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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 13:07

 

 

 

 

Les dix ans de « démocrature » imposée au Peuple centrafricain par le régime cynique du Président Bozizé et son clan ont mis notre pays la République centrafricaine dans un état de déliquescence sans précédent, caractérisé par l’absence de l’Autorité de l’Etat et de l’Etat de droit, la corruption généralisée, l’insécurité chronique, l’économie moribonde, la gabegie maladive, le clientélisme exacerbé, etc. Centrafrique est devenu un véritable champ de ruine où, dans tous les domaines, tout est à RECONSTRUIRE.

 

L’autisme du pouvoir KNK (parti de l’ancien Président) et l’égocentrisme de ses partisans ont fini par inciter un essaim de groupes armés hétéroclites à prendre  les armes pour mettre un terme à cette situation intenable.

 

Ainsi, depuis le 24/03/2013, date du renversement du régime dictatorial de ce dernier, cette situation déjà chaotique s’est-elle littéralement amplifiée. Le peuple centrafricain traverse tout à coup une période particulièrement éprouvante de son histoire ; période marquée par les scènes de violences récurrentes, de pillages monstrueux, de viols et assassinats abominables, etc. C’est ici l’occasion de réitérer l’expression de la condamnation la plus ferme de  tous ces crimes perpétrés contre la population civile innocente et d’adresser aux victimes et à leurs familles toute la solidarité et la compassion patriotiques pour les horreurs subies.

 

Cela dit, au-delà d’un simple soubresaut politique (comme les centrafricains en ont l’habitude), cette énième crise politico-militaire a provoqué un grand chambardement qui allait anéantir complètement la vitalité du pays. La république centrafricaine a perdu tout ce qui fait d’une nation un Etat ; il n’y a plus d’administration, plus d’armée, plus de tissus économiques, plus d’écoles, plus d’hôpitaux, plus de structures sociales et culturelles, bref, en un mot, PLUS RIEN. Les organes de transition mis en place avec l’aide de la communauté sous régionale pour travailler ensemble à une sortie de crise fonctionnent de façon totalement bancale. La mésintelligence permanente de leurs dirigeants rend inefficaces et incohérentes toutes les actions qu’ils mènent en faveur de la sécurisation et du rétablissement de l’ordre dans le pays depuis bientôt six mois. De ce fait, tous les efforts déployés jusqu’à présent par les nouvelles autorités n’ont nullement contribué à améliorer durablement la situation. Chaque jour qui se lève en Centrafrique amène son cortège de malheurs en tout genre (vols, viols, enlèvements, assassinats) qui amenuise tout espoir d’une vie meilleure dans ce pays.

 

Devant l’extrême gravité de cette crise politico-militaire qui prend dangereusement une tournure interconfessionnelle (et maintenant ethnique avec l’entrée en rébellion du Général Bozizé) et dont les conséquences dramatiques sur les populations civiles sont de plus en plus insoutenables, il faut se résoudre à penser qu’il sera difficile, voire impossible, à la république centrafricaine de se relever seule de cette situation. N’ayant plus la force et l’énergie nécessaires pour braver cette crise de trop, ce pays qui a connu les différentes étapes de l’autodestruction (« le fameux grâce à Dacko », les mutineries, les conflits interethniques, et maintenant  l’occupation par des forces étrangères extrémistes) est au bord du précipice et de la « somalisation » (dixit le Président français F. HOLLANDE). Cela en dit long sur l’incapacité de la classe politique tout entière à trouver des solutions alternatives assorties, à la fois, d’un véritable consensus politique global et d’un vrai sursaut démocratique.  Dans ces conditions, comment ne pas envisager la mise sous tutelle d’un Etat qui ne l’est plus de fait, qui ne peut plus assumer sa mission régalienne, qui ne peut plus poser un acte de souveraineté digne d’un Etat indépendant, et dont les autorités ne contrôlent plus rien en réalité ?

 

Pour comprendre la pertinence de cette interrogation, il suffit de jeter un regard rétrospectif et synoptique sur la situation de Centrafrique de ces trente dernières années  pour se rendre compte que la succession des crises qui ont émaillé son histoire socio-politique depuis le coup d’Etat de 1979 à celui de 2013 en passant par celui de 2003 ont atteint un certain paroxysme tel qu’elles dépassent aujourd’hui toutes les limites du tolérable. Au-delà du drame actuel que vit le peuple centrafricain au quotidien, se profilent d’autres crises majeures (sociale et surtout humanitaire) aux conséquences tout aussi épouvantables auxquelles ce pays ne saura faire face parce qu’essoufflé par la recrudescence des vieux démons ; en témoignent d’autres rébellions en action ou en gestation (entre autres, celle pourtant d’un ancien Président de la république). Vraiment indigne et écœurant !

 

Du fait de la destruction à grande échelle du tissu économique, l’équilibre social est gravement fragilisé et pourrait déboucher sur d’autres impondérables encore plus catastrophiques. Le gouffre financier laissé par le régime précédent (dettes colossales, malversations énormissimes, etc.) ainsi que les difficultés des autorités actuelles à exercer un contrôle sur les ressources du pays sur l’ensemble du territoire national font courir à notre chère patrie le risque d’une banqueroute, tant toutes ces ressources génératrices de richesses ont fait les frais de l’appétit dévastateur de groupes armés extrémistes introduits sur le sol centrafricain, et qui sont d’ailleurs de plus en plus difficile à contenir, même par leurs chefs respectifs.

 

Afin d’éviter à la nation centrafricaine des lendemains apocalyptiques tant redoutés, je recommande la mise sous tutelle de l’Organisation des Nations Unies de la République centrafricaine, et incite tous les compatriotes à lever le tabou sur le sujet, à en débattre, à envisager des actions dans ce sens pour permettre le rétablissement de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national, l’instauration d’une véritable démocratie et, par conséquent, de la paix dans notre beau pays. N’étant plus en capacité de nous défendre économiquement et/ou militairement contre les velléités expansionnistes de nos voisins tchadiens, soudanais et même ougandais dont les groupes armés occupent notre sol, y sèment encore la terreur et la désolation, il ne sert à rien de s’arc-bouter sur une indépendance (purement formelle) qui n’existe plus en réalité. Car, être indépendant, cela se vit, cela se sent… Ce qui n’est pas le cas du peuple centrafricain en ce moment.

 

Aussi, la nécessité de cette mise sous tutelle se justifie-t-elle par le fait que ce sera la seule possibilité pour le peuple centrafricain de rompre le cycle infernal  des violences aveugles (manifestées régulièrement à travers la prolifération des rébellions armées en tout genre)  et de la pratique récurrente des coups d’Etat que certains tentent cyniquement d’ériger en système politique dans le pays au moment où, ailleurs, les peuples élisent librement et démocratiquement leurs dirigeants. La logique purement « centrafricaine » qui consiste désormais en une évolution cyclique  à faire, par le moyen des armes, des victimes d’aujourd’hui les bourreaux de demain (et ainsi de suite), doit être bannie. Il n’est pas acceptable que dans un pays comme Centrafrique qui prône les valeurs d’ «Unité » et de Fraternité,  il y ait autant de violences en quelques années, autant de martyrs, autant de veuves et d’orphelins, et que les armes restent la panacée dans le règlement de tout conflit  politique. Les centrafricains devront puiser au fond de leur réservoir patriotique la source d’énergies nécessaires pour transcender les errements et turpitudes de nature belliqueuse qui freinent tout développement et ternissent l’image du pays.      

 

Fait à Paris, le 13/09/2013

 

Médard POLISSE BEBE

Philosophe et Politologue centrafricain

NECESSITE DE LA MISE SOUS TUTELLE DE CENTRAFRIQUE par Médard Polisse Bébé

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