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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 14:52

 

 

 

 

GENEVE, Suisse, 3 octobre 2014/African Press Organization (APO)/ -- Meurtres de civils, violences physiques à l'encontre de la population, destruction d'habitations et de commerces, ou encore attaques contre des secouristes : la liste des violations quasi quotidiennes du droit international humanitaire est longue. Agir au plus vite pour sauver des vies est impératif. Rappeler les règles du droit international humanitaire qui protègent les civils et convaincre ceux qui portent des armes de la nécessité de respecter ce droit est tout aussi essentiel.

« Faire connaître les règles de base du droit international humanitaire, comme celles qui interdisent d'attaquer des blessés ou de prendre pour cible un véhicule sanitaire, est une des priorités du CICR en République centrafricaine, explique Jean-François Sangsue, chef de la délégation du CICR à Bangui. Les parties au conflit ont une influence directe sur le sort des victimes. Elles doivent donc connaître ces règles, les respecter et les faire respecter. »

 

Le défi est immense : comment préserver un peu d'humanité quand la haine est si forte, quand le désir de vengeance semble tout justifier ? Comment former aux règles de base du droit international humanitaire les groupes armés et les civils qui prennent les armes pour combattre à leurs côtés alors que le chaos, l'insécurité et l'impunité règnent dans le pays ? C'est à ces difficultés que le CICR cherche à faire face jour après jour en République centrafricaine, en menant une action humanitaire neutre et impartiale et entretenant un dialogue nourri et régulier avec les parties au conflit et tous ceux qui participent à la violence armée. L'objectif est double : d'une part, favoriser un meilleur respect des règles du droit international humanitaire et de celles applicables aux opérations de maintien de l'ordre et, d'autre part, faire en sorte que les équipes du CICR, de la Croix-Rouge centrafricaine et des autres composantes du Mouvement international Croix-Rouge et Croissant-Rouge puissent accéder en toute sécurité aux personnes qui ont besoin d'aide et à celles privées de liberté. Le CICR organise des rencontres, sous forme de formations ou de séances d'information adaptées à chaque public, avec les porteurs d'armes (groupes armés, forces internationales, gendarmerie, police, civils armés participant aux affrontements) en vue d'assurer un meilleur respect et une meilleure protection de la population civile ainsi que des blessés, des malades et des détenus.

 

Depuis le début de l'année, des centaines d'éléments issus des groupes armés anti-balaka et ex-Séléka ont participé, à Bangui et dans les provinces, à des séances d'information sur les principes essentiels du droit international humanitaire, comme l'interdiction d'attaquer la population civile ou l'obligation de respecter la dignité humaine ainsi que la mission médicale. À Bambari, Kaga Bandoro, Kabo, Dekoa et Boda, c'est le même message qui a été répété à ces parties au conflit.

 

« C'est une action qui s'inscrit dans la durée, précise Jean-François Sangsue. Il faut maintenir le contact et expliquer et diffuser sans relâche les règles de base du droit international humanitaire en vue de promouvoir son respect. Une meilleure connaissance de ce droit peut contribuer à prévenir les violations. »

 

Sur le plan international, le CICR est en contact avec l'ensemble des forces étrangères, régionales et multinationales présentes dans le pays. En prévision du transfert de responsabilités entre la MISCA (Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine) et la MINUSCA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine), certains contingents militaires ou de police des pays contributeurs de troupes ont suivi des séances d'information ou de rappel sur le droit international humanitaire et les droits de l'homme. Dans certains pays, le CICR forme aussi les troupes en partance pour une mission des Nations Unies. Ainsi, les contingents rwandais, sénégalais, cambodgien et tunisien ont participé dans leurs pays respectifs à des formations sur le droit international humanitaire organisées par les équipes du CICR présentes sur place. Deux jours après l'entrée en fonction officielle de la MINUSCA, le CICR a en outre rencontré à Bangui les commandants des contingents et les membres de l'état-major de la nouvelle Mission. Cette réunion a été l'occasion de discuter de certaines problématiques humanitaires et de la collaboration attendue avec la composante militaire de la MINUSCA, dans le sillage de celle instaurée précédemment avec la MISCA. Sur le plan européen, le CICR est en contact régulier avec l'Eufor (Force de l'Union européenne) ainsi qu'avec la force française Sangaris, partie au conflit.

 

« Depuis le début du mois de septembre, les forces de sécurité du pays sont en cours de formation et de reconstitution, explique Anand Appadoo, délégué du CICR chargé de la formation des unités de police. Nous intervenons dans le cadre de la formation de plus de 300 éléments de la police et de la gendarmerie centrafricaines. La conduite et le comportement à observer au regard du droit international des droits de l'homme sont au cœur de l'apprentissage. »

 

Des civils ont également participé aux violences. C'est pourquoi les équipes du CICR s'emploient aussi à sensibiliser les communautés, dans les quartiers et les villages. À Bangui, Ndélé, Kaga Bandoro et Bambari, des rencontres ont été organisées périodiquement avec des leaders communautaires et religieux ainsi qu'avec des associations de jeunes. Au cours de ces rencontres, il est question des problématiques humanitaires auxquelles la population est confrontée, mais aussi des règles les plus élémentaires d'humanité que chacun est tenu de respecter.

 

Enfin, en étroite collaboration avec la Croix-Rouge centrafricaine, le CICR forme des représentants des communautés ainsi que des membres des groupes armés aux techniques de secourisme et d'aide médicale d'urgence. La plupart des membres des groupes armés n'ayant pas bénéficié d'une formation aux premiers secours, ils ne sont souvent pas en mesure de prendre en charge correctement les blessés au combat. Pour les hommes armés comme pour les civils, la connaissance des gestes qui sauvent est d'autant plus importante que les structures de santé sont peu nombreuses dans le pays et souvent éloignées des zones de combats – lorsqu'elles n'ont pas été détruites ou vidées de leur personnel.

 

Du 21 août au 25 septembre 2014, le CICR, en collaboration avec la Croix-Rouge centrafricaine, a par ailleurs :

 

• assuré plus de 11 000 consultations, plus de 350 hospitalisations, plus de 90 interventions chirurgicales et plus de 90 accouchements dans les hôpitaux et centres de santé de Bangui, Kaga Bandoro et ses environs ;

 

• réuni avec leur famille 8 enfants séparés à la suite du conflit, dont un qui avait été enrôlé dans un groupe armé, et permis à 25 personnes de rétablir le contact avec leur famille ;

 

• remis un kit médical d'urgence pour soigner 1 000 personnes à la maison d'arrêt et de correction de Bangui ;

 

• construit un réservoir de 70 000 litres afin de renforcer la capacité de stockage d'eau et de consolider ce service sur le site de l'aéroport de Bangui ;

 

• sensibilisé plus de 21 000 personnes aux bonnes pratiques en matière d'hygiène et d'assainissement ;

 

• fourni quotidiennement de l'eau potable à la ville et l'hôpital de Ndélé pour assurer l'approvisionnement de plus de 10 000 personnes ;

 

• fourni une assistance alimentaire à quelque 17 000 personnes déplacées sur sept sites à Bangui ;

 

• vacciné 3 000 bœufs contre la péripneumonie contagieuse bovine dans la région de Kaga Bandoro.

 

Durant la même période, les équipes du CICR ont en outre rendu visite à plus de 400 détenus pour évaluer leurs conditions de détention et leur traitement.

 

République centrafricaine : rappeler sans relâche les règles d'humanité

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