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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 02:44


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Mon beau miroir / jeudi 11 février par Xavier Monnier bakchich.info

Un diplomate cache parfois l’âme d’un poète raffiné. Jean-Pierre Vidon, ambassadeur de France en Centrafrique, tresse des couronnes au président-putschiste Bozizé. L’uranium du pays vaut bien cette courtoisie.

Est-ce le doux air de Bangui la coquette ? Ou la volonté de cajoler un pays où le géant français Areva se goinfre d’uranium ? À quelques mois des élections présidentielles centrafricaines pudiquement prévues pour printemps 2010, l’ambassadeur de France Jean-Pierre Vidon roule des yeux de Chimène pour l’actuel général-président François Bozizé. Quitte à dresser, dans un télégramme diplomatique transmis le 14 janvier 2010, un tableau un brin idyllique du bilan de Bozizé. Sans doute fâché avec les chiffres, Vidon évoque le quinquennat du Président. Quand Bozizé trône depuis sept ans. Quinquennat, septennat ? Peu importe.

Quand on aime, on ne compte pas… Encore plus sirupeuse se veut la description de son putsch en 2003, date où l’alors «  chef d’état-major des armées se résout à prendre le pouvoir par les armes ». Bien entendu, il « promet de rendre le pouvoir aux civils ». Seules des manifestations massives « encore jamais vues à Bangui » ont convaincu le satrape « de revenir sur sa promesse initiale de ne pas se présenter ». Ô bonheur, le bonhomme est élu en 2005. Et le mandat, évidemment s’est bien passé. « La situation politique s’est apaisée (…) tandis que la situation sociale et sécuritaire considérablement améliorée à Bangui. » Seuls bémols, les rébellions du nord du pays qui ont obligé la France à apporter un soutien militaire en 2006 et 2007 ; ou les « affres d’une trésorerie perpétuellement exsangue » imputée aux précédents régimes. En revanche, pas un mot sur les éventuels crimes du putschiste légalement élu. Sur les bords de l’Oubangui, on ne charrie pas pour si peu.


NDLR : C’est un scandale. On finit par se demander de quel pays parle ce diplomate. Si l’ambassadeur de France en Centrafrique passe en effet son temps à envoyer à sa hiérarchie parisienne des rapports aussi mensongers qui sont loin d’être le reflet de la réalité, il y a tout lieu de se poser des questions sur la pertinence des décisions des plus hautes autorités françaises quant aux relations de la France avec la RCA. Cet ambassadeur devrait se poser par exemple la question de savoir pourquoi depuis qu’il a pris ses fonctions à Bangui, aucun membre du gouvernement français n’a encore mis pied dans la capitale centrafricaine.

Les personnalités françaises snobent systématiquement l’escale de Bangui pour se rendre à Libreville, Kinshasa, Brazzaville ou maintenant Kigali. Il y a bien des raisons à cela. La visite du Secrétaire d’Etat à la coopération Alain Joyandet pourtant un moment prévu, est encore reportée sine die et pour cause, malgré la déchéance et l’incarcération à la prison de la Santé de son ex homologue, le malfrat Saifee Durbar. Bozizé et son clan ne sont pas fiables et n’inspirent pas confiance.

Par ailleurs, ce diplomate ferait mieux de s’édifier en lisant les nombreux rapports de Human Rights Watch, Amnesty International et la FIDH sur les responsabilités personnelles de Bozizé et son fils dans les incendies de villages dans le Nord et la présence de nombreux et innocents civils qui végètent encore en brousse et dans les camps de réfugiés de l’UNHCR au sud du Tchad et à l’Est camerounais.

De quel apaisement parle-t-il ? Où voit-t-il une quelconque amélioration de la situation sécuritaire? Presque chaque jour, ses affirmations sont démenties par les faits d’actualité. Au nez et à sa barbe, Bozizé et sa soldatesque ont torturé et assassiné Charles Massi. Qu’en pense-t-il ? Paris devrait remonter quelque peu les bretelles de cet ambassadeur qui fait un peu trop la part belle à un tyran qui est en train d’instaurer avec sa complaisance voire sa complicité, une dictature sanguinaire dns ce pays. Un tel ambassadeur
  fait honte à la France.  

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Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 02:25



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Toujours plus. Rien ne peut empêcher Bozizé et son clan dans la réalisation de leurs rêves et projets les plus fous. S’il y a une chose dont Bozizé n’a jamais fait mystère, c’est son intention de voir un jour son fils Jean Francis lui succéder sur le trône après qu’il en serait parti, sait-t-on quand ni comment ! Il a donc entrepris avec la collaboration du même rejeton qu’il a opportunément placé à la tête du ministère de défense pour les besoins de la cause, de restructurer l’armée centrafricaine pour que le moment venu, ce dernier qu’il aura évidemment nommé entre temps général, puisse en prendre logiquement le commandement et la boucle sera bouclée. Ce schéma semble être son rêve le plus cher qu’il aimerait réaliser avant de lâcher prise.Ainsi se perpétuera la dynastie des Bozizé. Les Centrafricains les laisseront-t-ils le faire ? 

 C’est une des raisons qui explique les charrettes de départ à la retraite enregistrés ces temps derniers au sein des Faca. Personne n’est épargné. La plupart des officiers, officiers supérieurs et même des officiers généraux. Si quelques uns parmi eux sont ravis de prendre leur retraite de l’armée, cela ne va pas sans certains grincements de dents chez d’autres. Un colonel confiait il n’y a pas longtemps sous couvert d’anonymat à Centrafrique-Presse, qu’il s’agissait d’une injustice inadmissible qu’il soit mis sur la liste de ceux qui doivent aller à la retraite alors que Bozizé vient de donner illégalement et indûment le grade de colonel à son fils.

Un autre colonel des Faca qui a également requis l’anonymat nous a aussi fait part de son écœurement. Pour lui, il n’y a rien d’aussi révoltant qu’un certain Bozizé, sorti pourtant dernier de sa promotion de l’Ecole spéciale de formation des officiers d’active (ESFOA) - qui a obtenu presque tous ses galons pendant le règne Bokassa  par la délation et la trahison de ses frères d’armes, devenu général grâce aux foucades de l’ex empereur - puisse se retrouver aujourd’hui là où il est et disposer du sort de ceux de ses promotionnaires plus méritants que lui.  

 Il ne s’agit là que de l’expression des états d’âme de quelques officiers mécontents. Cependant, ce sont autant d’indices du véritable et gros malaise qui traverse ce que l’on peut appeler armée nationale centrafricaine Faca qui continue de souffrir de tous les maux que Bozizé lui a inoculés depuis que l’ex président Patassé l’avait désigné à sa tête. L’armée centrafricaine n’existe en effet aujourd’hui que de nom. Elle est politisée à outrance et la plupart de ses chefs hiérarchiques sont corrompus et s’adonnent au vu et su de tout le monde à des activités mercantiles. Les avancements et octrois de galons s’y font sur des critères arbitraires fantaisistes, non conformes aux standards internationaux des armées mais essentiellement fondés sur l’ethnie.

La promotion au grade de colonel de Jean Francis Bozizé en est la parfaite illustration. S’il est vrai que ce rejeton a effectué son service militaire en France il y a quelques années, il est inconnu au bataillon, c’est le cas de le dire, dans l’armée centrafricaine où il n’a aucun numéro matricule sauf si maintenant il s’en fabrique un. Il prend un certain plaisir à signer « colonel » au bas des divers communiqués et autres déclarations qu’il publie de temps à autre en tant que ministre délégué à la défense. Tout cela est bien triste et pathétique.

  La traduction de cette désastreuse situation et de tous ces errements est malheureusement que l’armée centrafricaine est à présent incapable d’assurer la défense du territoire national. La RCA est comme littéralement « dépecée » par des armées étrangères. Entre les troupes tchadiennes de Déby à qui Bozizé a accordé, selon certaines informations crédibles, le droit de pénétrer à 100 km à l’intérieur du territoire centrafricain et l’armée ougandaise qui stationne et intervient massivement depuis plus d’un an maintenant au Sud Est du pays pour en théorie traquer les bandits rebelles de Joseph Kony, on ne peut que légitimement se s'interroger sur le rôle et la place des Faca dans le pays si on doit encore soustraire l’étendue des zones sous contrôle des rébellions intérieures ou étrangères.  

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation
10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 23:38


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Source : Mwinda.org  Mercredi, 10 Février 2010 10:43

La Françafrique s'apprête à fêter avec faste son 50e anniversaire. A Paris et non pas à Brazzaville ou à Dakar, une vilaine idée qui ne traversera jamais l'esprit des chefs de comptoirs coloniaux d'Afrique qui font office de chefs d'Etat africains : ces derniers iront faire allégeance à la " mère patrie ",  s'aplatir aux Champs Elysées où leurs " armées " défileront le 14 juillet 2010 à l'occasion de la fête nationale française.

De rares intellectuels africains patriotes tentent de résister comme ils peuvent. Ci-dessous la modeste contribution de Calixte Baniafouna à ce combat pour la dignité de l'Afrique.

A lire une interview accordée à radio Réveil-FM  à l'occasion de la parution de son livre " Les Noirs de l’Élysée, Des présidents pas comme les autres ".

Extraits

Le 14 juillet 2010, pas moins de 14 armées africaines ex-colonies françaises vont défiler sur les Champs Élysées, qu'en pensez-vous ?



C’est révoltant ! Très révoltant ! Mais, il faut resituer les faits dans leur contexte. En ayant promis la « rupture » avec les dictateurs africains lors de sa campagne présidentielle de 2006-2007, Nicolas Sarkozy qui, acteur lui-même du temps où il n’était que ministre, en voyait tant et tant des pratiques des réseaux françafricains, y croyait réellement. Avant même son accession à l’Élysée, le duo Chirac-De Villepin lui a clairement signifié l’impossibilité de gagner des élections de ce niveau sans l’apport des financiers-dictateurs africains. Comme il tenait à l’atteinte de ses ambitions présidentielles, il était dans l’obligation de tomber dans les bras du « doyen » de la Françafrique, Omar Bongo, qui lui avait donné sa contribution en monnaie sonnante et trébuchante. Ce bakchich n’a rien de nouveau dans les campagnes présidentielles de la Ve République. Simplement, corrompu jusqu’à la moelle épinière avant même l’élection présidentielle au point de n’en plus se voiler la face en l’appelant en premier pour le remercier le jour même de son entrée à l’Élysée, ses tout frais électeurs découvrent aux dépens que le président Sarkozy n’est pas vraiment à l’écoute du candidat Sarkozy. Il n’aura d’ailleurs pas de temps de répit puisqu’il sera d’emblée l’otage des caciques de la droite française et de ses amis hommes d’affaires dont les plus solvables opèrent en Afrique des dictateurs et à qui il s’empressera d’offrir un paquet fiscal. Impuissant face à l’hégémonie incontestée des États-Unis et à la montée vertigineuse de la Chine, celui qui vient de rompre avec la « rupture » ne compte plus que sur la politique intérieure pour un baroud d’honneur. Or, là encore, la crise monétaire met illico au régime le pouvoir d’achat des Français : l’échec est cuisant. Il n’est pas en effet nécessaire de sortir de l’ENA pour qu’en observateur modeste de la politique française on comprenne que chaque discours du président Sarkozy en efface un autre et que, de discours mielleux en discours mielleux, il finit par faire pire que tous ses prédécesseurs qu’il critiquait, en politique africaine de la France tout au moins. Dans ce fourre-tout que représente cette « non-politique intérieure et extérieure » de Nicolas Sarkozy, ce dernier a fait le choix non seulement de foncer dans la continuité mais aussi de gratter le fond du tiroir des pratiques néocoloniales pour essayer de faire tenir à la France un semblant de place dans le monde des puissants. Et la seule façon d’y parvenir, c’est-à-dire de prolonger l’agonie d’une politique africaine de la France désormais sans issue et vouée à être repensée, c’est de se rabattre sur les marionnettes les plus attitrées des anciennes colonies qui, à ce jour, sont les seules au monde à continuer de considérer la France comme une grande puissance. La seule façon de faire oublier aux dictateurs décriés lors de sa campagne présidentielle les propos de vilains petits canards qu’ils étaient à ses yeux, c’est de les percher sur un piédestal encore plus élevé que celui sur lequel l’ancienne métropole les avait placés jusque-là : blanchissement de tout soupçon de vol des biens de leur peuple pour les dictateurs les plus redoutables traduits en justice, revalorisation par des élections arrangées des régimes aux mandats à durée indéterminée, relance des sommets françafricains (en avril prochain à Paris), défilé le 14 juillet sur les Champs Élysées des armées néocoloniales d’Afrique, renforcement du système dynastique en cas de fin de vie d’un guignol affranchi d’amour propre, etc.

Les fils remplacent les pères au pouvoir en Afrique. Les dynasties politiques ne montrent-elles pas les limites des élections sur le continent ?

Le système d’alternance dynastique en Afrique, initié en RDC, puis au Togo, par Jacques Chirac, et poursuivi par Nicolas Sarkozy au Gabon et demain à qui le tour ? est la forme achevée du néocolonialisme français sur ses anciennes colonies d’Afrique noire, et la manifestation éhontée du mépris et du refus de voir le peuple africain s’émanciper par le libre choix de leurs dirigeants. Je ne pense pas qu’il s’agisse là d’une limite des élections en Afrique. Car du fait des élections observées ici et là dans ce pré-carré français, il ne s’agit ni plus ni moins que des arrangements pour donner un semblant de légitimité dans une parodie de démocratie à ceux-là qui ont définitivement tourné le dos à la cause africaine. Les pères ont confisqué l’indépendance de l’Afrique pendant un demi-siècle et parmi eux existent des demi-dieux qui ont encore du parfum de jeunesse comme Sassou Nguesso, Compaoré, Bozizé, Deby et j’en passe. S’il faut que leurs enfants tirent aussi leur demi-siècle et ainsi de suite, vous imaginez les barrières que la France dresse à l’avenir de ce sous-continent ! D’où la nécessité d’une révolution radicale et immédiate des mentalités. Et l’impératif des intellectuels africains intègres de sortir de l’individualisme pour insuffler du courage aux populations en vue d’organiser des forces sociales et culturelles capables de booster dehors ces traîtres-corrompus, de permettre le libre choix des dirigeants et de mettre en place des institutions véritablement démocratiques sans lesquelles aucun décollage, aucun développement ne sera possible en Afrique.

 

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 23:21


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LE MONDE | 09.02.10 | 14h53  •  Mis à jour le 09.02.10 | 14h53


Le processus de paix entre le Tchad et le Soudan menace de faire une première victime : la Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (Minurcat). Chargée de la protection des civils dans la région de l'est du Tchad et du nord de la Centrafrique, la mission est dotée d'un mandat jugé restrictif par les observateurs, qui regrettent depuis sa conception qu'on ne lui ait conféré aucun rôle dans le processus de paix régional.

La Minurcat, dont le déploiement avait commencé en 2007 avant son entrée en fonction sous sa forme actuelle le 15 mars 2009, se limite donc en grande partie à l'encadrement de forces de police tchadiennes payées et entraînées par les Nations unies, le Détachement intégré de sécurité (DIS).

La Mission n'avait déployé que 62 % de ses effectifs (3 200 personnes) lorsque, le 19 janvier, quatre jours après la signature d'un accord entre le Tchad et le Soudan, les autorités de N'Djamena ont annoncé à la radio leur intention de ne pas accepter le renouvellement annuel de son mandat prévu pour le 15 mars.

La Minurcat avait pris, un an plus tôt, la succession de la mission de maintien de la paix de l'Union européenne, Eufor, aux résultats mitigés. Avec 3 700 hommes, la mission européenne devait à la fois protéger l'Est du Tchad et le Nord de la Centrafrique d'un "débordement" du conflit au Darfour qui ne s'est jamais produit.

A la même époque se multipliaient en revanche des actes de banditisme, qui n'ont fait que s'aggraver depuis. Ces exactions visent non seulement les réfugiés du Darfour (270 000 personnes), mais aussi les déplacés tchadiens (170 000 personnes) et les organisations humanitaires. Mais certaines attaques sont menées par des soldats tchadiens, qui ne prennent même pas la peine d'enlever leur uniforme.

"Retrait échelonné"

Fabienne Hara, directrice adjointe de l'International Crisis Group, longtemps basée au Soudan, analyse : "L'Eufor et la Minurcat ont servi de garde-fou symbolique contre un possible renversement du régime Déby par les groupes armés soutenus par Khartoum. Maintenant que Déby a réorganisé sa défense et qu'il a conclu une trêve avec le Soudan pour leurs processus électoraux en 2010-2011, il pense pouvoir se passer de la Minurcat."

Une source, haut placée au sein de la Minurcat, confirme : "Ils ne sont plus du tout convaincus qu'on est nécessaires pour les protéger." Dans l'immédiat, les demandes du gouvernement tchadien portent sur des aspects logistiques. "Les Tchadiens seraient ravis qu'on leur construise des camps militaires et des pistes d'atterrissages. Mais une mission d'évaluation (interne à l'ONU) a rejeté ces éventualités. Pour l'instant, c'est le blocage", ajoute la même source onusienne.

Selon une source française en charge du dossier : "Une décision de retrait le 15 mars serait tout à fait prématurée. Nous ne sommes pas convaincus qu'il (Idriss Déby) soit en mesure d'assurer la sécurité." Mais à Paris, on semble néanmoins avoir déjà fait le deuil de la Minurcat. Tout en admettant que la position tchadienne, relevant du "forcing", est avant tout une "posture de négociations", la même source conclut : "La solution est un retrait échelonné."

 

Philippe Bernard et Jean-Philippe Rémy (à Johannesburg)

Article paru dans l'édition du 10.02.10


NDLR : Cette MINURCAT est déployée tant pour le Tchad que la RCA. Dans la réalité, c'est surtout au Tchad qu' elle a beaucoup fait parler d'elle. A présent où les autorités tchadiennes réclame à grand bruit son retrait, il est à noter que celles de Bangui se retranchent dans un silence assourdissant. Qu'est ce qu'elles pensent de la position de N'djaména ? Sont-elles d'accord pour le départ de cette force des Nations Unies ? N'ayant pas les moyens de défense et sécurité que Déby, Bozizé peut-t-il se permettre de faire chorus avec son parrain tchadien ? Que propose-t-il en remplacement de la MINURCAT ?  Autant de questions sur lesquelles Bangui devrait au moins dire quelque chose en dehors des habituelles mendicités et autres demandes d'argent.

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Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 23:19


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L’enquête sur les détournements présumés de fonds au sein du bureau parisien de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC) vient d’être achevée par le Parquet de la capitale française. Selon une source judiciaire, le résultat des enquêtes concernant des personnes résidant en Afrique ont été transmis à la justice des pays concernés.

Suite aux détournements de plusieurs millions de francs CFA au sein de son bureau à Paris, en France, la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC) avait porté plainte contre X pour «vol, escroqueries, faux et usages de faux».

Les personnes résidant en France, interrogées dans le cadre de cette enquête, ont pu «justifier de la licéité de leurs décaissements», a indiqué une source judiciaire. Les autres éléments ayant émergé de l'enquête «concernent des personnes résidant en Afrique» et ont donc été transmis à la justice des pays concernés, notamment à la justice gabonaise via une «dénonciation officielle» des faits, a précisé la même source.

L’enquête ouverte par le Parquet de Paris a révélé ces résultats le 9 février, dénonçant des faits litigieux à la justice gabonaise selon la source judiciaire.

Révélés en septembre dernier, les détournements de fond au bureau parisien de la BEAC par des employés de la banque ont atteint 25 millions d'euros entre 2004 et 2009, selon un rapport d'enquête interne de la Banque publié fin octobre 2009.

Ces sommes, nécessaires au fonctionnement du Bureau extérieur de la banque à Paris (BEP) et au règlement de factures de la BEAC, ont été détournées par des employés du BEP «au moyen de chèques, virements, retraits en espèces et titres de transport» frauduleux, selon ce rapport.

Sur le plan judiciaire, Armand Brice Ndzamba, comptable du bureau de la banque à Paris de 1992 à 2009, son épouse et Maurice Moutsinga, ancien directeur de la comptabilité au siège de la banque à Yaoundé, au Cameroun, ont été inculpés à Libreville, selon la BEAC.

L’ancien gouverneur de la BEAC, Philibert Andzembé, a été démis de ses fonctions le 17 janvier à l’occasion du 10 e sommet des Chefs d’ Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC) et remplacé par l’Equato-guinéen Lucas Abaga Tchama, qui était justement selon certaines sources, venu évoquer le 29 janvier à Libreville, le cas des fonctionnaires gabonais avec le président Ali Bongo. Pour l’instant, le sort de Philibert Andzembe et ceux de plusieurs fonctionnaires gabonais impliqués dans ce scandale ne sont pas encore connus.

Désigné superviseur des audits de l'ensemble des institutions de la CEMAC, le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema, avait déclaré le 24 janvier dernier qu’il va «saisir la Cour de justice de la CEMAC, qui va juger les fonctionnaires impliqués dans les détournements à la BEAC».

Source : cbanque.com     10-02-2010   

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 23:12


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M.L.P.C

Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain

Justice – Liberté - Travail

 

**************

 

MESSAGE DE CONDOLEANCES

 

******************

 

         C’est présentement en déplacement hors de notre pays que j’ai appris avec une grande tristesse le décès du Président André KOLINGBA.

         Au-delà de sa famille et ses proches, cette disparition est une grande perte pour notre nation et particulièrement le parti le Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC), dont il fut le Président Fondateur.

         Au nom de mon parti le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) et en mon nom propre, j’adresse à sa famille éplorée et à son parti, ma fraternelle compassion et mes sincères condoléances les plus attristées.

 

Le 8 février 2010

 

Le Président

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Martin ZIGUELE

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 23:07


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Paris, le 10 février 2010

 

 

 

A l’attention de Monsieur Simon ALALENGBI,

Président de la Délégation France-Europe-Amérique,

du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC)

 

 

 

Cher Compatriote,

 

C'est avec une réelle consternation que nous avions appris le décès, des suites d’une longue maladie, du Général d’armée André KOLINGBA, Président Fondateur du RDC,  en outre ancien Président de la République, Chef de l’Etat.

 

Officier général le plus ancien dans le grade au sein de l’armée centrafricaine jusqu’à sa mort, le président KOLINGBA qui n’est plus à présenter, a marqué de son empreinte indélébile l’histoire politique de notre pays par sa contribution à l'instauration du multipartisme et d’une démocratie véritable au travers d'élections libres et démocratiques dont il accepta les résultats malgré sa défaite.

 

La disparition de cet homme d’Etat, qui avait fait de la paix tout le long de sa longue carrière son credo politique, constitue une véritable perte pour la nation au moment où la cohésion nationale est mise à rude épreuve.

 

Le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), partenaire privilégié du RDC au sein de l’UFVN ne saurait être insensible à ce deuil qui frappe votre famille politique et au-delà toute la classe politique Centrafricaine.

C’est pourquoi en ma qualité de Conseiller Politique National, membre du Bureau Politique du MLPC en Europe, je voudrais au nom du camarade Président Martin ZIGUELE, vous présenter ainsi qu’à la famille de l’illustre disparu nos condoléances les plus émues.

 

En vous assurant de notre soutien moral, recevez cher compatriote mes fraternelles salutations.

 

 

 

Antoine Jérémie NAM-OUARA

Conseiller Politique National,

Membre du Bureau Politique du MLPC

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 01:40


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Firmin Feindiro est-il un procureur de la République respectable ou un vulgaire et dangereux mafieux ?


Enquête exclusive

En près de cinquante ans d’indépendance, un empire, et six républiques successives, on aura tout vu et tout entendu sur les responsables politiques et administratifs, sauf s’ils pouvaient se comporter en véritable chef de gang. Alors que plusieurs voix réclament sa tête depuis des lustres, le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Bangui, Firmin Feindiro, transpire d’autosuffisance et affiche grand train. Cet orgueil mal placé tranche pourtant singulièrement avec ses pratiques peu orthodoxes décriées par tous. À la lecture des lignes qui suivent, il ne pourra plus, on l’espère, faire l’économie d’une introspection afin de tirer des conclusions qui s’imposent. Enquête exclusive sur un procureur de la République pas comme les autres!

Le 30 septembre 2008, le magistrat Firmin Feindiro, procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Bangui, s’offre un appartement au 10, rue Philibert Delorme à JOUE-LES-TOURS. L’acte de vente signé devant notaire en date du 28 octobre de la même année, atteste que Firmin Feindiro a payé comptant son appartement dont le prix est fixé à 83 mille euros. Avec les frais annexe il a déboursé en tout près de 100 mille euros, quelques 65 millions de FCFA.

Le problème, c’est que son salaire de magistrat, moins de 1000 euros mensuel ne peut lui permettre de s’acheter un bien à ce prix. À moins de disposer d’autres sources de revenus. Même là encore, il faudrait des années de dur labeur au soleil pour rassembler cette fortune. Tel serait d’ailleurs l’avis d’une agence de la banque Société Générale à Tours, qui aurait suspecté des mouvements douteux sur le compte que détenait Firmin Feindiro dans ses livres et aurait été obligée de lui restituer ses 150 mille euros en cheque de banque.

Selon nos informations, le nouveau compte bancaire n° 00067742174 que Firmin Feindiro a ouvert dans les livres du Crédit Agricole, serait crédité de pas moins de 500 mille euros. La question est donc de savoir où a –t-il trouvé tout cet argent ? Serait-il un homme d’affaire prospère ? Est-ce que son statut de procureur de la république est-il compatible à une activité commerciale ? Autant de questions auxquelles il voudra bien apporter quelques éléments de réponses.

Mais notre procureur de la république n’est pas seulement un richissime homme d’affaire qui s’offre des appartements en France, c’est également un fraudeur en puissance : il aurait déposé un dossier d’inscription en doctorat de droit à l’université de Toulouse qui comporte une fausse attestation de succès de la maîtrise en droit. Après vérification, on apprend que notre procureur national n’est titulaire d’aucune maîtrise en droit… cherchez l’erreur. La vraie attestation falsifiée appartiendrait à maître Opalagna…du barreau de Bangui.

Il devra peut-être aussi un jour répondre devant la justice française. Si l’on en croit une source proche du dossier, une plainte pour fraude à la sécurité sociale a été déposée contre lui dans un commissariat de Tours. Une enquête serait même en cours…

Autres faits imputés à Firmin Feindiro, l’extorsion des fonds aux nombreux Centrafricains à qui il aurait promis des nominations au poste de responsabilité.

Contacté par L’Indépendant, les deux téléphones du procureur ne répondent pas. Aux dernières nouvelles, il serait en mission à Yaoundé (Cameroun).

Cependant, L’Indépendant a pu se procurer la copie d’une plainte contre X déposée par Firmin Feindiro au commissariat central de Tours pour «usurpation d’identité et escroquerie ». Le procureur a déclaré ce jour du 28 octobre 2009 au policier qui a recueilli sa déposition « qu’une tierce personne a retiré pas moins de 7700 euros sur son compte bancaire domicilié au Crédit agricole ».

À dire vrai, l’image de celui qui se considère comme le seul intellectuel parmi les proches parents du président centrafricain a pris un méchant de coup de griffe après ces révélations. Celui qui se dit être parmi les plus « écoutés » du président centrafricain risque de l’entrainer dans le tourbillon de ses pratiques non catholiques mais qui ne sont pas tout à fait protestantes non plus. Va-t-il toujours regarder ses compatriotes de haut ? Rien n’est moins sûr !

Toujours est-il que pour un représentant de la puissance publique, ces agissements ne manquent pas de sel !

 

 

Source : http://www.lindependant-cf.com

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 01:17


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BANGUI – (L’Indépendant) – 09 février 2010 – Un groupe armé non identifié s’est emparé de la ville de Nzako, à quelques 60 kilomètres de la ville de Bakouma, à l’extrême est de la République centrafricaine, a-t-on appris mardi de sources crédibles.

 « La ville est pillée. Sa population est en fuite. Jusqu’à présent, on ne sait pas si la prise de la ville a fait des victimes parmi la population », a déclaré sous le couvert de l’anonymat une source militaire joint au téléphone à Bangui.

La ville de Bakouma qui se situe à un jet de pierre de Nzako abrite des gisements uranifères du groupe français Areva, numéro 1 mondial du nucléaire civil.

Toujours selon la source, « les responsables de la sécurité d'Areva sont pour le moment à Bangui. Le personnel du site de Bakouma est regroupé sur le site sécurisé en attendant les consignes. Un hélicoptère quitterait Bangui pour Bakouma pour d'éventuelles évacuations du personnel », avant d’ajouter que « les véhicules sont en état d'alerte maximum pour une fuite ».

Cette attaque intervient au lendemain d’une visite du vice-président du pôle minier d’Areva et DG d’Uramin, Sébastien Montessus, qui a été reçu par le ministre centrafricain en charge des mines, Sylvain Ndoutingaï.

Au sortir de l’entretien, le responsable d’Areva a déclaré « être surpris par la teneur en uranium et la qualité exceptionnelle des gisements de Bakouma » et que désormais le groupe français passe de la phase « d’exploration » à la phase « d’exploitation ».

 « La coïncidence entre la visite de M. Montessus et l’attaque de la ville de Nzako est assez troublante », avance une source du ministère des mines.

Il convient de souligner que la ville de Bakouma ne dispose pas d’une base des FACA (Forces armées centrafricaines). Elle est donc livrée à elle-même.

 

 

Source : http://www.lindependant-cf.com

 

Ci-dessous le message pris sur le blog d’un missionnaire du coin :

« Depuis deux heures environ, c'est-à-dire depuis 16 heures ce mardi 9 février, Zacko est investi par les rebelles. Bangui doit intervenir avec l'appui de l'armée française...
Nous vous tiendrons informés dès lors que nous en saurons un peu plus.
Soyons en union de prière avec toute la population de Zacko et n'hésitons pas à en parler autour de nous... »

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation
10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 01:13


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Dans sa lettre ouverte du 20 mars 1990 désormais historique dont le contenu n’est pas démodé mais plutôt d’une brûlante actualité car pourrait aussi concerner de nos jours François Bozizé, François Guéret s’adressait à l’époque au président André Kolingba en ces termes : « Au lieu d’être l’homme de tous les Centrafricains, vous vous êtes identifié à un clan tribal. Vous avez fait de la République centrafricaine une entreprise personnelle et familiale. Votre style et vos méthodes de gouvernement s’appellent : discrimination tribale, injustice, détournement de deniers publics par vos parents et autres cousins, pillage des biens de l’Etat, pillage de l’économie nationale, corruption et fraude généralisée à tous les niveaux, détournements à des fins personnelles de l’aide étrangère (…) Vous vous êtes transformé en négociant de diamants, en négociant d’or (…) Chaque ethnie se replie sur elle-même, compte ses membres, mesure ses forces et se prépare fébrilement dans le silence à l’action violente pour vous renverser ».

Cet extrait de la Lettre ouverte de François Guéret qui sonne comme un véritable réquisitoire, la profession de magistrat de l’auteur n’y est sans doute pas pour rien, peut tenir lieu de bilan des douze années de gouvernance du président André Kolingba. C’est pour rafraîchir la mémoire des Centrafricains et de nos fidèles lecteurs que la rédaction revient sur le bilan de son régime que certains esprits chagrins, partisans et passionnés, tentent abusivement d’embellir après la disparition du général.

La Rédaction

 

Brève analyse de la situation de la RCA de 1981 à 1993

 

En mars 1981, l'ancien ministre de Bokassa, David Dacko, fut élu de justesse président de la République avec le soutien du gouvernement français, ce qui provoqua de vives réactions des partisans d'Ange Patassé, lui aussi ancien ministre du tyran, mais qui avait choisi le soutien des Libyens. Patassé devait trouver refuge à l'ambassade de France après une tentative de coup d'État contre le général Kolingba, qui avait pris le pouvoir le 1er septembre 1981.

Deux événements majeurs ont marqué la vie politique de la République centrafricaine (2,4 millions d'habitants) en 1983. Le comité militaire de redressement national (CMRN) présidé par le général Kolingba - au pouvoir depuis le 1er septembre 1981 - a accentué la répression contre ses adversaires pour raffermir son pouvoir ; c'est ainsi que le Pr Goumba, emprisonné en 1982, a été condamné en avril 1983 (libéré en septembre, il était de nouveau arrêté début 1984 à la suite de manifestations scolaires et universitaires hostiles au régime). En novembre-décembre 1983, l'ex-empereur Bokassa et certains de ses amis français ont organisé une tentative de retour à Bangui du monarque déchu. Cette aventure ayant tourné court, Bokassa est renvoyé de Côte-d'Ivoire, où il avait trouvé refuge depuis 1979 ; il s'est installé dans la région parisienne le 4 décembre.

Le régime du général Kolingba a continué - comme ses prédécesseurs - d'être porté à bout de bras par la France (1 000 soldats de l'"opération Barracuda" étaient encore stationnés dans le pays à l'été 1984). Les exportations centrafricaines ont connu un double mouvement en 1983: d'une part une légère amélioration dans l'exportation de diamants, de coton et de café ; d'autre part une diminution des exportations de bois. Pour encourager la production agricole, le CMRN a pris des mesures d'incitation à la production: primes de rendement, amélioration du prix d'achat au paysan (le prix d'achat du coton au paysan est ainsi passé de 60 à 80 francs CFA par kg). L'endettement croissant de la Centrafrique a poussé le gouvernement à négocier un réaménagement de la dette publique avec le Club de Paris en juillet 1983.

En République centrafricaine (2,5 millions d'habitants), les ex-officiers Gaston Ouedane (ancien ministre de la Fonction publique) et Jérôme Allam (ancien secrétaire d'État au commerce), arrêtés le 3 mars 1982, ont été condamnés le 27 juillet 1984 par le Tribunal spécial de Bangui à dix ans de prison pour "atteinte à la sûreté de l'État". En décembre de la même année, après la visite de François Mitterrand à Bangui, le général André Kolingba, chef de l'État centrafricain, a annoncé la libération de cinquante-trois détenus politiques, dont Abel Goumba, président du Front patriotique oubanguien. Il a également déclaré qu'en 1975 la Centrafrique devrait revenir à une vie constitutionnelle normale, intention confirmée en janvier 1985 avec la précision qu'une nouvelle Constitution serait soumise prochainement à l'approbation du peuple.

La République centrafricaine a pâti de la guerre qui sévit au Tchad ; en novembre 1984, des "commandos rouges" tchadiens ont fait irruption sur son territoire. Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a d'ailleurs annoncé qu'environ 30 000 réfugiés tchadiens se trouvaient en territoire centrafricain à la fin de 1984.

Au plan économique, le grand problème de ce petit pays est que la plupart des indicateurs restent résolument au rouge: le déficit budgétaire a été de l'ordre de 11 milliards de francs CFA en 1984, contre 12 milliards en 1981 ; le déficit de la balance commerciale a atteint 9 milliards et celui de la balance des paiements, 42 milliards... En outre la dette extérieure représentait 36% de la production nationale en 1984. Sur le plan de l'agriculture, seul le coton semble avoir bénéficié des mesures d'incitation à la production prises par le gouvernement en 1983 puisque sa production s'est accrue de 19%. Par contre la production caféière a régressé (de 22,5%), de même que la production de bois (-15,3% pour les sciages, -30,4% pour les contreplaqués...).

En Centrafrique, l'événement politique le plus important de l'année 1985 a été la dissolution en septembre du Comité militaire de redressement national qui gouvernait le pays depuis l'accession au pouvoir en 1981 du général André Kolingba, et la constitution d'un nouveau gouvernement comprenant des civils (treize civils et dix militaires), les militaires conservant l'essentiel des postes clés. Par ce geste, le général Kolingba, devenu président de la République (tout en conservant les fonctions de chef de gouvernement et le portefeuille de ministre de la Défense), a marqué sa volonté d'engager le pays dans le processus de démocratisation annoncé au début de l'année. En novembre, quatre-vingt-neuf prisonniers politiques ont été libérés à l'occasion de la fête nationale.

Sur le plan économique et financier, en novembre 1985, les pays membres du Club de Paris (groupe des pays créanciers), sensibles aux efforts d'assainissement entrepris par le gouvernement, notamment l'adoption d'un plan de redressement économique et financier appuyé par un accord de confirmation du FMI, sont convenus de rééchelonner 10 millions de dollars de la dette extérieure publique ou garantie. L'encours de la dette publique extérieure s'élevait à 250 millions de dollars en 1985 (soit 33% du PNB).

Les productions ont connu une évolution favorable en 1985: 50 000 tonnes de coton (+36%), 10 000 tonnes de café (+50%), 350 000 carats de diamants (+10%), 140 000 tonnes d'arachides (+24%).

La balance commerciale a connu un déficit moindre qu'en 1984 (-24 milliards de francs CFA contre -26). L'inflation est restée modérée (8%) et l'augmentation de 30% des crédits à l'économie semblait indiquer une certaine reprise des affaires.

En Centrafrique, l'actualité politique a dominé l'année 1986, avec le passage progressif du régime militaire (en place depuis septembre 1981) à une forme presque civile de gouvernement, et avec le retour inopiné de l'ancien empereur Bokassa, le 23 octobre, suivi de son procès à partir de décembre.

Dans le domaine institutionnel, une Constitution a été rédigée et ratifiée par un référendum organisé le 21 novembre. Plus de 91% des votants l'ont approuvée et ont élu André Kolingba président pour six ans. Il dirigeait le pays depuis 1981. Toutefois, dans la capitale, Bangui, 25% des suffrages ont été hostiles au chef de l'État.

La capitale avait été agitée fin mars-début avril 1986 par l'écrasement d'un Jaguar français sur un quartier populaire proche de l'aéroport (trente-cinq morts) et par un attentat à l'explosif (sans victime). C'est à la même période qu'eut lieu une grève de lycéens.

La nouvelle Constitution a établi un régime de type présidentiel. Le président est élu pour six ans. Le Parlement, qui devait être installé en 1987, est formé de l'Assemblée nationale, dont les députés sont élus au suffrage universel direct pour cinq ans, et du Conseil économique et social. Un parti unique, le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), a été créé à la fin de 1986. Le remaniement ministériel du 8 décembre a tiré les conclusions du référendum. Sur sept ministres sortants, quatre étaient des militaires et l'aspect civil du pouvoir en a été ainsi renforcé. Toutefois, ces changements n'ont eu qu'une portée relative, et le colonel Christophe Grélombé a conservé et même renforcé son influence au ministère de l'Intérieur et à l'administration du territoire.

L'ancien empereur n'a pas trouvé le soutien qu'il espérait en rentrant dans son pays. Il a été arrêté à son arrivée. En juin 1987, au terme d'un procès de plusieurs mois, il a été condamné à mort. Le retour de Bokassa a engendré un malaise passager entre Paris et Bangui. Mais la Centrafrique, atteinte dans son redressement économique par la baisse des cours du coton, dépend plus que jamais de l'aide extérieure.

L'actualité politique a été marquée en 1987 par la poursuite de la mise en place d'institutions civiles, amorcée en 1986. Les 6 et 7 février 1987, aux assises du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC, parti unique), le président André Kolingba a nommé Jean-Paul Ngoupande, ministre de l'Éducation nationale, comme secrétaire exécutif du Parti. Aux élections législatives du 31 juillet 1987, 142 candidats se sont disputé les 52 sièges à pourvoir. Premier scrutin en République centrafricaine (RCA) depuis environ vingt ans, il a été sans surprise: tous les sièges ont été remportés par le RDC. La participation (50% des électeurs) a cependant été moins forte qu'au référendum constitutionnel de novembre 1986 (91%).

Le remaniement ministériel du 3 décembre 1987 n'a pas touché les grands ministères mais les portefeuilles de l'Éducation et de l'Enseignement ont été regroupés en un seul ministère, confié à Pierre Sammy Mackoy. Cette nomination est intervenue alors qu'une certaine agitation régnait dans les lycées et à l'université de Bangui.

La visite en Centrafrique du ministre français de la Défense, André Giraud (14 janvier 1988), et celle du président Kolingba à Paris (15-18 février 1988) ont permis d'effacer les difficultés liées à l'arrivée au pouvoir du général Kolingba (1981) et à son absence lors du sommet franco-africain d'Antibes en décembre 1987. Paris a renouvelé son soutien à Bangui qui accepte la présence de 1 200 soldats français et de servir de base arrière pour la politique française au Tchad. Enfin, le président Kolingba a commué le 29 février 1988 la peine de mort prononcée en juin 1987 contre l'ex-empereur Bokassa en travaux forcés à perpétuité.

Au plan économique, le gouvernement a pris certaines mesures de libéralisation et d'assainissement de la fonction publique. Mais les problèmes du secteur du coton, en dépit de la hausse des cours au début de 1987, et l'importante fraude douanière ont continué de marquer négativement l'économie du pays.

Les efforts de redressement de l'économie centrafricaine ont été marqués, en mai 1988, par la signature d'un nouveau programme d'ajustement structurel avec la Banque mondiale et l'obtention, à la fin de l'année, d'un rééchelonnement à des conditions très favorables de la dette publique du Club de Paris. En 1987, la dette totale du pays était évaluée par la Banque mondiale à 585 millions de dollars.

Les pays créanciers ont ainsi fait un effort particulier, en raison des réformes accomplies par le gouvernement centrafricain (assainissement de la fonction publique et des entreprises publiques, rationalisation de la filière cotonnière).

Sur le plan politique, le processus de démocratisation s'est poursuivi avec la tenue d'élections municipales au suffrage universel direct (mai 1988), alors que maires et adjoints étaient jusque-là nommés par le chef de l'État. Le septième anniversaire de l'arrivée au pouvoir du général André Kolingba a été célébré le 1er septembre 1988 dans la discrétion, sans aucune déclaration officielle.

Lors de sa visite en RFA en novembre 1988, le chef de l'État a affirmé que les progrès réalisés par son pays dans la voie de la démocratie devraient permettre une reprise des échanges commerciaux bilatéraux, en baisse ces dernières années.

Dans son message à la Nation prononcé à l'occasion du Nouvel An 1989, le général Kolingba a invité les Centrafricains à défendre et à respecter les institutions du pays, mettant ainsi l'accent sur la nécessité d'une plus grande stabilisation du régime.

En janvier 1989, la République centrafricaine (RCA), comme sept autres pays africains, a renoué ses relations diplomatiques avec Israël, rompues depuis 1973. Elle les a suspendues avec le Soudan qui avait interdit le survol de son territoire à l'avion du chef d'État centrafricain, le général André Kolingba, alors qu'il se rendait en visite officielle en Israël, en mai 1989. Cette décision a été accompagnée de la fermeture des frontières entre les deux États. Les relations entre la RCA et le Soudan étaient étroites et de nombreux Soudanais résident en Centrafrique. La visite en Israël du général A. Kolingba a néanmoins eu lieu en juillet 1989. Cet incident s'est terminé avec le rétablissement des relations diplomatiques avec Khartoum en septembre 1989.

Sur le plan économique, la restructuration de la fonction publique a été lancée avec comme objectif la diminution de 10% des effectifs (2 000 postes sur un total de 20 000). Des aides au départ volontaire de fonctionnaires ont été instaurées afin d'encourager leur reconversion dans la création de PME. Le budget pour 1990 s'est élevé à 103,3 milliards de francs CFA, contre 100 milliards l'année précédente. La santé et l'éducation ont bénéficié d'une hausse de 10% de leurs dotations. L'aide extérieure et l'annulation par la France de la dette publique devaient permettre de couvrir le déficit budgétaire.

Sur le plan politique, une session extraordinaire du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC, parti unique), réunie en mai 1990, a rejeté l'idée du multipartisme mais a décidé une révision de la Constitution en vue de la nomination d'un Premier ministre. Un remaniement du gouvernement, le 5 juin 1990, a créé le poste de ministre d'État chargé de la coordination de l'équipe ministérielle. D'autre part, les professeurs de l'université de Bangui ont été en grève du 20 avril 1990 au 16 mai. Ils réclamaient le rétablissement d'indemnités supprimées par le gouvernement ainsi que des primes de logement.

Selon la boutade la plus courante à Bangui, "pour l'instant seules les lettres sont ouvertes en Centrafrique". Quant au régime du général André Kolingba, il est resté fermé à toute demande de démocratisation, même si le président a déclaré, en mars 1991, qu'il n'était pas "irréductible au multipartisme".

Au sujet de sa plaque tournante militaire au coeur de l'Afrique, où sont "prépositionnés" un millier de ses légionnaires, la France a également montré peu d'empressement réformiste. Au Quai d'Orsay (ministère des Affaires étrangères), la Centrafrique est toujours le seul État "suivi" par un colonel...

Soutenue à coups de rallonges budgétaires par la France, l'ex-métropole coloniale, "Bangui-la-bureaucrate" a vécu coupée du reste du pays, réduite à un hinterland d'autosubsistance et de trafic de diamants. Le 20 mars 1990, l'opposant François Guéret, sorti de la tristement célèbre prison de Ngaragba en décembre 1986, a adressé une première "lettre ouverte au Président". Des reproches de "gabegie" et de "favoritisme" ont été repris, en des termes moins vifs, le 15 mai 1990, dans une seconde "lettre ouverte", cosignée par près de mille personnalités. Résultat: bon nombre d'entre elles ont été rayées de la fonction publique et un procès a été intenté contre Me Nicolas Tiangaye pour "faute professionnelle".

Le 13 octobre 1990, la colère populaire a explosé dans les rues de Bangui, après l'intervention brutale des forces de l'ordre lors d'un meeting tenu par le Comité de coordination pour la convocation d'une conférence nationale. Après deux jours d'émeutes, le calme a été rétabli. Provisoirement.

La République centrafricaine ne vit plus officiellement en régime de parti unique, mais depuis qu'il a exprimé, le 31 août 1991, son accord pour l'organisation d'un grand débat national, le général André Kolingba, le chef de l'État, n'a cessé de retarder les échéances. Il a reçu en septembre 1991 les représentants de l'opposition, qui est notamment animée par Abel Goumba et regroupée dans le Comité de coordination pour la convocation d'une conférence nationale (CCCCN); il a nommé en octobre un médiateur entre les pouvoirs publics et les partis politiques et annoncé le retour aux libertés syndicales pour le 1er novembre. Elles avaient été suspendues le 6 juillet 1991 par un décret du Premier ministre, confronté à une longue grève du secteur public (d'avril à juillet) et du secteur privé (juin), et à des opérations "villes mortes", à l'initiative de l'Union syndicale des travailleurs centrafricains et de la Coordination des élèves et étudiants.

Des manifestations pour l'amnistie générale et la convocation d'une conférence nationale, qui ont fait plusieurs victimes à partir d'août 1991, ont rythmé une vie politique du pays apparemment bloquée. Pour le chef de l'État, peu sensible aux pressions de l'épiscopat, "le peuple centrafricain ne doit pas suivre servilement les autres". Le 11 mai 1992, le général Kolingba a signé un décret portant création d'une commission nationale préparatoire au "débat national", sans tenir compte du contenu des 72 jours de négociations avec l'opposition.

Minée par les grèves, l'économie de la Centrafrique s'est dégradée: 50% à 80% de la production de diamants commercialisée en fraude, déclin de l'exploitation forestière, du café et du coton. Semblant ignorer l'existence des forces démocratiques, la France, premier partenaire commercial, a maintenu 1200 parachutistes dans les bases de Bangui et de Bouar. Elle a apporté plusieurs aides budgétaires exceptionnelles en 1991, pour le paiement des salaires, et le colonel français Jean-Claude Mansion est resté à la tête de la garde présidentielle qu'il a dirigée pendant toutes les années quatre-vingt, contribuant à la montée d'un réel sentiment anti-français dans le pays.

Le président centrafricain a finalement été victime de l'alternance au pouvoir en... France. Deux mois après les législatives françaises qui, en mars 1993, ont consacré le retour de la droite au gouvernement, le général André Kolingba a dû accepter, sous la contrainte, une échéance électorale maintes fois repoussée auparavant. Le premier scrutin présidentiel pluraliste en Centrafrique, après une tentative avortée le 25 octobre 1992 en raison d'irrégularités notamment à Bangui, a été fixé au 22 août 1993 à la suite d'une intervention résolue, début juin, du nouveau ministre français de la Coopération, Michel Roussin.

Créant un précédent dans l'histoire du "pré-carré" africain de la France, celui-ci a imposé la nomination, à Bangui, d'un "représentant spécial de la France", Michel Lunven, pour la période transitoire vers la démocratie. Mettant fin à leur rivalité, il a ainsi renvoyé dos à dos - à Paris - l'ambassadeur Alain Pallu de Beaupuy, en poste durant un an seulement, et le "marabout blanc" du président Kolingba, le colonel Jean-Claude Mantion, pendant treize ans chef de la garde présidentielle et, selon l'opposition centrafricaine, "proconsul" de la France à Bangui.

Hostile à la démocratisation du régime, André Kolingba n'a cessé d'y opposer sa résistance passive: acceptant du bout des lèvres le multipartisme, en avril 1991, il a d'abord retardé son application, puis ramené à un "grand débat national" - boycotté par la Confédération des forces démocratiques (CFD) du professeur Abel Goumba - la revendication d'une conférence nationale souveraine. Cependant, dans l'incapacité de rémunérer ses fonctionnaires, voire son armée, il a finalement dû accepter les conditions attachées au versement du "loyer" que la France continue à payer pour sa plaque tournante militaire au coeur du continent où restent "prépositionnés" 1500 légionnaires.

La situation économique a continué de se détériorer en 1993. Le Comptoir national du diamant a dû cesser ses activités, tandis que le commerce informel et les importations frauduleuses continuaient de s'imposer, rendant inopérantes les tentatives des bailleurs de fonds pour relancer des industries locales, tel le textile. L'évasion fiscale croissante a placé l'État dans l'impossibilité de payer les salaires des 19 000 fonctionnaires. Dans ce contexte, la dévaluation du franc CFA, le 12 janvier 1994, a été accueillie avec scepticisme par le gouvernement qui ne pouvait y voir d'effet positif à court terme. Pourtant la Centrafrique assure son autosuffisance alimentaire, sa population étant essentiellement rurale. Sa dette extérieure, relativement faible, lui a permis de garder le contact avec les organisations financières internationales.

Les complications politiques et sociales liées à cette situation de crise ont été étroitement suivies par la France qui accorde à cet État un intérêt stratégique tout particulier, du fait des deux bases militaires de Bangui et de Bouar où elle entretient une force de 1 200 hommes en alerte permanente, véritablement dissuasive dans la région car constituant un réservoir d'intervention à brève échéance.

Après avoir tout tenté pour proroger son mandat expiré en novembre 1992, le président André Kolingba a dû se résoudre à accepter le verdict des urnes, le 22 août 1993: il n'est arrivé que quatrième (avec 12% des voix) à l'issue du premier tour. Le ministère français des Affaires étrangères avait dû peser de tout son poids, suspendant immédiatement la coopération pour qu'il s'incline.

 

Source : extrait dans L'état du Monde 1981-1998 par Olivier Bain et Jean Marc Liotier

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