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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 20:45

 

 

 

 

 

Par Le Nouvel Observateur avec AFP  Publié le 15-02-2014 à 14h17Mis à jour à 15h59

 

Selon Jean-Yves Le Drian, "le niveau de haine et de violence est plus important que celui qu'on imaginait".

 

Jean-Yves Le Drian a estimé samedi 15 février que l'opération militaire française pour stabiliser la Centrafrique serait plus longue que prévu, au lendemain de l'annonce de l'envoi de 400 soldats français supplémentaires dans ce pays.

 

Je crois que ça sera plus long que prévu, parce que le niveau de haine et de violence est plus important que celui qu'on imaginait", a déclaré le ministre de la Défense sur France Inter.

 

Une opération militaire "ne se décrète pas comme du papier à musique, il faut s'adapter, se rendre compte des situations et répondre au besoin de sécurité en fonction des événements", a-t-il expliqué. Lors du lancement de l'intervention française, début décembre, le président François Hollande avait évoqué une opération "rapide".

 

Mais Paris a décidé vendredi, à la demande notamment du secrétaire général des Nations unies Ban Ki Moon, d'envoyer 400 soldats supplémentaires en RCA, ce qui portera à 2.000 les effectifs français dans le pays.

 

A partir du moment où on s'oriente vers une opération de maintien de la paix au niveau des Nations unies, je pense que cet accroissement de notre présence était indispensable", a souligné le ministre.

 

"Au début d'une opération militaire, on ne peut pas dire à l'avance à quel moment elle finira", a-t-il fait valoir : "Les opérations militaires sont toujours difficiles, s'adaptent en fonction des circonstances, mais nous sommes tout à fait déterminés à ce que la Centrafrique garde son intégrité et que progressivement la sérénité revienne, pour permettre à tous les Centrafricains de vivre ensemble."

 

"Une sécurité de proximité"

 

Jean-Yves Le Drian a souligné qu'il avait constaté lors de sa visite mercredi à Bangui qu'"il fallait renforcer certains points" :

 

"Il est tout à fait nécessaire de garantir notre présence, c'est la raison pour laquelle le président de la République a décidé de renforcer les forces françaises de Sangaris pour lutter contre toutes les formes d'insécurité, à Bangui et dans l'ensemble de la République centrafricaine", a-t-il expliqué. Selon le ministre, "il fallait renforcer, mais aussi faire en sorte que la sécurité quotidienne soit assurée".

 

"Beaucoup d'exactions" continuent d'être perpétrées en RCA, a-t-il souligné, en raison notamment des rivalités entre les miliciens de l'ex-Seleka, musulmans, et les anti-balaka, majoritairement chrétiens. "L'important aujourd'hui c'est la sécurité de proximité [...] C'est pourquoi la présence de gendarmes est indispensable, pour que progressivement l'Etat centrafricain ait les outils de sa propre sécurité intérieure, avec aussi la nécessité de renforcer la chaîne judiciaire", a-t-il poursuivi.

 

On est à un passage entre une force d'intervention militaire et la nécessité d'une sécurité de proximité qui va venir et à laquelle les forces françaises apporteront leur soutien et leur capacité de formation", a-t-il conclu.

 

Opération de désarmement

 

Ces déclarations interviennent alors que les forces internationales ont mené samedi à Bangui une vaste opération de désarmement des anti-balaka, des miliciens majoritairement chrétiens accusés de crimes atroces contre la minorité musulmane et auxquels la présidente intérimaire a déclaré "la guerre".

 

Les responsables militaires de l'opération française Sangaris et ceux de la force de l'Union africaine (Misca), qui tentent de mettre fin à la crise dans ce pays livré aux pillages et aux massacres inter-religieux depuis bientôt trois mois, avaient durci le ton ces derniers jours, prévenant qu'ils feraient usage de la force.

 

La Centrafrique a sombré dans le chaos depuis le coup d'Etat en mars 2013 de Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle Seleka, à dominante musulmane, contraint à la démission le 10 janvier. Face aux rebelles de la Seleka se sont peu à peu constituées des milices locales d'autodéfense, issues des régions rurales à dominante chrétienne : les anti-balaka, littéralement "anti-machette", qui ont à leur tour semé la terreur dans Bangui et en province.

 

Après le départ du président Djotodia, et le désarmement et le cantonnement des éléments de la Seleka menés par les soldats de Sangaris, les anti-balaka s'en sont pris systématiquement aux civils musulmans, multipliant lynchages et pillages, conduisant ONG et ONU à dénoncer un nettoyage ethnique.

 

Ratissage dans le quartier Boy Rabe

 

L'opération de ratissage menée samedi, la plus importante depuis le début de Sangaris en décembre, a débuté peu avant 6h sur un large périmètre du quartier Boy Rabe, fief banguissois des milices anti-balaka.

 

Elle a permis "l'interpellation d'une dizaine d'individus", selon le procureur de la République Ghislain Grésenguet, ainsi que la saisie d'armes diverses - armes automatiques, fusils de chasse, grenades - et de nombreuses munitions. 

 

Toutefois, l'un de ses "objectifs" - l'arrestation de Patrice Edouard Ngaissona, qui se présente comme le "coordonnateur politique" des anti-balaka -, n'a pas été atteint. 

 

"Ils n'ont pas réussi à me prendre, j'étais sorti. Il faut qu'on me dise pourquoi on me cherche", a affirmé Edouard Ngaissona, joint par téléphone.

 

Le "gros poisson" manqué

 

Quinze minutes après l'encerclement de sa maison par les forces africaines, des explosions de grenades et des tirs ont été entendus. Selon une source militaire, "face à l'agression des occupants de la maison, des éléments de la Misca ont tiré en l'air".

 

Le procureur a regretté qu'Edouard Ngaissona ait pu échapper à une interpellation. "C'était le gros poisson qu'il fallait prendre", a-t-il dit.

 

Parmi les personnes interpellées figure le lieutenant Hervé Ganazoui, "en charge des opérations à l''état-major' anti-balaka", a déclaré Emotion Brice Namsi, qui se présente comme un porte-parole des miliciens.

 

L'opération s'est achevée aux alentours de 10h. Les véhicules des Sangaris et de l'Union africaine sont repartis sous les huées des habitants qui scandaient notamment: "Cassez-vous ou on va s'occuper de vous !".

CENTRAFRIQUE : "Ça sera plus long que prévu" (Le Drian)

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