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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 22:39




 

 

LIBREVILLE (AFP) - lundi 09 novembre 2009 - 21h18 - Le directeur de cabinet du président gabonais Ali Bongo, investi le 16 octobre, a annoncé lundi qu'il se "déchargeait de ses fonctions" pour se défendre d'accusations dans le scandale des détournements (25 millions d'euros) à la Banque des Etats d'Afrique centrale (BEAC).

"Pour des raisons d'éthique et de préservation de bonne gouvernance prônée par le chef de l'Etat Ali Bongo Ondimba, j'ai décidé de me décharger de mes fonctions actuelles aux côtés du président afin de me consacrer entièrement à ma défense dans cette affaire", a affirmé Jean-Pierre Oyiba, dans une déclaration lue en direct pendant le journal télévisé de la première chaine publique RTG1.

L'hebdomadaire Jeune Afrique affirme dans son édition du 8 au 14 novembre que M. Oyiba a été l'un des bénéficiaires des détournements de fonds et aurait touché "65,6" millions de Francs CFA (100.000 euros).

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 19:02




 

APA Ban­gui 9 novembre 2009 - (Cen­tra­frique) Le pré­sident du Mou­ve­ment de li­bé­ra­tion du peuple cen­tra­fri­cain (MLPC), Mar­tin Zi­gué­lé, a de­man­dé au pré­sident cen­tra­fri­cain Fran­çois Bo­zi­zé, de re­mettre au pro­gramme Désar­me­ment, dé­mo­bi­li­sa­tion et ré­in­ser­tion (DDR) les 5 mil­liards de FCFA qui lui ont été oc­troyés par les pays de la Com­mu­nau­té éco­no­mi­queet mo­né­taire de l’Afrique cen­trale (CEMAC), a ap­pris APA.

 

Au cours d’une as­sem­blée gé­né­rale de son parti, sa­me­di der­nier à Ban­gui, M. Zi­gué­lé a in­vi­té le chef de l’Etat à pla­cer cet ar­gent sur le compte du Co­mi­té de pi­lo­tage du DDR qui est dans l’im­passe. Le pré­sident du MLPC a dé­plo­ré que les re­belles aient ré­ins­tau­ré une ad­mi­nis­tra­tion pa­ral­lèle dans les zones de conflits à cause du re­tard en­re­gis­tré dans la mise en œuvre du pro­ces­sus du DDR qui pré­co­nise la prise en charge des ex-​re­belles.

 

Selon lui, l’abou­tis­se­ment du pro­ces­sus du DDR dans les zones de conflits de­vrait fa­vo­ri­ser le re­tour mas­sif des ré­fu­giés et des dé­pla­cés dans leurs lo­ca­li­tés res­pec­tives, pour per­mettre à la Com­mis­sion élec­to­rale in­dé­pen­dante (CEI) de pro­cé­der à un re­cen­se­ment élec­to­ral fiable et trans­pa­rent dans la pers­pec­tive des élec­tions de 2010.

 

Mar­tin Zi­gué­lé a dé­non­cé avec force le re­cen­se­ment clan­des­tin dans un cercle très res­treint et sé­lec­tif or­ga­ni­sé par le mi­nistre de l’ad­mi­nis­tra­tion du ter­ri­toire et de la dé­cen­tra­li­sa­tion au­près de l’ad­mi­nis­tra­tion lo­cale.

 

Il a rap­pe­lé que la Consti­tu­tion en son ar­ticle 108 sti­pule que «le man­dat du pré­sident de la Ré­pu­blique ne peut être pro­ro­gé». Il se­rait ju­di­cieux que les élec­tions se tiennent en mars 2010, pour évi­ter un vide ju­ri­dique, a-​t-​il ex­pli­qué.

Enfin, le lea­der du MLPC a ap­pe­lé à «une vi­gi­lance poin­tue» les pré­si­dents des cel­lules et des sec­tions de son parti.




NDLR : Voilà un message qui a le mérite de la clarté. Cette enveloppe de cinq milliards de F CFA est destinée au financement DDR donc n'a pas vocation à croupir à la BEAC par la seule volonté de Bozizé. Cet argent, si tant est qu'il existe encore, doit en effet être versé au compte du BONUCA censé gérer le DDR.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 13:11




APA – Douala 09-11-2009 (Cameroun) La Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), a décidé de placer sous administration provisoire, la Commercial bank Cameroon (CBC) et la Commercial bank Centrafrique (CBCA), a appris APA lundi de source officielle.

La COBAC souligne, dans son communiqué, qu’il s’agit d’une « mesure de sauvetage de la banque, afin d’éviter autant que faire se peut la liquidation de la banque car le coût exorbitant d’une faillite bancaire est exorbitant en l’absence d’un fonds de garantie actif ».

Le gendarme du secteur bancaire en Afrique centrale affirme que cette décision permet de « prévenir le risque systémique car la défaillance d’un établissement de crédit peut mettre en péril les autres banques des effets de contagion, d’éviter que le statu quo participe à la survie artificielle d’une entreprise non compétitive ».

La nomination d’une administration provisoire ouvre un plan de restructuration dont l’un des principaux objectifs est de mobiliser en moyenne 25 milliards de francs CFA au cours des trois prochaines années.

Le communiqué de la COBAC contre signé par le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), Philibert Andzembé en sa qualité de président statutaire et de son adjoint Rigobert Andely, nomme respectivement le Camerounais Martin Luther Njang Njoh et le Centrafricain Tagatio dans les fonctions de CBC et de la CBCA.



NDLR : Il y a comme un climat de forte turbulence dans le secteur bancaire de la zone CEMAC. Selon nos informations, une réunion du Conseil d'administrtion de la filiale centrafricaine,  la CBCA,  qui devrait se tenir à Douala le 15 novembre prochain a été purement et simplement annulée à cause de cette situation nouvelle, les membres du conseil d'administration n'ayant plus aucune légitimité. On attend beaucoup du prochain sommet de Bangui de la CEMAC pour voir un peu plus clair dans tout ce magma des banques sous régionales.

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Centrafrique-Presse.com - dans Economie
9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 13:08




09/11/2009 08:47:47 | Jeune Afrique | Par : Marianne Meunier

 

Détenu depuis un an et demi, l’ex-vice président du Congo et chef de guerre n’a toujours pas été jugé. La CPI ne veut rien négliger, son procès est aussi celui où se joue la crédibilité de la justice internationale.

De notre envoyée spéciale à La Haye et Bruxelles

Deux tours crénelées, des murailles de brique, un ciel toujours gris: devant la prison de Scheveningen, même la plus blanche des oies se sent coupable. La forteresse pourrait être le palais d’un dictateur paranoïaque. C’est la nouvelle maison de Jean-Pierre Bemba.

Depuis le 3 juillet 2008, le bouillonnant patron du Mouvement de libération du Congo (MLC) n’en a franchi les portes que pour deux raisons: des comparutions à la Cour pénale internationale (CPI), à quelques kilomètres de là, dans le centre de La Haye, et les obsèques de son père, Jeannot Bemba Saolona, en juillet 2009. Le reste de son temps – c’est-à-dire la majeure partie –, Jean-Pierre Bemba le passe entre ces murs fouettés par le vent du nord.

 La prison de Scheveningen a la réputation d’un bon hôtel: cellules individuelles, salles de sport, plateaux-repas – ou possibilité de cuisiner soi-même. Les visites sont autorisées et, tous les dimanches, Bemba passe quelques heures avec son épouse Liliane et leurs cinq enfants. Ils viennent en voiture de Rhode-Saint-Genèse, dans la banlieue de Bruxelles. Son épouse lui apporte des magazines – Le Point, L’Express, J.A., Gala –, son fils aîné, des DVD.

Richissime seigneur de l’Équateur pendant la deuxième guerre du Congo, à quelques centimètres de la victoire à la présidentielle de 2006 (Bemba a obtenu 42 % des voix au second tour), l’ex-vice-président (2003-2006) rêvait cependant d’un autre château.

Ses avocats et ses partisans parfois idolâtres le répètent: la bastille de Scheveningen n’est pas la dernière demeure de « Jean-Pierre ». Pour eux, les accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité sont farfelues. Et le dossier de Luis Moreno-Ocampo, le procureur de la CPI, un mille-feuille de mensonges. Les rebondissements du « feuilleton Bemba » les confortent. En juin, les juges retiraient trois chefs d’accusation de la liste. Actuellement, ils examinent la possibilité d’une mise en liberté provisoire. Détenu depuis un an et demi, Bemba n’a toujours pas été jugé… « Nous nous interrogeons sur l’implication des adversaires de Jean-Pierre Bemba pour l’empêcher de jouer un rôle de leader politique au Congo », en conclut Aimé Kilolo, l’un de ses avocats.

Du côté du procureur, l’analyse est bien différente. Normal que le procès n’ait pas commencé, répète-t-on. La CPI, créée en 1998, est encore un laboratoire. L’examen tatillon du dossier par les juges n’inquiète pas. Au contraire, ils sont, aux yeux du procureur, la marque de l’impartialité de la justice et ne rendront le procès et son issue que plus crédibles.

Comme dans les parties de ping-pong qui occupent Bemba dans sa prison, défense et accusation se renvoient toutes les balles. Un petit jeu inhérent à toute affaire judiciaire. Mais dans celle-ci se jouent la crédibilité de la justice internationale et la fin de l’impunité pour les puissants. Retour sur un casse-tête.

 Les crimes 2002-2003

En octobre 2002, le président centrafricain Ange-Félix Patassé affronte une rébellion menée par son ancien chef d’état-major, le général François Bozizé. Les troupes loyalistes ne font pas le poids. Bemba met 1500 hommes du MLC – les « Banyamulenge » – à disposition de Patassé, son allié. Ils quitteront la Centrafrique défaits, à la victoire de Bozizé, en mars 2003. Et laisseront derrière eux un massacre: des hommes, des femmes et des enfants ont été violés, torturés et tués, souvent en public; des maisons ont été dépouillées. Bangui et ses alentours sont traumatisés.

 Les débuts de l’enquête mai 2007-mai 2008

Saisi par la Centrafrique en 2004, Luis Moreno-Ocampo ouvre une enquête en mai 2007. S’appuyant sur des rapports de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), son équipe va chercher des témoignages de victimes à Bangui. D’ex- « insiders » – les membres du premier cercle de Bemba – parlent aussi. Leur identité, comme celle des victimes, est ultra-protégée.

Le dossier de Moreno-Ocampo s’épaissit. Certains passages sont accablants. Notamment les propos rapportés par le témoin 36, qui a entendu un commandant parler à ses hommes: « Vous n’avez pas de parent, vous n’avez pas d’épouse, vous allez là-bas et vous détruisez tout. C’est la guerre. […] Jean-Pierre Bemba vous a envoyés pour tuer et pas pour vous amuser. »

Au final, Moreno-Ocampo en est sûr: Bemba et Patassé ont ordonné à leurs soldats de terroriser les civils pour les dissuader de s’allier aux rebelles de Bozizé. Ils ont commis un massacre à grande échelle. Plus de 500 victimes sont concernées. Pour le procureur, il s’agit de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

 L’arrestation 24 mai 2008

Craignant pour sa sécurité après les affrontements entre ses hommes et ceux de la garde présidentielle de Joseph Kabila, Bemba quitte le Congo en avril 2007. Il se partage alors entre ses opulentes villas de Faro, au Portugal, et de Rhode-Saint-Genèse, en Belgique. Les deux États sont membres de la CPI, donc tenus de coopérer. Les services secrets locaux transmettent leurs informations à La Haye.

Au bureau du procureur, une petite cellule traque les faits et gestes de Bemba: les mouvements sur ses comptes bancaires et ceux de sa famille, ses voyages, aux États-Unis ou en France, ses rendez-vous, ses appels. Les limiers disposent d’une visibilité de deux semaines sur son emploi du temps. Lui se sait surveillé.

Il faut prouver deux choses aux juges pour qu’ils émettent un mandat d’arrêt: que le suspect risque de se soustraire à la justice et de porter atteinte aux témoins. Le 22 mai, une opportunité surgit pour le procureur: à La Haye, les enquêteurs ne voient plus clair dans l’agenda de Bemba. Va-t-il se rendre au Congo pour l’élection du porte-parole de l’opposition? Ou dans un État africain qui n’a pas signé le statut de Rome donnant naissance à la CPI, la Libye par exemple, soutien de Bemba pendant la rébellion? Le doute est suffisant pour convaincre les juges d’agir. Le 23 mai, dans le plus grand secret, ils émettent un mandat d’arrêt pour trois crimes de guerre et cinq crimes contre l’humanité.

Dès le lendemain, des policiers sonnent au portillon en bois de la villa de Rhode-Saint-Genèse, dans la banlieue de Bruxelles. À l’intérieur, Jean-Pierre Bemba, Liliane et deux de leurs cinq enfants se préparent pour retrouver Jeannot, le grand-père, et leurs trois autres enfants dans un restaurant italien. La petite soirée en famille tourne court.

À la nuit tombée, Bemba est embarqué. Il fera un premier séjour avec des détenus anonymes à la prison Saint-Gilles de Bruxelles, avant d’être transféré, le 3 juillet, à Scheveningen. Un pénitencier beaucoup plus « sélect »: là, les voisins de cellule de Jean-Pierre Bemba s’appellent Charles Taylor (l’ex-président du Liberia) ou Thomas Lubanga (chef de milice congolais). Dès lors, les partisans de Bemba s’interrogent. Pourquoi Patassé n’est-il pas arrêté lui aussi? Argument du procureur: il dispose d’un plus grand nombre de preuves contre le chef du MLC. La défense n’est toujours pas convaincue: pour Aimé Kilolo, la saisie de la CPI par Bangui et la non-arrestation de Patassé prouvent que « cette affaire est une cabale politico-judiciaire contre Jean-Pierre Bemba ».

 Audiences décisives

12-16 janvier 2009

Pour sa défense, le nouveau pensionnaire de Scheveningen a essayé de se constituer une équipe de choc: le Britannique Karim Khan, ancien défenseur de Charles Taylor, les Belges Aimé Kilolo (fils d’un ministre de la Fonction publique de Mobutu) et Pierre Legros, le Congolais Nkwebe Liriss. Lors de « conversations privilégiées » – des visites sans gardien – ou au téléphone, ils élaborent une stratégie avec leur client, « très participatif », selon Aimé Kilolo.

Après plusieurs reports, l’heure de vérité a lieu en janvier, quand commencent les « audiences de confirmation des charges ». Les deux camps déroulent leurs arguments pour convaincre les juges, qui doivent décider si procès il y aura. De chaque côté, les lignes sont claires. Pour le procureur, Bemba a élaboré un plan commun avec Patassé. Il s’est très rarement rendu à Bangui, mais savait ce que faisaient ses hommes. Riposte de la défense: il n’y a pas eu de plan commun, les Banyamulenge n’étaient pas sous la responsabilité de Bemba mais de celui qui les avait appelés, c’est-à-dire Ange-Félix Patassé; quand Bemba a eu vent de viols, il les a fait punir par une cour martiale. Les juges ont soixante jours pour rendre leur décision.

 Le procureur doit revoir sa copie 3 mars 2009

Dix jours avant l’échéance, coup de théâtre: les juges prient le procureur de modifier le document de « notification des charges ». Ils supposent que Bemba est responsable des exactions commises par ses hommes en Centrafrique, mais la thèse du « plan commun » ne les convainc pas. Pour eux, c’est la seule responsabilité du chef militaire qui est en jeu: Bemba savait mais n’a rien fait pour empêcher les massacres. Ils demandent donc au procureur de présenter un autre acte d’accusation, dans ce sens.

Selon la défense, c’est un camouflet pour Luis Moreno-Ocampo. « Les juges lui ont signifié qu’il y allait un peu trop fort », estime Aimé Kilolo. En face, on affiche toujours la même sérénité: « Nous avons aussi des preuves pour montrer que Bemba savait et n’a rien fait, dit Béatrice Le Fraper, conseillère politique du procureur. Les gens qui lui envoyaient des rapports viendront témoigner. »

 Bemba devient « l’accusé » 15 juin 2009

Deux mois et demi après avoir reçu la nouvelle copie du procureur, les magistrats annoncent leur décision, en juin: l’affaire sera jugée et Bemba devient « accusé ». Mais c’est pour sa responsabilité de supérieur hiérarchique, et non de coauteur, qu’il comparaîtra. Trois chefs d’accusation ont été retirés de la liste des charges (sur un total de huit): deux pour « tortures » et un pour « atteinte à la dignité de la personne ». « Une grande réhabilitation morale », estime Aimé Kilolo. Autre interprétation possible: les viols, pour lesquels les accusations ont été maintenues, comprennent déjà les tortures et les atteintes à la dignité.

 Liberté provisoire? 14 août 2009

Tous les cent vingt jours, les juges doivent se demander si l’incarcération est nécessaire. L’audience a lieu fin juin. En août, ils rendent leur décision: Bemba doit être mis en liberté provisoire. Pour eux, le patron du MLC est un prisonnier modèle. Il ne se soustraira pas à la justice et ne se comportera pas en criminel. La preuve: aux obsèques de son père, auxquelles il a été autorisé à assister à Bruxelles, aucun incident n’a été déploré.

Ses avocats crient victoire. Reste un casse-tête: le pays d’accueil. La Belgique, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Portugal et l’Afrique du Sud sont sollicités. Membres de la CPI, ils sont tenus de coopérer. Mais aucun n’a intérêt à prendre ce risque diplomatique.

Autre embûche: le procureur a immédiatement fait appel de la décision des juges. « Une erreur en droit », dit Béatrice Le Fraper. Pour le bureau du procureur, les conditions nécessitant l’incarcération de Bemba n’ont pas changé. Il prétend que certains témoins, dont les noms ont filtré, ont déjà subi des intimidations. L’appel suspend la mise en liberté. La réponse de la Cour est attendue fin novembre.

D’ici là, les avocats et les soutiens de Bemba feront du lobbying auprès de certains États pour qu’ils acceptent le paria. Ils comptent faire appel à des pays « plus neutres », en Europe du Nord, par exemple, et envisagent de demander au Congo d’accueillir son ancien « vice-président ». Après tout, le pays est membre de la CPI et ne peut interdire son sol à l’un de ses ressortissants.

À Bangui, les victimes ne comprennent pas: « De leur point de vue, une libération, même provisoire, vaut acquittement », explique Mariana Pena, représentante de la FIDH à La Haye.

 Le procès bientôt

Un procès aura lieu. La question est maintenant: quand? Le procureur doit encore interroger quelques témoins et achever la transmission du dossier – 12000 pages pour le moment – à la défense. Théoriquement, ce sera fait fin novembre. Les avocats de Bemba termineront ensuite leur enquête. Ils pensent en avoir pour quatre mois. Peut-être un début de procès en avril, avance Aimé Kilolo. Il faudra d’ici là résoudre la question de l’identité des témoins – faut-il ou non la révéler?

Autre sujet: les frais de la défense. Depuis son arrestation, les biens et les avoirs de Bemba sont gelés. Officiellement, il n’a pas les moyens de payer ses avocats. Pierre Legros et Karim Khan ont d’ailleurs démissionné. Nkwebe Liriss et Aimé Kilolo disent travailler gracieusement. Ils seront bientôt payés. Le greffe a décidé la semaine dernière d’avancer 30150 euros par mois pour sa défense, frais qu’il devra rembourser à l’issue de la procédure.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 00:45



Dossier Jean-Pierre Bemba : brusque coup d’accélérateur à la CPI





Sans y voir nécessairement une quelconque relation de cause à effet, on est tout de même obligé de se rendre compte que les choses semblent bouger et s’accélérer du côté du siège de la Cour Pénale Internationale à La Haye dans le dossier du président du MLC Jean-Pierre Bemba Gombo depuis le retour au bercail de l’ancien président Patassé. Comme par hasard, la CPI vient de fixer la date de démarrage du procès de l’ancien Vice président et Sénateur congolais au 27 avril 2010. Par ailleurs, selon des informations d’une source crédible désirant conserver l’anonymat, le tristement célèbre Procureur de la République auprès du Tribunal de Grande Instance de Bangui Firmin Féindiro serait en route pour La Haye aux Pays-Bas avec en poche, une convocation de la Cour Pénale Internationale pour être entendu comme témoin à charge contre Jean-Pierre Bemba et l’ex président Ange-Félix Patassé. Firmin Féindiro considère qu’Ange-Félix Patassé est l'auteur principal des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en République centrafricaine par les troupes du MLC en 2002 et 2003 et imputés à leur chef Jean-Pierre Bemba Gombo qui en est également co-auteur.


Ainsi donc, il apparaît clairement que le marché conclu entre Bozizé et Patassé pour que l’ancien président rentré d’exil apporte son soutien à celui-ci afin de semer la zizanie au sein du MLPC et barrer la route au candidat Martin Ziguélé, s’avère bien être pour l’ancien président Patassé, un véritable marché de dupes. 

 



Bozizé veut prendre exemple sur la désastreuse élection d’Hamid Karzai en Afghanistan

 



Le président François Bozizé clame urbi et orbi qu'il tiendra bien les élections présidentielles et législatives en mars 2010, même sans l’achèvement du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR). A l’appui de sa résolution, il évoque l’exemple des désastreuses élections qui viennent d’avoir lieu en Afghanistan où malgré les nombreuses et grotesques fraudes, Hamid Karzai a fini par être élu après le retrait de son adversaire au second tour. C’est scandaleux de vouloir s’inspirer d’un si mauvais exemple en matière d’élections car même les Nations Unies et les différents pays occidentaux impliqués sur place en Afghanistan ont unanimement reconnu avec beaucoup d’embarras le côté calamiteux de ces élections et le fait que Karzai ait été mal élu. C’est ce cas de figure que souhaite Bozizé pour la République centrafricaine. C’est tout simplement honteux. Pour lui, pourvu qu’il soit, peut importe comment !

 

Bozizé et la CEI

 

Bozizé a reçu les membres de la Commission Electorale Indépendante (CEI) le samedi 8 novembre  pendant 8 minutes chrono en main, pour juste les saluer et leur souhaiter bonne chance sans un mot de plus. La CEI, depuis qu’elle a été mise en place,  continue de camper sans bureau et sans le moindre sou. Comment tenir les délais du calendrier électoral dans ces conditions avec une CEI sans siège, ni bureau ni moyens. That's the question !

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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 00:41




 

Source : Syfia 03-11-2009

Centrafrique

Jules Yanganda

(Syfia Centrafrique) Une Centrafricaine, enlevée à 16 ans à Bangui et enrôlée de force dans la rébellion de Jean-Pierre Bemba, est de retour dans son pays. Au moment où ce dernier comparaît devant la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, elle témoigne des atrocités qu’elle a endurées et qu’elle aussi parfois été obligée de commettre.

En septembre dernier, Christine* a regagné la Centrafrique après six ans passés dans la rébellion du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba en RD Congo et dans l’armée régulière congolaise dans le cadre du programme DDR (Désarmement, démobilisation, réintégration). Enlevée à Bangui à 16 ans par le MLC venu en Centrafrique à la rescousse du régime d’Ange-Félix Patassé, elle a été violée, contrainte de prendre les armes, de tuer et de se nourrir de chair humaine.

Syfia International : Dans quelles circonstances avez-vous été enlevée ?

Christine : J’ai été kidnappée en 2003 par quatre éléments du MLC alors que je vendais de la bouillie au bord de la route à Bangui. Tous les quatre m'ont violée et m'ont traînée dans l’une de leur base à Damara (ville située à 75 km au nord de la capitale centrafricaine). Nous avons ensuite traversé le fleuve Oubangui pour rejoindre Jean-Pierre Bemba à Gbadolite, dans le nord-ouest de la RDC.

S.I. : Pour quoi faire?

Christine : Avec d’autres Centrafricaines enlevées et enrôlées de force dans le MLC, nous avons ensuite été conduites à l’est de la RDC, où la guerre faisait rage. Pendant quatre mois, nous avons combattu les "Rwandais" de Laurent Nkunda.

S.I. : Avez-vous tué ?

Christine : (Elle baisse la tête et fond en larmes). J’ai abattu six personnes et blessé plusieurs autres… Je l'ai fait pour me défendre.

 S.I. : Quelle était votre vie au front ?

Christine : Les viols étaient monnaie courante. Pour éviter d’être constamment abusée par plusieurs éléments, j’ai été obligée de m’accrocher à un adjudant avec qui j’ai fait trois enfants. Deux sont morts à cause du froid.

Chaque soldat ne percevait que 10 000 Francs congolais (8 €) par semestre. Nos soins de santé n'étaient pas payés. Les éléments du MLC punissaient toute désobéissance. Il leur arrivait d'enterrer vivant l’élément fautif jusqu'au cou et il finissait par mourir. À Zongo, en RDC, ville frontalière de Bangui, et à Gbadolite, des Centrafricains et des Tchadiens enlevés en Centrafrique étaient tabassés à mort. La nourriture était difficile à trouver. On buvait de l’eau sale. Lorsqu’on avait fini de tuer tous les cabris et les volailles dans les villages, nos chefs envoyaient des éléments capturer des hommes et des femmes pour les traîner jusqu'au camp. Ces captifs étaient d’abord soumis aux corvées. Puis, on les ligotait, leur bandait les yeux et les conduisait hors du camp où ils étaient tués à coups de gourdin sur la nuque. Ensuite, nous préparions leur chair pour la manger.

S.I. : Comment vous êtes-vous échappée ?

Christine : Les combats à l’est de la RDC étaient très durs. Nos ennemis, les "Rwandais" de Laurent Nkunda, étaient très aguerris. Ils nous ont causé de nombreuses pertes en vies humaines. Beaucoup de nos éléments ont déserté. Puis, Jean-Pierre Bemba a décidé de nous amener à Kinshasa pour intégrer l'armée régulière (Programme Désarmement, démobilisation, réintégration (DDR), Ndlr). Mais il m’était très difficile d'y vivre avec mon enfant. Un jour, j’ai décidé de fuir. Certaines personnes m’ont aidée à traverser le fleuve Congo et je me suis retrouvée au commissariat du port de Brazzaville où les policiers m’ont confiée au capitaine d’un bateau qui m’a ramenée à Bangui en septembre 2009.

 S.I. : Que retenez-vous de ces années-là ?

 Christine : Je garde un souvenir traumatisant du MLC. Je souhaite que la Justice internationale condamne Jean-Pierre Bemba, car il a fait trop de mal aux civils. Il a détruit ma vie. J’étais au lycée quand on m’a enlevée. Aujourd’hui, je ne peux plus étudier, car j’ai pris de l’âge et je souffre de maux de ventre. Je plaide pour que le gouvernement centrafricain cherche à retrouver les filles qui sont encore dans l’armée congolaise régulière afin qu’elles retrouvent la liberté et la paix.

Source : http://www.syfia.info/printArticles.php5?idArticle=5206

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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 00:17




Source : Koaci.com |Yaoundé  08/11/2009 | 02:55:04

 

Le général Raymond Germanos est accusé d’avoir téléchargé des vidéos pornographiques mettant en scène des mineurs.



Raymond Germanos, 68 ans, général français à la retraite et connu comme un proche du président de la République du Cameroun a comparu mardi pour avoir téléchargé des images pédophiles mettant en scène des enfants de 6 mois à 12 ans. Le général Germanos, qui a même été présenté comme le conseiller du président Paul Biya en matière de Défense. Il est donc considéré par certains observateurs comme l’un des hommes d’influence du régime Biya, un des conseillers de l’ombre du chef de l’Etat camerounais.


L’affaire pour laquelle Raymond Germanos remonte à l’année 2006. Des policiers autrichiens, au cours d’une enquête, se sont intéressés à un site Internet diffusant des images et vidéos pornographiques, principalement pédophiles. L’enquête a permis de repérer les utilisateurs du site, dont le général Raymond Germanos. La trace de celui-ci a été remontée grâce à l’adresse de son ordinateur. Le général n’a d’ailleurs pas nié les faits. Une perquisition a été faite à son domicile par des policiers français alertés par Interpol et son ordinateur a été saisi. Près de 3 000 photos mettant en scène des enfants ont été retrouvées dans le disque dur de cet ordinateur.


D’après les informations relayées par la presse française, le général Germanos, après avoir reconnu les faits au cours de ses auditions chez la juge, s’est dit prêt à se soumettre à un traitement.


Mis en examen en juin 2008, Raymond Germanos a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de sortir d'Ile-de-France. Le 9 octobre 2009, il a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris. Il encourt une peine de deux ans de prison et 30 000 euros d'amende. Au cours de sa comparution de mardi dernier, il a demandé un assouplissement du contrôle sous lequel il a été placé. «La cour d'appel de Paris a mis sa décision en délibéré au 10 novembre, selon une source judiciaire», indique Ouest France.

 
Diplômé de Saint-Cyr, ce général d’armée (5 étoiles) a dirigé en France le Service d'information et de relations publiques des armées (Sirpa). A cet effet, pendant la guerre du Golfe, il a été particulièrement présent sur les plateaux télé et a acquis une certaine notoriété dans son pays. Il a par ailleurs commandé le 2e régiment étranger de parachutistes. Commandeur de la Légion d'honneur, il a aussi dirigé les cabinets militaires des anciens ministres français de la Défense Charles Millon et Alain Richard

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Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 22:14




 

APA-Sharm El Cheikh 8 novembre 2009 (Egypte) Le Pré­sident de Cen­tra­frique, Fran­çois Bo­zi­zé et son ho­mo­logue rwan­dais, Paul Ka­game ont ma­gni­fié le par­te­na­riat entre le conti­nent afri­cain et la Chine, à l’ou­ver­ture de la qua­trième confé­rence du forum de co­opé­ra­tion Chine-​​Afrique qui se tient à Sharm El Cheikh (500km de Caire), a consta­té APA di­manche.

Il a ex­pri­mé la vo­lon­té de son gou­ver­ne­ment de mettre fin au pa­ra­doxe du conti­nent en­core as­sailli par la pau­vre­té mal­gré ses énormes res­sources na­tu­relles.

Pour sa part, le Pré­sident rwan­dais a in­di­qué au Chef de l’état cen­tra­fri­cain a in­di­qué que le mo­dèle de dé­ve­lop­pe­ment en Chine et la po­li­tique de dé­cen­tra­li­sa­tion lan­cée en 1978 de­vrait ser­vir d’exemple à l’Afrique.

« Le par­te­na­riat si­no-afri­cain a aidé à re­le­ver plu­sieurs défis aux­quels étaient confron­tés les deux par­ties, no­tam­ment les ca­tas­trophes na­tu­relles, le chan­ge­ment cli­ma­tique et la crise fi­nan­cière », a ajou­té M. Bo­zi­zé.

Que des pro­jets comme les lignes fer­ro­viaires re­liant la ca­pi­tale tan­za­nienne, Dar es Sa­laam le Rwan­da et le Bu­run­di tra­duit une pla­te­forme de co­opé­ra­tion entre la Chine et l’Afrique de l’est.

Paul Ka­ga­mé s’est fé­li­ci­té du par­te­na­riat entre la Banque de dé­ve­lop­pe­ment chi­noise et la Banque Afri­caine de dé­ve­lop­pe­ment (BAD) dans le do­maine des in­ves­tis­se­ments pour des pro­jets in­fra­struc­tu­rels au Rwan­da.

Il a éga­le­ment sou­li­gné la né­ces­si­té d’élar­gir la co­opé­ra­tion dans le do­maine de l’agri­cul­ture vi­vrière pour faire face à la sé­che­resse et au chan­ge­ment cli­ma­tique.

 


Pékin promet 10 mds USD de prêts à l'Afrique, dément tout néo-colonialisme

 

CHARM EL-CHEIKH, Egypte (AFP) - dimanche 08 novembre 2009 - 18h21 - Pékin a renforcé sa stratégie en Afrique avec l'annonce dimanche de prêts bonifiés de 10 milliards de dollars et des promesses de bons offices pour "la paix et la sécurité" sur ce continent, tout en réfutant les accusations de "néo-colonialisme".

"Nous allons aider l'Afrique à développer ses capacités financières (...). Nous allons fournir dix milliards de dollars à l'Afrique en prêts bonifiés", a déclaré le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, à l'ouverture du Forum Chine-Afrique de Charm el-Cheikh (Egypte).

M. Wen a précisé que ces prêts faisaient partie d'une série de mesures qui seraient prises sur les trois années à venir pour renforcer la coopération sino-africaine.

Il a écarté dans le même temps les accusations de néo-colonialisme adressées à son pays pour sa présence de plus en plus visible en Afrique. "Cette thèse ne mérite même pas d'être défendue", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse en marge du Forum.

"Quels que soient les changements sur la scène internationale (...) notre politique de soutien à la croissance économique et sociale en Afrique ne changera pas", a promis M. Wen.

"Même en (cette) période de crise financière internationale, la Chine ne va pas réduire son aide aide aux pays en voie de développement et en faveur des pays africains", a-t-il ajouté.

Le dirigeant chinois a annoncé que Pékin exempterait de droits de douane 95% des produits "des pays africains les moins développés ayant des relations diplomatiques avec la Chine, en commençant avec 60% des produits dès 2010".

En outre, la Chine "appuiera les institutions financières chinoises pour la mise en place d'un prêt spécial d'un milliard USD pour les petites et moyennes entreprises africaines".

Une cinquantaine de pays participent jusqu'à lundi à la "quatrième conférence ministérielle du Forum de coopération sino-africain" (FOCAC), destinée à développer des relations économiques déjà en plein essor.

Lors de la précédente édition de cette manifestation triennale, en 2006 à Pékin, la Chine avait promis d'apporter 5 milliards de dollars d'aide financière à l'Afrique et conclu des accords de réduction ou d'annulation de dette avec 31 pays de ce continent. Ces engagements ont été presque entièrement tenus, selon Pékin, qui s'est de nouveau engagé dimanche à alléger la dette de certains pays.

"La Chine est prête à approfondir sa coopération concrète avec l'Afrique", a dit M. Wen, en ajoutant que Pékin était aussi prêt à jouer un rôle "dans le règlement des questions relatives à la paix et à la sécurité" mais aussi dans l'environnement et l'éducation.

Selon les statistiques officielles chinoises, les investissements directs chinois sur le continent africain sont passés de 491 millions de dollars en 2003 à 7,8 milliards fin 2008. Les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique ont quant à eux décuplé depuis le début de la décennie pour atteindre 106,8 mds USD en 2008.

Mais Pékin est accusé de cautionner, à coups de milliards, des régimes africains violant les droits de l'Homme.

La Chine est ainsi l'un des principaux alliés et partenaires économiques du Soudan, dont le président Omar el-Béchir est sous le coup d'un mandat d'arrêt international pour crimes de guerre et contre l'humanité au Darfour.

Présent au Forum, M. Béchir a exprimé son "extrême appréciation" à la Chine pour son soutien face aux conflits intérieurs soudanais.

"L'aide chinoise à l'Afrique n'a pas été et ne sera pas liée à des conditions politiques", a affirmé M. Wen, ajoutant que "l'Afrique est capable de faire face à ses problèmes par elle-même".

L'aide à l'Afrique, selon lui, est "désintéressée". Le but de la Chine est d'"aider les pays africains à développer leurs capacités d'auto-développement", a-t-il conclu.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 17:45




centrafrique : Livre: Des réalités insaisissables ! 

En République centrafricaine, les avatars de la guerre ont conduit à la captivité un acteur politique,  en l’occurrence, Prosper N’douba, auteur du livre « L’otage du Général rebelle centrafricain François Bozizé, Journal d’un captif   des libérateurs » publié chez l’Harmattan en 2005. Sous le régime de .Ange-Félix Patassé de la République centrafricaine, Prosper N’douba  a servi comme porte-parole. Dans  ce livre, il  nous parle de sa captivité et des conditions de vie dans les mains de ses ravisseurs durant trente-huit jours.

Ainsi, ses trente-huit jours de détention par les rebelles lui ont permis d’être en face des réalités socio-économiques de son pays. Car, détenu, au fin fond du pays, Prosper N’douba a pu constater les ravages de la gestion économique de la Centrafrique par les régimes successifs à la tête de l’Etat depuis l’indépendance.

Là en tant qu’acteur, à un moment donné, précisément sous Patassé, il a pu se rendre à l’évidence que les pouvoirs se succèdent mais n’apportent rien de différent sur tous les plans.

Les dirigeants politiques ainsi que lui-même ont vécu dans une bulle qui ne leur permettait pas de connaitre en fait ce qu’est la réalité du peuple centrafricain.

Il n’y a  pas que l’amour pour rendre aveugle, le pouvoir aussi conduit à la cécité croissante : c’est ce que Prosper N’douba démontre à travers son livre.

Cette lumière lui a été donnée à cause de la captivité dont il a été victime. La leçon de captivité qu’il nous donne peut arriver à chacun de nous. N’attendons pas que cela nous arrive pour comprendre, car il ce serait alors trop tard.

NOTE DE LECTURE DE

Maurice Mouta  W  GLIGLI-AMORIN, http://gliglimouta.afrikblog.com

© Correspondance particulière (Camer.be) : Maurice Mouta W GLIGLI-AMORIN

Paru le 08-11-2009 12:27:38

L’otage du Général rebelle centrafricain François Bozizé. Journal d’un captif «  des libérateurs » Paris Editions l’Harmattan en 2005.

 

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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 13:47




vendredi 6 novembre 2009


Brice R Mbodiam

La lecture du rapport rendu public en fin de semaine dernière sur le site de la Banque des Etats d'Afrique centrale (BEAC) est simplement nauséabonde, de même qu'elle inspire de la pitié.

Pitié pour l'ensemble d'une zone CEMAC réputée pauvre malgré les richesses qui sont les siennes, mais dont la voracité de certains de ses enfants pourtant grassement payés par les contribuables des six Etats de la CEMAC les a conduits à taper dans la caisse de la banque centrale. Donnant ainsi à une institution qui n'inspirait jusqu'ici que respect, l'image d'un repaire de bandits, lesquels peuvent être désormais assimilés, sans exagération aucune, aux coupeurs de routes du Nord Cameroun ou encore aux rebelles qui violent femmes et enfants sur la route de la Centrafrique.

Le rapport de la Banque centrale inspire également de la pitié, il a fallu que le FMI frappe du poing sur la table pour que les tripatouillages au bureau extérieur de la BEAC soient rendus publics. Une fois de plus, l'on est là dans la situation de l'esclave dont le destin dépend du bon vouloir du maître. Alors que pour éviter ce statut d'assujetti, mais surtout dans un souci de transparence, une communication de crise aurait pu être organisée autour de ce scandale dès les premières révélations de la presse, pour éviter que les employés de la tour de verre du quartier Elig-Essono qui abrite le siège de la BEAC perdent de leur superbe.
Mais en lieu et place des explications dues à tous les citoyens de la CEMAC dont l'argent des impôts a été détourné, on a eu droit à un One Man Show du gouverneur, qui à travers une sortie médiatique dans le quotidien gouvernemental a plutôt revêtu le manteau non seulement de donneur de leçon à une presse avide de sensationnel, mais aussi de défenseur de la Gabonité, puisque nombre de ses compatriotes étaient au banc des accusés dans ce scandale.
De ce point de vue, Ali BONGO, qui a décidé de rappeler son compatriote à Libreville pour son remplacement futur, est certainement meilleur défenseur de la Gabonité que Philibert ANDZEMBE. Car, sa décision de couper les têtes de tous les Gabonais impliqués dans le scandale du Bep (Bureau Extérieur de Paris) sauve quelque peu la réputation du Gabon, dont les ressortissants au sein de la banque centrale passent désormais pour être des adeptes de Al Capone.

Mais par dessus tout, la réaction du président Gabonais doit être considérée non pas comme la gesticulation d'un mal élu qui cherche des excipients pour se faire accepter, comme le pense une certaine opinion ; mais plutôt comme une rupture avec ces égoïsmes nationaux qui, jusqu'ici, prenaient toujours le pas sur la compétence, l'efficience, voire la simple morale au sein des institutions communautaires.

Vu sous cet angle, le tocsin sonné par Ali Ben BONGO se veut interpellateur à l'endroit des autres chefs d'Etat de la CEMAC : Paul BIYA, Idriss DÉDY, François BOZIZÉ, Denis SASSOU NGUESSO… doivent chacun couper les têtes de leurs compatriotes qui ont trempé dans cette combine ; laquelle, entre 2004 et 2008, a fait perdre à la banque centrale 16 milliards de Fcfa.

Que pour l'histoire, tous les acteurs et complices, actifs ou passifs, payent le prix de cette dérive qui entachera à jamais les annales de la BEAC. C'est la raison pour laquelle l'on peut s'étonner que plusieurs mois après l'éclatement du scandale du Bep (Bureau Extérieur de Paris), un seul acteur (Armand Brice NDZAMBA), fut-il le principal accusé, soit derrière les barreaux. Et que les autres soient toujours libres de leurs mouvements.

L’Enquête de Félix C. EBOLÉ BOLA: Les détourneurs au rapport
La Banque centrale, sous la pression du FMI (Fonds Monétaire International), vient de livrer des conclusions "non exhaustives" sur les malversations au Bep (Bureau Extérieur de Paris). Les lignes qui suivent en constituent l'économie. En son temps, Philibert ANDZEMBE était resté dans les généralités, bien que disposant déjà de données accablantes et de première main.

Le gouverneur - "rappelé" par son pays, le Gabon - de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC), dans son interview à Cameroon Tribune et que certains cadres de la maison continuent de considérer comme "un gros ratage communicationnel", avait même redressé l'échine, traitant d'"écume de surface" et de "recherche de sensationnel" les révélations des médias sur le vaste scandale financier touchant le Bureau extérieur de son institution à Paris (Bep).

Entre-temps, le Fonds monétaire international (FMI) est passé par là, obligeant l'auguste banque centrale à publier les résultats des enquêtes menées notamment par le cabinet Mazars et Théodore DABANGA, directeur général du contrôle général.

C'est désormais chose faite depuis vendredi dernier. Ainsi contrainte et forcée par le FMI, la banque des banques étale au grand jour les tripatouillages financiers de quelques cadres, le laxisme de ses dirigeants, et, surtout, la gigantesque machine à sous qu'elle était devenue au fil des ans et dont le jackpot engraissait des particuliers.

Les conclusions des enquêtes menées auprès de BNP Paribas et de la Société générale, ne sont "pas exhaustives" et ne peuvent, de ce fait, pas encore traduire l'ampleur des détournements.


A fonds perdus le mode opératoire allait de l'imitation des signatures des personnes habilitées aux doubles paiements (touchant les mises à disposition initiées par les agents de la Banque, aux règlements des frais liés aux évacuations sanitaires en passant par des détournements des chèques établis à l'ordre du Trésor public et des organismes en charge des retraites (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales, sans oublier des détournements de chéquiers et leur usage frauduleux, la falsification des relevés bancaires et le "maquillage" des écritures comptables.

 Théodore DABANGA, qui s'est penché sur ce tonneau des Danaïdes, enfonce le clou : "Manifestement, la BEAC est encore très loin des standards internationaux en matière de contrôle et il devient urgent et prioritaire d'engager la réforme du dispositif de contrôle au sein de la Banque."

Le Bureau Extérieur de Paris (Bep) a reçu, de janvier 2004 à mars 2009, des approvisionnements de l'ordre de 36,174 milliards de Fcfa avec un pic en juillet 2007, où il a fait des demandes de renflouement de l'ordre de 1,4 milliard de francs. Des appels de fonds jugés "démesurés par rapport aux besoins réels". Et, au stade actuel des investigations, le montant total des détournements, établis avec certitude, opérés au moyen de chèques, virements, retraits en espèces et titres de transport, s'élève à 16.548.969.100 francs.

L'enquête pointe, pendant la période étudiée, "858 chèques et 6 virements frauduleux au profit de 101 bénéficiaires, 1306 retraits en espèces frauduleux et 38 bénéficiaires de titres de transport aériens frauduleux".

Le montant estimé du préjudice de la BEAC s'élève à 18,5 milliards de francs (total des suspens au niveau du Bureau Extérieur de Paris, et, selon les premières investigations sur la base des justificatifs partiellement fournis par BNP Paribas et la Société générale, les détournements avérés se situent à 16,5 milliards de Fcfa (hormis les chèques suspects dont les images sont attendues).

La première banque citée a ainsi vu 2,377 milliards de Fcfa de dépôts se volatiliser en 2008.

La deuxième, entre 2004 et 2007, a enregistré des opérations frauduleuses de l'ordre de 4,178 milliards Fcfa.Cet envoi massif de fonds, sans rapport avec ses besoins réels et sans contrôle de leurs utilisations, aura suscité un tel appétit que les pilleurs du Bureau Extérieur de Paris "s'en sont donné à cœur joie".

Les responsabilités du Bureau Extérieur de Paris sont donc établies de manière irréfutable, mais les services concernés du siège (secrétariat général et direction de la comptabilité) de Yaoundé assument aussi une part de responsabilité sur ces graves manquements, les fraudes n'ayant été rendues possibles que "grâce aux approvisionnements inconsidérés et sans restriction effectués par le siège en faveur du Bureau Extérieur de Paris".

"La mission, peut-on lire dans le rapport, a investigué uniquement sur les suspens ou les écarts sur les rapprochements bancaires. Cependant, il y a lieu de relever que certaines opérations qui n'apparaissent pas en suspens de rapprochement parce qu'enregistrées aussi bien par les banques commerciales que par la BEAC peuvent se révéler frauduleuses. La mission n'a pas eu le temps matériel de revoir toutes les pièces comptabilisées pour en apprécier la moralité."

 En tout, ce sont 101 personnes (personnes physiques, entreprises diverses) qui sont bénéficiaires des chèques et virements frauduleux. Tout au long de leurs acrobaties financières et comptables, les responsables du Bureau Extérieur de Paris auront fait preuve d'une "volonté manifeste de dissimuler ces opérations en retardant leur comptabilisation dans les livres (…) pendant des mois, voire des années.

Certaines opérations d'approvisionnement étaient supprimées sur les faux relevés bancaires afin de ne pas susciter la curiosité des responsables, de présenter une situation du compte qui dégage toujours un besoin de trésorerie et justifier ainsi les demandes d'approvisionnement inconsidérées qui étaient faites".

Voracité sans contrôle Tout en haut de l'affiche des personnes indexées, l'on retrouve le Gabonais Armand NDZAMBA. Cet homme aujourd'hui derrière les barreaux et ses sociétés connues auront, en l'état actuel des investigations, bénéficié de 317 chèques frauduleux directement émis à leur profit.

 Entre 2004 et 2008, son épouse et lui, mais aussi ses sociétés, ont été recensés pour un montant de 4,096 milliards de Fcfa. Et comme si cela ne suffisait pas, "en plus des chèques frauduleux, des chèques émis régulièrement en faveur des organismes de prestations sociales et du Trésor Public français ont été détournés pour le compte des sociétés lui appartenant".

Pour les enquêteurs, aucun doute ne subsiste sur le fait que les opérations d'approvisionnement de fonds par le siège en faveur du Bureau Extérieur de Paris étaient très mal suivies, aussi bien par les services centraux que par le Bureau Extérieur de Paris lui-même.

Le siège de la BEAC approvisionnait le compte de son agence Parisienne auprès de la Société Générale et de la BNP Paribas, "sans se soucier des utilisations qui en étaient faites". De même, les fax ou les télécopies des demandes d'approvisionnement, "sans que cela ne suscite la moindre réaction du siège", n'avaient pas les signatures autorisées. Philibert ANDZEMBE, qui relevait dans Cameroon Tribune que "seuls des représentants d'un État sont indexés", pensant sans doute à des ressortissants de son pays, devra certainement relire ses manuels de patriotisme… Il y a bien plus.

Sans vouloir accabler un homme qui a certainement hérité d'une situation compromise, l'on pourrait se demander comment le spécialiste de la haute finance qu'il est, parvenu à la tête du gouvernorat en juillet 2007 a-t-il pu, dès la fin de la même année, fait procéder à la clôture du compte du Bureau Extérieur de Paris auprès de la Société Générale sans en avoir fait auditer les mouvements.

Cette question, et bien d'autres encore de la même veine, devraient constituer le plat de résistance de la réunion des chefs d'Etat de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), prévue ce mois en Centrafrique

 

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