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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 20:57
RCA : "succès" de Sangaris même si la "stabilité n'est pas totalement revenue" (Le Drian)
RCA : "succès" de Sangaris même si la "stabilité n'est pas totalement revenue" (Le Drian)

 

RCA : "succès" de Sangaris même si la "stabilité n'est pas totalement revenue" (Le Drian)

19/10/16 (AFP)

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a estimé mercredi que l'opération française en Centrafrique avait été un "succès" et qu'il importait maintenant de passer le relais à l'ONU "même si la stabilité n'est pas totalement revenue" dans ce pays.

"Nous fermons une opération parce que cette opération a été un succès", a déclaré devant l'Assemblée nationale M. Le Drian, qui doit la clore officiellement le 31 octobre à Bangui.

"Nous avons évité des massacre de masse (..) permis un processus de réconciliation intercommunautaire, la reconstitution de l'Etat centrafricain, une élection présidentielle, des élections législatives", a-t-il cité lors d'un débat sur les opérations extérieures de la France.

"Nous avons aussi permis la mise en œuvre d'un outil de formation de la nouvelle armée centrafricaine (EUTM RCA) et le déploiement de la mission des Nations Unies pour garantir la sécurité sur le moyen terme de ce pays", a-t-il poursuivi.

"Même si la stabilité n'est pas totalement revenue, il importe maintenant que (..) le relais soit pris et par les forces centrafricaines et par la mission des Nations unies", a relevé M. Le Drian.

La Centrafrique peine à se relever du chaos de la guerre civile provoquée en 2013 par le renversement du président François Bozizé par des rebelles séléka majoritairement musulmans, entraînant une contre-offensive des milices anti-balaka majoritairement chrétiennes.

Des groupes armés sont toujours actifs dans le pays. Onze personnes ont encore été tuées samedi au cours de violences dans un camp de déplacés dans le centre de la RCA.

"Nous n'abandonnons pas pour autant la Centrafrique. Nous continuerons à accompagner et à soutenir les forces internationales", a martelé Jean-Yves Le Drian.

Environ 350 militaires français, équipés de drones d'observation, resteront présents en RCA, dont une centaine au sein de la force de l'ONU (Minusca -12.000 hommes), notamment au niveau de l'état-major. Déployés en décembre 2013, ils ont été plus de 2.000 au plus fort de la crise.

"Après la fermeture de Sangaris, la France gardera une capacité propre d'intervention sur court préavis grâce à un dispositif en RCA, aux troupes de Barkhane (opération française contre les jihadistes dans cinq pays du Sahel, dont le QG est à N'Djamena) et aux troupes positionnées en Afrique", a résumé mi-octobre la porte-parole du ministère, Valérie Lecasble.

 

En Centrafrique, la France satisfaite de Sangaris

http://www.la-croix.com/ Laurent Larcher, le 20/10/2016 à 16h49

L’opération française en Centrafrique a été un « succès », selon le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian.

Mais le contexte sécuritaire centrafricain se dégrade à nouveau.

« Nous fermons une opération parce que cette opération a été un succès », a jugé mercredi 19 octobre, sans sourciller, le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian, à propos de Sangaris, l’opération française lancée en décembre 2013 en Centrafrique (RCA) alors qu’elle était le théâtre de violences intercommunautaires.

« Nous avons évité des massacres (…) ; permis un processus de réconciliation intercommunautaire, la reconstitution de l’État centrafricain, une élection présidentielle, des élections législatives », a-t-il poursuivi. « Même si, a-t-il concédé, la stabilité n’est pas totalement revenue, il importe maintenant que (…)le relais soit pris et par les forces africaines et par la mission des Nations unies ».

L’auto-satisfecit de Jean-Yves Le Drian

À quelques jours de son voyage en Centrafrique, où il doit proclamer la fin de l’opération Sangaris, les 30 et 31 octobre, l’auto-satisfecit de Jean-Yves Le Drian laisse un peu songeur. Loin d’être sécurisée et réconciliée, le pays est aujourd’hui balkanisé par une myriade de groupes armés dont les ex-Séléka (à majorité musulmane), les anti-Balakas (issus de milices d’autodéfenses) et la LRA (groupe d’origine ougandais).

Depuis la mi-septembre, les violences intercommunautaires ont repris de plus belle. Pour le seul mois d’octobre, les combats entre les ex-Séléka et les anti-Balaka ont affecté les régions occidentale, orientale, centrale de la RCA, tuant une soixantaine de personnes.

Une situation alarmante dans le pays

Le jour même de l’intervention de Jean-Yves Le Drian à l’Assemblée nationale, Anton Katz, du Groupe de travail des Nations unies sur les mercenaires, lançait un signal d’alarme : « Nous avons reçu des informations selon lesquelles des mercenaires et des combattants étrangers en provenance de pays voisins, notamment du Cameroun, du Tchad, du Niger et du Soudan, ont rejoint des groupes armés, principalement les Séléka, provoquant chaos et destruction. »

Et de préciser : « Plus de 500 mercenaires et combattants étrangers demeurent en RCA aujourd’hui et ont profité de la fragilité actuelle du pays pour s’enrichir à travers des activités criminelles. »

 « Un signal d’encouragement donné aux fauteurs de troubles »

Sur le plan politique, la restauration de l’ordre constitutionnel qui s’est traduite par les élections présidentielles et législatives cette année, s’est soldée par la reconduction de la classe politique centrafricaine : à commencer par le président actuel, Faustin-Archange Touadéra, qui avait été premier ministre de 2008 à 2013.

« Dans le climat actuel, annoncer la fin de Sangaris est un signal d’encouragement donné aux fauteurs de troubles », confie un acteur de premier plan engagé dans la reconstruction de la Centrafrique. Et en premier lieu à ceux tentés de prendre le pouvoir par un coup d’État : le moyen habituel à Bangui d’y parvenir depuis l’indépendance.

Laurent Larcher

 

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