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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 23:26

 

 

 

INTERVIEW

 

 

Michel Djotodia, autoproclamé président après le coup d’Etat contre François Bozizé en mars, a répondu à «Libération».

 

Michel Djotodia est le nouvel homme fort de Centrafrique. Président autoproclamé deux jours après que les rebelles de la Séléka ont conquis Bangui, le 21 mars, chassant du pouvoir François Bozizé, Djotodia s’est jusqu’à présent peu exprimé. Pour sa première interview à la presse écrite française, il reçoit dans sa résidence provisoire : une ancienne villa ayant appartenu à l’empereur Jean-Bedel Bokassa, au sein du camp militaire de Roux. Dans un bureau encore rempli de cartons, où traînent un livre de Barack Obama,un autre à propos de Machiavel mais aussi un supplément de l’Express sur «comment réussir ses interventions en public».

 

INTERVIEW

 

Centrafrique : «L’impunité, c’est fini» 

 

Par Maria Malagardis  18 SEPTEMBRE 2013 À 21:37

 

DÉCRYPTAGE

 

La France ne veut pas rejouer en Centrafrique le scénario malien

 

 Par Thomas Hofnung

 

La situation en Centrafrique préoccupe la communauté internationale et sera évoquée à l’ONU mercredi prochain. Qu’attendez-vous de cette réunion, à laquelle vous avez décidé de ne pas assister ?

 

La ministre des Affaires étrangères sera là pour expliquer notre position. Moi, j’ai mieux à faire à Bangui. Nous avons deux défis à résoudre dans un temps très court : la sécurité et l’aide humanitaire. Les deux sont liés. La situation humanitaire était déjà mauvaise dans l’arrière-pays avant notre arrivée au pouvoir ; elle s’est encore dégradée avec l’apparition de groupes nébuleux qui ont mené plusieurs attaques début septembre. A Bossangoa et à Bouca, dans le Nord-Ouest, des musulmans ont été brûlés vifs dans une mosquée ! A Bangui, en revanche, la sécurité s’est améliorée et nous allons aussi bientôt sécuriser les deux corridors routiers qui permettent de désenclaver le pays, avec l’aide de la Micopax [la mission de consolidation de la paix en Centrafrique sous l’égide des pays de la région, depuis 2008, ndlr]. Il est certain que nous avons besoin d’aide, nous le dirons à nouveau à New York, tout en insistant aussi sur nos intentions en matière de respects des droits élémentaires.

 

Redoutez-vous une dérive vers une guerre civile à connotation religieuse ?

 

En tuant des musulmans, on veut nous entraîner sur cette voie. Mais nous savons qui est derrière cette manœuvre : depuis l’étranger, le porte-parole de l’ex-président François Bozizé a revendiqué les attaques de Bossangoa et Bouca. Tous répondront de leurs actes devant la justice. D’ores et déjà, nous avons lancé un mandat d’arrêt international contre François Bozizé pour les crimes commis quand il était au pouvoir. Nous exigerons aussi [que soient traduits en] justice tous ceux qui veulent déstabiliser le pays. Mais les tensions entre communautés religieuses n’ont pas de réalité en Centrafrique, ça ne marchera pas.

 

La Séléka a pourtant elle aussi été accusée d’exactions et même d’avoir visé spécifiquement des chrétiens…

 

Vendredi, j’ai signé un décret pour dissoudre la Séléka. Mais une grande confusion s’est installée. La rébellion a démarré avec 5 000 hommes en décembre puis, au fur et à mesure de notre conquête vers le Sud, des gens nous ont rejoints. Au finale, nous avions 22 000 hommes au moment de la prise de Bangui ! Si on les chassait tous d’un coup, ce serait le chaos. Il faut les désarmer, ce qui est en train de se faire, puis réintégrer dans la nouvelle armée nationale ceux qui le souhaitent. Quant à ceux qui ont commis des exactions, ils seront jugés. L’impunité, c’est fini.

 

Vous n’avez pas peur de vous faire des ennemis ?

 

On peut avoir peur, mais ça ne sert à rien. Il faut prendre des risques, accepter les oppositions. Il y en aura.

 

Vous êtes le premier président musulman de la Centrafrique, pays à majorité chrétienne. Certains vous ont soupçonné d’être un islamiste…

 

Est-ce que je ressemble à un islamiste ? Regardez sur mon bureau, j’ai des exemplaires de la Bible et d’autres du Coran, et même une miniature de Jérusalem. Je suis musulman, je fais mes cinq prières par jour, mais ma mère est chrétienne, elle est à côté et si vous voulez je vais la chercher ! Elle lit la Bible tous les jours. Si nous avions voulu imposer un régime islamiste, ça se serait vu très vite.

 

Vous êtes arrivé au pouvoir par un coup de force, combien de temps comptez-vous rester à la tête de la Centrafrique ?

 

Nous suivrons les propositions de la communauté internationale, qui ne veut pas de transition qui excède dix-huit à vingt-quatre mois. Après, il y aura des élections et, ni moi ni aucun membre de mon gouvernement ne serons candidats. Je ne suis pas attaché au pouvoir. Je travaille parfois jusqu’à 1 heure du matin, ce n’est pas facile. Ma femme est béninoise, je me vois bien me retirer au Bénin. J’y ai vécu, j’y ai beaucoup appris sur la démocratie.

 

Interview de Michel Djotodia dans Libération

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