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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 00:48

 

 

 

 

CBM

 

 

 

BOZIZE – SELEKA – LIBREVILLE ET NOTRE AVENIR

 

CES TROIS SEMAINES QU’IL NE FAUT PAS OUBLIER

 

« Ce pays riche que les imbéciles ont divisé… » Ma Révolution. Didier

Awadi, Studio Sankara. Dakar 8 novembre 2012.


Avé FACA :


Aux premières heures de l’application des Accords de Libreville, j’ai une pensée particulière pour les familles des FACA tombés au champ d’honneur depuis le 10 décembre 2012. Pour ces héros anonymes dont certains n’ont même pas eu droit à un enterrement, je souhaiterai que chaque fille et fils de Centrafrique accorde une minute de silence, qu’importe les latitudes où nous nous trouvons et que leurs noms soient inscrits sur une stèle au pied du monument des martyrs. Même si le risque de mort est un des ingrédients du métier de soldat, ceux-ci sont décédés parce qu’ils devraient protéger la République et ses Institutions même s’il y a trop à dire et à redire sur celles-ci et les personnes les incarnant.


Que la nation entière se mobilise pour assurer aux familles de ces soldats en général et à leurs enfants en particulier, l’essentiel pour vivre dignement et surtout pour une rentrée scolaire convenable…AVE FACA.


Trois semaines


 

Trois semaines.


En trois semaines nos certitudes, nos peurs, nos craintes furent balayés et nous nous sommes rendus compte que le géant n’en n’avait que l’apparence. Qu’il n’avait même pas de pied en argile mais était en lévitation.

 

Trois semaines.


En trois semaines, de nombreux vendeurs d’illusion se sont penchés sur le soleil couchant du Knkisme pour tenter de ramasser les miettes, histoire de satisfaire un appétit qui insulte toutes les règles de la bienséance mais qui n’a de motivation que la panique d’une fin de règne qui s’annonce (ou s’annonçait) humiliante pour les « Princes » sortants.


Trois semaines.


En trois semaines, le KNK et ses alliés ont subitement découvert les vertus des marches et manifestations pacifiques. Banalités citoyennes qu’ils avaient refusées à tous ceux qui politiquement n’étaient pas des leurs depuis bientôt dix ans à l’exception des pauses électorales.

 

Trois semaines.


En trois semaines Bozizé a démontré qu’il était plus sage que Gbagbo, Kadhafi, Moubarak, Mobutu, Dadis Camara, Bachar El Assad, Saddam Hussein, Ben Ali… car il a tout sacrifié de son orgueil à ses enfants pour ne pas connaître l’infamie d’une fin qui s’annonçait humiliante et tragique.


Trois semaines.


Il a fallu trois semaines de guerre, de destruction, de mort, d’angoisse pour que le Chef de l’Etat accorde du crédit aux revendications politiques de l’opposition amplifiées par SELEKA. Or s’il l’avait fait avant, peut être que nous aurions fait l’économie de cette crise.


Trois semaines.


En trois semaines Bozizé a fait l’amère expérience de la solitude du pouvoir. Il s’est retrouvé quasiment seul comme Gbagbo entouré exclusivement de sa famille lors de son arrestation. Tous les griots et profitosituationnistes de sa cour ont disparu. Les chancelleries étaient prises d’assaut et les téléphones portables ne répondaient plus. A ceux-là, qui défendaient encore l’indéfendable il y a quelques semaines et qui vont se trouver dans les prochaines semaines une âme d’opposant, nous serons là pour leur montrer en permanence leurs casiers judiciaires politique. Pour eux, la rédemption ne sera pas possible même s’ils mettent au service de celle-ci, les milliards qu’ils ont accumulés sur le dos du peuple centrafricain en dix années de prédation.


Trois semaines.


En trois semaines les jet-setteurs de Bangui, ceux qui distribuaient des billets de Fcfa, qui pensaient avoir le droit de vie ou de mort sur le Centrafricain, qui pensaient être les légataires du droit de Bail de la RCA, étaient aux abonnés absents ou en route pour l’exil vers une terre lointaine.


Trois semaines.


En trois semaines au bord de l’Oubangui nous avons assisté à l’émergence des « Blégoudé » de l’équateur sur fond d’un patriotisme en pacotille.


Trois semaines.


Trois semaines auront suffi pour rédiger l’oraison funèbre du Knkisme et inaugurer un nouveau cycle politique car à l’évidence, il y aura un avant et un après 10 décembre 2012.


Trois semaines.


En trois semaines nous avons assisté à l’instrumentalisation du fait Religieux. Une première en RCA au même titre que ce cycle « Rwandisant » avec des leaders de la jeunesse et des collectifs de galerie. Nous avons assisté à des enlèvements, à des exécutions autant d’exactions qui, ailleurs ont envoyé leurs auteurs à la Haye.


Trois semaines.


En trois semaines, les HOPARL (Hommes Politiques à Responsabilité Limitée) se sont activés en tentant de se placer ou placer leurs pions dans toutes les configurations. Paris, Ndjamena, Brazzaville et Libreville étaient devenues les capitales de toutes les paranoïas, manipulations, intoxications et courbettes.


Trois semaines.


Trois semaines auront suffi pour faire de  « SELEKA » le mot sango le plus connu au monde, dépassant de loin le traditionnel et conventionnel BALAO.


Trois semaines.


En trois semaines, nous avons vu des porte-paroles autoproclamés, des Présidents virtuels, des courtisans en palace, des fronts et collectifs naître tous les jours et qui cachent à peine la course à la mangeoire.

 

 

Trois semaines.


Trois semaines auront suffi pour que les alliés de la SELEKA commencent à se quereller le leadership. Les autoproclamés et les illusionnistes de la 1ère heure ont disparu lorsque les vrais bosses sont sortis de la brousse (1).


Trois semaines.


En trois semaines nous avons vu les nostalgiques du 3ème Reich centrafricain faire l’apologie de leur forfait sans retenue en embrigadant dans leur révisionnisme et négationnisme l’ensemble de l’opposition politique dite « démocratique » (2).


Trois semaines.


En trois semaines nous avons assisté à l’expression d’une nouvelle diplomatie africaine dans la résolution des crises locales dont il faut saluer la célérité.


Trois semaines.


En trois semaines nous avons lu, entendu et vu des pseudos experts (3) de la RCA qui ne sont même pas capable de situer Ndélé ou Bambari sur une carte avec des avis et grilles de lecture frôlant le Cours Elémentaire 1 (CE1).


Game is over :


Ayant été de ceux qui ont voulu et motivé la fin à tout prix du régime du Président PATASSE et de sa galaxie politique autour du MLPC, je fus de ceux qui ont applaudi l’arrivée de François BOZIZE YANGOUVONDA au pouvoir en 2003 et je ne le regrette pas. Je regrette seulement la méthode avec laquelle l’histoire de ces neuf dernières années fut écrite et qui a servi de mobile à la crise que nous vivons.


En effet, rapidement,  il a fallu se rendre à l’évidence (4) que François BOZIZE YANGOUVONDA s’était installé dans la lignée de ses prédécesseurs en reproduisant leurs erreurs avec tous les maux en « ISME  et  IE ».


La principale leçon du 15 mars 2003 est que tout changement sans le peuple est toujours utilisé contre le peuple. Nous aurions pu faire l’économie de la crise SELEKA si la société politique centrafricaine s’était mobilisée pour créer le rapport de force nécessaire à l’équilibre des pouvoirs au lieu d’espérer sur l’hypothétique ouverture de Bozize qui n’est jamais venue ou l’arrivée du Sergent-Chef qui allait équilibrer les institutions démocratiques de notre pays par sa Kalachnikov.


Des centaines de morts et autant de blessés. Des milliers de déplacés, une crise humanitaire aiguë. Trois semaines d’angoisse, d’incertitude et de rythme scolaire perturbé. Des milliards de Fcfa de dégâts qui vont réduire à néant les perspectives économiques pour 2013, annonçant une année extrêmement difficile dans un contexte mondial lui-même tendu. Le prix payé pour sortir de l’impasse politique née d’une part de la patrimonialisation de la libération du 15 mars 2003 et d’autre part de l’apathie de l’élite politique, intellectuelle, économique, culturelle et religieuse est très élevé.


Les accords de Libreville, la désignation du PM ainsi que du gouvernement ne constituent pas la fin de la crise et j’ai des inquiétudes pour le lendemain.


Mais face au prix payé pour obtenir l’accalmie, il est d’une impérieuse nécessité que les principaux acteurs fassent preuve de leur bonne foi en préservant l’essentiel : La RCA et ses Populations.

 

Aujourd’hui nous payons le prix d’un déficit fondamental : LA NON EXISTENCE DE LA REPUBLIQUE.


Je formule les vœux, que cette équipe transitoire pose les fondements de la République (ou son esquisse)  sur lesquels, ceux à qui les Centrafricains confieront la charge d’administrer le pays au sortir de cette période s’appuieront pour nous faire entrer dans la modernité c’est-à-dire le 21ème siècle.

 

Au nom de la République Centrafricaine,

 

Du peuple,

 

Et de la Démocratie…AMEN.

 

 

Clément  DE  BOUTET-M’BAMBA

 


Post-Scriptum : j’ai une pensée pour ces dizaines de victimes civiles. Ces femmes violées. Ces hommes enlevés, torturés et exécutés. Ces opérateurs économiques qui ont tout perdu. A la faveur de cette sortie de crise qui s’annonce, il serait utile que soit mise en place une commission internationale sous l’égide de la CEEAC, de l’UA, de l’ONU et de l’UE en collaboration avec le département centrafricain de la Justice ainsi que la CPI pour que la lumière soit faite d’une part sur ces différentes exactions et que leurs auteurs identifiés soient traduits en justice, processus de paix ou pas. Et que d’autre part, des opérateurs économiques comme Alima à Bambari ou la société SUCAF à Ngakobo, les différentes radios communautaires saccagées et les autres crimes à caractère économique que nous découvrirons lorsque les régions sous contrôle de SELEKA seront ouvertes intégralement aux medias et aux autorités centrales, soient dédommagés pour permettre une relance économique au niveau national. Cette commission d’enquête devra aussi se pencher sur ce qui s’est passé dans Bangui Intra-muros depuis le 10 décembre 2012.


Mais pour une véritable réconciliation nationale, cette commission pourra et devra se pencher sur les atteintes aux droits de l’homme, de la Restauration de la République à la Signature des accords de Libreville.


1 : « Vouer à l’opprobre perpétuel ceux que la récente histoire de la RCA n’instruit pas et qui pensent que leur heure est venue, oubliant le jour d’après, celui du partage de la dépouille de la RCA entre ces différents groupes dont ils font semblant de ne pas voir le côté non seulement exogène mais aussi et surtout terriblement dangereux

; » In « La Patrie d’abord ». CBM, Paris 26.12.12

     http://www.sozowala.com/palabre/reflexions/r20121226001.htm

2 : Voir Mémorandum de l’Opposition aux Pourparlers de Libreville.

3 : La palme d’or à Harold Hyman de BFM TV, chaine d’info française.

4 : Le Processus « Patrimonialisant » de la Libération du 15 mars 2003

« Que reste-t-il de la Libération du 15 mars 2003 ? » CBM, Paris 16 mars 2004.

http://www.sangonet.com/ActualiteC18/Qreste15ms03CBM.html

« Les causes profondes de l’Echec de la libération du 15 mars 2003 ». CBM, Paris 16 avril 2004.

http://www.sangonet.com/ActualiteC18/causeprof-echec2003-CBM.html

« Le cas BOZIZE : le pouvoir absolu corrompt absolument ». CBM, Paris 24 juin 2004.

http://www.sangonet.com/ActualiteC19/lecasboz-pvabso-corr.html

 

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