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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 02:05

 

 

       

 

Après le discours rassembleur ponctué de la notion de rupture et ce message porteur d'espoir prononcé lors de son investiture, le Président de la République a procédé à la mise en place du gouvernement et de l'organe chargé de la gestion de la présidence de la République. Des personnalités ont été nommées par décret présidentiel à des postes politiques, civils et militaires.

 

Ces personnalités de compétences confondues sont sensés aider le Président de la République dans la mise en œuvre de son programme d'action et surtout de la réalisation des promesses de campagne. Il faut noter que l'héritage était notoirement catastrophique qu'il urgeait de définir des priorités surtout sur le plan sécuritaire et de la relance de l'économie.

 

Outre l'amateurisme caractérisé du chef du gouvernement qui est le maillon faible du système, la pierre angulaire des problèmes centrafricains, les organes de la présidence ignorent que le pays est en situation d'exception, sous perfusion, sous tutelle de l'ONU et en perpétuel reconquête de sa souveraineté en vue d'assoir l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national. Pour éviter de faire un diagramme, un schéma des organes de la présidence, nous rappellerons de façon succincte l'organigramme de cette emblématique structure qui est le siège et l'incarnation du pouvoir centrafricain.

 

En dehors du chef de l'état qui est élu au suffrage universel direct, la présidence de la République est constituée de trois organes principaux à savoir un secrétaire général, un cabinet civil et un Etat-major particulier. Le secrétaire général de la présidence est la pièce maîtresse de la machine administrative. Il n'est autre que l'organe de gestion administrative, il centralise et coordonne toutes les activités administratives de la présidence de la République. Collaborateur privilégié du Président de la République, il a aussi des missions politiques.

 

Le Président de la République étant de droit le chef suprême des armées, son État-major particulier anciennement appelé cabinet militaire est dirigé par un officier de l'armée centrafricaine qui s'occupe de la sécurité du Président de la République, organise et supervise les honneurs militaires et examine les dossiers militaires liées à la présidence...il est l'interface entre la présidence et l'armée. Ensuite vint le cabinet civil placé sous l'autorité d'un directeur qui pour la première fois dans l'histoire de la République bénéficie des rangs et prérogatives de ministre d'Etat. Cela explique simplement la confiance et la proximité de ce dernier avec le chef de l'état.

 

Le directeur du cabinet présidentiel s'occupe en outre du protocole d'état, du secrétariat particulier qui gère les correspondances privées du Président de la République, de la gestion du parc auto présidentiel et du palais ainsi que de l'intendance. Enfin vinrent les tours des conseillers spéciaux (qui bénéficient parfois des rangs et prérogatives de ministre), des conseillers techniques spécialisés dans différents domaines des politiques publiques, des chargés de missions, des chargés de cabinet, etc.

 

Une mauvaise interprétation des différents rôles génère des problèmes d'organisation, des chevauchements de missions, des empiètements de compétences confirmant ainsi l'inefficacité et le manque de dynamisme chronique par la guerre des égos, l'extrême extravagance et le fanfaronnade. Les organes de la présidence n'arrivent pas à converger leur énergie pour des œuvres positives et constructives.

 

Face à cette rodomontade, le citoyen lambda qui a l'habitude de se gaver de curiosité s'interroge : Que font les différents organes de la présidence pour aider le Président de la République a sortir de ce tourbillon sécuritaire ? La présidence ainsi organisée répond-t-elle réellement aux attentes de l'état ? Depuis l'investiture, qu'est-ce qui a changé et qui nécessite d'être capitalisé à leur actif ? Existe-t-il un organigramme défini par la loi à la présidence ? Existe-t-il une hiérarchie entres les différents organes ? Si oui pourquoi ce chevauchement et empiètement ?

 

Au lieu d'aider et de soutenir le Président de la République dans ses œuvres, ignorent-ils que leur extravagance et privilèges sont liés à la posture du Président de la République ? Les membres de la présidence ont-ils tous droit à des gardes du corps ? Ont-ils tous droit d'être escortés ou d'avoir un permis de port d'arme ? L'affectation des forces de l'ordre pour la protection des membres de la présidence est-elle devenue un fonds de commerce ? Les membres de la présidence sont-ils passibles de sanctions pénales et/ou civiles en cas d'abus ou d'infraction de droit commun ? L'impunité et la violence gratuite est-elle la règle à la présidence ?

 

Pour remédier durablement à ces comportements du moyen âge qui ne contribuent pas à la réconciliation nationale, au vivre ensemble, nous invitons humblement le Président de la République et son Directeur de cabinet de faire le ménage, de remercier les soutiens stériles d'entre les deux tours des Présidentielles qui ne font que de l'ombre au guide de la rupture. Pour finir, un nouveau gouvernement sans l'actuel premier ministre prolongerait le sursis du locataire du palais de la renaissance. Mais attention, ne le dites à personne, si on vous demande, ne dites pas que c'est moi.                                                                                                                                 

 

Paris le 28 juillet 2017

 

Bernard SELEMBY DOUDOU

 

Juriste, Administrateur des Elections

CENTRAFRIQUE : QUI FAIT QUOI À LA PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE ? par Bernard Selemby Doudou

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