Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 16:09

 

 

baba laddé gl


3 janvier 2012  Makaila Nguebla

 

Depuis plusieurs décennies, la République centrafricaine est secouée par des troubles politiques et militaires répétés. Plus de deux tiers du territoire est sous le contrôle d’environ quatorze groupes armés. Ces groupes armés perpétuent des attaques sur la population civile, se rendent coupables d’extorsions, de saccages, de pillages, d’incendies, de meurtres, d’enlèvements, de viols sur l’ensemble du territoire. Les forces gouvernementales se livrent aux mêmes exactions, en violations des droits humains, dans les régions où elles combattent les groupes armés. Elles sont de surcroit responsable d’arrestations arbitraires, de disparitions forcées, d’actes de torture et d’autres mauvais traitements.


Cela fait 25 ans que la LRA, originaire d'Ouganda, mène une campagne brutale de meurtres, de viols, de mutilations, et procède à des enlèvements massifs d'enfants au centre de l’Afrique. La LRA sème la terreur en République Centrafricaine (RCA) depuis décembre 1998. Les autorités dans les régions affectées préfèrent ignorer la menace qu’il pose. Les trois dirigeants du groupe rebelle - Joseph Kony, Okot Odhiambo et Dominic Ongwen, recherchés par la CPI, sont en villégiature dans ce pays. Plus d’une année s’est écoulée depuis la signature et la promulgation de la loi américaine relative au désarmement de la LRA. Malgré tout, la structure de commandement du groupe reste intacte, et il continue ses atrocités.

 

L’absence totale de l’Etat a plongé le pays dans un état d’urgence médicale chronique. La RCA est le théâtre d’une crise humanitaire majeure. Les conditions de vie des populations continuent à se dégrader de manière constante, avec des taux de mortalité excessifs, et la malnutrition est extrêmement sévère. L’épidémie de VIH Sida est généralisée parmi la population, dont les taux de décès élevés sont également dus au paludisme, à la tuberculose et à la maladie du sommeil.


Le président BOZIZE a été réélu pour un nouveau mandat en janvier 2011, mais l’État n’est pas capable de garantir la sécurité de ses citoyens ni de ses frontières, et les différents groupes armés circulent et agissent librement dans le pays. Les conflits ont un impact considérable sur la situation sanitaire, mais également sur d’autres aspects essentiels de la vie des Centrafricains, tels que l’éducation des enfants, la production agricole, l’accès au commerce et la dégradation des infrastructures de base, telles que les routes et les ponts.

Le Général Baba Laddé est un Peul du Tchad. Il dirige un mouvement politico-militaire, le Front Populaire pour le Redressement(FPR), qui se bat contre la dictature d'Idriss DEBY Itno au pouvoir au Tchad depuis 1990. Le FPR, profitant de la faiblesse de l’armée centrafricaine et de l’absence de l’Etat, s’est installé en République Centrafricaine depuis 2008.


Le peuple le soutient car il chasse les zaraguinas (coupeurs de route) et autres bandits. Là où il s’installe, les populations se sentent protégées et vivent en paix. Il a même manifesté son souhait de collaborer avec les FACA (Forces Armées Centrafricaines), la gendarmerie, la police, l'APRD, l'UFDR, la CPJP, le MLCJ, et le FPDC pour arriver ensemble à chasser la LRA de Joseph Kony de RCA. Il ne peut en aucune manière autoriser ses troupes à commettre des exactions à l’encontre des personnes civiles non armées.

Toute information relative à Baba Laddé et à ses forces armées dans la sous-région est facile de  vérifier. Les agences humanitaires internationales travaillant sur le terrain vous parleront de leurs bonnes relations avec les rebelles tchadiens.


Mais son message de paix est transformé en message de haine. Une partie de la presse locale à la solde du régime du Général  François BOZIZE, appendice du pouvoir d’Idriss DEBY au Tchad, s’est mise à le critiquer. Ces derniers temps, on constate une multiplication des propos accusateurs rendant le Général Baba LADDE responsable de tous les maux de la Centrafrique. Et pourtant ce pays sombre depuis des décennies, et le désastre centrafricain s’étend partout, même dans les sous-préfectures qui ne sont pas en proie à des conflits et qui n’accueillent pas  un grand nombre de déplacés, telles que Carnot, Gadzi et Senkpa Mpaéré. Dans ces trois communes rurales, les taux de mortalité dépassent de très loin le seuil d’urgence.


Les autorités centrafricaines incriminent  le Général Baba LADDE dans les actes de violences en RCA parce que son action a un caractère politique qui dérange. La LRA de Joseph KONI est en train de commettre un génocide, mais le pouvoir central ne s’en occupe pas parce que ce n’est pas politique. Tant que le pouvoir de BOZIZE n’est pas menacé, le massacre du peuple centrafricain est le dernier de ses soucis. Il ne s’en prend qu’à ceux qui dénoncent sa capacité de nuisance envers le peuple de Centrafrique.


Le 1er décembre dernier, le Président centrafricain, François BOZIZE accusait les forces du FPR de piller les éleveurs peuls  dans la région.  Ces affirmations  mensongères  du chef de l’Etat centrafricain, visent à Présenter  le Général Baba LADDE à l’opinion publique centrafricaine et internationale, comme  un vulgaire bandit dont les revendications politiques  sont insensées. Le 26 décembre 2012, Abdoulaye Miskine, probablement à la solde de BOZIZE,  attaquait Baba Laddé


Les éleveurs  Peuls et Mbororo, aussi bien en RCA qu’au Tchad, sont les principales victimes des armées  et des rebelles. Ils sont tués, maltraités, mutilés. Leurs enfants sont enlevés contre de fortes rançons, et souvent tués. Leur bétail est rançonné ou tout simplement racketté. Le Général  Baba Laddé issu de cette communauté Peul, s’est fait un point d’honneur à la protéger de ces gouvernements irresponsables, largement contestés et décriés  par leurs propres peuples. 


Il est nécessaire de rappeler qu’en 2009, le Général Baba Laddé qui se trouvait à Bangui en négociation avec le régime tchadien, sous la  protection des forces étrangères de la Mission de consolidation de la  paix en Centrafrique (Micopax), a été arrêté par les autorités centrafricaines et livré à Idriss DEBY, détenu et torturé pendant une année avant de réussir à s’évader et se réfugier au Cameroun. C’est un miracle qu’il n’ait pas subit le sort dramatique de Charles MASSI, livré à BOZIZE par son compère DEBY pour être torturé et finir sauvagement assassiné. 


Sa démarche pour des négociations  de paix avec Idriss DEBY nécessite donc des garanties de sécurité suffisante au niveau sous-régional et international à travers la présence de la communauté internationale.

A qui profite le crime ? Quand les Nations Unies exhortent de nouveau la communauté internationale à soutenir le processus de désarmement, démobilisation et de réintégration des anciens combattants, quand la représentante spéciale Margaret VOGT dit « La dynamique de paix initiée entre le gouvernement et les groupes politico-militaires sont devenus une réalité et ont offert une réelle chance pour la paix dans le pays », ce ne sont que mensonges éhontés ! Elle ajoute : « Le succès des processus de DDR et de SSR va dépendre de la capacité de la communauté internationale à fournir les ressources nécessaires à leur achèvement ». Voilà comment on continue à soutenir des dictatures sanguinaires! Où sont passés les fonds alloués au processus DDR depuis l’arrivée de BOZISE au pouvoir ? Ou sont passés les fonds des Nations Unies pour la Paix qu’il gère lui-même ? Comment l'ONU peut-elle saluer une énième fois les initiatives de réconciliation en République centrafricaine ? Face à ce désordre créé par DEBY Itno et son complice BOZIZE, la France, alliée et partenaire historique qui continue à parrainer et imposer  ces dictateurs contre  la volonté populaire, doit prendre ses responsabilités pour épargner à la sous-région une flambée de violences armées dont les conséquences seraient incalculables.


Croit-on qu’en réglant le problème Baba Laddé, on règle de facto tous les problèmes de la RCA ? La soi disant communauté internationale croit-elle qu’en continuant aveuglément à injecter des fonds dans un régime agonisant elle va le sauver ? Le monde doit arrêter cet acharnement thérapeutique sur un pays en état de mort cérébrale.


La République Centrafricaine se trouve aujourd’hui dans un état de délabrement total par la faute de ses propres dirigeants et de son opposition qui se désintéressent totalement de leur pays et de sa population. Ce pays est victime de la corruption et de l’incapacité qui ont provoqué le dysfonctionnement à tous les niveaux. L’aide extérieure massive n’a pas pu améliorer le sort des populations, et n’y arrivera pas tant que le pouvoir de BOZIZE sera en place.


En attendant qu’une classe politique responsable et compétente fasse le grand ménage, le FPR du Général Baba Laddé souhaite que les militaires centrafricains et tchadiens apprennent à faire la différence entre les civils et les forces de résistances hostiles à leurs régimes.


Makaila Nguebla

Blogueur et défenseur des Droits de l’homme tchadien

 


 

NDLR : La défense des droits de l’homme ne peut être à géométrie variable. On ne peut prétendre défendre les droits de l’homme au Tchad et fermer les yeux et les oreilles sur leur violation en Centrafrique. L’auteur de ces lignes est manifestement aveuglé par son parti pris et son soutien inconditionnel à son compatriote Baba Laddé. Pourquoi ce dernier est revenu s’installer à nouveau sur le sol centrafricain après qu’il ait été livré par Bangui aux autorités de N’djaména en 2009 et surtout après son évasion et passage par le Cameroun ? Baba Laddé est parfaitement conscient de l’incapacité des autorités de Bangui où il bénéficie même paradoxalement de certains appuis et complicités au sein du gouvernement. C’est un secret de polichinelle que le ministre délégué à l’élevage Youssoufa Yérima Mandjo est son complice et soutien. Le territoire centrafricain est un véritable sanctuaire pour Baba laddé qui y est en totale sécurité. Il reçoit même les visites des autorités du pays.


Quelles agences humanitaires travaillant sur le terrain peuvent attester des bonnes relations de Baba Laddé avec les populations locales comme l’allègue Makaila ? Les habitants de Bambari, Ngakobo et certains autres villages de la Ouaka, de la Nana-Gribizi, de la Kémo et de l’Ouham qui sont régulièrement victimes des exactions des hommes de Baba Laddé ne peuvent admettre qu’on ose dire qu’elles vivent en parfaite harmonie avec Baba Laddé et ses hordes. Qu’est ce qui peut justifier les tueries et incendies volontaires de la St Sylvestre à Kabo par les hommes de Baba Laddé ? Ce sont de vrais bandits de grand chemin qui profitent de l’extrême faiblesse de l’Etat centrafricain en grande déliquescence pour commettre leurs forfaits.


La presse privée centrafricaine qui fait quotidiennement état des crimes des hommes de Baba Laddé n’est nullement à la solde du pouvoir de Bozizé pas plus que celle privée du Tchad n’est à la botte d’Idriss Déby. Les directeurs de publication et certains journalistes sont constamment sous la menace du pouvoir de Bozizé qui guette le moindre prétexte pour les jeter en prison pour crime de lèse-majesté. L'état de délabrement dans lequel se trouve actuellement concerne les Centrafricains et leurs autorités qui doivent en faire leur problème mais ne saurait regader un étranger fût-il Baba Laddé.

 

La lutte de Baba Laddé pour la cause des Peuhls, pour légitime qu’elle fût,  ne doit pas se faire sur le dos des Centrafricains des zones rurales et surtout pas par l’écoulement de leur sang. On ne peut chercher à affranchir un peuple en assujettissant un autre. Les crimes de Joseph Kony ne doivent pas servir à masquer ceux de Baba Laddé. Un crime est un crime. Qu’il soit commis par Joseph Kony ou par Baba Laddé, il doit être dénoncé et condamné comme tel. Il n’y a pas de fumée sans feu. Si Baba laddé n’a pas commis des crimes, il ne peut régulièrement  faire l’objet d’autant d’accusations. Il ne peut indéfiniment prendre en otage les populations des zones qu’il écume.  

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers