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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 12:38
Affaire Uramin : Anne Lauvergeon mise en examen

 

AREVA

 

Par Emmanuel Fansten — 13 mai 2016 à 21:10

 

A l’issue de près de douze heures d’interrogatoire, l’ancienne patronne d’Areva est ressortie du pôle financier avec une mise en examen pour «présentation de comptes inexacts» et «diffusion de fausses informations».

 

Anne Lauvergeon n’a pas réussi à convaincre les juges. A l’issue de près de douze heures d’interrogatoire, l’ancienne patronne d’Areva est ressortie du pôle financier auréolée d’une mise en examen pour «présentation de comptes inexacts» et «diffusion de fausses informations». La voilà donc rattrapée sans surprise par la ténébreuse affaire Uramin, cette société minière canadienne achetée en 2007 pour 1,8 milliard d’euros, et dont les gisements se sont avérés inexploitables. Un des plus gros fiascos industriels de la décennie, également soupçonné d’être une vaste escroquerie. Accusé d’avoir profité d’informations privilégiées pour spéculer sur l’opération, le mari d’Anne Lauvergeon, Olivier Fric, a déjà été mis en examen fin mars pour «délit d’initié». Les juges cherchent désormais à comprendre quel a été le rôle exact de son épouse.

 

Dans un rapport publié en 2014, qui a servi de base à l’enquête judiciaire, la Cour des comptes a estimé que la responsabilité d’«Atomic Anne» dans le dossier Uramin était «incontestable», évoquant au passage des «faits de dissimulation». Depuis mai 2015, deux informations judiciaires distinctes sont en cours. Selon plusieurs documents internes dévoilés par Libération, Lauvergeon est soupçonnée d’avoir dissimulé des éléments à l’Etat actionnaire, mais aussi d’avoir maquillé les comptes annuels de l’entreprise pour masquer le désastre, ce qui lui vaut sa mise en examen. Après 2007, en dépit des alertes internes sur la pauvreté des gisements, Areva a continué à investir massivement dans ses mines. «Le train était parti et il ne fallait plus l’arrêter, a témoigné un ancien cadre devant les policiers. Personne n’a appuyé sur le frein.»

 

La nécessité de déprécier les actifs apparaît pourtant dès 2009, comme en attestent plusieurs notes. Mais c’est surtout en 2010 que la situation devient intenable. En mai, le directeur financier recommande une dépréciation d’au moins 1,4 milliard d’euros. Puis une autre de 1,84 milliard, six mois plus tard. Mais pour Lauvergeon, qui cherche alors à valoriser son bilan en vue de sa reconduction à la tête du groupe, cette dépréciation est inenvisageable. «Vous nous préparez très rapidement un plan minier qui permet d’économiser des investissements, aurait-elle intimé à ses équipes. Dans un an, on pourra raconter une autre histoireLes actifs d’Uramin seront bien dépréciés un an plus tard, à hauteur de 1,46 milliard d’euros, six mois après le départ de Lauvergeon. 

 

Emmanuel Fansten

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