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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 23:43

 

 

 

Bonne année 2012

 

 

kabila-et-Tshisekedi.jpg

 

 

merdier dans un centre électoral RDC

 

 

merdier électoral au Katanga RDC

 

merdier électoral RDC 10

 

troubles RDC 3

 

 

troubles postélectoraux RDC

 

 

Kin

 

 


Le carnet de Colette Braeckman 2 janvier 2012


Samedi, le chef de l’Etat congolais Joseph Kabila, réélu à l’issue d’un scrutin contesté, a appelé  à la «cohésion nationale» pour faire de la République démocratique du Congo (RDC) un pays émergent, alors que son principal rival Etienne Tshisekedi se considère toujours «président élu».   Alors que le résultat  des élections législatives n’est toujours pas connu, désaccords et tensions persistent. Quelques questions…


1. La saga des élections congolaises s’est-elle terminée avec la victoire de Joseph Kabila (48,95% des voix contre 32,23 % pour Etienne Tshisekedi) ?


Certainement pas : contestant les trois millions de suffrages qui le séparent du vainqueur, Etienne Tshisekedi   a prêté serment à son domicile. Mais surtout, le dépouillement   des élections législatives (500 places à l’Assemblée, 18.000 candidats) se poursuit. La Commission nationale indépendante a repris le décompte et attend l’arrivée d’experts britanniques et américains, dont la présence a été souhaitée afin de réduire de prévisibles contestations.


2. L’adoption d’un scrutin à un tour a-t-il faussé le jeu ?


Ce changement de la constitution, voté par une majorité au Parlement, a favorisé le candidat Kabila face à ses adversaires. Mais les chiffres démontrent que si l’opposition avait réussi à s’unir sur une candidature commune, elle aurait pu l’emporter.


3. Quels ont été les points positifs de la campagne ?

 

La communauté internationale n’ayant pas tenu ses promesses en matière de financement, les Congolais se sont “ approprié “ ce deuxième scrutin. Refusant  tout délai, (avec négociation à la clé) ils ont géré son organisation ; 32 millions d’électeurs ont été enrôlés sur 64.000 bureaux de vote, 63.400 ont fonctionné, les dates ont été respectées, les électeurs ont fait preuve de sérieux, 500.000 personnes ont été mobilisées comme témoins.


4. Quelles ont été les points critiques

 

Il n’y a pas eu de consensus sur le fichier électoral et les listes électorales ont été publiées tardivement. Les «absents» des listes ont été autorisés à voter  sur le lieu de leur enrôlement ce qui a gonflé certains  bureaux qui ont dû être réapprovisionnés en bulletins vierges (une circulation qui a ravivé les soupçons) et beaucoup d’omis se sont découragés.


La disproportion des moyens en présence a favorisé le candidat Kabila qui s’était préparé depuis longtemps : accès aux médias, financement de la campagne, soutien des gouverneurs et des administrations locales.

La  campagne et le déroulement du scrutin ont été marqués par la tension et la suspicion:   diffusion de fausses informations (ne pas utiliser les stylos mis à disposition des électeurs car l’encre pourrait s’effacer…), attaque de bureaux de vote et incendie des urnes, intimidations et passage à tabac de personnalités, piratage du site de la Ceni et proclamation  de la victoire de Tshisekedi 24 heures après le vote, bien avant la fin du comptage, multiplication des provocations afin de pousser les forces de l’ordre à la répression,  répliques meurtrières  et excessives des forces de sécurité.

 

5. Comment s’est passé le dépouillement des votes ?


Contresignés par les témoins des partis politiques et de la société civile, affichés immédiatement dans les bureaux de vote, les procès-verbaux  peuvent être considérés comme corrects reflétant les résultats réels  et ils ont servi à la compilation.. Dans les centres de compilation où ont été acheminées les urnes, les bulletins, nécessaires à un  recomptage éventuel, ont été stockés dans le plus grand désordre qui a alimenté la mauvaise impression générale.  Dans certains centres, les résultats définitifs ont été envoyés à Kinshasa avant d’être publiés; les observateurs internationaux n’ont pas eu accès au centre de compilation de la capitale. Des  discordances ont été relevées entre les résultats découlant de la compilation et les PV initiaux.


6. Quels furent les verdicts ?

 

La Cour Suprême de Justice (renforcée par des magistrats nommés par le président à la veille des élections) a validé le vote et débouté le candidat Vital Kamerhe qui avait déposé un recours, mais les arrêts de la Cour n’ont pas été communiqués aux observateurs internationaux.


Promues au rang d’arbitres, les missions internationales d’observation (Centre Carter, Union européenne) qui, faute d’effectifs avaient du se limiter aux villes et agglomérations, ont conclu au manque de transparence  et relevé de nombreuses irrégularités, alors que les Africains validaient le scrutin. Malgré leurs  critiques, les  observateurs n’ont  cependant jamais remis en cause l’ordre de classement  des candidats et s’ils ont dénoncé les “irrégularités” ils ont  rarement  utilisé le mot fraude, dans  leurs premiers rapports en tous cas…. .   Seul l’archevêque de Kinshasa, Mgr Monsengwo a déclaré à titre personnel  que le résultat final “ qu’il n’était conforme ni à la vérité ni à la justice “ mais par la suite, les calculs sur lesquels il se fondait, entre autres à Kinshasa, ont été démentis et il est apparu que, même s’ils avaient été vrais ils n’auraient pas pu modifier  l’écart entre les deux premiers candidats.


Etienne Tshisekedi, qui s’était proclamé “ président du peuple “ avant même le dépouillement, n’a pas reconnu sa défaite et  n’a pas désavoué les “ combattants “ de la diaspora qui ont multiplié manifestations violentes et agressions. Une nouvelle forme de lutte politique a été inaugurée par une diaspora frustrée de ne pouvoir voter au pays: vandaliser les  pays d’accueil et agresser des personnalités congolaises de passage, comme le président du Sénat Kengo wa Dondo.

 

7. Quelles sont les leçons du scrutin?

 

Sur le plan international, les critiques des observateurs  et les manifestations de la diaspora   ont entamé la légitimité de Joseph Kabila, altéré son image, augmenté les risques de déstabilisation, malgré le soutien des voisins africains. Sur le plan national, en dépit des chiffres favorables au  président sortant, le vote apparaît comme une sanction; il exprime l’aspiration au changement, le désaveu de la corruption au sommet de l’Etat, l’exigence de voir les cinq chantiers de la reconstruction déboucher sur  une réelle amélioration  du niveau de vie


8. Quel sera le message des législatives?


Au  vu des premiers résultats, il apparaît déjà que de nombreux “ caciques “ du pouvoir sortant ne seront pas réélus ; que le parti de Tshisekedi représentera une masse significative de députés, qui pourraient modérer le radicalisme de leur leader ; que de nombreux candidats, présentés par de petites listes indépendantes, ont séduit les électeurs. La  future Assemblée sera sans doute plus difficile à manœuvrer…

 

9. Peut-on parler de «printemps congolais?


Probablement pas : la contestation croissante risque d’accentuer les tentations répressives, le verrouillage de la presse, l’intimidation des opposants, de radicaliser plus encore une diaspora  infiltrée par des groupes violents. Seule l’ouverture d’un “ sixième chantier “, celui de la moralisation du régime et de l’amélioration des conditions sociales, pourrait inverser le courant. A l’entame de son deuxième et dernier mandat, le  président Kabila,  aura-t-il les moyens, humains, politiques, économiques,  d’un véritable changement?

 

 

 

NDLR : Pour cette mascarade électorale en RDC, selon nos informations, le candidat de François Bozizé fut Vital Kamehre pour qui il a mis à contribution certains opérateurs économiques de Bangui, pour la plupart d'entre eux, membres du comité des sages du KNK, qui ont réuni la coquette somme de 500 000 euros qu'il a envoyée remettre en main propre à Kinshasa à Vital Kamehre. On peut donc pourquoi Bozizé qui est convaincu que Kabila s'entendrait avec les anciens mobutistes pour le renverser du pouvoir, s'est plutôt fait représenter à la cérémonie de prestation de serment de ce dernier par Célestin Leroy Gaombalet.

 

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