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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 01:59

 

 

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Vendredi dernier, une marche à laquelle beaucoup n’ont pas prêté attention à Bangui a réuni moyennant une recette que le pouvoir de Bozizé sait user avec talent, sans doute quelques espèces sonnantes et trébuchantes distribuées à de jeunes désoeuvrés et autres crève la faim du quatrième arrondissement de Bangui, s’est déroulée depuis cet arrondissement pour s’achever à l’Assemblée nationale.

Ces « jeunes marcheurs » dans le cortège duquel avait également participé Elie Oueifio l’ancien ministre de l’Administration du territoire et actuellement Secrétaire général du KNK et de la Présidence, dissimulé dans un 4x4 sans plaque d’immatriculation, auraient dit-on, en l’absence du président, remis au 2ème vice président de l’Assemblée nationale, un mémorandum dans lequel les marcheurs exigeraient que les élections en Centrafrique soient repoussées en l’an 2015, afin de permettre que le programme DDR soit totalement réalisé et que le pays soit également réellement pacifié.

Ils demanderaient en outre dans ledit mémorandum, que la Constitution fasse encore l’objet d’une révision, pendant qu’ils y sont autant le faire, pour faire sauter le verrou actuel qui prescrit que le mandat du président de la République n’est renouvelable qu’une seule fois, disposition incompatible avec la volonté prêtée à sieur Bozizé de mourir au pouvoir comme d’autres potentats ailleurs en Afrique notamment. On le voit, Bozizé et sa clique veulent profiter de la dynamique de leur coup de force contre la Constitution pour la réviser de fond en comble afin d’expurger tout ce qu’elle contient de restrictif et de gênant pour lui.

Derrière cette marche de jeunes, les organisateurs et tireurs de ficelle ne seraient autres que Jean Francis Bozizé et certains ex fondateurs de Convergence comme Jean-Eudes Téya, Michel Koyt, Mahamat Tahir, pour ne citer que ceux-là, qui avaient été entre temps mis quelque peu sur la touche au profit du KNK et qui reviennent en force actuellement. Chaque fois que Bozizé veut effectuer un passage en force, il envoie des ballons d’essai pour tester le terrain. Il en fut ainsi lorsque, contrairement à ses premières promesses au lendemain de son putsch du 15 mars 2003 de ne pas se présenter aux élections devant permettre de renouer avec une situation constitutionnelle normale. Une grotesque « marche populaire » prétendument spontanée avait été  orchestrée pour exiger qu’il soit candidat à la présidentielle.

A présent, il revient maintenant à l’opposition de mettre aussi dans la rue ses propres partisans et militants pour protester contre le coup d’Etat constitutionnel que Bozizé, par l’intermédiaire des membres de la cour constitutionnelle et des députés, viennent de réaliser en votant leur loi anticonstitutionnelle prorogeant le mandat à Bozizé. Pourquoi en effet, seuls les partisans de Bozizé auraient-ils le droit de s’exprimer librement dans ce pays ? Cette même Constitution dont Bozizé prétend à tort et à travers en être le garant ne prescrit-elle pas la liberté d’expression, d’opinion et autres, aux citoyens centrafricains ?

Cette prétendue marche trahit la volonté politique inavouable de Bozizé et ses partisans, celle de demeurer ad vitam aeternam au pouvoir comme bon lui semble sans obligation de passer de temps en temps par les urnes. Pourquoi avant son coup d’Etat constitutionnel, était-t-il si pressé d’aller aux urnes ? Pourquoi l’achèvement du DDR lui importait si peu auparavant ? Pourquoi la sécurisation et la pacification étaient loin de constituer entre temps ses préoccupations ? Maintenant qu’il a réussi à promulguer dans la hâte une loi anticonstitutionnelle pour proroger son mandat, subitement lui et sa clique retrouvent leurs esprits et se font les grands chantres du DDR et de la pacification du pays. Ils se moquent éperdument des Centrafricains qui n’en sont point dupes et ne veulent plus continuer à supporter le dépeceur plus longtemps.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique