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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 23:50





Bozizé en pleine crise de paranoïa


Selon des informations dignes de foi provenant de son proche entourage, trois jours avant la mort du président gabonais Omar Bongo Ondimba, Bozizé, craignant une attaque des Djandjawides venant du Soudan, ne dormait plus que dans sa voiture la nuit venue. Toujours selon nos sources, il a tenté d’obtenir des autorités françaises l’assurance que dans une telle éventualité, il pourrait encore bénéficier de leur parapluie. Celles-ci lui auraient poliment fait comprendre qu’elles ne se laisseraient point entraîner dans une telle manipulation. C’est dans un tel contexte qu’est intervenue l’annonce de la mort du président Bongo, ce qui l’a davantage plongé dans un véritable état de désarroi. Il ne savait plus à qui s’adresser ni quoi faire.

 


Bozizé et la mort du président Bongo





Complètement abattu et affolé par la nouvelle de la disparition de son tuteur, le président gabonais, le président centrafricain ira même jusqu’à prétendre sur les antennes de Radio France Internationale au micro de Christophe Boisbouvier que « le président Bongo aimait la République centrafricaine mieux que les Centrafricains ». Comment un président de la République peut traiter ses propres compatriotes avec autant de mépris et de désinvolture ! D’après nos informations, dans un premier temps, Bozizé ne voulait même pas accorder d’interview à la presse. Il a fallu qu’il écoute préalablement la réaction de son suzerain Idriss Déby sur RFI ainsi que l’interview du président congolais Denis Sassou Nguesso avant d’accepter de tenir les propos qu’il a tenus. Puis, toujours selon nos sources, il a réussi à avoir au bout du fil à Libreville Pascaline Bongo ainsi que son mari Paul Toungui qui se trouvait lui à Barcelone. Il ne savait pas s'il fallait  qu'il se rende à Barcelone pour la levée du corps ou qu'il aille plutôt à Libreville. Il finit par demander à son ambassadeur Jean Willybiro Sako de Paris de descendre le représenter à Barcelone.

En outre, alors que tous les chefs d’Etat et gouvernement étaient informés par le protocole d’Etat gabonais que les obsèques officielles réservées aux délégations étrangères auraient lieu mardi prochain, contre toute attente, Bozizé décide de se rendre à Libreville dès ce jeudi plongeant ainsi les autorités gabonaises dans un véritable embarras. Il n’y était nullement attendu. Outre lui et à l’exception du président Denis Sassou Nguesso qui, faisant partie de la famille Bongo Ondimba, pouvait se permettre de précéder toutes les autres délégations étrangères,  aucun chef d’Etat du reste n’est encore arrivé à Libreville. A Libreville au moins, il aura l'occasion de dormir dans un vrai lit alors qu'à Bangui, c'est plutôt dans sa voiture qu'il passe les nuits. Qui avait dit : Un seul être vous manque et tout est dépeuplé…. ?  

 

Des excuses du gouvernement à Jean Claude Esmieu ?




Après l’incident diplomatique publiquement déclenché le 8 mai dernier à la délégation de l’Union Européenne à Bangui par certains super ministres de Bozizé tels que Cyriaque Gonda, Aurélien Simplice Zingas et Gaston Mackouzangba qui avaient cru devoir quitter la cérémonie avec fracas en guise de protestation contre le discours du Délégué M. Jean Claude Esmieu, le gouvernement centrafricain, sur instigation du même Cyriaque Gonda avait fait comprendre par écrit à M. Esmieu qu’il devait quitter le pays le plus rapidement possible quand bien même celui-ci, arrivé en fin de mandat devrait quitter la RCA le 18 juin prochain. S’étant aperçu qu’il était allé sans doute un trop loin, on prête aux autorités de Bangui l’intention d’envoyer ces jours-ci le premier ministre Faustin Touadéra demander pardon à M. Esmieu. Par ailleurs, alors que c’est Cyriaque Gonda qui avait pris l’initiative de l’incident diplomatique, le clan Bozizé semble chercher à en rejeter la responsabilité sur Aurélien Simplice Zingas qui pourrait en faire les frais par un éventuel limogeage du gouvernement.  

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 23:48

 


 

Jeune Afrique juin 2009

Un temps contrôlées par la Banque mondiale, les recettes du brut sont désormais entièrement gérées par l’État. Une partie des fonds engrangés a ainsi permis de réarmer le pays pour faire face aux attaques rebelles. Au détriment des dépenses sociales attendues par la population?

Il a suffi de quelques jours à Idriss Déby Itno pour neutraliser les rebelles qui ont fait incursion le 4 mai sur le territoire tchadien en provenance du Soudan. S’il a pu ne faire qu’une bouchée de ces combattants pourtant bien équipés en moyens anti­aériens (missiles Sam-7, canons de 37 mm) et antichars (missiles B-10, bazookas SPG montés sur des véhicules tout-terrain), le chef de l’État le doit aux armes qu’il a acquises avec l’argent du pétrole. Défiant toutes les critiques, y compris celles qui fustigent le surarmement dans un pays où 64 % de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté, Déby Itno confiait à Jeune Afrique, quelques jours avant le déclenchement de l’offensive rebelle: « Si c’était à refaire, je le referais. Les bonnes consciences n’ont qu’à continuer à s’indigner. Je ne peux pas garder de l’argent pour les générations futures, au risque de leur léguer un pays démembré et occupé par des factions rebelles. J’ai acheté des armes et je continue à en acheter avec l’argent du pétrole. Je n’arrêterai que le jour où j’estimerai que notre armée est suffisamment équipée pour faire correctement face aux menaces qui nous entourent. » Avant de préciser: « Il faut toutefois noter que pas même un fusil n’a été acquis clandestinement. Les dépenses de sécurité, prévues par la loi sur la gestion des revenus pétroliers, sont toutes soumises au Comité de contrôle et de surveillance des ressources pétrolières CCSRP. Après approbation par cet organe indépendant, composé d’émissaires de l’administration mais aussi de représentants d’ONG, de syndicats et d’organisations de défense des droits de l’homme, elles sont ensuite discutées et adoptées par l’Assemblée nationale. »

Règles draconiennes

Encadrée dès le début de l’exploitation, en 2003, par des règles définies par la Banque mondiale, la gestion du pétrole tchadien a tourné à la guerre de tranchées à la fin de l’année 2005. Soumis depuis cette période à des incursions rebelles sur son territoire et dépourvu de moyens pour y faire face, Idriss Déby Itno a engagé un bras de fer contre la Banque mondiale. Son leitmotiv? « J’ai besoin du fonds affecté aux générations futures pour armer le Tchad, faire face aux agressions rebelles et renforcer le fonctionnement de notre administration aujourd’hui sinistrée. Une nation qui n’a pas de présent ne saurait rêver d’un futur. »

Refusant d’entendre ces arguments, l’institution financière a bloqué le compte pétrolier de l’État tchadien, logé à la Citibank, à Londres, et suspendu tous ses prêts au pays. En riposte, le pouvoir a sommé le consortium chargé d’exploiter le brut de lui verser directement ses royalties ou, à défaut, de suspendre ses activités. Non sans dénoncer « le comportement néocolonialiste et impérialiste des dirigeants » de la Banque mondiale. Intransigeant sur ce qu’il considère comme étant une question de souveraineté nationale, le numéro un tchadien a réussi à arracher les 36,2 millions de dollars que contenait le Fonds pour les générations futures.

Sorti de l’épreuve avec une perte de 124 millions de dollars de prêts et la suspension d’une annulation de dette estimée à 1,3 milliard de dollars, l’État a gagné une plus grande marge de manœuvre dans la gestion de l’or noir. Le 11 janvier 2006 a été signé un amendement à la loi de 1999 sur la gestion des revenus pétroliers. La dotation pour les générations futures est désormais versée avec les ressources pétrolières directes. Aux secteurs prioritaires qui absorbent l’essentiel des recettes, Déby Itno a ajouté l’énergie et le pétrole, mais aussi et surtout la justice, la sécurité et l’administration du territoire. Et il s’est massivement équipé pour faire face à la recrudescence des attaques, dont la plus menaçante, en février 2008, a vu les rebelles venus du Soudan arriver jusqu’aux abords du palais présidentiel de N’Djamena.

Le 10 décembre 2008, jour anniversaire de la prise du pouvoir par Idriss Déby Itno, le défilé militaire a été l’occasion d’exhiber l’impressionnant arsenal militaire acquis par les autorités. Avions MIG-24 et bombardiers Sukhoï, hélicoptères MI-8, porte-chars, chars blindés DMT, lance-roquettes BM-21 (orgues de Staline), camions Land Cruiser, pick-up équipés de bazookas… la Grande Muette a été particulièrement soignée. Et pour renforcer la combativité des troupes, les primes et les traitements des militaires ont été revalorisés. Sous la pression de la Banque mondiale, le Tchad avait pourtant accepté de soumettre à un cadre strict la gestion de ses recettes tirées des hydrocarbures. Signée le 11 janvier 1999, la loi portant gestion des revenus pétroliers prévoit d’affecter 90 % de ceux-ci à des dépenses clairement listées et les 10 % restants à « un compte d’épargne ouvert dans une institution financière internationale au profit des générations futures ». Les ressources directes sont alors soumises à une clé de répartition très claire: 80 % sont destinés aux secteurs prioritaires (santé publique et affaires sociales, enseignement, infrastructures, agriculture et élevage, ressources hydriques) et 15 % sont affectés aux dépenses de l’État, les 5 % restants revenant à la région productrice.

Fiscalité et opacité

Sans doute échaudée par les précédents exemples de gestion catastrophique de la manne pétrolière dans d’autres pays d’Afrique, la Banque mondiale, qui a financé une bonne partie des coûts d’investissement de l’oléoduc destiné à transporter le brut de Doba vers le littoral camerounais, a voulu verrouiller l’usage des pétrodollars tchadiens. D’abord, les 12,5 % de la valeur du pétrole exporté qui reviennent au Tchad sont logés dans un compte-séquestre à la Citibank. La Banque mondiale et la Banque européenne d’investissement (BEI) en déduisent automatiquement les montants affectés au remboursement des sommes avancées pour la construction de l’oléoduc.

Souveraineté financière

Pour entrer en possession du reliquat, le ministre tchadien des Finances fait des appels de fonds. Les montants qu’il sollicite sont versés non pas au Trésor public de son pays, mais sur des comptes spéciaux ouverts à la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac). Pour pouvoir en disposer, les autorités ont l’obligation de soumettre les dossiers de financement au CCSRP. Celui-ci « a pour mission d’autoriser et de contrôler les décaissements des comptes spéciaux et l’affectation des fonds ». En 2007, sur 922 dossiers présentés, il en a rejeté 88 au motif que ceux-ci concernaient des domaines autres que les secteurs prioritaires visés par la loi. « Ce mode de gestion est un exemple unique au monde, commente Ahmat Acyl, directeur général de la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT). Nous sommes le seul pays au monde à ne pas pouvoir faire ce que nous voulons des ressources générées par nos matières premières. »

Du côté des ONG, Youssouf Moussa, président de l’Initiative tchadienne de lutte contre la corruption et le détournement, n’est pas aussi convaincu de la fiabilité du système de contrôle: « S’il est vrai que les revenus directs issus du partage du pétrole sont connus et clairement répartis, les produits de la fiscalité indirecte, qui sont versés par les entreprises opérant dans le secteur, sont gérés dans la plus grande opacité. » Parmi ces taxes et redevances diverses figure notamment l’impôt sur les sociétés, auquel est soumis le consortium composé des américains ExxonMobil et Chevron ainsi que du malaisien Petronas. Son montant, qui atteint annuellement 60 % des bénéfices, s’est élevé en 2007 à 132,5 milliards de F CFA.

« En fait, le CCSRP n’exerce aucun contrôle sur ces rentrées fiscales, poursuit Youssouf Moussa. D’ailleurs, son président, Abdoulaye Lamana, nous a confié au cours d’une audience qu’il n’exerce de véritable surveillance que sur 110 milliards de F CFA, ce qui ne représente qu’une partie des revenus pétroliers annuels, le reste étant directement géré par le chef de l’État et son ministre des Finances. »

Au milieu des controverses, une certitude: la capitale, N’Djamena, est devenue un vaste chantier. Dans cette ville écrasée par la chaleur, circuler en voiture est dorénavant un casse-tête. Presque toutes les artères ont été défoncées afin d’être regoudronnées et les sièges des administrations sont en cours de rénovation. Dix écoles primaires et dix lycées ont été construits depuis 2008, pour un coût global de 4,8 milliards de F CFA. Dans le domaine de la santé, un hôpital d’une valeur de 13 milliards de F CFA est en train d’être bâti par l’architecte sénégalais Pierre Goudiaby, et les travaux d’un autre établissement – l’hôpital de référence – ont démarré le 17 avril. Enfin, des villas de standing sont sorties de terre à Diguel, un quartier périphérique, alors que 1000 logements sociaux sont en cours de construction dans la capitale. Dans l’ensemble du pays, le réseau routier se densifie. Ayant hérité en 1990 de 217 kilomètres de route (dans un pays de 1,2 million de km²), Idriss Déby Itno a fait réaliser 2000 kilomètres de voies goudronnées, alors que 6000 autres doivent être livrés d’ici à 2011, le terme de son mandat. Enfin, les salaires des fonctionnaires ont été augmentés de 12 % à la fin de 2008.

« Ces réalisations ne sont que la partie émergée de l’iceberg, précise Youssouf Moussa. Les revenus pétroliers profitent en grande partie à une minorité au pouvoir. Sinon, comment expliquer que certains ministres, qui touchent 1,2 million de F CFA de salaire mensuel, puissent construire des châteaux dont le coût avoisine 1 milliard? Dans de nouveaux quartiers de N’Djamena, d’importantes bâtisses appartenant à de hauts fonctionnaires poussent comme des champignons. » Comme ailleurs en Afrique, l’argent du pétrole est source de polémiques au Tchad. Devenu producteur pétrolier en juillet 2003, le pays n’est pas un gros exportateur, puisqu’il se place derrière le Nigeria, l’Angola, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Congo. En 2007 (derniers résultats connus), la production de pétrole brut a atteint 52,4 millions de barils, soit 143600 barils/jour.

Les Tchadiens continuent toutefois à se plaindre de la cherté de la vie. La classe moyenne ne sent pas encore l’effet de l’argent du pétrole dans son assiette de « pâte à la sauce gombo ». « Nous subissons comme tous les pays le renchérissement des prix et les conséquences de la crise mondiale, explique Ahmat Acyl. Mais d’ici à 2011, avec le démarrage de l’activité de la raffinerie que nous sommes en train de construire avec des opérateurs chinois à 30 kilomètres de N’Djamena, les coûts vont baisser. Si la sécurité se maintient, la pauvreté va peu à peu disparaître. » Les Tchadiens auront-ils la patience d’attendre? Seule certitude: l’amélioration de leurs conditions de vie influera sur le résultat de la prochaine présidentielle, en 2011.

par Cheikh Yerim Seck envoyé spécial à N'djaména
 

 

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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 23:41



 

10.06.09 à 15h09 | Mis à jour le 10.06.09 à 15h34 20 MN

INTERVIEW - Antoine Glaser, rédacteur en chef de la «Lettre du continent», revient sur la succession d'Omar Bongo...

Deux jours après la mort du chef d’Etat gabonais, le pays se retrouve sans dirigeant, ni dauphin désigné. Antoine Glaser, rédacteur en chef de la «lettre du continent» et co-auteur, avec Stephen Smith, de «Sarko en Afrique» analyse la situation dans le pays.

 Pourquoi Omar Bongo, se sachant malade, n’a-t-il pas organisé sa succession?
 
Comme tout chef africain, il n’a pas désigné de successeur, car il comptait mourir au pouvoir. En revanche, le fait de placer son fils, Ali Bongo, à la tête du ministère de la Défense, en 1999, était une façon de l’adouber. Ali Bongo est également venu à l’Elysée le 21 octobre dernier, où il a rencontré Claude Guéant et Bruno Joubert. C’était une façon pour son père de le pousser. Sinon, jamais le ministre de la Défense ne serait venu sans la bénédiction de son papa.
 
Pourtant, la fille d’Omar Bongo, Pascaline, est aussi influente, et figure parmi les noms cités?
 
Le fils contrôle l’appareil sécuritaire, mais la fille contrôle les finances. Elle a été présente dans les entretiens les plus secrets du président Bongo, lors de toutes les négociations financières. Elle était donc une sorte de super ministre des Finances, le vrai argentier, qui transmettait les ordres de son père. C’est elle l’héritière des secrets du président Bongo. Mais Pascaline n’était pas impliquée dans la vie politique du parti au pouvoir, contrairement au fils, qui est vice-président du PDG (Parti démocratique gabonais) et qui y a placé ses hommes.
 
Risque-t-il d’y avoir un conflit entre les enfants, ou avec l’opposition?

  Je pense que Pascaline Bongo pourrait favoriser l’accession d’un proche au premier tour (comme Paul Toungui), mais au second, elle défendra son frère, même s’ils ne sont pas proches et pas en osmose. En revanche, je la vois plutôt s’éloigner du pays, car elle est moins intégrée dans la vie politique. Quant à l’opposition, je ne pense pas qu’il y aura de conflit. Déjà, il n’y a pas vraiment d’opposition politique. On rencontrera peut-être un peu de protestations de la part de la société civile. Mais le président a intégré petit à petit ses opposants dans le cercle du pouvoir. Donc je pense qu’il n’y aura pas de tensions, car à mon avis, ils ne voudront pas laisser le pays à la dérive.



Propos recueillis par Oriane Raffin

 

 

Une délicate succession

 

L’Humanité le 11 juin 2009

Libreville s’apprête à accueillir la dépouille du président défunt. L’héritage du « doyen de l’Afrique » attise les rivalités familiales et politiques. Deux de ses enfants figurent parmi les prétendants.

Correspondance particulière.

De son vivant, le président Omar Bongo avait coutume de répéter, évoquant sa succession que le « Gabon n’est pas une monarchie ». Seulement, en Afrique, les cas de fils succédant à leur père sont des scénarios dynastiques en passe d’entrer dans les moeurs. Chose observée au Togo, Congo Kinshasa sans compter la tentation maladroite du président Wade soucieux de mettre Karim, son fils, en orbite présidentiel au Sénégal. Et c’est visiblement ce qui semble se dessiner au Gabon, après la disparition du deuxième président de l’histoire du pays, puisque cette succession va se jouer à l’intérieur même du clan Bongo. Reste seulement à savoir comment le PDG (parti démocratique gabonais), parti majoritaire à l’assemblée, au sénat et au sein de l’administration du pays, va se positionner dans ce bras de fer clanique, pour l’instant feutré, opposant deux des enfants Bongo, Ali Ben, quarante-neuf ans, ministre de la Défense, et Pascaline, cinquante-deux ans, directrice de cabinet du président défunt, avec derrière elle son compagnon, le chef de la diplomatie gabonaise, Paul Toungui. Carte maîtresse pour Pascaline, elle a la clé de l’immense fortune du père.

La logique constitutionnelle sera respectée, a expliqué aux médias locaux Faustin Boukoubi, patron du PDG ; formation à laquelle le père a placé son fils aîné, au rang de numéro deux, après lui avoir confié il y a dix ans le commandement des forces armées. Ainsi, la courte apparition de ce dernier, lundi, pour demander « un appel au calme et à la sérénité des coeurs », assorti d’un communiqué de son ministère annonçant des mesures de fermeture totale des frontières,

a fait craindre un instant un coup - d’État constitutionnel à la togolaise. En simple ministre de la Défense ou membre de la famille, voire en dauphin naturel, avait-il le droit de prendre ces décisions ? Quoi qu’il en soit, c’est seulement mardi que l’article 13 de la Constitution gabonaise a été activé, en faisant de la présidente du Sénat, Rose Francine Rogombé (qui a prêté serment), la chef d’État par intérim. Il lui revient de préparer, sous quarante-cinq jours, des élections anticipées. C’est donc une juriste, membre du parti au pouvoir, qui se trouve investie de presque tous les pouvoirs du président élu, puisqu’elle ne peut ni organiser de référendum et ni dissoudre l’Assemblée.

Toutefois, cette succession est manifestement délicate. Au sein de l’opposition, la mort d’Omar Bongo devrait raviver les ambitions. C’est le cas pour deux des principaux leaders, Pierre Mamboundou (Union du peuple gabonais, UPG) et Zakarie Myboto (Union gabonaise pour la - démocratie et le développement, UGDD), ancien proche de Bongo. Si la règle du jeu du scrutin à venir ne souffre d’aucun tripatouillage, ils espèrent tirer leur épingle du jeu. Du côté de la société civile, l’hypothèse « clan Bongo » laisse perplexe. « Nous sommes contre une transition familiale en forme de succession. Toutefois, si un des membres de la famille Bongo se présente et est élu lors d’une élection libre et démocratique, il n’y a aucun problème », a notamment déclaré Marc Ona Essangui, coordinateur de la coalition Publiez ce que vous payez.

Paris surveille à la loupe l’évolution de la situation de ce pays clé, dont le défunt était un allié. Sur place, il y a 12 000 ressortissants français, une base militaire forte d’un millier d’hommes et des intérêts pétroliers… Si l’hypothèse de la « relève » du fils paraît plausible, un élément n’est pas à négliger pour les Gabonais de la rue : le fils Bongo, né à Brazzaville, parle très mal les langues du pays. Pire, des vieilles rumeurs disent de lui qu’il n’est ni plus ni moins qu’un « Biafrais », adopté par Bongo…

Serge-Henri Malet

 

 

 

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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 23:34




     Joseph Kony de la LRA


Kisangani 11 Juin 2009-La République Centrafricaine a participé aujourd’hui, pour la première fois, a la réunion de coordination entre les Etats-Major militaires de l’Ouganda et la RDC. L’objectif de la rencontre : partager des informations sur le Lord Redemption Army (LRA) et évaluer les opérations menées ainsi que la situation sur le terrain. Le Commandant de la Force de la MONUC, Général Babacar Gaye était aussi présent à la réunion.

 Les Chefs d’État-Major des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), de l’Uganda People’s Defence Force (UPDF) et de La République Centrafricaine, ainsi que des experts militaires chargés des opérations et ceux des services des renseignements des trois pays ont fait le point sur la lutte contre le LRA dans la partie Nord-Est du pays.

 Dans un communiqué de presse à la suite de la rencontre, les responsables militaires se félicitent de la participation de la République Centrafricaine dans «la résolution du phénomène des groupes armés dans la Région».

 Les participants, selon indique le communiqué, ont convenu que :

«Les opérations actuelles contre le LRA sont un succès indéniable dans le sens que le LRA est en débandade, ses effectifs sont réduits de manière drastique, son commandement est déstructuré, ses sanctuaires sont détruits, son opérationnalité est au niveau le plus bas, ses activités actuelles se localisent essentiellement a la frontière commune RDC- Sud Soudan-Centrafrique, luttant pour la survie».

 «La coopération dans l’échange des renseignements entre les Armées de la RDC, de la RCA, de l’Ouganda et du Sud-Soudan devait être améliorée en vue de neutraliser définitivement la LRA».

Ils ont salué l’appui de la MONUC jugé « très appréciable et déterminant », tout en rappelant que «la protection de la population civile demeure une priorité absolue et des nouvelles mesures d’accompagnement sont en cours d’élaboration».

 La dernière réunion de coordination entre l’Ouganda et la RDC eut lieu à Dungu, dans la Province Orientale, en mars 2009 en présence du Représentant spéciale du Secrétaire général en RDC, Alan Doss.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 23:30



 BANGUI, République Centrafricaine, 11 juin 2009/African Press Organization (APO)/ — Point de presse quotidien du bureau de la porte-parole du secrétaire général de l’ONU / 10 Juin 2009.


 Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. B. Lynn Pascoe, devrait arriver demain à Bangui pour une visite de travail.  Selon le Bureau de la consolidation de la paix sur place, M. Pascoe s’entretiendra avec des responsables du Gouvernement centrafricain sur la situation politique et en matière de sécurité, et les relations entre le pays et les Nations Unies.  La réforme du secteur de la sécurité et le désarmement des groupes armés seront également au centre des discussions.


 M. Pascoe devrait confirmer la date d’arrivée à Bangui du nouveau Représentant spécial du Secrétaire général, Mme Work Zewde Mme Sahle de l’Éthiopie.  Il rencontrera aussi des membres du corps diplomatique pour discuter des questions relatives au développement et à la consolidation de la paix. 

 

SOURCE : United Nations – Office of the Spokesperson of the Secretary-General

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 23:24



 

Dernières Nouvelles d’Alsace Édition du Jeu 11 juin 2009

Plusieurs radios de Centrafrique ouvrent leur antenne aux citoyens qui peuvent ainsi dénoncer abus ou injustices. Des accusations souvent utiles, mais parfois dangereuses quand elles sont mensongères.

Bangui.- Correspondance Syfia Centrafrique

Les locaux de la radio Ndékè-Luka à Bangui, en Centrafrique, grouillent de monde. Ali Silas, animateur de l'émission Lissoro (causerie, en langue locale), reçoit un à un des auditeurs mécontents.
 « Je suis ici pour dénoncer le comportement de mon ex-époux. Il a brûlé le ventre de notre fille de douze ans, qu'il accusait d'avoir volé mille francs CFA (1,5 euro) », sanglote Angèle, assise sur le banc réservé aux visiteurs.

A côté d'elle, François dit sa reconnaissance. « Le reportage a mis fin aux agressions verbales dont j'étais victime » : ses voisins ont cessé de l'invectiver après avoir entendu les réactions indignées des auditeurs.

Georges espère que la diffusion de son témoignage alertera l'opinion sur le cas d'une fille qui a été bastonnée par des hommes en treillis à Boy-rabé (un quartier de la capitale).
 De nombreuses radios de Centrafrique donnent ainsi la parole à des auditeurs qui dénoncent, parfois en direct, des détournements d'argent public, des sévices infligés à des enfants, des tracasseries. En principe, les journalistes vont sur le terrain pour vérifier les faits, les recouper, interroger les parties en présence. Cette liberté d'expression était inimaginable il y a quatre ans, quand le pays était encore la proie de rébellions.

Ces émissions ont souvent des effets immédiats. Un militaire a libéré la jeune fille qu'il séquestrait. Une mère et ses cinq enfants ont pu regagner la maison que le père avait vendue en douce et dont ils avaient été expulsés (le ministère des Affaires sociales a annulé la vente).
 Il arrive que des personnalités mises en cause s'en prennent à la radio. Des militaires ayant commis des bavures et dont le nom avait été cité à l'antenne ont tenté de s'en prendre à des journalistes pour les intimider.

Ces mises sur la place publique des litiges ont souvent des issues plus rapides que la procédure judiciaire, qui suppose aussi de l'argent. Au Parquet de Bangui, l'introduction d'une plainte est subordonnée au versement de 2 000 francs CFA (3 euros). Et plusieurs mois passent avant le procès.

La tentation de régler ses comptes en public

 Ces émissions passionnées ne vont pas sans dérives. Jules Bossolo, expert en communication, souligne que « le public peut être tenté de transformer ces radios en arène pour régler des comptes ». Les journalistes doivent rappeler à l'ordre les auditeurs qui se laissent emporter par leur querelle. « Il nous arrive de déceler de faux témoignages. Des auditeurs tentent de se servir de nous pour créer des problèmes à leurs ennemis ou leurs rivaux », regrette le journaliste Magloire Issa.


 Mais Léonie Tomandji, fonctionnaire au ministère des Affaires sociales, se félicite de la collaboration avec Ndékè-Luka qui a permis de venir en aide à des enfants abandonnés.

Jules Yanganda

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Droits de l'Homme et Liberté de Presse
11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 13:03


 

BARCELONE, Espagne (AFP) - jeudi 11 juin 2009 - 13h15 - La dépouille mortelle du président gabonais Omar Bongo Ondimba, a quitté Barcelone jeudi en fin de matinée après un bref hommage officiel, pour le Gabon qu'il a présidé 41 ans et où il sera inhumé le 18 juin après une semaine de funérailles nationales.

Après un sobre hommage militaire en présence d'autorités gabonaises et espagnoles sur la piste de l'aéroport El Prat de Barcelone, l'avion transportant le corps d'Omar Bongo et la délégation gabonaise a décollé peu après 11H20 (09H20 GMT). Il était attendu au Gabon vers 15H30.

Le cercueil du défunt, recouvert d'un tissu aux couleurs du Gabon, a été porté à l'épaule au pas lent par un détachement de l'armée de l'air espagnole, sur un tapis rouge, jusqu'à l'intérieur de la soute de l'appareil.

Une femme vêtue de noir, appartenant à la famille du défunt, qui était le doyen des chefs d'Etats africains en exercice, pleurait à chaude larmes, soutenue par Anicet Bongo, un des fils d'Omar Bongo.

Une grande couronne de lauriers ornée de rubans aux couleurs sang et or de l'Espagne et bleu roi de la famille royale espagnole était déposée au pied de l'appareil.

Les honneurs militaires ont été rendus par un peloton d'infanterie légère au garde-à-vous, arme à l'épaule, sous les regards graves de la délégation gabonaise. On distinguait le ministre des Affaires étrangères, Paul Toungui, celui des Mines et du Pétrole, Casimir Oye Mba, qui représentait le Premier ministre, et des représentants des institutions gabonaises, notamment du Sénat et de l'Assemblée nationale.

La fille et ancienne chef de cabinet du défunt, Pascaline Bongo, épouse de Paul Toungui, avait regagné Libreville la veille au soir, après être restée aux côtés de son père pendant son agonie dans une clinique privée de Barcelone.

Côté espagnol, le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Angel Lossada, a assisté à la cérémonie avant d'embarquer avec la délégation gabonaise pour Libreville où il représentera l'Espagne aux funérailles.

Les autorités espagnoles se sont montrées très discrètes après le décès de M. Bongo, ne publiant aucun communiqué officiel.

Le décès d'Omar Bongo Ondimba des suites d'un cancer, à l'âge de 73 ans, avait été annoncé officiellement lundi à Barcelone où il était hospitalisé depuis le 6 mai.

Selon le programme officiel des obsèques, sa dépouille recevra les honneurs militaires à son arrivée à Libreville, avant d'être transférée au Palais présidentiel où elle sera exposée pendant plusieurs jours.

Le public pourra rendre hommage à Omar Bongo de jeudi à samedi. Les délégations étrangères sont attendues mardi 16 juin pour un culte oecuménique et des oraisons funèbres, avant la levée du corps, auxquels devraient assister de nombreux chefs d'Etat et de gouvernement.

Le président congolais Denis Sassou Nguesso, par ailleurs beau-père de M. Bongo, dont l'épouse Edith était décédée le 14 mars au Maroc, est arrivé mercredi à Libreville.

Omar Bongo Ondimba sera ensuite inhumé "dans l'intimité" dans sa région natale, le Haut-Ogooué (sud-est), le jeudi 18 juin.

La capitale gabonaise ressemblait jeudi matin à une ville morte. De nombreux commerces et sociétés n'avaient pas ouvert, tandis que la circulation, habituellement dense, était très fluide.

Conformément à la constitution gabonaise, la présidente du Sénat, Rose Francine Rogombé, 66 ans, a été investie "provisoirement" mercredi présidente de la République.

Elle a pour tache d'organiser au plus tard 45 jours après sa prise de fonction une élection présidentielle, qui décidera de la délicate relève politique au Gabon après le long règne d'Omar Bongo.

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 02:46


Source:
International Committee of the Red Cross (ICRC)


Genève / Bangui,
10 Jun 2009 (CICR) – Moctar Chaib, un collaborateur centrafricain du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a été tué dans la ville de Birao, dans le nord-est du pays.

« Nous sommes profondément attristés par la mort de notre ami et collègue Moctar, et nous présentons nos plus sincères condoléances à sa famille et à ses amis », a déclaré Simon Ashmore, chef de la délégation du CICR à Bangui. « Ce dernier événement tragique montre à quel point cette zone est dangereuse pour tous. » Les circonstances de la mort de Moctar ne sont pas encore connues.


L'accroissement des tensions dans la région ces dernières semaines et une attaque lancée contre Birao le 6 juin par un groupe d'hommes armés ont compliqué la tâche du CICR et d'autres organisations humanitaires consistant à venir en aide aux personnes touchées par les récents affrontements. Alors que cette attaque aurait fait peu de victimes civiles, le CICR craint que la recrudescence de la violence frappe lourdement la population locale.


Le CICR est présent depuis 2007 à Birao, où il porte assistance aux personnes touchées par le conflit et les aide à recouvrer leur autosuffisance.


Informations complémentaires :


Georgios Georgantas, CICR Bangui, tél. : +236 216 111 74 ou +236 720 769 61
Marçal Izard, CICR Genève, tél. : +41 22 730 24 58 ou +41 79 217 32 24

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Humanitaire
11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 02:03

 


 

Source: Institute for War and Peace Reporting (IWPR)


Date: 10 juin 2009

 
Mais certains Centrafricains pensent que l’ex-leader peut provoquer de l'instabilité s’il est   candidat en 2010.

Par Melanie Gouby à Londres (AR n ° 217, 10-Juin-09)

L'ancien chef d'Etat de la République centrafricaine, Ange-Félix Patassé, a déclaré à IWPR, qu’il prendra part aux élections présidentielles de l'an prochain, mais les observateurs mettent en garde contre une telle démarche car elle risque de faire basculer ce pays en crise et  fragile dans une autre crise.

 Patassé, qui a été président de 1993 à 2003, est en exil au Togo depuis son éviction par l'actuel Président François Bozizé dans un renversement sanglant au cours duquel des dizaines de milliers de civils ont été tués. La Cour pénale internationale CPI, pense qu’il est lié aux crimes de guerre commis dans la période précédant le coup d’Etat.

Mais l'ancien chef de l'État n'a pas perdu l'espoir qu'il puisse revenir au pouvoir. «Je suis encore l'un des acteurs les plus importants de la République. Je vais être candidat à la prochaine élection présidentielle", a-t-il déclaré à IWPR à son domicile du Togo.

Les autorités de la capitale Bangui ont dit qu'il est libre de revenir prendre part aux élections de  2010 - il a déjà connu une certaine réhabilitation politique en bénéficiant d'une amnistie gouvernementale - mais ses perspectives électorales ne sont pas bonnes. Il a été désavoué par son propre parti et les commentateurs disent qu'il a perdu sa capacité à mobiliser les masses - malgré la loyauté de sa tribu, l'une des plus importantes du pays.

 En outre, on craint que son retour ne puisse créer de l'instabilité. Selon des observateurs, il pourrait provoquer des victimes et de l'effusion de sang comme lors du coup d’Etat de 2003 et qu’ils pensent qu'il doit être poursuivi par la CPI, afin de ne pas déclencher une nouvelle confrontation potentiellement violente avec Bozizé. La CPI enquête sur la violence contre les civils commise au cours de la lutte pour le pouvoir Patassé - Bozize à partir de 2002-2003.

Jusqu'à présent, seul le chef de milice congolais Jean-Pierre Bemba a été inculpé par le tribunal, et est actuellement en prison.

 Les procureurs disent que les combattants du Mouvement de Libération du Congo, MLC de Bemba ont commis des crimes contre des civils tout en aidant ostensiblement Patassé contre les rebelles de Bozize. Les citoyens centrafricains ont récemment dit à IWPR qu’ils accusent Patassé d’avoir permis aux troupes de Bemba de venir dans le pays où ils ont cherché à lutter contre les tentatives de Bozize de s'emparer du pouvoir.

Les procureurs de la CPI ont souligné que les enquêtes se poursuivent en RCA, et les associations de droits de l'homme attendent que des mandats d'arrêt suivent. Au cours de l’audience de confirmation des charges de Bemba à la CPI, le Procureur a déclaré que Patassé a conclu un plan concerté avec Bemba dans l'intention que les crimes soient commis. "Patassé a appelé publiquement à l’aide Bemba et Bemba a accepté. Le seul mandat était de protéger le pouvoir de Patassé et d'attaquer les civils qu’ils pensent être alliés et complices des rebelles», a déclaré le procureur principal avocat Petra Kneur.

 Beaucoup de citoyens de la République centrafricaine ont raconté à IWPR le récit ci-dessous. Ils ont dit qu'ils voulaient que Patasse soit traduit en justice à La Haye. Mais les procureurs disent qu'ils n'ont pas de preuve pour délivrer un mandat d'arrêt contre lui.

 "Patassé a été sans aucun doute, un très important acteur de la situation en RCA de 2002-2003 et il est celui qui a invité les troupes du MLC dans son pays. Mais ce n'est pas suffisant", a déclaré Fatou Bensouda, procureur adjoint de la CPI, dans un récent entretien avec IWPR. "Le fait qu'il n'y a pas de mandat d'arrêt contre Patasse est dû au fait  que nous n'avons pas de preuve. Nous sommes motivés par les éléments de preuve et les éléments de preuve seuls."

Bien que le pays ait été dans le chaos depuis 2002-2003 combats, les récents efforts visant à apporter la stabilité à la RCA ont quelque peu réhabilité Patassé. Il a même participé au dialogue politique inclusif de Décembre dernier dans la capitale Bangui. Les discussions ont réuni des rebelles, des politiciens et le gouvernement, dans une tentative de trouver une voie vers la stabilité du pays.

"Après le dialogue politique inclusif de Décembre, Patassé a été amnistié, comme tout le monde. Par conséquent, il peut jouir de tous ses droits civiques et politiques d'aujourd'hui", a déclaré Bruno Hyancinthe Gbiegba qui travaille pour une coalition centrafricaine pour la CPI, CICC - un réseau d'ONG et organisations de droits humains qui travaillent en tant que cellule de veille et d’observation de la cour pénale. "C'est à lui de venir à Bangui et être candidat aux prochaines élections."

Toutefois, l'amnistie accordée par le République centrafricaine ne couvre pas les graves crimes de guerre ou les crimes contre l'humanité et par conséquent, n'aurait aucune incidence sur toute la CPI contre l'ancien président, ou toute autre personne accusée d'avoir commis des atrocités dans le pays.

 "Patassé peut faire de même et être candidat à la présidentielle même si cela signifie que la justice internationale pourra faire ce qu’elle a à faire après», a déclaré le ministre de la Sécurité publique Jules-Bernard Ouandé.

 
Les associations de droits de l'homme ont appelé la CPI à enquêter sur les événements de 2002-2003 et les responsabilités des différents dirigeants, y compris Patassé.

Malgré l'arrestation de Bemba, il y a encore d'autres groupes et individus qui doivent être mis en examen et jugés, a déclaré Godfrey Byaruha, expert d'Amnesty International sur la RCA.
"Patassé a été le président et avait le pouvoir sur les forces armées de la RCA, qui ont été impliquées dans les violations des droits de l'homme. Par conséquent, il y a une grande possibilité qu'il soit coupable des graves crimes ou au moins coupable de ne pas essayer d'arrêter ces crimes," a-t-il dit

Patassé a été empêché de participer à l'élection présidentielle de 2005 qui a vu Bozize élu deux ans après sa prise de pouvoir par un coup d’Etat. Selon l'ancien président cependant, Bozizé n'est pas un dirigeant légitime et n'a pas le soutien de la population. L'invalidation de la candidature de Patassé en 2005 était due à une décision de justice qui a constaté que son acte de naissance était illisible. "Vous comprenez comment Bozizé et ses partisans ont manipulé les lois électorales en 2005. Il a peur de moi à cause de ma popularité», a déclaré Patassé à IWPR.

S'adressant à IWPR, Patassé a déclaré à maintes reprises qu'il n’était "au courant de rien" quand il lui a été rapporté que les citoyens centrafricains lui reprochent d'avoir invité les hommes de Bemba dans le pays, et de n’avoir pas su arrêter les atrocités qu'ils ont commises.

 Patassé dit qu'il ne sait rien sur le procès de Bemba à la CPI et lorsqu'on lui demande  s'il aurait été possible de mettre un terme à la violence contre les civils entre 2002-2003, il ne ferait que de dire: «Nous ne sommes pas en 2002-2003, nous sommes en 2009 ».
Si vous insistez sur cette dernière question, il dit: «Posez la question à l'actuel président. Je le répète, ces questions ne me concernent pas ».

 "Les plaintes portées par Bozize à la CPI sont illégales. Ce n'est pas à Bozizé le rebelle de se plaindre, c'est moi qui représentait le gouvernement légal de l'époque."
Dans la perspective de l'élection de 2010, personne ne sera capable d'arrêter Patassé de prendre part à la campagne électorale depuis que l'amnistie locale qui lui a été accordée lui donne le droit d’aller à l’élection présidentielle. Toutefois, l'opinion des Centrafricains ne semble pas correspondre à ses aspirations.

 "Venant de Patassé, une déclaration disant qu'il prendra part à la prochaine élection constitue une provocation à l’égard du peuple centrafricain», a déclaré Vincent Mambachaka, un chef de file de la société civile.

"Ses victimes sont là. Ils n'ont reçu aucune indemnisation. Il y a une enquête de la CPI sur les crimes commis il y a six ans», a déclaré Abakar Nyakanda, haut-commissaire aux droits de l'homme en RCA. "Je suis de ceux qui pensent qu'il ne devrait pas revenir en arrière. Ce serait une insulte pour toutes ses victimes, et il serait incompréhensible que la communauté internationale permette cela]." Les soutiens de Patassé semblent avoir disparu en effet. Même son ancien parti, le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) l’a renié.

"Il est un membre actif du MLPC, mais il est suspendu de la direction. Il ne peut pas être notre candidat», a déclaré Martin Ziguélé, président du MLPC. L'ancien président est toujours soutenu par un non-officiel de la branche MLPC dirigée par Luc Apollinaire Dondon-Konamabaye, qui était président de l'Assemblée nationale sous Patassé.

Il est également susceptible de bénéficier de l'appui de sa propre tribu, les Gbaya, l'un des plus importants groupes ethniques de la RCA, qui fait 34% de la population. "Les Centrafricains ne votent pas par idéologie ou sur un programme. Ils votent sur l'appartenance ethnique. La tribu de Patassé devrait donc voter massivement pour lui», a déclaré Prosper Maidé Yaka, journaliste à l'Agence centrafricaine de presse.

 Dans le passé, PATASSE a bénéficié du soutien des Gbaya ainsi que celui des  Kaba et des Karé, les groupes ethniques de sa mère. Néanmoins, il sera très difficile pour le septuagénaire de mobiliser le soutien politique comme il l'a fait au début des années quatre vingt dix, alors qu'il était le leader charismatique du MLPC.

"Patassé, je pense, est toujours dans une sorte de rêve de son passé, de sa puissance. Ceux qui l'ont connu, les gens de ma génération, ne sont pas ceux qui vont voter. Il existe une nouvelle génération et ils commencent à l’oublier », a déclaré Mambachaka.

Coupé de son pays, Patassé a mal interprété l'intérêt qu'il a suscité lors de son retour en Décembre l'année dernière, a déclaré Maidé. Lorsque l'ancien président est revenu en RCA pour le dialogue politique inclusif, les gens sont venus nombreux pour voir son arrivée dans la capitale. Mais, selon Maidé, ils étaient simplement curieux de voir une célèbre figure politique. "Si Michael Jackson venait à Bangui, les gens iront le voir, s’ils aiment ou non, juste par curiosité. Patasse fait beaucoup de bruit pour rien", a-t-il dit.

 Néanmoins, certains disent que la simple participation de Patassé aux élections et son retour en RCA pourrait conduire à une nouvelle crise dans le pays. La longue querelle entre Bozizé et Patassé, qui semble être résolue avec leur participation conjointe au dialogue politique inclusif de Décembre, pourrait réapparaître dans une campagne électorale, affirment les observateurs. Pierre Debato, président de l'Observatoire des médias dans la ville de Bangui en est convaincu. "C’est dangereux pour la RCA parce que ... Bozize et ses partisans - ils vont entrer en collision les uns avec les autres encore. Ils ont tous des problèmes les uns avec les autres et cela donnera lieu à de nouvelles tensions", a-t-il dit.

"Au cours des vingt dernières années, cela a toujours été le même problème, encore et encore, parce que la rancoeur demeure."


Melanie Gouby collaboratrice de l'IWPR.

 


 
 
 
 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 22:27

 


LE CAP (AFP) -
mercredi 10 juin 2009 - 19h56 -
L'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a estimé mercredi que le successeur du président gabonais Omar Bongo Ondimba devra respecter les droits de l'Homme et lutter contre "la corruption qui est un grand problème dans ce pays".
 

"J'espère qu'ils vont sélectionner quelqu'un qui est un modèle, qui accepte que la question des droits de l'Homme et celle de l'Etat de droit soient très importantes pour la population", a déclaré à la presse M. Annan lors du 19e Forum économique mondial (WEF) sur l'Afrique, organisé au Cap, la capitale parlementaire sud-africaine.


"En même temps, il doit lutter contre la corruption (...) qui un grand problème dans ce pays et dans la région",
a souligné le co-président du WEF qui s'est dit "désolé" du décès du président Bongo.

M. Annan s'exprimait lors du lancement du rapport d'Africa Progress Panel, prônant la bonne gouvernance des leaders africains et des partenariats internationaux pour faire face à la crise économique sur le continent noir.
 

Le décès d'Omar Bongo Ondimba, 73 ans dont 41 au pouvoir, a été annoncé lundi par les autorités gabonaises. La présidente du Sénat, Rose Francine Rogombé, assure actuellement la vacance du pouvoir, après avoir prêté serment mercredi.


Normalement, une élection présidentielle doit être organisée dans les 45 jours, mais de nombreux observateurs, proches du gouvernement comme de l'opposition, s'interrogent sur la possibilité de tenir ce délai tout en opérant une révision électorale fiable.
 

M. Bongo était visé par une plainte déposée en décembre en France par deux organisations non-gouvernementales au sujet de son luxueux patrimoine immobilier et mobilier.

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