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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 02:55

 

 

 

 

 

 

http://www.guineeconakry.info/    10.02.2014 01:16

 

Si c’est en raison de son incapacité à venir à bout du chaos et de l’anarchie qui règnent en République centrafricaine que la France avait poussé Michel Djotodia à la sortie, elle devrait reprendre avec la nouvelle présidente, Catherine Samba Panza. En effet, depuis son élection il y a deux semaines, la nouvelle cheffe d’Etat, elle non plus, n’arrive pas à canaliser la furie meurtrière des milices qui font valoir leur loi à Bangui et en province. Les assurances qu’elle semble avoir obtenu du médiateur Denis Sassou Nguesso ne suffisent pas. Même l’annonce de la venue du ministre français de la défense, Jean-Yves Le Drian ne dissuade personne. Au contraire, comme pour dire à ce dernier qu’ils ne se laissent pas impressionner, les soldats de l’opération Sangaris, les miliciens se sont laissé aller à une série de violences qui ont culminé hier, avec la mort Jean-Emmanuel Ndjaroua, membre du CNT (parlement provisoire). Avec cet assassinat, la crise en RCA gravit à coup sûr un nouveau palier : l’assassinat politique. Pour les différents acteurs impliqués dans cette crise, on n’est pas loin de l’énigme centrafricaine... 

 

Le problème est en effet d’autant plus énigmatique qu’aucune des pistes de solutions jusqu’ici élaborées ne semble marcher. On y a en effet déployé tout d’abord des soldats africains, mais les tueries à caractère confessionnel n’avaient pas ralenti. Estimant que lesdits soldats étaient non seulement en sous-effectif, mais aussi sous-équipés, la France avait alors décidé d’y envoyer ses propres soldats.

 

François Hollande avait alors les souvenirs heureux de l’intervention éclair au Mali. Mais dans le cas de la Centrafrique, certains avaient très tôt mis en garde contre une erreur dans l’évaluation des risques. Mais dans un premier temps, personne n’avait pris la peine d’écouter ces critiques. Cependant, les violences continuant et les risques de déstabilisation du pays et de la région augmentant, la France s’est rendue à l’évidence. Sauf qu’elle n’était plus en mesure d’accroitre son contingent, encore moins libérer plus de ressources financières.

 

Alors, Hollande trouve en Djotodia le bouc-émissaire. Le pauvre ne peut que se plier à la loi du plus fort. Mais au regard de la situation qui prévaut toujours dans ce pays, c’est à se demander si son départ ne lui est pas plus bénéfique. En effet, sa successeur, en dépit d’un volontarisme des plus évidents, peine à restaurer la sécurité et l’ordre. Miliciens anti-balaka et ex-Séléka continuent à s’affronter par musulmans et chrétiens interposés. Ils ne se laissent point dissuader par la présence des soldats étrangers. Ne sachant à quelle solution se vouer, Mme Catherine Samba Panza s’envole alors pour Brazzaville où elle va se confier au médiateur Dénis Sassou Nguesso. Dans la foulée, la procureure de la Cour pénale internationale brandit la menace de poursuites contre les auteurs des crimes. De son côté, le ministre français de la défense initie une visite dans la région. Comme pour se moquer de toutes ces initiatives, les miliciens font reprendre les hostilités de plus belle. Conséquence, depuis samedi dernier, ce sont onze nouvelles personnes qui sont assassinées à Bangui même. On tire les uns à bout portant. On lunche les autres. Tout cela sur fond de pillage. Mais toutes les victimes de ce week-end sanglant, la mort du parlementaire mort Jean-Emmanuel Ndjaroua demeure le plus emblématique. D’abord, il y a qu’avant lui, deux de ses enfants avaient été emportés par la crise. Ensuite, sa mort semble résulter de son engagement en faveur du retour de la sécurité. En effet, ce serait après qu’il ait énergiquement interpellé le gouvernement au sujet de l’insécurité qui continue à sévir dans le pays qu’il a été assassiné. Est-ce un message à tous ceux qui voudraient lui emboiter le pays ? Très certainement !

  

Boubacar Sanso Barry


Journaliste-rédacteur  GuineeConakry.info

Lu pour vous : CENTRAFRIQUE, Un pays toujours ingouvernable

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