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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 11:54

 

 

 

 

http://www.lavoixdefrance.fr

 

Alors que la France reste engagée au Mali, Paris vient de déployer 1 600 hommes en Centrafrique. Leurs objectifs: rétablir l'ordre, désarmer les milices et assurer un cadre favorable à une transition apaisée. Mais sur place, la situation est explosive et les partenaires européens de la France sont aux abonnés absents.

 

Depuis la fuite de l’ancien dictateur François Bozizé, une anarchie complète règne sur la Centrafrique. En s’emparant du pouvoir par la force, le 24 mars dernier, les milices de la Seleka, ont achevé de désintégrer les derniers reliquats de l’État. Elles ont également commis de très nombreuses violations des droits de l’Homme. Les victimes se comptent par centaines.

 

C’est dans ce contexte particulièrement tendu que les militaires français se sont déployés sur place. L’opération Sangaris, légale au regard du droit international puisque la France a obtenu un mandat des Nations Unies, a entraîné un effet pervers : des milices d’auto-défense, essentiellement composées de Chrétiens, mènent des actions de représailles contre les membres de la Seleka (terme qui signifie "coalition"), d’obédience musulmane.

 

Hollande au cœur d'une situation inextricable 

 

Pour Serge Michaïlof, chercheur associé à l’IRIS (Institut des relations internationales et stratégiques), "François Hollande s’est retrouvé pris au piège d’une situation inextricable. En intervenant militairement, il prend le risque de l’enlisement. S’il avait décidé de ne rien faire, il aurait été taxé d’indifférence au sort d’une ancienne colonie française". Cet ancien directeur des opérations de la Banque de développement ne cache pas son inquiétude : "la situation n’est pas du tout la même qu’au Mali, où l’État, le ministère des Finances en particulier, continuait de fonctionner. À Bangui, il n’y a plus rien".

 

Une situation qu’il attribue à des raisons démographiques. Grande comme la France et la Belgique, la Centrafrique ne compte que 5 millions d’habitants. "Les Centrafricains ne sont tout simplement pas assez nombreux pour entretenir des infrastructures de base, les routes notamment, et administrer leur territoire".

 

Autre point noir, celui constitué par la désagrégation des forces de sécurité : "il faut désormais reconstruire une armée, une gendarmerie, une police. Ce sont des tâches très difficiles à réaliser dans un pays multi-ethnique comme celui-là", précise Serge Michaïlof. Le pays est en effet partagé entre une majorité chrétienne et animiste et une minorité musulmane.

 

Et le chercheur de l’IRIS de s’interroger sur les moyens déployés pour stabiliser le pays : "Aux 1 600 soldats français s’ajoutent quelques milliers de soldats africains. Ces derniers ne sont ni formés, ni équipés pour mener à bien leur mission. Reste donc les forces françaises. Mais que peuvent faire quelques centaines d’hommes dans un pays aussi vaste ?"

 

L'Europe, la grande absente


La crise centrafricaine souligne une nouvelle fois l’absence d’une force de réaction européenne. Les partenaires de la France au sein de l’Union européenne soutiennent Paris mais seulement sur le principe car aucun autre État n’a envoyé de troupes sur place. Quant à une éventuelle aide financière, elle tarde à se mettre en place.

 

Un manque de soutien qui risque de se faire particulièrement sentir dans les mois qui viennent car cette opération s’annonce risquée, comme en atteste la mort de deux soldats français à la mi-décembre. Comment, en effet, organiser des élections démocratiques alors même qu’il n’ y a plus d’état civil. Serge Michaïlof espère "une intervention des Nations Unies, avec ce que tout cela implique en terme de dispositifs et de moyens déployés. Car la France, seule, ne peut rien faire."

 

 

 

 

Lu pour vous : CENTRAFRIQUE : LES MÂCHOIRES DU PIÈGE SE REFERMENT SUR LA FRANCE

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