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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 00:21

 

 

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OH ! CENTRAFRIQUE...

 

Dans un ultime appel à l'aide au bénéfice du Centrafrique, Médecins Sans Frontières fait un bilan accablant et sans complaisance de l'état de santé dans ce pays au bord du gouffre. C'est une sonnette d'alarme tirée pour réveiller les consciences, avant qu'il ne soit trop tard. Ce réveil des consciences n'est pas seulement adressé aux habituels bailleurs de fonds courant souvent au secours du malade Centrafrique, mais il est aussi un appel adressé au peuple centrafricain, dans la prise en main de sa propre survie.

 

Si entre autres choses importantes MSF se permet de dire sans ambiguïté que « Si le gouvernement maîtrise la situation à Bangui et dans les préfectures voisines, il n’exerce aucun contrôle sur une grande partie du pays, où règne l’impunité. Sans aide extérieure, le système de santé ne fonctionnerait tout simplement pas. » c'est pour montrer aux yeux de chacun l'impuissance et l'incapacité du gouvernement à assumer les responsabilités élémentaires, mais fondamentales, qui sont les siennes.

 

Par ailleurs, MSF ajoute : « …de nombreuses tentatives d'aide au pays ont été durement entravées, sinon empêchées par la corruption et le manque de capacité. Observés à différents niveaux, des dysfonctionnements empêchent toute forme de service médical, y compris la distribution de médicaments, la qualité des soins et l'obligation de rendre des comptes pour le système, et rendent difficile toute aide internationale. »

 

Au vu de ces éléments relevés par MSF, il apparaît très clairement que parmi les causes de la détérioration des conditions de santé en Centrafrique, l'impuissance, l'incapacité du gouvernement et les dysfonctionnements des services publics occupent une place prépondérante.

 

Dans un pays où la gouvernance est une affaire de famille, l'on ne peut guère s'étonner devant un tel constat. Et il n'y a qu'en Centrafrique qu'on ne s'étonne plus de rien, car l'irrationnel est devenu rationnel. C'est pourquoi,

 

-        Sans le moindre scrupule, le Président de la République élève son rejeton au grade de colonel, en fait son ministre de la Défense, en ignorant royalement qu'un soldat, aussi aguerri fût-il, ne fait pas forcément un bon ministre de la Défense. Mais ici, les liens du sang obligent.

-        Sans le moindre scrupule, le Président de la République fait de son neveu, fidèle compagnon de rébellion, ministre des mines puis ministre des Finances, en dépit de son ignorance et de ses incompétences notoires. Les liens du sang obligent encore.

-        Sans le moindre scrupule, le Président de la République nomme au poste de Premier Ministre, une silhouette, un cliché dont on ignore l'image réelle. Les liens du sang n'y sont pour rien, mais une autre raison explique cette nomination.

-        Sans le moindre scrupule, le Président de la République marche sur les cadavres de ses opposants, empêche ceux qui vivent encore d'exprimer leurs inquiétudes et met en place une Assemblée Nationale composée d'hommes muets car aux ordres. Ici, ce n'est plus une affaire de famille car ici,  la Constitution est devenue le tapis rouge sur lequel on marche pour entrer au Palais.

 

Alors, quand vous avez un ministre de la Défense qui porte des « rangers » plus grands que ses pieds, vous aurez beaucoup de mal à avancer. Vous aurez beaucoup de peine à assurer la défense de votre territoire car votre ministre passera son temps à s'occuper de ses chaussures.

 

Vous ne pouvez pas être étonné de savoir que votre ministre des Finances, qui a un parcours sinueux et douteux, n'aura pas la confiance des interlocuteurs censés discuter avec lui et ne pourra obtenir son visa à temps pour se rendre dans les lieux où se prennent les grandes décisions. C'est dire tout simplement qu'il ne mérite pas de s'asseoir à la même table que ces éminents interlocuteurs.

 

Si votre Gouvernement, à travers son Tout Premier Ministre, n'est pas capable de présenter on programme, de faire le bilan de ses activités en expliquant les réussites et les échecs de ces mêmes activités, on peut applaudir MSF, pour le travail qu'il fait à la place de ce gouvernement.

 

L'Assemblée Nationale, dont la fonction n'est pas seulement de voter les lois, devait comprendre qu'elle doit aussi contrôler l'action gouvernementale car le vote du budget suppose aussi son contrôle. Ainsi, elle doit savoir que les ministres ont le devoir de lui rendre compte de leurs activités. C'est dire que lorsque des rebelles étrangers pénètrent sur le sol de Centrafrique et y font des exactions, l'Assemblée doit demander des explications au Ministre de la Défense, si ce n'est au Premier Ministre, qui ne doit pas s'y dérober. C'est dire que lorsqu'un Ministre déclare que « les caisses sont vides », l'Assemblée doit s'enquérir auprès du Ministre des Finances.

 

Quand un Premier Ministre reste muet face aux grandes difficultés que rencontre son pays et si le Président lui-même « roupille » sur ses deux oreilles, ou s'agite un peu, c'est qu'il y a problème. Et le peuple doit savoir ce qui se passe.

 

Et ce qui se passe, c'est tout simplement l'incapacité du régime, son aveu d'impuissance qui se révèle dans tous les domaines, chaque jour.

 

Le Ministre de la Défense  ou plus précisément l'homme chargé de surveiller l'Armée et dont la mission n'est pas de protéger le territoire, n'a le regard que sur le petit groupe d'hommes sous sa responsabilité. Lui-même sait de quoi il est responsable, et beaucoup de centrafricains aussi le savent. Ils le savent quand ils voient les Généraux de l'Armée sillonner les rues de Bangui avec des véhicules blindés intouchables et frappés des étoiles de leur grade, comme s'ils célébraient l'invasion de la LRA et des troupes de BABA LADDE dans un territoire sans Armée. Ils le savent quand ils sont eux-mêmes braqués par des hommes en uniforme, dont ils ignorent le corps. Ils le savent quand ils vont à l'hôpital voir les corps de leurs parents tués lors des embuscades tendues par des voleurs de grand chemin.

 

Le Ministre des Finances sait pourquoi il est là et n'attend que son heure. Ce n'est pas sans raison qu'il s'est permis  de demander à la population de Berbérati, où il s'est présenté comme candidat usurpateur, d'attendre plus tard pour célébrer le 1er Décembre, fête nationale qui pourtant doit être célébrée le même jour, par tous les centrafricains. Lui seul peut se le permettre, vu la cécité et la défaillance du souverain. Si la mortalité infantile ronge avec acuité la région de la « Haute-Sangha », nous préférons encore l'histoire à la réalité d'aujourd'hui, pour s'étendre inexorablement à d'autres régions du pays, à qui le doit-on, si ce n'est à l'ancien ministre des Mines aujourd'hui ministre des Finances.

 

En démantelant les maisons d'achat de diamants pour accaparer l'exclusivité de l'achat de ces pierres précieuses, n'a-t-il pas mis au désœuvrement ces acteurs inlassables qui permettaient aux paysans d'avoir des ressources pour vivre honorablement ? De là à penser que 'il l'a fait, non pas seulement pour la simple raison de s'enrichir tout seul, mais pour mettre en même temps ces populations de Berbérati, Carnot et Nola dans l'état de misère qu'elles connaissent aujourd'hui et qu'elles doivent partager avec les autres populations centrafricaines, il n'y a pas deux pas à faire. N'DOUTIGAÏ, en se présentant comme candidat à la députation à Berbérati n'a pas mieux fait que d'insulter les gens de cette région qu'il « croyait » représenter, mais il a en même temps montré qu'il pouvait disposer de leurs vies ( car pour lui, elles n'ont personne pour parler à leur place) et ce qui leur arrive aujourd'hui n'est nullement surprenant.

 

Dans un avion où l'on ne sait plus s'il y a un pilote ou qui est le pilote, il ne reste aux passagers plus qu'à s'alarmer. Et s'alarmer, c'est voir le danger en face et tout faire pour l'éviter.

 

Le Centrafrique ne mérite pas d'aller à la catastrophe, c'est pourquoi les centrafricains doivent prendre leurs responsabilités car l'heure est grave. Nos enfants meurent par manque de soins. Nos enfants meurent parce que nos dirigeants sont dépassés et impuissants. L'heure est à l'action, l'indifférence face à la catastrophe que vivent nos populations est une caution portée au régime actuel.

 

Trop c'est trop ! Ne soyons donc pas indifférents à la disparition imméritée des nôtres, car si d'autres peuvent s'émouvoir de nos misères, il nous appartient, nous en premier,  de chercher à en trouver les remèdes.

 

Merci MSF, de pleurer nos morts, si ce n'est notre propre MORT !

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion