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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 00:22

 

 

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Ni le régime en place, ni la coalition séléka, ni le gouvernement d’union nationale de transition ne sont porteurs d’espérance pour le peuple centrafricain.


« La vie humaine est sacrée. Aucune raison ni ambition politique quelconque ne justifie de conquérir  le pouvoir par les armes, d’ôter la vie  d’autrui  ou de compromettre celle  des générations futures » -Franck SARAGBA-


« Bis répétita non placent », autrement dit, les choses répétées ne plaisent pas toujours. En replaçant cette locution latine dans le contexte chronique d’une impasse politique centrafricaine, les choses répétées ne semblent plaire qu’aux acteurs politiques et aux groupes rebelles qui y trouvent leur compte, ce, au détriment d’une population impuissante et traumatiser.


Les échecs réitérés des différents dialogues politiques n’ont pas servi de leçons. On reprend les mêmes méthodes et les mêmes pratiques foireuses, dialogues après dialogue. Toujours avec une surprenante précipitation, enrôlée d’une improvisation presque maladive et d’une incohérence totale dans les actes que l’on qualifierait d’irresponsable. Les mêmes acteurs politiques, ceux-là même qui se sont réclamés d’une certaine représentativité, d’une expérience en somme toute relative, d’une compétence indiscutable en matière de politique centrafricaine se sont rendu précipitamment à Libreville pour finalement bricoler  et se satisfaire à la hâte d’un pseudo accord. Lequel accord, par ses manquements et autres légèretés posent aujourd’hui davantage de problème qu’il n’en résout. Trois mois après la signature des accords de Libreville, Rien ou presque ne semble bouger.


Au regard de la mauvaise volonté affichée du régime en place pour respecter les termes de ces accords, au regard de l’incohérence notoire de la coalition Séléka avec sa base et des exactions graves commises sur la population par celle-ci dans l’arrière pays, au regard du mutisme et du manque de réaction du gouvernement dans son ensemble, on est en mesure de penser sans se tromper que ni le régime du général Bozizé, ni la coalition séléka, ni le gouvernement d’union nationale ne sont porteurs d’espérance pour le peuple centrafricain.


Dire cela, c’est tout simplement prendre notre responsabilité en faisant le constat objectif d’une situation scandaleuse et inacceptable, c’est tout simplement faire notre devoir de citoyen qui n’attend rien en retour et qui a le souci de voir son pays sortir de ce bourbier. Que l’on ne nous accuse pas à tort de faire du « griotisme » pour le compte d’un régime qui a lamentablement échoué et qui n’a plus rien à offrir au pays. Que l’on ne nous accuse pas à tort d’être au service de la  rébellion alors que nous condamnons avec vigueur  les actions des éléments de la coalition séléka qui continuent à massacrer gratuitement notre généreuse population, pourtant  au nom duquel  les différents groupes de rebelles, la fleur au fusil se sont coalisés. Que l’on ne nous accuse pas non plus de soutenir et de cautionner le très décevant silence et le manque de réaction d’un gouvernement dont on attendait beaucoup sauf de la passivité. La déception est à la hauteur des attentes suscitées. Nous estimons que ces trois entités ne jouent pas le jeu qui permettrait à notre pays de forcer un peu plus le destin afin de décanter la situation qui prévaut. Le peuple centrafricain est finalement pris entre le marteau et l’enclume.


D’une part, le régime en place et son président ont failli pour avoir régné seul en maitre absolu pendant dix bonnes années sur la destinée du pays avec les résultats que l’on connait. En dix ans de règne, un régime politique quelconque pourrait accomplir énormément de choses, or le régime actuel par son mode de gouvernement a plus que jamais divisé les centrafricains. Il a démontré son incapacité à rétablir l’autorité de l’état sur l’ensemble du territoire, permettant ainsi aux groupes rebelles d’essaimé comme des champignons nocifs sur l’ensemble du territoire national. Séléka n’est ni plus ni moins que l’émanation  de la mal gouvernance du régime en place. Si le régime avait prêté une oreille attentive à cette frange de la population délaissée pour diverses raisons, à ce qui n’étaient encore que des revendications corporatistes et identitaires avec la ferme volonté de résoudre le problème, la séléka n’aurait certainement pas existé. Le régime, pourra t-il réalisé demain ce qu’il n’a pas pu faire en dix ans ?  


D’autre part, la coalition séléka a démontré de quoi elle était capable malgré la signature des accords de Libreville. La base s’est désolidarisée de leurs chefs respectifs qui sont préoccupés pour l’heure à la préservation de leur fonction. Elle continue a massacré impunément  nos concitoyens tout en détruisant au passage les bâtiments administratifs, les églises, à violer les femmes… Autant de symboles et des valeurs d’une république laïque et tolérante qui interpellent. Aux oubliettes, les premières revendications corporatistes et identitaires qui sont justifiables d’ailleurs  à plusieurs égards. Fait désormais place,  la lutte armée pour la conquête du pouvoir de l’Etat par les armes. Les basses réclamations pour obtenir davantage de maroquins dans le gouvernement ont supplanté les nobles revendications du début. Il est vrai que le général Bozizé a déclaré qu’il est arrivé au pouvoir  par les armes et qu’il n’en repartira que par les armes. Cela ne dédouane pas Séléka des exactions commises sur notre population. Au nom de quoi et de quel principe révolutionnaire, la coalition séléka s’octroie le droit de prendre la pauvre population de l’arrière pays en otage. Les membres de la séléka doivent comprendre que cette population a déjà beaucoup souffert par le passé.  Séléka n’a pas vocation à gouverner en prétextant que c’est pour l’intérêt du peuple.


Par ailleurs, le silence  assourdissant du gouvernement par rapport à la libération des détenus politiques qui tarde à venir pose un véritable problème de droit mais aussi de conscience. l’inaction des membres du gouvernement, le manque de solidarité entre ceux-ci étonnent de plus en plus nos concitoyens. Les accords précipités et bâclés de Libreville dont nous avions relevés alors les insuffisances n’ont pas tardé a nous démontré malheureusement ce dont nous redoutions. Au-delà des accords de Libreville, notre pays souffre d’une crise systémique politique profonde et d’un manque de confiance entre les acteurs politiques. Un vrai remède pour une véritable transition pouvant conduire à une véritable alternance et non des ajustements de dernières minutes s’imposent.


 Conscients de la situation et des difficultés auxquelles sont confrontées notre pays, nous nous sommes inscrits dès lors  dans  une démarche positive et constructive. Nous avions pensé qu’il fallait taire nos susceptibilités, nos remarques, nos observations désobligeantes pour observer un silence absolu afin de permettre au régime en place ainsi qu’au gouvernement nouvellement constitué de travailler sereinement. Force est de constater que la mauvaise foi, la déloyauté, des manœuvres de blocage dans tous les sens du terme, des incompatibilités d’humeur, un manque de confiance, des attitudes irresponsables et autres ambitions que celle de sortir notre pays du chaos animent de part et d’autres les principaux acteurs.


L’état de grâce que la majorité de nos concitoyens ont observé et accorder depuis les fameux accords de Libreville aussi bien au régime en place, au gouvernement d’union nationale et à la coalition Séléka pour travailler ensemble dans l’intérêt du pays  semble s’étioler. Il  prend fin sans que rien ne semble bouger. Le pays entier s’est empêtré dans un statu quo nuisible.


En vérité, ni le régime du général bozizé, ni la coalition séléka, ni le gouvernement d’union nationale ne sont porteurs d’espérance pour le peuple centrafricain. Désormais, il appartient à toutes celles et ceux qui sont soucieux de notre chère patrie de prendre leur responsabilité  afin de s’organiser  autrement pour constituer un rempart. Il s’agit ici de notre survie en tant que peuple.

 

Franck SARAGBA

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion