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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 23:34

 

 

 

Patassé

 

 

Par RFI

Deux cérémonies pour les obsèques de l’ancien président Ange-Félix Patassé sont prévues. Une première cérémonie, qui a lieu ce vendredi 20 mai et qui se déroule à Bangui, réunit la famille et les opposants. Les obsèques officielles organisées par le président François Bozizé se dérouleront, quant à elle, demain samedi 21 mai.

Ange-Félix Patassé, l’un des principaux opposants au président François Bozizé, est décédé le 5 avril à l’hôpital de Douala, au Cameroun. Les conditions de son décès ont fait l’objet d’une importante polémique, son entourage rendant les autorités responsables de sa mort.

A deux reprises, le président Bozizé avait refusé à son prédécesseur une autorisation de sortie du territoire pour des soins médicaux, après une crise de diabète. Le général Bozizé avait notamment refusé l'autorisation d'atterrir à un avion équato-guinéen dépêché par le président Obiang Nguema. La famille politique d'Ange-Félix Patassé et la coalition des partis d'opposition reprochent au général Bozizé d'être responsable de sa mort et annoncent qu'ils boycotteront les cérémonies officielles.

Carine Frenk a joint au téléphone Guy-Simplice Kodégué, porte-parole de l'ancien président Ange-Félix Patassé.

 

Guy-Simplice Kodégué, porte-parole de l'ancien président Ange-Félix Patassé

Nous rendons responsable le président Bozizé de la mort du président Patassé parce que le président Bozizé a empêché le président Patassé, pendant trois semaines, d'aller à l'extérieur pour se faire soigner.

 

 

Centrafrique : communion autour de la dépouille dAnge Félix Patassé



 

Jeune Afrique 20/05/2011 à 18h:39 Par Malika Groga-Bada

 

Mort le 5 avril 2011à l'hôpital de Douala au Cameroun, Ange-Félix Patassé sera inhumé le 21 mai en Centrafrique. Lors du rapatriement de sa dépouille, l'émotion était palpable chez les nombreux Centrafricains venus faire leurs adieux à leur ancien président.  

  

Il y avait du monde à l'aéroport Bangui M'Poko ce 19 mai, pour accueillir la dépouille de l'ancien président centrafricain Ange-Félix Patassé. Sa famille, ses amis, le bureau de son parti – le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MPLC) – et les opposants Nicolas Tiangaye et Martin Ziguélé. Présents aussi, des membres du gouvernement et le président François Bozizé, son adversaire de la présidentielle d'octobre 2010.

  

Après les honneurs militaires, le corps de l'ex-chef d’État centrafricain a été transféré à la morgue de l'Hôpital général, escorté par une foule de militants et sympathisants du MPLC. Il sera inhumé le 21 mai dans sa ferme, « La colombe », située à quelques kilomètres au nord de la capitale.

 

Polémique exhumée

 

Les obsèques de l'ex-homme fort de la Centrafrique ont fait l’objet d'une vive polémique. Ses partisans s'étaient vigoureusement opposés à la présence de membres du gouvernement aux funérailles. Encore plus à celle du président de la République. Pour eux, le pouvoir actuel porte l'entière responsabilité de la mort de leur leader.

  

Au mois de mars, Ange-Félix Patassé, 74 ans, avait été hospitalisé à Bangui pour une fièvre typhoïde, compliquée par un diabète. Ses deux premières tentatives pour rallier Malabo (Guinée équatoriale), où il comptait se faire soigner, ont été vaines. Après l’avoir, une première fois, débarqué d'un vol régulier de la Kenya Airways, les autorités aéroportuaires centrafricaines lui ont de nouveau empêché d'embarquer à bord de l'avion affrété par la présidence équato-guinéenne.

  

Le porte-parole du gouvernement centrafricain avait démenti toute manœuvre pour l'empêcher de sortir du pays, arguant plutôt de « problèmes administratifs ». Ange-Félix Patassé avait finalement quitté Bangui le 2 avril pour Malabo, via Douala. Il mourra le mardi 5 avril 2011, en terre camerounaise.

  

Ange-Félix Patassé a été élu président de la Centrafrique en 1993, puis réélu en 1999, avant d'être renversé en 2003 par l'actuel président, François Bozizé. Exilé au Togo, il avait finalement regagné la Centrafrique en 2008, prônant le pardon et la réconciliation. Crédité de 21,41 % de voix lors de la présidentielle d'octobre 2010, il militait pour l'annulation du scrutin qu'il disait truqué.

 

 

 

Ange Félix Patassé Lingénieur agronome devenu une bête politique sera inhumé ce 21 mai

Par Patrick Amougui, www.integrationafrica.org - 20/05/2011

Il a présidé aux destinées de la RCA pendant une douzaine d’année. Retour sur le riche et controversé parcours de l’enfant de Paoua

Aux grands hommes, la patrie reconnaissante. Ange Félix Patassé sera inhumé le 21 mai 2011dans la banlieue de Bangui, avec tous les honneurs dus à son rang d’ancien chef d’Etat. Ce sera le dernier acte d’une vie bien remplie, dont on garde en mémoire quelques hauts faits. Commençons par la fin, en l’occurrence la course à la présidentielle centrafricaine de janvier 2011. L'ancien président centrafricain, revenu au pays à la faveur du Dialogue Politique Inclusif (DPI) de décembre 2008, était candidat déclaré à la succession du Général François Bozizé à la tête du pays. Affirmant être le « Moïse des Centrafricains » voire le « petit frère de Jésus », il se présente comme l’envoyé de Dieu pour exécuter son programme en faveur de la Rca. Il arrive en deuxième position à la présidentielle du 23 janvier 2011, derrière François Bozizé Yangouvonda. L’enfant de Paoua, localité située dans la préfecture d’Ouham- Pendé au Nord- Ouest de la RCA, frontalière du Tchad et du Cameroun, aura ainsi perdu la dernière bataille publique de sa vie.

L’ingénieur agronome zootechnicien né le 25 janvier 1937 n’a pas réédité l’exploit de 1993. En effet, à la faveur de l’élection présidentielle centrafricaine d’août 1993, il est élu face au général André Kolingba. Le 27 septembre, Ange- Félix Patassé devient le cinquième président de l’histoire de la République centrafricaine, sous les couleurs du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), avec 52,45 % des suffrages exprimés. « Le barbu national », personnage charismatique à la tête de la Centrafrique pendant dix ans, est le troisième président à gouverner la Rca pendant plusieurs années, après André Kolingba (12 ans) et Bokassa (14 ans).

Violences contre le pouvoir du Président Patassé

Au pouvoir, l’amateur du nœud papillon est marqué, dans son premier mandat, par un cycle de mutineries, qui donnent lieu à des conflits interethniques, désorganisant ainsi la vie économique, politique et sociale de la Centrafrique. Malgré ces affrontements sanglants, Ange Félix Patassé est réélu en 1999. Sa sécurité est alors assurée par les troupes libyennes. Il échappe à un coup d’Etat fomenté par André Kolingba en fin mai 2001. L’année suivante, à la période d’octobre, il échappe à un autre coup d’Etat avec l’appui du Mouvement de libération du Congo, le MLC de Jean-Pierre Bemba. Taxé d'autoritaire, voire de dictateur, il est finalement renversé par François Bozizé le 15 mars 2003, alors qu’il revient d’un voyage au Niger. Il rentre en exil Togo.

Diplômé de l’Académie supérieure de l’agriculture tropicale à Nogent- sur- Marne en France, le fils de Paul Ngakoutou (Gbaya du sous- groupe Suma) et de Véronique Goumba (Kaba) a toujours débordé d’imagination et de vitalité. Son ambition a toujours été d’améliorer l’ordinaire du centrafricain et de l’africain. Dès sa sortie des célèbres laboratoires de l’institut Pasteur de France, il démontre son envie à vouloir et pouvoir produire du biogaz, de la bioélectricité rurale et du biocarburant à partir d’une herbe appelée le Penicetum purpurium qu’il étudie depuis 1986. Il ambitionne, pendant son premier exil en terre togolaise, la production d’énergie électrique à partir des plantes locales qui poussent dans plusieurs régions du Togo. Scientifique d’envergure internationale, Ange Patassé se met au « vert » dans l’agriculture en améliorant les propriétés du « maïs Ngakoutou » pour la prospérité et de l’honneur de l’Afrique. Durant son deuxième exil au Togo, entre 2003- 2008, il travaille sur un vaste projet d’installation de complexes agricole et industriel. L’ancien chef d’Etat veut produire du riz et du maïs avec une variété qu’il a appelée « Patassé Ngakoutou », agréée par la FAO. A côté de cela, la travaille sur la culture de la spiruline, une algue très riche en protéines et en minéraux. Objectif : une alimentation équilibrée de la population et surtout lutte contre la malnutrition des enfants.

L’ingénieur agronome devenu homme politique A côté de ce déploiement de technicien Ange Félix Patassé a eu une brillante carrière de politique. Dans les gouvernements successifs de Jean- Bédel Bokassa, le président devenu empereur en décembre 1977, Patassé est nommé en 1965 au cabinet du ministre de l’Agriculture et du développement. Il est promu ministre du développement entre janvier 1966 et avril 1968. Il occupe par la suite les postes de ministre du Développement rural entre mai 1972 et avril 1973, ministre du Tourisme, de l'eau, des bois, de la chasse et de la pêche entre juin 1974 et octobre 1975. Le 8 décembre 1976, il est nommé Premier ministre du gouvernement, le quatrième de l’histoire de la Centrafrique jusqu’au 14 juillet 1978. En 1979 Ange Félix Patassé se lance sereinement à la conquête du fauteuil présidentiel. A Villiers- sur- Marne, près de Paris, il se positionne déjà comme le successeur de l'empereur Bokassa 1er. Mais, l’opération Barracuda lancée par la France et qui renverse Bokassa, ne lui permet pas d’être à la tête de la Centrafrique. Le 20 septembre 1979, la République est restaurée par le nouvel homme fort de Bangui, David Dacko.

 

 

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