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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 18:46

 

 

 

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Par Maurice Nguepe (Express Yourself),  03/01/2013 à 15:10


En pleine crise en Centrafrique, le président français a pris ses distances avec son homologue Bozizé. Mais il "laisse aux gouvernements africains la responsabilité de perpétuer le soutien aux despotes", juge notre contributeur Maurice Nguepe. 

 

La confiscation des libertés par le régime Bozizé, arrivé au pouvoir à Bangui par un coup d'état militaire et le non-respect des accords avec l'opposition a suscité la naissance, le 10 décembre 2012, de la rébellion armée Séléka qui a progressé jusqu'aux portes de la capitale. Et à l'appel à l'aide du président centrafricain, le président français François Hollande a répondu le 27 décembre 2012 par une fin de non-recevoir: "Si nous sommes présents, ce n'est pas pour protéger un régime... Ce temps-là est terminé."  


La Jeunesse africaine salue cette déclaration de Paris de mettre fin aux interventions militaires françaises consistant à soutenir les régimes despotiques en Afrique. 


Elle regrette cependant que cette déclaration ait été suivie de la mobilisation de la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac) dans le but le protéger le même régime. De plus, la proposition de sortie de crise de la communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) consistant en la formation d'un gouvernement d'union nationale est d'autant plus insuffisante que de tels gouvernements émergent toujours sans la consultation du peuple et au grand dam des aspirations démocratiques légitimes de celui-ci. 

Pas de rupture


Considérant que la Force multinationale d'Afrique centrale remplace celle de la Françafrique, la Jeunesse africaine ne voit pas en quoi la déclaration de Paris a marqué une rupture. C'est comme si, au lieu d'utiliser les forces françaises comme par le passé, on mettait les forces africaines en mouvement dans un jeu françafricain blanc bonnet, bonnet blanc, laissant aux gouvernements africains la responsabilité de perpétuer le soutien aux despotes. 

 

Sur la base de ce constat, l'Organisation Jeunesse Africaine apporte son soutien à la jeunesse centrafricaine traumatisée en interpellant la France, l'Union africaine et la CEEAC sur l'inutilité et le caractère éphémère de la formation des gouvernements d'union nationale en Afrique, et en sollicitant leur sens de l'humanisme dans la mise sur pied des institutions démocratiques, lesquelles mettront fin au cycle infernal de la violence et garantiront la paix dans ce pays. 

 

La mission de la Force multinationale d'Afrique centrale déployée et des forces françaises stationnées à Bangui doit donc être désormais non seulement de stopper le conflit, de protéger les populations civiles et d'imposer à la rébellion Séléka et au régime Bozizé le dialogue national, mais aussi et surtout d'initier et de surveiller le processus de construction d'une véritable démocratie en république centrafricaine.  

 

Ainsi, en attendant sa déconstruction programmée, la Françafrique devra jouer son dernier rôle humanitaire et historique de résolution définitive des crises politico-militaires en Afrique en dotant la Force multinationale africaine d'une nouvelle fonction, celle de garante des institutions démocratiques. 

 

Par Maurice Nguepe, Secrétaire Général de l'Organisation Jeunesse Africaine 

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