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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 01:37

 

 

Ouandet.jpg

 

Bangui le 13 septembre 2010

 

Le Ministre de la Sécurité Publique,

de l’Immigration et de l’Ordre Public

 

A

 

Le Président du MLPC

-BANGUI-

 

 

Objet : Réponse à votre lettre n° 086/MLPC/

BP/SG/010 du 9 septembre 2010

 

Suite à votre lettre n° 086 en date du 9 septembre 2010 relative à votre déplacement dans la Nana-Mambéré à compter du 14 septembre 2010, je viens par la présente vous faire connaître de surseoir à cette tournée en attendant les dernières instructions.

Veuillez croire Monsieur le Président, à l’expression de ma considération distinguée.

Le Général de Division

Jules Bernard OUANDE

 

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Une fois de plus on le voit, l’entrave à la liberté d’aller et venir des leaders de l’opposition centrafricaine refait surface avec l’interdiction faite à Martin Ziguélé par le ministre par intérim de l’intérieur le général d’opérette retraité  Jules Bernard Ouandé, de se rendre dans la préfecture de la Nana-Mambéré (Nord-Ouest) dans le cadre des activités normales de son parti, le MLPC.

C’est par une correspondance dont tout indique qu’elle a été rédigée par le ministre lui-même sans que son directeur de cabinet n’y ait jeté un coup d’œil, que cette interdiction a été notifiée à Martin Ziguélé le 13 septembre courant. Alors qu’il dispose du cabinet du ministre dont il assure l’intérim, Ouandé a réussi très tôt à se braquer contre les anciens membres du cabinet de son prédécesseur en les considérant souvent à tort, comme étant de l’opposition. Il commandite régulièrement contre eux des fiches de renseignement auprès de ses indics privés et refuse la collaboration de ces valeureux commis de l’Etat qui ne demandent qu’à servir leur patron et leur pays.

Cette méthode de travail d’une autre époque, Ouandé a beaucoup de mal à s’en départir malgré l’évolution de la société, des mentalités, des techniques et des services. Les conséquences d’un tel état de choses ne peuvent pas se faire attendre. C’est ainsi que depuis le mois de mai 2010, il déjoue presque tous les mois au moins un coup d’Etat, fait procéder à l’interpellation et à l’expulsion de beaucoup d’étrangers dont plusieurs Européens surtout.

Et l’annonce de ces hauts faits de guerre du général d’opérette se fait toujours par conférences de presse ou communiqués de presse gouvernementaux. Le côté bouffon du personnage et tonitruant de ces annonces qui décrédibilisent totalement le gouvernement, laisse désormais indifférents les banguissois, plus préoccupés par les problèmes d’électricité, d’eau et autres  plus traditionnels de pauvreté généralisée qu’ils endurent depuis des années.

L’en-tête du document ainsi que les fautes de syntaxe qu’il contient finissent de nous convaincre que le document émane du général d’opérette lui-même qui, à d’autres occasions, a déjà donné la mesure, au demeurant très médiocre, de sa maîtrise de la langue de Molière.

Décidément, il doit y avoir quelque chose de bien singulier dans les liens qui lient si fortement les deux généraux d’opérette de la Centrafrique dont la complémentarité sur le terrain de la médiocrité n’a d’égale que leur façon de diriger les affaires de l’Etat.

En cette période préélectorale où les mouvements des écuries politiques seront de plus en plus importantes à mesure qu’on s’approche de la date des élections (23 janvier 2011), on comprend mal que le gouvernement choisisse ce moment pour retirer les passeports à leurs leaders ou à s’opposer à leurs déplacements surtout à l’intérieur du territoire. La liberté d’aller et venir fait partie des libertés fondamentales consacrées par la constitution de la République Centrafricaine. Ce n’est pas en la foulant aux pieds que Bozizé et le KNK pourront se garantir une victoire aux élections à venir, car toutes ces entraves alourdissent le déjà lourd bilan de  gestion du pays qu’ils auront à défendre.

Aucun texte législatif ni réglementaire dans le corpus juridique de la RCA n'exige d'un chef de parti politique l'autorisation du Ministre en charge de l'administration du territoire pour se déplacer à l'intérieur du pays afin de visiter les organes de son parti, d'autant plus que le secrétaire général du parti au pouvoir et les responsables ministériels et autres, sillonnent allègrement dans tous les sens le pays depuis des mois et battent ouvertement campagne avec les moyens de l'Etat. Cette lettre du ministre Ouandé qui est un véritable déni de droit et une provocation, doit être dénoncée avec la plus grande fermeté et condamnée énergiquement.

 Rédaction  C.A.P

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique