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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 22:46

 

 

 

Par Anthony Fouchard (Contributeur, Le Monde Afrique, Bangui) LE MONDE Le 16.12.2015 à 19h18 • Mis à jour le 16.12.2015 à 19h34

 

Le casting a de quoi surprendre. C’est le colonel Gaspard Baratuza, porte-parole de l’armée burundaise aujourd’hui accusée d’exécutions extrajudiciaires à Bujumbura, qui est pressenti pour devenir le nouveau porte-parole de la Minusca, la force de l’ONU déployée en Centrafrique. Or son nom, qui commence à filtrer, provoque une telle levée de boucliers, notamment au siège de la mission onusienne à Bangui, que l’ONU cherche désormais un moyen de faire machine arrière. Et cela alors que le colonel Baratuza s’est déjà mis en route vers sa nouvelle mission et se trouve actuellement à Entebbe, en Ouganda.

 

Gaspard Baratuza est notamment soupçonné d’avoir minimisé, voire couvert, comme porte-parole de l’armée burundaise, des exécutions sommaires perpétrées entre la fin décembre 2014 et début janvier 2015 à Citiboke, au nord de Bujumbura, non loin des frontières rwandaises et congolaises. « Le porte-parole a nié que des personnes aient été tuées après leur reddition », explique l’ONG Human Right Watch qui affirme avoir rencontré des témoins certifiant que plusieurs personnes avaient été exécutées. Les Etats-Unis ont ouvert une enquête sur ces événements et suspendu leurs programmes de formation des forces burundaises en attendant le résultat.

 

Plus récemment, le 12 décembre 2015, trois camps militaires sont été attaqués simultanément au Burundi. C’est à nouveau le porte-parole Gaspard Baratuza qui a communiqué les premières estimations de victimes, parlant de « rebelles tués » et de « cadavres ennemis trouvés dans les rues ». Au moins 87 personnes ont été tuées lors de ces attaques. Beaucoup de témoins parlent d’exécutions extrajudiciaires.

 

La Minusca se rebiffe contre le colonel Baratuza

 

Le porte-parole actuel de la Minusca, le lieutenant-colonel Adolphe Manirakiza, est aussi burundais. Il arrive en fin de mission. « Ce n’est pas le Burundi qui nous pose problème, affirme une source au sein de la mission onusienne, sous couvert de l’anonymat. C’est la personne même de Baratuza. Il est lié à ses déclarations. La mission souffre déjà d’une mauvaise image, que nous nous efforçons de redresser, ce n’est pas pour se coltiner d’autres problèmes ».

 

Dès que la nouvelle de sa nomination en Centrafrique a commencé de se répandre, les activistes burundais se sont mobilisés sur les réseaux sociaux, créant même le hastag #SendBaratuzaback sur Twitter pour exiger le renvoi du colonel au Burundi et l’annulation de son affectation.

 

La Minusca confirme que Gaspard Baratuza est bien à Entebbe. Mais précise qu’il « n’a pas été encore été deployé ». La mission onusienne confirme aussi être « au courant des rapports pesant sur le colonel Baratuza » et s’être saisi de la question. D’autres sources affirment que l’ONU mène actuellement une enquête et qu’aucune décision ne sera prise avant la fin de celle-ci.

 

Après les allégations de viols à répétition en Centrafrique, la Minusca tente de redorer son blason. L’arrivée de Parfait Onanga-Anyanga comme nouveau représentant spécial des Nations unies et la nomination du général Bala Keita pour commander les casques bleus ont amorcé un tournant décisif. Plus de transparence, moins de scandale. Une sorte d’opération mains propres que le représentant spécial mène depuis son arrivée, faisant de la lutte contre l’impunité son cheval de bataille, notamment en ce qui concerne les accusations de viols ou de maltraitances présumées, commises par des casques bleus.

 

« Si jamais [le colonel Baratuza] arrivait ici malgré tout ça, son affectation serait annulée par le chef de la mission lui-même », affirme une source proche de Parfait Onanga-Anyanga. « Quelle image cela renverrait d’associer cette personne à la Minusca ? Rien de bon, c’est sûr », conclut cette même source.

 

Anthony Fouchard  Contributeur, Le Monde Afrique, Bangui


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/12/16/centrafrique-la-mission-de-l-onu-ne-veut-pas-d-un-porte-parole-burundais_4833378_3212.html#huaad5oUj1FjppRJ.99

Lu pour vous : Centrafrique: la mission de l’ONU ne veut pas d’un porte-parole burundais

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