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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 03:37

 

 

Nourredine Adam serait, selon certains, un individu qui aurait encore de l’avenir au Centrafrique. Fils d’un Imam « centrafricain » et de mère tchadienne, il est né en 1970 à Ndélé. Il n’a pas beaucoup vécu au pays depuis lors, hormis pour y semer la mort et la zizanie. A l’adolescence, il s’est rendu en Egypte où il dit avoir fait des études durant dix ans, ce que tout homme éduqué le rencontrant peut aisément contredire. En réalité, il a été engagé par la police politique égyptienne d’Hosni Moubarak. Il y a appris la torture et la prévarication. A l’époque, il a participé comme petit gradé à la répression des militants démocrates mais également des frères musulmans.

 

Au milieu des années 90, il a discrètement effectué un stage de 6 mois au sein des forces spéciales israéliennes, séjour dont ce « défenseur de l’Islam en RCA » se garde bien de se glorifier. Il a d’ailleurs gardé de cette époque certains amis qui l’aideront plus tard à s’enrichir…mais nous y reviendrons. Il s’installe ensuite une petite année à Bangui où il est affecté à l’Office Central de Répression du Banditisme, (OCRB) ce qui, chacun en conviendra, équivaut à faire assurer la sécurité d’un poulailler par un renard.

 

Au début des années 2000, son goût immodéré pour l’argent le pousse à quitter le Centrafrique pour rejoindre les Emirats Arabes Unis. Il réside ainsi à Sharjah et Dubaï, de 2002 à 2012, où il joue les gros bras dans la sécurité rapprochée d’un sultan.

 

JEU DE MASSACRE

 

A partir de 2009, année de la mort du regretté frère Charles Massi, Nourredine s’est senti pousser des ailes. Prenant des contacts tous azimuts avec ses amis arabes et ses frères aux turbans noirs de la région, il a eu un rôle majeur dans le financement de la Séléka. Il a d’ailleurs détourné une partie des fonds reçus des émirats pour son propre compte. Ses relevés bancaires au Tchad et au Soudan en attestent, tout comme le standing de sa luxueuse villa à Ndjamena où résident sa femme tchadienne Fatima Adam Sdallah et ses enfants, eux aussi de nationalité tchadienne.

 

Sans prendre part à aucun combat, il dirige de loin ses troupes qui participent à la prise de Bangui en mars 2013. C’est ensuite qu’il montre son véritable visage, celui d’un assassin sadique et d’un voleur de grand chemin. Nommé ministre de la Sécurité et de l’ordre public, ascension sociale remarquable pour un garde du corps d’émir parlant difficilement le français, il prend également la tête du Comité Extraordinaire pour la Défense des Acquis Démocratiques (CEDAD), officine de police politique qui sème alors la terreur dans notre capitale. Pendant des mois, ses locaux, situés près de l’agence Air France, résonnent des cris des suppliciés qui sont torturés et exécutés sous la supervision directe du ministre Nourredine. Curieusement, les Français, les Nassara, ne réagissent pas. Nourredine a-t-il raconté à sa fille Sakina les séances d’interrogatoire d’anciens soldats des FACA qu’il dirigeait personnellement avant de les exécuter de ses propres mains ? Les membres de la Garde Républicaine de Bozizé chicotés jusqu’à l’agonie et achevés d’une balle dans la tête ? Les journalistes menacés, frappés, humiliés ? Les bonnes sœurs violées par ses hommes ? Les enlèvements et assassinats nocturnes comme celui du juge Modeste Bria, le 16 novembre 2013, que Noureddine a personnellement commandité ?

 

Ces atrocités, Nourredine Adam, s’il y a une justice sur cette terre, les paiera. Il est désormais inscrit sur une liste de sanction de l’ONU et, sans nul doute, sera inculpé par la CPI dans les prochains mois. A moins que des proches de ses victimes ou certains de ses amis trahis ne s’occupent de lui plus rapidement… 

 

JEU D’ARGENT

 

Beaucoup de personnes, kotazo ou petites gens, ont des raisons très concrètes, en monnaie fiduciaire et diamants étincelants, de détester Nourredine Adam. En effet, ce dernier s’est constitué une fortune personnelle, sur le dos des civils centrafricains spoliés durant l’occupation de Bangui, par le trafic de gemmes centrafricains et en détournant une partie des aides étrangères accordées à la Séléka.

 

Concernant le trafic de diamants, en 2013, les pierres, issues du racket des collecteurs dans les régions diamantifères de la Ouaka, la Haute-Kotto et de la Mambéré-kadéï, étaient centralisées à Bangui pour emprunter ensuite deux filières de revente clandestines à destination de Dubaï et d’Anvers. L’une faisait transiter les diamants par Ndjamena où ils étaient achetés par des professionnels monégasques et belges et l’autre rejoignait Anvers via Douala.

 

A Bangui, jouant le rôle de facilitateur, Nourredine Adam procurait véhicules et escortes aux acheteurs tchadiens ainsi qu’à son petit Amadou, un escroc local, et à ses vieux amis israéliens. Offrant gîte et couvert à ces trafiquants dans les hôtels banguissois, en particulier au Ledger et à l’Oubangui, le chef du CEDAD prélevait 31% du prix des ventes, se constituant ainsi très rapidement un trésor de guerre de plusieurs centaines de millions. Cet argent était marginalement affecté à l’alimentation en vivres et munitions des combattants Séléka. La majeure partie du magot collecté par Noureddine rejoignait Khartoum et Ndjamena en utilisant les bureaux de change Western Union et Dahabshiil, ou en passant par l’intermédiaire d’un réseau de commerçant musulman implanté notamment à Bria. Sa femme à N’djamena et son frère, Ismael Adam, à Khartoum, contrôlaient l’arrivée des fonds. Par la suite, une partie de l’argent spolié était affectée à l’entreprise d’import-export dont il est encore le propriétaire à Sharja.

 

Depuis qu’il a quitté Bangui, Nourredine a délaissé le trafic de diamant. Il se contente désormais de conserver la quasi-totalité des aides financières qui lui sont allouées par ses amis soudanais, tchadiens et turcs ou par les monarchies du golfe pour aider les musulmans centrafricains. Ainsi, lors de la dernière fête de la Tabaski, lorsqu’il a reçu un financement de 20 millions FCFA afin d’acheter des têtes de bétails pour ses combattants, il en a gardé 15 millions aussitôt envoyés à Khartoum.

 

A suivre….

 

Collectif des Citoyens Centrafricains Opposés à Séléka  (CCCOS)

A QUOI JOUE NOURREDINE ADAM ? par le Collectif des Citoyens Centrafricains Opposés à Séléka
A QUOI JOUE NOURREDINE ADAM ? par le Collectif des Citoyens Centrafricains Opposés à Séléka

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