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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 01:25

 

 

 

 

 

Publié le 15/02/2014 à 06h00 , modifié le 15/02/2014 à 08h57 par Yves Harté

 

http://www.sudouest.fr/ 

 

Désolant. C'est le sentiment qui silencieusement prévaut dans l'état-major français quand on y parle de la Centrafrique. Désolant parce que les 1 600 soldats envoyés là-bas, que 400 devraient renforcer, sont dans une situation intenable. Il aurait fallu un miracle à l'ancienne pour que la seule arrivée de troupes françaises ramène le calme dans tout le pays, début décembre, quand fut décidée l'opération Sangaris. Le miracle n'a pas eu lieu. La vieille Afrique n'est plus. Or ce mince renfort aujourd'hui ne changera rien à la situation. Chacun sait qu'il faudrait 1 000 soldats par grande ville - 30 000 militaires, en somme - pour pouvoir prétendre stopper ce qui se change tout à la fois en guerre interconfessionnelle, en purification ethnique et en raids criminels.

http://memorix.sdv.fr/0/default/empty.gif

Mais comment la France aurait-elle pu contourner ce piège centrafricain, tendu dès le départ ? Ne pas intervenir aurait renoué avec le pire cauchemar qui hante les nuits de l'armée française, celui du Rwanda, et les quelques forces présentes n'auraient pu qu'assister sans intervenir à un massacre à grande échelle. Or, si cette tragédie a été évitée sur le moment, rien ne prouve qu'elle ne rôde pas, prête à se déchaîner sitôt qu'une armée régulière aura tourné le dos. C'est donc là l'échec de l'opération Sangaris. Et c'est surtout cette terrible solitude française, livrée à ce qu'il faut bien appeler un égoïsme européen, pour ne pas dire un cynisme absolu, qui contraint notre armée à se livrer à un maintien de l'ordre quand sa fonction première est de combattre sur le terrain.

 

Comment la France aurait-elle pu contourner ce piège centrafricain, tendu dès le départ ?  


C'est ainsi qu'il faut entendre l'appel à l'ONU, que la France conjure de trouver coûte que coûte des renforts suffisants. À défaut de quoi, la haine déferlera en masse, et ses démons que l'on prétendait exorciser n'auront été que repoussés. Tous les jours, des corps ballonnés, putréfiés sont retrouvés. Des flots de réfugiés musulmans quittent le pays vers le Tchad ou le Cameroun. Le Nord est gonflé du flot de ces convois qui ne charrient plus que les souvenirs d'une vie laissée plus bas, et chaque heure qui passe aggrave le risque d'une partition du pays. Deux nations, deux confessions campées de part et d'autre d'une terre autrefois unie, voilà le pire des scénarios au cœur névralgique de l'Afrique. Ce serait alors comme une sombre implosion qui menacerait tout un continent.

Lu pour vous : L'édito : "Centrafrique, mission impossible"

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