un régime autoritaire se disant révolutionnaire, à la fois pro soviétique et non aligné. Il se maintient jusqu’en 1993. Après un intermède parlementaire jusqu’en 1996, Ratsiraka est réélu. En décembre 2001 Marc Ravalomanana l’emporte mais ne peut faire reconnaître sa victoire qu’en juillet 2002, après six mois de manifestations populaires. Réélu en décembre 2006, Ravalomanana se heurte en 2008 à l’opposition du maire de Tananarive. Il est contraint à quitter le pouvoir qui est confié à un comité militaire.

1er août 1960 : Le Dahomey devient indépendant

Hubert Maga est son premier président. Il est poussé à démissionner en 1963 par le colonel Christophe Soglo, qui le remplace d’abord par Sourou Migan Apithy et prend le pouvoir lui-même en 1965 jusqu’en 1967. Alphonse Amadou Alley, Emile Derlin Zinsou, Paul-Emile De Souza se succèdent au pouvoir. Hubert Maga revient de 1970 à 1972. Le capitaine Mathieu Kérékou prend alors le pouvoir et engage le régime dans la voie marxiste. En 1975 le Dahomey devient le Bénin. Kérékou échappe à plusieurs tentatives de coup d’Etat mais ne tombe jamais dans la répression. En 1977 un débarquement de mercenaires menés par Bob Dénard, parti du Gabon pour renverser le régime échoue. En 1990 le Bénin est le premier pays à organiser une conférence nationale. En 1991 Nicéphore Soglo est élu président. Mathieu Kérékou revient au pouvoir en 1996, est réélu en 2001. En 2006 c’est l’économiste Yayi Boni qui gagne l’élection présidentielle. Le Bénin, pauvre en ressources, a, semble-t-il évolué de façon relativement autonome.

3 août 1960 : Le Niger devient indépendant

Il est présidé de 1960 à 1974 par Hamani Diori, un des fondateurs de la francophonie. En 1970 on découvre l’importance des gisements d’uranium au Niger. La COGEMA française, devenue AREVA les exploite à partir de 1971. En 1974 Hamani Diori veut indexer le cours de l’uranium sur celui du pétrole. Un ancien sergent de l’armée française Seyni Kountché, le chasse par un coup d’Etat le 15 avril 1974 et demeure au pouvoir jusqu’à sa mort en 1987. Après des progrès démocratiques dans les années 90, l’actuel président Mamadou Tanja vient de créer une crise politique en changeant les institutions pour se maintenir au pouvoir.

5 août 1960 : La Haute Volta, cette région qui avait fait partie de la Côte d’Ivoire puis en avait été séparée, accède à l’indépendance

Le premier président Maurice Ouédraogo s’associe, dans le Conseil de l’Entente, à la Côte d’Ivoire au Dahomey et au Niger. En 1966 le colonel Sangoulé Laminaza prend le pouvoir et s’y installe comme président jusqu’au coup d’Etat du colonel Saye Zerbo en novembre 1980. En septembre 81 le capitaine Thomas Sankara devient secrétaire d’Etat chargé de l’information. Il démissionne en 82. Le 7 novembre 82 le médecin commandant Jean-Baptiste Ouédraogo prend le pouvoir. Le très populaire Sankara devient premier ministre en janvier 83. Il est arrêté en mai. Libéré sous la pression populaire il proclame le CNR (Conseil National de la Révolution le 4 août 1983. Le 4 août 84 le pays devient le Burkina Faso. Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara est assassiné. Blaise Compaoré prend le pouvoir, qu’il détient toujours. Le pays est avant-dernier mondial à l’indice de développement humain.

7 août 1960 : La Côte d’Ivoire devient indépendante

Son histoire est marquée, avant et après l’indépendance, par la personnalité de Félix Houphouët Boigny. Anticolonialiste dans sa jeunesse militante, Houphouët devint le plus francophile des dirigeants africains. Sa longue présidence de la Côte d’Ivoire, de 60 jusqu’à sa mort en 1993, ne fut pas tout à fait paisible. Il réprima de nombreuses contestations intérieures, ourdit plusieurs complots contre des dirigeants africains, tels que Sékou Touré, Kwame N’krumah et passe pour avoir fomenté l’assassinat de Thomas Sankara. Il soutint la sécession désastreuse du Biafra, le coup de force raté contre le Bénin progressiste et entretint des relations avec l’Afrique du sud raciste dont il reçut les dirigeants. Le fameux « miracle ivoirien » de l’explosion économique se révéla un trompe l’œil, avec une croissance sans développement, profitable aux seuls capitaux étrangers. Le règne de ce partisan de l’ordre se termina dans le scandale et le chaos. Il laissa une fortune personnelle colossale et un État fragile. Son successeur Konan Bédié fut chassé par le général Robert Gueï. Les élections qui suivirent mirent au pouvoir l’opposant Laurent Gbagbo. La crise politico-militaire de 2002, avec la tentative de coup d’État, la partition de la Côte d’ivoire et l’intervention de l’ONU, n’est toujours pas résolue. Le pari sur l’avenir qu’on dit avoir été lancé par Houphouët à N’krumah en 1958 – l’un choisissant une pleine indépendance, l’autre la coopération avec la France – a été largement gagné par le Ghana. Dans le dernier classement selon l’indice de développement humain fait par l’ONU, la Côte d’Ivoire est 166e sur 177 et le Ghana 135e.

11 août 1960 : Le Tchad accède à l’indépendance sous la présidence de François Tombalbaye, cornaqué par le Commandant français Gourvenec qui s’occupe de sa sécurité

Le Dr Outel Bono, opposant, sera assassiné en France en août 1973. Tombalbaye sera lui-même assassiné en 1975. Le général Malloum lui succède avant que le rebelle nordiste Goukouni Oueddei ne prenne le pouvoir en 1979 avec l’aide des Libyens. Ce dernier est renversé à son tour en 1982 par l’ex-rebelle Hissène Habré aidé par les Français. En 1990 Idriss Déby, adjoint de Hissène Habré, le supplante au pouvoir, qu’il a gardé depuis. La France a toujours été militairement présente au Tchad, où elle possède une base à l’aéroport de Ndjaména, anciennement Fort-Lamy. Peu peuplé, avec moins de 10 habitants au km2, le Tchad bénéficie depuis 2003 d’une rente pétrolière considérable. Il n’en reste pas moins placé 170e sur 177 à l’indice de développement humain en 2008.

13 août 1960 : La République Centrafricaine, ancien Oubangui Chari à l’époque coloniale devient indépendante

Un an avant l’homme politique exceptionnel qu’était Barthélémy Boganda, qui conduisait le pays, était mort dans un accident d’avion. David Dacko lui succède. Il est renversé en 1965 par le capitaine Jean-Bedel Bokassa, ancien officier de l’armée française qui imposera un régime extravagant et sanguinaire jusqu’en 1979, où il est évincé par les services français eux-mêmes, qui ramènent David Dacko. En 1982 ce dernier est chassé du pouvoir par le général André Kolingba. En 1993 Ange-Félix Patassé remporte la première élection multipartite. Il est renversé par un coup d’Etat du général Bozizé en 2003. Comme au Tchad la présence militaire française a été constante et reste déterminante. L’État centrafricain est lui en totale déréliction.

15 août 1960 : Le Congo-Brazzaville devient indépendant, sous la présidence de l’abbé Fulbert Youlou, soutenu par le colonat local et par l’armée française

Les 13, 14 et 15 août 1963 des manifestations populaires, protestant contre la corruption du régime, le poussent à la démission. De Gaulle n’ayant guère de sympathie pour ce prêtre défroqué et polygame la France n’intervient pas. Alphonse Massamba Debat, réputé pour son intégrité est élu président. Il gouverne jusqu’en septembre 1968 où il est renversé par le commandant Marien Ngouabi qui établit un régime marxiste et un parti unique le PCT (Parti Congolais du Travail) jusqu’à son assassinat en 1977. Peu après l’ancien président Massamba Debat est arrêté et exécuté. La présidence du comité militaire est assurée par le général Yhombi Opango. Le 8 février 1979 le comité central du PCT dissout le comité militaire et nomme le colonel Denis Sassou Nguesso président du parti et du pays. En 1990 le pays prend le tournant du multipartisme. L’élection présidentielle qui suit, en 1992, est remportée par Pascal Lissouba. Mais le pays est livré aux milices. La guerre civile fait rage en 1997 et Sassou Nguesso remporte la victoire par les armes contre l’État légal. Il se proclame président le 25 octobre 1997. Il a depuis conservé le pouvoir. La politique congolaise est dominée par l’exploitation du pétrole, découvert en 1970, exploité depuis 1972, essentiel depuis 1974. L’ascension de Denis Sassou Nguesso, dans l’ombre de Marien Ngouabi, suit la même courbe.

17 août 1960 : Le Gabon accède à l’indépendance présidé par Léon Mba, mis en place par les forestiers français

L’armée française le rétablit au pouvoir lorsqu’en 1964 il est chassé par Jean-Hilaire Aubame. Aucun pays n’a été aussi directement lié à Paris qui en a fait sa base africaine d’intervention. Second du pouvoir dès 1965, Albert Bongo succède à Léon Mba en 1967 et conserve le pouvoir jusqu’à sa mort à Barcelone le 8 juin 2009. Il a su corrompre ses opposants mais le plus valeureux, Germain Mba, a été assassiné en 1971. Le fils de Bongo, Ali Bongo, vient de lui succéder dans une élection douteuse. Depuis les années 70 le pétrole représente l’essentiel de l’économie gabonaise. La rente pétrolière n’a pas servi au développement du pays qui est resté sans infrastructures ni équipements, mais à l’enrichissement du clan Bongo et des ses alliés français, hommes politiques et hommes d’affaires.

20 août 1960 : Le Sénégal proclame son indépendance

La fédération du Mali, formée du Sénégal, du Soudan français, n’aura duré que quelques mois, après que la Haute-Volta et le Dahomey l’ont quittée dès ses premiers jours, sabotée, dit-on, par Houphouët Boigny. Le président est Léopold Sédar Senghor, écrivain, très attaché à la France, père de l’institution de la francophonie. Il réprimera durement des mouvements étudiants et syndicaux. L’assassinat du brillant Omar Diop Blondin en prison entache son pouvoir. Senghor démissionne en 1980 au profit de son premier ministre Abdou Diouf. Ce dernier est président jusqu’en 2000, où il est battu à l’élection présidentielle par Abdoulaye Wade.

22 septembre 1960 : L’ancien Soudan français devient indépendant sous le nom de l’ancien empire du Mali

Il est dirigé par Modibo Keita, homme politique progressiste et panafricain, un des pères de l’OUA en 1963. Celui-ci est renversé par un coup d’Etat militaire en 1968, par le général Moussa Traoré qui impose une dictature féroce. En 1977 Modibo Keita meurt en détention de façon suspecte. En 1992 après la répression sanglante de la revendication de démocratisation, un coup d’Etat militaire mené par le colonel Amadou Toumani Touré le chasse et organise la première élection multipartite remportée par Alpha Oumar Konaré, réélu en 2007. Amadou Toumani Touré lui succède en 2002 et est réélu en 2007.

28 novembre 1960 : La Mauritanie accède à l’indépendance

Le premier président est l’avocat Moktar Ould Daddah. Il mène une politique d’indépendance nationale, créant une monnaie, l’ouguiya, dénonçant les accords avec la France, nationalisant la Miferma société d’exploitation des mines de fer. La guerre contre le front Polisario, qui revendique l’indépendance du Sahara occidental, mine le régime qui est renversé en 1978 par un coup d’Etat militaire. Le comité militaire qui lui succède prend fin en 1984 avec la prise de pouvoir du colonel Ould Taya. En 1989 les violences contre les négro-mauritaniens se déchaînent. Plus de 120 000 sont déportés au Sénégal. En 2005 Ould Taya est chassé du pouvoir par un putsch militaire mené par le colonel Ely Ould Vall. L’élection présidentielle de 2007 est remportée par Ould Cheikh Abdallahi. Le 6 août 2008 un coup d’Etat porte au pouvoir le général Ould Abdel Aziz.

Sur ces 14 pays, 5 figurent dans les dix derniers au classement mondial de l’indice de développement humain. Ce sont le Tchad, la Centrafrique, le Mali, le Niger et le Burkina-Faso. Pour la Centrafrique et le Niger cette place est scandaleuse au regard des immenses richesses qui ont été exploitées sur leur territoire. Les pays qui comparativement sont mieux classés sont ceux qui se sont le plus affranchis, économiquement et politiquement, du lien néocolonial. La Mauritanie, pays désertique est 137e sur 177. Le Bénin, sans autre ressource que le coton est 163e.

Le mythe de la tranquillité est contredit par les répressions et les assassinats qui ont sévi dans des pays dits stables ; celui de la croissance est contredit par l’absence générale de développement qui frappe plus particulièrement les pays d’Afrique sahélienne et équatoriale francophones. Politiquement le respect de la démocratie est un échec presque partout et surtout dans les pays riches en ressources, où chaque élection constitue un scandale par un mépris absolu des règles élémentaires d’un scrutin honnête. Pour la plupart de ces pays le cinquantenaire de l’indépendance peut se résumer en cinquante ans pour rien, sinon l’enfoncement dans la misère. Il n’y a pas là de quoi pavoiser.

L’Afrique du XXIe siècle reste ce qu’elle a toujours été pour l’Europe – sauf qu’elle l’est aussi maintenant en plus pour le reste de la planète : tats-Unis, tats émergents, Chine – un réservoir de richesses. Ce qui est convoité ce sont les matières premières, mais aussi les terres et les hommes pour les travailler. Le sort de l’Afrique, comme au temps de la conférence de Berlin, est décidé dans les institutions internationales, financières et commerciales, avec leurs puissants acteurs. Le même dépeçage est fait par les multinationales qui se répartissent l’exploitation des ressources et la gestion des équipements. On ne voit pas pour l’instant où pourrait bien être le point d’appui pour le levier qui soulèverait le poids de d’une oppression aux multiples chaînes, idéologiques, religieuses, économiques et libérerait le géant ligoté. On sent seulement comme une fermentation sourde qui court souterrainement et éclate ça et là en révoltes sans lendemain ou en luttes fratricides. Un jour, qu’on espère proche, l’indépendance ne sera plus un vain mot mais une décision des peuples d’exercer enfin leur puissance et leur souveraineté.

 

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 00:42


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NEW YORK (Nations unies) - Le Conseil de sécurité a exprimé mercredi son soutien à la force de paix de l'ONU au Tchad, dont le gouvernement demande le retrait, et encouragé la poursuite de négociations avec N'Djamena sur l'avenir de cette force.

Les membres du Conseil "ont exprimé un plein soutien à la Minurcat (Mission de l'ONU au Tchad et en Centrafrique, ndlr) et ont encouragé la poursuite de consultations sur l'avenir de cette force", a déclaré à la presse l'ambassadeur de France, Gérard Araud, au nom du Conseil qu'il préside en février.

Il sortait d'une réunion à huis clos du Conseil, lors de laquelle deux hauts responsables de l'ONU ont mis en garde contre les conséquences négatives qu'aurait un retrait rapide de la Minurcat sur les populations qu'elle est chargée de protéger.

Après leur intervention, le chef du département de maintien de la paix de l'ONU, Alain Le Roy, et son collègue chargé des affaires humanitaires John Holmes, ont indiqué à la presse que l'ONU et le gouvernement de N'Djamena négociaient pour trouver un accord sur l'avenir de la force, dont le mandat expire le 15 mars.

M. Le Roy a précisé qu'il se rendrait dans ce but au Tchad la semaine prochaine.

Selon lui, les membres du Conseil souhaitent que celle-ci "maintienne sa présence au Tchad". "C'est aussi l'avis du Secrétariat (de l'ONU) mais nous devons prendre en compte le point de vue des autorités du Tchad, pays hôte", a-t-il dit.

M. Holmes a déclaré vouloir que la Minurcat reste "avec toutes ses composantes", estimant que c'est essentiel pour la sécurité et la poursuite des opérations humanitaires. "Nous sommes très préoccupés par la perspective d'un retrait", a-t-il dit.

L'ambassadeur du Tchad à l'ONU, Ahmad Allam-Mi, avait déclaré peu auparavant que N'Djamena accepterait le maintien de la composante civile de la Minurcat mais pas de sa composante militaire. Il avait affirmé que les forces tchadiennes étaient en mesure d'assurer elles-mêmes la sécurité des camps et attiré l'attention sur la situation nouvelle née du récent accord de paix entre son pays et le Soudan voisin.

Selon M. Le Roy, une telle formule n'est pas viable. "Ce n'est pas une option envisageable car nous ne pouvons pas maintenir les civils sans les militaires pour les protéger", a-t-il dit.

Pour M. Holmes, il est "actuellement difficile d'imaginer" le Tchad en mesure d'assurer la protection des civils. Selon lui, le Détachement intégré de sécurité tchadien, que la Minurcat est en train de former, a "encore beaucoup à faire avant d'être autonome".

M. Holmes a estimé à 500.000 personnes le nombre de civils dépendant de la Minurcat pour leur sécurité, soit environ 250.000 réfugiés du Darfour, 170.000 Tchadiens déplacés et 70.000 réfugiés centrafricains, auxquels s'ajoutent les populations locales, qui sont également "extrêmement vulnérables".



NDLR : Comme à l'accoutumée, les autorités de Bangui sont étrangement silencieuses sur ce dossier pourtant préoccupant au regard des gros problèmes humanitaires et sécuritaires qu'il recouvre.

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 00:22


Ouandet.jpg

Selon une source proche de l’opposition tchadienne qui a joint dans la journée la rédaction du blog, plusieurs commerçants tchadiens vivant à Bangui (RCA) ont été interpellés par la police centrafricaine.

Il s’agit de :

   *     Elhadji Ibrahim Lawane ;

  *     Elhadji Moussa Ahmat ;

  *     Elhadji Abdallah Moussa ;

A l’heure où nous rédigeons  cette dépêche, ces paisibles citoyens tchadiens sont  détenus dans les locaux des services de renseignements centrafricains et risquent d’être extradés vers le Tchad où l’Agence Nationale pour la Sécurité (ANS), police politique du régime Deby, les attend de pied ferme.

Il convient de rappeler que  ces derniers temps, nous assistons à un  travail de coordination des actions  entre les services de renseignements tchadiens et centrafricains qui procèdent à des arrestations arbitraires d’opposants hostiles à Bozizé et Deby.

C’est ainsi que le Général Baba Laddé était tombé dans un traquenard, l’année dernière puis extradé sur Ndjaména et dont personne n’a des nouvelles de lui. Il en est de même pour l’opposant centrafricain Charles Massi, arrêté au Tchad et remis aux autorités de Bangui, et dont le sort réservé a été tragique.

Pour les opposants tchadiens et centrafricains, Bangui et Ndjaména sont devenus des zones à hauts risques et infréquentables.

Ces arrestations récurrentes interviennent  alors que le régime tchadien par la voix d’Idriss Deby prétend appeler au dialogue l’opposition armée tchadienne.

Quelle ambivalence et décalage dans les déclarations et les actes du régime en place au Tchad ?

Le pouvoir d’Idriss Deby est trahi généralement par sa mauvaise foi qui caractérise son bilan de vingt  (20) de règne autoritaire similaire à des régimes d’exceptions qui se sont succédé dans le pays.

Par ailleurs, nous rappelons aux autorités de Bangui qui assurent le rôle de suppôt au régime Deby, qu’elles seront tenues responsables des dérives liberticides qui se déroulent au Tchad avec leur complicité engagée.

Nous demandons aux organisations centrafricaines de défense des droits de l’homme et aux autres structures au plan sous-régional et international d’intercéder auprès du Gouvernement de Bangui pour empêcher toute extradition vers Ndjaména de ces paisibles citoyens tchadiens dont le simple tort est de vivre hors du pays.

 
blog de Makaila Nguebla Mercredi 17 février 2010
3 17 /02 /2010 15:46

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 04:00


armement

 Mardi 16 février 2010   Pierre Agrounda / Envoyé permanent à Bangui

                              ( Regards d'Africains de France)

Le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique, le général Jules Bernard Ouandet a présenté, dans la matinée de lundi 15 février 2010 à la presse centrafricaine, deux hommes en treillis, notamment « deux militaires tchadiens de la Force multinationale en Afrique centrale (FOMUC) surpris en plein achat d’armes de guerre ».  Le ministre dit avoir été saisi par un appel anonyme. « Les policiers que j’ai dépêchés sur le terrain ont mis la main sur ces éléments de la FOMUC et les deux jeunes vendeurs d’armes de guerre que sons les braqueurs », ajoute Jules Bernard Ouandet.  

  Au journal télévisé où étaient présentés les éléments tchadiens de la  FOMUC, les vendeurs d’armes de guerre et leurs marchandises (pistolets automatiques et balles), le ministre s’est dit déterminé « à combattre ces bandes qui créent au quotidien l’insécurité à Bangui par des multiples  vols à main armée ». Jules Bernard Ouandet qui déclare avoir « le cœur serré » promet des mesures fermes contre les deux braqueurs et les militaires de la FOMUC. «Ils resteront en prison jusqu’à ce qu’ils me donnent toutes les explications sur ce réseau de vente et d’achat d’armes de guerre », rassure le membre du gouvernement.

  Avant de boucler son point de presse, M. Jules Bernard Ouandet s’est interrogé sur le rôle de la FOMUC dans un pays comme la République centrafricaine qui  amorce le processus de paix. « La FOMUC est là pour protéger les Centrafricains ou les combattre? », se demande le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique. Les soubresauts politico-militaires et les coups d’Etat à répétition ont favorisé, depuis 1996, la circulation illicite d’armes de guerre en Centrafrique.

  Il y a seulement quelques jours, L’Hirondelle, un quotidien de la place a interpellé les autorités centrafricaines au sujet de la vente illicite d’armes de guerre à Bangui et ses environs. « Le prix d’une kalachnikov varie entre 5000 (env. 7,69 Euro) à  10000 francs Cfa (env. 15,3 Euro) », souligne le journal dans l’une de ses parutions du moins de février 2010. Les autorités ont jusqu’à présent démasqué plusieurs réseaux de trafiquant d’armes de guerre. Mais c’est pour la première fois que la FOMUC, qui intervient en Centrafrique depuis 2008, est citée dans ce genre de trafic.

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 01:23



Joseph Binguimalé


NDLR : Bien que récusé par l'opposition démocratique et les politico-militaires regroupés au sein du Collectif des Forces du Changement et pratiquement désavoué par Bozizé lui-même qui avait accepté et ordonné un audit sur sa gestion administrative et financière suite aux graves présomptions et accustions qui pèsent sur lui dont démonstration avait été suffisamment faite publiquement  le 30 janvier dernier par Me Nicolas Tiangaye et Gabriel Jean Edouard Koyambounou devant le corps diplomatique, le vrai faux pasteur Joseph Binguimalé s'entête et continue de poser des actes au nom de la CEI. cela n'est pas du tout normal ni acceptable. Une telle situation n'est pas de nature à créer une ambiance de confiance et de sérénité, absolument indispensable au fonctionnement de la CEI dans ses rapports avec les partis de l'opposition.
En principe, l'audit qui doit être réalisé sur sa gestion de trois mois seulement à la tête de la CEI doit avoir un effet suspensif de ses activités en attendant que le rapport de l'audit, soit le blanchisse, soit l'envoie devant les tribunaux. Il ne doit plus exercer quelque activité que ce soit. Or force est de constater que ce monsieur prend des initiatives, adresse des lettres d'invitation et continue de poser des actes qui engage la CEI alors qu'il n'a plus en quelque sorte de légitimité donc n'est plus dans la légalité.
La question se pose réellement de savoir si ces initiatives proviennent de lui-même ou n'est ce pas avec l'aval de son complice Bozizé qui veut coûte que coûte lui faire engager le travail de révision des fameuses listes électorales qui ont servi à la mascarade électorale de 2005 et qui datent en fait du Recensement Général de la Population de 2003, miraculeusement retrouvées dans un entrepôt au quartier Combattant alors que le ministre de l'Administration du territoire Elie Oueifio avait déclaré devant les députés lors du débat sur le code électoral qu'elles avaient été détruites.
Si cet entêtement se poursuit, un nouveau blocage du processus électoral sera encore à craindre car l'opposition ne sera laissera pas flouer par les gesticulations d'un président de CEI disqualifié et récusé qui fait la sourde oreille et l'autruche. C'est à un véritable recensement des électeurs que doit procéder la CEI et non une révision de pseudos listes électorales qui ne correspondent à rien du tout dont le pouvoir veut se servir pour frauder les élections. Cette manoeuvre est trop grossière et ne peut point passer. Ci-dessous, les copies de deux lettres de Binguimalé, adressées au Coordonnateur de l'UFVN, Me henri POUZERE.




COMMISSION ELECTORALE INDEPENDANTE



 
N° 189/RCA.CEI.PDT.DIRCAB                          

                                                                                     Bangui, le 16 février 2010

 

Monsieur le Président

de la Commission Indépendante (CEI)

BANGUI

 

A

Monsieur le Coordonnateur

de l’Union des Forces Vives de la Nation (UFVN)

BANGUI

 

Objet : Recomposition des comités locaux

 

Monsieur le Coordonnateur,

 

Conformément à l’audience accordée par le Président de l République Chef de l’Etat à toutes les Forces Vives de la Nation en date du 30 janvier 2010, suite à la déclaration d’une partie de l’opposition démocratique, les Autres Partis et de l’APRD en date du 13 Février 2010, audience en présence des représentants de la communauté internationale et au cours de laquelle le Conseil National de la Médiation a été mandaté pour suivre les discussions sur les questions soulevées,

Conformément au Protocole d’Accord issu de la concertation menée par le Conseil National de la Médiation en date du 13 Février 2010, dans lequel il a été convenu de la recomposition des comités locaux à partir des listes présentés par les entités composant la CEI,

J’ai l’honneur de venir par la présente vous informer que des missions partiront à l’intérieur du pays du 19 au 26 Février 2010 avec pour objectif d’effectuer les opérations mentionnées en objet.

Vous êtes saisi de ce qui précède à toutes fins utiles.

Vous en souhaitant bonne réception

Veuillez agréer, Monsieur le Coordonnateur, l’expression de mes sentiments distingués.

 

Le Révérend Pasteur Joseph BINGUIMALE

 

 

Siège sis Palais de l’Assemblée Nationale

B.P. 528 Bangui – République Centrafricaine





COMMISSION ELECTORALE INDEPENDANTE

 

N° 164/RCA.CEI.PDT.DIRCAB                                       
                                                                             Bangui, le 15 février 2010

 

Monsieur le Président

de la Commission Indépendante (CEI)

BANGUI

 

A

Monsieur le Coordonnateur

de l’Union des Forces Vives de la Nation (UFVN)

BANGUI

 

Objet : Invitation

 

Monsieur le Coordonnateur,

J’ai l’honneur de venir par la présente vous informer que la Commission Electorale Indépendante (CEI) a opté pour la révision des listes électorales compte tenu de la disponibilité des bases de données existantes des élections de 2005.

A cet effet, un audit est prévu pour le mercredi 17 Février 2010 à 10 heures sur le site situé à Bangui Mpoko.

La CEI, dans un souci de transparence, vous convie ou un de vos représentants à cette mission et vous prie de bien vouloir vous rapprocher du Directeur de cabinet de la CEI pour les dispositions pratiques à prendre. Il est joignable au numéro suivant : 75 50 00 05

Vous en souhaitant bonne réception

Veuillez agréer, Monsieur le Coordonnateur, l’expression de mes sentiments distingués.

 

Le Révérend Pasteur Joseph BINGUIMALE

 

 

Siège sis Palais de l’Assemblée Nationale

B.P. 528 Bangui – République Centrafricaine

 




Bangui, le 15 Février 2010

A

Son Excellence,

Le Médiateur de la République

 

 

Projet des termes de Référence de la mission d'audit

La présente mission d'Audit devra cibler essentiellement deux préoccupations majeures des signataires du protocole d'accord relatif à l'organisation et surtout au fonctionnement de la Commission Electorale Indépendante (C.E.I).

1 - Audit Administratif

L'exercice consistera à comparer la taille actuelle du bureau de la Coordination, en l'occurrence, celle du cabinet du Président actuel de la CEI à celle des bureaux de la CEMI de 1993, 1998, 1999 et 2005. Le cas échéant procéder au dégraissage du cabinet actuel en supprimant certains postes tels que: Directeur de Cabinet, de Médecin, de Conseiller Juridique et d'attaché de presse    .

• :Dans la même optique, vérifier si la procédure utilisée pour le recrutement des personnalités à ces postes est conforme aux textes régissant le processus électoral en RCA, notamment la loi électorale, son décret d'application, le Règlement Intérieur de la CEI ainsi que les textes relatifs au droit de travail de notre pays.

• : Asseoir un organigramme du bureau de la coordination.

II Audit Financier

Vérifier si le budget de fonctionnement de la CEI est déjà examiné et adopté par la plénière de la CEI en ressources et en dépenses;

Procéder au pointage des ressources financières déjà encaissées et identifier leur provenance (budget national la contributions financières des partenaires au développement tels que la France, l'organisation internationale de la Francophonie, les Nations Unies, le PNUD, l'Union Européenne, l'UA etc ) ;

Vérifier la régularité et la moralité des dépenses effectuées à partir des ressources financières identifiées;

Contrôler les pièces de dépense afférentes aux diverses opérations; Vérifier si tous les matériels acquis dans le cadre de l'exécution du budget ou à titre de don sont bel et bien repris dans une comptabilité matière;

Vérifier si les locations des véhicules et les marchés publics attribués sont conformes à la réglementation en la matière.

III - Mesures correctives

Suites administratives

Suites Judiciaires le cas échéant.

 

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 01:15


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NDLR : Ci-dessous, la copie de la correspondance adressée par le Coordonnateur de l'UFVN au Médiateur de la République Mgr Pomodimo pour lui proposer les noms des nouvéeaux délégués que l'UFVN a choisi d'envoyer à la Coordination nationale de la Commission Electorale Indépendante en remplacement de ceux qui avaient été précédemment corrompus par le pouvoir en place (cf. l'affaire des enveloppes de 500.000 F CFA qui leur avaient été remises)



UNION DES FORCES VIVES DE LA NATION

 

 

Pour le Renouveau Démocratique

 

A

 

SON EXCELLENCE MONSEIGNEUR Paulin POMODIMO,
MEDIATEUR DE LA REPUBLIQUE

 

BANGUI (RCA)

 

Objet: Communication des noms des Personnalités Mandataires de l'UFVN Opposition Démocratique), à la Commission Electorale Indépendante (CEI)

 

Excellence,

Vu l'Article 11 Cinquième Tiret du Décret N" 09316 du 03 Octobre 2009 Portant mise en place de la Commission Electorale Indépendante (CEI) ;

Vu le Protocole d'Accord Relatif au Fonctionnement de la Commission Electorale Indépendante (CEI) en date du 13 Février 2010 ;

Je vous prie de recevoir en communication les Noms des NOUVELLES PERSONNALITES MANDATAIRES de l'Union des Forces Vives de la Nation (Opposition Démocratique) à la Commission Electorale Indépendante (CEI), en REMPLACEMENT des Anciens Mandataires DESAVOUES pour DEFAUT INTEGRITE MORALE ET RUPTURE DE CONFIANCE.

Il s'agit de :

Monsieur Gabriel Jean Edouard KOYAMBOUNOU 1ER Vice Président

Messieurs :

Christophe BREMAÏDOU

Blaise Fleury HOTTO

Baudin NGBONDO TABISSI

Venant Euloge NGOUMA

Veuillez agréer Excellence Monsieur le MEDIATEUR DE LA REPUBLIQUE, l'expression de ma très Haute Considération

Fait à Bangui, le 16 Février 2010

 

Le COORDONNATEUR: Maître Henri POUZERE

 

Ampliation:

Ministre de l'Administration du Territoire et de la Décentralisation Président de la Commission Electorale Indépendante

BINUCA

 

Le COORDONNATEUR:

 

 

Maître Henri POUZERE

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 01:10


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·         Un des facteurs clefs qui contribuent au taux élevé de mortalité maternelle en Afrique est le taux élevé de grossesses des adolescentes, qui résulte du mariage précoce et des grossesses de femmes de moins de 20 ans. Le risque de mortalité maternelle pour de très jeunes mères (15-19 ans) est deux fois plus élevé que celui que courent les mères âgées de plus de 20 ans. L’UNICEF (2008) estime que 70 000 très jeunes mères (15-19 ans) meurent chaque année à la suite de complications liées à une grossesse. Près de 80 % des cas de mortalité maternelle peuvent être évités, si les femmes ont accès aux services de santé maternelle essentiels et de base.

 

Nous pouvons conclure que la performance économique en Afrique reste fortement tributaire de la demande et des cours mondiaux des produits de base en raison de la transformation peu poussée des structures de production. Elle a  varié considérablement entre les pays et les sous-régions et est toujours insuffisante pour permettre à l’Afrique d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

 

De nombreux pays africains sont toujours confrontés à des pénuries alimentaires et à l’insécurité alimentaire du fait de la sécheresse, de conflits et de conditions rigides de l’offre, notamment.

Les gouvernements de nombreux pays africains ont de réels problèmes d’efficacité dans l’exécution des politiques publiques. Nos économies sont en perpétuelle situation difficile et l’annulation de la dette est régulièrement nécessaire pour que les finances publiques soient équilibrées. Le cadre institutionnel (État de droit, marchés financiers…) nécessaire au développement économique est instable ou tout simplement inexistant dans plusieurs pays d’Afrique

 

 

 IIIème PARTIE : QUE FAIRE POUR LES CINQUANTE ANNEES A VENIR ?

 

En raison de la crise financière et de la récession mondiales, les  chances de reprise d’une croissance soutenue en Afrique à court terme sont minces. Celles-ci dépendront de la capacité des plans de relance des gouvernements dans les pays développés à augmenter non seulement aussi bien leur demande intérieure que la demande de produits de base d’origine africaine. Il n’en demeure pas moins que des réformes économiques soutenues, le ralentissement de l’inflation, la dépréciation des monnaies locales et des efforts visant à relancer la demande intérieure, contribueront à une croissance positive.

 

Des mesures d’urgence à court terme et des mesures à long terme doivent être prises pour que l’Afrique relève les défis de la crise alimentaire et financière, de la volatilité de la croissance et du développement social.

 

Dans le court terme, les gouvernements ont impérativement besoin d’agir dans les directions suivantes :

  • C’est dans le domaine des IDE que l’Asie qui était au même niveau de développement que l’Afrique en 1960 nous a battus. Pour obtenir une croissance soutenue et durable, afin de rompre le cycle de la pauvreté, il nous faut accroître à tout prix les investissements intérieurs et extérieurs dans nos économies, en créant et surtout en maintenant un environnement favorable aux affaires. Dans les classements de la revue Doingbusiness de la Banque mondiale de ces deux dernières années, les pays africains sont en queue de liste, même si nous retrouvons deux pays africains parmi les dix pays plus réformateurs en 2008-2009 selon ce même classement.

 

  • Dans cette démarche, nous devons veiller à une répartition optimale des investissements aussi bien entre les secteurs et les projets, que sur le plan territorial, dans un souci d’aménagement équilibré des territoires et de fixation des populations pour éviter une urbanisation anarchique, facteur aggravant de la pauvreté. Il est donc évident que c’est la création d’entreprises aussi bien par des nationaux que par des intervenants extérieurs qui favorisera la croissance et l’emploi, au profit des couches aujourd’hui défavorisées de nos populations (jeunes scolarisées et déscolarisées, femmes, etc.).

 

  • Il faut massivement investir dans l’agriculture vivrière, pour rendre l’accès à l’alimentation moins onéreuse pour la majorité de la population dont le pouvoir d’achat est déjà faible. Nous avons tous en mémoire les émeutes de la faim d’il ya deux ans dans de nombreux pays africains. C’est la réponse du peuple face à des politiques agricoles inadaptées.

 

  • Il faut développer une politique énergétique réaliste : l’Afrique est le continent du soleil et du vent, mais le dernier dans le domaine des énergies nouvelles. Un important chantier s’ouvre devant nos pays dans ce domaine, car il est désormais connu qu’il n’y aura pas de développement sans maîtrise de l’énergie.

 

  • Il faut prendre à bras le corps la question des diasporas africaines, y compris la fuite des cerveaux. L’Afrique a besoin de l’expérience que ses enfants accumulent à l’extérieur dans tous les domaines, et leur implication dans les domaines d’expertise dont l’Afrique a besoin est une impérieuse nécessité.

 

Dans le long terme, les gouvernements devraient investir davantage dans :

 

·         L’agriculture- toujours l’agriculture- pour stimuler la productivité de ce secteur. Le système   agricole doit être fondamentalement modifié afin de promouvoir les cultures qui peuvent contribuer à l’autosuffisance alimentaire et celles qui s’exportent mieux (légumes, fruits tropicaux etc.)

 

·         Les infrastructures - notamment l’énergie y compris toujours l’énergie solaire comme dit plus haut- les communications et les routes ;

 

·         les prestations de services publics dans les domaines de l’éducation et de la santé ;

 

·         Le développement d’un secteur financier (banques, micro-finance, micro-assurance, etc.) solide et favorisant l’accès du plus grand nombre, et notamment certaines catégories de la population (les femmes, le secteur informel, les petits exploitants agricoles etc.) au crédit. Le rôle de ces « fourmis » dans la création de la richesse et la survie des plus pauvres est inestimable.

 

·         La poursuite des efforts pour une véritable intégration monétaire africaine, ce qui nécessite une convergence effective des politiques économiques au sein des unions sous-régionales.

 

 

·         Une meilleure mobilisation des ressources intérieures et l’augmentation des apports de capitaux extérieurs non générateurs de dette sont essentielles pour que l’Afrique maintienne la croissance dans un environnement économique mondial agité par des turbulences.

 

·         Les pays africains riches en ressources devraient utiliser les recettes tirées des produits de base et les réserves accumulées à la suite de la forte augmentation des cours des produits de base, pour diversifier davantage leurs structures de production et renforcer la compétitivité internationale. Il faut à cet effet des investissements publics visant à augmenter la productivité, tout particulièrement dans l’infrastructure, la technologie et la formation du capital humain.

 

·         Les mécanismes d’octroi de prêts devraient viser à promouvoir la capacité productive et à stimuler la croissance économique dans les pays à faible revenu, afin de permettre à ces derniers de faire face sur le long terme aux défis de la croissance.

 

·         Ces mesures, couplées à une gestion macroéconomique et à des réformes institutionnelles efficaces, permettront de stimuler le développement du secteur privé et l’investissement, d’accélérer la création d’emplois et de réduire la pauvreté.

 

 

 

«  L’Afrique devrait continuer à mettre l’accent dans ses stratégies de développement sur le développement social en accordant une attention particulière au sort des groupes vulnérables. Les politiques mises en œuvre devraient être notamment orientées vers la lutte contre la pauvreté et la faim, la création d’emplois décents, l’amélioration de l’accès à l’éducation et aux services de santé, la promotion de l’égalité des sexes, l’insertion effective des groupes vulnérables, l’adoption de mesures efficaces de redistribution et le renforcement des systèmes de protection sociale ».

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 01:06


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2- LA PERIODE D’AJUSTEMENT DE NOS ECONOMIES (la seconde période)

·         A la fin des années 1970, les Institutions Financières Internationales (IFI) ont initié une nouvelle approche de prêts aux pays africains, qui faisaient face à de sérieuses crises économiques et financières.

·         Jusqu’à cette période en effet, les prêts octroyés par la Banque Mondiale étaient destinés à financer des projets (barrages, centrales électriques etc.). La crise étant globale et multiforme, la Banque Mondiale a substitué aux prêts- projets, des prêts orientés vers les Programmes d'Ajustement Structurel (PAS).

·         Ces PAS avaient pour objectif principal de restructurer soit l’ensemble de l’économie soit un secteur spécifique tel que l’énergie ou l’éducation. Afin de bénéficier de ces prêts, les gouvernements devaient en contrepartie réaliser des changements importants, structurels, dans leurs politiques et leurs institutions, afin d’en améliorer substantiellement les performances économiques.

·         Ces politiques d'ajustement structurel ont pour substrat la théorie économique libérale, qui considère que le libre marché doit présider à la fourniture de biens et de services, la concurrence devant assurer l'utilisation la plus efficace des ressources ainsi que des bénéfices plus importants. Le mécanisme de ces PAS est appliqué partout selon une "recette courante" :

-           Dévaluation de la devise,

-           Promotion des exportations aux dépens des cultures vivrières,

-           Libéralisation du commerce,

-           Réduction des restrictions imposées aux investissements étrangers,

-           Privatisations des entreprises et offices publics

 

·         Les prêts d'ajustement structurel en sont venus à englober la majeure partie des prêts de la Banque Mondiale (jusqu'à 53 % en 1999) alors que la nature et les modalités d'exécution des réformes d'ajustement structurel encouragées par les Institutions Financières Internationales (IFI) ont été controversées quasi dès leur début.

 

·          Les principales critiques  faisaient ressortir les inconvénients suivants : un manque de participation des pays assistés dans la définition  des problèmes à identifier et de la thérapeutique à appliquer, un manque de transparence des modes opératoires, des effets pernicieux sur les couches fragiles de la société, des effets très négatifs sur les producteurs locaux, la dégradation de l'environnement, un modèle unique de « solutions » pour tous malgré leurs spécificités , et des résultats plus que mitigés en matière de croissance.

 

·         Pendant de longues années, la Banque Mondiale et le FMI ont développé l’argumentaire selon lequel il s’agissait d’une « souffrance de court terme, pour un bénéfice à long terme ». Certes, ces programmes ont permis une certaine stabilisation économique dans beaucoup de pays, mais ils ont également  entrainé une contraction drastique de ces économies  qui ont engendré diverses crises dans les secteurs de l’éducation,  de  la santé, de l’agriculture, de l’énergie, et de  l’eau, à cause entre autres d’importantes réductions de moyens en personnel, créant d’énormes problèmes socio-économiques qui ont freiné le développement. Par conséquent, cette souffrance  pronostiquée « à court terme » s’est instaurée pour plus de 20 ans, creusant les inégalités et freinant tout développement.

 

 

 

 

3 - LA PERIODE DE LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETE (la troisième période)

 

·         Devant les coûts sociaux massifs des Programmes d'Ajustement Structurel (PAS), les chefs d’Etat du monde réunis à Copenhague (Danemark) en mars 1995 au sommet  mondial sur le développement social ont adopté la Déclaration Universelle pour l’Amélioration des Conditions Humaines et demandé à chaque pays d’élaborer des Plans Nationaux de Lutte contre la Pauvreté, avec à la clé quatre axes prioritaires : la santé, l’éducation, l’emploi et le développement rural.

 

·         Ces Plans de lutte contre la pauvreté ont très vite montré leurs limites quant aux moyens à mobiliser  pour financer les projets sociaux. A cet effet, les Chefs d’Etat africains se sont une fois encore réunis à Libreville en 2000, sur invitation des Institutions de Bretton-Woods pour valider une nouvelle approche. A cette occasion la Banque mondiale et le FMI se sont engagés dans une réforme de leurs programmes pour que ceux-ci œuvrent réellement en faveur du développement. Il a été mis en avant les principes suivants :

-          la lutte contre la pauvreté doit être l’objectif premier de tous les programmes de prêt des Institutions Financières Internationales (IFI)  aux pays à faibles revenus et les progrès dans ce sens doivent être mesurés par des objectifs et des indicateurs concrets,

-          la consultation et la participation des citoyens doivent être renforcées, la Banque mondiale et FMI ne jouant principalement que le rôle de conseillers.

-          Tous les bailleurs de fonds publics doivent coordonner leur aide et leurs programmes de prêts au travers du Cadre Stratégique de Réduction de la Pauvreté (CSRP) élaboré par le pays bénéficiaire.  Il a été reconnu la nécessité d’une croissance économique forte et soutenue afin de lutter efficacement contre la pauvreté.

 

·         Quatre axes stratégiques ont été retenus dans les Cadres Stratégiques de Réduction de la Pauvreté (CSRP):

-          la sécurité,

-          la bonne gouvernance (assainissement des finances publiques, gestion des recettes  de l’Etat, code de marchés,   attribution des permis miniers et forestiers, les questions de l’économie…),

-          la diversification des économies (la gestion de l’électricité, de l’eau, de routes, des pistes rurales, des aéroports, des transports, des constructions des infrastructures étatiques et paraétatiques, des mines, des forêts….),

-          le renforcement du capital humain (les questions de l’éducation, de la santé, VIH-SIDA,  le paludisme, la formation des cadres, la gestion participative de la chose publique car les déficits dans ce cadre sont source de conflits……).

 

·         D’autres initiatives en matière de stratégie de développement de l’Afrique ont été prises, notamment par des Chefs d’Etat africains. Ces chefs d’Etat étaient inquiets du retard de l’Afrique, marginalisée au point de ne représenter que 1.7% du commerce international,  dernier des continents en termes de croissance et de développement et le plus pauvre. Les Présidents Thabo MBEKI d'Afrique du Sud, Olusegun OBASANJO du Nigeria et Abdel Aziz BOUTEFLIKA d'Algérie proposèrent le Millenium African Plan (MAP) pendant que le Président Abdoulaye WADE du Sénégal proposait le plan OMEGA. Ces deux plans furent fusionnés en un plan unique : la Nouvelle Initiative Africaine (NIA) qui sera plus tard baptisée le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique ou NEPAD, abréviation de l'anglais New Partnership for African Development. Ces cinq chefs d’Etat africains (Afrique du Sud, Algérie, Egypte, Nigeria, Sénégal) ont reçu mandat de structurer le NEPAD dont l’ambition est de combler le retard qui sépare l'Afrique des pays développés. Cette notion de fossé à remplir (bridging gap) est le cœur même du NEPAD.

 

·         Le document du cadre stratégique du NEPAD a été officiellement adopté lors du trente-septième sommet de l'OUA en juillet 2001. Ses principaux objectifs sont :
-  L’éradication de la pauvreté;

-          L’adoption par les pays africains, individuellement et collectivement, de politiques devant favoriser une croissance et un développement durables;

-          L’arrêt de la marginalisation de l'Afrique dans le contexte de la mondialisation et la promotion de son intégration complète et profitable à l'économie mondiale;

-          L’accélération du renforcement des capacités des femmes afin de promouvoir leur rôle dans le développement socio-économique.

 

·         Les actions à mettre en œuvre pouvant permettre d’atteindre ces objectifs sont orientées vers :

         -    L’agriculture;

-    Le développement humain axé sur la santé, l'éducation, les sciences et technologies, et le développement des compétences;

-   La construction et l’amélioration des infrastructures, y compris les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), l'Energie, les Transports, l'Eau, et l'assainissement;

-          La promotion de la diversité de la production et des exportations, plus particulièrement au niveau des agro-industries, du secteur industriel, des mines, des minerais de qualité supérieure, et du tourisme;

-          L’accélération du commerce intra-africain et l’amélioration de l'accès aux marchés des pays développés;

-          L'environnement.

 

·      Toute cette stratégie s’inscrit parfaitement dans la Déclaration du Millénaire des Nations Unies en septembre 2000. Celle- ci définit huit objectifs de développement dits  Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Ils visent à améliorer les conditions de vie d'ici à 2015 et se déclinent comme suit

-      Réduire l'extrême pauvreté et la faim,

-      Assurer l'éducation primaire pour tous,

-      Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes,

-      Réduire la mortalité des enfants de moins de cinq ans,

-      Améliorer la santé maternelle,

-      Combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies,

-      Assurer un environnement durable,

-      Et enfin mettre en place un partenariat mondial pour le développement

Le NEPAD a connu de réels problèmes de structuration, et le dernier sommet de l’Union Africaine tenu à Addis- Abeba en janvier dernier a décidé de le transformer en une Agence de l’Union. 

 

 

 

 

IIème PARTIE: LA SITUATION DE L’AFRIQUE AUJOURD’HUI 

·         Nous l’avons longuement expliqué, les différentes politiques de développement n’ont pas eu suffisamment d’impact économique et social en Afrique.  L’Afrique demeure économiquement le continent le plus pauvre du monde et les défis à relever sont toujours nombreux, devant une demande sociale toujours très forte et une jeunesse plus éduquée, connectée à l’internet et plus exigeante sur son cadre de vie que jamais auparavant.

 

·         Il est indéniable que des efforts importants ont été réalisés sur le plan économique par plusieurs pays, aussi bien individuellement que collectivement au travers d’organisations sous-régionales, dont certaines font des efforts remarquables pour capitaliser des atouts collectifs et réduire des handicaps communs. C’est ainsi qu’à juste titre, le dernier rapport des Nations Unies sur la situation économique et sociale en Afrique indique que la croissance économique de l’Afrique en 2008 a été de 5,1 %, contre 6 % en 2007, poursuivant la tendance observée ces cinq dernières années.

 

 

·         . Le principal moteur de croissance en Afrique a été la hausse des cours des produits de base, notamment du pétrole. Les pays exportateurs de pétrole ont contribué pour 61,4 % à la croissance globale du continent et ont enregistré une croissance de 5,9 % contre 4,4 % pour les pays non exportateurs de pétrole. En plus de l’effet vigoureux de la hausse des prix des produits de base, il importe de noter les autres facteurs clefs, notamment et il faut le souligner, de bonnes politiques macroéconomiques et des réformes institutionnelles favorables à une croissance élevée. Dans beaucoup de pays africains, l’adoption d’une politique macroéconomique saine et soutenue a permis de renforcer la confiance des investisseurs à la fois locaux et étrangers et de stimuler la croissance.

 

·         Par ailleurs, en renforçant la gouvernance économique et des entreprises, notamment par l’adoption de mesures pour lutter contre la corruption, en opérant des réformes pour améliorer l’environnement des affaires et en consolidant la paix dans un grand nombre de régions en conflit, le continent a attiré des flux importants de capitaux privés et a stimulé le développement du secteur privé. L’environnement des affaires en Afrique s’est amélioré, du fait que beaucoup de pays ont opéré de nombreuses réformes ces dernières années.

 

·         Finalement, l’aide plus importante fournie par les donateurs et l’allégement de la dette ont permis à de nombreux pays de libérer des ressources à investir dans l’infrastructure, la mise en valeur du capital humain et la réduction de la pauvreté. De nombreux pays africains à faible revenu ont ainsi commencé à diversifier leur base de production, à renforcer leurs capacités commerciales et à accroître la productivité et les exportations. En volume, les exportations de biens et de services de l’Afrique ont enregistré une croissance de 13 % entre 2006 et 2008 tandis que les importations ont augmenté de 6,6 % durant la même période. Les termes de l’échange du continent ne se sont cependant améliorés que de 1,4 % durant cette période.

 

·          Le rôle joué par la hausse des produits de base, la stabilité politique et des politiques macroéconomiques saines dans la performance de croissance de l’Afrique s’est manifesté dans les performances des divers pays. Huit des dix pays ayant obtenu les meilleurs résultats sont des pays riches en minéraux ou exportateurs de pétrole et un pays (Libéria) est un pays qui sort de conflit. Un bon nombre des pays ayant réalisé les meilleures performances économiques se caractérise par une meilleure gestion macroéconomique. En revanche, tous les pays qui ont réalisé les moins bonnes performances (Comores, Érythrée, Guinée, Somalie, Tchad et Zimbabwe) ont soit connu une instabilité politique sérieuse, soit subi des chocs extérieurs ou les deux.

 

·          Les 10 pays africains qui ont obtenu les meilleurs résultats en 2008 sont les suivants :

Angola (12,9 %), Guinée équatoriale (9 %), Libéria et Éthiopie (8 % chacun), Congo (7,8 %), République démocratique du Congo (7,2 %), République-Unie de Tanzanie (6,8 %), Malawi (6,6 %) et Égypte et Botswana (6,5 % chacun). Par ailleurs, la performance de la croissance continue de varier considérablement entre les sous-régions et entre les pays.

 

·          En 2008, la croissance du PIB s’est ralentie dans trois des cinq sous-régions du continent. La croissance a été de 5,4 % et de 4,9 % en 2008 en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale respectivement contre 5,2 % et 3,9 % en 2007 respectivement. En 2008, le taux de croissance du PIB a baissé en Afrique du Nord (5,4 %), en Afrique de l’Est (5,7 %) et en Afrique australe (4,2 %). L’augmentation de la demande et la hausse des prix des produits de base demeurent les principaux facteurs qui stimulent la croissance dans l’ensemble des sous-régions africaines.

 

·          Malgré le ralentissement économique, l’Afrique de l’Est a, une fois encore, enregistré la croissance la plus forte sur le continent au cours de la période 2006-2008. Les facteurs de croissance en Afrique de l’Est ont été notamment l’expansion de l’agriculture, l’horticulture, et les services notamment la finance, les télécommunications et la construction. La sous-région a également bénéficié de flux d’aide considérables et d’une forte croissance du tourisme. La croissance dans certains pays africains tels que l’Ouganda a, par contre, été entravée par des goulets au niveau des infrastructures, s’agissant spécialement de l’énergie et des transports.

 

·          L’augmentation des recettes pétrolières et des recettes touristiques a impulsé la croissance en Afrique du Nord. L’Égypte a connu une croissance de 6,5 %, suivie de la Jamahiriya arabe libyenne (6,2 %), du Soudan (6 %), du Maroc (5,1 %) et de la Tunisie (4,8 %). La croissance a fortement repris en Mauritanie (passée de 1 % en 2007 à 4,2 % en 2008), mais a chuté en Algérie (passant de 4,6 % à 3,3 %). Outre la forte augmentation des exportations de pétrole et de minéraux qui a stimulé la consommation tant publique que privée dans la plupart des pays de l’Afrique du Nord, cette sous-région a connu un regain de la production agricole ainsi qu’un boom de la construction dû à la forte demande pour le tourisme et les immeubles résidentiels. La croissance s’est ralentie en Tunisie, en raison des coûts des produits alimentaires et du pétrole et de la baisse de la demande de l’Union européenne pour les exportations ainsi qu’au Soudan en raison de la chute de la production pétrolière.

 

·          En Afrique de l’Ouest, la croissance du PIB a été vigoureuse dans la plupart des pays, grâce a une reprise accélérée au Libéria (8 %), à l’augmentation de la production et des prix du pétrole et à la croissance dans les secteurs hors pétrole au Nigéria (6,1 % chacun), à l’accroissement  de transferts de fonds au Cap-Vert (5,8 %) et à l’expansion des activités minières en Sierra Leone (5,8 %), au Ghana (6 %) et au Burkina Faso (4,3 %). La croissance dans la construction et le tourisme ainsi que d’importantes dépenses publiques ont impulsé une forte croissance en Gambie (5,8 %). La croissance a également été forte au Bénin (4,7 %), marquée par une reprise des activités de réexportation, de la production de coton et de la forte croissance dans le secteur de la construction.  L’intensification des activités dans les secteurs miniers et des services a notamment stimulé la croissance au Sénégal (4,6 %) et au Niger (4 %) tandis que la croissance au Mali (3,9 %) a profité de la rapide expansion dans le secteur non minier. La performance économique a été relativement faible dans d’autres pays de la sous-région. La Guinée-Bissau a enregistré une croissance de 3,3 % grâce à la reprise de la production agricole et à l’accroissement du soutien des donateurs, le Togo de 2,9 % en raison de l’augmentation de la production de coton.

 

 

·         La performance économique en Afrique centrale s’est accélérée, passant de 3, 9 % en 2007 à 4,9 % en 2008, du fait de l’accroissement de l’investissement public dans les infrastructures en Guinée équatoriale (9 %), de l’augmentation considérable de la production pétrolière et des activités dans le secteur hors pétrole au Congo (7,8 %) et au Gabon (3,9 %). La croissance est demeurée élevée à Sao Tomé-et-Principe (5,3 %) malgré les retards dans le décaissement de certains fonds des donateurs et l’impact de la forte inflation et des coûts énergétiques élevés. La croissance s’est améliorée en République centrafricaine (4,4 %) avec la reprise du soutien des donateurs et l’amélioration de la situation politique ainsi qu’au Cameroun (3,9 %) à la suite de travaux d’infrastructures et de l’exploitation des ressources naturelles. Malgré des améliorations, le Tchad (1 %) reste le pays qui a obtenu les moins bons résultats dans la sous-région, en raison d’un conflit politique, du flux irrégulier des revenus pétroliers et d’une gestion peu rationnelle de ces revenus.

 

·          La performance économique de l’Afrique australe a baissé de 6,2 % en 2007 à 4,2 % en 2008 alors que la plupart des grandes économies ont affiché des taux de croissance plus faibles. En dépit de cette baisse, l’Angola a maintenu le taux de croissance le plus élevé de la région en 2008 (12,9 %), suivi du Malawi (6,6 %), du Botswana (6,5 %), du Mozambique (6,2 %), de la Zambie (5,9 %), de Maurice (5,4 %), du Lesotho (5 %) et de la Namibie (3,5 %). La croissance du PIB a fortement baissé en Afrique du Sud (passant de 5,1 % en 2007 à 3,1 % en 2008) et est restée faible au Swaziland (2 %) tandis que l’économie du Zimbabwe a continué à se contracter (-4,5 %).

 

 

·         Sur le plan social, l’Afrique a continué de réaliser des progrès considérables en enregistrant des résultats notables dans des domaines tels que le nombre d’élèves scolarisés dans l’enseignement primaire, la vaccination contre la rougeole, l’utilisation de moustiquaires imprégnées, la réduction des taux de prévalence du VIH dans certains pays et des aspects de l’égalité entre les sexes. Très peu de progrès a cependant été enregistré dans les domaines de la réduction de la pauvreté, de l’élimination de la faim, de la mortalité maternelle et du traitement des disparités fondées sur le sexe, le revenu et l’invalidité.

 

·         Les données relatives à la pauvreté en Afrique sont incomplètes, ce qui rend particulièrement difficiles un suivi et une évaluation de près des progrès réalisés aux niveaux national et régional dans l’élimination de la pauvreté. Selon des estimations récentes, le nombre de personnes vivant dans une extrême pauvreté en Afrique subsaharienne (sur la base du nouveau seuil de pauvreté international de 1,25 dollar des États-Unis par jour) a pratiquement doublé, passant de 200 millions en 1981 à 380 millions en 2005. Dans le même temps, le chômage n’a reculé que de façon marginale, baissant de 8,5 % en 1997 à 8 % en 2008, les prévisions étant qu’il connaîtra en 2009 un net accroissement en raison de la récession économique mondiale.

 

·         Le fardeau des emplois vulnérables continue de peser lourdement sur les femmes, qui travaillent encore principalement dans les secteurs agricole et informel. C’est un fait que le peu de progrès en Afrique dans le développement social concerne plus les groupes marginalisés et vulnérables, notamment les femmes, les personnes âgées, les jeunes, les personnes handicapées, les orphelins et enfants vulnérables, les personnes déplacées et les populations autochtones. L’exclusion de ces groupes de la société se traduit non seulement par de faibles revenus et des perspectives moins favorables sur le marché de l’emploi, mais aussi par leur niveau d’instruction plus faible, leur mauvais état de santé et leur sous-représentation dans la vie politique et la prise des décisions.

 

·         Parmi les principaux défis à relever pour favoriser l’inclusion sociale des groupes vulnérables, figurent le non-respect des engagements pris et la non-exécution des politiques adoptées, l’insuffisance des ressources financières allouées aux programmes sociaux, le déficit en capacités techniques, le manque de données pertinentes pour appuyer les politiques, les guerres et les conflits, etc. La nécessité d’une inclusion sociale des groupes vulnérables et marginalisés et d’un renforcement des systèmes de protection sociale a été rendue plus urgente encore par les récentes crises alimentaire et énergétique et par la récession économique mondiale.

 

·         Le taux de scolarisation est resté insuffisant (en dépit de quelques progrès réalisés) à cause du manque de ressources pour faire face aux coûts, les travaux ménagers (en particulier pour les filles), les mariages précoces, le travail des enfants, les grossesses précoces, la médiocre qualité de l’enseignement et les longues distances à parcourir pour se rendre à l’école. Il importe de veiller à ce que les enfants les plus vulnérables et les plus marginalisés soient scolarisés et restent à l’école, en mettant en œuvre des programmes et interventions ciblés en faveur des ménages pauvres et des filles.

 

·         Sur le plan sanitaire, grâce à de vastes programmes de prévention ciblés, le taux de prévalence du VIH a été stabilisé ou a baissé dans la plupart des pays africains (ONUSIDA, 2008).

Le taux de prévalence du VIH chez les adultes en Afrique subsaharienne a baissé de

5,8 % en 2001 à 5 % en 2007. Le taux de prévalence chez les adultes est plus faible en Afrique du Nord (moins de 1 %) et plus élevé en Afrique australe, où, en 2007, il était supérieur à 15 % dans sept pays. Le VIH/sida reste la principale cause de morbidité et de mortalité des adultes sur le continent. Cependant, dans de nombreux pays de la

région, des signes positifs de changement dans les comportements apparaissent, qui font entrevoir une stabilisation de l’épidémie, en particulier parmi les jeunes (15-24 ans). L’adoption de comportements sans risque a eu pour résultat une diminution du nombre de nouvelles infections au Rwanda et au Zimbabwe. Ce changement dans les comportements est particulièrement encourageant, les jeunes ayant retardé le début de l’activité sexuelle dans sept des pays les plus touchés (Burkina-Faso, Cameroun, Éthiopie, Ghana, Malawi, Ouganda et Zambie)

 

Suite à la baisse des prix des médicaments antirétroviraux, sur 4,6 millions d’Africains vivant avec le virus et ayant besoin d’antirétroviraux, près du tiers se trouvent sous traitement. Pris ensemble, le nombre de personnes recevant un traitement antirétroviral en Afrique centrale, en Afrique de l’Est, en Afrique australe et en Afrique de l’Ouest a augmenté en passant de 100 000 en 2003 à 2,1 millions en 2007 (ONUSIDA, 2008).

 

·         Le paludisme demeure la principale cause de la mortalité post-infantile et de l’anémie des femmes enceintes en Afrique. Même si les données concernant les taux d’incidence du paludisme et de mortalité due à cette maladie sont incomplètes, la couverture assurée au travers des interventions clefs de lutte antipaludique s’est accrue dans plusieurs pays grâce à la disponibilité de financements et à la plus grande attention accordée dans chaque pays à la lutte antipaludique. Deux tiers des pays africains ont adopté des politiques concernant notamment l’utilisation de médicaments efficaces contre le paludisme. Depuis 2007, 25 pays mettent en œuvre une politique de traitement consistant en un traitement combiné à base d’artémisinine, 20 de ces pays ayant procédé à un changement de politique avec l’abandon à l’échelle nationale du recours à la chloroquine (Commission de l’Union Africaine et OMS, 2008). Selon les données disponibles, l’utilisation de moustiquaires imprégnées pour les enfants de moins de 5 ans s’est améliorée dans les zones à risque de l’Afrique subsaharienne en passant de 2,1 % en 2001 à 5 % en 2005 et 8% en 2007 (ONU, 2008a).

 

·         Les maladies pouvant être évitées et la malnutrition restent les principales causes des taux élevés de mortalité infantile et d’enfants de moins de cinq ans. Le continent a toutefois enregistré une baisse des taux tant de la mortalité infantile que de celle d’enfants de moins de cinq ans. Entre 1990 et 2007, les taux respectifs de mortalité infantile et d’enfants de moins de 5 ans ont baissé de 111 et 187 pour 1 000 naissances vivantes à 89 et 148 en Afrique subsaharienne et de 58 et 79 à 36 et 46 en Afrique du Nord. L’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale ont enregistré les taux de mortalité les plus élevés et le taux de baisse le plus faible (1,2 %), par comparaison à celui de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe (1,7 %) et à celui de l’Afrique du Nord (3,2 %). Par ailleurs, une grande variation existe à l’intérieur des pays, des taux élevés de mortalité ayant été enregistrés pour les familles rurales et pauvres.

 

·         De même, la mortalité maternelle a été considérablement réduite en Afrique du Nord, où elle a baissé de 250 pour 100 000 naissances vivantes en 1990, à 160 en 2005. Mais la mortalité maternelle reste par trop élevée dans le reste du continent.

En 2005, le taux de mortalité maternelle s’élevait à 760 (alors qu’il était de 790 en 1990) en Afrique de l’Est et en Afrique australe, et à 1 100 (soit le même taux qu’en 1990) en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale (OMS, UNICEF, FNUAP et Banque mondiale, 2007). En outre, le risque que court une femme de mourir en couches au cours de son existence est par trop élevé en Afrique subsaharienne, où ce risque est de 1 sur 23, comparé à seulement 1 sur 140 pour l’Afrique du Nord, 1 sur 92 dans le monde et 1 sur 8 000 dans les pays industrialisés. De toute évidence, les progrès réalisés dans la réduction de la mortalité maternelle en Afrique subsaharienne ont été négligeables, même si des disparités importantes, dues à des différences de revenus et à d’autres facteurs, existaient d’un pays à l’autre. ( A suivre)

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