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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 13:46






LES ORGANISATIONS DE PROMOTION ET DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME CONDAMNENT FERMEMENT L’INTERPELLATION DU PRESIDENT DE LA LCDH PAR LA GARDE PRESIDENTIELLE ET SA SEQUESTRATION A LA SECTION DE RECHERCHES ET D’INVESTIGATIONS.

 

Le  mercredi 10 septembre 2008 à BANGUI, Me Nganatouwa GOUNGAYE WANFIYO, Président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme qui sortait de son Cabinet, seul, à bord de son véhicule pour se rendre au Ministère des Finances, a emprunté la rue qui passe devant la pâtisserie Phénicia et qui débouche sur l’avenue de l’Indépendance en face de la Maison de la Presse.

 

Il voulait tourner sur sa droite en direction de la place de la République lorsqu’il a été surpris par  l’arrivée du cortège présidentiel. Il a stoppé net et a enclenché la marche arrière pour laisser passer le cortège sans  aucun incident.

 

Il voulait poursuivre sa route, lorsqu’il a été interpellé par deux agents de la Police Municipale.

 

A ce moment, deux éléments de la Garde Présidentielle surexcités dont l’un était en uniforme et l’autre en civil  mais qui n’étaient ni dans le cortège ni en service, ont traversé l’avenue de l’Indépendance pour se diriger vers lui  et lui  demander de partir avec eux vers une destination inconnue. Ils l’ont menacé, lui exigeant de leur remettre les clés de sa voiture, ce qu’il a refusé. Profitant  du tohu-bohu il a appelé Monsieur Léonard SONNY, son collaborateur au bureau.

 

Un véhicule de la Garde Présidentielle est arrivé sur les lieux avec plusieurs autres éléments de la Garde Présidentielle.

 

Après des tractations et à la demande des éléments de la Garde Présidentielle, c’est Monsieur Léonard SONNY qui a conduit le véhicule de Maître Nganatouwa GOUNGAYE WANFIYO dans lequel ont pris place trois d’entre eux.

 

A l’entrée du Palais de la Renaissance, un lieutenant qui sortait s’est mis à vociférer et à proférer des menaces disant que ce sont eux, c’est-à-dire les militaires « qui souffrent au front dans le nord tandis que les intellectuels pavanent et qu’on allait voir ce qu’il fera des droits de l’homme » ce, en présence de tous les Responsables des organisations centrafricaines des Droits de l’Homme qui, alertés, ont immédiatement rejoint le groupe.

 

Maître Nganatouwa GOUNGAYE WANFIYO a été conduit à la Section de Recherches et d’Investigations « SRI », où il a été maintenu jusqu’au soir, d’abord dans la cour et ensuite dans la geôle où il a apprêté ses affaires pour passer la nuit, après avoir été entendu par le Commandant de Brigade Adjoint sur procès-verbal qui a été communiqué au Procureur de la République pour instructions.

 

Il faut souligner que les faits se sont déroulés au grand jour devant de nombreux témoins dont aucun n’a été entendu.

 

Le Barreau informé, le Bâtonnier, Maître Symphorien BALEMBY avec de nombreux avocats ainsi que des responsables des organisations de promotion et de Défense des Droits de l’Homme à savoir Me MOROUBA, Me GBIEGBA, Me MAZANGUE, Me PANDA et Mr NGOUYOMBO, s’étaient rendus à la SRI pour constater cette arrestation.

 

Me Nganatouwa GOUNGAYE WANFIYO a été remis en liberté le soir du mercredi 10 septembre à 19 heures 47 mn par le Capitaine Papy Aimé  BOZIZE sur instructions du Procureur de la République, sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui et sans aucune explication.

 

Le Gouvernement qui, devant les interpellations diverses a indiqué dans un premier temps que le Président de la LCDH aurait « obstrué » le passage du cortège présidentiel, a changé de version et se contredit par un communiqué mensonger et grossier du Ministre de l’Intérieur chargé de la Sécurité Publique du 11 septembre 2008, dénaturant totalement les faits. En effet, le Ministre de  l’Intérieur chargé de la Sécurité Publique prétend que Me Nganatouwa GOUNGAYE WANFIYO n’aurait pas été arrêté par la Garde présidentielle mais ce serait un chauffeur du PNUD et que le Président de la LCDH serait volontairement monté dans le véhicule du PNUD pour se constituer en défenseur du chauffeur.

 

Bien entendu,  l’institution onusienne a fait procéder à des vérifications et aucun de ses chauffeurs n’a eu un incident ce jour et, d’ailleurs,  le Ministre de l’Intérieur, le Général Raymond NDOUGOU, ne donne ni le nom du chauffeur ni le numéro d’immatriculation du véhicule du PNUD. Pour ceux qui connaissent un peu la procédure judiciaire, la constitution d’avocat ne se fait pas dans un véhicule mais par écrit adressé à une juridiction à la demande du client!

 

L’on ne peut que s’étonner que ce soit le Ministre de l’Intérieur chargé de la Sécurité Publique  qui s’exprime en lieu et place des départements concernés.

 

Il n’est de secret pour personne que les militants des droits de l’homme sont assimilés par le pouvoir en place aux opposants,  en raison de leur dénonciation constantes des graves violations des Droits de l’Homme dans le pays, des violations de la Constitution, de la mal gouvernance.

 

Pour cela, ils ont fait l’objet à plusieurs reprises d’intimidations, d’injures, d’atteintes à leur liberté et de menaces de mort. L’arrestation de Me Nganatouwa GOUNGAYE WANFIYO, si elle était intervenue la nuit, on aurait craint pour sa vie.

 

En conséquence, les organisations de promotion et de défense des Droits de l’Homme :

 

- Condamnent fermement l’interpellation du Président de la LCDH et sa séquestration pendant près de 11 heures à la SRI ;

 

- Exigent de l’Etat centrafricain de se conformer à la résolution des Nations   Unies sur la protection des défenseurs des droits de l’Homme ;

 

-  Dénoncent énergiquement toutes les tentatives consistant à intimider ou à museler  les défenseurs des droits de l’homme ;

 

- Saluent la mobilisation générale et la solidarité indéfectible de tous les démocrates, de la Presse et des militants des Droits de l’Homme tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, ayant conduit à la libération de Me Nganatouwa GOUNGAYE WANFIYO.

 

- Invitent tous les démocrates et les personnes soucieuses du respect des Droits de l’Homme à rester mobilisés pour la défense des droits de l’homme en Centrafrique.

 

Fait à Bangui le 14 septembre  2008

 

Ont signé

 

ACAT-RCA, Bruno Hyacinthe GBIEGBA

 

AFJC,  Marie Blandine SONGUELEMA- YAKONDJI

 

LCDH, Nganatouwa GOUNGAYE Wanfiyo

 

MDDH, Adolphe NGOUYOMBO

 

OCDH, Mathias Barthélemy MOROUBA

 

RONGDH, Marie Edith DOUZIMA LAWSON

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