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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 18:45

 

 

 

 

 

Les Afriques. 12 décembre 2013

 

Président du Mouvement démocratique pour la renaissance et l'évolution de la Centrafrique (Mdrec), Joseph Bendounga, chargé de l'élevage et de l'industrie animale, espère tisser une relation commerciale très forte avec le Maroc, malgré l'instabilité dans son pays.

 

Les Afriques : Pour une première visite au Maroc, quelles sont vos impressions ?

 

Joseph Bendounga : Effectivement, disant que c'est ma première visite physique du Maroc. Si non, ce n'est certainement pas mon premier contact avec le Maroc. L'internet a fait du monde un petit village planétaire. En effet, à la base je suis un agriculteur et un aviculteur. Un jour, alors que j'étais confronté à des problèmes de poussins, en faisant des recherches je suis tombais sur le site web de la FISA, la Fédération marocaine interprofessionnelle du secteur avicole. Grâce aux instructions de cette association des professionnels intervenants dans l'aviculture, j'ai pu résoudre les soucis que j'avais. C'était mon premier contact avec le Maroc. Par la suite j'ai commencé à importer des poussins du Maroc.

 

LA : Quels sont les objectifs de votre visite aujourd'hui au salon avicole de Casablanca ?

 

J.B. : Je viens en réponse à l'invitation de la FISA. Et je suis là en tant que ministre de l'élevage et de l'industrie animale de la République Centrafricaine, un pays en pleine crise, et il faut dire que c'est le monde rural qui souffre le plus. L'agriculteur n'a pas les moyens pour accomplir sa tâche quotidienne, puisqu'il est menacé en permanence. Les agriculteurs sont obligés d'abandonner leurs villages et leurs terres, les éleveurs sont agressés au sein même de leur campement. Malheureusement, il se trouve que les 2 piliers de l'économie centrafricaine, à savoir, l'agriculture et l'élevage, sont menacées. Aujourd'hui, la Centrafrique qui avait un cheptel de 5 millions de bovin n'a pratiquement plus de bovin.

 

LA : Sachant que l'agriculture représente 55% du PIB de la République Centrafricaine, comment peut-on dilapider, aussi maladroitement, un cheptel 5 millions de bovins ?

 

J.B. : L'insécurité. C'est dû, essentiellement, à l'insécurité. Les rebelles se nourrissent des vaches, et des bœufs domestiques enlevés aux villageois et aux éleveurs qui sont souvent tués et kidnappés. Ainsi, la famine s'est installée. Ma mission en tant que membre de l'opposition démocratique, mon parti politique, qui a accepté de participer au gouvernement à un moment où la Centrafrique se trouve à la croisée des chemins, est de relancer l'élevage le plus rapidement possible. Et automatiquement, qui dit élevage dira la relance du secteur agricole. Il faut dire que l'agriculture en République Centrafricaine est une économie familiale, de proximité, une activité qui permet aux ménages d'avoir de la protéine et d'avoir des sources de revenus. Notre 2ème objectif est de moderniser l'agriculture. Il faut dire, que rien que pour la ville de Bangui, nous avons recensé 1 000 agriculteurs, dont la majorité a cessé d'exercer, et nous sommes en train de les encourager à travers, notamment, des financements public-privé.

 

LA : Pouvez-vous nous expliquer d'avantage la forme sous laquelle se développent ces financements ?

 

J.B. : Récemment, nous avons pu obtenir un programme d'aide de la part de la FAO ( Ndlr : Food and Agriculture Organization). L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture nous distribue quelques aliments et des produits vétérinaires. Les agriculteurs retrouvent petit à petit leur activité.

 

LA : Est-ce qu'on peut dire qu'en quelque sorte, vous vous êtes imprégnés au Maroc de l'expérience marocaine ?

 

J.B. : Depuis plusieurs années, nous importons des poussins du Maroc, et il se trouve que nos éleveurs ne peuvent plus importer faut de moyen de transport. En effet, Royal Air Maroc refuse de nous transporter les poussins. Royal Air Maroc déserte toujours la Centrafrique avec la cadence de deux vols par semaines, mais il se trouve que la capacité du Boeing 737 ne leur permet pas de prendre les passagers, leurs bagages et les poussins. Par ailleurs, je suis au Maroc pour identifier les opérateurs économiques du secteur de l'aviculture avec qui on peut coopérer.

 

LA : Justement, est-ce que vous avez pu évoquer le souci logistique avec des responsables marocains ?

 

J.B. : Effectivement, j'ai pu échanger avec le ministre de l'Agriculture marocain, Aziz AkhAnnouch. Ce dernier, m'a rassuré que lors de ma prochaine mission au Maroc il veillera à une rencontre avec le PDG de la RAM pour qu'on puisse trouver une solution à ce problème.

 

LA : Que retenir de votre visite ?

 

J.B. : Au Salon de Casablanca, j'ai pris contact avec presque la totalité des exposants. J'ai pu discuter avec des éleveurs et des industriels de l'aviculture marocains. En effet, j'ai signé un contrat avec une ferme marocaine pour importer 20 000 poussins. On va les transporter au compte du gouvernement centrafricain, sous forme de 5 000 poussins par expédition. Pour moi, le salon a une grande dimension pédagogique. Je vous assure que l'année  prochaine je reviendrai avec une grande délégation de docteurs vétérinaires d'ingénieurs et de techniciens d'élevage. Dans ce cadre, j'invite les opérateurs marocains de l'aviculture à venir investir en République Centrafricaine.

 

LA : Avez-vous remarqué la volonté d'aller investir en Centrafrique chez quelques aviculteurs marocains ?

 

J.B. : Les marocains étaient les premiers à venir en Centrafrique, ils étaient, essentiellement, des commerçants de diamants et de bijoux. Pour des raisons d'insécurité, plusieurs ont préféré quitter le pays. Par ailleurs, la proximité du Maroc de l'Europe lui donne l'avantage d'être un relais de savoir-faire dans plusieurs secteurs. Il est à souligner que notre coopération ne serait que bénéfique pour les deux pays. Le Maroc qui importe, par exemple, du maïs du Brésil, peut très bien l'importer de chez nous, sachant que, sans irrigation nous produisons deux à trois récoltes de maïs par an.

 

LA : Un mot sur la situation actuelle en Centrafrique ?

 

J.B. : La situation est inquiétante. L'homme politique en Centrafrique n'a pas su créer un modèle de société pour le développement de notre pays. Désormais, notre mérite est d'avoir une grande volonté de changer la situation.

 

Propos recueillis par Sanae Taleb, Casablanca

 

 

 

INTERVIEW DE JOSEPH BENDOUNGA, MINISTRE CENTRAFRICAIN DE L'ELEVAGE ET DE L'INDUSTRIE ANIMALE RCA, MENACE SUR LE SECTEUR PRIMAIRE.

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