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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 17:26


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Mesdames et Messieurs,

Depuis quelques jours, nous avons appris par voie de presse et sur les ondes des radios nationales et étrangères que le colonel Charles Massi, ancien Ministre d’Etat, Président fondateur du Forum Démocratique pour la Modernité (FODEM) et Président du groupe armé Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP) a été arrêté par les éléments de la gendarmerie tchadienne. Selon les mêmes sources, il aurait été par la suite récupéré par les militaires centrafricains de la garde présidentielle qui l’auraient transféré et incarcéré à Bossembélé où il aurait été torturé jusqu’à ce que mort s’en suive.

Pour lever toute équivoque, nous exigeons du gouvernement centrafricain de faire toute la lumière sur cette préoccupante affaire qui trouble actuellement le peuple centrafricain.

Aussi, condamnons-nous avec la dernière rigueur les communiqués de presse et les déclarations tendancieuses des membres du gouvernement qui, non seulement nous laissent sur notre soif d’en savoir davantage, mais dénotent leur manque d’élégance morale dans une affaire dont les conséquences peuvent être graves pour notre pays.

Par ailleurs, cet événement malheureux intervient au moment où le peuple centrafricain s’apprête à aller aux urnes pour choisir de nouveaux députés et un nouveau président de la République. Un tel acte ne peut que réprouver la conscience humaine. Et mieux que cela, il ne peut que déconcerter la communauté internationale qui ne demande qu’à nous aider au cour de ce processus électoral.

Quant à nous démocrate républicain et fervent combattant pour la justice, la liberté et la paix, nous n’avons soutenu et nous ne soutiendrons jamais tous ceux qui croient devoir recourir aux armes pour s’emparer du pouvoir de l’Etat.

Cependant, nous estimons à juste titre, que monsieur Charles Massi n’ayant pas été tué au combat, et dès lors qu’il a été arrêté et remis aux autorités centrafricaines, il aurait dû être simplement traduit en justice pour répondre de ses actes.

Faut-il rappeler que sous notre propre régime, messieurs Kolingba, Demafouth et autres, accusés d’atteinte à la sûreté de l’Etat ont été jugés condamnés ou acquittés.

Nous nous souviendrons aussi que monsieur François Bozizé, réfugié au Bénin en mars 1982, accusé lui aussi d’atteinte à la sûreté de l’Etat, arrêté et rapatrié dans des conditions dramatiques et inhumaines a été incarcéré et maltraité dans la prison militaire du camp de Roux. Nous avons à cette époque, mobilisé tous nos amis, connaissances, militants et partisans, tant de l’étranger que du pays pour alerter l’opinion nationale et internationale. C’est ainsi qu’il fut jugé et acquitté.

En notre qualité d’ancien chef d’Etat, témoin de l’histoire récente de notre pays, nous pouvons donc affirmer avec certitude et sans rancune que ce sont les autorités actuelles qui ont pris la responsabilité d’introduire le virus de la rébellion dans les forces armées centrafricaines.

Pour terminer, nous lançons un appel pressant à l’ONU, à l’Union Africaine, à la CEN-SAD, à la CEMAC et à toutes les organisations humanitaires, d’intervenir énergiquement auprès du gouvernement centrafricain pour constituer une commission d’enquête internationale afin de déterminer les circonstances réelles de la mort de M. Charles Massi.

A cet effet, nous défions le gouvernement du général François Bozizé de présenter son frère d’arme, le colonel Charles Massi vivant au peuple centrafricain et à la communauté internationale.

En effet, notre souhait commun est de voir tout le monde placé dans une atmosphère de sérénité et de confiance absolue avant la tenue des élections présidentielles et législatives et même après celles-ci.

Mesdames et Messieurs, nous avons parlé et vous remercions.

Fait à Bangui, le 27 janvier 2010

 

Ange Félix PATASSE

Ancien Chef d’Etat

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 02:10


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 Ousmane Tanor Dieng et des experts dressent un tableau sombre


(Le Quotidien (Sn) 29/01/2010)

Le processus démocratique en Afrique subit des remises en cause perpétuelles, si bien que le moment est venu de s’arrêter et de le réorienter. Tel est l’objectif d’un colloque qui réunit les Socialistes ouest africains depuis hier, à Dakar. Les hôtes de Ousmane Tanor Dieng ont tout d’abord fait le bilan de la pratique démocratique africaine.

Le sommet de Baule peut être considéré comme un symbole du début de l’ouverture démocratique en Afrique. A analyser les deux décennies de pratiques démocratiques sous l’angle électoral, le bilan se révèle mitigé, a constaté, hier, le constitutionnaliste Ismaïla Madior Fall, lors d’une conférence sur «les processus électoraux et enjeux démocratiques en Afrique», qui a suivi le lancement du Colloque international sur l’état de la démocratie en Afrique, co-organisé par le Parti socialiste (Ps), l’Union des forces du progrès de la Mauritanie (Ufp) et la fondation Friedrich Herbert.

Selon le Secrétaire général du Ps, Ousmane Tanor Dieng, il y a eu une remise en cause perpétuelle des normes à travers des coups d’Etat (60 depuis les indépendances), une révision unilatérale du cadre juridique. Par conséquent, un diagnostic des différentes expériences démocratiques des pays ouest-africains devient indispensable, afin de savoir s’il s’agit d’un problème de modèle inadapté aux valeurs africaines ou bien d’acteurs politiques incultes. Cette dernière hypothèse est vérifiable, d’après le conférencier.

Presque tous les cadres juridiques des Etats africains consacrent la démocratie, des normes internationales standard imposées par la communauté internationale. Mais les insuffisances sont notées dans la mise en œuvre, souligne-t-il. Et le constitutionnaliste de rappeler l’un des critères qui distinguent la démocratie des autres formes de régime politique : l’organisation des élections plurielles et dans une périodicité établie par la loi. Si les Etats réussissent souvent des élections de transition, dit-il, ce n’est pas souvent le cas pour celles de la consolidation, mais surtout celles de la routinisation.

Et pour cause : les mêmes sujets de divergence relatifs à la fiabilité du fichier électoral, des pouvoirs de l’organe d’organisateur ou de supervision (exemple de la Cena au Sénégal), l’organisation matérielle du vote. La révision des listes électorales en est une illustration. «Dans les grandes démocraties, affirme M. Fall, l’inscription sur les listes électorales doit faire partie de la vie du citoyen. On n’a pas besoin d’annoncer une ouverture ordinaire des listes électorales pendant une durée déterminée». Autant de manquements qui résultent «d’un cadre institutionnel (qui) se met en place souvent avec beaucoup de retard». A cela s’ajoutent des modifications unilatérales des textes à quelques jours du scrutin et parfois en violation du protocole de la gouvernance de la démocratie de la Cedeao pour ne citer que ce cas. «Ce qui fait qu’on reste dans une réorganisation éternelle. L’élection devient alors un moment à problèmes et non un jour ordinaire.»

DEMOCRATIE ET POUVOIR MILITAIRE

L’assistance ne s’est pas du tout dépaysée, remarque Ismaila Madior Fall, lorsque l’ex-président de l’Assemblée nationale du Niger Mahamadou Issoufou a évoqué trois facteurs fondamentaux pour un scrutin transparent dans son pays. Il cite l’existence d’un fichier électoral fiable qui dépend d’un bon Etat-civil, une commission d’organisation ou de contrôle crédible et une Cour constitutionnelle indépendante. Il ne faut par ailleurs négliger «la faible culture citoyenne qui favorise une corruption des votants».

Le rapport de force entre les partis politiques et de leur implantation sur toute l’étendue du territoire ne viendra pas fermer la liste des obstacles dans la mesure où le règne militaire, en cours dans 17 pays africains, et la place de la femme dans le jeu politique sont problématiques. «Il nous faut réfléchir sur le pouvoir militaire. L’Armée est au cœur des problèmes, si l’on regarde comment elles gangrènent depuis les indépendances les systèmes démocratiques», se désole le président de la Raddho, Alioune Tine.

 Une fois toutes les questions passées à la loupe après deux jours de travaux, les différents participants venus du Niger, du Benin, du Burkina Faso, du Togo, de la Côte d’Ivoire devront esquisser des solutions. Certains proposent déjà la création d’une organisation sous-régionale pour la gestion de la démocratie. En tout état de cause, la résolution qui va sanctionner le colloque international sur l’Etat des lieux, les enjeux et les perspectives de la démocratie en Afrique jettera les bases d’une nouvelle solidarité entre les partis ouest africains se réclamant de la social-démocratie.


Par Birame FAYE

© Copyright Le Quotidien (Sn)

 

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 02:08


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 LIBREVILLE, 29 janvier 2010 (AFP)  — L'Equato-Guinéen Lucas Abaga Nchama, nommé mi-janvier gouverneur de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC), était vendredi en visite au Gabon, dont des ressortissants ont occupé ce poste pendant 36 ans, a annoncé la présidence à Libreville.

Après s'être rendu en début de semaine dans son pays d'origine, M. Abaga Nchama "a choisi le Gabon pour sa première sortie officielle", a affirmé lors d'un point de presse le porte-parole de la présidence, Guy-Bertrand Mapangou.

Selon M. Mapangou, le nouveau gouverneur a été reçu par le président Ali Bongo Ondimba auquel il a "exprimé toute sa reconnaissance".

Les deux hommes se sont dits disposés à "oeuvrer dans le sens de redorer la crédibilité de la Banque", affectée récemment par la révélation de scandales financiers.

Lucas Abaga Nchama a été nommé gouverneur de la BEAC lors du sommet des chefs d'Etat de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (Cémac) tenu les 16 et 17 janvier à Bangui.

La BEAC est l'institution d'émission monétaire de la Cémac (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad).

M. Abaga Nchama remplace le Gabonais Philibert Anzembe, limogé après la révélation, en septembre, du détournement entre 2004 et 2009 de 25 millions d'euros par des employés d'une succursale de la Banque à Paris.

Sa nomination a mis fin à un privilège qui était accordé depuis 1973 au Gabon. Le sommet de Bangui a décidé de rendre désormais rotatif.



Copyright © 2010 AFP. Tous droits réservés
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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 02:03


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Libreville, 29 janvier (GABONEWS) – Le Gabonais Michaël Andadé devrait, dans les prochains jours, effectuer le déplacement de Brazzaville en République du Congo pour sa prise de fonction comme nouveau président de la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC), rapporte ce vendredi nos confrères du quotidien l’Union.

Michaël Andadé, la cinquantaine, devrait rapidement être installé dans ses fonctions à Brazzaville, la capitale congolaise, qui abrite le  siège de l’Institution financière sous régionale.

L’homme qui fut secrétaire général du ministère de l’Economie forestière, et Conseiller des affaires économiques à la primature remplacera, à la présidence de la  BDEAC, le centrafricain, Anicet-Georges Dologuélé, « impliqué dans le scandale financier de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) ».

Comme le note l’Union de ce vendredi, le Gabonais devrait ainsi faire profiter à l’Institution de son expérience à la Banque Centrale et au Fonds Monétaire International (FMI).

La nomination de monsieur Andadé est intervenue lors du 10ème sommet des Chefs d’Etat de la Communauté des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC), du 16 au 17 janvier derniers à Bangui (Centrafrique). Une Conférence sous régionale qui a procédé à la refonte des accords de Fort-Lamy qui réservait au Gabon la présidence de la BEAC.

Aussi, c’est l’équato-guinéen,   Lucas Abaga Tchama, qui a été désigné pour remplacer, à la tête de ladite banque, le Gabonais Léonard Anjembé, suite aux malversations qui ont fait perdre 11 milliards au bureau extérieur de  l’Institution à Paris, et mis en lumière l’implication de plusieurs de ses fonctionnaires dans cette affaire.

Comme le rappelle notre confrère, dans une récente déclaration médiatique, Michaël Andadé s’engageait à «  redynamiser la BDEAC en insérant -son- action dans le cadre des instructions des différents chefs d’Etat issus de la concertation de Bangui ». 

Créée le 3 septembre 1975, la BDEAC à pour prérogative d’œuvrer en faveur du développement économique et social des pays membres que sont le Gabon, le Congo, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad et depuis 1983, la Guinée Equatoriale.
 
Depuis le début des années 1990, l’Institution  finance des projets de développement dans les secteurs des infrastructures, du développement rural, et contribue à la matérialisation de projets communautaires dans la sous région.

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 17:32


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APA-Bangui 29-01-2010 (Centrafrique) Le président de la Cour constitutionnelle de Centrafrique, Marcel Malonga, a souhaité vendredi « une franche et réelle » collaboration entre toutes les entités impliquées dans les prochaines échéances électorales, dans le respect des limites de compétence respectives prévues par la Constitution ainsi que le Code électoral, a constaté APA à Bangui.

S’exprimant à l’occasion de la rentrée de la Cour constitutionnelle, dans la capitale centrafricaine, M. Malonga a indiqué que l’entente et la collaboration entre les protagonistes politiques du pays, constitue le « gage d’une élection juste, libre crédible et transparente ».

« La réussite des élections à venir ne restera pas un rêve, si nous n’acceptons de travailler loyalement pour notre patrie », a-t-il fait remarquer, invitant toute la classe politique de son pays à solliciter le suffrage des Centrafricains dans la transparence et la paix.

Il a également émis le vœu de voir la justice constitutionnelle assumer toute son indépendance vis-à-vis des entités politiques.

Le Président de la Cour constitutionnelle centrafricaine s’est notamment félicité du comportement des leaders politiques qui ont banni le langage des armes, ayant compris ainsi que le peuple en a beaucoup souffert.

 

NDLR : Lorsque le président de la Cour constitutionnelle Marcel Malonga tient ces propos, on ne peut s’empêcher de penser au complice du putschiste Bozizé qu’il a été. C’était en effet celui-là même qui se disait aussi pasteur mais avait transformé son domicile en une cache d’armes pour Bozizé. Ce n’était pas par le pur des hasards qu’il fut nommé ministre de l’Intérieur au lendemain du coup d’Etat de son parent Bozizé en mars 2003. Aujourd’hui, il « félicite des leaders politiques qui ont banni le langage des armes ». Beaucoup de suspicion pèse donc sur la façon avec laquelle il exerce ses fonctions actuelles.

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 17:27


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APA-29-01-2010 Addis Abeba (Ethiopie) Le président de la Commission de l’Union africaine (UA) a invité vendredi les chefs d’Etat et de gouvernement africains qui vont se réunir du 31 janvier au 2 févriers prochains à Addis Abeba, à faire preuve de’’ fermeté’’ en ce qui concerne les ’’transgressions des normes démocratiques’’, soulignant que ‘’la persistance et la répétition de ces actes peuvent conduire à des changements anticonstitutionnels de gouvernement’’.

‘’Autant l’UA doit avoir une politique de ‘’zéro tolérance’’ pour les coups d’Etat, autant elle doit faire preuve de la même fermeté s’agissant des transgressions des normes démocratiques’’, a notamment souligné Jean Ping dans un rapport sur ‘’la prévention des changements anticonstitutionnels de gouvernement et le renforcement des capacités de l’Union africaine à gérer de telles situations’’.

Ce rapport dont APA a obtenu copie en marge de la 16e session du Conseil exécutif (ministres des Affaires étrangères) de l’UA qui poursuit ses travaux à huis clos au siège de l’organisation continentale, est soumis pour discussions avant d’être soumis aux chefs d’Etat.

M. Ping a toutefois demandé aux instances compétentes de l’UA de jouer ‘’pleinement’’ leur rôle de prévention en s’appuyant sur les instruments de l’organisation continentale et aux termes desquels les Etats membres se sont engagés à respecter les principes démocratiques.

‘’Toute approche qui serait centrée exclusivement sur la répression des coups d’Etat ne serait pas conforme aux instruments pertinents de l’UA et n’aurait qu’une efficacité limitée’’, a fait observer Ping, rappelant que ’’la prévention des coups d’Etat réside, dans une large mesure, dans la qualité de la vie démocratique de tout pays et du fonctionnement constitutionnel de ses institutions’’.

Selon le président de la Commission de l’UA, ‘’la résurgence du fléau des coups d’Etat et autres formes de changements anticonstitutionnels constitue un grave recul dans les processus de démocratisation en cours sur le continent depuis les années 90’’.

L’UA a adopté en janvier 2007 la Charte africaine de la démocratie, des élections et de gouvernance.

Trois ans après son adoption, la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance n’a été signée que par 29 Etats membres et ratifiée seulement par trois Etats membres, alors que 15 ratifications sont requises pour que cet instrument entre en vigueur.

La Charte prévoit notamment la possibilité de l’imposition par la conférence de l’Union, de sanctions à l’encontre de tout Etat-partie qui fomente et soutient un changement anticonstitutionnel dans un autre Etat, le refus par les Etats parties d’accueillir ou d’accorder l’asile aux auteurs de changements anticonstitutionnels et la signature d’accords bilatéraux, ainsi que l’adoption d’instruments juridiques sur l’extradition et l’entraide judiciaire.

Ouverte jeudi au siège de l’UA, la réunion des ministres des Affaires étrangères (Conseil exécutif) se poursuit à huis clos. Les participants discutent de divers points inscrits à l’ordre du jour relatifs notamment aux questions budgétaires, administratives et aux rapports des conférences ministérielles.

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 17:20


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Shanda Tonme Le Messager 28 Janvier 2010

 

Les bruits faits autour de ce qu'il est convenu d'appeler « cinquantenaire des indépendances » de quelques pays africains en ce début d'année 2010, ramènent dans le débat public, la lancinante question du statut effectif d'Etat souverain des anciennes colonies trop vite déclarées affranchies. Sans doute faudrait-il rappeler, que même après moult habillages et abus de langage juridique, les faits demeurent têtus, et exposent tout optimiste à une cruelle humiliation.

Le procès engagé devant les tribunaux français suite aux commentaires légitimes sur sa main mise sur les économies africaines, exprime mieux que toutes les démonstrations et étalage de preuves, la situation plus qu'incongrue des gouvernements ouvertement soumis à la loi de l'argent sale et des réseaux mafieux plus connus sous le sigle de la Francafrique.

Notre propos n'est point de rentrer dans une polémique stérile qui risque de faire perdre au lecteur, l'essence de la réflexion. Nous avons plutôt à coeur, de mettre en exergue les évidences juridiques, politiques et diplomatiques, qui alimentent le questionnement autorisé à propos des indépendances africaines.

Les étudiants des relations internationales savent très bien, que dans le concert des nations Etats, il ne fut jamais facile de trancher de façon catégorique, sur le degré de liberté des acteurs diplomatiques, et surtout pas sur la coloration réelle de leurs alliances géostratégiques. La guerre froide avait certes permis d'éclipser le débat en formatant le monde depuis la fin des années 1940, sur des tableaux bloqués, des camps idéologiques hermétiques, et des pôles de confrontations puis de conflits tantôt explicites tantôt implicites. Il n'était plus alors vraiment question d'alignement des Etats pauvres, particulièrement africains, ni de vassalisation objective, mais seulement de choix idéologique.

Pourtant, même dans le contexte de la guerre froide, il restait incontournable, dans le jeu limpide d'appréciation des notions et des concepts, qu'il existait des indépendances sans souveraineté ou des souverainetés imparfaites. Pour plaider cette dispute de statut, deux résolutions au moins de l'Assemblée générale de l'ONU attestaient non seulement de l'urgence d'une clarification de la situation effective des Etats, mais encore du contenu et de la qualité de leur expression sur la scène diplomatique. Il s'agit de la résolution 1514 adoptée en 1960 sur l'octroi de l'indépendance aux peuples et aux territoires non autonomes, et de la résolution 1541 relative au droit des peuples à choisir librement leur forme de gouvernement.

Comme il fallait s'y attendre, l'on a trop souvent usé et abusé de la première résolution, en éclipsant volontairement pour ne pas dire malhonnêtement la deuxième. Il faut avoir recours à l'autre confusion entretenue sur le droit des peuples à l'autodétermination d'une part, et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes d'autre part. Le cas de la république insulaire des Comores, témoigne à suffire de la manière dont les puissances coloniales et impérialistes, passées et actuelles, ont su jouer ouvertement de violence et d'intimidation pour refuser l'accession des peuples à la souveraineté pleine.

Puisque la chanson des indépendances emporte des passions somme toute défendables, il est de bon ton de se pencher sur ces Etats africains dont les gouvernements se font et se défont à Paris, et dont les richesses sont abandonnées, livrées ou sacrifiées dans des mains étrangères sans que l'on puisse déceler à quelle logique politique sinon criminelle relève une telle entreprise. La théorie des chefs d'Etat africains transformés en élèves de tel ou tel autre dignitaire étranger, ne correspond plus à une cruelle vue de l'esprit. Il y a dans l'articulation de l'histoire contemporaine des Etats africains francophones surtout, cette inimaginable condamnation à l'esclavage et à l'exploitation éhontée.

Ce qui est constant dans l'observation quotidienne du camerounais, du sénégalais, de l'ivoirien, du Togolais ou du centrafricain, c'est une et même oppression d'une relation de coopération pourrie par les travers de la tricherie, de l'injure et de l'infantilisation. Certes, De gaulle avait placé le principe de l'indépendance dans une impossibilité vite battue en brèche par un syndicaliste guinéen nommé Sékou Touré qui par la suite, oublia de s'occuper de son peuple pour ne plus s'occuper que de son pouvoir. L'indépendance signifiait dans le complot colonial, une union infantilisante moulée dans des rapports des forces inégaux. Ainsi conçu, c'était à laisser ou à prendre, et laisser supposait subir la foudre des sectes commanditées depuis les centres de puissance européens, qui n'hésitaient pas à débarrasser les emmerdeurs du plancher, pour parvenir aux mêmes fins de conquête et de domination. Sankara en a été la victime en son temps, suivant en cela les exemples des Ruben Um Nyobé, Felix Moumié et de bien d'autres.

La lecture de l'actualité africaine annonce non plus seulement la continuité, mais la cristallisation voire la sacralisation de cette relation, qui invite implicitement les peuples à la sédition pure et simple. Les cas du Niger, du Cameroun, du Burkina Faso, du Togo, et des autres, ne relèvent plus de la mauvaise gouvernance, pas plus que de la bêtise ou de la folie des pouvoirs autocratiques. Personne, à moins de choisir le suicide moral, ne saurait dédouaner Paris de ces cancers qui étranglent les peuples. Il ne faut plus chercher à comprendre les successions royales du Gabon, ni du Togo. Il ne faut pas attendre de Compaoré, tueur de sang froid improvisé médiateur de toutes sortes de crises organisées, qu'il propose autre chose qu'une élection à un seul tour aux togolais. De qui prendrait-il ses instructions donc ? Mais d'où Sassou Nguesso a-t-il appris, compris et importé le principe du mandat présidentiel de sept ans ? D'où vient cette culture obscurantiste de mandat présidentiel long sinon de l'hexagone des gens de steak-frites et de bon vin de table ? En apprenant tout petit que leurs ancêtres étaient plutôt des gaulois, ces cancres de la mauvaise gouvernance et de la dictature ne sauraient être des élèves parfaits sans assimiler également la règle de la présidence monarchique cher à De gaulle.

Il y a au fond, un terrible examen de conscience à faire, en lieu et place de festivités qui vont au contraire consacrer l'humiliation, l'infantilisation, et la défaite autant historique que contemporaine de nos peuples. Ne fêtez point car il s'agit de cinquante années de traîtrise, de recul, d'indignité, d'insanité, d'incapacité. Ne fêtez point car nul martyr dans le contexte d'une si haute insulte à la conscience des ancêtres des libertés et des droits fondamentaux de l'être humains, n'accepterait des excuses depuis sa tombe. Ne fêtez point car dans le regard lointain du reste du monde, l'Afrique, cette Afrique, demeure une terre de punition, une constellation de vampires politiques sans âme, une foire de cancres serviles livrés à tous les vents contraires et prostitués entre les mains de tous les visiteurs.

Il est légitime que de Paris, Londres, ou Bruxelles, des trompettes de victoire retentissent, que des feux d'artifice saluent le triomphe de leurs seigneurs esclavagistes et de leurs missionnaires prétendument civilisateurs sur les nègres. Ceux qui ont eu raison des Lumumba, Ossendé Afana, Ernest Ouandjié, Sankara et tous les autres anonymes qui luttaient pour la dignité de l'Afrique, peuvent raisonnablement pousser un soupir de soulagement. Chaque victoire vaut bien une fête, et chaque victoire peut bien être fêtée tous les ans, voire tous les dix ans. Quelle victoire avons-nous remporté donc, pour fêter un certain cinquantenaire ? Nous ne sommes pas dans l'Afrique que voulaient les Félix Roland Moumié, mais plutôt dans celle que planifiaient pour nous, pour les singes, De gaulle et compagnie.

Le plus important ce n'est pas l'indépendance, ce sont la liberté et la dignité que charrie l'indépendance. L'indépendance sans la souveraineté c'est donc quoi, vraiment ? De brillants et valeureux fils et filles du continent à l'instar des Tchuidjang Puémi qui comprirent très tôt les dangers de nos mille vassalisations à travers la monnaie, s'en sont allés bredouilles dans la tombe, laissant à une postérité complexe et compliquée, le soin de continuer jusqu'à la victoire, ou alors d'accepter de témoigner de la défaite. Nous y sommes, dans le témoignage de la défaite, et vous organisez la fête. Non, l'Afrique ne doit pas fêter. Un cadavre ne fête pas sa disparition, et un mort ne chante pas des cantiques de la vie. Il faut avoir le courage de dire à nos enfants et petits enfants, que nous n'avons pas gagné et que les maîtres colons, nous ont refusé le droit de nous développer, contrôlant le ciment, les livres scolaires, les industries, les infrastructures. Nous sommes des âmes sans âmes. L'Afrique fêtera un jour, plus tard, très tard, et ce sera en comptabilisant et en réhabilitant effectivement ses martyrs.

Le cinquantenaire de la honte devrait induire des scènes de deuil public.

 

Copyright © 2010 Le Messager

 

 
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 16:49


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Bangui, 29 janvier 2010 (Xinhua) - L’ancien président centrafricain Ange Félix Patassé a demandé, jeudi à Bangui, la mise en place d’une commission d’enquête internationale pour faire la lumière sur la disparition de l’ancien ministre d’Etat Charles Massi, dirigeant de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP, rébellion).

« Nous lançons un appel pressant à l’ONU, à l’Union Européenne, à l’OIF, à l’Union Africaine, à la CEN-SAD, à la CEMAC et à toutes les organisations humanitaires d’intervenir énergiquement auprès du gouvernement centrafricain pour constituer une commission d’enquête internationale afin de déterminer les circonstances réelles de la mort de Monsieur Massi », a déclaré l’ancien chef de l’Etat, qui recevait la presse à sa résidence placée sous haute surveillance policière.

Candidat indépendant à la prochaine élection présidentielle prévue pour avril prochain, Ange Félix Patassé a condamné « avec la dernière rigueur les communiqués de presse et les déclarations tendancieuses des membres du gouvernement qui, non seulement nous laissent sur notre soif d’en savoir davantage, mais dénotent leur manque d’élégance morale dans une affaire dont les conséquences pourraient être graves pour notre pays ».

Il a toutefois souligné que son souhait était « de voir tout le monde placé dans une atmosphère de sérénité et de confiance absolue avant la tenue des élections présidentielle et législatives et même après celles-ci ».

La demande de l’ancien chef de l’Etat intervient une semaine après que le gouvernement eût démenti les accusations de la famille de Charles Massi faisant état de la mort de ce dernier à la prison de Bossembélé (157 km au nord-ouest de Bangui) où il aurait été transféré et torturé après son arrestation par la gendarmerie tchadienne, le 18 décembre dernier.

Ministre des Mines sous la présidence de M. Patassé, Charles Massi avait rompu avec ce dernier pour créer en 1998 le Forum démocratique pour la modernité avant d’être condamné à mort par contumace en 2002 pour son implication présumée dans un coup d’Etat.

Rentré au pays après l’accession au pouvoir du général François Bozizé, il a occupé les portefeuilles de ministres des Transports puis du Développement rural avant de quitter le gouvernement en 2007 et d’entrer en rébellion contre François Bozizé en intégrant la CPJP.


NDLR : Cette conférence de presse s'est déroulée dans un climat agité. Le pouvoir en place avait en effet dépêché les forces de l'ordre tenter d'empêcher l'accès du lieu.

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 03:09


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AFP 28.01.10 | 13h41 - La France n'a pas d'informations sur le sort de Charles Massi, ex-ministre et chef rebelle en Centrafrique, décédé des suites de torture, selon sa famille, et souhaite que la lumière soit faite sur sa situation, a déclaré jeudi le ministère français des Affaires étrangères.

"Je n'ai pas d'informations sur la situation de Charles Massi", a déclaré lors d'un point presse le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero. "Quel que soit l'engagement politique de ce dernier, rien ne pourrait justifier qu'il ait eu à subir de mauvais traitements. La France souhaite que le gouvernement centrafricain communique toutes les informations en sa possession afin que la lumière soit faite sur la situation de Charles Massi", a-t-il ajouté.

"Les principes du dialogue politique inclusif s'imposent à tous, gouvernement, opposition légale et mouvements rebelles, comme le respect des règles démocratiques et des libertés fondamentales. Les échéances auxquelles la RCA aura à faire face cette année (processus de désarmement des groupes armés, organisation d'élections générales) doivent pouvoir se dérouler dans un environnement sécuritaire apaisé", a conclu le porte-parole.

Il y a une semaine, les autorités centrafricaines avaient démenti avoir arrêté, détenu et torturé à mort Charles Massi comme l'affirment la famille et le parti de cet ex-ministre et chef rebelle. Principal dirigeant de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), une rébellion active dans le nord-ouest du pays, Charles Massi, 57 ans, a été plusieurs fois ministre sous le régime du président Ange-Félix Patassé (1993-2003) et de l'actuel chef d'Etat, François Bozizé.


NDLR : Cette mise au point du porte parole du Quai d'Orsay fait s'effondrer ipso facto les quelques 2% de doute et d'espoir que nourrissait encore jusqu'ici Mme Denise Massi, de revoir son mari vivant. Il y a tant à dire sur la brutalité et la cruauté de la soldatesque de Bozizé. Les propos belliqueux de celui-ci dans son allocution du 31 décembre 2009 étaient suffisamment explicites pour qu'un quelconque doute soit permis sur les chances de survie de Charles Massi. "Mbi yéké dorko ala" en sango; "je vais vous dépecer" en Français. "A mbéni a yéké ti na maboko ti mbi oko na oko" en sango; "certains commencent déjà à me tomber sous la main un à un" en Français. Ce qu'il faut bien appeler l'assassinat de Massi ne peut contribuer de toute façon, bien au contraire, à "cet environnement sécuritaire apaisé" que souhaite le gouvernement français.

Faut-il rappeler qu'en recevant François Bozizé le 19 novembre 2007 à l'Elysée, Nicolas Sarkozy avait attiré son attention entre autre, sur la nécessité que son régime fasse impérativement des progrès dans deux domaines : celui de la lutte contre la corruption et le respect des droits de l'homme. Deux ans après, non seulement Bozizé n'a fait aucun effort dans aucun des deux secteurs précités, mais la situation a empiré. Plusieurs meurtres, tels que ceux des commissaires de police Hervy Trépassé et Daniel Sama, ont été commis dans la capitale, (le premier de nuit et le second en plein jour)  par des éléments proches de Bozizé bien identifiés. Les auteurs de ces deux crimes sont demeurés impunis à ce jour et circulent en toute liberté à Bangui.

L'exécution vraisemblable de Charles Massi par deux officiers de sa garde que sont les lieutenant Abel Dénamganai et le capitaine Vianney Semndiro, vient corser l'addition du volet violation de droits de l'homme. Au lieu de se contenter de formuler seulement des souhaits, la France doit plutôt hausser le ton de quelques crans avec un régime comme celui de Bozizé qui, après avoir tâter le terrain, a conclu qu'il pouvait sans grand risque, asseoir encore une dictature sanguinaire à la Bokassa en Centrafrique actuellement. Il est plus que temps de l'arrêter net dans cette monstrueuse tentative. Faut-il un bilan sanglant comme celui de Moussa Dadis Camara à Conakry pour interpeller les consciences ? En réalité, Bozizé et sa soldatesque, avec les massacres à grande échelle du capitaine Eugène Ngaikoisset et ses éléments à Paoua, ont même dépassé de loin le palmarès du putschiste guinéen.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 01:24


bonne-annee

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MALNUTRITION : DES INSULTES COMME REPONSE

( Yé so é lingbi ti kè )

Il n'y a guère longtemps, le médecin de Carnot informait la population centrafricaine ahurie que la malnutrition sévit dans sa ville, que de nombreux enfants en sont morts et que d'autres risquent de mourir si rien n'est fait.

De son côté, une association de lutte contre la pauvreté, pour ne pas dire contre la misère en milieu rural informait la population centrafricaine ahurie que la même situation prévaut à MABO, dans la Sous-Préfecture de NDJOUKOU. Cette association a donné la liste nominative des enfants de la localité déjà morts de malnutrition, ainsi que la liste nominative des enfants menacés de mort imminente pour cause de malnutrition si rien n'est fait.

«Que pensez-vous qu'il arriva », selon la fameuse question de Voltaire à propos de Jean FRERON? Le Gouvernement accusa les populations de ne pas savoir manger.

1. Compter sur ses propres forces

Les institutions internationales se sont mobilisées, ont décelé des cas de «malnutrition sévère» et l'on attendait la mobilisation du Gouvernement Centrafricain, le premier concerné car, comme le dit l'adage, «aide-toi et le ciel t'aidera ». Notre Pays devrait d'abord compter sur ses propres forces, et faire en sorte que l'aide extérieure comme les annulations de dettes pour cause de très grande pauvreté et de surendettement ne soient qu'un appoint; la véritable solution de nos problèmes doit consister à développer l'économie et à produire des richesses pour nous auto - suffire, en particulier dans le domaine alimentaire, au lieu de ne compter que sur les maigres impôts et droits de douane, dans ce Pays où, record négatif mondial, presque tous les commerces dans la capitale sont tenus par des commerçants accourus d'une même région du Monde, dont la réputation ne semble pas avoir été façonnée par leur horreur de la corruption.

A terme, la qualification de Pays Très Pauvre Très Endetté doit cesser d'être un trophée objet d'auto - congratulations, voire de boustifailles festives à la Présidence de la République, pour demeurer ce qu'elle ne devrait jamais cesser d'être : une qualification honteuse et infamante. Gâtés que nous sommes par Dieu avec les immenses richesses de notre sol et de notre sous-sol, nous devons cesser d'imiter les araignées, qui tissent chaque jour, mais qui se pavanent toutes nues.

Le Gouvernement issu des élections, fort de sa légalité et de sa stabilité, devrait s'atteler à développer prioritairement l'agriculture, l'élevage, l'artisanat, le tourisme et un minimum de transformation de nos produits, compte tenu de notre enclavement, évidemment après avoir restauré la paix, la sécurité et les infrastructures routières; le Ministre d'Etat aux Mines, Ministre Résident de la Mambéré Kadéî, devrait aussi faire la paix des braves avec la société américaine à qui l'ancien régime a attribué la recherche et l'exploitation de notre pétrole, au lieu de Transition consensuelle et paisible, pourquoi, à partir de 2006, nous avons vu « fleurir» les rébellions comme des champignons sur du fumier après la pluie. Les raisons sont le sectarisme, les nombreux assassinats crapuleux demeurés impunis, l'absence de liberté d'aller et de venir, de liberté de pensée et de débats démocratiques, "l'application, au sommet même de l'Etat, de la loi du talion (affaires SANZE et Eglise de KINA entre autres), la violation du principe de la séparation des Pouvoirs (fermeture militaire de la Cour Constitutionnelle pendant 6 mois), notamment.

L'on en passe et des pires, ou plutôt des meilleures et des plus savoureuses, puisque nous sommes au Merveilleux Pays des paradoxes et des records négatifs. Quand on éteint des incendies que l'on a soi-même provoqués, c'est mieux que de les laisser s'étendre, mais il n'y a pas de quoi pavoiser, c:a.rl'on est assimilable à un pompier - pyromane.

3. Malnutrition et famine

Tout cela ne peut que nous maintenir au hit parade du sous-développement dans la CEMAC et en Afrique et nous faire subir une malnutrition que nous n'avons jamais connue. Nous ne pouvons nous en sortir qu'en faisant le diagnostic sans complaisance du malade grabataire qu'est notre Pays, en cessant de faire semblant de croire que « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles», en mettant fin aux exactions et aux violations impunies des droits de l'homme et en prenant conscience de ce que les débats contradictoires, loin de nuire à la démocratie, constituent au contraire son essence et la nourrissent. Point n'est besoin d'être titulaire du baccalauréat pour le comprendre, Messieurs les animateurs de l'émission « yé so é lingbi ti inga » !

Au lieu de tout cela, le Ministre Résident de la Mambéré Kadéi s'est rendu à Berberati pour fêter le 1er Décembre avec PAPA WEMBA et a dit à la population ahurie que si la faim sévit en ces lieux naguère prospères et si les enfants meurent de malnutrition, c'est en quelque sorte parce que la population ne sait pas (ou plus ?) manger. Selon le Ministre, il s'agirait d'un problème de qualité de la nourriture, et non d'un problème de quantité. Selon le Ministre d'Etat, il ne faut pas confondre malnutrition et famine. Ainsi, on mourrait de malnutrition sans qu'il y ait pour autant famine. Bizarre, bizarre, comme disait le grand acteur Français Louis JOUVET.

Pourquoi donc la population de la Mambéré Kadéi, qui a toujours su manger quantitativement et qualitativement, puisqu'elle n'a jamais souffert de malnutrition auparavant, pourquoi brusquement cette population ne saurait-elle plus bien manger? Serait-elle brusquement devenue bête et anorexique au point de ne plus savoir quoi et comment manger pour ne pas être victime de la malnutrition? On voudrait insulter la laborieuse population de la Mambéré Kadéi qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

Qu'en disent les Députés et les intellectuels de la Mambéré Kadéi ? On attend impatiemment leurs réactions.

4. La cause de la malnutrition: notre «SANKARA»

En réalité, le Ministre sait pertinemment que si la malnutrition règne dans la Mambéré Kadéi, c'est parcequ'il a spolié les diamantaires, qui constituaient le moteur du développement dans cette Préfecture; il l'a fait au moment même où le prix du diamant avait vertigineusement chuté sur le marché international dans un contexte de crise mondiale, rendant difficile la vente de notre diamant. Les quelques bureaux de diamants, les quelques collecteurs et les quelques artisans épargnés par les mesures illégales de fermetures et d'interdiction d'exercer ont massivement procédé à des licenciements, à des compressions de personnels et à des mises en chômage technique. Il s'en est suivi la malnutrition des enfants et - - - des caisses du Trésor Public. N'empêche que, pour l'animateur lyot1'l1ais de l'émission KNK réservée aux seuls militants KNK de la diaspora et leurs sympathisants, émission où la contradiction démocratique est bannie, le Ministre d'Etat aux Mines, qui avait refusé naguère de communiquer aux élus du Peuple les conventions à bonus signées avec des sociétés de diamants est - - - notre SANKARA ! Rien moins!

Et le Président de la République? Notre GANDHI ou notre MANDELA? Ce serait le rétrograder, puisqu'il a déjà été comparé à MOISE ~ - - comme le fut l'ex­Président Ange Félix PATASSE.

De son côté, j'association qui avait eu le mérite de révéler les ravages de la malnutrition parmi les enfants de MASO a cru devoir « expliquer» cette situation par - - - l'alcoolisme des adultes qui ne nourriraient plus leurs enfants qu'avec de l'alcool, sous prétexte de leur donner des forces! Bizarre, bizarre! Pourquoi ne l'ont-ils pas fait depuis des temps immémoriaux?

Chacun sait pourtant que la laborieuse population de MABO produit massivement du manioc et autres aliments et qu'elle les vend tout aussi massivement aux commerçants qui approvisionnent la capitale. Pourquoi, brusquement, brutalement, cette population aurait-elle décidé de ne plus manger ce qu'elle produit? On est contraint de se demander si cette association n'a pas subi de pressions pour décharger l'Etat de toute responsabilité dans la situation qui prévaut à MABO. On voudrait insulter la laborieuse population de MASO qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Qu'en disent les Députés et les intellectuels de la KEMO ? On attend impatiemment leur réaction.

5. La politique de l'autruche et les deux illustres inconnus

La malnutrition dans certaines parties de notre Pays est un fait, et comme disait LENINE, «les faits sont têtus». Ce n'est pas en niant les faits, en niant l'évidence comme nous le sérine le Ministre Résident de la Mambéré Kadéi ou les deux animateurs de l'émission «yé so é Iingbi ti inga » que nous éradiquerons la malnutrition dans la Mambéré Kadéi, à MABO et ailleurs. Ne faisons pas comme l'autruche qui enfonce sa tête dans le sable pour ne plus voir le danger qui le menace, en croyant avoir conjuré le danger dès lors qu'il ne le voit plus.

Au fait, où étaient ces deux animateurs qui s'auto - proclament à présent chantres du changement, en mangeant les marrons que les démocrates ont tiré du feu, certains au prix de leurs vies, d'autres comme moi au prix de leur liberté, pour obtenir la destitution du précédent régime? On aimerait bien le savoir.

Qu'ils sachent en tout cas que ce sont les démocrates qui ont mené la lutte pour la destitution du régime défunt; les militaires ont pris le train en marche, lorsque la commission Mixte d'enquête judiciaire a convoqué le Général BOZIZE, demeuré loyaliste après la tentative de Coup d'Etat du 28 Mai 2001, pour l'embastiller. Comme disait le colonel BOKASSA, « l'auto - défense de ma tête m'a amené à prendre le Pouvoir au nom du Peuple Centrafricain ». Quand ces deux animateurs prétendent que le démocrate que je suis fait des critiques parce qu'il a faim, ils ne parlent en fait que d'eux-mêmes, sauf qu'en ce qui les concerne, ils flagornent pour obtenir leur pitance. Qu'ils disposent d'un pick up flambant neuf, avec lequel ils ont déjà fait un accident, alors que de valeureux journalistes de Radio- Centrafrique suent à pieds suffit à le démontrer. De quoi vivraient- ils s'ils ne flagornaient pas?

Qu'ils sachent que si le Président de la République m'avait nommé Ministre, ce n'était pas pour me faire je ne sais quel cadeau ou pour me récompenser d'avoir flagorné, mais c'était la reconnaissance de ma lutte courageuse et pacifique sous le régime défunt, pendant que ces deux animateurs demeuraient tapis dans on ne sait quel coin, exerçaient on ne sait quel métier et vivaient d'on ne sait quoi. Est - ce qu'il manque des journalistes talentueux et aguerris à Radio Centrafrique pour qu'on nous sorte ces deux flagorneurs comme un prestidigitateur sort des lapins de son chapeau, à seule fin de polluer nos esprits et de nous asséner à longueur de journée « la vérité officielle» et transformer Radio Centrafrique en « la voix de son maître» ?

Qu'ils sachent que dès que le Général BOZIZE est arrivé à Bangui après la chute de l'ancien régime, il m'a spontanément fait venir au Camp Béal pour me féliciter chaleureusement et saluer en moi l'un de ceux qui ont courageusement et pacifiquement lutté au prix de leurs vies et de leur liberté pour faire tomber l'ancien régime. Le Général BOZIZE connaissait-il à ce moment là les deux illustres inconnus qui s'auto-proclament aujourd'hui chantres d'un changement pour l'avènement duquel ils n'ont nullement contribué?

6. Ma lutte pour la démocratie

En ce qui me concerne, trois mois après la tentative de Coup d'Etat du 28 Mai 2001; j'ai été accusé d'en être « le cerveau» et de m'être rendu clandestinement à ZONGO pour remobiliser les militaires qui s'y étaient réfugiés, alors que je n'ai jamais mis les pieds à ZONGO de ma vie et que je suis un partisan de la non violence.

Il s'agissait en fait de me punir pour avoir courageusement entamé la publication d'une série d'articles dans le Journal Le Citoyen pour dénoncer les tueries aveugles et tribalistes ainsi que les nombreuses exactions qui avaient fait suite à la tentative de coup d'Etat.

J'ai alors connu les geôles infectes de la Brigade Territoriale de Gendarmerie, avec leurs quatre murs et leur «plafond» en béton, qui en font une véritable fournaise dans laquelle, pendant les premiers jours, j'ai été enfermé 23H30 sur 24H ; je ne disposais donc que d'une demi-heure pour me débarbouiller comme un canard, faire mes besoins naturels si je ne les avais pas faits en geôle et manger. J'y ai découvert la valeur inestimable de l'air qu'on respire, air que chaque détenu venait respirer à tour de rôle sous la porte en fer, tant pour aérer ses poumons que pour rejeter les miasmes du seau où chacun faisait ses besoins en présence de tous les autres. J'ai vu à mon arrivée les affaires d'un détenu qu'on avait enlevé pour aller l'abattre au PK 26.

Je dénie donc aux deux illustres inconnus de « yé so é lingbi ti inga » le droit de m'enseigner ce que je dois savoir, eux qui, à ma connaissance, n'ont jamais lutté pour la démocratie et pour la destitution d'un régime qui, notamment, bombardait la paisible population de Boy - Rabé. Je l'avais vu de mes propres yeux depuis la concession de la Brigade Territoriale de Gendarmerie, lorsqu'enfin on m'avait autorisé à passer mes journées dans la Cour, avec entre autre autres l'Abbé Julien, le Père TONINO et le PDG Jean - Marie GUENGOUA ..

Qu'ils sachent que je n'ai pas faim, mais que j'ai honte de ne pas avoir faim pendant que la malnutrition décime des dizaines d'enfants qui sont l'avenir du Pays. Après 34 ans d'exercice effectif de la profession d'Avocat, manger à sa faim est la moindre des choses. Puisque les deux animateurs ont intitulé leur émission « Yé so é lingbi ti inga » (ce que nous devons savoir), ils devraient le savoir.

Qu'ils sachent qu'en 36 ans de vie professionnelle bien remplie, je n'ai été Ministre que pendant deux ans et demi, pour contribuer à édifier les fondations d'une démocratie élective et faire en sorte que les militaires ne s'incrustent pas au Pouvoir comme par le passé. A moins d'être de mauvaise foi comme c'est le cas, on ne peut donc pas soutenir effrontément que c'est grâce à l'éphémère fonction de Ministre que je suis ce que je suis.

7. Accuser son chien de rage pour l'abattre

Quant à prétendre que celui qui a soutenu les textes du processus électoral et référendaire devant le Conseil National de Transition et devant la Communauté Internationale que j'étais en ma qualité de Ministre Chargé du secrétariat Général du Gouvernement et de personne ressource que j'étais en même temps n'avait pas été à la hauteur de la tâche, il n'est pas nécessaire d'y répondre. J'en laisse le soin au Président de la République et à ceux de mes collègues qui sont encore au Gouvernement.

Outre ce travail et en seulement 3 mois à la tête du Ministère de la Justice, cumulativement avec mes fonctions de Ministre Chargé du Secrétariat Général du Gouvernement, j'avais initié le projet de loi portant organisation et fonctionnement des Tribunaux de Commerce; ces Tribunaux ne fonctionnaient qu'avec leurs seuls Présidents, en toute illégalité, sans cette loi prévue par la loi organique portant organisation judiciaire. Prétendre par ailleurs que je n'ai publié aucun compte rendu des Conseils de Ministres, c'est tout simplement mentir effrontément, c'est faire comme qui accuse son chien de rage pour l'abattre, malgré tous les services que le chien lui a rendus.

J'imagine que si le Président de la République n'avait pas cru devoir me reconduire au Gouvernement après les élections de 2005, c'était pour faire de la place aux forces organisées issues de ces élections, alors que moi je ne représentais que ma propre personne et une certaine idée de la démocratie qui n'était plus de mise.

Je ne crains donc pas que les deux animateurs de « yé so é lingbi ti inga » me citent nommément, bien au contraire! Ce serait la preuve que j'ai visé juste. En tous les cas, quand on plonge les mains dans la boue pour la jeter au visage d'autrui, l'on est assuré de se salir les mains, mais l'on n'est nullement assuré d'atteindre le visage.

8. «A cœur fermé»  

Il est piteux que l'animateur de l'émission de la diaspora improprement intitulée « A cœur ouvert» ait emboîté le pas aux animateurs de l'émission « yé so é Iingbi ti inga », lui qui est un intellectuel vivant à Lyon en France; lui qui sait donc qu'en France, quand la majorité fait une déclaration, la parole est systématiquement donnée à l'opposition pour faire connaître sont point de vue; lui qui sait qu'en France le temps de parole de chaque camp est comptabilisé par le Haut Conseil de l'Audio­visuel, pour maintenir le nécessaire et salvateur équilibre démocratique. Notre Haut Conseil de la Communication, qui semble en hibernation, gagnerait à prendre des leçons auprès de son homologue.

Hélas cet animateur, profitant de la confusion entre le nom de la philosophie du Président de la République et le nom du parti politique de celui-ci, a transformé l'émission «A cœur ouvert» en tribune de propagande du seul Parti KNK. Un auditeur qui a osé téléphoner pour s'en étonner a été vertement rabroué, y compris par l'animateur de Radio Centrafrique après l'émission. La parole n'est donnée qu'aux « ouvrières et ouvriers» en col blanc de KNK et aux Ministres pour s'auto ­féliciter.

Tous ceux qui auraient des points de vue contraires à la flagornerie ambiante des «yayas », « ngambés » et autres «babas» de cette émission sont d'avance traités de propagateurs de mensonges et de destructeurs du Pays (a zo so a yé ti fouti kodro). Internet, qui est l'une des plus grandes inventions de l'Humanité, ne trouve pas grâce à ses yeux.

Au cours de l'émission du Samedi 12 Décembre 2009, cet animateur a rassuré les militants KNK de France qu'il leur apportera dès que possible les pagnes et autres breloques de KNK ; il a appelé les populations à ne faire confiance qu'au KNK, où elles trouveront en quantité industrielle tout ce qu'elles veulent: stylos, porte-clés, pins, vélos, motos et même véhicules! Donnez leur plutôt de la nourriture, Cher Monsieur !

Les militants des sections de l'Etranger des autres Partis politiques ne font-ils pas partie de la diaspora? Leur donnera-t-on un jour la parole pour porter démocratiquement la contradiction au KNK? Comment envisager l'alternance qui doit être possible dans toute démocratie digne de ce nom si tout projet d'alternance est assimilé à une tentative de sabotage de l'œuvre prétendument grandiose et irréprochable qui serait en cours d'édification? Seul Dieu est infaillible et irréprochable.

9. Oser lutter

Pourquoi les Partis politiques de l'opposition ne saisissent-ils pas la Justice pour imposer leur libre accès aux médias d'Etat comme prescrit par la loi sur les partis politiques?

En ce qui me concerne, j'ai constitué Maître Mathias MOROUBA qui assignera incessamment le Directeur de Radio Centrafrique et les deux « PAPA» de « yé sa é lingbi ti inga » en justice pour obtenir d'exercer mon droit de réponse de vive voix dans cette émission.

Les animateurs des émissions « yé so é lingbi ti inga » et « A cœur ouvert » gagneraient à savoir qu'empêcher les gens de s'exprimer légalement, c'est les contraindre à s'exprimer illégalement. Une cocotte minute où la sortie de la vapeur est fermée risque l'implosion. Gare à l'effet boomerang du monologue, de la flagornerie et du sectarisme!

Comme tous les contrefacteurs de la vérité et tous les flagorneurs des anciens régimes, les contrefacteurs de la vérité sur la malnutrition et les flagorneurs du régime actuel passeront et, comme disait Barthélemy BOGANDA aux colons, nos femmes et nos enfants jetteront derrière eux et leurs piteuses flagorneries « le tison ardent, symbole d'un départ définitif et d'un souvenir couvert de honte et de malédiction populaire ». Ils devraient se demander pourquoi leurs «illustres» prédécesseurs, qui péroraient du haut de leur fumeuse suffisance et narguaient le Peuple, ont été balayés de la scène de l'Histoire comme des feuilles mortes qu'emporte le vent Maïgaro et sont devenus d'éminents Professeurs par l'exemple négatif. Il est vrai que le fait pour un papillon de nuit d'être brûlé par le feu n'a jamais empêché tous les autres d'aller s'y jeter et d'être brûlés à leur tour. Un flagorneur pensera toujours que son régime est éternel.

C'est ainsi.

Maître ZARAMBAUD Assingambi

Bangui, le 15 Décembre 2009

PS: VOLTAIRE

« L'autre jour, au fond d'un vallon, un serpent piqua Jean Fréron. Que pensez-vous qu'il arriva? Ce fut le serpent qui creva ».

ANOREXIE: perte ou diminution de l'appétit

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