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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 09:53

 

 

 

 

06/10/14 (Le Pays)

 

L’ancien président centrafricain, Michel Djotodia, n’a pas encore fait le deuil de ses ambitions politiques. Après neuf mois de silence, en exil au Bénin, il vient de sortir du bois. Dans l’interview qu’il a accordée au quotidien français l’Est Républicain, le chef de la Séléka juge légitime son retour en politique en Centrafrique, après sa réélection en juillet dernier à la tête de la Séléka.

 

L’ancien président n’a jamais fait mystère de son ambition de reconquérir le pouvoir

 

C’est dire s’il rêve toujours d’un destin national. Mais il a, au même moment, enterré cette coalition politico-militaire, puisqu’il a annoncé sa dissolution et la création du Front patriotique pour la renaissance de Centrafrique. Cet éventuel retour aux affaires de l’ancien président centrafricain, est loin d’être une surprise car il n’a jamais fait mystère de son ambition de reconquérir le pouvoir d’Etat. Ce que l’on pourrait toutefois qualifier de nouveau est la voie empruntée pour revenir dans l’arène politique. Le fait de passer d’une rébellion armée à une formation politique pour accéder à la tête de la Centrafrique, est une bonne chose. L’on peut même dire que s’il avait choisi cette voie au départ, son pays n’aurait pas connu le sort qui est le sien aujourd’hui. Mais comme un adage le dit, il n’est jamais tard pour bien faire. Et si Michel Djotodia compte revenir en Centrafrique pour contribuer à réconcilier ses filles et fils, à ramener définitivement la paix, c’est tant mieux. Mais pour l’instant, on ne peut s’empêcher de se poser certaines questions. A-t-il mesuré toute la portée de ses propos et de sa décision? Par exemple, quelle sera la réaction des rebelles de la Séléka sur le terrain, après l’annonce de sa dissolution? Vont-ils accepter de déposer les armes et de s’engager en politique quand on sait que toutes les factions ne se reconnaissent pas en sa personne?

 

Par ailleurs, Michel Djotodia déclare avoir été chassé injustement du pouvoir. Et pour cela, il en veut à la France qu’il accuse de l’avoir abandonné. A-t-il la mémoire trop courte pour ne pas se rappeler qu’il avait été lâché par ses pairs de l’Afrique centrale et que l’Hexagone n’avait fait qu’entériner une décision de ceux-là mêmes qui l’avaient longtemps protégé ?

 

Michel Djotodia doit se rendre à l’évidence qu’il a les mains tachées du sang d’innocents Centrafricains

 

En soutenant qu’après son départ, le chaos s’est installé en RCA, Michel Djotodia veut donner l’impression qu’il n’est en aucun cas responsable de la situation que vivent les Centrafricains. Or, il a bel et bien sa part de responsabilité dans cette chienlit. C’est parce qu’il n’a pas été à la hauteur de la tâche que la RCA a basculé dans l’horreur.

 

Chassé du pouvoir dans les conditions que l’on sait, on peut comprendre que Michel Djotodia veuille prendre une revanche sur l’histoire ou chercher à se réhabiliter aux yeux des Centrafricains. Mais y a-t-il mis la manière, en annonçant ainsi son retour ? Rien n’est moins sûr. A dire vrai, il aurait dû d’abord demander pardon à tous les Centrafricains, pour le mal qu’il a causé à ce beau pays. C’est son droit de ne pas vouloir prendre sa retraite politique, mais Michel Djotodia doit se rendre à l’évidence qu’il a les mains tachées du sang d’innocents Centrafricains, tout comme son prédécesseur François Bozizé. Et puis, sa sortie depuis le Bénin, paraît pour le moins saugrenue, puisqu’en principe, en tant qu’exilé, il devait être astreint à un devoir de réserve.

 

Cette sortie de Michel Djotodia intervient au moment où chrétiens et musulmans commencent à se serrer la main en RCA. Et la présence de la présidente de la transition centrafricaine, Catherine Samba-Panza, aux côtés des musulmans lors de la célébration de la Tabaski, aura été un symbole fort. Outre sa présence physique, le message de paix et de réconciliation adressé aux fidèles à l’occasion par Dame Catherine, pourrait contribuer à calmer les ardeurs de certains fauteurs de troubles et à réconforter les musulmans. Reste à savoir si la sortie de Djotodia aura un effet d’entraînement dans le sens de la réconciliation en cours.

 

Dabadi ZOUMBARA

 

Lu pour vous : RCA : Djotodia rêve toujours d’un destin national

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