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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 02:18

 

 

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GENERAL PRESIDENT DEPUTE BOZIZE, DOCTEUR HONORIS CAUSA DE L’UNIVERSITE DE BANGUI

La nouvelle selon laquelle BOZIZE a été élevé voilà une semaine au grade de docteur honoris causa de l’Université de Bangui  n’a pas dû faire sourire beaucoup de Centrafricains, tant les actes de bouffonnerie ne manquent pas dans ce pays voué aux mains de prédateurs et de voyous de toute nature. On ne peut ne pas se demander pour quoi une telle mascarade en ces temps de crise exacerbée, de sous-nutrition généralisée dans le pays et de misère crasse que connaissent les Centrafricains et leur  pays que certains croient maudit par ses propres fils. Certains intellectuels et officiers de l’armée en portent une lourde responsabilité selon d’autres.

« Les oiseaux de même plumage volent ensemble ». Ce dicton sied à cette grotesque parodie dont l’actuel ministre de l’enseignement supérieur WILLYBIRO SAKO Jean porte l’entière responsabilité. Pour ceux qui croyaient encore à la probité intellectuelle de ce brillant commissaire de police reversé dans le corps de la magistrature, ancien ambassadeur à Paris, il vient de rappeler à la mémoire collective des Centrafricains, sa proximité trentenaire avec BOZIZE. Que ce soit au Camp militaire Fidèle OBROU où les deux étaient voisins et se rendaient ensemble à la Cour impériale de Bérengo, leurs lieux de travail …WILLBIRO n’opposait à la brutalité de BOZIZE que sa discrétion de policier.

L’histoire de ces deux amis de trente ans remonte aux années 70 où le jeune commissaire WILLYBIRO  assumait les fonctions stratégiques de sécurocrate sous le régime de BOKASSA en tant que Directeur Général de la Police Impériale relevant directement de ce dernier. Le jeune et brutal capitaine BOZIZE commandait lui la sécurité impériale, la garde prétorienne du même BOKASSA. Il était réputé féroce et fonctionnait avec l’Ogre de BERENGO de manière gestuellement efficace, obéissant à tous ses coups d’œil et gestes qui étaient en fait des instructions en général de « casse ». L’Empereur BOKASSSA avait exigé du Colonel MANDE, commandant l’Académie militaire de BOUAR l’élément le plus taré n’ayant ni le sens du questionnement et du pourquoi des choses et soumis, mais néanmoins capable d’être à la hauteur « du sale boulot » sans état d’âme. De sa promotion, BOZIZE semblait correspondre au profil demandé.

Les véritables gestionnaires des services de sécurité et donc de l’appareil répressif de l’époque étaient en effet constitués par ce duo qui a échappé comme par enchantement, à tous les procès de cette période instruit après sa chute à l’ex-empereur de Bérengo. L’armement centrafricain étant stocké à BERENGO sous l’autorité de BOZIZE, les nouvelles armes d’assaut KALACHNIKOV étaient gérées par ce dernier. Les Forces armées centrafricaines se contentant des pauvres fusils « MAS 36 » dont les percuteurs et les munitions étaient rangés sous l’œil et la vigilance de BOZIZE devenu le plus jeune général que l’armée centrafricaine ait connu pour des faits de torture.

Toute sa carrière se fera à BERENGO donc si BOKASSA est mis en cause dans des exactions, on ne pouvait ne pas questionner un tant soit peu ce duo sécuritaire infernal BOZIZE/WILLYBIRO. Des comparses ont été condamnés et exécutés. Ce fut les cas du Général Chef d’état-major des armées de l’époque, MAYOMOKOLA. Ce brave militaire a préféré se sacrifier pour protéger les « Hommes de BERENGO » BOZIZE, WILLYBIRO, MAMELEYENqui est revenu aux cotés de BOZIZE actuellement dans la garde rapprochée, BEMAKASSOUI promu général parBOZIZE et bien d’autres tortionnaires et traitres comme les Généraux MOBEBOU et YANGONGO…tous encore aux affaires. On prend les mêmes et on repart toujours sur les mêmes bases et en consolidant  le même système.

Le discours de Monsieur Le Ministre d’état Jean WILLYBIRO SACKO à l’honneur de BOZIZE est un discours de honte, véritable flagornerie qui rappelle celui prononcé naguère par le Professeur Simon BEDAYA NGARO à la naissance d’un fils de l’ex-empereur, MINDONGO GBOUNDOULOU BOKASSA par encore un brillant intellectuel.

Le Général Président Député BOZIZE est le véritable héritier de l’Ogre de BERENGO. On le voit reconstituer la fameuse prison personnelle de BERENGO où étaient détenus les prisonniers  personnels de l’empereur sous la vigilance des « Abeilles » de BOZIZE. Peu en sont sorti vivant comme le commandant Auguste MBONGO et beaucoup d’autres anonymes… « GUANTANAMO » à Bossembélé a été construit sur la même vision. BOKASSA, Président détenant plusieurs portefeuilles ministériels, patron du Trésor et des Douanes, premier magistrat, premier basketteur, Dirigeant de toutes les sociétés d’état…Le Général Président Député BOZIZE a les mêmes fonctions, se considérant avec sa progéniture et ses neveux comme détenteur du titre foncier de la République centrafricaine, leur patrimoine familial.

Il n’y a que par cette grille de lecture que se comprendrait l’initiative de «  l’Ami de trente ans » de BOZIZE, Jean WILLYBIRO  SACKO. N’est-ce pas lui qui a été appelé subitement  à la rescousse en 2010 pour essayer de pallier quelque peu à l’incompétence et à la nullité du vrai faux pasteur président de la CEI, le tristement célèbreJoseph BINGUIMALE ? N’est-ce pas Jean WILLYBIRO  SACKO que BOZIZE a récompensé en le nommant comme ambassadeur à Paris après qu’il ait présidé en sa faveur la commission électorale de 2005 après que BOZIZE eût décidé de s’accrocher au pouvoir à la suite de son auto-proclamation comme président à l’issue de son coup d’Etat de 2003 ? De tout cela, les Centrafricains ne sont pas dupes.

Tous les signes avant coureur d’une fin de règne étant réunis, c’est vers ceux qui comme Jean WILLYBIRO SACKO, qui ont servi tous les régimes depuis les années 70, au niveau de l’appareil répressif, que BOZIZE  jette ses dernières cartes, soit pour en faire un Premier Ministre comme l’avaient annoncé les rumeurs  depuis les élections de 2011, soit comme thuriféraire d’un régime aux abois. Et si l’histoire voudrait simplement que les véritables tortionnaires de BERENGO reviennent pour expier leurs crimes…

Le brave WILLYBIRO SACKO que certains admiraient hier, donne aujourd’hui en fin de carrière, son visage d’intellectuel vil, indigne et de n’être qu’un simple pantin qui se cachait et cachait bien son jeu. On ne peut que revenir sur son passé de véritable cerveau et patron d’un appareil répressif qui a fait des milliers de victimes en trente ans…avec son ami et complice François BOZIZE. Que dire aussi des responsabilités de l’ineffableFaustin TOUADERA et Georgette DEBALE dans cette grossière pitrerie ?

 

Jean Claude GBAGUENE (Bangui)

 Un Centrafricain écoeuré

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