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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 23:16




NDLR : Malgré l’arrêt favorable au Bureau Politique du MLPC présidé par Martin Ziguélé rendu par la Cour d’Appel de Bangui en décembre 2008, on assiste à un refus évident du pouvoir politique de Bangui de faire respecter cette décision de justice par la clique de Sosthène Guétel et Ange Félix Patassé qui continue hélas de s’agiter au nom de leur prétendu MLPC, avec la complicité manifeste du ministre Elie Ouéfio de l’Administration du territoire. C’est la preuve s’il en était besoin, de l’existence d’un pacte secret entre le clan Bozizé et l’ex président Ange Félix Patassé pour torpiller Martin Ziguélé en divisant davantage le MLPC. C'est ce pacte secret qui permet à la clique Patassé-Guétel de violer impunément les décisions de justice. Cette fâcheuse situation a contraint le Bureau Politique autour de Martin Ziguélé à décider de publier la note que voici :

 

 

Note relative à la situation juridique du MLPC et la non-application des décisions de justice dans l’affaire Luc Dondon Konamabaye, Guétel Dilamkoro et autres contre le Bureau Politique du MLPC Présidé par Martin ZIGUELE

 

******************

 

En mars 2006, le Bureau Politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) a connu des dissensions internes liées au disfonctionnement entretenu par sieur Luc Apollinaire DONDON-KONAMABAYE,  Premier Vice Président du Parti de l’époque.

 

Suite à un débat franc et ouvert au sein du Bureau Politique et conformément aux statuts et règlement intérieur du Parti, sieur DONDON-KONAMABAYE a été suspendu de toute activité au sein du Parti jusqu’au prochain Conseil Politique National (CPN), organe qui gère le Parti entre deux (2) Congrès.

 

Irrité par cette décision de suspension, sieur DONDON KONAMABAYE a déposé le 30 Mars 2006, une plainte en référé contre le Bureau Politique à l’effet de se donner une légitimité et de s’accaparer de la direction du MLPC.

Cette tentative a échoué et le Tribunal de Grande Instance de Bangui a rendu le  Jugement n° 122 du 24 Mai 2006 qui a débouté ce dernier de sa demande comme mal fondée, et l’a condamné aux dépens. Par ailleurs le Tribunal a demandé aux parties de s’en remettre aux statuts et règlement intérieur du Parti pour régler leurs différends.

 

Devant cette situation, le Parti était obligé de convoquer une session extraordinaire du Conseil Politique National en juin 2006. C’est au cours de ces assises que le Conseil Politique National décida, conformément aux statuts, de transformer ses assises en Congrès extraordinaire, dont la principale décision fut de remplacer Ange-Félix Patassé par Martin ZIGUELE à la tête du Parti. De même DONDON KONAMABAYE  fut suspendu de son poste de premier Vice-président du Parti et remplacé par Gabriel Jean-Edouard KOYAMBOUNOU.

 

Monsieur DONDON saisit à nouveau le Ministre de l’Intérieur qui, après enquête et concertation, a adressé au MLPC, le 26 Juillet 2006, une correspondance sous le n° 033/MICSP/CAB demandant la tenue obligatoire d’un Congrès dans un délai de trois (3) mois en vue de trouver une solution définitive aux dissensions internes au Parti.

 

La nouvelle direction s’attela donc  à préparer le congrès ordinaire statutaire de juin 2006. A quelques semaines du congrès, le Ministre de l’Intérieur nous recommanda à nouveau de nous réconcilier avant ces assises, y compris avec le MLPCO. Le Président DOBOZEDI avait donc réuni les trois « tendances » à cette fin pendant plusieurs jours à son domicile.

A l’issue des débats, le MLPCO a accepté de se joindre à la direction légitime du Parti, mais DONDON refusa de la faire. Constatant que deux « tendances «  sur trois étaient réconciliées, le Ministre de l’Intérieur autorisa la tenue du Congrès ordinaire statutaire des 21, 22 et 23 juin 2009.

 

A l’issue de ce Congrès Ordinaire qui a connu la participation de toutes les fédérations de provinces et de l’extérieur, une nouvelle direction du Parti  dénommée Bureau Politique a été  démocratiquement  élu et placé sous la Présidence du Camarade Martin ZIGUELE.

 

Ce Congrès ordinaire placé également sous le signe de la refondation a pris plus de dix (10) résolutions, dont la résolution n° 2 a exclu du Parti Sieur DONDON KONAMABAYE Luc Apollinaire, Sosthène GUETEL DILAMKORO et autres, conformément aux Statuts et Règlement Intérieur du MLPC.

 

Suite à ce Congrès, Monsieur DONDON KONAMABAYE adressa à nouveau une correspondance au Ministre de l’Intérieur pour contester la tenue de ce congrès et pour demander l’annulation de toutes ses résolutions.

 

Le Ministre de l’Intérieur répondit à Monsieur Dondon-Konamabaye  pour confirmer en tous points les décisions du Congrès. Sa correspondance conclut en ces termes : «  Désormais, le Ministre de l’Intérieur chargé de la Sécurité Publique ne reconnaît que les structures issues du Congrès Ordinaire du MLPC des 21, 22 et 23 Juin 2007 car, les organes mis en place par le Congrès de 2004 sont arrivés à leur terme et que nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. Tout acte contraire aux présentes prescriptions sera considéré comme incitation au trouble à l’ordre public et  son auteur sera sévèrement sanctionné ».

 

En réaction à la lettre du Ministre de l’Intérieur,  Monsieur DONDON KONAMABAYE saisit, au nom et pour le compte de Patassé,  le Tribunal  de Grande Instance de Bangui. Par son jugement rendu le 3 juin 2008, le Tribunal  de Grande Instance de Bangui l'a débouté de sa demande, condamné aux dépens et interdit d'agir ni de parler au nom du MLPC.

 

Mécontent de cette décision, Monsieur DONDON KONAMABAYE interjeta appel contre le jugement du Tribunal de Grande Instance de Bangui, rendu le 3 juin 2008. La Cour d'Appel de Bangui, dans son arrêt rendu le 26 décembre 2008, a confirmé en tous points la décision du Tribunal de Grande Instance de Bangui.

 

A ce jour, Luc Apollinaire Dondon- Konamabaye, agissant toujours pour le compte de Patassé, a introduit un pourvoi en Cassation, demandant à cette Haute juridiction de surseoir à l'exécution de l'arrêt de la Cour d'Appel, et nous attendons sa réponse.

 

Cependant, il est constant qu'un pourvoi en cassation n'est pas suspensif de la décision de la Cour d'appel. Par conséquent, ni Dondon ni Patassé ni leurs représentants ne doivent ni parler ni écrire au nom du MLPC, conformément à l'arrêt de la Cour d'Appel.

 

Fort est néanmoins de constater que le pouvoir les laisse parler, publier des communiqués sur des médias publics et privés et se réunir dans un siège interdit par la justice, malgré nos nombreuses plaintes auprès du Premier Ministre et du Ministre de l'Administration du Territoire. Ils continuent à ce jour d’utiliser illégalement et allégrement le nom et autres attributs du parti en violation des décisions de justice devenues définitives, semant ainsi la confusion dans les esprits de nos militants et les observateurs de la vie politique nationale.

 

Il convient  de rappeler aussi que le Tribunal de Grande Instance leur avait ordonné le retrait de la pancarte du MLPC au quartier GBENGUEWE sous astreinte journalière de 10.000 f, leur faisant par ailleurs interdiction d’utiliser les noms, emblème et autres attributs du MLPC.

 

A la lumière de ces prescriptions du Ministre de l’Intérieur, Chargé de la Sécurité Publique, le Bureau Politique élu démocratiquement en juin 2007 pour un mandat de trois (3) ans, a adressé au Ministre d’Etat Chargé de la Communication le 21 Avril 2009, une lettre de protestation pour s’élever contre la diffusion sur les ondes de la Radio Centrafrique des Communiqués et déclarations faits par sieur DONDON KONAMABAYE Luc Apollinaire, GUETEL DILAMKORO Sosthène et autres au nom du MLPC.

 

De même, une plainte contre ces derniers pour inobservation des décisions de Justice a été déposée auprès du Procureur de la République le 21 Avril 2009.

 

Ils continuent délibérément d’utiliser les attributs du Parti sans que des sanctions ne leurs soient infligées conformément à la loi.

 

Le Bureau Politique du Mouvement de Libération du peuple Centrafricain (MLPC), élu démocratiquement et reconnu officiellement, par le Ministère de l’Intérieur et de l’Administration du Territoire s’interroge sur la non- application des décisions de Justice par les pouvoirs publics.

 

Le Bureau Politique du MLPC dégage toute responsabilité de ce qui adviendrait dans l’exercice illégal des activités des sieurs DONDON KONAMABAYE Luc Apollinaire, GUETEL DILAMKORO Sosthène et autres, exclus du Parti.

 

En outre, si les attributs du MLPC continuent  d’être utilisés au mépris des décisions de Justice rendues au nom du Peuple Centrafricain, le Bureau Politique se verra dans l’obligation de saisir d’autres instances nationales et  supranationales.

 

Bangui le, 3 novembre 2009

 

Le Bureau Politique

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 22:35




LA LETTRE DU CONTINENT  05/11/2009 N°575


CENTRAFRIQUE


Jean-Paul Paloméros et le camp Birao en Centrafrique


Devant les députés de la commission de la défense nationale et des forces armées, le général Jean-Paul Paloméros, chef d'état-major de l'armée de l'air, a révélé le 7 octobre "qu'il y a peu, un pilote de chasse, aux commandes d'un Mirage F1, a décollé de la base aérienne de N'Djamena pour appuyer une section de l'armée de terre française en proie au feu rebelle dans le camp de Birao, en République centrafricaine. Cela leur a ainsi permis de reprendre l’initiative et probablement sauvé la vie. Merci qui ?


Bozizé veut aller aux élections en temps et en heure


























Bozizé
a réuni ce mercredi 4 novembre sa majorité parlementaire pour lui faire comprendre qu’il n’approuvait pas pour l'initiative des députés Luc Apollinaire Dondon Konamabaye de Paoua 3 et Paul Abouka d’Alindao 1visant à proroger son mandat ainsi que ceux des députés de l’actuelle Assemblée nationale par la voie parlementaire. Comme sa machine à frauder est au point, il semble maintenant vouloir aller aux élections aux dates prévues. Il ne suivra pas ceux qui sont pour l'initiative de Dondon et Abouka.

Tout autre chose,  le congrès de KNK initialement prévu pour se tenir à Mbaiki le 12 mais se tiendrait finalement plutôt le 13 novembre 2009, date jugée meilleure selon leurs oracles.On suppose que la délégation du KNK dirigée par Mme Solange Pagonendji Ndakala alias "Arôme Maggi" partie se former en Chine à l'école du parti communiste chinois depuis une quinzaine de jours, devrait être rentrée à temps pour prendre part à cette importante assise du "travaillisme" centrafricain à la Bozizé.

 

 

Patassé par-ci, Patassé par là !






L’ex président Patassé se plaint d'être mal logé au PK 10 là où il a échoué et l’aurait fait savoir. Sosthène Guétel a emmené ce jour, une poignée de ses partisans du quartier Sara pour soi-disant « garder » leur vedette mais les soldats de la MICOPAX sur les lieux qui ne l’entendaient pas de cette oreille et les ont pourchassés. C'était la débandade générale dans le quartier du PK 10.

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 22:07


 

Source : gaboneco 03-11-2009   

La Commission de surveillance des marchés financiers en Afrique centrale (COSUMAF) a rejeté à l'unanimité la saisine de la Bourse des valeurs mobilières d'Afrique centrale (BVMAC) pour le maintien de son directeur général, Willy Ontsia. Le 29 juillet dernier, la COSUMAF avait demandé le limogeage de Willy Ontsia pour faute grave. Ce dernier avait ignoré cette sanction en arguant de l'incompétence de la COSUMAF à prendre cette décision.

Après la réunion extraordinaire du 22 juillet dernier qui annonçait le limogeage du directeur général de la Bourse des valeurs mobilières d'Afrique centrale (BVMAC), Willy Ontsia, la Commission de surveillance des marchés financiers d'Afrique centrale (COSUMAF) a confirmé sa décision la semaine dernière en rejetant à l'unanimité la saisine du Conseil d'administration de la BVMAC pour son maintien.

Réunie à Douala en marge de l’atelier régional sur le développement du marché financier en Afrique centrale, la COSUMAF a examiné la demande de révision formulée par la BVMAC sur la décision de la COSUMAF portant interdiction définitive à monsieur Ontsia d'exercer ses fonctions.

La COSUMAF a estimé sur la base de l’article 14 de son règlement général que la demande était recevable sur la forme, mais l'absence d'éléments nouveaux a mené au rejet unanime de la saisine.

Les faits qui étaient reprochés au directeur général de la BVMAC concernent «son attitude menaçante et agressive au cours de la mission d'inspection entamée le 6 juillet 2009», lors de laquelle monsieur Ontsia s'était rendu «coupable d’entrave à ladite mission, avec circonstances aggravantes caractérisées par l'agression physique d'un inspecteur en mission, ayant entraîné de graves blessures et une incapacité de travail de huit jours».

«Monsieur Willy Ontsia a reconnu avoir porté un coup de poing ayant provoqué des blessures au chef de la mission d’inspection de la COSUMAF», mais «n'a exprimé aucun regret quant aux faits qui lui sont reprochés», avait déploré la COSUMAF, estimant que cette attitude empêche toute collaboration avec la BVMAC.

La COSUMAF avait donc prononcé à l’encontre de Willy Ontsia une «interdiction définitive» d’activité en qualité de directeur général de la BVMAC et avait demandé au conseil d’administration de la BVMAC de procéder à son remplacement.

Dans la foulée de cette première décision de la COSUMAF, le conseil d’administration de la BVMAC avait pris acte de la décision limogeant son directeur général et avait par la même occasion introduit un recours afin de le maintenir dans ses fonctions.

En attendant l’examen du recours, le conseil d’administration avait désigné l’actuel directeur général de la Banque internationale pour le commerce et l’industrie au Gabon (BICIG), monsieur Ayo Inguenda, pour expédier les affaires courantes.

A la BVMAC, on s'était insurgé contre cette déclaration jugée «abusive», puisque la COSUMAF n'aurait pas le pouvoir de limoger le directeur général de la BVMAC, un pouvoir qui appartient au seul Conseil d'administration de la bourse sous-régionale.

Monsieur Ontsia aurait par ailleurs saisi la Cour de justice de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) à N’djamena, au Tchad, pour statuer sur ce différend.

 

NDLR : L’attitude du Conseil d’administration de la BVMAC est proprement scandaleuse. Même si la COSUMAF n’a pas le pouvoir de limoger le DG de la BVMAC, comment le Conseil d’administration de cette dernière peut – elle cautionner un DG voyou comme ce Willy Ontsia dont le comportement n’honore guère cet établissement. Cette solidarité malsaine entre Gabonais doit absolument cesser dans les institutions communautaires sous-régionales. Le comble des scandales serait que la Cour de justice de la CEMAC donne raison au DG voyou contre la COSUMAF. Vivement que le prochain sommet de Bangui de la CEMAC règle ce problème de la BVMAC et de la COSUMAF.  

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 16:23





(Le Messager 04/11/2009)


Je n’avais rien compris à ce que l’écrivain Slimane Zeghidour appelle « le secret de famille de la République ».

Lorsque j’ai pris en charge l’instruction de l’affaire Elf, j’avais en face de moi les puissants du pétrole français, je n’aimais pas leur arrogance, la façon qu’ils avaient de se servir dans les caisses, mais lorsqu’ils invoquaient les intérêts supérieurs du pays, j’étais prête à les croire. Je sortais de plusieurs années en détachement au ministère des Finances, entourée de hauts fonctionnaires intègres, d ‘une compétence absolue. J’avais confiance dans les institutions de mon pays d’adoption. Je n’imaginais pas que la finalité des dirigeants des sociétés nationales du pétrole fut autre chose que le bien commun. Je traquais les dérives et non le système lui-même.

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A lire aussi:

1.Communication-Entreprise : Pourquoi le Pdg de France Télécom ne vient plus au Cameroun

2.Exploitation : Comment les entreprises françaises pillent l’Afrique

3.Maroc: Tenue du forum pour le développement en Afrique du Nord

4.France: L’homophobie dans le football

5.Développement Garoua-Comment ils ont tué le cadavre d’Ahmadou Ahidjo

 

Pourtant au fil de mon enquête, j’ai découvert un monde souterrain. Magistrate, limitée par le cadre de ma saisine et des compétences nationales, je devais m’arrêter sur le seuil de certaines portes, qui menaient vers l’étranger. Je découvrais des chemins qu’il aurait été passionnant de remonter, des connexions qui m’ahurissaient. Avec des chiffres, des comptes, nous avions sous nos yeux le déchiffrage d’un vaste réseau de corruption institutionnalisé, dont les fils étaient reliés en direct à l’Elysée.

Ce n’était pas mon rôle d’en tirer les conclusions politiques, mais j’en ai gardé l’empreinte. Nous avions dessiné alors un vaste schéma, que j’ai toujours avec moi. Il fait huit mètres une fois déplié. Il serpente depuis le bureau d’un directeur des hydrocarbures d’Elf, jusqu’à des comptes obscurs alimentés par le Gabon, aux mains d’Omar Bongo : quarante ans de pouvoir et une difficulté récurrente à distinguer sa tirelire et sa famille d’une part, le budget de l’Etat et le gouvernement d’autre part. J’emporte souvent ce schéma avec moi, au fil des rendez-vous. Je l’étale sur les tables, un peu comme un capitaine au combat sort ses vieilles cartes. Les positions ont sans doute varié, les techniques de camouflage se sont sophistiquées, mais le système est là : les tyrans sont des amis, que la France a placés au pouvoir et dont elle protège la fortune et l’influence par de vastes réseaux de corruption ; en échange ils veillent sur les intérêts et les ressources des entreprises françaises venues creuser le sol. Tout ce beau monde a intérêt à ce que rien, jamais, ne stimule ni les institutions ni l’économie des pays.

Et si je m’arrête un instant au Gabon, qu’est-ce que j’y vois ? Un pays riche qui exporte plus de treize milliards de dollars de pétrole brut par an et affiche un Pib par habitant largement au-dessus de la moyenne africaine (6 397 $) ? Ou un pays pauvre où l’espérance de vie est estimée à 55 ans pour les femmes et 53 pour les hommes, ce qui leur laisse un an de moins que les Malgaches nés sur un sol sans pétrole ? Le taux de mortalité infantile est au Gabon particulièrement élevé, le taux de vaccination contre la rougeole est de 40% contre une moyenne de 79% dans les pays en développement. Voilà où en est le Gabon, chasse gardée de la France, fournisseur des trésors du pétrole et de l’uranium, fief de Total-Elf la première capitalisation boursière française.

Roland Dumas « l’ami intime » de Bongo

Si les habitants de Libreville n’ont pas bénéficié de la richesse de leur pays, c’est parce que la France s’est accaparée ses ressources minières, avec la complicité d’un président, enrôlé dès son service militaire par l’armée française et ses services secrets, placé à la tête du pays à 32 ans par Paris. Il était alors le plus jeune chef d’Etat du monde. La France contrôle son armée, ses élections et protège sa fortune. En retour, Omar Bongo fait table ouverte plusieurs fois par an, avenue Foch ou à l’hôtel Crillon, où il reçoit les hommes politiques, des publicitaires et les journalistes français qui comptent. Chacun se presse à ces audiences. Dans les années 1990, un homme politique français du premier plan, alors en fonction, bénéficiait en parallèle d’un contrat de « consultant » signé par Omar Bongo et largement rémunéré. De Roland Dumas, le président gabonais dit qu’il est « ami intime ». Prévoyant, il apprécie aussi Nicolas Sarkozy, venu « prendre conseil » en tant que candidat à l’élection présidentielle. Lorsque au cours de l’instruction, nous avons perquisitionné au siège de la Fiba, la banque franco-gabonaise, nous avons consulté le listing des clients, qui paraissait tenu à la plume sergent-major. C’était une sorte de Who’s Who de la France en Afrique, qui en disait long sur l’envers de la République et des médias.

A ceux qui croient encore à l’aide désintéressée de la France en Afrique, il suffit de consulter les chiffres du Pnud (Programme des nations unies pour le développement). La corrélation est régulière entre le montant de l’aide française et la richesse en matières premières. En clair, celui qui n’a rien dans son sous-sol ne doit pas attendre grand-chose de Paris…Il n’est pas étonnant de retrouver le Gabon comme l’un des premiers bénéficiaires de l’aide publique française au développement. Le résultat est affligeant en termes de système de santé et d’éducation. L’argent s’est perdu en route. Il est justement fait pour cela.

Il ne s’agit pas d’une dérive mais d’une organisation cohérente et raisonnée. Dans chaque audition durant notre instruction, nous entendions parler de pressions physiques, d’espionnage permanent et de barbouzes. Les perquisitions dans la tour Elf à la Défense livraient une moisson de documents révélant la confusion des genres, nous les transmettions au parquet de Nanterre, qui se gardait bien d’ouvrir des enquêtes. Car Elf hier, Total aujourd’hui, est un Etat dans l’Etat, conçu par Pierre Guillaumat un ancien ministre de la Défense, patron des services secrets et responsable du programme nucléaire français afin de servir les intérêts géopolitiques de Paris.

La Norvège a utilisé son pétrole pour construire et assurer le paiement des retraites futures. La France se sert d’Elf-Total pour affirmer sa puissance. La compagnie intervient dans le golfe de Guinée, au Nigéria, au Congo-Brazzaville, en Angola… Tous ces pays ont connu la guerre civile et la dictature, derrière laquelle la main française s’est fait sentir. Le chaos, lorsqu’il se produit, ne trouble pas le système. Il n’est qu’à voir l’Angola, en guerre pendant des dizaines d’années, mais dont aucune goutte de pétrole, jamais, n’a raté sa destination. Pendant la guerre, les affaires continuaient…Les banques françaises, Bnp-Paribas en tête, ont même profité de l’occasion pour élaborer des montages financiers destinés aux pays en guerre, à des taux affolants, tout en sachant qu’elles ne prenaient pas le moindre risque. L’argent, là aussi, n’a pas été perdu pour tout le monde. C’est un miroir dans lequel il ne faut pas trop souvent regarder les élites françaises.

Depuis que j’ai ouvert le dossier Elf, dans mon bureau de la galerie financière, j’ai voyagé physiquement et intellectuellement bien loin de la Seine et de ses quais gris et bleus…j’ai appris en marchant. A l’arrivée, le tableau est effrayant.

L’Afrique a refait de moi une Norvégienne, fière de l’être. Mon pays est riche, mais, il se souvient avoir été pauvre, un peuple d’émigrants regardant vers le nouveau monde américain. Son esprit de conquête, ses allures vikings sont des traces d’un passé très lointain, vinrent ensuite les tutelles danoise puis suédoise, dont il fallut se libérer. Il envoya vers l’Afrique des missionnaires protestants, personnages austères au visage buriné, taillé par la parole chrétienne et l’œuvre humanitaire, plutôt que des nouveaux colons, comme on les croise encore dans les quartiers d’expatriés blancs.

Pendant que la France fondait Elf, la Norvège mettait en place l’exploitation des ressources de la mer du Nord, accumulant un fonds de réserve, aussitôt placé pour les générations futures et soigneusement contrôlé. Ce petit pays des terres gelées est devenu la première nation donatrice en dollars par habitant. Bien sûr, les pétroliers norvégiens ne sont pas des enfants de chœur. De récentes enquêtes ont montré que certains d’entre eux ont versé des commissions et que la tentation d’abuser de leur pouvoir est permanente. Mais la Norvège n’a pas à rougir de ce qu’elle a fait de son pétrole. Ce que j’ai vu, les rapports internationaux qui l’attestent, est une œuvre d’espoir.

La République française, à la même époque, a mis en place en Afrique un système loin de ses valeurs et de l’image qu’elle aime renvoyer au monde. Comment des institutions solides et démocratiques, des esprits brillants et éclairés, ont-ils pu tisser des réseaux violant systématiquement la loi, la Justice et la démocratie ? Pourquoi des journalistes réputés, de tout bord, ont-ils toléré ce qu’ils ont vu ? Pourquoi des partis politiques et des Ong, par ailleurs prompts à s’enflammer, n’ont-ils rien voulu voir ?

L’indépendance en Afrique : une mascarade

Je ne condamne pas. J’ai partagé cet aveuglement. J’étais comme eux, avant de glisser l’œil dans le trou de la serrure et de prendre la mesure de ce secret de famille : la France reste un empire et ne se remet pas de sa puissance perdue. L’indépendance politique a été largement une mascarade en Afrique de l’Ouest. L’Occident a fermé les yeux, car la France se prévalait d’être le « gendarme » qui défendait la moitié du continent contre le communisme. Les Français ont laissé faire, car astucieusement, De Gaulle et ses successeurs ont présenté leur action comme un rempart contre l’hydre américaine. Elf était l’une des pièces maîtresses de cette partie géopolitique. Le double jeu a été facilité par la certitude, ancrée dans les mentalités, que « là-bas, c’est différent ». Là-bas, c’est normal la corruption, le népotisme, la guerre, la violence. Là-bas c’est normal la présence de l’armée française, les proconsuls à l’ambassade ou à l’état-major, les camps militaires. Là-bas, c’est normal l’instruction des gardes présidentielles. Là-bas, c’est normal la captation des richesses naturelles. D’ailleurs « tout le monde fait pareil ». Jeune ou vieux, de gauche ou de droite, nul Français ne songe à s’offusquer de voir nos soldats mener, presque chaque année, une opération militaire en Afrique, au Tchad, en Côte d’Ivoire, au Rwanda, quand tous se gaussent de cette Amérique venue faire la police en Irak, en maquillant d’un fard démocratique les intérêts géopolitiques et pétroliers de Washington. Il y a pourtant bien des symétries.

J’ai vu récemment un documentaire sur la guerre du Biafra, quatre ou cinq demi-heures de témoignage brut des principaux acteurs, sans commentaires. Je suis restée sans voix. A ceux qui sont nés après 1970, le Biafra ne dit rien. Dans cette région du Nigéria, riche en pétrole, une ethnie, chrétienne et animiste armée par la France, réclama l’indépendance. S’ensuivit une guerre meurtrière de trois ans, révolte financée depuis l’Elysée via des sociétés suisses. La télévision française aimait alors montrer les enfants affamés que les militaires français ramenaient par avion pour les soigner, jamais elle ne laissait voir la cargaison de l’aller, remplie d’armes…A l’image maintenant, les anciens collaborateurs de Jacques Foccart, repus dans leurs fauteuils Louis XV, détaillent sans émotion ces montages illégaux. Les officiers, lieutenants d’alors, généraux d’aujourd’hui, racontent ce bon tour le sourire aux lèvres. Fin du documentaire. Pas un mot, pas une ligne dans les livres d’histoire.

Des drames comme celui-ci, l’Afrique en contient des dizaines, soigneusement passés sous silence. Les massacres des Bamiléké au Cameroun par la France du général De Gaulle, le génocide des Tutsi commis par un régime soutenu par François Mitterrand, les assassinats d’opposants, les manipulations d’élection…Le passif de la France sur le continent africain n’a rien à envier à l’impérialisme américain en Amérique latine ou au Moyen-Orient.

Il est à la mode parmi les intellectuels français de se plaindre du mouvement de repentance qui s’est répandu depuis quelques années. Les bienfaits de la colonisation, à inscrire dans les manuels scolaires, ont même fait l’objet d’une proposition de loi, largement soutenue par les députés. Bien sûr, l’histoire de la France en Afrique ou en Asie du Sud-Est a compté aussi des aventuriers sincères, exportateurs, instituteurs ou pionniers, qui ont fait corps avec les pays qu’ils ont découverts. A Madagascar les vazas, ces pieds-noirs malgaches, ne cessent de louer devant moi l’état des routes et des infrastructures françaises au moment de l’indépendance. Mais les peuples sont comme les familles. On ne peut pas faire le tri de la mémoire. Il est des secrets soigneusement cachés dont l’onde portée va bien au-delà d’une ou de deux générations. Les enfants héritent de tout : du malheur comme du bonheur, de la richesse comme des dettes.

La République française paie aujourd’hui la facture de son passé. Il suffit de dérouler la liste des appellations officielles des Maghrébins, nés dans un département français avant 1962 ou sur le sol hexagonal depuis les années 1970. Par la loi, ils furent et sont des Français comme les autres. Les gouvernements successifs n’ont pourtant cessé d’inventer des périphrases : « indigène musulman », « sujet africain non naturalisé », « Jfom » (Jeune français originaire du Magrheb), « jeune issu de l’immigration », « fils de harkis », « jeune des quartiers », « Arabo-musulman », « Français d’origine arabe », « Français musulman »…

La France de 1789, incompatible avec la françafrique

La France vit encore comme si en Afrique elle était chez elle, et comme si, ses enfants d’ascendance africaine n’étaient pas français. Le développement de la Françafrique, notre tolérance vis-à-vis des réseaux, tout ramène à ce secret colonial, à cet empire qui hante les esprits comme un fantôme. Oui, Total, la première entreprise française, est riche et prospère. Mais la manière dont la firme s’est bâtie fait partie de l’héritage. Qui osera un jour rendre au Nigéria, au Cameroun, au Gabon, au Congo-Brazzaville ce que la France leur doit ? Qui contestera les contrats conclus par Areva pour l’uranium du Niger ou ceux des mines d’or de Sadiola au Mali, deux pays parmi les plus pauvres du globe, qui ne touchent qu’une part dérisoire des richesses prélevées dans leur sol ? La République a contracté une dette qu’il lui faudra bien honorer. Notre prospérité est nourrie de richesses que nous détournons. A certains de ces sans-papiers qui risquent leur vie pour gagner l’Europe, il pourrait être versé une rente au lieu d’un avis d’expulsion. Je rêve, pour ce pays que j’aime, d’un réveil collectif.

Une France digne de son idéal et de son héritage de 1789 est incompatible avec la Françafrique : ce qu’une génération a fait, une autre peut le défaire. C’est possible.


* Le titre et les inter-titres sont de la rédaction


Extrait de

La force qui nous manque

Eva Joly. Editions des Arènes (Paris) 190 pages

© Copyright Le Messager

 

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 16:20





(La Nouvelle Tribune (Bn) 04/11/2009)


Téméraire, voire suicidaire de se déclarer opposant en Afrique. C’est une option à haut risque. Au tournant des années 90, tout le monde, en Afrique, a signé un pacte avec la démocratie. Et tout le monde se targuait d’être démocrate.

Exactement comme dans les années 60. Avec les indépendances, tout le monde s’était cru libre. Ainsi, dans les nouvelles démocraties qui fleurissent partout, en Afrique, si, en principe, il n’est interdit à personne de créer un parti, de se poser en alternative au pouvoir, il en va tout autrement dans les faits. Officiellement, le parti unique est mort dans la plupart de nos pays. Mais son ombre ne continue pas moins de hanter l’arène politique.

Toutes velléités d’opposition se trouvent ainsi découragées ou matées. Il existe, pour ce faire, des moyens efficaces qui font chaque jour leurs preuves. Faites un tour d’Afrique : de Niamey à Harare, de Ndjaména à Tunis, de Kinshasa à Luanda, partout où vous posez votre valise, fonctionne avec une redoutable efficacité la machine à casser ou à caser de l’opposant. Il s’agit de faire douter celui-ci, de l’ébranler au plus profond de lui-même, pour qu’il s’aplatisse comme une crêpe. Pour ce faire, la machine propose quatre réponses : bonbon, bâillon, prison, morgue.

Le bonbon est à la fois l’arme de séduction et de débauchage des membres de l’opposition. C’est la carotte généreusement offerte à tous ceux qui sont prêts à troquer leur maillot d’opposants contre le complet veston du mouvancier. A l’opposant qui accepte de s’en délecter, le bonbon du pouvoir a la vertu magique de le changer radicalement. Dans le sens où il est aussitôt soulagé des fatigues des marches et promis à un repos princier sous les lambris dorés du pouvoir. Belle mutation qui fait réfléchir et qui fait fléchir plus d’un opposant inconstant ou inconsistant. Il faut être fou, entend-on dire, pour ne pas mordre la vie à belles dents, pendant qu’il en est encore temps.

Le bâillon est à un degré au-dessus du bonbon, même si l’un et l’autre s’adressent à la bouche. Si le bonbon est bon, voire doublement bon pour la bouche, le bâillon l’est moins, ou pas du tout. Le dictionnaire le définit comme « morceau d’étoffe qu’on met entre les mâchoires ou contre la bouche de quelqu’un pour l’empêcher de parler, de crier ». C’est en cela que le bâillon symbolise le refus, la négation de toute liberté d’expression.

Ainsi, le musellement méthodique de l’opposition finit par rendre celle-ci atone et aphone. La scène politique, de ce fait, ne résonne plus que du tam-tam du pouvoir. La voix de son maître, triomphante et souveraine, efface l’opposition de tout l’espace médiatique, reléguée qu’elle est dans les arrière-cours de la vie nationale. Comme pour signifier que qui n’a plus de voix, n’a plus de poids, donc n’a plus de vie.

La prison est la troisième arme suspendue, telle l’épée de Damoclès, au-dessus de toute opposition. Car on peut perdre la voix et toute expression publique et continuer de jouir de la liberté d’aller et de venir. La prison devient une arme redoutable du pouvoir pour briser l’opposition et la fixer quelque part. L’opposant qui atterrit en prison est coupé de ses bases arrière. Il est à la merci du pouvoir et dans l’espace clos de la prison, loin de tout regard, son destin est assez proche de celui du mouton du sacrifice. On en fait ce que l’on veut.

Nous voici rendus au point où s’écrit l’histoire universelle de toutes les prisons du monde, politiques ou non, d’aujourd’hui, comme d’hier et de demain. Par exemple, les dictatures staliniennes d’hier ont créé le « Goulag ». La très démocratique Amérique de George Bush a créé la fameuse prison de « Guantanamo ». L’une et l’autre prison se valent en horreur, en inhumanité, en négation du respect dû à la personne humaine. Comme quoi la prison reste la prison, quelque soit le régime politique considéré. Mais le geôlier commis à la garde du prisonnier ignore qu’il est, en quelque manière, prisonnier lui aussi. Comme le disent les sages malinké (Citation) : « Celui qui va chez le rat des champs doit accepter de manger des graines de palme » (Fin de citation)

Dernière arme des pouvoirs contre l’opposition, la force brutale et sauvage, avec l’intention de tuer. Il s’agit d’une arme de destruction massive. Le cas de la Guinée de Dadis Camara est encore frais dans nos mémoires. Les opposants, au bout du fusil et dans la ligne de mire du pouvoir ne valent pas plus que du gibier.

On tire dans le tas. Dieu reconnaîtra les siens. Comment peut-on, avec autant de désinvolture, verser le sang humain ? Gravons au fronton de tous les pouvoirs, dans l’esprit et dans le cœur de tous les gens de pouvoir ces mots tirés d’un rituel peul : « Le sang est l’encre des dieux et le sang de l’homme est la plus précieuse des encres. »


Jérôme Carlos


© Copyright La Nouvelle Tribune (Bn)

 

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 16:08




Source: Banque africaine de développement (BAD)


Tunis, le 3 Novembre 2009 - Le conseil d'administration de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, le 3 Novembre 2009 à Tunis, l’octroi d’un Fonds africain de développement (FAD) de l'UA de 7 millions et de 3 millions de dollars de l'UA pour une une Rural Water Supply and Sanitation Initiative (IAEAR) pour financer l'approvisionnement en eau potable et d'assainissement dans trois quartiers généraux divisionnaires et les zones rurales environnantes en République centrafricaine (RCA).

Ce projet couvre trois chefs lieux de départements situés dans le Sud-Ouest et du Centre-ouest de la République centrafricaine, à savoir Berberati, Bouar et Bossangoa et des villages environnants.

Les principaux résultats attendus sont la réhabilitation et l'extension des réseaux de fourniture d'eau potable dans les villes de Berberati, Bouar et Bossangoa, l’installation de 60 bornes-fontaines et de réalisation de 2 300 connexions à faible coût pour le service d’adduction dans ces villes, la construction de 73 blocs de latrines dans les bâtiments publics; et de la formation et la sensibilisation d'environ 160 000 personnes.

Les principaux résultats attendus sont l’amélioration et un accès durable à l'eau potable (de 32% à 100% en 2020) et services d'assainissement, et un changement positif d'attitude et de comportement pour l'hygiène et la santé par 80% de la population. Cela permettra de réduire de plus de la moitié au cours de la période, le taux de prévalence moyen de transmission passant de 22% à 10% et les maladies hydriques liées à l'assainissement.

Ce projet est en conformité avec la BAD pour la réduction de la pauvreté Document de Stratégie de la République centrafricaine pour la période 2008 - 2012, notamment l'objectif concernant la reconstruction économique et la diversification.

Le projet est également en accord avec le Joint Country Partnership Strategy Paper de la Banque et la Banque mondiale en République centrafricaine, approuvée par le conseil de la BAD en Juillet 2009, et qui soutient le développement des infrastructures de base et des services sociaux, avec priorité à l'approvisionnement en eau potable et l'assainissement.

1 Unité de compte = 1,59 USD en date du 3 Novembre 2009

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 16:04




 


(Gabon Eco 04/11/2009)

Les enquêtes menées au sein de la Banque des Etats d'Afrique centrale (BEAC) suite au scandale financier de plus de 16 milliards de francs CFA ont déjà permis d'identifier quelques 139 personnes impliquées dans ces malversations. Les sommes détournées provenaient principalement des frais de fonctionnement du Bureau extérieur de Paris (BEP) et au règlement des factures pour le compte de la BEAC.

Entre 2004 et 2009, 16,5 milliards de francs CFA ont été détournés au Bureau extérieur de Paris (BEP) de la Banque des Etats d'Afrique centrale (BEAC) au profit de 139 personnes. Ce sont les premiers résultats de l'enquête menée au sein de la banque depuis la mise en lumière de ces malversations.

«Au stade actuel des investigations, le montant total des détournements (...) s’élève à 16,5 milliards de francs CFA (25 millions d’euros)», indique le rapport de l'audit interne de la BEAC.

Ces malversations auraient été enregistrées au Bureau extérieur de Paris (BEP) de la BEAC et «opérées au moyen de chèques, virements, retraits en espèces et titres de transport», précisent les résultats préliminaires de l'enquête.

«On dénombre en tout 858 chèques et 6 virements frauduleux au profit de 101 bénéficiaires, 1306 retraits en espèces frauduleux et 38 bénéficiaires de titres de transport aériens frauduleux», poursuit le document, qui met notamment en cause Armand Ndzamba, comptable au BEP de 1992 à 2009, comme le «principal homme orchestre de ces fraudes».

Les détournements auraient principalement été opérés sur les fonds destinés au fonctionnement du BEP et sur le règlement des factures pour le compte de la BEAC. Des pratiques qui résulteraient d'opérations «très mal suivies» et d'un dispositif de contrôle interne de la banque «très loin des standards internationaux».

 Les sommes facturées ne correspondant pas aux besoins réels du BEP et permettaient des détournements réguliers grâce au niveau de contrôle très faible des opérations. Cette situation a «suscité un tel appétit chez les fraudeurs qu’ils s’en sont donnés à cœur joie», estime le rapport.

Au niveau du siège de la BEAC, on dénonce le mutisme des responsables sur cette situation, notamment les gouverneurs Gabonais Jean-Félix Mamalépot (en poste de 1989 à 2007) et son successeur Philibert Andzembé, qui n'auraient «pas attiré l’attention sur les dérives» du BEP.

Ce scandale financier avait mené au limogeage du gouverneur gabonais Philibert Andzembé le 19 octobre dernier, qui fut finalement un coup d'épée dans l'eau puisqu'il s'est avéré que seul le Sommet des chefs d'Etats de la CEMAC est habilité à prendre cette décision. Le gouverneur est donc resté en poste jusque prochain sommet de novembre, alors que plusieurs cadres de la BEAC ont déjà été arrêtés à Libreville, notamment Armand Ndzamba et Maurice Moutsinga, directeur central de comptabilité au siège de Yaoundé de 2000 à 2007.

 
Source : gaboneco 03-11-2009

© Copyright Gabon Eco

 

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 02:18


Les Centrafricains se rendent maintenant compte que c’est paradoxalement leur président, François Bozizé qui ne veut pas que le programme DDR aboutisse effectivement au désarmement, à la démobilisation et réinsertion des différents éléments des mouvements politico-militaires qui occupent plusieurs sous-préfectures dans l’arrière pays centrafricain. Si on veut empêcher la mise en œuvre du DDR, on ne s’y prendrait pas autrement. Où sont passés en effet les 5 milliards prévus par les autres pays de la CEMAC pour financer ce programme ? Bozizé a récemment prétendu que l’argent se trouverait à la BEAC à Bangui et qu’il pourrait en apporter les preuves. Même si cette affirmation est vraie, car beaucoup de doute subsistent sur l’existence de cet argent, la question se pose néanmoins de savoir jusqu’à quand ces fonds doivent-ils demeurer dans les caisses de la BEAC. Bozizé ayant toujours la désagréable habitude de se foutre royalement des critiques de la classe politique nationale, il faut que la communauté internationale et les autres chefs d’Etat des pays de la CEMAC qui ont contribué à réunir cet argent, exercent de fortes pressions sur lui pour qu’il remette cette enveloppe, si elle est encore là, au BINUCA ou PNUD afin que le DDR puisse être effectivement et concrètement réalisé.

Ce qui est incompréhensible et injustifiable, c’est la sourde oreille que fait jusqu’ici Bozizé malgré les nombreuses doléances des rebelles (ndlr : le terme d’ex-combattants est impropre puisqu’après une vaine attente, ils ont remis en place toutes les barrières pour continuer à racketter) sur le terrain et les membres du comité de pilotage du DDR. La démarche qu’il a proposée consistant à décaisser par le trésor des petits montants au cas par cas et au coup par coup sous le fallacieux prétexte que l’argent du DDR attirerait beaucoup de convoitise, ne tient pas la route.

A l’évidence, l’arrêt du DDR arrange les affaires de Bozizé car le retour de la paix dans les zones en conflit fera revenir chez eux tous les réfugiés du Sud tchadien et de l’Est camerounais ainsi que tous ceux qui se trouvent toujours en brousse et dont le nombre est estimé par les organismes compétents à environ 300.000 personnes. Bozizé n’a aucun intérêt à ce que ces populations déplacées soient recensées sur les listes électorales car sans nul doute, elles ne porteront pas le moment venu, leurs suffrages sur lui à qui elles imputent à tort ou à raison la responsabilité de leur triste et peu enviable situation.

C’est donc Bozizé le seul et véritable obstacle à l’accomplissement du programme DDR. Ses tonitruantes déclarations à ce sujet ne sont que du bavardage destiné à divertir et détourner l’attention de l’opinion. Il manque de volonté politique pour mettre réellement en application les recommandations du DPI de 2008 dont la feuille de route et le chronogramme de mise en œuvre ont été pourtant unanimement adoptés et que le gouvernement n’a plus qu’à exécuter. Il en est ainsi de la mise en place de la Haute Cour de Justice de la République  dont le décret vient seulement d’être rendu public et les différents membres attendent toujours de prêter serment. Bozizé prend son temps, traîne les pieds parce qu’en réalité, il ne veut pas de ces institutions auxquelles il ne comprend pas grand chose et qu’il vit comme à lui, imposées.

Son souci et préoccupation de l’heure est de procéder à l’achat des consciences et de mettre en place son dispositif de fraude électorale. De ce point de vue, les membres de la Commission Electorale prétendument Indépendante qui viennent d’être désignés sont des cibles privilégiés. Certains, comme le faux pasteur Joseph Binguimalet qui en le président et bien d’autres encore, sont déjà acquis à sa cause sans doute en contrepartie d’espèces sonnantes et trébuchantes ou de promesses de postes juteux. Via son parent et non moins ministre de l’Administration du territoire en charge des prochaines élections, Elie Ouéfio, qui s’est arrogé le rôle de maître d’œuvre de sa prochaine victoire électorale que pour rien au monde, il ne doit manquer de décrocher, le processus électoral est déjà manifestement sous contrôle. C’est pour Bozizé une question de survie car si par impossible il ne devait plus être président dans ce pays, il  perdrait ipso facto son immunité et deviendrait dans l’heure qui va suivre, un gibier de potence pour la CPI. Sa gouvernance et son bilan plaident pourtant malheureusement pour lui, qu’il débarrasse le plancher…

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 00:52




 

Billet d’Afrique et d’ailleurs n° 185 3 novembre 2009 par Odile Tobner


Quand Jacques Chirac voulait devenir président de la République française il tenait, le 19 juin 1991, à Orléans, des propos violemment racistes sur l’ « overdose » d’étrangers, qui ne sont pas « les mêmes » qu’avant, « des Espagnols, des Polonais, des Portugais », mais sont « des musulmans et des noirs  », plaignant le « travailleur français » d’avoir à supporter « le bruit et l’odeur » et exprimant sa phobie d’une natalité fantasmée comme pléthorique, « une vingtaine de gosses », assortie d’une évaluation aussi superlative que fausse du montant des allocations perçues, « sans naturellement travailler ».

Le MRAP porta plainte et fut débouté le 26 février 1992. Les magistrats estimèrent qu’il n’y avait pas de diffamation raciale car les propos en cause « ne constituent que des attaques vagues et générales, insuffisantes pour caractériser la diffamation ; qu’à supposer qu’elles constituent des expressions outrageantes, elles ne visent pas une personne ou un groupe de personnes suffisamment déterminé  ». Pourtant les musulmans et les noirs étaient nommément désignés. La justice sait se voiler la face quand il faut ne pas voir certaines obscénités.

Le même Jacques Chirac, ex président de la République, en quête cette fois de vedettariat international, entend maintenant se faire une image de bienfaiteur des pauvres noirs en donnant son nom à une « fondation pour le développement durable et le dialogue des cultures  ». On peut penser que c’est une gageure que de faire croire à la virginité d’une vieille pute, mais cela marche dans le monde tel qu’il est, où l’impudence est non seulement admise mais vénérée. Après avoir inauguré le « dialogue des cultures » par des propos outrageants que les juges estimèrent simplement « décousus », Chirac continue à faire dans le n’importe quoi. Entouré de sept chefs d’Etats africains complaisants (Bénin, Togo, Sénégal, Burkina Faso, Congo Brazzaville, Niger République Centrafricaine) il a lancé lundi 12 octobre « l’appel de Cotonou » destiné à « promouvoir la lutte contre le trafic de faux médicaments dont les victimes se comptent par dizaines de milliers ». Se porter au secours de l’industrie pharmaceutique, on n’en attendait pas moins de lui dans le faux-problème, alors que, en réalité, c’est l’absence totale de tout médicament qui hâte la mort de centaines de milliers d’Africains. Mais évoquer ce vrai problème amènerait à pointer la responsabilité des faux présidents et de tous les faux apôtres engendrés par le marché de la bienfaisance médiatisée.

Le président Chirac n’a en effet jamais eu le moindre état d’âme à cautionner, pendant ses mandats et sa carrière politique, toutes les fausses élections qui se sont déroulées en Afrique francophone. Il cajolait même les faux présidents, les assurant de son affection. Eyadema pouvait faire assassiner ses opposants, Biya faire tirer sur les manifestants, Bongo mettre son pays en coupe réglée, ce ne sont pas ces vétilles qui pouvaient altérer l’indéfectible soutien que Chirac leur apportait, dans une Afrique qui « n’était pas mûre pour la démocratie  » et devait donc se contenter de ces ersatz de dirigeants. Le résultat bien sûr ne l’inquiétait pas non plus : corruption des oligarchies arrogantes assurées de conserver le pouvoir quoi qu’elles fassent et ne fassent pas, stagnation et régression du niveau de vie de populations privées d’éducation et de soins, surmortalité infantile, absence d’emplois faute du moindre développement. Il y avait des généraux, équipés de vrais armements français vendus au prix fort, conseillés et entraînés par de vrais militaires français, pour maintenir l’ordre. N’était-ce pas l’essentiel en ces contrées exotiques ?

Aujourd’hui les actions médiatiques de la fondation Chirac, la mascarade du forum pour le développement durable sont les plus scandaleux des faux médicaments qui sont fourgués aux Africains pour perpétuer leurs maux sous couvert de les guérir.

 

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 00:42




 

Billet d’Afrique et d’ailleurs n°185…3 novembre 2009 par Danyel Dubreuil, Juliette Poirson


Les élections législatives du 20 octobre dernier ont été l’ultime étape du coup d’Etat constitutionnel de Tandja. Débuté en mai par la dissolution de l’Assemblée Nationale et confirmée, le 4 août, par l’adoption illégale d’une nouvelle constitution.

Le « gangstérisme politique » de Tandja, l’expression est imagée. C’est celle que l’on peut lire dans la déclaration du 30 octobre du Parlement Panafricain. Pas de quoi impressionner Tandja qui n’a eu que faire des demandes répétées de ses pairs africains de la CEDEAO d’un retour à l’ordre constitutionnel. Le 17 octobre, ils avaient menacé le Niger de sanctions s’il maintenait les élections législatives l’exhortant à reporter le scrutin et à ouvrir la dialogue avec l’opposition politique.

Lors de ces législatives, le parti du président, le MNSD (Mouvement national pour la société de développement) a remporté 76 sièges sur les 113, les autres sièges étant répartis entre différents petits partis alliés du pouvoir. Et pour cause : l’opposition n’avait présenté de candidats dans aucune circonscription et avait appelé au boycott. Le taux de participation, officiellement de 51,3%, aurait été de moins de 5% selon Issoufou Sidibé, leader syndicaliste de l’opposition. Il serait même plus faible que lors du référendum du 4 août, confirmant ainsi le rejet populaire de la nouvelle constitution.

Plus aucun pouvoir n’échappe à Tandja

Ainsi reconstituée, l’Assemblée nationale permettra un fonctionnement « normalisé » de la 6ème république, dont la constitution a été promulguée le 18 août 2009. Dans ce nouveau cadre, les pouvoirs du président sont très fortement renforcés : de semi-présidentiel, le Niger passe à un régime de type présidentiel fort, où le président est dépositaire de l’intégralité des pouvoirs exécutifs – chef de l’Etat, chef du gouvernement, chef de l’Armée, de l’administration et de la magistrature. Il ne peut plus être destitué par l’Assemblée nationale, dont les pouvoirs sont considérablement affaiblis. Un Sénat soumis à l’exécutif est mis en place pour faire contrepoids à une assemblée nationale. Celle-ci, exerçant à minima sa fonction de représentant du peuple, avait pourtant semblé trop rebelle au pouvoir au cours de ces derniers mois. Toutes les institutions de contrôle démocratique sont désormais à la botte du président : c’est lui qui nomme la majorité des membres de la Cour Constitutionnelle et du Conseil Supérieur de la Communication. Ainsi, la 6ème république n’est rien d’autre que l’institutionnalisation de la dictature de Mamadou Tandja.

Des sanctions pour du beurre

En bon dictateur, il a ignoré les sanctions de la CEDEAO qui suspend le Niger de toutes ses instances et ne reconnaît pas les résultats des législatives. Dans un sens, il n’a pas tort : si la CEDEAO a des principes de « démocratie » et de « bonne gouvernance » (article 45 de son protocole supplémentaire sur la démocratie et la bonne gouvernance), ses mesures de rétorsion restent purement politiques et diplomatiques. La CEDEAO ne s’enhardit pas dans la voie de sanctions économiques. Dommage car, ces dernières asphyxieraient très rapidement le pays et forceraient Tandja à faire marche arrière. L’impact serait en effet immédiat si le Niger n’avait plus de relations économiques avec le Nigéria, son grand voisin et principal partenaire commercial, par ailleurs producteur de toute son électricité.

Les sanctions de la CEDEAO, sans réelles conséquences, ont au moins le mérite d’exister et d’avoir relancé la question au niveau international. L’Union européenne s’est vue contrainte d’applaudir cette initiative. Karel de Gucht, commissaire au développement a réitéré au lendemain des élections qu’elle « suspendrait sa coopération si le Niger ne restaurait pas l’ordre constitutionnel ». En effet, les articles 96 et 97 des accords de Cotonou prévoient dans ce cas (non-respect des droits de l’homme, des principes démocratiques et de l’Etat de droit) une procédure de consultation puis la suspension des accords si aucune solution acceptable n’est trouvée. Or si des discussions avec le Niger ont eu lieu depuis le mois de juillet 2009, dix jours après cette déclaration, la concrétisation des menaces se fait toujours attendre.

La France très discrète

Dans un sens, on peut comprendre que l’UE hésite à mettre à exécution ses menaces : elles auraient des conséquences graves sur une population extrêmement pauvre – les 450 millions d’euros d’aide de l’UE annuel représentent 30% du budget de l’Etat. On peut être sûr que ces hésitations sont aussi entretenues par les pressions du gouvernement français, qui n’a fait aucune déclaration publique depuis les législatives appelées de ses voeux en août afin de légitimer la prise de pouvoir de Tandja.

Encore une fois, la France applique sa fameuse « doctrine de la stabilité ». Elle préfère un dictateur qui maintient un habillage démocratique et qui est finalement conciliant pour ses intérêts économiques plutôt que d’encourager le retour à une démocratie légitime. Il est vrai qu’avec un nouveau président et dans un cadre plus démocratique, la France devrait certainement renégocier les accords qui encadrent son activité d’extraction d’uranium.

Quant à Tandja, il cherche à rassurer l’armée, dont l’opposition lui serait fatale, en signant une amnistie générale pour tous les actes de guerre commis au Nord Niger depuis 2007, tant pour les rebelles que pour les militaires. Encore une fois au Niger, l’impunité est faite valeur fondatrice d’un nouveau régime politique.

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