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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 01:53

 

 

 

 

Adrien-Poussou-avec-Yamina-Benguigui.JPG

 

La ministre Yamina Benguigui ici avec Adrien Poussou d'Afrique Nouvelle

 

 

 

Mensuel AFRIQUE NOUVELLE  www.afriquenouvelle.fr  nov 2012

 

Le rideau est tombé sur le 14ème sommet de la Francophonie, à Kinshasa, dimanche 14 octobre. Entre la « normalité » de François Hollande et la « réélection contestée » de Joseph Kabila, on s’attendait à ce que la rencontre sauve les meubles en condamnant fermement l’agression de la RDC par l’un de ses voisins…

 

« Vous avez vu comment il me regardait à New-York pendant la réunion sur la RDC ? » Ce 4 octobre, peu après midi, Yamina Benguigui, ministre français déléguée à la Francophonie parlait sur un ton faussement badin, du regard haineux lancé par le président rwandais, Paul Kagame, quand elle avait rappelé en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, la position de la France sur la situation à l’est de la République démocratique du Congo. Avec l’air théâtral et le sourire désarmant qu’on lui connaît, la ministre avait indiqué, le matin même, au cours d’une conférence de presse au Centre d’accréditation de la presse étrangère (CAPE), qu’au-delà des thèmes officiels à l’ordre du jour du sommet de la Francophonie, « tout [serait] débattu » à Kinshasa  avant de condamner « tous les soutiens extérieurs aux rebelles du M23 ». Elle avait demandé à ses services de distribuer aux journalistes présents son discours prononcé à  New-York, dans lequel elle dénonçait « l’agression de la RDC », comme pour signifier à la terre entière que Paris ne se résignait pas à laisser faire le Rwanda au Nord-Kivu. En clair, elle apportait ainsi un soutien public aux autorités congolaises, s’alignant sur leur position. Certains avaient cru ou voulu croire qu’à Kinshasa, on sortirait de la mollesse tant reprochée à la Francophonie pour admettre sans ambiguïté dans une résolution que le Rwanda devait cesser ses agissements compromettant dangereusement la paix dans la région des Grands Lacs.

 

Bisbilles et échanges épistolaires

 

Mais rien de tel ne s’est produit à Kinshasa. Mieux, quand le président français est monté au pupitre de la plénière, il a commencé son discours en saluant Abdou Diouf, le secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), mais sans prononcer une seule fois le nom de Joseph Kabila, son hôte. C'est dire l'état d'esprit de François Hollande, dont la rencontre avec le président congolais fut courte : 35 minutes au total. Joseph Kabila a attendu son hôte sur le perron du palais de la Nation. « Bienvenue à Kinshasa », a-t-il dit. « Merci de m'accueillir », a répondu le président Hollande. La poignée de main fut brève, furtive. Service minimum. Et puis, dans les longs couloirs menant au salon présidentiel, le président français a ostensiblement affiché un visage fermé. Il souhaitait rester sur sa ligne de conduite : « Je dis ce que j'ai à dire en toute franchise. Je le dis en face et à qui de droit ». Pour quel résultat ? D’ailleurs, certains observateurs ont indiqué que la baisse de popularité du président français n’était pas étrangère à son attitude. Car, comment pouvait-on adopter une position de fermeté lorsque le principal concerné était ainsi snobé ? Certes le président français a été ovationné, notamment, lorsqu'il a prononcé cette phrase : « Je veux réaffirmer que les frontières du Congo sont intangibles et doivent être respectées ». Mais cela reste du domaine de la rhétorique politicienne, souvent inefficace. Alors que quelquefois, certains gestes sont beaucoup plus parlants que des paroles. Pas étonnant que dans son discours, en guise de réponse à son homologue français, Joseph Kabila ait rappelé « la complaisance de la communauté internationale avec la dictature prédatrice de Mobutu », estimant que « la restauration de l'autorité de l’État et la démocratisation étaient une œuvre de longue haleine ». Échange à fleurets mouchetés entre les deux hommes. Au final, Joseph Kabila a dû revoir ses calculs, lui qui espérait tirer un avantage politico-diplomatique de la tenue de ce sommet dans sa capitale afin de ripoliner son image qui a pris un sacré coup de grippe depuis sa réélection contestée. Il avait miser sur la tradition diplomatique qui permet à un  hôte de s’abstenir  d’évoquer les sujets qui fâchent. Que nenni. Kabila a dû revenir de ses illusions,  puisque le président français a fait fi des règles diplomatiques en exigeant des autorités congolaises le respect des droits humains.  Outre le président français, les premier ministres du Canada, Stephen Harper et surtout du Quebec, Pauline Marois - qui a refusé délibérément de rencontrer Joseph Kabila - , n’étaient pas non plus disposés à faire usage de la langue de bois. Ils ont rappelé que le président congolais était « mal élu » qu’il n’est pas possible de s’accommoder de son régime où il n’y a pas de place pour les libertés fondamentales et surtout le respect des droits de l’homme.

 

Manque de consensus

 

Quoi de plus normal que chaque mot de la résolution consacrée au conflit du Nord-Kivu ait été minutieusement pesé pour finalement appelé mollement le Conseil de sécurité des Nations unies à « adopter des sanctions ciblées contre tous les responsables des exactions commises » dans l’est de la République démocratique du Congo. Le texte initial encourageait le gouvernement congolais à « poursuivre en justice les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. » Il visait notamment les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), soutenus par le Rwanda, qui contrôlent une partie du Nord-Kivu. En l'absence du président rwandais, Paul Kagamé, la ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a rejeté ces deux passages. Selon les règles de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), une résolution devait être adoptée par consensus. Ce ne fut pas le cas cette fois-ci.

 

À l'ordre du jour également de ce sommet, il faut souligner l'adhésion à la Francophonie de l'Uruguay... et du Qatar qui, décidément, déploie une diplomatie d'influence tous azimuts. Quant au 15ème sommet en 2014, il se tiendra au Sénégal. Après douze années en fonction, ce sera le dernier sommet de l'ancien chef d'État sénégalais, Abdou Diouf. « Nous ressentons cette marque de confiance comme un hommage à l’œuvre de Léopold Sédar Senghor et à l'action d'Abdou Diouf », a déclaré le président sénégalais, Macky Sall. « Je vous remercie », a répondu Abdou Diouf. C'est la première fois qu'il s'adressait publiquement à l'un de ses successeurs...

 

Quant au respect de l’intangibilité des frontières de la République démocratique du Congo, il peut attendre pendant que tranquillement installé dans son nouveau fief du Rutshuru, le fameux M23 établit une administration parallèle des plus complètes pour piller les richesses de la Rd-Congo.

 

François Élonga

 

 

Hollande a rencontré les opposants congolais

 

Il souhaitait rencontrer l’Afrique à petits pas. Mais l’évidence s’est imposée et a accéléré son initiation. Sa tournée africaine n’a fait que le prouver, car largement dominée par les crises dans le nord du Mali et dans l'est congolais. Durant son séjour à Kinshasa, François Hollande s'est entretenu avec le président congolais, Joseph Kabila, dans une atmosphère très fraîche, mais aussi avec les membres de l’opposition congolaise. Cela a été l’occasion pour lui de toucher du doigt l’inorganisation mais aussi la division des opposants africains. Hollande avait commencé sa visite kinoise en rencontrant Joseph Kabila. Il l'a terminée en recevant son adversaire à la présidentielle Étienne Tshisekedi. Mais ce dernier ne veut y voir aucun symbole. Ce n'est pas de la France qu'il attend une quelconque légitimité.  « La légitimité au Congo ne peut venir que du peuple congolais, a-t-il expliqué. En France, je ne sais pas si quelqu'un d'autre peut venir d'en dehors pour légitimer qui que ce soit. C'est exactement la même chose que chez nous ». Et l'opposant de continuer : « C'est passé, le temps où nous étions encore des mineurs d'âge, où l'on venait de l'extérieur nous imposer n'importe quoi. C'est terminé : le peuple congolais est mûr, maintenant il est capable de se prendre en charge, il n'a pas besoin d'être légitimé par l'extérieur ».  Contrairement aux autres dirigeants de l'opposition que le président français avait rencontrés dans la matinée, Étienne Tshisekedi a été reçu en tête-à-tête à la résidence de France, eu égard à son statut d'ancien candidat à la présidentielle, selon l'Élysée. Le chef de l'État français, très critique sur l'état de la démocratie au Congo-Kinshasa, a cru appuyer son message en rencontrant celui qu'il appelle « l'opposant historique ».

F.E 

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